Hey hey !

Voici un nouveau chapitre de la trilogie, on espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture !


Chapitre 31 : Une vieille connaissance

Vivianne avait les jambes fléchies, son buste légèrement penché au-dessus de sa victime. Elle tapota mollement la joue du géant avachi sur le sol d'une des geôles du château d'Avalon.

- Réveille-toi, dit-elle d'un ton ennuyé. Je viens juste de commencer. Je suis déçue, je pensais que tu serais plus résistant.

Héphaïstos roula des yeux, complètement abruti par les coups que lui avait donné la Dame du Lac. Il pencha légèrement la tête pour voir le corps sans vie de Culann.

- Tu perds ton temps, articula-t-il difficilement. Tout comme lui, je ne te dirais rien.

- Mais je ne t'ai encore rien demandé, plaisanta la blonde avant de faire craquer ses doigts. Pour le moment, je m'amuse juste.

Elle lui attrapa le menton et ses doigts s'enfoncèrent dans la chair sanguinolente. Elle exerça une forte pression et sentit les os des pommettes prêts à céder. Le regard de la Première Conseillère devint glacial.

- Maintenant, Veilleur, le jeu s'arrête, fit-elle d'une voix froide. Je vais te poser des questions très précises et les seules réponses acceptées seront oui ou non. As-tu bien compris ?

- Oui... murmura le forgeron des Hauts.

- Parfait. Puis-je ôter l'horcruxe de la Source de mon corps sans mourir ?

- Oui...

- Puis-je faire de même... pour Hermione ?

- Oui, répéta Héphaïstos dans un souffle.

- Peut-on tuer la Source ?

Le géant eut un rire rauque qui ne s'arrêta que quand Vivianne faillit lui broyer la mâchoire de ses doigts.

- Alors ? s'impatienta la Dame du Lac.

- Que crois-tu, humaine ? cracha le forgeron. L'Origine de toutes magies était sur cette terre bien avant toi et te survivra jusqu'à la fin des temps ! On ne peut pas tuer une essence.

- Elle a un corps maintenant, je peux donc l'occire.

- Erreur, Dame du Lac. Cette enveloppe terrestre n'a été empruntée que dans le but de mettre fin à ta misérable existence. La Source est immortelle.

- Et ses horcruxes ? Pourquoi Hermione s'acharne-t-elle à les détruire si ce n'est pour nous débarrasser de l'Origine de toutes magies.

Héphaïstos eut un sourire mauvais et Vivianne, en ayant assez, posa sa main sur le front du géant et ferma les yeux. Elle passa en revue tous les souvenirs du Veilleur, enregistrant la moindre information. Quand elle reprit conscience de son environnement, ses pupilles étaient légèrement dilatées. Pour la première fois de sa vie, elle avait peur. Elle se releva et, d'un coup de talon, éclata la boite crânienne d'Héphaïstos sur le sol dallé.

Puis, sans un mot, elle transplana dans un craquement sonore.


Hermione leva les yeux en entendant un grondement au-dessus d'elle. Une gigantesque ombre passa dans le ciel, suivie d'un immense jet de flamme qui découpa l'obscurité. Elle retira sa lame du cadavre d'un soldat et, d'un geste du poignet, envoya plusieurs mètres en arrière les quatre fantassins qui la chargeaient.

"GELLERT ! FAIS SONNER LA RETRAITE !" ordonna-t-elle mentalement tout en cherchant des yeux ses hommes. "Et dis à Albus de se magner le cul pour trouver une autre solution..."

La pluie diluvienne gênait sa visibilité. Elle n'y voyait pas à trois pieds et frissonna. L'eau pénétrait dans son armure, trempant ses vêtements. Le son du cor résonna dans la plaine et un grognement s'échappa de ses lèvres bleuies.

- Enfin...

Des ombres lointaines filaient à l'abri, de l'autre côté de la frontière. Elle allait se mettre en route quand la voix de Tom s'éleva dans son esprit.

"On a un problème. Le sombral de Ginny s'est échoué près de la tanière du monstre. On tente une approche aérienne pour la récupérer mais Albus table sur des pertes élevées."

Hermione souffla et observa les alentours. Elle n'était qu'à quelques mètres du pied des falaises.

"Ok, j'y vais. Dis aux forces aériennes d'assurer le repli des troupes terrestres, je m'occupe de leur colonel."

Elle courut vers un cheval abandonné qui broutait sur le champ de bataille. Elle sauta souplement sur la monture qu'elle poussa au galop et se fraya un chemin à coup de magie et d'épée jusqu'à destination. Elle descendit de son destrier et regarda autour d'elle, cherchant un chemin menant en haut des falaises. N'en trouva pas, elle se délesta de quelques pièces d'armures, de son épée et, plus légère, elle commença son ascension. Le cuir de ses gants crissait sur les pierres trempées par la pluie. Elle poussait sur ses jambes, tirait sur ses bras, inspirait profondément à chaque mètre qu'elle grimpait.

Elle s'arrêta sur une petite corniche pour reprendre son souffle et jeta un rapide regard au champ de bataille en contrebas. Les morts s'y comptaient par centaine et le plus gros des pertes se trouvait dans son camp. Sa mâchoire se contracta durement et son regard se remplit de fureur.

"Le temps de réorganiser mes troupes et je viendrais te trancher la tête moi-même, Elvanie."

Elle prit de l'élan et sauta par-dessus le vide pour atteindre la corniche voisine. Elle reprit son ascension à bonne allure, se forçant à ignorer la fatigue qui s'abattait sur elle ou la douleur qui s'installait dans ses muscles.

"Ne regarde surtout pas en bas..." s'encouragea-t-elle.

Dix minutes plus tard, elle arriva au sommet des falaises et se planqua derrière un buisson aux branches séchées le temps d'analyser la situation.

"Tom, as-tu le monstre en visuel ?" demanda-t-elle en sortant un poignard d'une de ses bottes.

"Il survole le champ de bataille et vomit du feu sur les pauvres erres qui bougent encore." répondit son aide de camp. "Je vais essayer de détourner son attention de toi."

"Merci."

Sa dissimulant dans l'obscurité, le chef des armées de la Dame du Lac se faufila jusqu'à une entrée taillée dans la roche. Elle se colla contre la paroi et avança précautionneusement, sa main serrant fermement le manche nacré de son poignard. Son souffle rapide résonnait contre les parois de la caverne et elle tenta de se calmer.

- Ginny ? appela-t-elle doucement.

- Herm' ? répondit la voix de la rousse. Par ici !

Des étincelles rouges crépitèrent à quelques mètres d'elle et Hermione se dépêcha de rejoindre son amie.

- J'ai réussi à me traîner ici, grimaça la colonel. Mais ça va être chaud pour se tirer, j'ai la jambe brisée.

Hermione sortit un second couteau de sa ceinture et le donna à son amie.

- Tu plantes tout ce qui bouge, ordonna-t-elle avant de hisser la rousse en travers de ses épaules.

Elle la cala le mieux qu'elle put et entreprit de prendre le chemin inverse. Cependant, arrivée à la sortie de la grotte, un monstre géant surgit devant elle, sa gueule grande ouverte, ses crocs aiguisés comme des lames de rasoir dégoulinaient de bave. Hermione recula vivement et leva une main, prête à attaquer. La créature ailée dévisagea la sorcière de ses yeux de serpent avant de pousser une sorte de rugissement qui fit tressaillir la chef des armées.


Hermione se réveilla brusquement, son cœur battant à tout rompre. Le cri de la créature résonnait encore en elle, trouvant un écho dans sa poitrine.

- Jabberwocky... murmura-t-elle.

Elle tourna la tête et fut soulagée de voir que Minerva dormait toujours. Elle se leva sans bruit, passa un pull et des chaussures avant de quitter la tente. Une fois à l'air libre, elle alluma nerveusement une cigarette et tira longuement dessus. Son regard se posa sur le feu de camp moribond et elle s'étonna de ne pas trouver Pansy à le surveiller. Une silhouette se détacha de l'obscurité sur sa droite et elle pivota son buste, prête à attaquer, quand son souffle se bloqua dans sa poitrine.

- Bonsoir Hermione, dit doucement Vivianne en s'approchant.

- Qu'as-tu fait à Parkinson ? demanda durement la brune.

- Rien... Je lui ai jeté discrètement un sort pour qu'elle aille se coucher. Histoire que nous soyons seules, toutes les deux.

La Source frissonna. La dernière fois que les deux Némésis s'étaient retrouvées en tête à tête, ça avait viré au cauchemar.

- Je ne viens pas pour te tuer, poursuivit tranquillement Vivianne en s'approchant de son ancienne chef des armées. Seulement discuter avec toi.

- Tu ne m'en voudras pas d'être sceptique, siffla la brune.

- J'ai des informations concernant l'Origine de toutes magies et je souhaite les partager avec toi, vu que nous avons un but commun : contrecarrer ses plans. Mais avant ça...

L'espace d'un battement de paupière, la blonde se trouva devant Hermione, leur corps se frôlant. La Dame du Lac posa sa main sur la poitrine de la Source et sa magie se mit à l'oeuvre. L'ancienne préfète eut l'impression que quelque chose se glissait en elle, quelque chose de puissant et de sombre. Elle tomba à genoux, le souffle court, sous le regard doux de Vivianne.

- Je me sens plus légère... murmura la blonde, avant de se pencher pour aider la brune à se relever.

- Que m'as-tu fait ? grimaça Hermione en la repoussant sans ménagement.

- Je viens de te donner l'horcruxe qui était en moi. Je ne suis pas totalement débarrassée de l'influence néfaste de la Source, mais il y a du mieux.

Vivianne s'accroupit et plongea son regard dans les yeux noisette furieux.

- L'Origine de toutes magies est immortelle. En te faisant croire que détruire les horcruxes l'affaiblirait, elle t'a au contraire manipulé dans son intérêt. Chaque partie de son âme que tu libères des cristaux t'empoisonne un peu plus et renforce son emprise sur toi.

- Comment sais-tu cela ?

- J'ai interrogé Héphaïstos, répondit sobrement Vivianne. Nous avons donc deux possibilités.

- Nous ? Il n'y a pas de nous, Vivianne. Pas après ce que tu m'as fait.

Une ombre passa dans le regard de la Dame du Lac. Elle secoua doucement la tête et avança sa main en direction du visage de la brune pour le caresser du bout des doigts.

- Je suis vraiment désolée. Je ne sais pas ce qui m'a pris, murmura la blonde. Je m'en veux horriblement. Maintenant que la Source n'est plus en moi pour...

- Facile d'accuser la boule de magie psychotique pour excuser tes actes, cracha Hermione en reculant vivement.

- Parce que tu n'as rien fait de répréhensible sous son influence ? s'enquit Vivianne.

- Pas de cet acabit.

- Tu as la chance d'être plus résistante que moi, soupira la Première Conseillère. Ecoute-moi attentivement. J'ai découvert que les horcruxes ne sont que la surface de l'iceberg. Tant que la magie existera, l'Origine de toutes magies sera. Aussi, nous avons deux options : soit tu canalises en toi tous les horcruxes et tu détruis tout ce qui est magique en ce monde. Tu seras donc seule avec la Source en toi. Je ne te le souhaite pas. L'autre option est plus réalisable à mon sens. J'avais tort de vouloir revenir sur terre, tu avais raison. Je ne peux laisser les moldus et les sorciers s'entretuer. Les sorciers, de part leur pouvoir, ont un peu de la Source en eux. Certains déraillent, comme nous l'avons vu, car ils sont plus faibles mentalement. Si nous restons sur Avalon, je pourrais diriger cette communauté, avec toi. Et nous arriverons à contrer l'influence néfaste de l'Origine de toutes magies.

- Tu as déjà échoué, tu as perdu les pédales, rappelle-toi.

- Mais tu seras là pour empêcher que ça se reproduise. Nous nous aiderons mutuellement. Nous avons des pouvoirs incommensurables, mais égaux, ce qui n'était pas le cas lors de la première guerre. Et je te fais confiance, Hermione. A nous deux, nous pouvons réussir.

Vivianne se releva et épousseta son pantalon.

- A toi de voir. Mais je t'assure que la deuxième option est la plus réaliste. Réfléchis-y et donne-moi ta réponse.

La blonde allait transplaner quand la brune la rappela.

- Merci d'avoir sauvé Rose, murmura la Source.

Vivianne eut un doux sourire pour son ancien chef des armées.

- N'hésite pas à m'appeler si besoin. Et méfie-toi d'Elvanie. Cette garce est de retour, je ne sais comment, et s'attèle à reconstituer des troupes.

La Dame du Lac disparut dans un craquement sonore, laissant Hermione seule dans le campement. La brune se saisit de la carte d'Avalon dans sa poche et la déplia vivement. Son regard se posa sur une région coloriée en rouge et son regard se durcit.

- Prochaine étape : le pays des Merveilles et sa dirigeante, Elvanie, la Reine de Coeur.


Il était près de midi quand un petit village se dessina enfin à l'horizon. Rose essuya de sa manche son front couvert de sueur avant de réajuster son sac à dos dont les lanières glissaient de ses épaules.

- Putain, j'ai la dalle ! souffla-t-elle.

Pansy eut un large sourire, un pas derrière la Sage, et jeta un regard appréciateur aux formes enchanteresses du Maître des Chimères.

- Moi aussi, tu n'as pas idée, fit la médicomage, les yeux pétillants de malice.

- En parlant d'avoir une idée sur quelque chose, tu sais ce qui se passe entre mes mères ? J'avais l'impression de voir une amélioration hier mais depuis ce matin, M'man H n'a pas desserré les dents.

La Haute observa Hermione et Minerva qui marchaient quelques mètres devant elle. L'animagus tentait une fois de plus d'entamer la discussion avec la brune qui avait l'air plus maussade que jamais. Parkinson plissa les yeux, se demandant quelle pouvait bien être la raison du mutisme de la Source.

- Elle doit avoir ses règles. Je lui ferai une potion ce soir, finit-elle par dire avec un haussement d'épaules.

Vingt minutes plus tard, les quatre sorcières pénétrèrent dans le village. Les quelques personnes qui s'affairaient dans les rues leur jetèrent à peine un regard avant de continuer à vaquer à leurs occupations. Certains portaient du bois fraichement coupé quand d'autres tenaient des paniers de fruits, de légumes ou d'oeufs. Rose remarqua à la sortie du village des champs cultivés et des sorciers qui y travaillaient.

- Ils ont réussi à bien s'organiser en quelques jours, fit remarquer Minerva, admirative. Je pense qu'il y a quelqu'un qui dirige cette communauté d'une main de maître.

- Tout à fait, fit une voix féminine familière derrière elles. Je vous remercie de l'avoir remarqué, professeur.

Au son de la voix, Pansy écarquilla les yeux avant de se retourner, un immense sourire étirant ses lèvres.

- Millicent ! s'exclama la médicomage, surprise et réjouie. Mais que fais-tu ici ?

Les deux femmes se jetèrent dans les bras l'une de l'autre et Bulstrode plaqua ses lèvres contre celles de son ancienne camarade de classe.

- Vous pensez que c'est vraiment le moment ? grogna Rose, en détournant les yeux.

Les deux Serpentards se séparèrent, mais Millicent passa son bras dans le dos de la Haute afin de la garder serrée contre elle.

- Hermione, salua la vert et argent, ça faisait longtemps. Pour répondre à ta question, Pansy, j'étais en réunion à Moscou avec un grand ponte d'une multinationale quand je me suis retrouvée ici, comme par magie, avec une centaine d'autres sorciers. A peine le temps de dire vodka...

Pansy alluma deux cigarettes et en tendit une à son amie qui l'accepta avec plaisir.

- Tous parlaient des langues différentes, poursuivit Millicent. Et comme j'en maîtrise une bonne quinzaine, j'ai réussi à me faire comprendre par tous. Ca m'a donné un certain avantage. Donc, j'ai organisé tout ce beau monde, histoire qu'on ne meure pas de faim. Cependant, cela fait des jours que je dors sur une paillasse et je dois dire que mes draps de satin me manquent terriblement.

Elle tira longuement sur le tube de nicotine, se délectant de la sensation.

- Pansy, tu m'introduis auprès de cette jeune personne, sans mauvais jeu de mot ? demanda-t-elle en dévisageant le Maître des Chimères.

- Rose Granger, se présenta la Sage, de mauvaise humeur. Vous êtes donc la petite amie de Parkinson ?

Pansy et Millicent échangèrent un regard complice avant d'éclater de rire.

- Non, non, grand dieu non, absolument pas ! firent les deux en choeur.

- On se fréquente pour l'hygiène, ajouta la vert et argent.

Hermione sentit la tension qui envahissait sa fille et décida de changer de sujet avant que la Sage explose.

- Millicent, pourrais-tu nous offrir un repas chaud ?

- Et mangeable... ajouta Pansy, l'air de rien.

- Suivez-moi, fit la vert et argent. Mais en échange, vous me raconterez ce que vous faites ici.

La Source acquiesça et suivit la femme jusqu'à une maison qui semblait être la plus grande du village. Se pourrait-il que Millicent les aide dans leur quête ? Après tout, Hermione ne cracherait pas sur l'intelligence et le sens tactique de l'ancienne conseillère d'Aliénor.


Aliénor faisait les cents pas dans ses appartements, une de ses cigarettes aux plantes à la main, son visage trahissant une inquiétude peu coutumière. Elle ne portait pas une de ses habituelles robes, mais une tenue de cuir solide faite pour le combat, moins lourde et protectrice qu'une armure, mais qui permettait une meilleure liberté de mouvement, facilitant également les déplacements rapides et furtifs. Son arme pendait à sa ceinture, contre sa cuisse.

Millicent soupira et reposa sa tasse de thé.

- Votre Majesté, je vous en prie, écoutez-moi. N'y allez pas.

- Tu as raison, Millicent, comme à ton habitude. Mais je dois me rendre sur le champ de bataille.

- Laissez faire votre commandant. Harry est là pour ça, il me semble. Vous ne devez pas vous mêler plus que de raison dans le conflit entre la Source et Vivianne. Vous apportez déjà vos forces armées à l'Origine de toutes magies. Restez en retrait jusqu'à ce que les deux Némésis s'entretuent. Vous pourrez ensuite mettre la main sur le trône d'Avalon.

Aliénor s'arrêta au milieu de la pièce et soupira douloureusement.

- Je suis consciente que c'était notre plan mais...

- Quelqu'un l'a fait changer, murmura Millicent. Une belle brune au tempérament de feu, n'est-ce pas ?

Aliénor s'arrêta dans son va-et-vient pour regarder l'intendante de la Province en plissant les yeux.

- Une conjoncture d'événements.

- Une… conjoncture, comme vous l'appelez, qui nous conduit à prendre part à la guerre et qui mènera la Perguérie à sa perte. N'avez-vous aucun autre moyen de… d'influencer cette conjoncture ?

- Elle ne m'a pas écoutée, murmura l'administratrice pour elle-même. Elle va se faire tuer.

- C'est une certitude, répondit posément l'intendante de la Province. Et si vous y aller pour vous battre contre Vivianne, c'est elle qui vous tuera. Pourrait-on éviter ce mélodrame ?

- Il s'agit de stratégie, pas de la carte du Tendre, gronda Aliénor. J'ai besoin d'elle à mes côtés pour …

- Majesté, je vous en prie, renifla dédaigneusement Millicent. Sauf votre respect, vous avez... accueilli la chef des armées de Vivianne dans vos draps le temps d'un après-midi. Un bel après-midi, certes, mais remettez-vous. Vous retrouverez quelqu'un d'aussi... vigoureux.

- Tu ne comprends vraiment rien.

Millicent roula des yeux et attrapa une cigarette.

- Vos romans d'amour ont corrompu votre esprit. Je ne crois pas au coup de foudre.

- Moi non plus, mais aux conjonctures, si.

Millicent soupira à fendre l'âme d'un damné, s'attirant un regard glacial.


- Alors ? demanda Hermione en finissant son thé. Tu vas nous aider ?

Millicent avait les bras croisés sous sa poitrine et dévisageait la brune. Minerva avait son menton appuyé sur sa paume, son regard se posant tour à tour sur chacun des convives attablés. Rose se balançait sur sa chaise, le regard noir, jetant des coups d'oeil rapide à Pansy qui fumait.

- Hmmm... Je peux déjà vous proposer du ravitaillement pour les prochains jours, répondit pensivement la vert et argent. Pour le reste, cette histoire de Source, de Dame du Lac, j'ai besoin d'y réfléchir encore un peu. Pansy, je peux te voir en privé ?

- Bien sûr, répondit la Haute en reculant sa chaise.

Les deux Serpentards passèrent dans la pièce adjacente et Millicent ferma la porte derrière elle, sans oublier de sourire narquoisement à Rose qui fulminait. Elle appuya son dos contre la surface boisée et eut un large rictus pour son ancienne camarade de classe.

- Tu vas vraiment nous aider ? s'enquit Parkinson, soupçonneuse.

- Non. Ca équivaudrait à résoudre le conflit israélo-palestinien et même mon génie n'y suffira pas. En plus, j'ai l'impression que Granger cache pas mal d'éléments et je n'aime pas ça. Cependant, je peux vous mettre sur les bons rails. En revanche... toi et la petite... intéressée ?

- Evidemment, sourit la médicomage.

- Mais dans quel sens ? Pour l'hygiène ou plus car affinité ?

- Je sens que l'affinité commence à venir, murmura la Haute. En plus, point bonus, ça fera chier Granger.

- Sur ça, je peux t'aider. J'vais passer quelques temps avec vous et je vais œuvrer pour que vos projets, surtout les tiens, se concrétisent. Ensuite, quand je croiserai une grande ville, je vous abandonnerai. Marché conclu ?

- Marché conclu, confirma Pansy en lui serrant la main.

- Je vais nous trouver des chevaux. Tu ne sais toujours pas monter, je suppose.

- Pourquoi ? Tu veux m'apprendre ? susurra Parkinson avec un sourire éblouissant.


Il leur avait fallu deux jours pour atteindre la frontière avec le Pays Merveilleux. Deux longs jours émaillés de disputes entre Rose et Millicent (Pansy se faisait une joie de jeter de l'huile sur le feu entre les deux), deux longs jours de réprimandes de Minerva qui ne supportait plus les cris et deux longs jours de silence pour Hermione qui semblait bien décidée à ne pas faire entendre le son de sa voix.

- N'empêche, c'est reposant ! s'était moquée Pansy.

- La ferme, traînée ! grommela Rose.

- Ce n'est pas un langage pour... commença Millicent.

- La ferme, traînée numéro deux ! coupa la Sage.

- Bien, fit Minerva en s'arrêtant brusquement. Je suis une personne civilisée, je vous donne le choix. Ou bien vous vous taisez, de votre plein gré, ou bien j'interviens.

- Oh bordel ! lâcha Rose, en portant une main à sa bouche.

McGonagall allait gronder sa fille mais remarqua l'expression de surprise qu'arboraient les trois sorcières. Elle tourna la tête et retint à son tour un cri de stupeur. Après des heures à chevaucher dans des plaines de plus en plus arides, le paysage qui s'étalait à présent à l'horizon était magnifique. Une longue étendue d'herbe verdoyante s'étalait à perte de vue. Des fleurs gigantesques aux couleurs enchanteresses poussaient ça et là, et un labyrinthe de haies émaillées de roses rouges conduisait à un château tout droit sorti des contes de fées.

Hermione mit pied à terre et attacha son cheval à un arbre.

- Nous sommes à la frontière avec le Pays des Merveilles. Le soleil va se coucher d'ici deux heures. Nous dressons le camp ici et nous repartirons demain matin.

- Mais c'est qu'elle parle, se moqua Pansy en descendant de la monture de Millicent.

- M'man, pourquoi n'avançons nous pas encore ?

- Parce que je tiens à passer le moins de nuit possible dans cette région, marmonna la brune en sortant de son sac à dos une tente.

- Tu as peur de quoi, Granger ? s'enquit Millicent. Qu'un petit lapin blanc te coure après avec sa grosse montre en te criant que tu es en retard ?

- Quelque chose du genre, répliqua la Source tout en déployant la toile sans se retourner.

Un grondement se fit entendre et toutes levèrent les yeux au ciel pour voir passer au loin une bête énorme.

- Quelque chose dans ce genre ? demanda Rose en désignant du doigt la créature. Tu sais ce que c'est qu'ce truc, m'man ?

- Malheureusement, oui, grommela la brune en réprimant un frisson. C'est le Jabberwocky.

- Comme la grosse bête dans le film ? fit le Maître des Chimères, peu rassurée. Et... euh... vu que ça existe... Alice est-elle dans le coin pour nous aider ?

Hermione eut un petit rire désabusé.

- Alice ? Oh oui, elle existe. Mais je ne pense pas qu'elle viendra nous aider.

- Tu es sûre ? s'enquit Pansy. Et si je lui demande gentiment...

La médicomage mit en avant sa poitrine avec un sourire ravageur.

- Crois-moi, ma chère, aussi affriolants que soient tes seins, je doute fortement qu'ils intéresseront la Dame du Lac.


Hermione tenait fermement Ginny contre elle. Le monstre la dévisageait avec fureur et gourmandise. L'odeur du sang avait dû aiguiser son appétit et le Jabberwocky se régalait par avance du repas qui se présentait devant lui. Deux humaines, sans trop de pièces de métal sur le corps.

- On va pas s'en sortir... murmura la rousse, résignée.

- Si, mais il faut que tu me fasses confiance, grogna la brune.

- Tu sais bien que c'est le cas.

La guerrière lança avec force et précision sa dague qui alla se ficher dans l'un des yeux de la bête qui poussa un rugissement de douleur. La brune tourna les talons et, emmenant la rousse avec elle, elle se précipita sur l'autre versant de la montagne. Les deux sorcières s'arrêtèrent pour contempler le vide qui s'étalait sous leurs yeux.

- Et maintenant ? demanda Ginny en grimaçant de douleur.

- Hermione prit son amie dans ses bras et inspira profondément.

- On saute ! lâcha-t-elle avant de les précipiter dans le vide.

Ginny hurla tandis que la chute se faisait de plus en plus rapide. La guerrière ferma les yeux et, tentant d'appliquer ce que Vivianne lui avait appris quelques semaines plus tôt, visualisa le campement de son armée, se concentrant sur les moindres détails. Les tentes, l'odeur du feu, le bruit métallique des armes.

Un craquement sonore retentit et les deux femmes réapparurent à quelques pas de Tom qui leur jeta un regard étonné, la carte des environs lui échappant des mains pour tomber sur le sol poussiéreux.

- Comment avez-vous fait ? demanda-t-il, surpris.

- J'aimerais bien le savoir, souffla Ginny.

- Plus tard, elle a besoin d'un médicomage, répliqua sèchement la chef des armées en se relevant.

Elle prit la direction de sa tente, songeuse. Ce sort était extraordinaire. Si elle pouvait l'enseigner à ses troupes, son armée serait imbattable et pourrait intervenir aux quatre coins du continent en un temps record.

- Et la Reine de Cœur ne pourrait rien y faire…


Severus Rogue dévisageait sa prise avec un rictus satisfait. Cela lui avait demandé plusieurs jours pour capturer sa proie mais il y était parvenu. Et quelle ne fut pas sa surprise en reconnaissant l'oiseau.

- Fumseck, quel plaisir de te revoir, dit-il d'une voix doucereuse alors que le phénix le foudroyait du regard. Tu vas m'être grandement utile, si seulement tu daignes verser quelques larmes.

Mais le maître des potions n'était pas connu pour sa patience. Aussi, il pinça fortement le volatile qui lâcha un couinement et récupéra une goutte d'eau salée dans un tube à essai qu'il scella d'une main sûre.

Après avoir jeté un rapide coup d'œil au cercueil de glace de la Présidente des Conseils, il retourna à préparation. Il sentait qu'il avait moins de temps que prévu et se promit de tout faire pour réussir son projet avant que Granger ne déclenche la phase finale de sa lutte contre la Source et la Dame du Lac.


Et voilà le travail ! Severus, le retour ! ^^

Gros bisous et bon week-end,

Sygui et Link9