Bonjour à toutes et à tous!
C'est jeudi, c'est pas raviolis, c'est nouveau chapitre ! ^^
En espérant qu'il vous plaira, on vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 25 : Peau d'âne
Clément s'approcha respectueusement de Vivianne et fit une profonde révérence.
- Ma Source, nos informateurs viennent de nous informer que quatre femmes ont quitté à cheval le château de Perguérie pour se diriger vers les montagnes, au nord de la Province, il y a de cela une heure environ.
- Merci, Haut, tu peux te retirer, le congédia la Dame du Lac avec un geste de la main.
Le Conseiller s'inclina à nouveau et sortit de la salle des Conseils à reculons. Une fois seule, Vivianne attrapa une petite bourse en cuir dans sa poche et l'ouvrit pour en sortir trois canines d'un blanc étincelant.
Elle les fit tourner entre ses doigts, ses lèvres s'étirant dans un rictus mauvais, pour ensuite les serrer dans sa main.
- Je savais bien qu'un jour la magie démoniste de l'Administratrice Bellatrix me serrait utile... murmura-t-elle, satisfaite.
Elle lança les canines en l'air et agita rapidement son poignet. Les dents disparurent subitement pour laisser place à trois femmes qui retombèrent souplement sur leurs pieds. L'une d'elle était brune, avec une coiffe rouge sur ses cheveux, et une fourrure de loup en guise de cape. La deuxième avait une chevelure blonde aux boucles soyeuses qui tombaient souplement sur ses épaules. Elle portait des bottes aux griffes acérées qui ressemblaient à des pattes d'ours. La dernière avait les cheveux roux sur lesquels reposait une tête d'âne, la peau de l'animal constituant un manteau.
- Chaperon Rouge, Boucle d'Or et Peau d'Ane, salua Vivianne. Les trois succubes chasseresses, j'ai une mission pour vous.
- Vous nous avez appelées, nous vous obéirons, Dame du Lac, fit Boucle d'Or.
- Vous allez me ramener l'Origine de toutes magies, vivante. Si elle est blessée, ce n'est pas grave, du moment qu'elle respire encore. Trois femmes l'accompagnent. Vous pouvez les tuer et dévorer leur cœur, ce sera votre paiement, ordonna Vivianne. Mais, si vous voyez une jeune fille, vous me la ramenez intacte. Est-ce clair ?
- Parfaitement, répondit le Petit Chaperon Rouge.
- Vous les trouverez à deux cents lieues d'ici, au Nord-Ouest. Partez, et ne revenez pas sans elle.
Les trois succubes disparurent dans un craquement sonore et la Dame du Lac se frotta les mains.
- Que la partie commence... murmura-t-elle.
Cela faisait quatre heures que la troupe s'était mise en route et Pansy en avait plein le dos. Littéralement. Ses mains serrant l'arrière de la selle - Hermione l'avait menacée de lui couper les doigts si la médicomage s'accrochait à ses hanches, elle regardait défiler le paysage et soupirait. Le silence était pesant, parfois entrecoupé des chuchotements de Minerva et Rose quelques pas derrière elle.
Elle fronça les sourcils et regarda une fois de plus la nuque de Granger. Cette dernière n'avait pas prononcé un mot depuis des heures, sûrement plongée dans ses pensées.
- J'ai faim, fit Pansy en remuant sur la selle.
- Je cherche un endroit pour nous arrêter en sécurité, grogna Hermione.
- J'ai mal au dos, poursuivit la Serpentard.
- On a du gel pour ça dans les sacs. Tu demanderas à Minerva de...
- De me faire un massage ? proposa Parkinson.
- Si ça te fait plaisir.
La réponse fut sèche. Pansy eut un large rictus et se pencha sur la brune.
- Je préférerais que ce soit Rosie Chérie... susurra la médicomage. Ce serait une bonne introduction avant de la faire transpirer dans mon sac de couchage.
Hermione se retourna et flanqua son poing dans le visage de la Serpentard pour percuter violemment la pommette gauche. Pansy tituba et, avant de tomber, ses mains agrippèrent les épaules de la brune pour l'entraîner avec elle dans sa chute.
Les deux sorcières se trouvaient à présent sur le bas côté de la route en train de se battre. La rouge et or prit le dessus et se retrouva assise sur les hanches de la vert et argent.
- Je savais pas que tu aimais être dessus... murmura lascivement la Serpentard, passant sa langue sur ses lèvres. D'après toi, c'est pareil pour Rosie Chérie ?
Le poing d'Hermione s'abattit à nouveau mais, Parkinson ayant décalé sa tête, les doigts frappèrent avec force la route pavée. Un craquement sinistre se fit entendre, un gémissement franchit les lèvres de la brune tandis qu'une grosse larme roula sur sa joue.
- Pleure Granger, tu pisseras moins ce soir, se moqua Pansy tandis que l'ancienne Gryffondor secouait sa main douloureuse.
- Il m'en reste une à te foutre dans la tronche...
Hermione se sentit attrapée sous les aisselles et fut tirée en arrière. Alors qu'elle se redressait, des bras l'enserrèrent dans une étreinte puissante.
Ouvre les yeux ! gronda Viviane tandis qu'elle atteignait l'apogée de son supplice. Je veux que tu me voies ! Tu ne m'oublieras qu'en me demandant la mort !
- Lâche-moi ! hurla la brune, le visage de Vivianne encore gravé sur sa rétine, se débattant dans les bras qui la tenaient fermement.
Elle finit par se dégager d'un coup de coude et se retourna en reculant, haletante. Rose, toujours à cheval, la regardait avec incompréhension, tandis que Minerva fronçait les sourcils en se massant l'estomac.
La brune sentit une main sur son épaule et sursauta brusquement. Une cigarette allumée se présenta devant elle et elle s'en saisit nerveusement.
- Il faudra que tu m'expliques les raisons de ta crise d'hystérie... chuchota Pansy. Pas la partie sur ta fille, mais quand ton Ecossaise nous a séparées.
- Insolation, rétorqua Hermione entre deux bouffées de nicotine. Je vais chercher un emplacement à l'ombre pour déjeuner.
Elle s'éloigna à grandes enjambées en direction de l'orée d'un bois, laissant les trois sorcières sur le côté de la route. Pansy s'alluma à son tour une cigarette et eut un sourire affable pour Minerva.
- Et bien, ça promet une promenade charmante ! se moqua-t-elle. Ton estomac, ça va ? ajouta-t-elle plus sérieusement.
- Oui... murmura l'Ecossaise, son regard s'attardant sur la silhouette d'Hermione qui s'éloignait.
Pansy s'avança de sa démarche chaloupée et appuya son index sur le ventre de l'animagus qui grimaça.
- Menteuse, sourit la médicomage. Alors, je soigne ton bide et en échange, tu me masses le dos... A moins que tu veuilles t'en charger, Rosie Chérie ?
- Plutôt me couper les deux mains avec une cuillère à café, rétorqua vertement la Sage en descendant de son cheval.
Elle attrapa la bride des deux destriers de ses mères en plus du sien et s'engagea à la suite de la Source.
- Pansy... tu es douée en légilimancie, il me semble, chuchota McGonagall.
- Oui, mais je ne vois pas le rapport avec mon mal de dos ou le coup de coude que t'as donné ton amour d'Origine de toutes conneries.
- Quand l'occasion se présentera, fouille dans ses souvenirs. Je veux savoir ce qui lui arrive.
Pansy tira une bouffée de nicotine et jeta un regard en biais à Minerva.
- Toi, tu vas avoir des problèmes. Tu es sûre de vouloir faire ça ?
- Si tu es sûre de pouvoir y parvenir, oui.
- Granger n'a jamais été très douée en occlumancie. L'exploit ne sera pas d'aller farfouiller dans son esprit, mais d'en tirer quelque chose.
Elle tira longuement sur sa cigarette avant de jeter le mégot au sol et de l'écraser du talon.
- Par Merlin, tu es vraiment sérieuse. C'est une décision tellement... sourcesque.
- Je ne suis pas une adepte du dicton "la fin justifie les moyens", mais nous ne pouvons nous permettre d'avoir Hermione à bout de nerfs. Et pour pouvoir l'aider, il faut mettre le doigt sur le problème. Je compte sur toi pour venir me trouver quand tu sauras ce qui la taraude.
- Pourquoi n'essaies-tu pas de lui parler avant ? Je peux même m'en charger, si tu veux.
- Tu la connais, elle ne dira rien. Ce serait du temps perdu et nous n'en avons pas.
Pansy acquiesça et toutes deux se mirent en route en direction de la lisière de la forêt. Parkinson fourra la main dans ses poches et masqua un rictus. Cette promenade allait devenir rudement intéressante.
Le soleil déclinait à l'horizon quand Rose posa pied à terre. Après avoir accroché la bride de son cheval au tronc d'un arbre, elle s'étira longuement. Elle était épuisée, affamée, et rêvait de pouvoir se coucher. Mais avant cela, il fallait monter les tentes et préparer le repas. Elle jeta un coup d'oeil aux alentours et observa Pansy et Minerva qui se chargeaient de faire un feu de camp. Hermione, quant à elle, était partie avec les gourdes à la recherche d'un point d'eau.
- Et qui va se taper le montage des tentes ? C'est bibi... lâcha la Sage en fouillant dans les sacs qu'avait préparés l'Ecossaise.
Elle déballa les différentes pièces et se gratta la nuque en se demandant par quel bout commencer.
- Besoin d'aide, Rosie Chérie ? s'enquit Parkinson en s'approchant dans un nuage de fumée.
- Tu devais pas t'occuper de la flambée ? demanda le Maître des Chimères avec humeur.
- Ta mère n'a pas besoin de moi pour allumer un brasier, ma chérie, susurra la Haute. mais il est vrai que je suis extrêmement douée pour ça. En tout cas, personne ne s'est jamais plaint...
La Serpentard eut un large rictus en remarquant le rougissement sur les joues de la jeune femme et se frotta les mains.
- Bien, occupons-nous de notre petit nid d'amour ! Alors, on va commencer par monter l'ossature de notre palace. Prenons les piquets et enfilons-les les uns dans les autres, avec douceur et doigté...
- Pansy, je t'entends ! gronda Minerva, tout en soufflant sur la base du feu.
- Et revoilà la mère la vertu ! Elle ne m'avait pas manqué, celle-là, se moqua Parkinson. A se demander comment elles t'ont eue...
La réplique arracha un léger sourire à la jeune Sage qui attrapa les tubes métallique.
- Ca s'emboite à la perfection ! s'exclama joyeusement Parkinson tandis que Rose assemblait deux pièces. On dirait...
- Un mot de plus et je te tranche la langue, siffla Hermione, qui revenait du point d'eau.
- Mais c'est la reine des gourdes qui nous rend visite, plaisanta la médicomage.
La brune ne répondit pas, se contentant de sortir d'une besace les cadavres de deux lapins pour les lancer à la Serpentard qui glapit en sentant sous ses doigts la fourrure tâchée de sang.
- En tant que chirurgienne, t'arrivera bien à les dépecer proprement, marmonna la Source.
- Je ne suis pas ta bonniche, râla la vert et argent en allant s'installer près du feu.
- Tu m'aides, m'man ? demanda Rose avec un petit sourire, en montrant les éléments de la tente.
Hermione acquiesça et, vingt minutes plus tard, les deux étaient montées.
- Je... je suis désolée pour ce matin, s'excusa la Sage.
- Je sais, ma chérie. Je ne t'en veux pas, tu le sais.
Rose soupira de soulagement et eut un franc sourire.
- Rassure-moi, je ne vais pas dormir avec la train... avec Parkinson, reprit-elle avec un regard suppliant.
- Tu iras avec Minerva, la tranquillisa la brune.
- Et toi ?
- Je dormirai à la belle étoile, ça me rappellera ma jeunesse...
- J'espère que tu as une bonne mémoire, alors, plaisanta Rose.
- Insolente ! gronda faussement la Source. Attends un peu que je t'attrape pour te mettre une fessée !
La jeune femme se mit à courir, Hermione sur ses talons.
- Les gosses, c'est l'heure de passer à table ! appela Pansy.
Les deux Granger allèrent s'asseoir sur un tronc d'arbre servant de banc et toutes commencèrent à dîner. La nuit était claire et la forêt sembla s'animer. Les prédateurs nocturnes s'éveillaient, les grillons entamèrent leur chant et un vent léger faisaient danser les feuilles des arbres.
- Quel est le programme de demain ? s'enquit Minerva en reposant son écuelle.
- On continue vers le nord, répondit Hermione. On devrait atteindre les montagnes en début de soirée.
Pansy se leva et se dirigea vers les fourrés.
- Je vais me soulager. Si je crie, c'est que je suis en danger de mort. J'espère que tu viendras me sauver, Rosie Chérie ! lança-t-elle, amusée.
- Je vais la tuer... grommela la Sage.
- Laisse-moi ce plaisir, ma puce, siffla la Source.
- Je vous rappelle qu'elle est médicomage et que nous aurons sûrement besoin de ses services, fit doucement McGonagall.
Pansy revint quelques instants plus tard, suivie par un âne qui mâchonnait des feuilles.
- Regardez ce que j'ai trouvé !
- Un destrier à ta taille, se moqua Rose, acide.
Hermione se leva, les sourcils froncés. Elle sentait une vibration anormale émanant de l'animal. Son regard se durcit en remarquant qu'une de ses pattes avant se métamorphosait en main humaine qui tenait un couteau. La brune s'élança pour charger l'animal, les mains prêtes à envoyer des sorts.
Les yeux de Parkinson s'agrandirent de stupéfaction en voyant que la brune, l'air belliqueux, fonçait dans sa direction. Elle n'avait pas remarqué ce qui se tramait derrière elle et fit un pas sur le côté pour s'éloigner de la trajectoire de la Source.
- Granger ! T'es dingue ou quoi ? lança-t-elle vertement.
Hermione frôla la médicomage et, au moment de percuter l'animal, ce dernier se changea en une femme rousse vêtue d'une peau de bête. Elles tombèrent à la renverse et roulèrent pour disparaître dans les fourrés.
- M'man ! s'écria Rose en se levant, attrapant son arc pour y encocher une flèche.
- Pile à l'endroit où je viens de pisser, fit remarquer la Serpentard.
- Me semblait aussi qu'on n'avait pas encore entendu parler de Viviane, soupira l'animagus en se levant, scrutant les alentours. Et connaissant la Dame du Lac, ça m'étonnerait qu'elle en reste là. Comme ça, tu as montré tes atours à une belle femme sans le savoir ? Tu vieillis, sourit-elle à Pansy, les yeux plissés à la recherche d'un autre ennemi tapis dans l'ombre.
- En plus, j'ai raté une super occase... Une rouquine, ça promettait une nuit intense, soupira Parkinson en se levant.
Rose s'approchait à pas de loup du buisson dans lequel sa mère avait disparu quand ce dernier prit subitement feu.
- Et merde... grommela le Maître des Chimères avant d'éteindre l'incendie d'un geste de la main.
De la pointe de son arc, elle écarta les branches noircies et se mordit la lèvre inférieure. Les deux combattantes avaient disparu.
- Merde... lâcha-t-elle à nouveau en brandissant son arme à hauteur de poitrine, prête à tirer. Quelqu'un les voit ?
Minerva regarda autour d'elle et allait répondre par la négative quand du mouvement se fit entendre sur sa droite. Les deux femmes surgirent de l'obscurité, Hermione tenant son agresseur dos contre elle, son bras gauche en travers de la poitrine de la femme, la main posé sur l'épaule, tandis que la droite chercher à attraper le menton de la sorcière. Cette dernière avait ses dents plantées dans l'avant-bras de la brune qui grimaçait de douleur.
- Lâche-moi, vile femelle ! siffla la Source, tentant de raffermir sa prise.
La succube rejeta la tête en arrière, emportant un large morceau de chair de l'Origine de toutes magies qui étouffa un cri de douleur. Puis, le démon métamorphosa sa jambe droite en patte d'âne pour décocher un coup violent dans l'estomac de la brune qui se plia en deux sous le choc.
Rose visa la sorcière et décocha sa flèche. La rousse se tourna rapidement en attrapant Hermione par les épaules et bougea le corps pour en faire un bouclier. La flèche se ficha sous les côtes de la Source qui glapit.
- Arrête de tirer ! cria la brune pour couvrir les rires du démon.
Elle serra les dents et, d'un geste fluide, attrapa la succube par le cou, exerçant une forte pression sur sa gorge.
- Fini de rire, salope... murmura froidement Hermione avant de poser son autre main sur le visage de la rouquine.
Un craquement sonore retentit et, la nuque brisée, le cadavre de la succube tomba lourdement sur l'herbe. Puis, le corps se désagrégea pour se transformer en une canine qu'Hermione pulvérisa d'un coup de talon.
- J'ai toujours détesté ce son... C'est d'un sinistre ! fit Pansy en s'allumant une cigarette.
Sa phrase fut ponctuée par un bruit de succion, un gémissement et un cri.
- Granger, la prochaine fois que tu retires une flèche de ton foie, préviens ! soupira la médicomage. C'est pas pour moi, c'est pour ta fille, elle est toute blanche maintenant.
- Pansy... menaça Minerva.
- Alors, je choisis quelle intervention ? Le bouche-à-bouche sur l'Origine de toutes conneries ou sur Rosie chérie ? La première qui tourne de l'oeil a toute mon attention, fit-elle en remontant ses manches.
McGonagall fronça les sourcils tandis qu'Hermione déchirait un pan de sa chemise pour faire un bandage sur son bras blessé.
- Occupe-toi de Rose, grogna la Source, j'ai pas besoin d'aide.
- Va la voir, fit l'animagus en rejoignant sa fille effondrée d'avoir blessée sa mère.
- Origine de toutes conneries, c'est toi qui gagnes la consultation gratuite, répondit la médicomage en s'approchant de la brune.
Cette dernière tendit un doigt menaçant vers sa Guide, lui intimant du regard de passer son chemin.
- Désolée Granger, il va falloir que tu retravailles ton regard de la mort, parce qu'il n'a aucun effet sur moi. Allez, on s'asseoit, on prend une clope et on laisse faire le bon docteur.
- Ne me touche pas, prévint la rouge et or d'une voix froide.
- Je vais être obligée, très chère, répondit doucement la vert et argent en retirant délicatement le morceau de tissu qui couvrait la plaie. Tu peux retirer le reste de ta chemise que je vois ta blessure ?
Hermione hésita mais finit par soulever son haut déchiré jusqu'au trou qu'avait fait la flèche. Elle sentit les doigts de Parkinson palper la plaie et des sueurs froides la firent frémir. Elle eut l'impression de tourner de l'œil et se força à respirer profondément pour retrouver ses esprits.
- Tu peux me dire pourquoi tu réagis comme ça, demanda-t-elle doucement en examinant les bords de la plaie.
- J'ai juste une mauvaise journée. Tout ira mieux demain, grogna la Source. C'est bon ? T'as fini ?
Pansy se recula un peu pour plonger son regard un instant dans les yeux de la brune avant de passer sa baguette au-dessus de son abdomen.
- Granger, tu ne me la fais pas à moi. Je te rappelle qu'on a fait notre scolarité ensemble, qu'on a subi une partie de notre internat ensemble, qu'on a affronté l'Ankou ensemble et t'as jamais eu ce genre de réaction. Donc je repose la question, sérieusement, qu'est-ce qui t'est arrivée ?
- J'ovule. Et ça me perturbe car je pensais être ménopausée.
La réponse fit sourire la médicomage qui referma proprement la blessure.
- Pour ton bras, je vais te donner une potion qui va réparer les chairs et la peau pendant la nuit, fit Pansy en désinfectant les dégâts causés par la rousse.
Elle fit un rapide bandage et fourra dans les mains de la brune une petite fiole. Rose et Minerva vinrent alors qu'Hermione avait remis de l'ordre dans ses vêtements.
- Qui était cette garce ? demanda la jeune Sage, encore pâle.
- Peau d'Ane, l'une des trois succubes chasseresses.
- Peau d'Ane ? La greluche du conte de fées, version Perrault ? fit le Maître des Chimères, abasourdie.
- Quelqu'un peut me le raconter, je ne connais pas les contes moldus, lâcha Pansy. Min ?
- En dehors des contes de Beedle le barde et des légendes écossaises, je suis assez ignorante...
- Ok, j'm'y colle, soupira la dixième Sage. Un roi perd sa femme et recherche une nouvelle compagne. Pas de chance pour lui, la reine lui fit promettre avant de mourir que la future épouse devrait être plus belle qu'elle.
- Et il a fait quoi ? Un speed dating ? se moqua Pansy.
- Non, il a fait plus simple, il a voulu sauter sa propre fille, répondit Rose.
- Pardon ? s'indigna Minerva.
- Je reprends, maugréa Hermione. La seule femme qui surpassait la reine en beauté était leur propre enfant. Donc, pour ne pas briser la promesse qu'il avait fait à la défunte reine, le roi demanda sa fille en mariage.
- Sentant que c'était pas vraiment normal, la gamine chercha à échapper à l'inceste grâce aux bons conseils de sa marraine la bonne fée, poursuivit la Sage.
Pansy se mit un doigt au fond de la gorge et fit mine de vomir, ce qui fit sourire Rose.
- Après avoir demandé à son père de confectionner des robes sensées être irréalisables, la fille exigea, pour sa dot, que le roi sacrifie son âne magique, continua Hermione.
- Un âne qui chiait des pièces d'or, excusez du peu, ajouta le Maître des Chimères.
- Rose, langage ! gronda Minerva. Et tu lui racontais ce genre d'horreur quand elle était petite ? dit-elle vertement à l'intention de la Source.
- Non, on a vu le film, répondit Rose. Et quand tu vois Jean Marais dans le rôle du roi, tu te dis que Peau d'Ane ne risque rien à l'épouser...
- Bref, pour finir, la princesse met la peau de l'âne sur son dos, d'où son surnom, et s'enfuit. Après, il y a une histoire de gâteau, de prince, de mariage, je ne sais plus, marmonna Hermione.
- C'est parce que tu t'endormais toujours au milieu du film, m'man, sourit le Maître des Chimères.
- Donc, Peau d'Ane est une des trois succubes. Qu'elles sont les deux autres ? s'enquit McGonagall.
- Boucle d'Or et le Petit Chaperon Rouge, répondit sérieusement la Source.
Rose éclata de rire.
- Y'a pas Blanche Neige dans le lot ? J'aurais adoré lui faire la tête au carré...
Perchées sur la branche d'un arbre, le Petit Chaperon Rouge et Boucle d'Or avaient assisté à la scène, très intéressées.
- Elle est coriace... murmura Rouge.
- Un challenge intéressant. Peau d'Ane aurait dû m'écouter au lieu de vouloir se la jouer perso.
- Ca a signé sa perte. Mais d'un autre côté, on n'aura pas à partager les deux autres... Je me délecte d'avance de leur cœur encore sanguinolent. Ca va être une douce sensation dans ma gorge.
- Quand passons-nous à l'action ?
- Quand elles seront dans les montagnes, ce sera plus facile pour nous.
Boucle d'Or acquiesça et les deux succubes disparurent dans la nuit.
Et voilà le travail !
On vous souhaite un excellent week-end et on vous retrouve mardi dans la joie et la bonne humeur!
Gros bisous,
Sygui et Link9
