Bonjour à toutes et à tous !
Voici le nouveau chapitre de la trilogie avec de l'amour, de la bagarre, et une Pansy en forme !
Bonne lecture !
Chapitre 30 : Une odeur de pomme
Hermione s'était endormie à l'ombre d'un arbre et Minerva veillait sur elle tout en lisant un traité de magie temporelle. Pansy était assise sur la rive de la rivière, en maillot de bain, les pieds dans l'eau, et fumait tranquillement une cigarette.
- Trop trouillarde pour te lancer ? se moqua Rose, arrivant dans son dos.
La médicomage se retourna dans un nuage de fumée et jeta un regard appréciateur à la Sage. Cette dernière portait une serviette sur son avant-bras qui n'empêchait pas la Haute de profiter du spectacle qu'offrait le Maître des chimères en maillot.
- Tu as peur qu'elle soit trop froide ? poursuivit la jeune femme en déposant le drap de bain sur l'herbe.
Elle recula de quelques pas pour prendre de l'élan et sauta dans l'eau, faisant son maximum pour éclabousser la Serpentard. Rose sortit la tête de l'eau et secoua sa chevelure pour se débarrasser de l'eau qui ruisselait sur elle. Le soleil se reflétait sur ses cheveux brun alors qu'elle entamait quelques longueurs. Ses muscles roulaient sous la peau qui semblait scintiller et Pansy retint un sifflement appréciateur.
- Tu sais pas nager, Parkinson ? Tu veux que je t'apprenne ? s'enquit la jeune femme, une pointe d'ironie dans la voix. Ca sera autre chose que tes leçons d'équitation.
Sans un mot, la vert et argent écrasa sa cigarette avant de se lever. Elle ôta ses sandalettes avant d'effectuer un parfait plongeon dans l'eau. Puis, dans un crawl maîtrisé, elle rejoint le Maître des Chimères en trois coulées avant de s'arrêter à quelques centimètres d'elle.
- Tu disais ? demanda la Serpentard, amusée.
- Enfin quelque chose que tu sais à peu près faire finalement, fit narquoisement la Sage.
- Tu me fais de la peine, Rosie chérie, soupira Parkinson en nageant autour du maitre des chimères sans la toucher. Tu pourrais aussi considérer que je suis la meilleure amie de tes mères, ce qui n'est pas rien.
- Mouais, ça reste encore à démontrer, M'man et Mamaidh passent leur temps à vouloir t'étriper chacune leur tour, répliqua Rose en tournant sur elle-même pour ne pas perdre de vue la Serpentard.
- Peut-être, mais elles ne le font pas, sourit en coin la médicomage. Et puis, tu pourrais aussi considérer que je sauve la vie de ta Source de mère en appliquant mon savoir sur ses arrêts cardiaques.
- Mettons que hier, t'as vraiment pas été à la hauteur alors, ricana la jeune femme.
Pansy cessa un instant de nager pour lui faire face, la regardant droit dans les yeux, l'air grave.
- C'est vraiment blessant ce que tu dis là, fit-elle sobrement avant de lui tourner le dos et de nager vers l'autre rive.
- Merde, voila qu'elle prend la mouche, marmonna la jeune Granger. Pansy, attends, c'est pas ce que je voulais dire, cria-t-elle en suivant la médicomage qui eut un petit sourire caché.
Minerva observait la scène, de loin. Ses sourcils se fronçaient alors que les minutes s'égrenaient.
- Hmmm, elle fait la technique de la femme blessée ? La numéro trois, avec option "larmes de crocodile" ? demanda Hermione, sans ouvrir les yeux.
- Non, la numéro cinq, avec sanglot dans la voix, analysa l'animagus. Rose ne va tout de même pas... tomber dans le panneau ?
- Rose va se faire avoir, c'est une certitude, murmura la brune en tapotant de sa main celle de l'Ecossaise. Ce ne sera pas la première mais, si Pansy veut vivre, ce sera la dernière.
Hermione roula sur le côté et, après une brève hésitation, elle posa sa tête sur les genoux de l'animagus.
- Ça ne t'ennuie pas, j'espère, chuchota la brune.
- Installe-toi confortablement, répondit l'Ecossaise, agréablement surprise par l'initiative.
Elle jeta un dernier coup d'œil en direction de sa fille avant de reporter son attention vers Hermione. La femme allongée lui était familière et étrangère à la fois. Elle connaissait ses traits et se souvenait de ses rires. Mais Viviane et la Source semblaient en passe de venir à bout de son énergie.
- Tu as vraiment l'air épuisé, dit-elle en posant sa main sur la tête de la brune.
Elle la sentit se raidir, et la vit faire un effort pour ne pas bouger. Lentement, elle caressa ses cheveux, jouant avec des mèches. Elle prit son temps, et la respiration de l'ancienne Gryffondor se calma.
- Je trouve tes petites rides, là au coin des yeux, vraiment très sexy, lui sourit-elle en passant un doigt léger dessus.
Hermione attrapa délicatement la main de l'animagus. Sans la quitter des yeux, elle embrassa doucement l'index qui caressait quelques instants plus tôt son visage, puis les autres doigts avant de placer la paume de l'Ecossaise sur son coeur.
- La Source a la fâcheuse tendance de le faire s'arrêter à tout bout de champ mais, quand tu es près de moi, je sais qu'il bat que pour toi... murmura la brune.
Minerva lui offrit un doux sourire.
- Je suis heureuse, Hermione.
La Source ouvrit la bouche pour répondre quand le bruit d'une éclaboussure se fit entendre. Elle se redressa et son regard se porta sur le lit de la rivière. Rose et Pansy se poursuivaient en nageant, s'arrêtant de temps à autre pour s'arroser ou se mettre la tête sous l'eau.
- De vraies gamines... soupira l'ancienne préfète, amusée, alors que les éclats de rire de la Sage et de la Haute résonnaient dans la forêt.
Elle s'assit à côté de l'Ecossaise et bailla longuement tout en s'étirant. Puis, elle avança sa main pour caresser l'ovale du visage de McGonagall.
- Ca te dirait que... toi et moi... on s'éclipse ? Je pense qu'elles vont se chamailler encore un long moment... murmura la brune, son pouce effleurant la peau douce.
- Trouver le calme loin des enfants ? J'en rêve, répondit l'Ecossaise.
Les deux sorcières se levèrent et, après lui avoir prit la main, Hermione emmena Minerva au campement. Elle hésita un instant, mais finit par écarter un pan de la toile d'une tente et pénétra dans l'abri, suivie par l'animagus.
La brune s'arrêta et se tourna pour faire face à son ancien professeur.
- Je ne sais pas comment ça va finir, avec Vivianne, commença-t-elle. Mais quelle que soit l'issue, je ne veux plus jouer ce jeu avec toi. Nous avons trop souffert, par ma faute, et nous avons assez perdu de temps. Aussi, si tu le désires, j'aimerais passer le reste de ma vie avec toi, que ce soit pour quelques semaines ou pour des années.
- Rien n'est plus important pour moi, et je ferai tout pour que cela dure.
Hermione sourit franchement, se sentant soulagée. Elle avança jusqu'à ce que son corps frôle celui de l'Ecossaise. Elle posa ses lèvres à la commissure de celles de Minerva et entendit la respiration de cette dernière accélérer légèrement.
Elle posa ses mains sur les hanches de McGonagall tandis qu'elle déposait des baisers le long de la mâchoire de l'enchanteresse temporelle. L'animagus avait de plus en plus chaud et rêvait d'allonger la Source sous elle pour lui montrer combien elle l'aimait.
- Désolée, j'y vais à mon rythme, chuchota la brune avant d'embrasser le cou de Minerva. Connaissant Pansy, elle a dû te raconter mon petit... soucis.
- Je ne suis pas pressée d'arriver à la conclusion, l'histoire en sera plus belle, murmura l'Ecossaise à l'oreille de la brune.
La Gryffondor frémit et faillit reculer, ce qui n'échappa pas à l'animagus.
- Je ne ferais rien qui puisse te blesser, Hermione. Tes caresses me réchauffent déjà l'âme et me comblent, et si je peux te prendre la main pour t'aider à faire le chemin, j'en serai heureuse.
Hermione encadra de ses mains le visage de l'Ecossaise et l'embrassa sur les lèvres. Elle ferma les yeux, se laissant porter par la chaleur et la douceur de l'enchanteresse. Ses doigts parcoururent le corps tremblant de désir de Minerva pour se glisser sous son haut.
- Voyons jusqu'où nous pouvons aller, murmura la brune.
Elle rouvrit les yeux et eut un sourire en coin.
- Et si nous arrivons à surmonter ma peur, par pitié, fais en sorte que je ne me retrouve pas enceinte... plaisanta-t-elle.
- Ça me plairait assez pourtant, mais on va attendre pour ça, lui sourit-elle en retour, retenant ses propres caresses.
La brune inspira profondément et s'allongea sur son duvet. Elle défit les boutons de sa chemise avant d'en écarter les pans. Puis, elle tendit la main à l'Ecossaise qui répondit à l'invitation, s'étendant prudemment sur la brune pour capturer ses lèvres avec tendresse.
- Minerva ? Tu vas bien ? l'appela une voix familière, qui semblait lointaine.
L'ancien professeur décida de l'ignorer, un gémissement s'échappant de ses lèvres alors qu'Hermione faisait glisser ses mains dans son pantalon.
- Minerva...
McGonagall ouvrit brusquement les yeux, pour voir Hermione accroupit à ses côtés. L'animagus se redressa et jeta un rapide coup d'oeil autour d'elle. Elle n'était plus sous la tente, mais adossée contre un arbre, à quelques pas de la rivière dans laquelle jouaient Rose et Pansy.
- Ca va ? demanda doucement la brune. Tu t'es endormie au soleil. Tu dois faire une insolation, tu es toute rouge.
La Source posa le dos de sa main sur le front de l'Ecossaise et fronça les sourcils, inquiète.
- Tu es bien chaude, murmura l'ancienne préfète. Va te mettre sous la tente, au frais. Je surveille ces deux-là, ajouta-t-elle en désignant du menton la Sage et la Haute. J'interviendrai si les maillots de bain commencent à tomber, promis.
Minerva se renfrogna, frustrée.
- Non, ça va. Le soleil est en train de passer derrière les arbres, ça tapera moins fort.
Hermione se gratta la nuque, perplexe devant l'animosité de l'animagus.
- Euh... Je veux pas t'imposer quoi que ce soit, mais tu n'as vraiment pas l'air bien, tenta la brune. Tu gémissais dans ton sommeil et... enfin... bref, je ne voudrais pas que tu sois malade cette nuit. Les symptômes d'une insolation ne sont pas très sympas : migraines, nausées, somnolence...
L'animagus prit sur elle pour répondre de façon plus posée.
- Tu as sans doute raison, il vaudrait mieux que je marche un peu. Tu m'accompagnes ?
La brune acquiesça avec soulagement.
- Avec plaisir ! lança-t-elle en se mettant debout, tendant la main à l'Ecossaise pour en faire autant.
McGonagall s'en saisit et frissonna légèrement au contact de son ancienne élève. S'en apercevant, Hermione fronça à nouveau les sourcils.
- Tu vas dire que je suis une boule de magie psychotique et autoritaire, mais au lit ! Je te réveillerai pour le dîner. Et je vais demander à Pansy d'arrêter son concours de maillot de bain mouillé et de t'examiner.
- Je vais bien et surtout je vais me passer de Pansy, mais merci de t'inquiéter pour moi. On y va ?
Hermione ne répondit pas, se contentant de suivre l'animagus. Elle fronça néanmoins les sourcils, dubitative. Minerva lui cachait quelque chose. Elle eut une moue ennuyée. Elle espérait que ce n'était pas trop grave.
"J'en parlerai à Pansy. Elle aura sûrement une idée..."
Mais Hermione aurait dû se souvenir que Parkinson avait une façon bien à elle d'apporter son aide.
Hermione pénétra dans la salle du Conseil, un large sourire étirant ses lèvres. Vivianne leva les yeux de son parchemin tandis que Pansy soufflait sa désapprobation.
- Il va falloir que quelqu'un vous apprenne à frapper aux portes, Générale, ça commence à devenir lassant, siffla la médicomage.
- Hermione ! Comment s'est passée la campagne en Sisko ?
- A merveille, ma reine. Les lycanthropes ont subi une cuisante défaite et les survivants vous ont prêté allégeance.
- Merci pour ces bonnes nouvelles, Générale, fit Pansy avec humeur en désignant la porte.
- Non ma toute grosse, je reste. Cela fait deux semaines que j'ai quitté Avalon et donc deux semaines que ma reine ne s'est pas entraînée au maniement de l'épée, répliqua Hermione.
Le regard de Vivianne se mit à pétiller de malice.
- Oui, effectivement. Pansy, laisse tes parchemins ici, je les signerai dans la journée.
- Mais... Majesté...
Hermione décrocha un fourreau de sa ceinture et le lança à la Dame du Lac qui l'attrapa d'un geste souple.
- Qu'est-ce ? demanda-t-elle en tirant sur la poignée, révélant une arme parfaitement équilibrée, à la garde adaptée à sa main.
- Votre sabre, ma reine. J'ai surveillé sa confection du début à la fin, répondit la brune en dégainant son katana. Aujourd'hui, examen final !
- Explique-moi, fit Vivianne en faisant tourner le sabre dans sa main.
- Imaginez que je suis un envoyé de la Source. Si vous réussissez à me vaincre, c'est que je n'aurai plus rien à vous apprendre.
Sur ces mots, la brune se jeta sur la reine et donna un large coup circulaire. Vivianne bondit en arrière et contrattaqua timidement.
- Allez ma reine ! Un peu de nerf ! encouragea la militaire.
- Gamines... marmonna Pansy en allumant un tube de plantes.
Hermione eut un rictus et s'approcha rapidement de la médecin. Elle l'emprisonna contre elle d'un de ses bras et la lame de son katana se posa sur la gorge de la médecin.
- Générale ! Reprenez-vous ! couina Pansy.
- Hermione ! Lâche-là ! gronda Vivianne en faisant quelques pas prudent dans leur direction.
- Hermione ? Qui est Hermione ? Je suis un des envoyés de la lâche Source ! tonna Hermione d'une voix grotesque avant de lâcher un rire théâtral.
La Souveraine ne put s'empêcher de sourire devant la situation et Pansy roula des yeux.
- J'ai autre chose à faire que de participer à vos bêtises, marmonna la médicomage avant d'expédier fortement son coude sous les côtes de la militaire qui lâcha sa prise.
- La catin... maugréa la brune en se pliant en deux.
Pansy avait joint ses mains pour les abattre sur la nuque de la chef des armées qui s'écroula au sol.
- Une bonne chose de faite, soupira Pansy en reportant son attention sur Vivianne. Ma reine, pouvons-nous poursuivre l'examen des nouveaux protocoles de santé ?
- Derrière toi ! s'exclama Vivianne.
La médecin fut soulevée de terre et Hermione la balança sans ménagement sur son épaule.
- J'ai un otage ! Attrapez-moi si vous pouvez, ma reine ! fit la militaire avant de s'enfuir par la porte du fond.
- LACHEZ-MOI, ABRUTIE ! criait Pansy en tapant du poing sur le dos de la générale.
- Tu sauras maintenant qu'il faut toujours achever un ennemi à terre. C'est ta leçon du jour ! Cadeau ! se moqua Hermione en pivotant légèrement le buste pour envoyer un sort à Vivianne qui la talonnait.
Une explosion retentit dans le couloir et un cri se fit entendre.
- Un tableau de collection d'une valeur de dix mille gallions ! Je le retiendrai sur ta solde ! s'époumona la Dame du Lac.
- M'en fous, c'était une croûte... marmonna la militaire.
- Je dois admettre que je suis de votre avis, soupira Pansy qui avait cessé de gigoter. C'est bientôt fini ? J'ai une tonne de travail qui m'attend.
Une porte s'ouvrit et Morgane apparut sur le seuil. Elle fronça les sourcils en voyant Pansy jetée comme un sac de pommes de terre sur l'épaule d'Hermione qui avait son arme à la main. Puis, ses yeux s'écarquillèrent de surprise en découvrant sa femme qui les suivait en jetant des sorts.
- Besoin d'aide ? demanda-t-elle.
- Exercices pratiques... haleta Vivianne.
- Amuse-toi bien ! fit Morgane en lui soufflant un baiser.
Au détour d'un couloir, Hermione tomba nez à nez avec Minerva qui lisait des parchemins. Les deux femmes se rentrèrent dedans et Pansy couina en sentant qu'elle tombait.
Elle atterrit sur Minerva qui grogna son mécontentement et fusilla du regard la générale qui se relevait promptement.
- C'est quoi ce cirque ? tança-t-elle alors que Vivianne arrivait.
- Exercices pratiques, répondirent la souveraine et la médicomage qui se remettait debout.
- Toutes contre Hermione ! ajouta Vivianne en levant son sabre.
- Avec plaisir, susurra Pansy en faisait apparaître une boule de feu au-dessus de sa paume ouverte.
- La meilleure idée de la journée, ajouta Minerva dont la main se couvrait d'électricité.
- Approchez les filles... Venez voir maman... feula la brune en se mettant en position.
Les trois femmes chargèrent la générale qui eut un mince rictus. Elle para le coup de sabre et, déviant la lame de sa reine, frappa la boule de feu de Pansy pour l'envoyer sur Minerva qui projetait vers elle un courant électrique. Hermione passa dans le dos de Vivianne et ne put s'empêcher de caresser du bout des doigts la chute des reins de la souveraine. Sentant le frisson de cette dernière, le rictus de la militaire s'agrandit et elle recula promptement alors qu'un coup de sabre visait à lui faire une nouvelle coupe de cheveux.
Elle concentra sa magie dans son pied et tapa fortement sur le sol qui se mit à trembler. Les trois adversaires tentaient de conserver un équilibre précaire ce qui fit rire la générale.
- Vous aimez danser ? A la bonne heure ! tonna la militaire.
Elle allait taper une nouvelle fois sur le sol quand quelque chose attira son attention. Un léger scintillement derrière la fenêtre, dans le dos de la Dame du Lac. Elle fléchit les jambes pour se propulser et elle passa par l'encadrement de la fenêtre qu'elle pulvérisa sur son passage.
"J'ai pas rêvé." songea-t-elle alors qu'elle percutait un corps invisible.
Elle l'attrapa d'une main comme elle put tandis que l'autre cherchait une dague dans sa botte. Le sort d'invisibilité disparut partiellement et le visage d'une femme se matérialisa. Elles tombèrent toutes deux dans le lac artificiel des jardins du château. La militaire voulut regagner la surface mais une main tirait sur son pied. Hermione se laissa faire puis se saisit de la tête de la femme pour lui faire rencontrer son genou. Légèrement sonnée, la sorcière n'opposa aucune résistance quand la générale les entraîna toutes deux à l'air libre.
- Qui es-tu ? gronda la brune en appuyant le couteau sur la gorge de la sorcière.
- Je suis ce qui te fait peur, je suis celle qui se cache dans les ténèbres, je suis...
- La ferme ! siffla Hermione en lui donnant un coup de poing qui cassa le nez fin. Je veux ton nom, traînée !
- Mata-Hari... Crains-moi, je suis l'Assassin de la Source. Et je reviendrai bientôt pour toi.
Et sur ses mots, la femme disparut, laissant la militaire barboter dans l'eau.
- Putain c'qu'elle est froide... maugréa la brune en gagnant la rive.
- Tu vas bien ? demanda Vivianne par la fenêtre brisée.
Hermione leva le pouce avant de pratiquer un sort de séchage.
- On peut reprendre l'entraînement ? Minerva et Pansy ont hâte...
La nuit venait de tomber et Rose aidait Minerva à préparer le dîner. La jeune femme semblait ravie de son après-midi et ne pouvait s'empêcher de jeter des regards en coin à la médicomage, au grand désespoir de l'animagus. Cependant, ce n'est pas ce qui préoccupait l'Ecossaise en ce moment. Tout en préparant une salade de fruits, elle observait Pansy et Hermione qui discutaient un peu plus loin. La brune, les mains dans les poches, une cigarette coincée entre ses lèvres, écoutait religieusement la Serpentard. Cette dernière dévisagea un instant l'enchanteresse temporelle avant qu'un sourire narquois étire ses lèvres.
Elle se pencha à l'oreille d'Hermione qui se mit à pâlir subitement avant de devenir écarlate. La Source bredouilla quelque chose, puis tourna les talons avant de disparaître dans l'obscurité.
Parkinson revint près du feu de camp et se laissa tomber sur le tronc d'arbre, à côté de Minerva.
- Je m'aime... Et j'adore discuter boulot avec une consoeur, surtout pour lui expliquer que son diagnostic est mauvais. Mais que veux-tu, les médecins légistes sont rarement bons quand il s'agit de s'occuper des vivants.
- Je peux savoir ce que tu lui as dit ? marmonna Minerva tandis que Rose se rendait dans une tente pour récupérer un couteau.
- Que son idée d'insolation te concernant était erronée, très chère, et qu'il fallait plutôt chercher du côté d'un rêve porno.
- QUOI ? s'époumona McGonagall.
- Ou ai-je utilisé le terme d'érotique, je ne sais plus, poursuivit Parkinson. En tout cas, je lui ai dit qu'elle te faisait de l'effet.
- Bon sang, Pansy ! siffla l'animagus en prenant fermement le bras de la Serpentard pour l'emmener à l'écart. De quoi je me mêle !
- Pas la peine de me remercier si fort, grommela la vert et argent en se dégageant de la prise.
- Te remercier ? Mais te rends-tu compte de ce que tu as fait ? Comment veux-tu que je l'approche maintenant qu'elle pense que je suis uniquement intéressée par coucher avec elle alors que c'est précisément ce qu'elle redoute !
- Donc tu ne nies pas que tu fais des rêves cochons, sourit narquoisement Parkinson. Ca me fait plaisir de te savoir moins prude que je l'imaginais.
Minerva pinça fortement l'arête de son nez entre son pouce et son index avant de faire quelques pas. Pansy la regardait faire, tirant placidement sur sa cigarette.
Un juron brisa le silence pesant et les deux sorcières se raidirent. Avant que la médicomage ait le temps de faire un pas, McGonagall s'était élancée en direction du bruit. Elle sauta par-dessus un buisson et allongea son pas pour déboucher quelques instants plus tard sur une des rives de la rivière qui se finissait à cet endroit en cascade. Au milieu des eaux, au bord de la chute d'eau, Hermione se battait avec une femme aux cheveux noirs comme la nuit et à la peau claire qui donnait la sensation de scintiller sous les rayons argentés de la lune.
La brune semblait danser, parant les coups, reculant ou se baissant pour les éviter. Son adversaire était extrêmement rapide et paraissait ne pas se fatiguer. Elle tenait à la main un objet que l'animagus n'arrivait pas à identifier et que la femme cherchait visiblement à planter dans le corps de la Source.
- Espèce de sale garce vicieuse ! vociféra Hermione en lançant un éclair de magie sur son agresseure.
- Laisse-toi faire, ma douce, minauda la femme. Je te promets un long sommeil paisible.
- Tu peux te le mettre où je pense, ton sommeil, gronda la Source en envoyant sa main couverte de glace dans le menton de son adversaire.
Cette dernière vacilla sous le choc et s'agrippa à la brune. Les deux combattantes échangèrent encore quelques coups avant que le pied d'Hermione glisse sur une des pierres trempées. Elles finirent par tomber du haut de la cascade, disparaissant du champ de vision de McGonagall.
- Ca ne va pas recommencer, gronda-t-elle en s'élançant souplement, un chat vif disparaissant dans les buissons du même élan.
Elle dévala la pente menant au point de chute des deux adversaires et vit Hermione debout, dégoulinante d'eau, tenant le visage de la femme dans ses mains.
- Dans Once Upon a Time, j'étais pour la méchante reine... fit froidement la Source avant de briser la nuque de son adversaire.
Elle laissa tomber le cadavre dans l'eau et, une main sur son flan, elle regagna difficilement la rive.
- Salope de Blanche Neige... siffla la brune avant que ses jambes cèdent.
Elle s'écroula sur l'herbe et ôta de ses côtes ses doigts pour découvrir qu'ils ruisselaient de sang.
- Merde... elle m'a eue... arriva-t-elle à prononcer avant de s'évanouir.
Minerva avait repris son apparence lorsqu'elle s'agenouilla auprès de la brune.
- Hermione, l'appela-t-elle en tapotant ses joues, sans succès... Je hais les contes de fées moldus, je ne les connais ni ne les comprends, maugréa-t-elle en regardant tout autour. Avec quoi a-t-elle fait ça ? fit-elle en tendant la main au bord de l'eau où brillait un objet.
Elle attrapa un stylet d'argent qui pouvait passer pour une baguette à chignon. La garde en était ouvragée et portait les traces du sang de la Source. Elle a renifla, essayant de reconnaitre une odeur de poison, mais sans réel succès, l'eau ayant plus ou moins délayé la substance. Il ne restait qu'une légère fragrance de pomme. Vaguement paniquée, elle reporta son attention vers Granger.
- Allons, fais un effort, réveille-toi le temps de me dire quoi faire... Tu avais l'air de la connaître, tu dois savoir quelle est son arme...
Le stress l'empêchait pratiquement de réfléchir. Ses mains tremblantes se posèrent sur la Gryffondor et cherchèrent un pouls.
- Elle est encore vivante, j'ai encore un peu de temps. Un conte, moldu ou sorcier, ça doit être le même principe. Donc, les mécanismes de bases sont : les gentils, les méchants, le sorcier charmant, les sentiments et...
L'Ecossaise laissa sa phrase en suspens, choquée par l'évidence. Elle regarda Hermione et l'esquisse d'un sourire flotta subrepticement sur ses lèvres.
- Si c'est vraiment ça, murmura-t-elle, je sais comment te sauver.
Elle allait embrasser la brune quand un doute l'envahit. Dans tous les récits, il fallait que l'amour soit réciproque pour que le baiser rompe le sortilège. L'angoisse l'étreignit soudainement. Les sentiments qu'elle portait étaient-ils partagés ? Où était-ce Aliénor qui avait remporté les faveurs d'Hermione ?
- Si c'est le cas, elle ne se réveillera jamais... murmura-t-elle, la gorge nouée.
Elle secoua la tête pour chasser ses sombres pensées et se pencha vers la brune pour joindre doucement ses lèvres à celle qu'elle aimait. Elle mit tout son coeur et sa foi dans ce baiser, priant pour que cette forme de magie soit vraiment supérieure à toute autre.
Sentant la brune s'animer doucement à son contact, le coeur de l'animagus sembla vouloir bondir en dehors de sa poitrine pour laisser éclater sa joie. Les lèvres d'Hermione s'entrouvrirent, laissant s'échapper une espèce de grognement. Restait à savoir si c'était de mécontentement d'être réveillée ou de satisfaction d'être embrassée. Minerva allait rompre le baiser quand la main de la brune se glissa sur sa nuque, l'empêchant de se reculer. Puis, la Source approfondit le baiser, lui donnant un rythme plus soutenu.
A bout de souffle, elles finirent par se séparer et Hermione ouvrit les yeux. Une courte hésitation flotta dans le regard noisette avant de disparaître pour laisser place à de l'amusement.
- C'est le retour à la vie le plus agréable que j'ai connu... murmura-t-elle avec un léger sourire.
- Pansy a beau dire, elle n'y connait rien, sourit l'Ecossaise en laissant aller son front contre celui de l'ancienne Gryffondor. Et contrairement à ce qu'elle a pu te narrer, je ne suis pas obsédée par le sexe.
- Le sexe ? Mais de quoi parles-tu ? bafouilla Hermione. Elle ne m'a jamais parlé de sexe, ou de toi pensant au sexe.
- Pourquoi es-tu parti si rapidement, alors ? s'enquit Minerva, perplexe.
- Je lui ai juste demandé les plantes efficaces pour contrer les effets d'une insolation et elle me les a décrites, en précisant que je les trouverai au bord de la rivière. Je pensais t'en faire une infusion mais elle a indiqué que c'était plus efficace en onguent. Ensuite, elle m'a dit qu'un massage intégral sans vêtement serait sûrement très apprécié et je suis partie, rouge comme une tomate.
- Je vais vraiment la tuer cette fois, et à petit feu, grommela l'animagus en s'allongeant à côté de la Source. Tu saurais reconnaître du poil à gratter dans cette forêt ?
- Oui, bien sûr, mais tu peux m'expliquer cette histoire de sexe ? bafouilla Hermione, rougissant à vu d'oeil.
Minerva soupira. Elle prit la main de la brune dans la sienne, caressant le dos de son pouce.
- Lorsque Viviane t'a sortie du manoir hier, Pansy m'a expliqué pourquoi tu refusais que je t'approche. Et aujourd'hui, il semble qu'elle ait décidé d'accélérer les choses et de nous mettre devant le fait accompli. Elle fabule afin que nous soyons obligées d'en parler. Et bien soit. J'ai fait un rêve cet après-midi. Un songe dans lequel tu avais assez confiance en notre amour pour t'aider à passer au-delà de tes cauchemars et même si cela prenait des années, j'étais prête à les faire avec toi, quelles que soient les conditions, parce que le sexe n'est pas ce qu'il y a de plus important pour moi entre nous.
Hermione se leva brusquement, tremblante de rage.
- Le poil à gratter est une torture trop douce, feula-t-elle. Je vais la tabasser jusqu'à ce qu'elle meure, puis je la zombifierai pour recommencer...
Elle inspira profondément pour ravaler sa colère et s'alluma une cigarette. Elle repensa au baiser qui l'avait sauvé du poison de Blanche-Neige et eut un léger rictus.
- S'il y a une prochaine fois, mets des collants en lycra, histoire de coller au personnage du Prince Charmant, tenta-t-elle de plaisanter.
- S'il y a une prochaine fois, et que ça va plus loin, sache que j'ai promis de ne pas te mettre enceinte dans mon rêve, fit l'animagus en écho, amenant une quinte de toux de la brune.
- Allons-nous occuper de Pansy. Elle va voir ce qu'il en coûte de nous mettre dans l'embarras.
Minerva lui tendit la main pour se relever.
- Excellente idée, fit-elle en se redressant avant de faire un pas de plus pour poser ses lèvres sur celles de la Source dans une douce caresse. Je t'aime.
Hermione rougit subitement et fourra ses mains dans ses poches pour se donner une contenance.
- Euh... tu sais que euh... moi aussi, répondit-elle timidement. Maintenant, allons dîner. Botter le cul d'une princesse pimbêche m'a mis en appétit.
En vous souhaitant un excellent week-end de trois jours,
Gros bisous et à mardi,
Sygui et Link9
