Bonjour à toutes et à tous !

Voici le nouveau chapitre de la Trilogie, un peu plus calme que le précédent !

Bonne lecture !


Chapitre 26 : Dans l'esprit de la Source

Vivianne souffla son exaspération. Elle avait senti s'éteindre le pouvoir d'une des succubes. Dire qu'elle ne s'y attendait pas serait mentir, mais elle avait espéré que les créatures démoniaques auraient plus de ressources que ça.

- Préparons le prochain coup... murmura-t-elle en prenant la bourse en cuir.

Elle défie les liens et l'ouvrit précautionneusement. Puis, après un instant d'hésitation, elle sortit deux incisives qu'elle plaça dans sa paume.

- Baal était un démon primordial et sa dentition a engendré une descendance... Autant s'en servir. Si la Source résiste aux succubes chasseresses, qu'en sera-t-il quand les traqueurs seront à ses trousses ?

Elle lança les deux dents en l'air et lança un sort. Aussitôt, l'air se chargea d'électricité et une jeune femme, aux cheveux aussi noirs que l'ébène et à la peau pâle se matérialisa, aux côté d'un homme qui portait une flûte traversière à sa ceinture.

La Dame du Lac eut un sourire satisfait alors que les démons s'inclinaient devant elle.

- Je vais vous confier une mission importante, ne me décevez pas.


Severus éteignit le feu sous son chaudron en étain. Il attrapa une pipette et aspira quelques gouttes de la potion qu'il venait de préparer. Il s'approcha d'une paillasse sur laquelle gisait un rat mort. Il plaça la pipette au-dessus du cadavre et déposa quelques gouttes de son remède sur la fourrure. Il fléchit les genoux pour mettre son regard à hauteur du rongeur et fronça les sourcils.

- Encore raté... grommela-t-il en inspectant le rat sous toutes les coutures.

Il tourna les talons, attrapa la anse de son chaudron et vida le contenu dans un évier. Il se saisit d'un geste brusque du parchemin où étaient inscrites ses notes et les relut avec attention.

- L'eau de la Fontaine de Jouvence ne fonctionne pas. Aux grands maux les grands remèdes, il va me falloir une larme de phénix...

Il attrapa sa cape, la passa sur ses épaules et quitta son laboratoire secret pour prendre la direction de la forêt d'Avalon.


Rose referma la tente où dormait Minerva et alla s'assoir sur le tronc d'arbre qui faisait office de banc, à côté d'Hermione. Cette dernière avait un couteau dans la main et était occupée à tailler un long morceau de bois.

- Elles vont bien, commença la Sage. Ton sortilège fait effet. Pansy a un peu de fièvre, son cerveau doit fonctionner à plein régime pour absorber toutes les connaissances que tu y as implanté. Je crains qu'il n'ait pas l'habitude d'être autant sollicité, dit-elle doucement avec un rictus.

Hermione afficha un sourire, son regard ne quittant pas le bois, s'appliquant à lui donner la forme qu'elle souhaitait.

- Tu fais quoi ? demanda le Maître des Chimères.

- Deux épées en bois. Je vais donner des cours d'escrime à Minerva. Enfin, si elle le souhaite, répondit la brune.

- M'man... commença Rose en posant sa main sur celle de sa mère, l'arrêtant dans son travail. Tu vas t'en sortir ? Tu ne vas pas m'abandonner ?

Le coeur d'Hermione se serra douloureusement. Elle posa la branche sur le sol et attrapa son paquet de cigarettes pour en faire sauter une.

- Je n'en ai pas envie. Mais avec Vivianne et l'Origine de toutes magies qui sont bien décidées à se débarrasser de moi, je ne peux rien te promettre.

- Est-ce une des raisons de mon vieillissement soudain ? murmura la jeune femme. T'es-tu dit qu'adulte, je supporterais mieux ta disparition ? Que je serais plus mature pour accepter ta mort ?

- Non. Tu as toujours été très mature, même à quatre ans, sourit la brune.

- Est-ce que je suis trop vieille pour un câlin ? chuchota la Sage.

Hermione ouvrit ses bras et Rose s'y réfugia.

- On en a vécu des choses, toutes les deux, fit le Maître des Chimères, sa tête posée sur l'épaule de sa mère.

- Oui, et c'est pas fini.

- Tu te souviens quand tu as été convoquée par le directeur, quand j'étais en CP ? Tout le monde devait faire un exposé sur le métier de ses parents et les autres gamins avaient hurlé, apeurés, quand j'avais raconté que tu découpais des cadavres pour retirer leurs organes...

- En écoutant du métal... Ton institutrice avait flippé, croyant que je trempais dans une quelconque idéologie sataniste, faisant le tour des cimetières la nuit à la recherche de tombes à vandaliser. D'ailleurs, je te signale que Metallica a composé de très beaux slows dans son Black Album.

- N'empêche, pour Halloween, tu as foutu une sacrée trouille aux gamins, à t'habiller en créature de Frankenstein.

- Le hachoir en plastique recouvert de faux sang a eu son effet.

- Ouais... on a pu bouffer le bol de bonbons toutes les deux.

Elles restèrent un instant, silencieuses, se délectant du calme de la nuit.

- Aliénor me manque... finit par dire Rose.

- Moi aussi, avoua Hermione.

- On la vengera. Vivianne n'aurait jamais dû s'en prendre à elle. Elle va le payer de sa vie.

La brune acquiesça, sa poitrine se serrant douloureusement en pensant à la Présidente des Conseils.

- Promets-moi que tu feras tout ton possible pour rester en vie, fit la Sage en plongeant son regard vert dans les yeux de sa mère. Si tu disparaissais, ça tuerait Mamaidh. Et moi aussi... Elle t'aime toujours, tu le sais ? Et je sais qu'elle ne t'est pas indifférente...

- C'est compliqué, ma chérie.

- Je sais... Mais je suis persuadée qu'elle peut t'aider à échapper aux deux folles qui veulent ta peau. Elle ne demande que ça. Tu devrais lui parler.

- Je vais y réfléchir, promit Hermione.

Rose se leva et posa une bise sur le front de sa mère.

- Je vais au lit. Réveille-moi dans quelques heures pour prendre le relais.

- Ca ira, j'ai fait une sieste ce midi, je peux tenir. Bonne nuit ma puce.

- A tout à l'heure, m'man.

Rose se rendit dans la tente de Minerva et referma derrière elle. Hermione reprit son morceau de bois et retourna à son travail. Ses pensées étaient occupées par l'animagus.

- Pourquoi tout est si compliqué ? soupira-t-elle.


Minerva pénétra d'un pas vif dans la salle de réception du château de Perguérie et donna sa cape de voyage au page qui l'accompagnait. Elle s'approcha de la nouvelle Administratrice de la Province et lui serra la main.

- Aliénor, mes hommages. Je suis heureuse de vous rencontrer, et j'aurais préféré que cela se fasse dans d'autres circonstances. Mes condoléances pour votre perte.

- Ma perte ? reprit Aliénor, le visage fermé. Vous voulez parler de l'odieux complot qui a coûté la vie de mon père et qui a bien failli prendre la mienne ?

- Soyez assurée du soutien de notre reine. Nous tenons nos troupes d'élites à votre disposition pour punir ces scélérats.

- Heureusement que je n'ai pas attendu votre concours, fit sèchement l'Administratrice. Sinon, je ne serais pas ici à vous entretenir.

Une porte au fond de la salle s'ouvrit et une jeune femme, à peine sortie de l'adolescence, fit son apparition.

- Madame la Ministre, je vous présente Millicent. Elle est mes yeux, mes oreilles dans la Province. C'est une fine stratège et c'est grâce à elle que j'ai eu la vie sauve. Elle a réussi à me prévenir de ce qui se tramait et je lui dois la vie.

Une lueur dangereuse passa dans le regard de l'Administratrice.

- Mon père n'a pas eu cette chance. Et je me demande si je dois vous en tenir responsable, Madame la Ministre. Votre poste exige que vous soyez être au courant de ce qui se passe dans tout le royaume. Et cet attentat a échappé à votre vigilance. Dois-je comprendre que la Province de Perguérie importe peu à la couronne ?

- Ma chère, commença Minerva la main sur le cœur, sachez qu'il ne peut en être ainsi. Rien n'a plus d'importance aux yeux de notre souveraine que le bien-être de tous ses sujets. Mes espions ont été vertement tancés, n'en doutez point.

Aliénor la dévisagea froidement. Minerva afficha une mine contrite, et se demanda quel âge pouvait bien avoir la jeune femme. La vingtaine tout au plus, même si les vêtements de deuil lui donnait dix ans supplémentaires.

- Vertement tancés ? répéta l'Administratrice qui tentait de conserver son calme. Cela me rendra-t-il mon père ? Ne répondez pas, n'allez pas paraître plus incompétente que vous l'êtes.

La Ministre crut entendre la nouvelle générale des armées d'Avalon.

"Cette génération n'a-t-elle point d'égard pour ses aînés ?" se demanda-t-elle.

- Partez, vous n'avez rien à faire ici. Si Vivianne veut savoir ce qui se passe en Perguérie, qu'elle vienne elle-même. Je ne recevrais plus ses sous-fifres.

- Je comprends votre colère, et Viviane y est sensible, d'où ma venue, commença Minerva tout en se rapprochant de l'Administratrice. Comme vous le savez notre souveraine est en tournée dans les provinces de l'Extrême-Orient de nos contrées, elle ne pouvait être là pour accueillir votre douleur. Mais soyez assurée de son soutien, comme de ma coopération. Je vous l'ai dit, dès la fin de notre entrevue, je donne l'ordre aux meilleurs des troupes de la Dame du Lac de se déployer en Perguérie pour débusquer et punir les scélérats qui ont causé la terrible perte qui vous touche, finit-elle en posant une main légère sur l'avant-bras de la rousse en signe de soutien.

Aliénor se dégagea sèchement et fit un pas en arrière pour se rapprocher de Millicent.

- Ma conseillère va vous exposer notre point de vue.

- Soit vous êtes incompétente, soit vous saviez et vous avez fermé les yeux pour saboter le processus d'indépendance, soit vous avez commandité l'attentat pour la même raison.

Minerva prit un air offusqué.

- Jamais de la vie ! Notre souveraine a toujours régné en bonne entente avec l'ensemble de ses Provinces. La ligne directrice de sa politique est la négociation. Votre demande en termes de prise d'autonomie est un dossier majeur pour nous qui doit être traité avec toute l'attention requise.

L'Administratrice haussa un sourcil dédaigneux.

- Millicent, je te laisse conclure, dit-elle avant de tourner les talons pour s'éclipser.

La jeune femme indiqua la sortie des invités à la Ministre et eut un sourire chaleureux qui contrastait avec la froideur de son regard.

- Votre visite nous a honorées, Madame, mais l'Administratrice souhaite traiter directement avec la reine. Sans passer par des intermédiaires. Afin de faciliter le dialogue, vous comprenez... dit-elle en l'accompagnant jusqu'à la porte.

- Les intermédiaires ne sont pourtant pas quantité négligeable dans ce genre de tractation, la fille de l'ancien Administrateur devrait en prendre conscience... Après tout, elle n'a pas encore été confirmée dans cette charge, sourit narquoisement la Conseillère avant de tourner les talons.

- Vivianne serait folle de ne pas choisir Aliénor. Elle se mettrait toute la région à dos. Et politiquement, elle ne peut pas se le permettre. Aussi, Minerva, ne lancez pas des menaces qui resteront lettre morte. Cela ne fait que vous rendre ridicule, et vous l'avez été suffisamment avec votre manœuvre grossière avec l'Administratrice. Et venez me voir un de ces jours, je vous donnerai des cours pour être efficace dans votre poste. Vous en avez cruellement besoin.

- Qui vivra verra, répliqua la stratège sans se retourner.

- C'est ce que vous avez dit au père d'Aliénor avant qu'il soit assassiné ?

La Conseillère fit volte-face et revint rapidement en arrière pour se planter devant la jeune fille.

- Vous avez la langue bien pendue à votre âge. Méfiez-vous que ce soit la seule chose .

Millicent ne se départit pas de son sourire et une lueur malicieuse dansait dans son regard.

- Garde ? appela-t-elle d'une voix claire. Venez donc pour raccompagner Madame la Ministre jusqu'à nos frontières. Il serait regrettable qu'elle se fasse attaquer sur les routes...

Elle sortit de sa poche un petit tube de papier semblant contenir des plantes et l'alluma, sans quitter du regard Minerva. Deux soldats pénétrèrent dans la salle et saluèrent les deux femmes.

- Merci de votre visite, Madame la Ministre. Je suis sûre que nous aurons prochainement le plaisir de vous revoir.

- Plus tôt que vous ne le pensez, Mademoiselle.


Hermione ouvrait la marche, Rose à ses côtés. Quelques mètres derrière, Minerva et Pansy chevauchaient le même cheval. Le petit-déjeuner s'était déroulé dans une ambiance pesante, l'Ecossaise n'ayant pas desserré les dents. Une fois de plus, Hermione n'en avait fait qu'à sa tête, en lançant un sortilège d'apprentissage accéléré sans les en avertir.

Autant Parkinson était ravie de se retrouver enchanteresse de soin, autant l'animagus devait user de tout son self-control pour intérioriser sa rage.

- J'espère avoir bientôt l'occasion de tester mes nouveaux pouvoirs ! fit gaiement la médicomage.

- Avec Vivianne et ses sbires à nos trousses, ça ne m'étonnerait pas. Sinon, tu peux toujours t'exercer sur l'Origine de toutes magies. Lui ouvrir le crâne pour voir s'il y a un cerveau en état de marche... siffla l'ancienne Directrice de Poudlard, en fixant le dos de la Source d'un regard meurtrier.

- J'aime vous voir aussi proches et complices... gloussa la Serpentard. Un projet de petit frère ou de petite soeur pour Rose ?

- Arrête des inepties, gronda Minerva. As-tu pu savoir ce qui n'allait pas ?

- J'ai quelques soupçons, évidemment, mais pas encore de preuves tangibles. J'attends le bon moment pour aller farfouiller dans sa mémoire.

- Je te donne jusqu'à demain matin.

Pansy roula des yeux tandis que McGonagall retournait à son mutisme.

"Mais que me suis-je mise dans cette galère ?" soupira-t-elle.


La nuit était noire et seul le feu de camp éclairait les alentours. La température avait chuté tout au long de la journée tandis qu'elles se dirigeaient vers les montagnes et, maintenant qu'elles avaient établi leur campement au pied du mont principal, le vent était vraiment frais.

Envelopper dans un grand manteau, Pansy se frottait les mains devant la flambée que Rose avait allumée quelques heures plus tôt. La médicomage tendait l'oreille, analysant le moindre son, le moindre craquement de branche qui pourrait l'avertir d'un danger. Cependant, rien ne l'inquiétait pour le moment. La forêt de pins sombres connaissait sa vie nocturne, sans que rien d'étrange n'y déambule.

Parkinson regarda sa montre et prit une grande inspiration. Cela faisait deux heures maintenant qu'Hermione était partie se coucher. Elle devait dormir profondément et la médicomage sentit que c'était le moment parfait pour aller exercer la légilimancie. Elle se leva et se rendit sans bruit jusqu'à la tente qu'occupait la brune. Elle s'y glissa silencieusement et s'approcha de la Source endormie.

Elle s'accroupit et posa délicatement ses doigts sur le front de son amie. Elle se perdit quelques instants dans la contemplation du visage aux traits tirés et respira profondément.

- Je suis désolée, Granger, mais tu ne nous laisses pas le choix, murmura-t-elle. Legilimens...

La brune grogna et se crispa, faisant craindre un instant à la médicomage qu'Hermione émerge de son sommeil. Elle ne se retira pourtant pas de son esprit, en attente dans un coin reculé de sa mémoire.

"Pourvu que je ne croise pas la Source... Ca serait le pompon."

Elle attendit patiemment que son amie se calme puis commença à naviguer dans ses souvenirs. Elle assista avec intérêt, fascination et crainte à son combat contre Vivianne douze ans plus tôt sur Avalon, puis à son réveil sur une plage de France. Elle pesta intérieurement contre les médecins moldus qui avaient mis trois années à la remettre vaguement sur pied, faisant d'elle une mère handicapée. Elle assista à la naissance de Rose et se mordit la lèvre inférieure.

"Et dire que cet été là, je draguais honteusement à Paris... Si j'avais su, j'aurais fait un détour... "songea amèrement la Serpentard.

Elle finit par tomber sur ce qu'elle cherchait et son visage se décomposa. L'image d'Hermione, suspendue au plafond par des chaînes, à la merci de Vivianne était insupportable. Les sons amplifiés par l'écho des cachots lui glaçaient le sang. Chaque halètement, chaque râle de la brune lui semblait comme un coup de poignard dans sa poitrine.

- Ouvre les yeux ! gronda Viviane, ramenant la brune dans un maelstrom de sensations passées et présentes, tandis qu'elle atteignait l'apogée de son supplice. Tu m'appartiens Hermione, hier comme aujourd'hui, et la Source en mourra !

Pansy voulait détourner le regard, ne plus avoir à contempler à cette torture qu'infligeait la Dame du Lac, sa propre expérience avec Morgane lui revenant en mémoire. Mais elle assista, la boule au ventre, à la fin du tourment de la brune qui défia jusqu'au bout sa Némesis, jusqu'à ce qu'un doloris lui fasse perdre connaissance.

"Ok... c'est bien ce que je pensais." songea la Serpentard, prête à se retirer de l'esprit de la rouge et or.

Quelque chose attira son attention. Un souvenir étrange. Dépourvu de couleur, dont les bruits, les paroles n'étaient que de vagues résonnances. Elle s'approcha et eut le souffle coupé à la scène qui se déroulait sous ses yeux. Aliénor, droite, le port de tête altier, faisait face à la brune qui ne la quittait pas du regard. Vivianne n'était qu'une ombre fondue dans le décor. Pansy avait le sentiment que la blonde parlait mais n'entendait qu'un vague fond sonore inaudible. Elle sentait la force du lien qui unissait Aliénor et Hermione et l'émotion qui submergeait cette dernière.

- Je ne t'abandonne pas... murmura la brune.

"Non... Ne me dis pas que... Tu n'as pas fait ça..." déglutit Parkinson.

Tout devint flou, sauf l'image d'Aliénor et de son sourire. La médicomage, impuissante, vit Hermione lever la main et jeter son sort. Alors que le jet de lumière argentée touchait le coeur de la Présidente des Conseils, Pansy fut envahie par un désespoir qu'elle n'avait jamais ressenti avant. C'était comme si des milliers de détraqueurs s'étaient jetés sur elle. Elle secoua la tête pour chasser cette sensation et se frotta les bras pour se réchauffer. Elle savait que c'était les sentiments d'Hermione, mais elle ne put s'empêcher de songer qu'elle sortirait changée de ce voyage dans la mémoire de son amie.

"Minerva, tu m'en dois une belle..."

Elle s'apprêtait à interrompre son sort quand quelque chose l'agrippa pour la traîner dans un coin de l'esprit de la Gryffondor. Affolée, elle tenta de se dégager mais la poigne invisible se fit plus forte. Subitement, elle se retrouva dans une pièce entièrement rouge et les murs palpitaient, comme un coeur vivant.

- Bordel, c'est quoi ce truc... lâcha la Serpentard. J'suis où ?

- Dans la source de pouvoir d'Hermione...

Une magie ancienne, puissante et à la vibration malfaisante envahit l'air et la vert et argent frémit, tous ses poils se dressant subitement.

- Première Haute, que fais-tu dans l'esprit d'Hermione ? Chercherais-tu à me nuire ?

La voix était métallique, aux intonations aussi tranchantes qu'une lame de rasoir.

- Non, Origine de toutes magies. Enfin, pas ce soir, répondit Pansy, masquant sa peur sous une couche épaisse d'ironie. Ca vous ennuie si je fume ?

- Que ferais-tu si je réveillais Hermione maintenant ? Tu serais incapable de justifier le viol de son âme, elle te congédierait et perdrait un de ses soutiens. Ca me plait énormément.

- Oui, mais sans moi, il y a peu de chance qu'elle arrive vivante jusqu'à Vivianne.

- Tu n'es pas irremplaçable, Guide. La chimère de soin fait un excellent travail.

- Mouais, vous m'en direz tant... lâcha Parkinson, peu convaincue. Sinon, comment se passe votre cohabitation ? Mal, j'imagine.

- Elle s'est mis en tête de me détruire, alors je lui complique la tâche comme je peux.

- Très efficace, se moqua la médicomage. Vous auriez mieux fait de conclure un marché avec elle. La force ne marche jamais avec Granger.

- Je ne pactise pas avec l'ennemi, gronda l'Origine de toutes magies, faisant trembler les murs de la pièce.

Du sang se déversa du plafond et Pansy inspira profondément. Elle avait déjà vécu des trucs plus gores au bloc, mais rien d'aussi flippant.

"On dirait un putain de film d'horreur..." songea-t-elle, ravalant la terreur qui la submergeait.

- Faites comme bon vous semble. Mais Hermione n'avait pas de dent contre vous jusqu'à ce que vous tentiez de vous débarrasser d'elle. Je ne sais pas ce que vous avez à lui reprocher mais faut savoir pardonner et tourner la page. Surtout que, sans vouloir vous offenser, c'est elle qui a les atouts en main. Vous, vous êtes coincée dans son corps. Sur ce, Origine de toutes magies, j'ai une victime de viol à requinquer. En vous souhaitant la bonne nuit...

Pansy claqua des doigts et son sortilège s'interrompit. Elle se releva rapidement et quitta la tente sans se retourner. Une fois dehors, elle se dépêcha de s'éloigner pour vider le contenu de son estomac.

Les sueurs froides qui couvraient son corps la firent frissonner dans la petite brise qui tournait au pied des monts d'Avalon. Elle essuya ses lèvres et fit quelques pas de plus, s'allumant une cigarette d'une main légèrement tremblante.

- Je l'ai échappé belle, murmura-t-elle. Décidément Granger, t'es vraiment dans la merde sur ce coup-là.

Elle prit une large inspiration de nicotine.

- Malade ? C'est ta conscience qui te travaille, Première Haute ? se moqua la jeune voix de Rose.

- Et ce sont tes premières règles qui t'ont réveillée, Rosie Chérie ? retourna Pansy avec morgue.

- Mamaidh ronfle, si tu veux tout savoir, marmonna la Sage. Trêve de plaisanterie. Ca va ? demanda-t-elle en constatant le teint livide de la Serpentard.

- Ca dépend... Tu serais prête à jouer les infirmières ?

- Laisse tomber, oublie que je voulais être sympa avec toi. Etouffe toi avec ton vomi... lâcha le Maître des Chimères avant de tourner les talons pour s'éloigner.

- De toute façon, tu n'aurais pas pu m'aider, murmura-t-elle en soufflant un nuage de fumée. Et moi, faut que je trouve quoi faire avec tes mères maintenant.

Elle retourna près du feu et s'enveloppa dans une grosse couverture. Elle tira nerveusement sur sa cigarette, se demandant comment agir. Devait-elle confier à Minerva ce qu'elle savait ?

- C'est une mauvaise idée mais, si je ne le fais pas, elle m'en voudra et me le fera payer... murmura-t-elle. Reste à savoir ce qui est le plus gérable pour moi : la fureur de Granger ou l'ire de McGonagall ?


La matinée était vite passée. Après avoir abandonné les chevaux dans un pré, les quatre sorcières avaient commencé l'ascension de la montagne. Hermione marchait devant avec Rose, tandis que Minerva fermait la marche avec Pansy. Cette dernière haletait, le visage rouge et en sueur malgré la fraicheur de l'air.

- Tu as besoin d'une pause ? demanda McGonagall, portant le sac à dos de la Serpentard.

- L'emmerdeuse... en chef... ne veut pas... qu'on s'arrête... haleta la médicomage. Bon sang... je vais... crever.

- Ca m'étonnerait. Tu es plus résistante que tu en as l'air, sourit l'Ecossaise. Mais tu peux voir les dégâts que ton tabagisme a provoqués.

- Plutôt crever qu'arrêter de fumer.

- Continue comme ça et tu seras exaucée. Au fait... as-tu réussi hier soir ?

- J'ai tenté mais la Source s'est pointée, grimaça la vert et argent en frissonnant. Elle est... terrifiante d'inhumanité.

- Je veux bien te croire, murmura Minerva, son regard se posant sur Hermione.

- Je vais devoir y aller petit à petit, ça va me prendre plus de temps que prévu.

McGonagall hocha la tête et sourit en voyant Rose s'arrêter pour les attendre.

- M'man dit qu'on arrive bientôt.

- C'est quoi bientôt ? suffoqua Pansy, au bord de l'asphyxie. Un quart d'heure ou un demi-siècle ?

- J'dirai bien vingt minutes mais avec toi, j'pense qu'on y sera encore demain matin, se moqua la Sage.

Son regard s'adoucit en entendant la respiration sifflante de la vert et argent et la jeune femme tendit son sac à dos à sa mère.

- Encore un ? j'en ai déjà deux... fit remarquer Minerva en se saisissant néanmoins de la charge.

- Va le donner à m'man et continuez, on vous rejoint rapidement.

L'Ecossaise haussa un sourcil, perplexe, mais allongea son pas pour rejoindre la Source. Pansy s'arrêta et se plia légèrement, les mains sur les cuisses, pour reprendre son souffle.

- Abandonnez-moi ici, supplia-t-elle.

- L'idée me séduit mais mes mères tiennent absolument à ta présence, va savoir pourquoi, ironisa Rose.

Elle cligna des yeux et la jeune femme se métamorphosa en panthère noire.

- Grimpe sur mon dos, fit l'animal d'une voix rauque. Et pas de jeux de mots de mauvais goût, sinon je te bouffe...

Le félin passa sa langue sur ses dents tranchantes et Parkinson acquiesça. Elle se hissa sur le dos de l'animagus et passa ses doigts dans les poils soyeux.

- Hmmm, c'est tout doux et tout chaud... gloussa-t-elle. Si je te gratte entre les oreilles, tu ronronnes ?

Rose ne répondit pas et se mit à courir pour rattraper ses mères. Pansy se pencha en avant pour passer ses bras autour du cou de la panthère.

- Pourquoi tu m'as pas proposé de faire ça au début de la promenade ? demanda la médicomage.

- Comme dirait Merlin, c'est pour te faire perdre le gras que tu as sur le cul...

- Donc, tu mates mon cul, Rosie Chérie ? Si tu veux le voir de plus près, ou le toucher, n'hésite pas à demander... susurra Parkinson.

La vert et argent sentit un léger frémissement de l'animagus et eut un large rictus.

"Avant la destruction du cinquième horcruxe, elle sera dans mon lit, foi de Pansy !"


Et voilà la travail !

En vous souhaitant un excellent week-end,

On vous fait de gros bisous et vous donne rendez-vous mardi !

Link9 et Sygui