Bonjour tout le monde !
Voici la suite de la fic, en espérant que le chapitre vous plaira !
Bonne lecture !
Chapitre 19 : La journée la plus longue
Hermione attendait avec Vivianne et Rose dans la salle du Conseil. Minerva était sortie de l'enceinte du château par les souterrains pour rejoindre les troupes qui prendraient à revers les soldats de la Source. Elle en avait repéré moins d'une dizaine qui gardaient les portes du château pendant que les autres se faufilaient dans les couloirs, dans leur direction.
La brune jeta un regard à la Dame du Lac qui était assise, parfaitement détendue, rassurant sa fille par des paroles réconfortantes et se demanda comment la blonde faisait. Hermione bouillait intérieurement, prête à exploser. Soudain, elle sentit une explosion de magie à l'extérieur, au pied des remparts et remarqua l'expression triste de Vivianne.
- Ils ont eu Minerva et William... murmura la blonde, défaite, alors que le visage de sa fille se décomposait.
- Vous devriez rejoindre Morgane sur terre, dit Hermione, le regard dur. Toutes les deux.
- Ca ne servirait à rien, la Source me traquerait. Mais allez-y, Rose et toi. Je ne peux pas vous demander de l'affronter.
- Je ne te laisserai pas seule, m'man !
- Je vais m'occuper de cette saleté de boule de magie ! Je ne suis pas votre chef des armées pour rien, grommela Hermione en tirant son épée de son fourreau. Je vais d'ailleurs mettre un peu le souk dans le couloir.
Elle sortit de la pièce d'un pas vif et sourit à la vue des neuf silhouettes qui se faufilaient dans sa direction. Elle jeta un sort et un des sorciers s'écroula, mort.
- Alors, lequel de ces pécores j'ai eu ? ricana-t-elle. Je suis Hermione, le général des armées d'Avalon. Rendez-vous ou vous subirez le même sort !
Aliénor poussa délicatement le cadavre de Talleyrand et eut un regard triste pour la guerrière.
- Il est encore temps de nous rejoindre, Hermione, tenta l'administratrice.
- Rends-toi Aliénor, car je te promets que je foulerai vos cadavres avant la tombée de la nuit ! brava la brune.
- Et bien soit ! s'exclama vivement Merlin. La Source veut votre mort et elle l'obtiendra !
Hermione éclata de rire et leva son épée.
- Venez, je vous attends. A huit contre moi, vous arriverez peut-être à me décoiffer !
Des sortilèges fusèrent dans sa direction et moururent sur le bouclier de protection que la brune avait dressé.
- Si la Source voulait vraiment remporter la victoire, elle ne m'aurait pas envoyé des sorciers mal dégrossis, mais de véritables guerriers, se moqua la Conseillère. Allez, mettez-y un peu du votre, sinon je vais m'ennuyer.
Aliénor regardait la surface calme et paisible de la Fontaine de Jouvence. Elle n'arrivait pas à décrocher ses yeux de l'onde qui semblait lui apporter un peu de sérénité en cette journée mouvementée.
- C'est bientôt la fin... murmura-t-elle.
Un mouvement se fit sentir derrière elle et une immense main se posa sur son épaule, faisant crisser le cuir de sa veste.
- Cette tenue te va à ravir, sourit Culann. Elle te donne un air décontracté qui adoucit la sévérité de ton visage.
- Un compliment pour faire passer un sarcasme ? Tu as trop traîné avec Severus, se moqua l'enchanteresse.
- Il serait ravi de voir que ses leçons ont porté. Pour ce qui va se passer ce soir, dis-toi que...
- J'ai eu une belle vie... jusqu'à la fin, coupa la reine dans un chuchotement. Elle s'est finie d'une façon que je n'osais espérer. C'est comme si mon rêve le plus cher était devenu réalité.
Elle leva une main tremblante et regarda les quelques étincelles de magie crépiter au bout de ses doigts.
- Mais si seulement cela pouvait perdurer. A quoi me sert cette fabuleuse puissance accumulée tout au long de ces millénaires d'existence ? se demanda-t-elle avec amertume. Ce ne sera jamais assez pour les vaincre.
- Ce n'est pas ta tâche, répondit doucement le Veilleur. Tu dois mettre la Dixième Sage à l'abri, jusqu'à ce que son heure arrive. Elle te fait confiance, aveuglement.
- Nous avons toujours eu un lien privilégié. Elle va me manquer... soupira l'enchanteresse.
- Pas qu'elle, marmonna Horgar en pelant une orange.
Culann le foudroya du regard mais le troll se contenta d'hausser les épaules.
- Hier encore, je me moquais de mourir. Mais après cette nuit...
- Tu sais bien qu'entre la Tralak et l'Ashranak, rien n'est fini. Faut savoir admettre sa défaite quand on est une vraie Lakchgar.
- Ia trhar an rear Lakchgar, Horgar, gronda Aliénor. Lar prasidar dar Rhat, rechtar armar Ashranak. Je ne te permets pas de me donner des leçons, Gardien !
- J'ignorais que vous parliez la langue de mes ancêtres, Sage, fit Horgar avec une révérence.
- Tu devrais savoir qu'il n'y a rien que je ne sache faire, répliqua l'enchanteresse, cinglante.
- Quelqu'un peut me traduire ? demanda Culann en se grattant la nuque.
- Je suis une vraie reine, Horgar. La Présidente des Conseils, le bras droit de la Source, maugréa Aliénor.
- En toute simplicité, se moqua gentiment le veilleur.
- La simplicité, c'est toujours ce qui m'a le mieux caractérisée, ajouta la Sage avec un clin d'œil complice.
- Il te reste quelques heures avant la venue de la Dame du Lac à Poudlard. Profite pour faire quelque chose qui te tient à coeur.
Aliénor eut une idée et un sourire étira ses lèvres.
- Excellente suggestion, Culann. Merci pour tout. Adieu, mon ami.
- On se revoit de l'autre côté, dit doucement le géant alors que la Présidente des Conseils disparaissait dans un craquement sonore.
Rose était anxieuse. Elle se trouvait dans le salon de sa mamaidh et contemplait l'horloge murale égrener les minutes. La Directrice de Poudlard s'était absentée pour cacher les registres des élèves ainsi que les plus précieux ouvrages de la bibliothèque afin que les moldus ne tombent pas dessus.
Elle sentit une boule dans sa gorge et se recroquevilla dans le canapé. Elle appréhendait la soirée. Pourtant, sa mission était claire : récupérer la dernière chimère et la mettre à l'abri dans une petite grotte à la sortie de Pré au Lard. Et ensuite, retrouver sa mamaidh aux grilles de Poudlard pour se rendre au manoir McGonagall.
Si sur le papier le plan était simplissime, la réalité était tout autre. Yuki Yamashi serait inévitablement sur son chemin et la Sage savait que les intentions de la Haute à son égard étaient tout sauf amicales.
La porte du salon s'ouvrit et Aliénor apparut dans la pièce. La Présidente des Conseils avait l'air détendue dans les vêtements moldus emprunté à sa mère. Leurs regards se croisèrent et l'enchanteresse de soin alla s'asseoir à côté de la jeune Gryffondor.
- Tout va bien se passer, murmura la Française avec un sourire confiant. Yuki ne t'arrivera jamais à la cheville.
- Qu'est-ce que tu en sais ? grommela la rouge et or.
- Et bien, pour vous avoir vu à l'œuvre toutes les deux pendant des milliers d'années, je peux affirmer que tu lui es supérieure en tout point.
Elle leva la tête pour regarder autour d'elle et son sourire s'agrandit.
- Et je vais te le prouver, ajouta-t-elle en se levant.
Elle attrapa une pensine qui se trouvait sur une commode et revint s'installer dans le canapé. Ses doigts effleurèrent sa tempe et des longs fils argentés les suivirent jusqu'à la surface de l'artefact magique.
- La victoire réside dans la connaissance... Dans la connaissance magique et dans sa propre connaissance. On va te donner un petit avantage, chuchota Aliénor, sur un ton conspirateur.
- C'est quoi ? demanda le Maître des chimères.
- Mes souvenirs de Présidente des Conseils. Je t'ai vue évoluer pendant des milliers d'années. Tu vas pouvoir te rendre compte à quel point tu es douée.
Rose acquiesça et, quand l'ancienne reine lui tendit la main pour l'emmener dans la pensine, la dixième sage la serra sans hésiter.
Quand Minerva regagna ses appartements, encore tendue de l'entretien qu'elle avait eu avec sa sœur, elle y trouva une Rose surexcitée qui tenait un arc entre ses mains sous le regard attendri d'Aliénor.
- Je peux savoir ce que vous faites ici ? s'enquit fraichement l'animagus, qui avait eu son compte de mégères pour la journée.
- Mamaidh ! Je suis méga douée ! Yamashi ne peut rien contre moi ! piailla le Maître des chimères, joyeuse. Je vais en faire qu'une bouchée !
- Je n'en doute pas un seul instant, ma chérie, mais qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Aliénor m'a montré ses souvenirs ! On a fini par la bataille de Poudlard ! Et j'ai grave déchiré ! Et elle m'a même donné mon arme de Sage !
L'Ecossaise dévisagea la Française qui avait les mains dans les poches de son jean.
"Rassurez-vous, je n'ai rien montré de nos échanges sur votre hésitation entre Hermione et la Première Haute..." fit la voix de l'enchanteresse dans son esprit.
- Aliénor, pouvez-vous venir avec moi dans mon bureau quelques instants ? J'aimerais éclaircir un point de... la stratégie mise en place pour ce soir, fit Minerva.
- Avec plaisir, Madame la Directrice. Rose, exerce-toi avec ton arc, mais ne casse rien.
- Promis ! répliqua gaiement la rouge et or.
Les deux adultes passèrent dans la pièce adjacente et McGonagall ferma la porte.
- A quoi jouez-vous ? demanda-t-elle, les sourcils froncés.
- A rien. Soyez assurée que je n'ai guère le temps de m'amuser. Ecoutez-moi attentivement, ce que je vais vous dire est extrêmement important. Ne m'interrompez pas, gardez vos questions pour la fin.
Elle sortit un parchemin de sa poche et y jeta un rapide coup d'oeil avant de le poser sur le bureau.
- Pour faire simple, nous avons tous eu une existence sur Avalon, poursuivit l'enchanteresse. Vous, Pansy, Hermione, William... Vous étiez du côté de la Dame du Lac, Hermione était son bras-droit, le chef de ses armées. C'est elle qui a fait échouer les plans de l'Origine de toutes magies. Pour se venger, la Source a concocté un plan machiavélique qui a bien failli réussir il y a douze ans. Hermione devait absorber la puissance de Vivianne et mourir dans l'opération. Vous la connaissez comme moi, têtue comme elle est, elle a refusé de se plier à la volonté de l'Origine de toutes magies et a tenté de tuer les deux Némésis en se sacrifiant dans l'opération. La Source, voulant sa vengeance sur Vivianne, a empêché la mort de son hôte et vous avez vu le résultat.
Elle se tut quelques instants, le temps de rassembler ses idées.
- Culann a découvert que la Source avait constitué des horcruxes. Hermione avait dans l'idée d'aller les détruire pour ensuite affronter la Dame du Lac.
- Je suis au courant, coupa McGonagall, les bras croisés sur sa poitrine.
Aliénor lui jeta un regard noir et l'Ecossaise se tut.
- Son plan est excellent : éliminer les horcruxes, affronter Vivianne, prendre sa puissance magique et enfermer l'esprit de la Source et de la Dame du Lac dans la chimère de la Paresse. Avec le résultat que vous imaginez...
- Elle a prévu de se sacrifier... Encore… murmura Minerva, blême.
La Présidente des Conseils acquiesça douloureusement et cacha son trouble avant de continuer.
- Aussi, il y a quelques lunes, sur les bons conseils de Culann, j'ai jeté une malédiction. Quand Rose sera adulte, elle s'acquittera de la destruction des horcruxes avec la Première Haute.
- Et en quoi cela va-t-il aider Hermione ?
- J'y viens, ne soyez pas impatiente. Sur ce parchemin, répondit l'ancienne reine en tapotant de l'index la feuille qu'elle avait posée sur le bureau, il y a un sort qui permet de voler la puissance magique d'un sorcier, en partie ou en totalité.
La Directrice de Poudlard attrapa le papier et le lut avec attention.
- C'est un sort... extrêmement complexe.
- Vous avez quelques années pour l'apprendre, vous devriez y arriver, ironisa l'enchanteresse.
- Pourquoi moi ?
- Parce que vous êtes immortelle. Cette décharge ne vous tuera pas.
- Je m'étonne que vous me laissiez la phase la plus importante du plan. Je pensais que vous ne rateriez pas cette occasion pour briller auprès d'Hermione.
Aliénor regarda rapidement sa montre. Trois heures avant l'arrivée de Vivianne. Et elle ne voulait pas gaspiller le temps qu'il lui restait à se disputer avec McGonagall.
Elle tourna les talons pour se diriger vers la porte de sortie sous le regard étonné de l'Ecossaise.
- Pour être une vedette, encore faut-il être présent à l'évènement... murmura-t-elle avant de quitter le bureau.
Arrivée à la moitié de l'escalier en colimaçon, elle disparut dans un craquement sonore pour réapparaître au milieu du salon d'Hermione. Cette dernière cligna de son oeil valide, surprise, et lâcha les livres qu'elle tenait à la main. Elle se redressa et prit la cigarette qu'elle avait coincée entre ses lèvres pour l'écraser dans le seul cendrier qu'elle n'avait pas encore emballé.
- Tout va bien ? demanda la brune, inquiète.
Aliénor eut un sourire en contemplant la légiste. Les manches de son sweat étaient relevées sur ses coudes, son jean déchiré aux genoux lui donnait un petit air de vaurien qui lui plaisait grandement.
- Tu me manquais... avoua l'ancienne reine.
Hermione s'approcha d'elle et posa ses mains sur les hanches de la Sage qui soupira d'aise.
- J'ai quelque chose pour toi, poursuivit l'enchanteresse en sortant un trousseau de clé de sa poche pour le donner à la Gryffondor. Une maison en périphérie de Bayonne. Cadeau de Culann.
- Mais c'est mieux qu'une marraine la bonne fée, plaisanta la brune. Dès que j'ai fini les cartons, j'y emménage.
- Et bien, j'espère que tu n'es pas pressée, susurra Aliénor en passant ses mains sous le haut de la légiste.
- A vrai dire, j'avais besoin d'une pause... mais le lit est déjà démonté, murmura Hermione en défaisant un à un les boutons de la chemise de la Sage.
- Reste ton canapé, fit l'ancienne reine dans un souffle avant que la brune capture ses lèvres dans un baiser passionné.
- Tout est prêt, ma Source. L'armée moldue est en place, comme vous le souhaitiez. Les bâtiments stratégiques sont cernés, fit Severus, un genou à terre devant Vivianne.
- Parfait. C'est l'heure. Rogue, mets toi en route avec les autres conseillers. Tuez le plus de sorciers possibles. Je veux que les survivants haïssent les moldus autant que j'exècre l'Origine de toutes magies. Est-ce bien clair ?
- Oui, ma Source.
- Quand tu auras fini, rejoins-moi ici. Je n'en aurai pas pour très longtemps à Poudlard. La Présidente des Conseils ne me résistera pas plus de quelques minutes.
La voix de la Dame du Lac était glaciale et Rogue frémit imperceptiblement. Il ignorait la raison de la haine entre Vivianne et Aliénor, mais il savait que la Sage déchue allait passer un très mauvais moment lorsque la Dame du Lac mettrait la main sur elle.
Pansy rangeait à la hâte ses dossiers dans sa sacoche, attrapait les derniers grimoires pour les fourrer dans une mallette de cuir et vida rapidement le contenu de sa pharmacie personnelle.
- Tu penses qu'on aura le temps de se tirer ? demanda-t-elle en fermant ses deux sacs sous le regard sombre de Marylin.
- Pour le moment, le bâtiment est encore invisible aux yeux des moldus. Mais ce n'est qu'une question de minutes pour que les traitres fassent tomber les sortilèges. Et là, ce sera la panique.
Parkinson appuya sur le bouton d'un appareil posé sur son bureau et des étincelles de magie crépitèrent.
- John, où en est l'évacuation ? demanda-t-elle d'une voix posée.
- Les premiers malades ont été transplanés d'urgence à l'hôpital sorcier de Dublin. Les femmes enceintes sont parties avec des Aurors sur Paris et Genève mais les renforts de Langues de Plomb ne pourront venir. Le Ministère est dans la même merde que nous.
- Fait chier... grommela la Directrice de Sainte Mangouste.
- Je ne vous le fais pas dire, m'dame. Les quatrième et cinquième étages sont vides. Nous procédons à l'évacuation du troisième.
- Ok, je viens vous aider.
Elle coupa la communication, réduisit ses mallettes pour les mettre dans sa poche. Elle tira sa baguette de la manche de sa blouse et inspira profondément.
- Prête ? lança-t-elle à Marylin.
- Prête. Si on est séparée...
- Le point de rendez-vous est chez moi, je sais.
Un violent tremblement de terre se fit sentir et Pansy se raccrocha à son bureau.
- Laisse-moi deviner... lâcha-t-elle, inquiète.
- Les sortilèges viennent de tomber. A toi de jouer, ma belle.
Parkinson acquiesça et quitta son bureau en compagnie de la Sage. Après avoir dévalé les escaliers menant au rez-de-chaussée, elle se dirigea vers le hall, l'angoisse s'insinuant en elle. Elle déglutit, poussa les portes et pénétra dans l'accueil de l'hôpital sorcier.
- Bien... Je suis prête à partir, fit doucement Hermione, les mains dans les poches.
Aliénor réajusta la veste en cuir sur ses épaules et lui sourit.
- N'oublie pas ce que je t'ai dit...
- Oui, je ne viendrais pas à Poudlard, quoi qu'il arrive, grommela la brune.
- Sinon, tu voudras corriger la Dame du Lac à ta façon, et ce n'est pas encore...
- Le bon moment, je sais, coupa la légiste. On se voit tout à l'heure ?
L'ancienne reine posa sa main sur la joue de la brune et la caressa doucement.
- Prépare les chambres et le dîner. Je fais au plus vite pour venir avec Rose et ton Primate des Hautes-Terres.
Hermione attrapa le col de la veste pour attirer l'enchanteresse contre elle et l'embrasser délicatement. Aliénor fit passer dans ce baiser tout ce qu'elle ressentait pour la brune et qu'elle n'avait jamais dit.
Puis elle se recula, sans la quitter des yeux, et se dématérialisa dans un craquement sonore. Hermione passa ses doigts sur ses lèvres, abasourdie, avant que son coeur ne manque un battement.
- Non... Je ne te laisserai pas faire ce que tu as en tête.
D'un geste de la main, elle miniaturisa les cartons et pour les faire disparaitre d'un claquement de doigt. Elle jeta un dernier regard à son appartement avant de transplaner à son tour.
Ron Weasley encourageait les sorciers à quitter leur bureau pour se rendre le plus vite possible, mais dans le calme, à l'aire de transplanage. L'armée moldue allait donner l'assaut au Ministère, ce n'était qu'une question de minutes.
- Putain, quelle merde... pesta-t-il en grimpant deux à deux les marches menant à l'étage du service de régulation des créatures magiques. J'suis trop vieux pour ces conneries...
Arrivé en haut de l'escalier, il eut un mouvement de recul en tombant nez à nez avec un homme immense, cinglé dans un costume aussi noir que sa peau.
- Euh... M'sieur, faut évacuer, les moldus vont entrer ici d'ici peu.
- Je sais, Monsieur Weasley, répondit l'homme de sa voix grave. Je viens vous aider. Je suis un ami de Kingsley, il m'a beaucoup parlé de vous.
- Et vous êtes ? demanda Ron.
- Chaka. Je viens de sécuriser l'étage. Passons au suivant, si vous le voulez bien.
"Merlin, j'ai trouvé le rouquin."
"Super mon gars. Bon, fais en sorte qu'il reste en vie, sinon Ginny va nous assassiner..."
"Tout ça parce qu'elle veut le tuer de ses propres mains..." grommela le guerrier.
" Tu connais les femmes, mon gars ! Plus incompréhensible, y'a pas !"
McGonagall regardait par la fenêtre de son bureau. Des tanks étaient alignés à l'horizon et l'armée avait pris possession du village de Pré-au-Lard. L'animagus sentait que le château était encore invisible aux yeux des moldus, mais pour combien de temps ?
Rose, à ses côtés, tremblait des pieds à la tête. L'assurance qu'elle avait ressentie plus tôt dans l'après-midi s'était définitivement envolée.
- Tout se passera bien, ma chérie. Je te le promets, fit doucement la Directrice de Poudlard.
- Où est Aliénor ? demanda la Sage, inquiète. Elle devait être là.
- Et elle viendra. Elle n'est pas du genre à revenir sur sa parole, assura l'Ecossaise.
Un craquement sonore se fit entendre et l'ancienne reine apparut dans la pièce. Minerva retint un soupir de soulagement mais fronça vite les sourcils. Elle sentait l'odeur d'Hermione qui émanait de l'enchanteresse et elle prit sur elle pour ne pas étrangler la Présidente des Conseils.
"Mais quand tout sera fini, elle n'échappera pas à mon poing dans sa royale figure..."
- J'ai failli attendre, finit-elle par lâcher.
- Madame la Directrice, votre neveu et sa rousse regroupent les élèves dans la grande salle avec les autres professeurs. Je vous laisse superviser l'évacuation. Rose, tu as une chimère à mettre en sécurité. Passe par la chambre des secrets. Et évite de la sortir par la grande salle. Ne vas pas écrouler le sol sous les pieds de tes camarades.
- Je veux bien, mais t'as vu la taille de la bestiole ! répliqua la fillette en écartant le plus possible les bras.
- Tu trouveras une solution, je te fais confiance. Miss McGonagall, voici la nouvelle adresse d'Hermione. Dès que Rose a mis la chimère en sécurité, vous vous y rendrez toutes les deux.
- Et toi ? s'enquit Rose en ajustant son carquois de flèches sur son épaule.
- Je vous y rejoindrais dès que possible, fit l'ancienne reine avec mince sourire pour la petite Sage. J'ai deux, trois choses à faire avant.
- Et qu'est-ce, si je puis poser la question ? demanda McGonagall alors qu'Aliénor jetait un rapide regard par la fenêtre pour évaluer les forces adverses.
- Gérer les relations entre moldus et sorciers. J'ai été une reine, je vous rappelle. La diplomatie n'a aucun secret pour moi.
L'enchanteresse quitta le bureau et descendit calmement les marches menant au rez-de-chaussée. Elle poussa les lourdes portes et s'engagea dans le parc. L'air frais caressait son visage et elle respirait à plein poumon. Le premier acte trouverait sa fin ce soir et elle avait conscience que le rideau se baisserait définitivement pour elle avant le lever du soleil.
Et voilà le travail !
Les prochains chapitres vont être mouvementés, vous êtes prévenus !
Bisous !
Sygui et Link9
