Hey hey !
Et voilà, c'est jeudi, plus que deux jours avant le week-end, et pour fêter ça, un nouveau chapitre, avec la décision tant attendue d'Hermione !
Bonne lecture !
Chapitre 35 : Changement de pays
Hermione avait un genou à terre, en signe de soumission devant Elvanie qui se réjouissait de la situation. La Reine de Coeur se frotta les mains en gloussant son plaisir, ce qui arracha une grimace à la brune.
- Parfait... susurra Elvanie. Comment procédons-nous ? Je crois qu'il faut que je mette la main sur ton coeur pour ensuite lancer un sort. Debout, chef des armées d'Avalon !
La Gryffondor se releva sans un mot et planta son regard dans celui de la soeur de Vivianne. Cette dernière s'avança pour poser ses doigts sur le buste de l'ancienne légiste et son regard pétillait d'excitation.
- Je sens ta magie... Elle semble délicieuse, fit Elvanie.
- Et bien, goûte-la, répliqua froidement Hermione avant que son corps entier se couvre d'électricité, gagnant rapidement celui de la Reine de Coeur.
Cette dernière fut prise de spasmes. Elle voulait s'éloigner de la brune mais la Gryffondor agrippa l'avant-bras d'Elvanie et décupla son sort. Le Jabberwockie feula en voyant sa maitresse malmenée et se rua sur la brune, la gueule ouverte, prêt à déchiqueter l'humaine.
Au moment où les mâchoires du monstre allaient se refermer sur elle, Hermione bougea rapidement, entraînant Elvanie dans le mouvement, et la reine n'eut que le temps de crier avant de se faire décapiter par sa créature.
- HERMIONE ! BAISSE-TOI ! cria Vivianne dans son dos.
La rouge et or se jeta à terre, en plein dans le sang qui s'écoulait du cadavre de la Reine de Coeur, et une gerbe de flammes apparut dans l'air, léchant les écailles du reptile volant.
La Source roula sur le dos pour admirer la magie de la Dame du Lac. Cette dernière surgit du feu, son sabre à la main, et le planta avec force dans la boite crânienne du Jabberwockie qui, dans un râle rauque, tomba lourdement dans les débris d'un mur, mort.
Vivianne prit le temps de ranger son sabre dans son fourreau puis s'approcha d'Hermione, la main tendue, pour l'aider à se relever.
- Tu es une excellente comédienne, ma soeur n'y a vu que du feu... sourit la blonde.
- Toi aussi. J'ai remarqué la boule de glace derrière ton dos, grommela la brune en époussetant ses vêtements. T'allais vraiment me tuer ?
- Bien sûr que non ! s'offusqua faussement la reine d'Avalon. Comment pourrais-je occire la meilleure amante qui m'ait été donnée en une décennie ?
- La seule amante, tu veux dire... marmonna Hermione.
Elle pose ses mains sur ses avant-bras pour les frictionner. Le froid de la nuit traversait sa veste et elle grelottait. Vivianne fit un pas dans sa direction pour l'envelopper dans ses bras.
- Et maintenant, que fait-on ? demanda doucement la souveraine.
- Je vais retourner à la destruction des horcruxes, soupira la brune, résignée.
- Hermione, je te demande de reconsidérer l'alliance que je t'ai proposée. La Source ne doit pas gagner.
La brune lâcha un rire nerveux et Vivianne fronça les sourcils.
- Quelle que soit l'issue de notre combat, ma Reine, l'Origine de toutes magies a déjà gagné. Ta famille a disparu, la mienne n'a jamais existé et il est apparemment écrit que nous allons nous entretuer. J'ai beau retourné le problème dans tous les sens, les perspectives d'avenir pour nous sont bien sombres.
Viviane caressa doucement le dos de son ancien général, son menton posé sur le sommet de son crâne.
- Tout n'est pas joué Hermione, j'ai confiance en nous pour dénouer la situation, d'une façon qui nous épargnera peut-être... répondit-elle d'une voix songeuse.
- L'avenir nous le dira. Si tu trouves quelque chose, préviens-moi. Je dois retourner auprès de Rose et de... Minerva, ajouta-t-elle dans un murmure.
Viviane se pencha pour effleurer les lèvres d'Hermione d'un baiser.
- Tu as toujours eu un don pour les choses compliquées, ça fait partie de ton charme, lui sourit-elle.
- Mon charme qui les fait toutes succomber, répondit-elle dans une tentative de plaisanterie.
- Assurément, répondit Viviane avant de l'embrasser tendrement.
Hermione lui rendit son baiser et, après un dernier sourire, la reine d'Avalon disparut dans un craquement sonore. La brune s'assit sur une pierre et se prit la tête dans les mains. Elle savait que Rose et Minerva attendaient son retour, mais elle avait besoin de réfléchir au calme. Trois voix se disputaient dans sa tête et ça devenait ingérable. L'une d'entre elle, celle de la Source, lui criait des insanités, lui reprochant d'avoir tué Elvanie et de s'être laissée aller à une telle proximité avec la Dame du Lac. La deuxième, celle d'une existence qui n'était plus, l'encourageait à retrouver Vivianne au château et à se perdre dans la chaleur de la Dame du Lac. La troisième enfin, celle de sa conscience, la priait de faire taire les deux autres car on ne s'entendait plus réfléchir, merci.
Aussi, Hermione décida de prendre un moment dans les décombres du château du Pays des Merveilles pour envisager son avenir.
- Minerva va me coller une de ses claques... Je l'aurai pas volée.
Minerva souffla doucement sur les braises du feu de camp. Le calme régnait dans le campement, et seuls les légers ronflements de Rose perturbaient sporadiquement la quiétude de la nuit.
- Encore une chose qu'elle a héritée de sa mère… soupira-t-elle, un mince sourire flottant ses lèvres.
Elle s'étira tel un chat et se leva pour faire quelques pas. La nuit commençait à se retirer et le ciel se teintait d'une couleur rose orangée. Elle avait assuré tous les tours de garde et la fatigue se faisait cruellement sentir. Elle étouffa un bâillement et se frotta vivement les mains pour les réchauffer. Elle avait attendu Hermione toute la nuit et la brune n'avait toujours pas pointé le bout de son nez.
La brume de l'aube montait doucement de la terre, rendant le paysage presque féérique, si cela n'était du pincement au coeur que ressentait l'animagus. Mais le moment ne semblait pas propice aux remises en question. Un bruit de feuilles déplacées exerça un pouvoir d'attraction sur l'ancienne directrice. Circonspecte, elle se métamorphosa pour partir à la rencontre du bruyant inconnu. Ami ou ennemi, elle ne voulait prendre aucun risque, mais se trouva finalement museau à museau avec un lapin passablement affolé.
Elle reprit apparence humaine et roula des yeux tandis que le mammifère s'éloignait rapidement, bondissant dans les fourrées.
- Nerveuse ? demanda une voix familière derrière elle, la faisant sursauter.
Une fois la surprise passée, elle se détendit, reconnaissant la femme.
- Passablement, oui, répondit-elle en se retournant. Surtout si on considère le genre de rencontres qu'on a fait jusqu'à présent.
Hermione avançait tranquillement dans sa direction, les mains dans les poches d'un pantalon d'uniforme militaire, une cigarette coincée entre ses lèvres. Le regard de l'animagus s'attarda sur la peau dévoilée par la veste poussiéreuse entrouverte, laissant apercevoir un léger décolleté.
- Désolée pour la tenue mais Vivianne voulait une belle mise en scène. Tout s'est bien passé pour vous ?
- Tout est une question de point de vue je suppose. Comment va la Dame du Lac ?
Hermione tira une dernière bouffée sur sa cigarette pour jeter le mégot et l'écraser du talon de sa botte.
- En pleine forme.
- Si j'en juge par ton état, je devine que ça s'est plutôt bien passé entre vous.
- Oui, oui, bien, ça s'est bien passé... répondit trop rapidement la brune.
Minerva haussa un sourcil.
- Bien passé comment ?
- Bien passé comme elle n'en a pas profité pour me coller un sort dans le dos ! C'est bon comme réponse ? grommela l'ancienne rouge et or.
- Excuse-moi de m'inquiéter pour toi, répliqua l'animagus du tac-au-tac sur le même ton.
Hermione souffla, ferma les yeux, compta jusqu'à dix puis se retourna vers l'Ecossaise.
- C'est à moi de m'excuser. Je ne devrais pas te parler comme ça, même si la Source et sa reconstitution en moi ont tendance à augmenter mes sautes d'humeur. Merci de t'inquiéter, et comme tu le vois, je suis plutôt en bonne santé. On ne peut pas en dire autant de la soeur de Viviane.
Elle passa sa main dans ses cheveux et soupira.
- Je ne sais pas quoi faire. Vivianne m'a promis de trouver une solution pour que la Source ne me rende pas folle. Elle veut que nous restions sur Avalon. Mais j'ai l'impression que la seule option qui s'offre à nous est de détruire toute magie. Là, on sera assurée que l'Origine de toutes magies ne nuira plus. Qu'en penses-tu ? Je me rangerai à ton avis.
Minerva la regarda un instant avec circonspection avant de s'asseoir sur une buche et de lui faire signe de la rejoindre.
- Viviane a une bonne influence sur toi finalement, je vais finir par penser qu'elle est peut-être fréquentable, lui sourit-elle.
"Si tu savais..." songea Hermione en s'installant à côté de son ancien professeur.
- Je voulais juste te dire une chose avant qu'on discute de la Source. Ne le prends pas mal, ce n'est pas le but, mais j'aimerais que tu arrêtes de me considérer comme ton élève. Par moment, j'ai l'impression de me retrouver dans ta salle de classe et ça ne m'aide pas.
- Hmmm, fit l'ancienne directrice en se plongeant un instant dans ses pensées. Je comprends ce que tu veux dire, enchaina-t-elle. Je ne peux pas te promettre de ne jamais avoir ce ton docte qui me caractérise après autant d'années d'enseignement, mais je peux t'assurer que je ne te vois pas comme mon élève... je te vois comme... enfin, j'aimerais te voir comme la femme avec laquelle je vais faire ma vie.
Hermione eut un sourire et prit la main de Minerva dans la sienne pour nouer leurs doigts.
- Merci. Alors, je continue avec mon idée ou on fait confiance à Vivianne ?
- Est-ce qu'on peut faire les deux ? Je veux dire, dans un cas comme dans l'autre, il faut se débarrasser des horcruxes de la Source, ce qui ne m'enchante guère vu l'ampleur des conséquences que ça prend à chaque fois. Pour la suite, rien ne dit que Viviane t'offrira un vrai choix, je veux dire quelque chose de raisonnable. Il faut donc se préparer à toutes les éventualités, et ça veut dire qu'il faut que tu continues mon apprentissage. Qu'en penses-tu ?
Hermione baissa les yeux, se saisit d'un brin d'herbe qu'elle arracha pour le faire tourner entre ses doigts.
- Ce que Vivianne souhaite... ou veut, c'est une chimère. J'aimerais pouvoir enfermer la Source dans mon corps et pouvoir la contrôler le temps qu'on trouve un moyen de l'annihiler mais... ça ne se passera pas comme ça. Elle me le rappelle tous les jours. Aussi, si on s'engageait dans cette direction, même avec prudence et un plan B pour contrer les pièges de Vivianne, l'échec que nous ne manquerons pas d'avoir m'anéantirait.
Minerva plongea son regard dans celui de la brune.
- Je peux me passer de magie Hermione, mais je ne veux plus jamais me passer de toi. Aide-moi à maitriser le sort.
- Et bien, pour pouvoir espérer jeter ce fameux sort, il va falloir que tu te battes. Aussi, je pensais te donner des cours d'escrime. Aliénor t'a offert une arme écossaise légendaire, il serait dommage de ne pas s'en servir, non ?
Minerva laissa un sourire satisfait flotter sur ses lèvres.
- La claymore de Wallace... Sais-tu que je n'étais pas maladroite en duel ?
Hermione se leva et tendit sa main à l'Ecossaise.
- Montre-moi l'étendu de tes talents.
La matinée avait vite passée. Le groupe avait repris sa route, quittant le Pays des Merveilles pour gagner le Pays Imaginaire. Avant de s'endormir derrière sa fille, Hermione avait répondu aux questions qui avaient fusées suite à l'annonce de leur destination. Oui, Peter Pan avait bien existé. Non, il n'était pas le gentil bambin qui ne voulait pas grandir, mais un elfe noir sanguinaire qui dévoraient le cœur de jeunes vierges. La légende de Peter Pan s'était éteinte quand l'armée de la Dame du Lac avait marché sur son refuge et qu'Hermione l'avait proprement décapité pour exhiber la tête du meurtrier sur un pique. Pique qui avait fait le tour de la Province, histoire de montrer aux elfes que la Dame du Lac ne plaisantait pas avec la sécurité de ses sujets. Et que le général d'Avalon ne rigolait pas avec celle des pucelles du royaume.
Minerva guidait son cheval sur la route pavée et jetait de temps à autre des regards à Hermione. Cette dernière s'était endormie, ronflant légèrement, appuyée de tout son poids sur le dos de Rose qui grimaçait. Millicent, à leur côté, semblait plongée dans ses pensées. Quant à Pansy, elle était assise derrière l'animagus et farfouillait dans un sac à dos.
- Qu'est-ce que tu cherches ? marmonna l'ancien professeur entre ses dents.
- Ma culotte porte-bonheur, répondit Pansy alors que son avant-bras s'enfonçait de plus en plus dans le sac.
- Je croyais que c'était de ne pas en mettre qui te portait bonheur.
- Très drôle, Minerva. Hier soir, Rosie chérie était trop inquiète pour sa maman pour faire quoi que ce soit, mais cette nuit...
McGonagall arrêta brusquement son cheval et, d'un geste souple des hanches, elle fit perdre son équilibre à Parkinson qui tomba sur le bas côté en criant.
- C'est l'heure de manger ? demanda Rose, stoppant sa monture.
- Hein ? Quoi ? Manger ? marmonna Hermione en se réveillant.
- Mais pourquoi t'as fait ça ? grimaçait Pansy en frottant le bas de son dos. En plus, t'as réussi à foutre mon sac à l'envers ! Comment je vais retrouver quelque chose moi, là dedans maintenant.
- Surtout, oublie tes projets, marmonna l'animagus du haut de son destrier.
- Quels projets ? fit Hermione en écho tout en se laissant glisser au bas de la monture de Rose.
-Cherche pas M'man, tu vas pas aimer, ricana la jeune femme en attrapant ses fontes de selles pour en sortir une pierre à feu.
- Elle aimera pas, elle aimera pas… elle aurait pu plus mal tomber me semble, grommela la médicomage en rassemblant ses affaires éparpillées. Ah, la voila ! Finalement Minerva, je te remercie, sourit-elle de toutes ses dents.
- C'est pas ce que je crois, grogna Hermione.
- Malheureusement si, soupira l'animagus.
- Si tu penses seulement t'approcher de…
- Bon, et bien puisque la petite famille à l'air d'aller bien, je vous annonce qu'au prochain village, je vous laisse. Je n'ai pas vocation à tenir la chandelle, alors deux encore moins… intervient Millicent en s'asseyant sur une souche.
- Tu as de la chance, on se dirige justement vers la prochaine ville, fit la Source en frottant ses yeux ensommeillés. L'horcruxe s'y trouve.
- Trop facile, marmonna Pansy. Où est le piège ?
Hermione eut un sourire carnassier qui fit frissonner tout le monde, Rose y comprit.
- Le piège ? C'est que les elfes ont pris le contrôle de la ville et je doute qu'ils me déroulent le tapis rouge. J'étais quelqu'un d'inoubliable...
Le moussaillon regardait l'horizon avec admiration. Les navires de guerre avaient jeté l'ancre à quelques miles des côtes du Pays Imaginaire, semblant défier les bateaux du bras droit de l'infâme Peter Pan, le sanguinaire capitaine Crochet.
Le matelot vivait sa première campagne, s'étant engagé deux mois plus tôt dans la Marine Royale.
- GEORGES ! brailla une voix.
Le matelot tourna les talons aussitôt. Le capitaine de vaisseaux n'était pas très patient, aussi il se dépêcha de le rejoindre, ne voulant le contrarier.
- Repos, fit l'officier devant la nouvelle recrue, un grand jeune homme roux, dégingandé. Va prévenir le général que les troupes sont en place. On attend son signal pour lancer l'offensive.
Le mousse salua à nouveau et se dirigea à l'autre bout du vaisseau. Il avisa la silhouette du général, penchée par dessus le pont. Il observa quelques instants la femme qui semblait concentrée sur l'horizon, les mâchoires serrées, les doigts crispés sur le rebord en bois. Cependant, la tête brune s'affaissa vers le bas et un bruit répugnant se fit entendre.
- Putain de mer à la con... hoqueta Hermione entre deux vomissements. J'veux regagner la terre ferme...
- Mon Général, commença Georges, intimidé. Les troupes attendent vos ordres pour...
Un nouveau haut-le-coeur l'interrompit et le mousse grimaça.
- C'est la dernière fois que je dis oui à Vivianne... Je hais les batailles navales... maugréa le général avant de vomir une nouvelle fois.
- Mon général ?
- Ouais, ça va, j't'ai entendu, matelot. Si tu me trouves quelque chose qui me fait passer ces putains de nausées de femelle engrossée, je te fais Lieutenant de vaisseau.
Le jeune homme sortit un flasque de sa poche et la tendit à la brune.
- Une potion à base de plante. C'est ma mère qui la fabrique, c'est rudement efficace.
Hermione en but une large gorgée et son visage reprit quelques couleurs, abandonnant la teinte verdâtre qu'il arborait depuis le début de la traversée, six jours plus tôt.
- Merci, lieutenant. Dites au capitaine que les troupes de Ginny doivent faire trois bombardements, histoire de bousiller les remparts de la côte. Ensuite, les artilleurs doivent achever le travail de l'armée de l'air. Une fois un trou dans les remparts, je fonce avec les troupes au sol. Ginny reviendra en soutient. Tu as noté ?
- Oui mon général !
- Et bien ? Qu'est-ce que vous attendez, lieutenant ?
Le rouquin la salua avant de partir à toute vitesse à l'autre bout du bateau. Hermione leva les yeux vers la cité à prendre et un fin sourire se dessina sur ses lèvres. D'ici quelques heures, la capitale du Pays Imaginaire serait à sa merci. Jollyroger, la ville qui ne dormait jamais, allait connaître la nuit la plus longue de son existence.
- Hermione ?
La brune cligna des yeux, reprenant conscience de son environnement. Rose et Pansy la dévisageaient, inquiètes, tandis que Minerva fronçait les sourcils.
- Un problème ? s'enquit l'animagus.
- Non, juste un vieux souvenir, éluda Hermione. Qui prépare à déjeuner ?
- PAS TOI ! s'écrièrent les autres sorcières, en chœur.
- Heureuse de faire l'unanimité… marmonna la brune.
Hermione leva les yeux et regarda avec satisfaction les troupes de Ginny, à dos de sombral, qui pilonnaient les défenses des elfes noirs. Le nouveau lieutenant rouquin transmettait ses ordres et passait son temps à courir d'un bout à l'autre du navire.
Les premiers tirs d'artillerie ébranlèrent fortement les murailles de la cité. Des groupes de trois sorciers combinaient leur magie pour créer d'immenses boules de feu qu'ils projetaient ensuite sur leur cible.
« Tom, Gellert, vous êtes en place ? » demanda-t-elle.
« Oui, nous n'attendons que toi. Ton cheval est apprêté. »
« Et les portes d'accès à la ville ? » interrogea le général.
« Nous avons trois groupes d'artilleurs qui vont nous faire tomber ça en moins de temps qu'il faut pour le dire. »
« Ok, j'arrive… »
- Lieutenant ! aboya-t-elle tout en vérifiant que son fourreau était bien accroché à sa ceinture.
Le grand rouquin arriva en courant, essoufflé, les joues rougis.
- Oui, mon général ?
- Assure-toi que les artilleurs continuent de balancer la sauce pendant les quinze prochaines minutes, mais pas plus. Ensuite, tu dis au colonel de l'armée de l'air, tu sais, la rouquine qui pourrait être ta soeur, d'emmener ses gus pour des frappes chirurgicales. Tu arriveras à te faire obéir ?
- Je… euh… vous voulez pas que je demande au capitaine ?
- C'est un âne… Enfin, c'est normal, c'est un cousin de Minerva. Donne les ordres. Demain matin, si tu te débrouilles bien, tu seras capitaine à la place du capitaine.
Sur ces mots elle transplana, laissant Georges seul sur cette partie du pont.
- Bon sang, j'suis amoureux… lâcha-t-il. Faut que j'en parle à Fred.
Hermione s'était couchée épuisée, physiquement et moralement. Elle tournait la situation dans sa tête dans tous les sens, sans succès. Elle était une Source pitoyable, une mère pitoyable, une amante pitoyable. Quoiqu'elle regarde, son score était abyssalement mauvais. Mais à force de virer dans son sac de couchage, elle avait fini par s'endormir. Le rêve qu'elle faisait semblait lui tirer un léger sourire qui apaisait ses traits tirés.
Minerva et elle se battaient à l'aide d'épées grossières en bois. Les deux femmes enchaînaient les passes sans temps-mort, l'Ecossaise contre-attaquant inlassablement. Hermione se baissait pour éviter un coup bien porté, sautait pour ne pas se retrouver avec des bleus sur les genoux et parait quand l'esquive n'était pas possible. Au bout d'une dizaine de minutes, essoufflée, couverte de sueur, la brune vit enfin une faille dans la garde de son ancien professeur. Aussi, elle sauta sur l'occasion, désarma Minerva et, d'un balayage des jambes bien placé, la fit chuter sur l'herbe.
- Tu t'améliores, fit Hermione avec un sourire. Tu as bien failli m'avoir plusieurs fois.
- Je t'avais prévenue que je n'étais pas si mauvaise que ça, sourit en retour Minerva en prenant la main tendue pour se relever.
- Je n'en ai jamais douté, assura la brune.
- En tous cas, je constate que tu es dans une forme olympique et que tu n'en es ni à ton premier duel à l'épée, ni à ton premier cours donné, fit l'animagus en se remettant en garde.
- En tant que chef de ses armées j'ai... donné quelques leçons d'escrime à Vivianne. Mais elle était bien moins douée que toi.
"Et beaucoup plus tendancieuse.." ajouta la Source.
"Cause toujours tu m'intéresses" répliqua-t-elle à son invitée en esquivant de peu une attaque de l'animagus.
- Hum, si j'en crois votre dernier affrontement, commença l'Ecossaise en se fendant, elle a fait des progrès. Est-ce que tu lui as enseigné une botte en particulier ?
- A l'époque, j'étais loin d'imaginer que je me battrais contre la reine d'Avalon donc, répondit Hermione en reculant de deux pas tout en se cambrant en arrière pour éviter de se prendre un coup sur le nez, elle connait toutes mes techniques.
- Heureusement qu'il lui en manque certaines…, fit Minerva en rabattant sa lame de côté pour déséquilibrer son adversaire, …dans d'autres domaines.
Hermione pâlit subitement et, sous le choc de la réplique, perdit l'équilibre pour tomber lourdement.
- Touché... maugréa-t-elle, le nez dans l'herbe.
- Suffisamment rare pour que j'en sois flattée, commenta l'animagus en soupirant d'aise. On continue, je me sens en veine !
La brune poussa sur ses bras pour se remettre debout et se retourna. Elle eut un hoquet de surprise en remarquant que Minerva avait disparu, laissant la place à Vivianne. La reine d'Avalon tenait à la main son sabre et lui souriait doucement.
- J'ai enfin réussi à te faire tomber, générale. Tu veux prendre ta revanche ? demanda-t-elle, taquine.
- Je... Qu'est-ce que..., répondit-elle en regardant son uniforme avant de se voir sur le terrain d'entrainement de son académie.
- En garde, allons, la houspilla gentiment la Dame du Lac avant de porter un coup.
Hermione fit un pas sur le côté et tapa la lame d'Excallibur sur celle du sabre de sa reine. Vivianne pivota avant d'envoyer son coude dans la pommette de la militaire qui grimaça de douleur.
- Tu es déconcentrée, Générale. Je suis peinée de constater que je n'ai pas toute ton attention.
La Dame du Lac se retourna, désarma aisément la brune avant de fondre sur elle et de l'emprisonner dans ses bras.
- Maintenant, ai-je enfin l'attention que je mérite ? susurra-t-elle sur les lèvres d'Hermione. A moins que tu ne préfères un autre décor... commença-t-elle en claquant des doigts.
La rouge et or sentit une boule se former dans sa gorge. Elle reconnut les cachots du château d'Avalon et se trouvait une nouvelle fois entravée les bras en l'air par des chaînes. La peur l'envahit tandis que Vivianne la serrait toujours contre elle.
- J'ai l'impression de t'avoir fait moins d'effet en étant douce. Aussi, je vais me plier à tes désirs.
- Non... pitié... ne recommence pas ça... murmura la brune paniquée. Tu as promis de me défendre, rappelle-toi.
- Je me souviens surtout de ton corps qui en redemandait... fit la blonde en faisait courir ses doigts sur la peau nue de son ancien chef des armées.
Hermione retint un cri de douleur et tenta de se débattre. Le toucher de la reine d'Avalon laissait des brûlures à chaque endroit qu'elle effleurait.
- Ne cherche pas à me combattre. Toi et moi, ça se finira toujours de la même manière. Ma victoire et ta défaite. Aussi, laisse-moi faire, ne cherche pas à me contrer, tu ne ferais qu'empirer ta situation.
- Tu n'es pas Vivianne, gémit-elle en se crispant sous le tourment infligé, comme tu n'étais pas Minerva...
Elle tentait de se concentrer sur autre chose que la souffrance lancinante qui s'insinuait en elle.
- Tu es le fruit de mon imagination, continua-t-elle haletante, tu es une manipulation de mon esprit ...tu es la putain de Source qui me tourmente, finit-elle par hurler pour conjurer la violence de la douleur qui arquait son corps.
- Je suis bien Vivianne, ta souveraine. Plie-toi à ma volonté. ENDOLORIS !
L'intensité du sort était telle qu'elle n'avait plus conscience de son environnement. Seule le rire fou de la Dame du Lac se frayait un chemin dans son esprit, rire qui se mêlait à une voix tranchante comme une lame de rasoir.
- Ne me désobéis pas, humaine. Remplis la mission que je t'ai donnée ou toutes tes nuits ressembleront à ce cauchemar. Les ténèbres t'angoisseront et la folie finira pas te gagner.
Hermione se réveilla en sursaut, se redressant dans son sac de couchage. Son coeur battait de manière irrégulière, sa respiration était saccadée et elle se sentait fiévreuse.
- Tu n'auras pas ma peau, hoqueta la brune en s'extirpant de sa tente pour gagner la fraicheur de la nuit. Je vais trouver un moyen de t'empêcher de me tourmenter. Et pour les cauchemars, rassure-toi je suis capable d'en faire toute seule avec le nombre de conneries que j'accumule.
- Tu parles toute seule Granger ? demanda la voix encore lointaine de Parkinson. T'es vraiment pas ... merde !
En voyant son ancienne collègue recroquevillée à quatre pattes, Pansy se précipita.
- Quel est le problème ? s'inquiéta-t-elle.
- J'ai juste besoin d'air, j'étouffe la dedans, grommela la brune entre ses dents. Alors, sois sympa et retourne à ton poste.
Un pan de la tente s'écarta et Minerva, les yeux lourds de sommeil, apparut à son tour.
- Puis-je connaître la raison de ce boucan ? s'enquit-elle, ses sourcils formant une unique ligne noire.
- Madame a ses règles et ça l'a réveillé. Enfin, je ne vois que ça comme cause à sa mauvaise humeur, lâcha Pansy en s'allumant une clope.
- Hermione ? interrogea l'animagus.
- Rien, un cauchemar, j'ai l'habitude.
- Ben tu devrais prendre une potion de sommeil sans rêve si tu veux mon avis, commença la médicomage, parce que l'air de déterrée que tu arbores te vaudrait un premier prix à Halloween. En plus t'es trempée comme un poisson qu'on vient de retirer de son aquarium et t'es limite en train de convulser, finit-elle en s'asseyant tranquillement à côté de la brune.
- Je ne m'effondrerai pas, siffla-t-elle entre ses dents. Je ne ferai pas ce plaisir à la Source.
Elle prit la cigarette coincée entre les lèvres de Pansy et en tira une longue bouffée avant de lui redonner.
- Ca va mieux. Minerva, désolée de t'avoir réveillée. On retourne se coucher ?
- Toutes les trois ensemble, fit narquoisement l'ancienne Serpentard. Enfin un rêve qui se réalise !
- Retourne finir ta garde. Ensuite, Millicent sera la petite veinarde qui t'accueillera pour le reste de la nuit.
Pansy roula des yeux mais finit par s'éloigner dans un nuage de fumée.
- Tu arriveras à te rendormir ? demanda Hermione en se relevant.
- Moi oui, mais toi ?
- Disons que l'idée de Parkinson d'avaler une potion n'est pas la plus mauvaise du siècle, je n'ai qu'à essayer, soupira-t-elle.
Les deux femmes retournèrent sous la tente et Minerva sortit une fiole de son sac.
- La potion combinée à l'effet apaisant d'un câlin devrait contrecarrer les plans de la Source, murmura l'Ecossaise en invitant la brune à venir s'allonger à ses côtés.
- Excellente ordonnance, lui sourit tristement Hermione en se remémorant l'enchainement de son cauchemar.
Elle but la fiole d'une traite et se lova contre McGonagall qui l'entoura de ses bras.
- Tu sais, il y a une forme de magie supérieure aux autres. Et même la Source ne peut rien contre, murmura l'ancien professeur en posant un baiser sur les cheveux de la brune. Et cette magie éloignera tes cauchemars, j'en suis persuadée.
- J'ai tellement besoin de le croire, soupira la brune en fermant les yeux sur l'image de Viviane tenant le même genre de discours.
- L'amour que te portait Aliénor a maudit les deux Némésis, le mien te mènera à la victoire, chuchota Minerva.
Le coeur de la brune se serra un peu plus dans sa poitrine. Elle avait vraiment tout raté de sa vie, de ses vies.
- Puisses-tu dire l'avenir.
La semaine prochaine, changement de décors, changement de conte, ça va envoyer du lourd ! ^^
Passez un bon week-end, on se revoit mardi !
Bises,
Sygui et Link9
