Devinez quoi ?

C'est le jour du nouveau chapitre ^^

Bonne lecture


Chapitre 34 : Une volée de papillons

Elles avaient fait une halte pour déjeuner et se rafraichir. La chaleur était étouffante et la poussière, mêlée à la sueur, collait à leur visage. Rose avait sorti une serviette de son sac et s'était dirigée vers la petite rivière qui s'écoulait en contrebas. Une fois déshabillée, elle avait plongée et, le choc passé, elle se délectait de la fraicheur de l'eau.

- Tout va comme tu veux ? lança Pansy, arrivant sur la rive.

La Sage fit quelques mouvements de brasse pour se rapprocher de la Haute, mais resta dans l'eau.

- Je n'ai pas de nouvelle de ma mère, ça m'inquiète.

Pansy ôta ses vêtements et sourit en remarquant que le Maître des Chimères détournait le regard.

- Elle doit être occupée à se bouffer le nez avec la pintade du Lac, ne t'inquiète pas pour elle, répondit Parkinson en se glissant dans l'eau. Putain c'qu'elle est froide !

- Tu veux que je te réchauffe ? plaisanta Rose.

- Tu lis dans mes pensées, Rosie Chérie, minauda la médicomage en s'approchant de la Sage.

Le regard vert étincela de malice et la rouge et or franchit les quelques centimètres qui la séparaient de la vert et argent. Elle se pencha pour effleurer de ses lèvres celles de l'enchanteresse de soin et sourit en la sentant frémir.

- La suite plus tard, si tu es sage... chuchota Rose.

- Mais... je suis une Haute ! C'est pas juste, je ne serai jamais Sage ! s'offusqua faussement Parkinson.

La Gryffondor contourna la Serpentard et se colla contre son dos.

- Encore un peu de patience... Tu ne le regretteras pas... chuchota-t-elle avant de s'éloigner pour regagner la rive.

- Mais quelle allumeuse... souffla Pansy en frissonnant. Je me demande bien qui lui a apprit ça ! Pas ses mères en tout cas...


Vivianne et Hermione, côte à côte, pénétrèrent dans la cour déserte du château du Pays des Merveilles. Les bruits des sabots qui claquaient contre le sol pavé résonnaient contre les murs.

Elles échangèrent un regard et arrêtèrent leur monture au centre de la cour. Hermione tira son katana de son fourreau et observa les alentours.

"Où est-elle ?" demanda la brune.

"Occupée à mettre les derniers détails de sa mise en scène au point..." répondit Vivianne, sa main posée sur la garde de son sabre.

Les doubles portes s'ouvrirent dans un grincement sinistre et une femme blonde, vêtue d'une magnifique robe rouge et noir, fit son apparition. Elle marcha avec grâce dans leur direction pour s'arrêter à quelques mètres d'elle.

- Ma très chère soeur, Hermione, soyez les bienvenues en mon royaume, fit Elvanie, un rictus mauvais étirant ses lèvres.

Une ombre gigantesque plana au-dessus d'elles, leur masquant quelques secondes la lumière du soleil, avant qu'une immense créature atterrisse près de la Reine de Coeur. Le regard reptilien se posa sur Hermione et une longue langue râpeuse passa sur des dents tranchantes. Le Jabberwocky poussa un cri puissant et Elvanie lui caressa doucement la tête.

- Oui, c'est bien elle, murmura la Reine de Coeur. Tu vas pouvoir te venger...

La créature fit claquer ses mâchoires et Elvanie ricana.

- Je sens que mon ami va jouer avec toi, chef des armées, pendant que je m'occuperai de ma soeur. Commençons les festivités.

Elle fit une rapide arabesque du poignet et le sol se mit à trembler violemment. Les pierres se disloquèrent, la terre jaillit du sol et des milliers de mains squelettiques surgirent à l'air libre.

Hermione et Vivianne échangèrent un rapide regard tandis que l'armée de zombis de la Reine de Coeur sortait des entrailles de la terre.

- Charmant comité d'accueil, ironisa la Dame du Lac.

- Ce n'est pas fini, ma chère soeur. Je vais te recevoir avec les honneurs, plaisanta Elvanie en claquant des doigts.

Des rats sortirent des interstices des murs d'enceinte, telle une marée de fourrure.

- Viens Vivianne, siffla la reine de coeur alors que ses gardes tiraient leur épée rouillée de leur fourreau. Réglons nos comptes une fois pour toute.

La Dame du Lac donna un grand coup de sabre dans le vide et la première ligne des fantassins vola en éclat. Le Jabberwocky prit son envol, battant l'air de ses ailes puissantes et prit une hauteur vertigineuse avant de fondre sur Hermione. La brune descendit rapidement de son cheval et se mit à courir à toute vitesse, pour s'éloigner et laisser de l'espace à Vivianne.

Elle sentit le souffle du monstre sur son cou et se jeta au sol, la créature la frôlant de son corps écaillé. Elle se releva, tenant toujours son katana dans sa main, et foudroya du regard le dragon qui faisait un demi-tour dans les airs.

- Arkhan, répond à ton maître ! appela Hermione en passant le pont-levis.

Des bruits d'explosion retentissaient dans la cour du château et quelques pierres se délogèrent des murs pour tomber dans un fracas assourdissant.

La chimère de la vitesse se matérialisa devant la brune qui ne perdit pas de temps à sauter souplement sur son dos.

- DECOLLE ! cria Hermione alors que le Jabberwocky se précipitait vers eux, prêt à lâcher une gerbe de flamme.

L'oiseau fabuleux prit de la vitesse et de l'altitude, et la rouge et or eut un haut le coeur alors que le paysage défilait à une vitesse vertigineuse.

- Positionne-toi au-dessus de lui ! ordonna Hermione entre deux renvois qu'elle contenait difficilement.

Elle se mit debout, tentant de conserver son équilibre, alors qu'Arkhan et Jabberwocky jouaient à celui qui serait le plus rapide et le plus agile. Elle analysa les trajectoires, la vitesse, combina toutes les données avec son poids et entrevit enfin le moment idéal. Elle fléchit les jambes, raffermit sa prise sur son arme et sauta dans le vide.

La chute ne dura que quelques dixièmes de seconde et, en atterrissant à plat ventre sur le dos du Jabberwocky, elle planta sa lame entre les écailles. Le monstre hurla et eut un soubresaut qui désarçonna Hermione. La brune se sentit partir en arrière et son arme accompagnait son mouvement, tranchant le corps de la créature sur toute sa longueur. Le dragon rugit de plus belle, ivre de rage et de douleur, et fit tournoyer sa queue qui trouva sa cible. Hermione reçut le coup en plein milieu du dos et, le souffle coupé, elle lâcha sa prise sur le manche de son katana.

Elle tomba dans le vide et le sol jonché de cadavres de la cour du château se rapprocha rapidement. Trop rapidement.

- ARKHAN ! cria-t-elle alors que l'impact se faisait imminent.

Elle percuta quelque chose de dur et grimaça en songeant à ses vertèbres. Mais elle fut rassurée en sentant des plumes soyeuses sous ses doigts.

- Toujours aussi efficace... murmura-t-elle en reprenant son souffle.

La chimère eut un son mélodieux et alla se poser sur un des remparts du château. Hermione leva les yeux et fronça les sourcils en remarquant que le Jabberwocky avait du mal à conserver son altitude. La bête eut un rugissement avant que ses ailes arrêtent de fonctionner. Le crash était inévitable et la brune calcula rapidement le lieu de l'impact.

- Et merde... siffla-t-elle. Vivianne...

Hermione sauta de la rambarde et courut en direction de la Dame du Lac. Elle slaloma entre les zombis qui cherchaient à lui donner des coups d'épée et se jeta sur la blonde pour l'entraîner loin du point d'impact du Jabberwocky. Le rire froid d'Elvanie résonnait dans la cour, couvrant le bruit du sang qui battait dans les tempes de la brune.

Tenant fermement la main de la reine d'Avalon, Hermione l'entraîna vers le pont-levis, tranchant de son katana invoqué les soldats qui se dressaient entre elles et la sortie.

- Où m'emmènes-tu ? haleta la blonde.

La brune ne répondit pas, se contentant d'accélérer sa course. Elle attrapa Vivianne dans ses bras et les jetèrent toutes deux dans les douves inondées au moment où la créature s'écrasait dans la cour, emportant dans sa chute un pan de mur entier.

L'eau était glaciale et boueuse. Hermione serrait contre elle la souveraine et attendit quelques instants avant de battre des jambes pour regagner la surface. Les deux femmes respirèrent une grande bouffée d'air avant de grimacer en contemplant les algues noires qui pendaient de leur chevelure.

- Il est encore en vie ? s'enquit Vivianne.

Un rugissement fit vibrer les murs encore debout et Hermione afficha une moue contrariée.

- L'est increvable, ce truc...

- Tu devais t'en occuper, il me semble. Tu seras gentille de ne pas me mêler à ton combat, j'ai suffisamment à faire avec le mien, gronda la blonde.

- Si on en est là, c'est par ta faute, rétorqua sèchement Hermione. Toi et tes conneries d'amour fraternel...

La brune cracha l'eau qu'elle avait avalée par inadvertance et toussota.

- Mes conneries ? répéta Vivianne. Tu plaisantes j'espère ! Si tu avais été foutue de mener à bien la guerre contre Elvanie...

- Ouais, bien sûr, vas-y, mets tout sur mon dos ! Si tu m'avais donné plus de moyens, plus d'hommes...

- Tu crois que l'argent pousse sur les arbres ? tempêta Vivianne.

- Toi qui te disais si bonne magicienne, l'égale de la Source, t'avais qu'à chier des pièces d'or... ironisa l'ancien chef des armées.

- Il ne fallait pas dilapider tout ton budget dans l'achat de catapultes qui, je te le rappelle, n'ont servi à rien car elles ont été assemblées dans la cour du château et qu'il n'y avait pas le recul nécessaire pour lancer les projectiles !

- C'est parce que les ingénieurs qui sortent de TES écoles sont des ânes !

Elles échangèrent un regard furieux et étaient prêtes à se sauter à la gorge quand le sol se remit à trembler. Hermione attrapa Vivianne par les épaules et les replongea dans l'eau, nageant rapidement vers le fond. La blonde commença à résister mais finit par se laisser faire quand de grosses pierres tombèrent dans l'eau, passant à quelques centimètres d'elles.

Hermione lança rapidement deux sortilèges de têtenbulle avant d'entraîner sa Némésis loin de l'éboulement des remparts. Elles refirent surface quelques minutes plus tard et gagnèrent la terre ferme, essoufflées.

- Je ne sais pas ce que tu ferais sans moi... grommela la brune en ôtant sa veste pour la tordre, essorant l'eau.

- Tu ne connais pas les sorts de séchage ? se moqua la blonde, la toisant du regard, une lueur malicieuse dansant dans ses yeux.

La brune remarqua que la Dame du Lac s'attardait sur son tee-shirt mouillé qui révélait sa poitrine qui pointait.

- On n'a pas le temps de jouer à celle qui a la plus grosse, gronda la rouge et or en rougissant, ne pouvant s'empêcher de reluquer le buste de Vivianne.

- Bien sûr, nous n'avons pas le temps, ironisa la Dame du Lac en claquant des doigts. C'est par ici que ça se passe, ajouta-t-elle en désignant ses yeux.

Hermione releva la tête, gênée d'avoir été prise en flagrant délit, et son regard se troubla en remarquant qu'un papillon aux ailes rouges s'était posé sur l'épaule de Vivianne.

En reconnaissant l'insecte, elle se figea et la peur la submergea. Elle jeta des regards angoissés aux alentours et déglutit en remarquant que des dizaines de papillons s'approchaient en voletant.

- Merde... souffla-t-elle.

- Quoi encore ? s'impatienta Vivianne.

La brune leva une main tremblante pour désigner de l'index la bestiole. La blonde tourna légèrement la tête et elle ricana à la vue de l'insecte.

- Sérieusement ? Tu nous fais une phobie des papillons ?

- Ceux-là, oui. Ils sont extrêmement venimeux. Une création de ta soeur. Tu n'imagines pas les dégâts qu'ils ont faits à nos armées.

La Dame du Lac donna une pichenette à l'insecte qui fut éjectée de son épaule. Elle lâcha un petit cri de surprise et souffla sur son doigt qui commença à enfler.

- Ca brûle... grimaça la Dame du Lac.

- Les autres arrivent ! couina Hermione en se raidissant à la vue des milliers de papillons qui s'approchaient.

- On court ! lança Vivianne en prenant la direction opposée à la nuée d'insectes.

Cependant, elle dut s'arrêter, remarquant que son ancienne chef des armées ne suivait pas. Elle fit demi-tour pour rejoindre la brune. Elle l'attrapa au poignet et la tira vers un champ de fleurs hautes.

- Fais un effort ! siffla-t-elle, alors que la Gryffondor était comme une statue de marbre.

Hermione sembla se réveiller et se mit à courir à en perdre haleine. Les deux Némésis foncèrent à toute allure dans les herbe gigantesques, ne voyant pas à deux mètres où elles mettaient les pieds.

Un chant planait au-dessus de la végétation et les sorcières, trop occupées à fuir, ne se préoccupèrent pas de sa provenance.

Sur la feuille on voit ramper le mille-pattes aventureux et la blanche pâquerette rêve d'un papillon… sé-ri-eux… faisaient des voix douces et mélodieuses.

Quel est ce maléfice ? souffla Vivianne, tirant derrière elle une Hermione de plus en plus inquiète.

La tige d'un pissenlit s'affaissa et la fleur apparut subitement dans le champ de vision de la Dame du Lac.

- Que fuyez-vous ? demanda le végétal.

Hermione et Vivianne se mirent à hurler et bifurquèrent sur la droite. Les doigts emmêlés se crispèrent, ayant peur de lâcher la main de l'autre.

- Elles sont là-bas ! s'exclama un lys tandis qu'un tournesol indiquait leur position.

La Dame du Lac poussa un cri de stupeur alors que le sol sembla disparaître sous ses pieds. Elle serra son ancien chef des armées contre elle tandis qu'elles dévalaient une sorte de terrier. La chute parut durer une éternité. La blonde grogna en se cognant contre une racine, la brune toussait pour expulser la terre qui pénétrait dans sa gorge.

Allongée sur le sol, Hermione secoua la tête, sonnée. A ses côtés, Vivianne tentait de retrouver sa respiration.

- Ca va ? demanda la Gryffondor.

- Merveilleusement bien, ironisa la Reine d'Avalon.

- Ta brûlure ?

- Douloureuse.

- Montre-moi...

Vivianne tendit son index et grimaça en remarquant qu'il était vert. Hermione le prit délicatement entre ses mains et l'inspecta sous toutes les coutures.

- Serre les dents, ordonna la brune avant de passer son doigt sur l'index blessé.

Une coupure apparut et du sang commença à couler. Hermione porta la blessure à ses lèvres et aspira le venin pour le recracher aussitôt. Une fois le doigt dégonflé et ayant retrouvé sa couleur d'origine, elle lança un sort de cicatrisation et lâcha la main de sa Némésis.

- Merci... murmura Vivianne.

- De rien.

La brune se leva et lança un lumos. C'était un large tunnel, humide et frais. Elle fronça les sourcils en remarquant quelque chose de blanc et visqueux et s'en approcha.

- Une mue... murmura-t-elle.

- Vais-je vouloir savoir ? soupira Vivianne.

- Une grosse chenille qui est devenu un énorme papillon et qui a donné naissance aux saletés qui nous ont attaquées.

- Et où est ce gros papillon ?

Hermione leva la tête et remarqua une large ouverture à plusieurs mètres de haut.

- En tout cas, pas ici... Je te propose qu'on reste là jusqu'à la tombée de la nuit. Nous repartirons à l'attaque au coucher du soleil. Ces papillons ne sont pas des créatures nocturnes.

- Parfait. Et en attendant, que fait-on ?

"On va mettre au point une stratégie pour se débarrasser d'elle..." susurra la Source.

Hermione se massa les temps et s'adossa contre une des parois du tunnel.

- Je vais en profiter pour faire une sieste.

- C'est la Source ?

- Encore et toujours...

La Dame du Lac alla s'installa à côté de la rouge et or et, l'attrapant par la taille, l'installa confortablement sur ses genoux.

- Dors, je te réveillerai d'ici quelques heures, chuchota-t-elle en lui caressant les cheveux.

Hermione ne résista pas. Elle se laissa envahir par un sentiment de bien-être et s'endormit paisiblement sous le regard bienveillant de Vivianne.


Rose faisait les cent pas, l'épée de Gryffondor dans ses mains, un pli soucieux barrant son front. Millicent et Pansy fumaient silencieusement, sentant l'une et l'autre que ce n'était pas le moment de se laisser aller à faire des plaisanteries.

Minerva était adossée contre le cristal et observait sa fille.

- Des nouvelles d'Hermione ? demanda-t-elle d'une voix qu'elle espérait neutre.

- Aucune... Ca m'inquiète... bougonna la Sage.

- Réessaye de l'appeler, fit doucement McGonagall, fourrant ses mains dans ses poches pour en cacher les tremblements.


Hermione se réveilla dans un cocon de chaleur. Elle sentait un corps pressé dans son dos, une main qui caressait doucement ses cheveux, et une douce voix lui murmurait des mots qu'elle devinait réconfortant.

- Vivianne ? appela-t-elle d'une voix endormie.

- Il est l'heure d'aller affronter la vilaine sorcière, chuchota la blonde tandis que ses doigts glissaient sur la joue chaude.

"M'man ! T'es là ?" cria Rose dans son esprit.

La brune ferma les yeux et grimaça.

"Oui, pas besoin de hurler." répondit-elle.

"Trois fois que je t'appelle ! T'as un soucis ?"

"Non, tout va bien. Tu es devant l'horcruxe ?"

"Oui, et on attend ton feu vert pour le détruire. Je t'envoie Arathi pour te ramener à la vie ?"

Hermione ouvrit les yeux pour se perdre dans le regard bleu de la Dame du Lac.

"Non, ça va aller... Vivianne me retapera. Attends deux minutes que je la prévienne et pulvérise cette saleté."

"Ok m'man. Et contacte-moi pour me dire que tu vas bien... et surtout pour me dire quand tu rentres. Mamaidh est folle d'inquiétude."

"Promis ma chérie, je te tiens au courant."

La brune coupa la communication et tendit une main pour dégager une mèche de cheveux blonds qui tombait sur le visage de la Reine d'Avalon.

- Rose va détruire un des horcruxes. Je voulais savoir si...

- Oui, se contenta de répondre Vivianne.

La Dame du Lac posa sa main sur le coeur de la brune, sans la quitter du regard.

- Tu peux dire à "notre" fille que je suis prête, murmura la blonde.

- Une petite mise au point s'impose, fit Hermione d'un ton assez sec. Dans cette vie, Rose n'est pas ta fille. Sa ressemblance avec Minerva et moi ne t'a pas échappée, rassure-moi.

- Son essence magique est restée la même, et elle est semblable à la mienne.

- Peut-être. Mais les vergetures, c'est moi qui les ai eues...

Vivianne partit dans un grand éclat de rire qui fit frissonner la brune dans tout son être.

"Rose, tu peux y aller..." dit la légiste, se sentant prête à succomber une nouvelle fois à sa Némésis.


Alors qu'elle venait de planter l'épée de Gryffondor dans le quatrième cristal et qu'elle avait senti l'âme millénaire s'infiltrer en elle, Rose resta figée, les yeux écarquillés de stupeur.

Elle voyait sa mère accroupie près de Pansy, sa main plaquée sur le visage de la Serpentard, l'empêchant de respirer. Le corps de la médicomage était secoué de soubresauts, mais la pression infligée par la brune ne faiblissait pas. Rose était choquée par l'air impassible qu'affichait sa mère alors qu'elle ôtait la vie.

- Dans cette vie, je vais te tuer. Et si jamais nous nous recroiserons dans d'autres, je ferai de même.

"C'est ce qui me plaisait chez elle..." susurra la voix de la Source. "Pas de compassion, pas de remord. Elle aurait pu être une alliée de poids, si elle n'avait pas choisi le mauvais camp. Mais je vais te montrer quelque chose qui va t'intéresser, quelque chose qu'elle t'a cachée."

Des visions s'imposèrent à son esprit et Rose se reconnut, légèrement plus vieille, à différents moments d'une vie qui n'était pas la sienne, d'une vie qu'elle partageait avec Pansy Parkinson. Elle et la médicomage semblaient amoureuses et paraissaient heureuses.

"Une belle vie s'offrait à vous. Mais vois ce que ta mère en a fait, à cause de son entêtement à se soulever contre moi..."

Elle vécut la mort de Pansy, tuée par une femme qu'elle n'avait jamais vue, avant d'assister à son propre assassinat par ses chimères.

"Tu peux convaincre ta mère de suivre mon plan. Maintenant, tu sais ce qui t'attend si tu ne rallies pas mon camp."

Quand Rose eut à nouveau conscience de son environnement, son regard hagard se posa sur l'ancienne vert et argent qui fumait tranquillement en compagnie de Millicent.

- Tout va bien, ma chérie ? s'enquit Minerva, perplexe.

Parkinson fronça les sourcils et se précipita lorsque la Sage chancela. Elle la rattrapa de justesse sous les bras et la serra contre elle.

- Tout doux ma belle, murmura-t-elle en dégageant une mèche sur le front de la jeune femme qui semblait toujours perdue. Qu'est-ce que tu as vu cette fois ?

- Je ne sais pas si je dois continuer... murmura le Maître des Chimères d'une voix blanche.

Elle leva les yeux pour les plonger dans ceux de Pansy, y cherchant les réponses aux nombreuses questions qu'elle se posait.

- Est-il possible que ma mère se trompe ? demanda-t-elle la gorge nouée. Que nous fassions une erreur à combattre la Source ?

Parkinson resserra son étreinte.

- La Source et Viviane sont deux folles qu'il faut annihiler le plus vite possible, répondit-elle sans hésiter.

- Hermione se trompe sur beaucoup de choses, mais pas là-dessus, ajouta Minerva en s'approchant. Ne t'inquiète pas.

- Ce que me fait voir l'Origine de toutes magies, ça semble si réel, chuchota la Sage en posant sa tête sur l'épaule de la Haute. Je crois que ce que j'ai vu... faisait partie du rêve qu'a fait ma mère pendant son coma. Et je comprends pourquoi la Source m'a dit qu'elle la torturerait pendant les existences qu'elle lui ferait vivre. Toi, moi, une vie rêvée... Et ma mère qui a provoqué notre mort... ou c'est ce que veut me faire croire la Source.

Pansy et Minerva échangèrent un rapide regard et l'animagus hocha la tête.

- Ne crois jamais rien qui sort de ces foutus cristaux, c'est toxique et malsain, reprit la Serpentard. Elle fera tout pour nous mettre des bâtons dans les roues. Elle cherche à nous diviser pour nous empêcher de l'anéantir.

Rose frissonna et se laissa aller dans l'étreinte de la Serpentard alors que McGonagall détournait le regard.

- Tu avais l'air moins sombre dans ce rêve. Tu avais un sourire radieux. Narquois, mais radieux. Tu étais heureuse, chuchota la Sage. Tu crois qu'un jour je te verrai sourire comme ça ?

- De qui dépendait ce fabuleux sourire ? demanda Parkinson tout en continuant à la câliner pour l'apaiser.

- De moi, je crois, murmura la Sage.

- Hmm, hmm, n'oubliez pas que je suis là...

- Si vous voulez faire des galipettes, prenez une tente ! se moqua Millicent.


- Tu es sûre de vouloir y aller maintenant ? Tu es encore bien pâle, murmura Vivianne.

Les deux femmes étaient cachées derrière un buisson. Hermione acquiesça et fit craquer ses phalanges.

- Je vais m'occuper d'elle vite fait bien fait.

- Et comment comptes-tu t'y prendre, ma chère ? demanda la blonde.

- J'y vais dans un premier temps en solo. Je démonte la baraque hantée pierre par pierre puis j'entame les hostilités avec la consanguine et son animal de compagnie. Ensuite, tu me rejoins, on les sépare et on leur fait leur fête.

- J'adore ma chef des armées, sourit la Dame du Lac avec un clin d'oeil complice.

- C'est parti pour le show, fit Hermione en se relevant tout en se frottant les mains.

Tandis qu'elle marchait en direction du château, une boule d'énergie apparut au-dessus de sa paume. Elle la jeta de toutes ses forces et son pouvoir percuta un mur d'enceinte. Les fondations se mirent à trembler violemment et les pierres se disloquèrent pour s'écrouler dans un vacarme assourdissant.

- ELVANIE, MONTRE-TOI ET VIENS TE BATTRE ! s'exclama Hermione.

Des zombis émergèrent par centaines des décombres pour avancer de leur démarche lente et incertaine vers la Gryffondor. Cette dernière fit un rapide mouvement de poignet et les morts-vivants se trouvèrent vidés de leur énergie, retombant mollement à terre pour redevenir poussière.

Une ombre plana au-dessus de la brune, lui masquant temporairement les rayons argentés de la lune. Le Jabberwoky se posa sur un tas de gravats, la Reine de Coeur sur son dos guéri.

- Héphaïstos a donc dit vrai. La petite Hermione est devenue Source, ironisa Elvanie.

- Je suppose que c'est lui qui t'a donné ces magnifiques pouvoirs, répliqua durement la légiste.

- Effectivement, minauda la sorcière. On avait un intérêt commun, lui et moi.

"Hermione, je vais te faire une offre." commença la Source. "Confie mon essence, mon âme à Elvanie et toi et tes proches pourront quitter Avalon et avoir la vie sauve."

La rouge et or se raidit, les paroles de l'Origine de toutes magies faisant leur chemin dans son cerveau.

"Tu plaisantes ?" demanda froidement la brune.

"Absolument pas. Il y a quelques nuits, ta Première Haute m'a expliqué que je n'arriverai à rien avec toi en utilisant la force. Mon but est la mort de Vivianne. Je considère que tu as suffisamment souffert et que tu as été largement punie pour ta rébellion. Aussi, si tu donnes mon essence à la Reine de Coeur, je t'accorde la possibilité de te retirer de ce conflit et de vivre ta vie comme tu l'entends. Pour toi et ta famille. Rose, Minerva, Pansy... Je te donne ma parole."

"Et les sorciers ? Que vont-ils devenir ?"

"J'en discuterai le moment venu avec Elvanie. Je lui laisserai la décision de leur destin quand elle m'aura débarrassée de sa soeur."

"Mais..."

"Tu n'es pas en position de négocier, sorcière !" rugit la Source. "Je t'offre la possibilité de survivre et tu fais la difficile ? Accepte ma proposition ou subis-en les conséquences !"

Des bruits de pas se firent entendre et Hermione tourna légèrement la tête pour voir Vivianne qui s'avançait vers elle.

- Un problème ? demanda calmement la Dame du Lac.

La brune ne répondit pas, se contentant de reporter son attention sur la Reine de Coeur. Ce qu'elle lit dans son regard lui fit froid dans le dos. Elle devinait un destin funèbre pour les magiciens, esclaves de la volonté d'Elvanie. Elle y voyait la déchéance de Vivianne. Pas une mort rapide sur un champ de bataille, mais de longues heures d'agonie, à en perdre la raison.

Hermione sentait la haine qu'éprouvait la Reine de Coeur pour sa sœur et en chercha les raisons. Elle fouilla dans les souvenirs que la Source avait mis à sa disposition et y trouva la réponse. Vivianne avait été choisie par l'Origine de toutes magies. Elle, la fille invertie rejetée par sa famille, pour la simple raison qu'elle ne voulait vivre selon les convenances. Elle, que les intrigues des cours de la noblesse sorcière laissaient de marbre. Elle, qui s'occupait des indigents alors que son rang exigeait qu'elle leur cracha au visage. Elvanie, la fille préférée, celle qui appliquait l'étiquette à la lettre, n'avait pas eu les honneurs de la Source. La honte de la famille était devenue la reine de ce nouveau continent alors qu'elle avait dû rester dans un village, les pieds dans la boue, à travailler dans les champs ?

Elle avait tu son mépris et sa rancoeur, se rapprochant de sa soeur, déployant des trésors d'hypocrisie. Et Vivianne, cette idiote, avait marché, lui confiant la gestion d'une province. Et la Dame du Lac n'avait pas protesté quand Elvanie avait auto-proclamé son indépendance.

Mais là encore, la désillusion fut grande. Vivianne était aimée de son peuple, alors que la Reine de Coeur devait asservir ses sujets par la magie. Aussi, quand l'esprit de Vivianne commença à être corrompu par la Source, Elvanie prépara une offensive contre Avalon. Elle avait tenté de rallier Aliénor, Administratrice de la province de Perguérie, à sa cause puisqu'elle aussi cherchait l'indépendance. Mais la garce lui avait opposé une fin de non-recevoir, prétextant une scission en douceur, par traité.

Elvanie ne s'était pas dégonflée, loin de là. Elle avait lancé ses troupes à l'attaque du royaume de sa soeur mais Granger, déjà elle, s'était mise en travers de son chemin, la refluant dans ses terres.

Puis, la guerre contre l'Origine de toutes magies avait débuté.

"Alors ? Quelle est ta décision humaine ?" demanda sèchement la Source.

Hermione se tourna vers Vivianne qui lui sourit doucement. La blonde semblait avoir deviné ce qui se tramait et s'avança tranquillement vers son ancien chef des armées.

- Je comprends, murmura-t-elle.

La Gryffondor baissa la tête et marcha jusqu'à Elvanie. Cette dernière descendit du dos du Jabberwocky qui claqua des mâchoires de façon menaçante.

- Du calme... fit la Reine de Coeur en flattant la tête de l'animal. Approche, Hermione, et confie-moi la Créatrice et le destin de mon peuple.


Et voila un peu d'action non ?

On espère que vous retenez votre souffle jusqu'à jeudio prochain!

Sygui et Link9