Bonjour à toutes et à tous !

Voici le nouveau chapitre qui marque un tournant dans le tome !

En vous souhaitant bonne lecture !


Chapitre 23 : Un nouveau monde

Minerva clignait des yeux, ahurie. Une seconde plus tôt, elle était dans la nouvelle chambre de Rose, en France, sa fille endormie blottie contre elle. Et l'espace d'une respiration, elle se trouvait dans une toute autre pièce, qui ressemblait à s'y méprendre à une suite princière, une vaste chambre meublée avec goût, rien à voir avec la petite maison basque qu'elle avait investie plus tôt dans la soirée.

- Quel est donc ce maléfice ? murmura-t-elle en fronçant les sourcils.

Elle quitta doucement le lit et, après s'être assurée que sa fille ne s'était pas réveillée, elle tira sa baguette de sa manche pour s'approcher de la porte. Elle tendit l'oreille et les battements de son coeur s'accélérèrent. Elle n'était pas seule dans cet endroit, du bruit se faisant entendre dans le couloir.

"Serait-ce un coup de Vivianne ?" se demanda l'animagus, inquiète.

Sa raison prit le dessus. C'était impossible. La chambre ne ressemblait aucunement à ce qui se faisait dans la forteresse d'Avalon. Elle entrouvrit légèrement la porte et le son de deux voix familières lui parvint.

- T'as une idée d'où on est ? demanda une femme.

- Aucune, chérie, répondit une voix douce. Le décor ne m'est pas familier.

- Et Merlin, il en pense quoi ? poursuivit la première femme.

- Il est aussi perdu que nous, même s'il ne le montre pas.

Minerva eut un léger sourire et sortit de la chambre pour voir à quelques pas d'elle Pansy et Marylin. Les deux Conseillères parurent surprises mais Parkinson reprit vite ses esprits et se précipita sur l'animagus pour la prendre dans ses bras.

- Putain, j'suis heureuse de te voir ! lâcha la Serpentard, soulagée. Et mes tétons qui pointent en sont la preuve !

Elle scruta la Directrice de Poudlard des pieds à la tête et, rassurée de constater qu'elle n'était pas blessée, lui planta un baiser sonore sur la joue.

- Tu sais où on est ? demanda la médicomage.

- J'avoue ma complète ignorance, fit Minerva.

- Non mais c'est dingue ! s'exclama Pansy. On était tranquillement entrain de papoter dans ton salon, au manoir, et, en plein milieu de ma phrase, on s'est tous retrouvés ici, transportés comme par magie !

Un craquement sonore se fit entendre et les trois sorcières se retournèrent en même temps. Hermione se tenait devant elles, visiblement épuisée, le regard vide, le visage blême.

- Vous êtes sur Avalon... Plus précisément, dans le château de la province de Perguérie, dit la brune.

Minerva ressentit une vive émotion en voyant son ancienne préfète. Elle résista à l'envie de la prendre dans ses bras et se contenta de hocher la tête. Quant à Pansy, elle était sous le choc de revoir son ancienne amie après tant d'années. Elle s'alluma une cigarette pour se donner contenance et dévisagea la légiste.

- Mais, Avalon est une île, fit remarquer Marylin. Et rien de ce que je vois comme paysage par les fenêtres ne correspond à ce que je connais.

- J'ai recréé Avalon telle qu'elle était avant la première guerre contre la Dame du Lac, marmonna Hermione. Et j'ai rapatrié ici tout ce qui était magique sur Terre. Je ne pouvais décemment pas laisser les moldus et les sorciers s'entretuer pour assouvir la soif de vengeance de Vivianne contre moi.

La Source soupira, abattue, et secoua la tête, comme pour chasser les sombres pensées qui traversaient son esprit. Elle fit les quelques pas qui la séparaient de la porte de la chambre de Rose et posa sa main sur la poignée.

- Allez-vous coucher. Une longue journée nous attend demain, murmura-t-elle.

- Tu comptes t'en tirer comme ça, Granger ? Nous devons parler toi et moi, et maintenant ! gronda Parkinson.

- Non, je ne pense pas, répondit doucement la brune avant de pénétrer dans la pièce et de fermer l'huis derrière elle.

Elle se dirigea vers le lit et sourit en contemplant la silhouette de sa fille endormie. Elle s'assit sur le matelas et posa sa main sur le front de la dixième sage.

- Rose, je suis désolée de devoir en arriver à de telles extrémités... chuchota-t-elle. J'espère que tu pardonneras mon geste.

Sa main s'illumina et des étincelles de magie bleues crépitèrent pour se propager à tout le corps du Maître des Chimères. Aussitôt, la silhouette de la jeune Sage commença à se transformer, gagnant plusieurs centimètres. Son visage s'affina, vieillissant progressivement. Lorsqu'Hermione interrompit son sort, la fillette avait laissé place à une jeune femme de vingt ans.

- Au temps pour les quelques années que tu avais espérées me faire gagner, Aliénor, murmura la brune, amère. Mais j'en ai assez de vivre avec la peur et la Source comme compagnes.

Elle se pencha pour embrasser le front de sa fille endormie puis se leva en grimaçant. La fatigue de la nuit s'abattait maintenant sur elle et la clouait presque sur place. Cependant, une montée d'adrénaline s'empara d'elle quand, se retournant vers la porte de la chambre, elle trouva Minerva les poings serrés et le regard furieux.

- Je ne t'ai pas entendue entrer, chuchota Hermione.

McGonagall s'avança vers elle pour lui attraper vivement le poignet et l'emmener hors de la chambre. La brune ne résista pas, ne voulant réveiller Rose, mais commença à exprimer son mécontentement une fois dans le couloir.

- Peut-on attendre demain pour se disputer ? lâcha-t-elle, blasée. Je suis épuisée et j'aimerais me coucher.

Minerva fit la sourde oreille, se contentant de poursuivre son chemin, ne relâchant pas sa prise sur le poignet de la brune. L'animagus finit par ouvrir une porte au fond du couloir, poussa la Source dans la pièce et referma sur elle. Hermione déglutit en reconnaissant les appartements d'Aliénor. Rien n'avait changé depuis sa visite, dans une autre vie.

- Déjà que tu me prives de son enfance, maintenant tu me voles son adolescence ! explosa la Directrice de Poudlard, folle de rage. A quoi joues-tu, Hermione ? Ce qui s'est passé il y a douze ans ne t'a pas servi de leçon ? Tu continues de prendre des décisions dans ton coin, sans prendre la peine de consulter les personnes concernées ?

La brune ne répondit pas. Son regard vissé sur celui de son ancienne amante, elle sortit négligemment une cigarette de son paquet et l'alluma d'un claquement de doigt.

- La malédiction d'Aliénor avait pour but de te donner du temps afin de préparer tes alliés à la bataille, continua l'animagus, sans décolérer. On devait avoir plusieurs années devant nous ! Et toi, tu ne trouves rien de mieux à faire que de ruiner les efforts de ta Sage ! Dans quel but ? Tu veux mourir, nous abandonnant une fois de plus, c'est ça ? Aliénor serait morte en vain ?

- Oui, sa mort est inutile, répondit Hermione d'une voix blanche. Oui, je prends des décisions dans mon coin. Et oui, je vais mourir prochainement, reste à savoir si c'est de la main de Vivianne ou de la Source. Au moins, je ne vivrais plus dans cette terrible attente, me demandant le matin si je vis ma dernière journée sur terre et si Rose finira dans un orphelinat à notre mort. Maintenant, si tu ne veux pas assister à ça, tu peux aller rejoindre Rolanda qui se trouve à quelques lieues d'ici.

Elle tira sur sa clope et eut une grimace fugace, plissant les yeux, les hurlements de la Source dans son esprit ne faisant qu'empirer son mal de tête.

- Si tu as terminé, je te prie de me laisser, j'ai besoin de me reposer, murmura-t-elle avant de tourner les talons.

Laissant Minerva dans la pièce, elle se rendit sur la loggia et eut un mince sourire en trouvant la petite boite en bois qui contenait les cigarettes aux plantes de l'ancienne administratrice. La brune écrasa son mégot dans le cendrier avant d'ouvrir le coffret ouvragé et de se saisir d'un tube de papier roulé avec le plus grand soin. Elle le fit tourner quelques instants entre ses doigts pour finir par le coincer entre ses lèvres. Elle alluma l'extrémité et inspira profondément avant de déglutir de travers et de tousser lamentablement.

- Bordel, j'ai la gorge qui me brûle... râla Hermione, une larme roulant sur sa joue.

- Laissez-moi voir, proposa l'Administratrice en se levant gracieusement. Les sorts de guérisons sont ma spécialité.

Sans attendre de réponse, elle posa ses mains sur la mâchoire de la guerrière et fit glisser ses doigts le long du cou.

- Ouvrez grand et dites "Ah", se moqua gentiment Aliénor.

- Allumeuse... chuchota Hermione avec émotion.

Elle sentit une présence dans son dos qui effaça le doux souvenir, laissant place à une crispation. Pourquoi l'animagus n'était-elle pas capable de lui laisser de l'air ?

- Quoi encore ? soupira-t-elle sans se retourner. Le bureau des plaintes est fermé à cette heure-ci.

L'Ecossaise, restée sur le pas de la porte, comprit que sa présence sur le balcon n'arrangerait rien. Elle ravala sa rancœur. Qu'elle ait raison ou tort, Hermione ne serait pas réceptive à ses récriminations. Au pire, elle la chasserait définitivement, au mieux, elle l'ignorerait. Dans tous les cas, elle serait perdante. Encore.

- Excuse-moi. Je ne remets pas en cause ton jugement en tant que tel, je suis juste … blessée de ne pas être…

La Directrice soupira.

- Bref, ça n'a pas d'importance. Pour Rolanda, la décision est définitive, et elle a compris mes choix. Je ne la rejoindrais donc pas. Je suis à tes côtés… pour le meilleur et pour le pire, finit-elle par dire plus doucement.

- Le pire... murmura Hermione. J'ai l'impression que nous n'avons connu que ça. Quant au meilleur, je me demande ce que ça pourrait être.

"Que tu disparaisses ?" proposa la Source, narquoise.

- La ferme... grommela rageusement la brune.

- Tu parles à la Source ? demanda McGonagall.

- Je réponds à ses moqueries...

Elle tira nerveusement une dernière bouffée sur sa cigarette trafiquée et l'abandonna dans le cendrier pour se retourner, faisant enfin face à Minerva.

- Je suis... désolée d'avoir agi sans te consulter ce soir, confessa-t-elle. La situation était catastrophique, je ne pouvais pas la laisser dégénérer encore plus.

- Tes intentions sont nobles, je le sais. Tu es prête à te sacrifier pour ce à quoi tu crois, tu me l'as prouvé depuis longtemps. Mais…

- Mais quoi ? soupira la brune qui recommençait à se sentir excéder.

- Peut-être aurais-tu pu attendre demain et parler avec Rose avant de faire ce que tu as fait.

- J'aurais pu, mais le temps presse. Demain, je pars avec Rose... et Pansy, puisque telle était la volonté d'Aliénor, à la chasse aux horcruxes.

Hermione croisa les bras sous sa poitrine et roula des yeux, exaspérée.

- Tu aurais mieux fait à ma place ? Je n'en doute pas. Mais même si je pouvais te la laisser, je n'en ferai rien car elle n'est pas enviable.

Elle sentit sa migraine revenir à la charge et récupéra d'une main fébrile la cigarette aux plantes.

- Que veux-tu, Minerva ? Vraiment ? Je pense que les reproches auraient pu attendre... Il est près d'une heure du matin, j'ai eu une... dure soirée, et je tombe de fatigue.

L'Ecossaise s'apprêta à répondre, sa propre patience n'étant pas légendaire, mais elle se ravisa.

- Tu as raison, il est tard pour tout le monde. Oublions ce que je peux vouloir. J'espère que votre quête future se déroulera selon tes plans. Bonne nuit, finit-elle par dire en reculant dans l'ombre de la pièce.

- Tu veux te joindre à nous ? proposa Hermione. Une personne réfléchie et adulte ne sera pas de trop pour ce périple.

- Je serai là, répondit la voix qui s'était déjà éloignée dans la pièce, avant que le faible bruit d'une porte qui s'ouvre et se ferme ne fasse place au silence.

La brune écrasa son mégot dans le cendrier et traversa la pièce pour gagner le lit d'Aliénor. Elle se déshabilla à la hâte, se coucha sous les draps et posa sa tête sur l'oreiller. Elle inspira profondément, cherchant le parfum de la Présidente des Conseils. Ses doigts rencontrèrent un long cheveu auburn et l'ancienne Gryffondor le contempla longuement avant de fermer les yeux.

Hermione écoutait d'une oreille distraite le discours de sa Némésis. Elle ne pouvait quitter des yeux Aliénor. Cette dernière semblait sereine, mais la brune pouvait ressentir les émotions qui agitaient sa fidèle Conseillère.

La quatrième sage eut un doux sourire qui ébranla la légiste. Un sourire résigné. Mais qui voulait dire tellement plus. La brune leva une main tremblante et lui sourit en retour.

- Je ne t'abandonne pas... murmura-t-elle.

- Que dis-tu, Source ? tonna Vivianne.

Un jet de lumière argentée fusa des doigts d'Hermione et toucha en plein coeur Aliénor. Le regard de la Présidente des Conseils se figea. La Dame du Lac bondit hors de son trône en sentant la vie quitter le corps de la Française qui s'affaissa sur le sol.

Hermione retint un sanglot et enfonça sa tête dans l'oreiller. Elle savait que le sommeil serait difficile à trouver.


Cela faisait une semaine qu'Hermione avait emménagé au château d'Avalon. Ses journées se partageaient entre les réunions, les revues de troupes et son propre entraînement. Et dès la nuit tombée, elle chevauchait jusqu'à la périphérie de la ville où elle avait découvert une maison close qui comptait comme employée une charmante demoiselle nommée Amaria.

C'était un des gardes qui l'avait rencardée sur cet endroit et elle s'y était rendue sans grand espoir. Mais dès que ses yeux s'étaient posés sur la belle, elle avait senti quelque chose au creux de ses reins. Amaria était aussi blonde que la souveraine d'Avalon, avait les yeux bleus d'une teinte légèrement plus claire que la reine et faisait sensiblement la même taille.

La militaire avait aussitôt engagée la conversation et la voix douce de la jeune femme avait fini par emporter ses maigres doutes. Elles avaient passé la nuit ensemble, puis une autre, et toutes celles de la semaine dont la fin arrivait. Une seule chose avait cloché dans ses nuits paradisiaques.

- Mon putain de ronflement... grommela la chef des armées en se dirigeant vers l'aile médicale du château.

Elle poussa la lourde porte et déboula dans une vaste pièce aux voutes hautes. Plusieurs personnes en blouse blanche allaient et venaient, des rouleaux de parchemin sous le bras, des potions dans les mains, sans se soucier de ce qui se passait autour d'eux.

Hermione arrêta un homme en l'attrapant par le coude.

- J'viens pour une consultation, commença-t-elle.

Le médecin la dévisagea rapidement et afficha une moue légèrement dégoûtée. La brune regarda rapidement ses vêtements, une tunique beige et un pantalon de toile noire, et se maudit de ne pas avoir mis son uniforme.

- Les indigents sont accueillis à l'hospice à la porte Ouest, fit le médecin en dégageant son coude.

- Indigent ? répéta Hermione, qui sentait l'agacement poindre en elle.

Elle saisit le médecin par le haut de la blouse et l'attira brusquement à elle.

- Mon p'tit gars, tu parles au général des armées d'Avalon. Alors tu vas ravaler ton air supérieur, remettre en place le balai que tu as dans le cul et t'occuper de moi sinon tu rameras six mois sur les galères royales. T'as pigé ?

L'homme hocha la tête, apeuré, et Hermione relâcha la prise.

- Laisse Rodulphus, je m'en occupe, fit une voix amusée derrière la brune.

Hermione se retourna pour faire face à une femme aux cheveux aussi noirs que la nuit.

- J'vous ai déjà vu, c'est vous qui avez soigné mon nez.

- Tout à fait, Hermione. Je suis Pansy, le médecin personnel de la reine. Suivez-moi dans mon bureau.

La chef des armées fit discrètement un bras d'honneur au médecin avant de s'engager à la suite de Pansy. Au bout d'un petit couloir, la médicomage poussa une porte et Hermione se trouva dans bureau petit mais confortable. Pansy lui désigna un siège avant de s'installer confortablement dans son fauteuil. Elle prit un calepin et une plume, écrivit quelques mots avant de reporter son attention sur la militaire.

- Alors Hermione, quel est votre problème ? demanda-t-elle avec un sourire engageant.

- Je ronfle.

- Et ? encouragea la médicomage.

- Et c'est tout. Je ronfle, c'est chiant, j'ai pas l'âge de mon père, j'veux me débarrasser de c'truc. C'est pour ça que je viens vous voir.

- D'accord. Votre ronflement dure toute la nuit ou est-ce par épisode ? Il est léger ou vraiment sonore ?

- Mais qu'est-ce que j'en sais moi ? s'impatienta Hermione. Je ronfle, point barre !

- Et ça ennuie quelqu'un en particulier ? fit Pansy, l'air de rien.

- Mais qu'est-ce que ça peut vous foutre ! Merde à la fin, je ronfle, c'est chiant, vous avez bien un truc pour faire passer ça ?

- Est-ce que je vous dis comment mener vos troupes ?

- Ca, ça me ferait mal au cul !

- Alors n'essayez pas de comprendre mon métier. Je pose une question, vous y répondez. Sinon, vous pouvez toujours retourner vous faire casser le nez et espérer que le boucher qui vous le remettra en place fera un miracle improbable. Est-ce clair ?

- Tout ce que je demande, c'est de réparer ça. J'vous signale qu'avant votre intervention j'avais pas ce problème. Y'a une vieille peau au château, la Ministre de je sais plus quoi. Minerva, vous la remettez ? Bon, vu son âge et sa décrépitude, ça doit en faire vibrer les murs, c'qui sort de son museau. Vous me filez la même chose et on n'en parle plus.

Le général perçut un changement dans l'attitude de la médicomage.

- Bon d'accord, je ronflais un peu avant. Mais franchement, je suis sure que vous avez fait du bon boulot sur le vieux cheval, après tout ça devait être ça ou l'abattre, non ? lui sourit-elle pour l'amadouer tandis que la température de la pièce devait frôler le point de congélation.

- Dehors... articula lentement Pansy. Je ne veux plus jamais vous revoir et priez pour ne jamais tomber entre mes mains.

- Hey, oh, on se calme. Si vous savez pas le faire dites-le, c'est tout. Votre spécialité c'est les furoncles au cul peut-être ? ricana le général en se levant pour rejoindre la sortie.

Elle quittait l'hôpital en grommelant quand elle avisa Minerva en train d'échanger avec le Rodolphus précédemment croisé.

- Conseillère, la salua-t-elle.

La stratège se tourna à peine, continuant sa conversation.

- Ma femme est disponible ? l'entendit-elle demander.

- La Directrice est dans son bureau et sa consultation est finie, répondit le médicomage en regardant Hermione qui virait blême.

- Putain quelle conne ! maugréa cette dernière. Les pieds dans le plat, c'est tout moi...


Vivianne s'était accoudée sur les remparts du château d'Avalon et son regard balayait l'horizon. Malgré la noirceur de la nuit, elle pouvait voir, sentir, ces millions de sorciers qui découvraient leur nouveau territoire. Leur peur, leur angoisse flottait dans l'air et c'était un délicat parfum pour la Dame du Lac.

- Elle est pleine de surprises... murmura la souveraine. Je m'attendais à tout de sa part, sauf ça.

Elle tourna la tête pour dévisagea le neuvième sage qui attendait patiemment ses ordres.

- Severus, ordonne aux Conseillers d'aller de village en village à la rencontre de ces gens. Qu'on leur offre le nécessaire pour avoir leur soutient le moment venu. Un peu de chair à canon ne sera pas superflu quand la Source se décidera à attaquer.

Le maître des potions s'inclina respectueusement et se dépêcha de gagner la salle des Conseils.

"Il ne me reste plus beaucoup de temps pour mener à bien mon projet. Granger... Quelle ineptie vous a encore traversé l'esprit ?"


Minerva reposa la plume dans l'encrier et se massa les tempes. Elle avait tenté, ces deux dernières heures, d'organiser l'expédition du lendemain. Elle avait préparé une liste d'objets à emporter, tentes, vêtements, vivres, mais ne savait combien de temps durerait la quête aux horcruxes. De plus, elle ne connaissait pas Avalon. Sur les trois personnes qui se souvenaient du continent, une était morte, l'autre cherchait à les tuer et la troisième ne semblait pas encline à desserrer les dents.

L'animagus soupira. Elle repoussa sa chaise pour se lever et tenta de dénouer les tensions qui rendaient son dos douloureux.

- Autant marcher un peu et découvrir l'endroit. De toute façon, je ne dormirai pas cette nuit.

Elle souffla la chandelle en quittant le bureau et s'engagea dans le couloir. La lune éclairait de place en place l'espace de sa lumière blafarde, se glissant à travers fenêtres et volets mal joints. L'endroit n'était pas sinistre, mais n'était pas invitant pour autant. Juste froid. Minerva frissonna et serra ses bras autour d'elle tout en se rapprochant de la porte de la chambre de sa fille.

Rose. Elle n'avait pas eu le temps de la connaître et c'était, par la volonté de sa mère, déjà une jeune femme. Minerva poussa la porte et regarda sa fille de loin, ne voulant pas la réveiller. Elle était comme dans les souvenirs qu'elle avait de la Sage qui avait veillé sur Poudlard. Elle avait chéri cette image des années durant, croyant avoir perdu son enfant à jamais. L'animagus sentit son cœur se gonfler de chagrin en prenant à nouveau la mesure de tout ce qu'elle avait perdu. Sa colère envers la Source s'insinua en elle comme un poison.

Hermione. Minerva referma la porte sans bruit avant de continuer son chemin et se retrouva sans être étonnée devant la porte de la brune. L'Ecossaise serrait les dents de rage contenue.

- Pourquoi ? murmura-t-elle. Aime moi, hais moi, mais ne sois pas indifférente…

Elle posa la main à plat sur la porte, puis y laissa aller son front. Elle finit par prendre conscience de la texture du bois contre sa peau, du rugueux de ses fibres sur lequel glissait son pouce. Puis elle entendit un gémissement. Minerva se redressa, avant de coller son oreille contre la porte. La plainte venait de la chambre. Une courte hésitation et elle poussa le battant.

Elle avança à pas de loup dans la pièce faiblement éclairée par les rayons argentés de la lune. La porte vitrée donnant sur le balcon était entrouverte, laissant un courant d'air frais rafraîchir l'atmosphère de la chambre. Elle s'approcha du lit, observant la brune qui dormait. Les traits de son visage semblaient exprimer une vive douleur et une peur palpable se dégageait d'elle. Un nouveau gémissement s'échappa de ses lèvres avant que des mots ne soient prononcés dans un murmure étouffé.

McGonagall s'accroupit pour s'appuyer sur le matelas et fronça les sourcils, cherchant à comprendre ce que marmonnait son ancienne élève.

- Si tu touches un seul cheveu de Rose, je te tuerais...

L'animagus savait à qui s'adressait cette menace. Vivianne, forcément. Elle dégagea une mèche de cheveux qui barrait son front et se gratta la nuque. Que s'était-il passé entre Hermione et Vivianne qui avait précipité les évènements, qui avait changé les plans établis par Aliénor ?

- Tu ne me le diras pas... chuchota l'Ecossaise. Alors que ce serait si simple de me faire confiance.

Hermione se raidit soudainement avant d'ouvrir les yeux. Elle s'assit brusquement dans le lit, le drap qui la couvrait glissant sur ses hanches, révélant une partie de sa nudité. La respiration saccadée, elle prit un instant pour reconnaître la chambre dans laquelle elle se trouvait puis sursauta de surprise en remarquant l'animagus à quelques centimètres d'elle.

- Que faites-vous là ? aboya-t-elle en attrapant le drap d'une main pour couvrir sa poitrine, l'autre cherchant à tâtons son paquet de cigarettes.

Elle s'en alluma une nerveusement et inspira profondément pour calmer sa respiration.

L'Ecossaise resta à son niveau, la regardant dans les yeux.

- J'ai entendu ton cauchemar depuis le couloir, je suis venue voir.

- Et bien je suis réveillée maintenant, vous pouvez aller vous coucher, répliqua la brune du tac-au-tac.

La brusquerie du ton ne découragea pas Minerva qui avança sa main vers le visage de la Gryffondor. Mais Hermione se déroba. L'Ecossaise laissa son geste en suspens un instant avant de se redresser.

- Je vois. A tout à l'heure donc.

Elle retourna vers la porte. Au moment de la franchir elle se tourna à demi.

- Si tu changes d'avis concernant l'intérêt de ma participation à votre chasse, envoie quelqu'un me le dire, fit-elle d'un ton égal avant de refermer derrière elle.

Hermione se laissa retomber sur l'oreiller et essuya les gouttes de sueur qui perlaient sur son front.

- Pourquoi es-tu aussi entêtée ? soupira-t-elle.

Elle se leva, repoussant le drap, et alla chercher des vêtements propres dans l'armoire qui avait appartenu à son ancienne Conseillère. Elle laissa ses doigts glisser sur les étoffes, observant les robes, tentant d'imaginer la Sage les portant. Son regard finit par se poser sur un pantalon d'équitation noir et d'une chemise rouge. Elle attrapa le tout puis trouva une paire de bottes en cuir souple à même le sol. Dans un tiroir, elle se saisit de sous-vêtements et, son paquetage sous les bras, elle se rendit dans la salle d'eau pour profiter d'un bon bain chaud relaxant.

Près d'une heure plus tard, un peu plus détendue, elle s'installa devant le secrétaire de l'enchanteresse de soin et exhuma d'un tiroir une carte d'Avalon. Elle trempa une plume dans l'encrier et marqua 14 croix à divers endroits du continent. Puis, après avoir réfléchi quelques instants, elle numérota les emplacements dans un ordre qui lui paraissait pratique et cohérent.

- On va en avoir pour des semaines... murmura-t-elle.

Elle passa une main sur son visage las puis se frotta les yeux. Elle plia la carte d'Avalon et la glissa dans la poche arrière de son pantalon. Elle se saisit de son paquet de cigarettes et, après s'en être allumée une, elle quitta les appartements d'Aliénor. Elle sentait que le jour n'allait pas tarder à se lever et il lui restait beaucoup à faire avant de partir à la chasse aux horcruxes. Tout en se dirigeant silencieusement vers les écuries du château, l'appréhension la gagna. Elle allait passer un temps certain avec Minerva et, si son cœur se gonflait de joie à cette idée, sa raison (et la voix de la Source ?) lui soufflait que c'était une très mauvaise chose.


Et voilà le travail !

La suite jeudi prochain !

En vous souhaitant un excellent week-end,

Bises,

Sygui et Link9