Bonjour tout le monde !

Voici le nouveau chapitre, enjoy !

Bonne lecture !


Chapitre 27 : Les succubes

Rose était face au premier cristal de magie, l'épée de Gryffondor dans ses mains, et son regard semblait se perdre.

- Vous sentez cette vibration ? demanda-t-elle à la cantonade.

Minerva s'approcha pour inspecter à son tour le cristal de magie tandis qu'Hermione s'allongeait sur une couverture posée au sol. Le bruit d'un briquet résonna dans la grotte de Lyfa puis une inspiration. L'odeur de tabac chatouilla les narines de la jeune Sage.

- Hmmm ? Non, souffla Pansy en expirant sa fumée. Mais n'oublie pas que Minerva et moi sommes des enchanteresses débutantes.

- Je sais pas si ça vibre mais le cristal semble chauffer quand tu t'approches, fit McGonagall en fronçant les sourcils.

- Quand faut y aller... soupira la jeune femme en levant son épée. Doc', tout est bon pour M'man H ?

- Je ne la quitte pas du regard, répondit la médicomage en s'accroupissant près d'Hermione. Et mes mains ont hâte de se poser sur son petit corps fébrile pour le ramener à la vie...

- Ta gueule... gronda Hermione. Rien ne dit que je me sentirais plus mal que les deux fois précédentes.

Rose s'approcha de la base du cristal et l'observa un moment avant de raffermir sa prise sur la garde de l'épée.

- J'ai trouvé l'horcruxe...

Elle plongea la lame de toutes ses forces dans la source de magie et en brisa l'unité. Une ombre noire sembla s'échapper du cristal et la frappa de plein fouet. Elle eut l'impression qu'un froid glacial s'emparait d'elle et l'obscurité se fit dans la grotte.

Une voix ténébreuse s'éleva du fond de son âme et Rose fut pétrifiée de peur.

"Tu te rebelles contre ta Créatrice ?" gronda la Source. "Connais-tu le châtiment réservé à ceux qui s'opposent à ma volonté ?"

Des images de carnages pénétrèrent son esprit et Rose crut que son cœur allait s'arrêter en reconnaissant sa propre mère, Hermione, qui se battait avec rage, passant au fil de l'épée des sorciers qui tentaient de lutter contre elle. Elle reconnut aisément Merlin et Aliénor, parmi d'autres Conseillers.

"Tout comme elle, tu périras si tu te dresses contre moi..."

Elle hurla à s'en déchirer la gorge alors que sa mère s'interposait entre Vivianne et un sort lancé par Merlin et un homme blond.

"Son châtiment fut la mort... Et comme c'était trop doux, son tourment durera toutes les vies que je déciderai de lui faire vivre. Tu es avertie, Sage."


- Merde... siffla Pansy, en agitant pour la cinquième fois sa baguette au-dessus du corps raide d'Hermione. Son coeur ne redémarre pas. Et elle qui croyait n'avoir qu'un vague élancement.

- Fais ce qu'il faut ! aboya Minerva qui retirait l'épée de Gryffondor des doigts crispés de sa fille.

L'animagus se tenait à genoux à ses côtés, penchée au dessus de son visage, les sourcils froncés, ses traits exprimant une profonde inquiétude.

- Que se passe-t-il ? murmura-t-elle en caressant la joue fraîche de la Sage.

- Est-ce qu'elle respire ? demanda Pansy.

- Oui, fit Minerva.

- Elle a un pouls ?

L'Ecossaise posa ses doigts sur le poignet du Maître des Chimères et répondit par l'affirmative.

- Viens m'aider alors ! ordonna Parkinson. La Source bloque toutes mes tentatives magiques, va falloir faire ça manuellement !

McGonagall prit place en face de la médicomage, de l'autre côté du corps d'Hermione.

- Ok, tu fais le bouche-à-bouche, je fais le massage cardiaque. Prête ?

L'animagus acquiesça et se pencha sur la brune. Après une inspiration, elle souffla doucement tout son air dans la bouche de son ancienne élève. Cependant, alors qu'elle allait réitérer le geste, elle sentit quelque chose de froid posé sur sa nuque.

- On se redresse doucement, les mains bien en évidence... fit une voix féminine.

Minerva releva la tête pour croiser le regard agacé de Parkinson qui n'avait pas interrompu ses mouvements sur la poitrine d'Hermione.

- Je n'ai pas le temps de m'occuper de ces deux gourdasses, Min', fit sèchement Pansy. Tu t'en charges ?

L'Ecossaise se retourna lentement, toujours accroupie, les mains en l'air, et fit face à deux femmes. Elles étaient armées de couteaux de chasse pointés sur elle.

"Sûrement les deux autres succubes..." songea-t-elle en détaillant les deux agresseures.

Elle se releva sans mouvement brusque, réfléchissant à une stratégie au débotté.

"C'est le moment de me servir de mes nouveaux pouvoirs..." se dit-elle.

Mais elle n'avait pas l'expérience de la magie temporelle et se demandait comment articuler efficacement les différents sorts qu'elle connaissait depuis peu quand un loup gris surgit dans son champ de vision pour mordre avec rage la main armée de la femme brune. Le petit chaperon rouge poussa un hurlement strident alors que son couteau tombait sur le sol de la caverne dans un bruit métallique. Du sang gicla subitement, arrosant les vêtements de l'Ecossaise.

L'animal retomba agilement sur ses pattes pour effectuer un demi-tour tout en souplesse. Sa gueule était entrouverte, un liquide rouge dégoulinant de ses canines.

- Je passe une foutue journée... gronda le loup.

Boucle d'or cligna des yeux et se métamorphosa en ours gigantesque. Minerva dut lever la tête pour apercevoir le regard fou du plantigrade.

- Un autre animagus entre dans la fête, je m'en réjouis, dit le loup en se pourléchant les babines.

- Ca va aller, rouge ? demanda l'ours en faisant crisser les griffes de ses pattes arrière sur le sol.

La femme brune lécha la plaie béante de sa main sans quitter le loup du regard. McGonagall grimaça devant la lubricité qu'exprimait les yeux de la succube. Le loup s'avança, prêt à bondir, et il sembla à l'Ecossaise qu'il souriait.

- Hmmm, tu veux qu'on aille au corps à corps, louve ?

- Rosie Chérie, garde ce genre de commentaire pour plus tard, ça m'excite, et c'est pas vraiment le moment, haleta Pansy avant qu'un craquement se fasse entendre. Tu vois ? J'viens de péter deux côtes à ta mère...

Le petit chaperon rouge se transforma à son tour et une louve au pelage blanc se trouvait à présent à côté de l'ours.

- Mamaidh, tu veux prendre laquelle ? demanda le loup gris, fléchissant ses pattes arrières.

- Je ne voudrais pas te priver de ton corps à corps, répondit la Directrice de Poudlard d'un ton réprobateur. Mais nous reparlerons tout à l'heure des propositions indécentes que tu fais.

- Les filles, je voudrais pas vous interrompre dans votre relation mère-fille, mais j'ai besoin d'air pour m'occuper de notre Source d'emmer...

La Serpentard ne put finir sa phrase, obligée de baisser la tête pour éviter le coup de patte de l'ours qui visait à la décapiter proprement.

- Non mais ça va pas ! glapit Parkinson.

Rose se jeta sur le loup blanc pour le saisir à la gorge et les deux fauves roulèrent à terre dans un déchaînement de coups de griffes. Les touffes de poils volèrent vite dans l'air, la bave et le sang se répandaient sur le sol de pierre.

Minerva leva les mains, imitant la position qu'avait prise Hermione lors de son combat contre Vivianne, et calqua sa respiration sur celle de l'ours qui lui faisait face.

- Alors, humaine, combien de temps vas-tu résister avant que je déchire ta cage thoracique de mes dents pour dévorer ton cœur encore palpitant ? demanda la succube avec un sourire mauvais.

"Excellente question..." songea McGonagall, réprimant l'appréhension qui montait en elle.

"Mamaidh, utilise ta magie temporelle pour abréger la vie de cette catin !" s'exclama Rose dans son esprit.

L'Ecossaise souffla doucement et fit une arabesque du poignet. Le sol crépita au pied du plantigrade qui recula vivement en grognant.

- Qu'espères-tu faire ? Penses-tu que tes minables tours de passe-passe te sauveront la vie, sorcière ? se moqua le démon.

- Enchanteresse, je vous prie, corrigea Minerva avant de refermer la main.

Son pouvoir fusa du sol pour pénétrer le corps de l'ours. L'ancien professeur de métamorphose ferma les yeux et guida sa magie jusqu'au coeur de la créature. Son pouvoir pénétra l'organe et attaqua chacune de ses cellules qui se désagrégèrent, les une après les autres. Le vieillissement accéléré se fit ressentir immédiatement et le démon tomba à genoux, le visage tordu de douleur, une patte crispée sur sa poitrine.

Puis, le coeur s'arrêta et Minerva sentit la vie quitter brusquement le corps de la succube. L'ours s'effondra lourdement sur le sol, le nez dans la poussière, avant de se transformer en une unique dent. L'Ecossaise ne perdit pas de temps et écrasa la canine pour la briser en plusieurs morceaux.

Au même moment, le loup gris donna un violent coup de griffe sur la jugulaire du blanc et un geyser de sang l'arrosa entièrement. Rose leva sa patte, toutes griffes dehors et l'enfonça brusquement entre les côtes de son adversaire pour déchiqueter les organes un à un. Sa tâche accomplie, elle recula et reprit forme humaine.

- Merde, j'en ai partout, grommela la Sage en se débarrassant d'un bout d'intestin qui pendouillait dans ses cheveux courts.

Elle agita sa main et le cadavre loup blanc explosa pour ne laisser qu'une canine qui connut le même sort quelques secondes plus tard.

-Beurk ! fit en écho la médicomage qui décollait de deux doigts dédaigneux un bout de chair rendu sur son épaule. Les filles, rappelez-moi de ne pas vous inviter au prochain bal masqué. Et remerciez-moi d'avoir réussi à ranimer notre Source malgré tout le cirque que vous avez fait.

Rose se précipita sur sa mère qui reprenait lentement conscience, les yeux mi-clos.

- Ca va, m'man ? demanda-t-elle en posant sa main sur le front de la brune.

- Impec... murmura la Source. Rien de tel qu'un petit somme pour se remettre en forme. Bien, juste le temps pour vous de faire un brin de toilettes et on repart.

- Tu plaisantes j'espère ? fit Rose. Tu as vu ton état ?

- Nous avons encore 13 horcruxes à détruire, donc autant d'arrêts cardiaques qui m'attendent. On ne va pas perdre des heures à chaque fois que mon coeur a des ratés, sinon on y sera encore l'année prochaine.

Minerva s'approcha et observa la brune toujours allongée. Elle s'accroupit et posa sa main sur son épaule pour l'empêcher de se lever.

- Conformément à ta volonté, je vais reprendre la situation en main, vu que tu n'es pas apte à prendre des décisions, commença l'Ecossaise d'un ton sans appel. Pansy, tu restes surveiller Hermione pendant que Rose et moi cherchons un point d'eau. Nous repartirons demain matin.

Sentant la Source se crisper à son contact, McGonagall se releva.

- Toi, tu te reposes, ajouta-t-elle pour la brune.

Elle fit quelques pas en direction de la sortie de la caverne quand Hermione l'interpela.

- Minerva...

- Oui ? s'enquit-elle, sans se retourner.

- Belle utilisation de la magie temporelle.

L'animagus se remit en route, un sourire étirant ses lèvres. Rose suivit sa mère et les deux sorcières quittèrent l'antre de la chimère.

- Que s'est-il passé quand tu as pulvérisé l'horcruxe ? demanda la Directrice de Poudlard.

- Un truc de fou ! s'exclama Rose, encore perturbée. J'ai eu une discussion avec l'Origine de toutes magies et je peux te dire qu'elle est pas commode...

- Je veux bien te croire, répondit sombrement Minerva.


Pansy tentait de masquer un rictus goguenard. Tout en buvant son potage au goût infect, elle avait noté pour elle-même, d'interdire à Hermione de s'occuper des repas, son regard allait de Granger à McGonagall. L'animagus paraissait détendue et parcourait un livre qu'elle avait emporté. La brune, quant à elle, semblait en proie à une agitation inhabituelle. Elle se grattait la nuque à intervalle régulier, malmenait sa lèvre inférieure et, à force de trembler, ses mains finiraient par transformer sa soupe en mayonnaise.

- Hey... Rosie Chérie... murmura la médicomage en posant sa main sur la cuisse de la Sage assise à côté d'elle.

- Ne recommence jamais ça ou je te coupe les doigts, grogna Rose en frappant la main de la Serpentard.

- Tais-toi et regarde un peu par là, le spectacle va être savoureux. Ouvre grand les mirettes, ta Source de mère va illustrer les choses à ne pas faire quand on drague une femme.

Rose fronça les sourcils en entendant la brune se racler la gorge, comme un chat qui voudrait se débarrasser d'une boule de poil.

- Chose à ne pas faire numéro une : s'essuyer les mains sur son pantalon, commenta Pansy à voix basse tandis qu'Hermione illustrait ses propos. Ca laisse imaginer qu'on a les mains moites et personne n'aime quand ça colle. Bien au contraire, faut que ça glisse...

- Traînée, chuchota Rose avec un regard furieux pour la Serpentard.

- Chose à ne pas faire numéro deux : avoir le regard fuyant. Toujours bien fixer la personne dans les yeux, ça évite de mater sa poitrine.

Le Maître des Chimères eut pitié de sa mère qui cherchait un moyen d'aborder l'animagus sans savoir comment faire. Elle la voyait réfléchir, hésiter, avancer légèrement son buste pour ensuite se reculer.

- Avec une telle danse du rut, elle n'arrivera jamais à s'accoupler, se moqua gentiment Parkinson. Chose à éviter numéro 3 : bégayer lamentablement. Ca fait adolescent pré-pubère. Même si ta mamaidh est dans un style couguar, ca reste quand même jeune pour elle. Comme je l'ai toujours dit, si ça n'a pas de poil, c'est pas légal. Sauf si la donzelle est une adepte de l'épilation intégrale...

- Euh... Min... Minerva ? Je... voulais.. que... enfin... bref... commença Hermione.

Rose secoua la tête, atterrée. Sa mère était vraiment nulle.

- Lasoupeestbonne ? finit par demander rapidement la brune.

- Je n'ai pas le mot exact pour la décrire... spéciale ? répondit l'Ecossaise, amusée.

- Mouais... en gros, c'est infect, répondit Hermione en baissant la tête.

Parkinson retint difficilement un éclat de rire tandis que Rose soupirait.

- La parade amoureuse se poursuit, chuchota la médicomage. Là, ta mère va chercher un autre sujet de conversation et s'enfoncer lamentablement. Minerva va laisser faire car ça l'amuse et, en même temps, ça la flatte de voir l'Origine de toutes conneries ramer pour la séduire.

- Je... euh... vraiment, tu as été très bien, tout à l'heure, bafouilla la Source. Mais euh...

- Attention, elle va faire une proposition qu'elle pense indécente, s'amusa la Haute.

- Que dirais-tu si... je... toi et moi... enfin, si je te donnais quelques conseils pour... tu sais... utiliser tes nouveaux pouvoirs ?

- Ohlala, elle attaque dur ! se moqua Parkinson. Minerva serait folle de refuser un tel engagement.

- La ferme, grogna Rose.

McGonagall resta songeuse puis finit par acquiescer. Elle se leva et alla se planter en face de la brune qui déglutit bruyamment.

- D'accord, chuchota l'animagus. Mais je veux que tu m'apprennes à lancer le sort qui te sauvera la vie. C'est une promesse que j'ai faite à Aliénor et je compte bien la tenir.

Incapable de prononcer un mot, Hermione hocha la tête et l'Ecossaise sourit.

- Parfait. Nous commencerons demain soir. Sur ce, je vais me coucher. A demain.

Minerva tourna les talons et se dirigea vers sa tente.

- Pansy, arrête de glousser ou je te change définitivement en dinde, gronda-t-elle en passant devant les deux Conseillères.

- Elle pourrait le faire que je ne verrai aucune différence, fit innocemment Rose en se levant pour suivre sa mère. Bonne nuit, traînée !

Parkinson allait rétorquer quand Hermione s'approcha d'elle.

- Pour ton information, j'ai une excellente audition, siffla la brune. Je ne draguais pas et je t'emmerde... Tu prends le premier quart de surveillance.

La brune s'éclipsa à son tour et la médicomage se retrouva seule devant le feu de camp.

- Mais pourquoi elles en ont toutes après moi ? soupira la Haute.


La caverne de la chimère était silencieuse. Seul le crépitement du feu de camp brisait le silence pesant de l'endroit. Transie de froid, enroulée dans une épaisse couverture, Pansy se tenait le plus près possible des flammes qui peinaient à la réchauffer. Elle souffla sur ses mains avant de les frotter devant la flambée.

- Encore une heure à tenir avant de pouvoir me mettre au chaud sous la tente... marmonna-t-elle en claquant des dents.

Quelqu'un s'assit à côté d'elle, la faisant sursauter. Elle tourna la tête pour croiser le regard de Granger.

- Va te coucher, je prends la relève.

- Ca devait être Minerva, et ensuite Rose. Tu étais la dernière sur le planning.

- J'ai suffisamment dormi, répondit la brune en sortant des morceaux de bois et un couteau de son sac à dos.

- Un cauchemar t'a réveillé ? s'enquit la Serpentard d'une voix douce.

Hermione fronça les sourcils et dévisagea la médicomage.

- J'ai deviné ce que t'a fait Vivianne, poursuivit la Haute. Tu sais que je suis passée par là, avec Morgane. Si tu veux en parler...

- Non, ça ira, merci, rétorqua sèchement la Source.

- Je suis ton amie, mais je suis aussi médicomage.

- Chirurgienne, pas psychologue. Ca se saurait, ironisa la rouge et or en commençant son travail sur le bois.

- J'ai suivi les cours et j'ai retenu ce qu'il fallait pour toucher le cœur des filles afin de les mettre dans mon lit. Et vu mon succès dans ce domaine, tu peux considérer que je suis une psychologue exceptionnelle ! Donc, on peut parler de ça, où de ce qui est arrivé à Aliénor.

- Elle est morte, je ne vois pas ce qu'on peut dire de plus, grommela la brune, le regard voilé.

- Vu ta réaction, je me demande si c'est Vivianne qui l'a assassinée sous tes yeux ou si c'est toi qui l'a tuée rapidement pour lui éviter un sort peu enviable.

Hermione suspendit son geste un instant avant de se retourner vers la Serpentard, le couteau pointé vers elle, les yeux plissés.

- J'ai peur de tirer des conclusions de ce que tu es en train de dire qui pourraient t'être fatales, siffla-t-elle dangereusement.

Parkinson fit mine de réfléchir quelques instants avant de ricaner.

- Ma chérie... Comment peux-tu imaginer que moi, petite médicomage, je puisse pénétrer dans ton esprit ? Tu es l'Origine de toutes magies, magiquement hors de ma portée.

- Donc tu sais à quoi je fais référence. De quel droit as-tu fait ça, quel privilège t'arroges-tu pour t'immiscer dans mes souvenirs ? fit-elle menaçante.

- Je pourrais te baratiner pour te faire croire que je n'ai pas fait ça et tu me croirais. Cependant, ce serait une perte de temps. Nous nous inquiétons pour toi, tu te laisses sombrer. A croire que tu attends avec impatience la mort que Vivianne t'a promise, comme si cela allait te libérer. Grossière erreur, ma chère. Donc, soit tu continues à ruminer tes pensées jusqu'à la bataille finale et tu laisseras derrière toi ta fille et Minerva, soit tu me laisses t'aider, ou tu laisses Minerva le faire, et tu pourras envisager un avenir, ce qui n'est pas le cas actuellement. Tu préfères quoi ?

La brune replia son couteau, le rangea lentement dans sa poche, et balança de façon fulgurante son poing dans le visage de la Serpentard. Pansy perdit l'équilibre et se retrouva sur le dos, les deux mains sur la face.

- Putain, Granger, tu commences à me gonfler ! Je ne suis pas ton punching-ball personnel. Si tu veux du sport, va voir McGo ! Ah non, tu peux pas, tu veux pas qu'elle te touche !

La médicomage se remit sur son séant, le nez pissant le sang et la paupière gonflant à toute vitesse.

- Tu vois, tu me demandais de quel droit je m'occupe de toi ? Ben c'est pour que tu t'occupes de Minerva et que tu me foutes la paix ! Fais chier ! Ca fait mal !

- Ce n'est rien à côté de ta trahison... gronda Hermione.

- Je sais pas si tu as remarqué, Granger, mais on n'a pas des masses de temps devant nous. Si on n'avait pas cette histoire de quête, de bataille finale et de fin du monde, je ne me serais pas promener dans ta tête... Surtout que la Source est une vraie salope. J'ai déjà cru à ta mort trois fois, je ne survivrai pas à une quatrième, surtout que celle-là sera définitive. Quant à Minerva, tu l'achèveras. Tu ne veux pas ça ?

-Viviane m'a violée, et tu as fait la même chose…

- Et toi, tu nous as brisées, Granger ! Tu nous as détruites ! Et plusieurs fois ! Tu imagines le temps que ça nous a pris, à Minerva et moi, pour nous reconstruire ? Et à chaque fois, tu as justifié ta disparition en prétextant notre protection, notre intérêt, que sais-je ? Dis-toi que j'ai agi comme toi. Un mal pour un bien !

Les mâchoires crispées, Hermione frottait les jointures de sa main.

- Tu veux que je t'aide avec ton nez ? Si c'est pas bien fait, tu vas ronfler et ça va gâcher ton charisme.

- Si tu me laisses t'aider avec tes problèmes et avec Minerva, je veux bien, renifla Pansy.

La brune hésita mais finit par acquiescer, de mauvaise grâce.

- Un mal pour un bien, c'est ça ? marmonna-t-elle en s'accroupissant devant la Serpentard.

- Ouais. Mais tu vas voir, tu m'as aimé en médicomage, tu vas m'adorer en psychologue...

La Source roula des yeux et passa ses doigts sur le nez de la Serpentard. La magie crépita et le saignement s'arrêta.

- C'est bon, il est comme neuf, fit avec humeur la rouge et or.

- Parfait ! Commençons donc la thérapie. J'ai toujours dit que, quand on tombe de cheval, il faut tout de suite se remettre en selle. Donc, Granger, ôte tes fringues, tu ne le regretteras pas ! plaisanta Pansy.

- D'accord, répondit la brune sans rire.

Elle ôta son manteau et prit le temps de le plier avant de le poser sur le sol. Puis, elle retira ses bottes, sa veste et sa chemise. Elle était en soutien-gorge, prête à retirer son pantalon, quand Parkinson l'arrêta.

- Ok, si t'es prête à faire ça avec moi, c'est que t'es vraiment désespérée.

- Je veux aller mieux, me reprendre en main, rectifia Hermione. Si c'est une solution, alors soit.

La médicomage était immobile, ne sachant que faire. La brune finit par avoir un rictus et remit ses bottes.

-Ce que j'aime chez toi, Pansy, c'est que tu crois encore aux contes de fées, sourit la Gryffondor en récupérant sa chemise avec un clin d'œil.

- Ce que j'aime chez toi, Hermione, c'est ta belle paire de seins... fit la Serpentard en baillant. J'espère que Rose en a héritée. Sur ce, j'vais au lit, sauf si tu veux discuter. Mais je peux t'envoyer Minerva, si tu préfères.

- Non, ça ira, merci... A demain.

Parkinson la salua et pénétra dans sa tente. Enfin seule, Hermione sortit son couteau de sa poche et se remit à travailler le bois pour confectionner ses épées. Son esprit s'égara quelques instants, et elle s'imagina confortablement lovée dans les bras de la Directrice de Poudlard. Une vive douleur la tira de sa rêverie et elle remarqua qu'elle s'était entaillée le doigt.

- Mouais... c'est bien ce que je pensais... c'est une mauvaise idée.


Vivianne étudiait avec attention une carte d'Avalon dépliée sur la table des Conseils. Elle avait senti l'explosion de l'horcruxe, une vibration qui s'était emparée d'elle, la secouant jusqu'au tréfonds de son âme.

Elle plissa les yeux et laissa son index errer sur la carte avant qu'il ne s'arrête sur un point précis, à quelques lieues de son château.

- Je vais accélérer le mouvement, dit-elle avec un sourire carnassier. Demain, je m'occupe de celui-là.

Elle replia la carte pour la fourrer dans sa poche et gagna sa chambre. Assise sur son lit, elle s'empara de son sabre et entreprit de nettoyer la lame.

- Demain, la Source va perdre un bout de son âme, et ça me met en joie...


Et voilà le travail !

On vous fait plein de gros bisous et on vous dit à mardi ! D'ici là, passez un bon week-end !

Bises,

Sygui et Link9