Bonjour à toutes et à tous !
Chapitre en retard, désolée, mais j'étais de sortie toute la journée et je suis vannée !
Bref, on vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 33 : Le pays des Merveilles
Hermione était de garde cette nuit-là au château et elle le regrettait. Amaria lui avait envoyé une lettre disant qu'elle s'était achetée un superbe ensemble de lingerie noire et qu'elle attendait sa générale pour l'étrenner.
- Dès la relève, je file à la porte sud, se promit-elle en baillant.
La fatigue se faisait cruellement sentir et elle espérait que le jour pointerait rapidement. Elle passa devant la porte des appartements royaux et tendit l'oreille. Aucun bruit dérangeant la tranquillité des reines, elle poursuivit son chemin. Cependant, au détour d'un couloir, elle avisa deux hommes vêtus de noir qui se faufilaient.
- HALTE ! cria-t-elle en esquissant un geste pour tirer son épée de son fourreau.
L'un des hommes claqua des doigts et la brune se trouva dans l'incapacité de bouger.
"Merde, pas assez rapide..." maugréa-t-elle intérieurement.
- Tu penses que c'est elle ? demanda un des deux hommes.
- Regarde les galons sur son épaule... C'est forcément la célèbre Hermione, répondit l'autre.
"La célèbre Hermione vous découpera en morceaux quand elle sera libre de ses mouvements".
- Ok Merlin, on l'embarque.
- Prends le côté droit, Lancelot, j'prends le gauche.
Les deux hommes l'encadrèrent pour l'attraper chacun par une épaule.
- Y'a quelqu'un qui veut vous voir... murmura l'homme à la longue barbe blanche.
Un craquement se fit entendre et la générale eut l'impression de se retrouver compresser dans un tuyau. Quelques secondes plus tard, elle se trouvait à genoux dans une espèce de grotte, seule, où régnait une chaleur étouffante. Elle se releva et tira son épée tout en regardant autour d'elle.
- Vous êtes passés où, les deux trous du cul ? tonna-t-elle.
- Ce n'est pas un langage pour une femme... fit un voix éthérée sortie de nulle part.
Hermione, l'épée toujours brandit devant elle, fit quelques pas en arrière.
- C'est quoi ce délire ?
Une boule de magie lumineuse apparut au milieu de la grotte et la brune fronça les sourcils.
- Ok, Minerva, Pansy, c'est pas drôle.
Un rire s'éleva dans la grotte, laissant la militaire inconfortable.
- Pense plus grand que ça, fit la voix qui semblait venir de partout et nulle part en même temps.
- Minerva, si t'es en train de te payer ma tête, j'te jure que tu perdras la tienne, siffla la brune en tournant sur elle-même pour tenter de situer son ennemi.
- Je suis l'Origine de toutes magies. Prosterne-toi devant moi, simple mortelle.
- Je me prosterne devant personne, sauf devant ma reine, mais c'est pour reluquer sa poitrine par dessous.
- Viviane, mon élue, c'est justement d'elle dont il est question. Elle s'égare et j'ai besoin d'une personne forte dans son entourage pour la conseiller et lui éviter de faire des erreurs. Je t'ai observée Hermione et tu es celle que j'ai choisie.
- Rien à foutre, je reçois pas mes ordres de vous, gronda la générale toujours aux aguets.
- Tu préfères sans doute les recevoir de Minerva, ricana la voix.
- Ok, donc c'est Pansy. Amène ton cul que je te le botte, maudite femelle.
La boule enfla dans la grotte et la chaleur devint étouffante. Repoussée par la vague d'air brulante, le dos d'Hermione entra violement en contact avec la paroi et elle se trouva coincée à l'opposé de la sortie qu'elle aperçut dans la clarté.
- Cesse de jouer avec moi, tonna la voix, faisant trembler la structure de pierre et privant la brune de ses appuis.
Rendue à genoux, Hermione ramena son bras devant ses yeux pour se protéger de l'éclatante blancheur de la source de lumière.
- D'accord, j'ai compris, c'est pas moi qui pisse le plus loin.
L'Origine de toutes magies reprit des proportions moins impressionnantes et la brune en profita pour se ressaisir. Elle se mit debout et entreprit lentement de contourner la boule pour se rapprocher de l'ouverture dans la caverne.
- Je te propose de prendre la place qui te revient de droit auprès de la Dame du Lac. Pourquoi continuer à supporter l'incurie de sa stratège ? Tu sais que ma puissance est sans limite et en bon chef de guerre tu chercheras tôt ou tard une alliance pour plus de pouvoir. Pourquoi rester dans l'ombre ? Rejoins ma lumière, guide Viviane sur la voie de ma sagesse, je te récompenserai au-delà de tes espérances.
Hermione fronça les sourcils. La proposition était alléchante mais quelque chose la gênait.
- Déjà, c'est pas la place de la vieille bique que je convoite, mais celle de Morgane. Ensuite, pourquoi n'influencerais-tu pas directement Minerva ?
- Malgré son titre, la stratège n'a aucune vision. Toi oui. Tu sais ce que tu veux, et je peux te le donner. Il te suffit de faire selon mes dires et d'amener Viviane à plus de raison. Et qui sait, après en avoir fait ta femme, peut-être finiras-tu par même prendre sa place.
Hermione se raidit et foudroya du regard la boule de magie.
- On ne t'a jamais appris à ne pas trop parler ? Je refuse. Trouves-toi un autre traître.
Une colonne de sable se forma entre l'entrée de la grotte et la générale, enflant en même temps que la voix de la Source.
- Dans ce cas, humaine, tu n'en sauras même pas le nom, et nul ne te retrouvera aujourd'hui pour pleurer ton existence !
- C'est ça... siffla Hermione en resserrant ses doigts sur la garde de son épée. Je suis pas la première sorcière venue, je suis la Générale des armées d'Avalon et je me mettrai toujours en toi et ma reine ! Je ferai capoter tes plans !
- Meurs ! résonna la voix de la Source.
Une boule de feu jaillit de la masse de pouvoir pour fuser vers la brune. Cette dernière dressa rapidement une barrière de protection et pria pour qu'elle tienne le coup.
"Faut que je me tire d'ici !" pensa-t-elle.
Le sortilège de la Source brisa la protection de la militaire. Le souffle violent la fit tourner comme un fétu de paille avant que les flammes lèchent ses vêtements. L'image de Vivianne souriante envahit son esprit et un craquement résonna dans la grotte.
Une nouvelle fois, Hermione eut l'impression d'être comprimée dans un tuyau pour enfin retrouver une respiration presque normale quelques secondes plus tard. Elle tomba sur un sol dallé et roula sur elle-même pour éteindre les flammes.
Dans le même instant, elle sentit qu'on jetait sur elle une tenture arrachée violement du mur pour faire mourir le feu qui la consumait. La douleur la crispait en position foetale tandis que les sons lui arrivaient déformés.
- Ma reine, qu'est-ce que...
- Le temps des explications viendra Pansy, mais pour l'heure notre chef des armées à besoin de ton savoir, répondit Viviane.
- Je ne savais pas que c'était le temps des cochons grillés, grimaça la médicomage.
- Et je ne pense pas que la référence soit appropriée.
- Désolée ma reine, ça m'a échappé.
Le médecin royal laissait ses mains courir sur le corps de la brune, fronçant les sourcils au-dessus de certains endroits.
- Ce feu n'était pas naturel mais magique, n'est-ce pas ?
- Ta science du diagnostic m'étonnera toujours, sourit doucement la souveraine, encourageant Pansy à s'activer.
- Les atteintes aux tissus sont graves sur le thorax, la cuisse droite et l'avant-bras gauche, il faudra des potions rares.
- Tu auras tous les moyens, Hermione ne doit pas souffrir de séquelles. Dis-moi quoi faire maintenant, et toi, va quérir toutes les aides qui te seront nécessaires.
- Il en sera fait selon tes désirs, ma Reine. Pour l'heure, ajouta la médicomage en fouillant dans son sac de médecines, voici une potion pour éviter la douleur et un baume pour commencer à réparer les dégâts en surface.
- Va, je m'en occupe.
Pansy s'éloigna rapidement en direction de l'infirmerie. Vivianne porta la fiole aux lèvres d'Hermione qui but sans poser de questions.
- Il faut renforcer la sécurité du château. N'importe qui y rentre, on se croirait dans un moulin, marmonna la brune, les mâchoires crispées de douleur.
- Plus tard, fit la souveraine d'un ton apaisant.
- Demain matin à la première heure, j'éviscérerai moi-même les gardes qui faisaient leur ronde ce soir.
- Demain matin à la première heure, tu dormiras tranquillement. Tu ne quitteras pas l'infirmerie tant que tu ne seras pas remise.
Hermione ouvrit un oeil et vit le pot d'onguent que la Dame du Lac dévissait.
- Si je dois me retrouver à poil pour être tartinée de ce truc qui pue, je préfère être dans ma chambre.
- Besoin d'aide, Majesté ? demanda Minerva en sortant de sa chambre, nouant une robe de chambre.
- Si elle doit poser ses sales pattes sur moi, mettez-moi dans le coma avant, supplia Hermione en serrant la main de la blonde dans un spasme douloureux.
- N'aies pas de crainte, je suis là, et personne ne te fera du mal. Pas même la Source. Minerva, va aider Pansy, je vous donne cinq minutes pour revenir avec de quoi soigner mon général.
La Ministre acquiesça et partit à son tour en direction de l'aile médicale.
- Comment avez-vous su ? demanda Hermione.
- Tu m'as contactée, lui sourit la Dame du Lac. Et je ne fais jamais défaut à ceux qui me sont fidèles.
- Je crois que j'ai signé mon arrêt de mort en lui disant que je serai toujours là pour l'empêcher de vous nuire.
- Tu as toujours su te faire des ennemis haut placés, répondit doucement la blonde en appliquant patiemment l'onguent sur le visage noirci crispé de douleur.
- Dans cette vie et dans toutes les autres, je m'opposerai à ceux qui veulent te tuer.
Sur ces mots, elle se laissa emporter par la fatigue et la douleur pour succomber dans une inconscience bienvenue.
- Et c'est un engagement mutuel, Hermione, murmura la souveraine en déposant un léger baiser sur les lèvres de son général.
Hermione se réveilla brusquement et promena son regard perdu sur le campement. La nuit était calme, seuls les crépitements du feu de camp mourant perturbaient le silence des lieux.
- Tout va bien ? demanda doucement Vivianne en se redressant dans son sac de couchage.
- Ouais, murmura la brune en essuyant la sueur sur son front.
Elle quitta sa couche et frissonna dans le froid de la nuit. Elle s'approcha du feu de camp pour y jeter deux bûches.
La Dame du Lac quitta à son tour la chaleur de son couchage et rejoignit la brune. Elle se rapprocha jusqu'à coller son corps contre son dos, l'entourant de ses bras.
- Laisse-moi te réchauffer, commença-t-elle.
- Non merci, ça ira très bien, répliqua sèchement Hermione en se dégageant brusquement.
- Je conçois que tu préfères la chaleur de Minerva, commença la blonde. Ou celle d'Aliénor, ajouta-t-elle à l'oreille de son ancienne chef des armées.
- De véritables intimités que grâce à toi je ne suis pas prête de retrouver, grinça la brune en fusillant du regard sa Némésis.
- Ca, je le concède. Quoi que... c'est toi qui a tué l'Administratrice. Mais ce n'est pas une grande perte. Pour le peu que je l'ai connue, sa conversation était des plus banales. Mais ce n'était pas ce que tu recherchais, n'est-ce pas ?
- Je ne te permets pas, gronda la Source. Juger sur les apparences, c'est bien la seule chose que tu aies jamais été capable de faire. Aliénor a toujours su être dévouée à son peuple, et elle avait assez de jugement pour savoir que tu ne saurais pas lui apporter ton aide, contrairement à moi.
- Et pourtant, tu l'as trahie. Et tu l'as tuée. Par deux fois.
- Ca suffit ! hurla Hermione. Tout ça est de ta faute. Tu passes ton temps à jouer avec les gens, avec moi. Tu m'as toujours manipulée, comme quand tu m'as envoyée en Perguérie. Tu savais ce qui allait se passer !
- Je savais que tu plaisais à l'Administratrice. Et je pensais que son intérêt suffirait à la faire rallier mon camp. Mais je me demande ce que tu lui trouvais... Une rousse affable, sans grand caractère, sans grande moralité d'ailleurs. Cela me chagrinerait qu'elle te manque. Elle n'en valait vraiment pas la peine.
- Je vais te tuer ! rugit la brune en sautant à la gorge de la Dame du Lac.
Vivianne para aisément l'attaque et emprisonna Hermione dans ses bras.
- Tu en es incapable... chuchota-t-elle. Car tu as promis de me protéger, et que tu es femme à tenir tes engagements.
Hermione se dégagea violemment de l'étreinte de la blonde avant de lui prendre la tête entre les mains et de sceller ses lèvres aux siennes. Le baiser n'avait rien de délicat, et toute la rage qui habitait la brune le rendait brulant de violence. Viviane tenta de se reculer et Hermione profita du mouvement pour la pousser contre un arbre. D'un mouvement sec, elle arracha la chemise de son ancienne souveraine et se plaqua contre le corps, ses mains faisant tomber les pans du vêtement tandis qu'elle faisait à nouveau assaut aux lèvres de la blonde.
La Dame du Lac s'arracha des lèvres de la brune agitée et la regarda sans animosité.
- Tu te venges de ce que je t'ai fait vivre au cachot ? murmura-t-elle tandis que les mains fébriles de la Source touchaient sa peau.
La pensée des sévices psychologiques subis déstabilisa Hermione. Elle recula, blême, les visions de son cauchemar se superposant à l'image de Viviane dont les vêtements déchirés ne cachaient plus grand chose. Ses yeux se teintèrent d'effroi tandis qu'elle reculait encore.
- Je ne suis pas comme toi, fit-elle le coeur au bord des lèvres.
- Je sais, fit doucement Vivianne en avançant d'un pas.
Elle glissa ses doigts sous le menton de la brune et lui sourit doucement.
- Je n'avais pas ton consentement, mais tu as le mien, souffla-t-elle avant de pencher la tête pour embrasser tendrement Hermione.
La brune était perdue, envahie d'images et de souvenirs dont elle ne savait plus à qui ils appartenaient. Elle ne parvenait plus à faire de liens ou à trouver un quelconque sens aux événements, à sa présence, au baiser de Viviane. Elle se recula à nouveau, dévisageant la Dame du Lac sans paraître la voir. Puis, un violent mal de tête l'emporta et, les doigts sur les tempes, elle tomba à genoux, grimaçant de douleur. Des hurlements résonnaient, des insultes jetées par une voix glaciale.
- C'est la Source qui te tourmente ?
La Dame du Lac posa ses mains sur les joues d'Hermione et lui tint fermement le visage pour planter son regard dans celui de la rouge et or.
- Ferme ton esprit. Ne la laisse pas prendre le contrôle, dit-elle avant de l'embrasser une nouvelle fois.
Hermione sentit quelque chose remuer en elle et la douleur diminua tandis que les lèvres de Vivianne dansaient sur les siennes. L'impression de calme qui s'insinuait en elle l'apaisa et sans s'en rendre compte elle rendit son baiser à la blonde. Elle puisait dans la chaleur des mains qui caressaient son visage l'apaisement de ses tourments. Les yeux clos dans un visage encore crispé, elle s'accrocha aux épaules de Viviane et ses gestes sans brusquerie dessinèrent les épaules dénudées qui s'offraient comme ancrage.
Un sourire satisfait se dessina sur le visage de la Dame du Lac tandis qu'elle se relevait, entraînant la brune avec elle pour les emmener jusqu'au sac de couchage de l'ancienne militaire. Ses doigts effleurèrent la joue fraîche d'Hermione dans une douce caresse.
- Je ne laisserai pas la Source prendre possession de toi, murmura-t-elle sur les lèvres d'Hermione avant de s'en emparer à nouveau.
Elle s'allongea sur le sac entrouvert, amenant Hermione à se positionner sur elle.
- Tu as promis de me protéger, murmura la brune laissant une larme glisser de sa joue sur celle de sa souveraine.
Vivianne plongea son regard dans celui d'Hermione et laissa sa main se perdre dans la chevelure brune.
- Et je compte bien tenir cette promesse. Mais pour cela, encore faudrait-il que tu me laisses faire, ma chère, chuchota-t-elle tout en resserrant l'étreinte.
- Tu sais que je ne peux pas... je ne peux pas te laisser le pouvoir de la Source.
- Et je ne te le demande pas. Nous trouverons une solution, je te le promets. En attendant, susurra-t-elle en faisant courir ses doigts sur le dos de la brune, si nous vivions cet instant tant rêvé ?
Elle attrapa le haut d'Hermione pour lui retirer d'un geste pressé. Elle pressa ses lèvres sur les épaules de son ancien général qui eut un soupir de contentement.
- Ne laissons pas la Source se mettre entre nous, chuchota Vivianne. Ne la laissons pas gagner.
Pour toute réponse, la brune embrassa la reine d'Avalon, ses mains caressant le corps qui s'offrait à elle. Sentant Hermione frissonner, la Dame du Lac referma sur elles le sac de couchage. Le reste des vêtements se retrouva bientôt sur l'herbe et des gémissements couvrirent les bruits de la nuit.
L'aube quant à elle se fit silencieuse, éclairant de sa pâle lumière deux corps enlacés avec sérénité.
Minerva se sentait abattue. Elle écoutait d'une oreille distraite les conversations qui se déroulaient depuis le début de la matinée, mais toutes ses pensées étaient tournées vers Hermione. Une fois de plus, elles ne s'étaient pas comprises.
"J'aurais dû lui parler au lieu de l'ignorer comme je l'ai fait..."
Ses épaules s'affaissèrent et elle déglutit pour chasser la boule qui s'était logée dans sa gorge. Elles arriveraient à bon port en début de soirée. Une fois l'horcruxe détruit par Rose, elle prendrait quelques minutes pour discuter avec Hermione. Si cette dernière voulait bien lui parler.
L'angoisse naquit au fond d'elle et elle tenta de l'ignorer. Si la brune revenait vivante de son affrontement avec la Reine de Coeur, Minerva se promit de se réconcilier avec la mère de sa fille et de tout mettre en oeuvre pour qu'elle survive au conflit qui l'opposait à la Source et à Vivianne.
- Je suis son chef de guerre, et je la mènerai à la victoire.
Hermione sortit mollement de sa torpeur. Elle était enveloppée dans un cocon de chaleur et un sourire paresseux naquit sur ses lèvres. Elle était allongée sur quelque chose de moelleux, très confortable, un rideau de soie caressait son visage et un parfum des plus agréables lui chatouillait les narines. Puis, les évènements de la veille lui revinrent en mémoire et elle se figea en sentant une respiration apaisée sur sa joue. Elle se risqua à ouvrir un oeil et déglutit en découvrant qu'elle était dans les bras de Vivianne, toujours endormie. La brune tendit sans geste brusque le bras et souleva légèrement le sac de couchage. Elle pâlit en découvrant leur corps nus enlacés et un reniflement résonna dans son esprit.
"T'es vraiment la pire des traînées..." lâcha la Source.
Hermione ne pouvait être que d'accord en découvrant une marque dans le cou de l'ancienne reine.
"Ah ouais, quand même..." souffla la brune intérieurement.
Elle sentit une pression dans son dos et son regard se posa sur le visage de la blonde qui s'éveillait doucement.
- Quelle heure est-il ? s'enquit Vivianne en étouffant un bâillement.
- L'heure d'aller s'occuper de ta soeur.
- J'espère que tu ne comptes pas t'en occuper comme tu t'es occupée de moi cette nuit, susurra la Dame du Lac en caressant les cheveux de la brune.
Hermione rougit subitement et secoua la tête.
- Non, bien sûr que non... enfin... non ! C'est pas mon genre de... hier, c'était particulier, mais... ce n'est pas moi...
Viviane posa doucement ses lèvres sur celles de son ancien chef des armées pour la faire taire.
- Tu ne changes pas, lui sourit-elle. Pourtant tu devrais te faire confiance, tu m'as offert une nuit exceptionnelle.
- C'est bien là le problème... Je ne veux pas qu'on pense que je suis une gourgandine.
- C'est un qualificatif qui ne te correspond vraiment pas. Tu es une femme sensible, attentionnée, passionnée aussi, sourit Viviane en passant son doigt sur la morsure de son cou devant une Hermione piquant un fard. Je t'ai toujours appréciée pour ça, comme pour tes défauts.
- Merci, j'avais besoin d'entendre ça, murmura-t-elle. Parce qu'en ce moment, je suis plutôt accablée de reproches, voire d'injures.
Elle soupira et remit une mèche de cheveux de Vivianne en place.
- Si mes souvenirs sont bons, il y a un ruisseau à quelques mètres. On se lave et on se met en route ?
Le sourire de la reine était éblouissant et Hermione sentit son bas-ventre se contracter.
- Comment pourrais-je refuser un bain en ta compagnie ?
Severus regarda avec satisfaction l'araignée qui courait sur la table. Il avait réussi à ranimer l'insecte, après bien des corrections dans la recette initiale. Des jours de travail pour en arriver là, et il savait pertinemment qu'il avait encore beaucoup d'essais à faire avant d'atteindre son but.
Il attrapa le parchemin noirci et le parcourut rapidement avant de contempler le cadavre du rat gisant près du chaudron.
- Voyons si ma posologie est bonne... marmonna-t-il en attrapant une pipette.
Hermione ôta une touffe de poils blancs de ses cheveux sous le regard amusé de Vivianne.
- Lapin à la con... pesta la brune.
- C'était le Lièvre de Mars, ma chère, rectifia la blonde avec un sourire taquin en réajustant le chapeau qu'elle avait pris sur le cadavre du Chapelier Toqué.
Elles poussèrent leur monture au galop et sortirent du labyrinthe de roses. L'odeur enivrante des fleurs avait donné une sérieuse migraine à la légiste, amplifiée par les hurlements de la Source dans son esprit.
- Tu veux faire une pause ? s'enquit la Dame du Lac.
- Juste le temps d'avaler une aspirine, et on pourra repartir.
- La Source est de mauvaise humeur ?
- Douze ans que ça dure, je commence à avoir l'habitude, grommela la brune. Et notre complicité retrouvée n'arrange rien.
Vivianne tendit une gourde d'eau fraîche à Hermione qui en but une longue rasade.
- As-tu décidé de ce que tu allais faire ? s'enquit la Dame du Lac.
- Pas encore, mais la cohabitation avec la boule de magie ne peut pas durer, sinon je vais y laisser ma peau.
- Je persiste à dire que détruire toute la magie n'est pas la solution. Ne comprends-tu pas que c'est exactement ce que souhaite la Source ?
- Peut-être, mais elle ne sera plus là pour le voir... rétorqua la brune entre ses dents.
Son regard se posa sur l'horizon où se dessinait la silhouette du château d'Elvanie. Qui sait ce qui les attendrait là-bas ?
- As-tu pensé à Rose ? reprit doucement la Dame du Lac. Comment vivra-t-elle dans un monde sans magie ? Alors que sur Avalon, un brillant avenir l'attend.
Le coeur d'Hermione se serra. Elle s'était mainte fois posée cette question, sans y trouver de réponse.
- Elle saura s'adapter, éluda la brune. J'ai confiance en elle.
- Nous en rediscuterons plus tard. Quel est ton plan pour vaincre ma soeur?
- On entre en cassant la porte et on tue tout ce qui bouge. Et quand on aura fini, on brûle tout, proposa la brune.
La Dame du Lac éclata de rire et le son mélodieux résonna en Hermione qui frissonna.
- Là, je reconnais mon chef des armées ! D'ailleurs, il faut penser à la mise en scène... Un peu de décorum pour impressionner ma soeur.
Vivianne réfléchit quelques instants puis claqua. Les vêtements de la Gryffondor se muèrent en uniforme et elle grimaça.
- Tu te fous de moi ? tança la brune. Je ne suis plus ton sous-fifre !
- Je ne t'ai jamais considérée comme tel, ma chère. Il faut présenter un front uni devant Elvanie et ce n'est pas en arrivant en qualité de "Dame du Lac et Origine de toutes magies " qu'on lui fera de l'effet. En revanche, la Reine d'Avalon et son chef des armées, voilà qui pourra l'inquiéter.
Hermione remonta à cheval en bougonnant et partit au galop sous le regard amusé de Vivianne.
Et voilà ! En vous souhaitant un excellent week-end,
Plein de gros bisous,
Link9 et Sygui
