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Bon 1er mai ! Reposez vous bien ! Profitez du temps qui est, pour le moment, clément !

Et surtout, profitez bien du nouveau chapitre !


Chapitre 32 : La Reine et le Général

Rose voyait sans le regarder le feu de camp. La nuit était noire et seul le crépitement des flammes brisait le lourd silence. Elle étira ses longues jambes et retint un juron. Elle était de mauvaise humeur et rien ne semblait pouvoir l'en tirer. Elle avait été à deux doigts d'étrangler de ses propres mains Bulstrode et Parkinson. Les deux vert et argent avaient été très proches, trop proches, toute la soirée et s'étaient éclipsées il y avait deux heures de cela pour partager la même tente.

La Sage roula des yeux et son visage s'assombrit. Elle se leva et fit quelques pas. Elle ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait. Enfin, dans les grandes lignes, si. Mais elle n'avait pas été préparée à ces sentiments. En fait, elle n'avait pas eu le temps de faire son apprentissage. Elle eut un rire désabusé. Des milliers d'années d'existence sur l'île d'Avalon en tant que Conseillère ne lui avaient pas permis d'appréhender le torrent d'hormones qui l'avait submergée. Et elle n'avait pas eu d'adolescence humaine pour comprendre et découvrir progressivement cet état.

Elle se frotta les mains comme pour les réchauffer et soupira. Elle tombait amoureuse de Pansy Parkinson. Elle avait beau afficher un air blasé, ennuyé en présence de la Haute, elle frissonnait au plus profond d'elle-même quand la médicomage était à ses côtés. Et quand la main de Pansy se posait sur elle, son sang semblait entrer en ébullition.

- Putain de merde... lâcha-t-elle, agacée.

Le cliquetis d'un briquet résonna derrière elle et l'odeur du tabac vint chatouiller ses narines. Trois possibilités : sa mère, Parkinson ou Bulstrode. Elle se retourna lentement et ne masqua pas son dédain quand son regard se posa sur Millicent.

- Un problème, Rose ? s'enquit la Serpentard.

- Aucun, tu peux aller te recoucher, maugréa le Maître des Chimères.

Bulstrode afficha un léger rictus et s'approcha de la jeune femme.

- Tu es aussi transparente que ta mère. Je vois bien que quelque chose te tracasse... susurra la vert et argent. Ma relation avec Pansy, sûrement.

Rose allait rétorquer quand un son étrange attira son attention. Elle leva la main pour indiquer à Bulstrode de se taire et tendit l'oreille, tous ses sens en alerte. Une mélodie joyeuse et entraînante était portée par le vent et l'animagus fronça les sourcils.

- La reine les aime rouges, du plus éclatant des rouges...

Milicent afficha un rictus et secoua la tête, navrée.

- Ils sont pathétiques... se moqua la vert et argent.

- Mais relativement puissants, coupa le Maître des Chimères, sentant la magie du groupe qui s'approchait vers le campement. Au minimum des mages.

Elle étira ses muscles et soupira.

- Va réveiller ma Source de mère et va te planquer, ça va pas être beau à voir, ordonna Rose avant de se métamorphoser en chat pour gambader, la queue en l'air, en direction du groupe de sorciers.

Millicent soupira et secoua la tête.

- Ces Gryffondors… souffla-t-elle en tirant sa baguette de sa manche et en s'engageant à pas de loup à la suite de la Sage.


Minerva soufflait son exaspération et sa frustration. Cela faisait 10 fois qu'elle répétait le même mouvement et, à chaque fois, il y avait une erreur.

- Je n'y arriverai pas ! tempêta-t-elle, à bout de nerfs.

- Si tu t'énerves, c'est une évidence, fit doucement Hermione. Respire à fond et concentre-toi sur ma source de magie. Tu dois avoir la paume dessus en lançant le sort, sinon ça ne marchera pas.

- Et, par ma faute, tu mourras, conclut sombrement l'animagus en serrant les poings.

- Non, par la faute de la Source et de Vivianne.

- Je n'y arriverai pas. Demande à Pansy de lancer le sort.

- Sûrement pas. La personne qui va le jeter aura autant de puissance que moi ou Vivianne. Et, même si j'ai beaucoup d'affection et d'estime pour Parkinson, j'ai peur qu'un tel pouvoir lui tourne la tête.

- A grand pouvoir, grandes responsabilités.

Hermione éclata de rire et secoua la tête.

- Je ne pensais pas que tu aimais les films de super héros.

- Rolanda appréciait les comics, j'en ai vu quelques-uns.

- Bon, on recommence, reprit sérieusement Hermione. On va faire différemment.

Elle sortit de son sac à dos une écharpe et s'en servit pour bander les yeux de Minerva.

- Tu comptes trop sur ta vue. Connaissant Vivianne et son savoir-faire, il est fort probable qu'elle te crève les yeux pendant la bataille finale. On va donc procéder de la manière suivante : tu vas te servir de ta source de magie pour trouver la mienne.

McGonagall hocha la tête mais, avant de faire ce que la brune lui disait, elle fit un pas en avant pour poser ses mains sur les hanches de son ancienne élève. Elle se pencha en avant, frôlant de ses lèvres celles d'Hermione.

- Minerva, je… commença la Source.

- Hermione, il est temps d'avancer, tu ne crois pas ? chuchota l'animagus en laissant ses doigts caresser la joue de la femme.

La brune allait répondre quand une explosion retentit à l'extérieur. Elle attrapa vivement son katana alors que McGonagall arrachait le bandeau de ses yeux.

- Que se passe-t-il encore ? souffla l'animagus.

- Ca, c'est Rose fait des siennes. Reste à savoir pourquoi…


Quand Minerva et Hermione sortirent de leur tente, leur arme à la main, elles trouvèrent Pansy et Millicent, assises sur un tronc d'arbre, fumant une cigarette.

- Oh la belle bleue ! fit la médicomage, amusée, alors qu'une explosion de magie retentissait dans l'obscurité.

- Franchement, ce feu d'artifice est superbe. Il y aura d'autres représentations ? s'enquit Millicent.

- Ca vous ferait mal au cul d'aller l'aider ? gronda Hermione en tirant son katana de son fourreau tandis que Minerva fusillait du regard les deux vert et argent.

- Je me suis cassée un ongle en tirant ma baguette de ma manche, répondit Bulstrode, affable.

- Et moi, je la soigne. Sinon ça peut virer en ongle incarné, et là, c'est franchement moche.

Hermione montra son majeur aux deux femmes avant de prendre la direction du combat. Mais elle n'avait fait que quelques pas que des ombres bougeaient dans l'obscurité. D'un claquement de doigt la brune fit surgir un lumos et l'expression de son visage se figea. Rose avançait dans sa direction, une épaule visiblement déboitée. Derrière elle, deux sorcières la suivaient de près et la Source les reconnut aussitôt.

- Cybéla ? Rolanda ? lâcha Minerva, stupéfaite.

- Par Merlin ! Min' ! s'exclama joyeusement l'ancien professeur de vol.

Cette dernière se mit à courir pour prendre l'animagus dans ses bras et l'embrasser passionnément. Le choc et la gêne passés, l'enchanteresse temporelle se dégagea de l'étreinte et chercha du regard Hermione. Elle la vit de dos qui s'éloignait à grandes enjambées. Elle n'eut le temps de la rejoindre que Cybéla se planta devant elle.

- McGonagall, salua-t-elle, de mauvaise humeur.

- Bonsoir, chère sœur, ironisa Minerva.

- Je pense que tu me dois de nombreuses explications, chef de clan. Je ne comprends pas ce qui se passe ici. D'ailleurs, où est-on ?

- Une seconde. Rose, ça va ?

- Impec', gronda la jeune femme avec une grimace.

- Menteuse… susurra Pansy. Viens dans la tente, le bon docteur va te soigner.

- Ok… Juste une chose, m'man. J'ai récupéré tata et ton ex des mains de la garde de la reine de cœur. Et crois-moi, c'était pas des cartes à jouer. Plutôt des zombis. Je pense que la dame est nécromancienne…

- Merci ma chérie. Maintenant, va t'occuper de ton épaule.

Rose acquiesça et suivit Pansy, qui se frottait les mains, jusqu'à leur tente. Minerva invita d'un geste de la main les deux sorcières à s'asseoir près du feu et retint un froncement de sourcil alors que les doigts de Bibine se posaient sur sa cuisse.

« Il va falloir être ferme. » songea-t-elle. « Mais avant toute chose, récupérons des informations. »

Elle jeta un dernier regard à l'endroit où avait disparu Hermione et essaya d'entrer en contact avec la source de magie de la brune. Minerva retint un juron alors que la Source lui claquait métaphysiquement la porte au nez.

« Chaque discussion en son temps… » se dit-elle mentalement en reportant son attention sur les deux sorcières.


Hermione s'arrêta après avoir jugé être suffisamment éloignée du campement. Elle tendit l'oreille et, n'entendant que les bruits caractéristiques de la nuit, toussa pour s'éclaircir la voix.

- Vivianne ? appela-t-elle, incertaine.

Un craquement sonore retentit dans la plaine et la Dame du Lac se matérialisa devant elle.

- Bonsoir Hermione, dit doucement la blonde. As-tu réfléchi à ma proposition ?

La brune alluma une cigarette, tira longuement dessus et souffla la fumée, prenant son temps pour formuler sa réponse.

- Effectivement, murmura-t-elle. J'ai pesé le pour et le contre et, bien que ton offre soit séduisante, je dois la rejeter.

- Tu veux vraiment supprimer toute magie de ce monde ? demanda froidement Vivianne. Alors que nous pourrions régner toutes les deux sur ce continent ? Tes précieux moldus seraient à l'abri.

- Et pour combien de temps ? répondit la brune. Après tout, Minerva et moi avions trouvé à l'époque un sort pour quitter Avalon, au nez et à la barbe de la Source. Elvanie a fait de même. Penses-tu que d'autres n'y arriveront pas ?

- Tu as fait ton choix et tu devras en subir les conséquences. Pourquoi m'as-tu appelé ? s'énerva la Dame du Lac.

- Parce que la reine de cœur est un danger. Imagine qu'après notre affrontement, elle s'attaque au vainqueur qui sera en état de faiblesse. Je ne donne pas cher de notre peau. Et je préfère l'éliminer avant qu'il ne soit trop tard et qu'elle profite de la situation.

Vivianne réfléchit quelques instants et acquiesça, un léger rictus flottant sur ses lèvres.

- Comment comptes-tu t'y prendre ? s'enquit-elle.

- Je pourrais l'avoir sans problème au corps à corps, mais si elle s'aide de sa bestiole, ça risque d'être compliqué. Et je crains qu'il y ait des dommages collatéraux.

- Autant me faire bien voir de mes sujets. Quand l'heure viendra de lui faire rendre son dernier souffle, appelle-moi, je te prêterai main forte.

Hermione plongea son regard dans les yeux bleus de la Dame du Lac. Un flot de souvenirs la submergea. Quand elle était le chef des armées d'Avalon, le simple fait de se noyer dans les deux azurs de la blonde avait le pouvoir de chasser toute tension en elle. Elle pouvait voir dans le regard de sa Némésis toute une palette de sentiments qui l'agitaient, et qui lui donnaient la couleur de l'océan déchaîné. Puis, l'expression s'adoucit et la couleur de ses yeux était semblable à une plage des Caraïbes. La brune frissonna et tira longuement sur sa cigarette pour se donner contenance.

- Un problème ? s'enquit Vivianne.

Le ton avait perdu de sa morgue et de sa froideur. Hermione se laissa envelopper par la voix chaude et sensuelle de la Dame du Lac, une intonation qu'elle pensait dédiée qu'à elle.

- Nous ne sommes pas obligées de nous entretuer, murmura la blonde en s'approchant pour poser la main sur l'épaule de la Source. Nous pourrions…

- Il est trop tard pour retrouver notre complicité d'autrefois, lâcha Hermione, amère. Trop de choses se sont passées.

Vivianne eut un doux sourire et prit la Source dans ses bras. La brune se raidit subitement, cherchant à s'échapper de l'étreinte mais l'apaisant va et vient de la main de la blonde dans son dos la fit faiblir. Elle souhaitait bondir en arrière mais une partie d'elle se délectait du doux contact.

- J'en étais à me dire, qu'avec du temps, de l'honnêteté et de la patience, une relation est possible entre nous, murmura la Dame du Lac. Mais…

Sa main caressa l'ovale du visage de la brune qui sentit son bas-ventre se contracter douloureusement.

- Ton cœur est déjà pris, par deux femmes. Aliénor, je le savais, mais Minerva ! C'est une réelle surprise, quand on sait la haine que vous entreteniez sur Avalon.

- Encore un tour de passe-passe de la Source, maugréa Hermione, se battant contre les frissons qui la parcouraient. Cependant, je dois avouer que je ne vais pas me plaindre de celui-là…

Des bruits de pas se firent entendre et la brune en profita pour se dégager des bras de sa Némésis.

- Appelle-moi quand tu seras face à Elvanie, et je viendrai couper moi-même la branche pourrie de ma famille, murmura Vivianne.

Elle disparut dans un craquement sonore quand Minerva surgit de l'obscurité, sa baguette à la main. Son regard surplombé de ses sourcils froncés balaya l'horizon, puis l'animagus s'approcha rapidement d'Hermione.

- C'était la Dame du Lac ? demanda-t-elle d'une voix où pointait l'inquiétude. Tu n'as rien ?

- Nous avons discuté de manière civilisée, tout va bien. On se mettait d'accord pour tuer la Reine de Coeur.

- Tu lui fais confiance ?

- Elle a autant à gagner que moi dans cette histoire, donc oui.

McGonagall dévisagea la brune qui semblait de nouveau plongée dans ses sombres pensées et fit les quelques pas qui la séparaient d'elle pour poser sa main sur son épaule.

- Qui est la reine de coeur, vis-à-vis de Vivianne ?

- Sa soeur. Une puissante magicienne. Vivianne lui avait confié la gestion d'une Province. La petite région s'est agrandie, au fur et à mesure des siècles, pour devenir un pays indépendant. La Dame du Lac a eu le malheur de céder à sa soeur et cette dernière a pris le temps de constituer une armée avant de chercher à envahir le reste du continent. Nous avons réussi à contenir ses troupes dans leurs frontières et on allait donner l'assaut final quand la Source a lancé son offensive contre nous.

- Vivianne lui a offert l'immortalité et, en guise de remerciement, Elvanie a cherché à la détrôner ?

Hermione secoua la tête négativement.

- Vivianne n'a pas donné l'immortalité à sa sœur, elle l'a découverte toute seule, comme une grande. Elle a réussi à se tirer d'Avalon avant que la Source la ravage. L'Origine de toutes magies pensait qu'elle se terrait dans un coin, attendant son heure, mais elle a ressurgi, il y a une cinquantaine d'années. En fait, tu connais Elvanie sous une autre identité. Elle est passée quelque fois à Poudlard. Pernelle Flamel, la femme de Nicolas, à qui on attribue à tort la découverte de la Pierre Philosophale. Des milliers d'années que cette pimbêche se siffle son filtre jusqu'à plus soif.

- Et dire que j'ai dîné plusieurs fois avec les Flamel et Dumbledore, lâcha Minerva, abasourdie.

- Elle a dû apprécier l'ironie de la situation, partager un repas avec une des Conseillères de la Reine d'Avalon.

Elles restèrent silencieuses quelques instants, chacune plongée dans ses pensées. Minerva observait la brune qui semblait vivre un conflit interne et l'animagus tenta sa chance.

- Y a-t-il autre chose qui te tracasse ? s'enquit-elle, priant pour que son ancienne élève se confit enfin à elle.

- Et bien... commença Hermione, hésitante.

McGonagall l'encouragea du regard et la légiste entortilla nerveusement ses doigts.

- Vivianne m'a fait une proposition que j'ai refusée, et je me demande si j'ai bien fait...

Le cœur de l'Ecossaise rata un battement avant d'accélérer brusquement. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle pressentait qu'elle n'allait pas apprécier ce que la brune allait lui raconter.


Pansy s'étira mollement mais, en sentant qu'elle perdait l'équilibre, elle se raccrocha vivement aux hanches de Rose qui conduisait la monture sur les routes terreuses du Pays des Merveilles.

La jeune Sage tourna légèrement la tête, les sourcils froncés, se demandant ce qui arrivait à la médicomage.

- Juste un moment d'inattention, désolée, souffla Parkinson.

Rose eut un petit sourire avant de reporter son regard sur le chemin qu'elles empruntaient et l'enchanteresse de soin sentit son coeur se gonfler. Une pensée en entraînant une autre, elle se remémora pour la cinquième fois de la matinée la soirée de la veille. Après avoir prodigué des soins à la Sage, les deux Conseillères avaient passé la nuit à discuter de tout, de rien, de leurs inquiétudes quant à leur mission, de leurs rires sur les maladresses d'Hermione et de Minerva. Une nuit certes sage mais pleine de promesses.

La Haute se rapprocha de Rose pour coller son corps contre celui de la jeune femme, laissant glisser ses mains pour les croiser sur le ventre de cette dernière. Le Maître des Chimère ne la repoussa pas et Pansy eut un rictus victorieux.

- Tu sais ce qui se passe, là-bas ? chuchota la Sage en désignant du menton ses deux mères, silencieuses depuis leur départ.

- Je crois qu'Hermione n'a toujours pas digéré le baiser fougueux que Bibine a offert à Minerva hier soir, ni le langoureux de ce matin... répondit la médicomage.

- Heureusement qu'elle et Cybéla sont parties à l'opposé de nous, sinon je les aurais offertes en pâture à Hirfitt. Blague à part, je sens qu'il y a autre chose. De la colère, oui, mais... une espèce de gêne.

Pansy dévisagea les deux femmes devant et eut une moue.

- Ouais... peut-être. Demandons à une spécialiste. Millicent ? appela-t-elle plus fort.

Bulstrode, qui fermait la marche, accéléra l'allure de sa monture pour rattraper les deux Conseillères.

- Tu sais ce qui se passe, là-bas ? s'enquit Parkinson.

Le regard de la vert et argent se mit à briller de malice et Rose s'en inquiéta.

- Il se trouve que j'avais du mal à dormir hier soir et que je suis sortie faire un tour. Et ce que j'ai entendu était assez intéressant. Je vais vous raconter...


Hermione avait le regard vissé sur la route. Elle se retenait de jeter de temps en temps un œil à Minerva dont le cheval se trouvait près du sien. Les deux femmes n'avaient pas desserré les dents depuis leur violente dispute, la veille.

"Enfin, elle les a desserrées quand Bibine lui a collé la langue au fond de l'œsophage..." pesta intérieurement la brune. "Et même avant, en toute honnêteté." ajouta-t-elle en rougissant.

La nuit passée lui revint en mémoire et ses joues s'empourprèrent de plus belle. Elle s'était enfin décidée à révéler à son ancien professeur la proposition que lui avait faite Vivianne, et la fin de non recevoir qu'elle lui avait opposée. Bien évidemment, l'Ecossaise lui avait reproché de ne pas lui en avoir fait part plus tôt, de ne pas lui avoir demandé son avis.

"Il s'agit tout de même de la disparition de la magie ! Ce n'est pas une décision qui se prend à la légère !" s'était emportée McGonagall, atterrée du comportement de la rouge et or.

"Si je dois avoir ton aval pour chaque chose de ma vie, éclaire-moi sur un sujet capital. Pour demain, sandalettes ou bottes ?" avait rétorqué Hermione, acide.

Minerva s'était rapprochée pour gifler la brune mais cette dernière, ayant anticipé le geste, lui attrapa vivement le poignet. Elles s'étaient dévisagées avec rage avant que leurs lèvres ne s'écrasent furieusement. Tout en s'embrassant, les mains passant sous les vêtements pour griffer la peau, elles s'étaient rendues dans leur tente.

Et ce matin, quand elle s'était réveillée, Hermione avait trouvé une place vide à côté d'elle. Millicent, occupée à couper des fruits, l'avait informée que l'animagus était partie trente minutes plus tôt pour chercher du bois. Et à son retour, l'ambiance entre elles ne s'était pas améliorée, bien au contraire.

"Je pensais qu'elle avait apprécié..." songea amèrement la brune.

Elle serra les dents et retint un juron. Avec ce qu'elle avait comploté avec Bulstrode, Minerva aurait une excellente raison de ne pas lui parler pendant une décennie.

Elle haussa les épaules et, après un rapide coup d'oeil à sa montre, elle fit signe à la petite troupe de s'arrêter.

- C'est l'heure de la pause, dit-elle alors que Pansy poussait une exclamation de soulagement. Installez-vous, je vais voir s'il y a du gibier dans le coin.

Minerva, l'ignorant superbement, mit pied à terre avant d'attacher sa monture à un arbre. Le coeur lourd, Hermione tira sur la bride et engagea son cheval sur un petit chemin de pierres.

Une fois hors de vue, elle lança l'équidé au galop, s'éloignant à vive allure.

"Ca, elle va me le reprocher jusqu'à ma mort." se dit-elle alors que les sabots martelaient le sol.

Trois quart d'heure plus tard, elle passa au trot alors qu'elle abordait la lisière d'une forêt.

"Vivianne, je suis en route. Je serai au château demain en fin de matinée..."

- Je sais, fit une voix sur sa droite.

La Dame du Lac sortit de l'ombre des arbres, tenant à la main les rennes d'un cheval à la robe blanche.

- Que fais-tu là ? demanda froidement Hermione.

- Tu ne pensais pas que je te laisserai faire le chemin en solitaire ? se moqua gentiment la blonde.

- En fait, si, c'est ce que j'espérais, grommela la brune.

Vivianne sauta souplement en selle et vint positionner sa monture à côté de celle de son ancienne chef des armées.

- Profitons de notre ballade pour discuter, toi et moi...


- Mais où est-elle encore passé ? s'exclama vertement McGonagall. Ca fait plus d'une demi-heure qu'elle est partie.

Millicent s'éclaircit la voix et tous les regards se tournèrent vers elle.

- J'adore être le centre de l'attention, se réjouit la Serpentard. Maintenant qu'il est impossible de rattraper Granger, je vais vous révéler le plan qu'elle a établi. Elle est partie régler son compte à la Reine de Coeur, accompagnée de Vivianne.

- Pardon ? firent en chœur Minerva et Rose d'une voix blanche.

- La surdité, c'est génétique ? se moqua Millicent tandis que Pansy acquiesçait.

- Et tu l'as laissé faire ? Tu es dingue ! rugit Rose, les poings serrés.

- Granger m'a présenté ses arguments qui étaient pertinents et, en toute logique, j'ai validé son choix. Et si vous ne vous laissiez pas influencer par vos petits coeurs tendres de rouge et or, vous l'auriez validé aussi. Elle sait ce qu'elle fait, et elle m'a indiqué ce que nous avons à faire. Demain en fin de journée, en continuant à ce rythme vers le sud, nous serons au prochain horcruxe. Rose, il faudra juste que tu préviennes ta mère avant de le détruire, qu'elle ne fasse pas un arrêt cardiaque en plein combat.

Le Maître des Chimères lui fit un geste grossier du doigt avant de se diriger, déterminée, vers son cheval. Elle avait passé son pied dans l'étrier quand quelqu'un l'attrapa pour la tirer en arrière.

- Quoi ? feula la Sage en se tournant pour faire face à Pansy.

- Aies confiance en Hermione, dit doucement la médicomage, elle sait ce qu'elle fait. Millicent a validé sa stratégie et, malgré ce que tu penses d'elle, c'est la meilleure. Enfin, après Minerva.

- Ben justement, mamaidh trouve que ce plan, c'est de la merde.

Pansy posa sa main sur l'épaule de la jeune femme et la serra doucement.

- Le manque de confiance, c'est ce qui tue la relation entre tes deux mères. Ne fais pas la même erreur. Hermione reviendra, j'en suis sûre.

Rose acquiesça à contre-coeur et suivit l'enchanteresse de soin jusqu'au campement.

"T'as intérêt à revenir, m'man..." lança le Maître des Chimères.

"Je te le promets." répondit la voix d'Hermione dans son esprit.


La nuit jetait son manteau étoilé et la chaleur écrasante de la journée laissait place à une température quasi glaciale. Hermione grelotta en descendant de cheval et souffla sur ses mains pour les réchauffer. De la buée s'échappait d'entre ses lèvres et elle renifla en maugréant.

- Tu ne vas pas tomber malade ? se moqua gentiment Vivianne en posant sur le sol son sac de couchage.

- Ne t'inquiète pas, je serai en forme pour te prêter main forte face à ta soeur, marmonna la brune en allument une cigarette.

Vivianne roula des yeux avant d'afficher une moue.

- Tu devrais arrêter de fumer. Tu sais combien c'est nocif pour la santé.

Hermione planta son regard froid dans les yeux bleus de la Dame du Lac.

- On sait toutes les deux que ce n'est pas ça qui me tuera.

La phrase tomba comme un couperet et l'expression du visage de Vivianne s'adoucit. Elle fit un pas en direction de son ancienne chef des armées mais Hermione lui tourna le dos pour défaire son balluchon et s'installer pour la nuit.

- Nous ne sommes pas obligées de nous affronter, murmura la blonde.

- Bien sûr que si, répliqua sèchement Hermione. Je suis la Source, ton ennemie jurée. Il n'y a qu'une fin possible pour nous.

Elle s'allongea dans son sac de couchage et ferma les yeux. Le soupir résigné que poussa sa Némésis lui serra le coeur.

- Bonne nuit, lança Vivianne.

La brune ne répondit pas, se contentant de se caler plus confortablement sur le sol dur et froid. Si la Dame du Lac voulait jouer la carte de l'amitié, grand bien lui fasse. Elle n'était tout simplement pas obligée de rentrer dans son jeu. Mais, dans un coin sombre de son esprit, une petite voix, celle d'une femme qui avait bien connu Vivianne dans une autre vie, lui criait de succomber aux charmes de la blonde.


En vous souhaitant un bon week-end ou un bon pont,

On vous fait plein de gros bisous !

Sygui et Link9