Bonjour tout le monde !
Vive les jours fériés, vive les ponts, vive la glande à la maison !
Petite pensée à Sygui qui travaille de l'autre côté de l'océan... Reviens en France ! lol
Bonne lecture !
Chapitre 36 : Peter Pan
Deux jours qu'elles étaient sur les routes du Pays Imaginaire. Hermione avait fait emprunter au groupe les chemins peu fréquentés de la province afin d'arriver sans encombre aux abords de la capitale. Millicent avait souhaité s'arrêter dans un petit village mais la Source lui avait fait miroité que Jollyroger aurait besoin de son expertise pour se remettre des exactions des elfes noirs.
Elles n'étaient qu'à quelques miles de la cité que les imposantes murailles se dessinaient à l'horizon.
- Comment tu as fait pour pénétrer dans cette ville ? s'enquit Rose. Elle semble imprenable !
- Et bien, j'avais mille hommes derrière moi et une Ginny très en forme, ce qui équivaut à deux régiments supplémentaires, répondit Hermione avec un sourire nostalgique.
- Parlant de la rouquine, me semble qu'elle me manque, fit Pansy en grimaçant sur l'arrière de la selle de Rose.
- Et bien, va la rejoindre ! pesta la dixième Sage. Tu auras peut-être plus de chance avec qu'elle qu'avec moi ! Et n'oublie pas ta culotte porte-bonheur !
Minerva et Hermione se retournèrent de concert, avec les mêmes sourcils froncés haut sur le front.
- Oh, les belles-mères, on s'occupe de ses boxers et on laisse les autres tranquille, fit la médicomage d'un ton péremptoire avant de passer ses mains autour de la taille de la jeune Sage et d'appuyer son menton contre son épaule. Rosie chérie, tu es la seule pour moi, et je te promets sur tout ce que tu veux qu'il n'y a jamais rien eu entre moi et cette rouquine. Ta mère, par contre, je n'en jurerais pas, sussura-t-elle.
- Il ne s'est jamais rien passé entre Ginny et moi ! s'offusqua Minerva. Comment oses-tu insinuer cela ?
- Je pensais à notre Origine de toutes conneries, mais si tu te sens visée, c'est que tu as quelque chose à cacher, fit narquoisement la Serpentard. Dis tout au bon docteur, tu te sentiras mieux après.
- Hey ! répliqua vertement Hermione. Je n'ai rien fait avec Ginny ! Enfin, c'était dans un rêve et c'était à cause de la Source, j'y suis pour rien, ajouta-t-elle rapidement.
- C'est très instructif, un sujet que nous creuserons un autre jour mais pourrait-on revenir à ce qui nous préoccupe ? intervint Millicent en pointant la cité du doigt. On fait comment pour rentrer là-dedans ?
- On va faire quatre groupes qui seront épaulés par les Chimères de Rose. Minerva, tu prends la ville par le Nord. Pansy et Millicent, l'Ouest, Rose, l'Est et moi le Sud. On se retrouve au milieu.
- Euh... pourquoi on fait pas deux groupes ? proposèrent en choeur Parkinson et Bulstrode. C'est qu'on est pas trop branchées bagarre...
Hermione roula des yeux avant de se pincer l'arrête du nez.
- Parkinson, tu vas avec Rose, Millicent, avec moi. Tu t'en sortiras, Minerva ?
- Je suis heureuse de ne pas avoir de boulet à traîner... répliqua sobrement l'animagus.
Hermione se figea à la réplique et un souvenir de son rêve surgit dans sa mémoire.
- Comment voulez-vous que l'Alliance Interdite vous prenne au sérieux ? Vous ressemblez à deux mégères buvant une bière au comptoir de la Tête de Sanglier ! coupa sèchement Minerva à l'attention d'Hermione et de Pansy.
- Ca y est, ça roule des pelles et ça tripote la poitrine de son amour de jeunesse, et ça se croit tout permis… ironisa Parkinson.
McGonagall la foudroya du regard.
- On repart… marmonna-t-elle sèchement.
- Mais vous n'êtes pas épuisée ? demanda l'ancienne Serpentard. Comment vous faites ?
- J'ai l'habitude de traîner des boulets… répondit froidement l'animagus.
Elle soupira et secoua la tête.
- On y va? question Hermione Tirant son katana.
"J'espère que ça ne se finira pas comme la dernière fois..." songea-t-elle, inquiète.
- RECULEZ ! cria Hermione à ses cavaliers, agitant le bras pour être vue par l'ensemble des soldats.
Les elfes noirs balançaient des charges des remparts sur les chevaux et un des projectiles tomba à côté des sabots du destrier du général. La brune poussa sa monture un pas sur la droite et elle regarda avec horreur ce qui gisait sur le sol.
- Tom ! Ils nous balancent les cadavres des habitants de la ville.
- Quelle est ta stratégie ? s'enquit son bras-droit.
- On crame ces fils de pute. Jusqu'au dernier. Et nous poursuivrons ceux qui réussiront à sortir de la ville.
Tom acquiesça et partit rejoindre Gellert qui réorganisait la cavalerie.
« Ginny, donne un dernier tour de frappe, tu as 5 minutes. Après, on défonce tout… »
« Ok Herm. Accroche-toi, ça va secouer ! » répondit la rousse.
La brune leva les yeux et vit les sombrals envahir le ciel. Cependant, des elfes ailés vinrent les rejoindre et une bataille aérienne s'engagea.
- Merde… On fonce ! Artilleurs, dégommez-moi cette putain de porte ! cria Hermione.
Une gigantesque boule de feu, suivie d'une deuxième, fusa dans l'air et percuta de plein fouet les doubles-portes menant à la cité. Des bouts de bois enflammés tombaient sur l'herbe jaunie et Hermione eut un rictus.
Elle serra les rennes de son cheval et s'éclaircit la voix.
- On y va ! Pas de prisonnier chez les elfes ! Protéger les sorciers !
Elle poussa sa monture au galop et, épée à la main, elle pénétra dans la cité sorcière. Elle décapita d'un geste souple deux elfes qui voulaient la désarçonner et prit la route du château au centre de la ville.
- Peter Pan, ta dernière heure est arrivée…
Minerva avançait dans les rues, accompagnée de sept chimères dont elle ignorait les noms. Les créatures tuaient les elfes avant même qu'elle ait le temps de lever sa baguette, et ça en devenait frustrant.
- A ce rythme-là, j'aurais rejoint le château dans dix minutes... soupira-t-elle.
- Hey ! Qu'est-ce qui te prend ? râla Rose.
La Sage marchait tranquillement derrière ses chimères quand Pansy l'avait attrapée par le poignet et emmenée dans une ruelle sombre pour la plaquer contre le mur.
- Je dirais que c'est le bon moment pour t'embrasser. Tes mères ne sont pas là pour m'égorger et tes bestioles nous protègent des machins à longues oreilles pointues qui veulent nous tuer.
Elle posa sa main sur la joue de Rose qu'elle caressa langoureusement. Puis, elle se pencha légèrement en avant pour que leurs lèvres s'effleurent.
- Je sais que tu en as autant envie que moi... murmura la Serpentard.
Rose ferma les yeux et Pansy sourit en constatant que la respiration de la jeune femme s'était brusquement accélérée. Aussi, elle franchit le peu de centimètres qui les séparaient et embrassa enfin le Maître des Chimères.
Les doigts de la Sage se perdirent dans la chevelure ébène de la Haute et cette dernière soupira d'aise.
- Le suite et bien plus quand on sera au chaud au château... murmura Rose sur les lèvres de Pansy.
Elle ponctua sa phrase d'un court baiser et prit le chemin de l'avenue en exagérant le mouvement de ses hanches.
- Ce soir, Rosie Chérie, sera le grand soir...
Hermione et Millicent déambulaient dans une des principales artères de la ville. Le calme régnait dans l'avenue déserte, surtout depuis que la Source avait exterminé une patrouille d'elfes.
Bulstrode observait les fenêtres des maisons, ses sourcils se fronçant en remarquant des rideaux qui bougeaient légèrement.
- Nous sommes observées, murmura-t-elle à l'attention de l'Origine de toutes magies.
- Je sais, répondit posément Hermione. Juste des sorciers apeurés, rien d'inquiétant.
La vert et argent s'alluma une cigarette et jeta un regard en biais à la rouge et or.
- Tu as fais pas mal de chemin depuis Poudlard, lança-t-elle. Ca fait quoi, d'être la Source ?
- Ca ne m'a apporté que des ennuis, si tu veux tout savoir.
- Je veux bien te croire. Surtout que tu dois tuer la femme que tu aimes... Enfin, qu'une partie de toi a toujours aimé, c'est bien cela ?
Le visage de la brune s'assombrit et elle regretta de ne pas tomber sur quelques elfes pour passer ses nerfs.
- Tu as bien deviné, mais n'en parle pas, s'il te plait.
- Je ne ferai pas ça à Minerva, je ne suis pas un monstre.
Les deux sorcières arrivèrent devant l'entrée principale du château et les mâchoires de la Source se crispèrent.
- Un souvenir douloureux ? s'enquit Millicent.
- Tu ne peux pas imaginer...
- Tu es lente, humaine ! Active-toi un peu ou je vais mourir d'ennui ! se moqua Peter Pan en volant autour de son adversaire.
Le combat durait depuis une bonne dizaine de minutes et Hermione suait sous son armure. Le poids du métal la ralentissait dans ses mouvements et son épée était plus lourde que le sabre de marin qu'utilisait l'elfe.
- Fils de pute, gronda la général.
- Dans ce cas, je vais t'appeler soeurette ! ricana Pan.
Hermione ôta rapidement son heaume pour le jeter au sol. Entre chaque passe d'armes, elle se débarrassait progressivement de son handicap de métal. Sa cuirasse tomba au bout de trois manipulations, révélant une chemise trempée, et elle réussit à jeter au loin ses jambières pour ne garder que ses brassards en fer forgé.
- Tu vas apprendre que la magie des sorciers est supérieure à celle de ton espèce, vermine, tonna Hermione en donnant un coup d'épée.
- Approche, sorcière, et dansons, gloussa l'elfe en évitant l'attaque portée par la brune.
Hermione tendit sa paume et un jet continu de glace en sortit, dirigé sur Peter. Pan esquivait l'attaque souplement, sautant, volant, narguant le bras droit de la Dame du Lac.
Lorsqu'il se trouva sous les vitraux de la salle, le général d'Avalon interrompit son sort pour claquer aussitôt des doigts d'une main et ensuite agiter rapidement l'autre. Les vitres explosèrent et les débris se métamorphosèrent en gouttes de lave en fusion avant de s'abattre sur l'elfe.
Peter hurla de douleur, se recroquevillant sur le sol, tentant de se protéger de ses mains qui se couvraient de cloques. Ses vêtements fondaient partiellement, révélant une peau noirecraquelée.
Il finit par se relever et exhiba malgré lui un visage qui avait subit de sévères brûlures. La haine se lisait dans ses yeux fous et Hermione afficha un rictus satisfait.
- Vas-tu te rendre, elfe ? tonna le général, les mains sur ses hanches.
- Si tu étais vierge, je te boufferai le coeur, siffla Peter Pan.
- Il arrive toujours des emmerdes aux pucelles. C'est pour ça que je me suis faite rapidement sauter par le premier connard venu... se moqua la brune.
- Je te l'arracherais et le broierais entre mes doigts, léchant le sang qui s'en écoulerait.
- Essaie toujours.
L'elfe ramassa son fleuret et fléchit les jambes, prêt à bondir. Hermione laissa tomber sa lourde épée pour récupérer un grand couteau de chasse dans sa botte et un épieu passé dans sa ceinture. Une lame dans chaque main, elle marchait en rond, son adversaire l'imitant. Les deux combattants se jaugeaient, leurs regards ne se quittaient pas.
- Pas de magie ? proposa Peter Pan.
- Si c'est comme ça que tu veux mourir, ça me va, ironisa Hermione.
L'instant d'après, les lames s'entrechoquait. La brune tenta d'enfoncer son couteau dans les côtes de Pan alors que son épieu retenait la fine lame de l'elfe. Elle reçut un uppercut au menton pour l'en dissuader et elle poussa de toutes ses forces pour faire reculer son adversaire.
Elle s'accroupit rapidement pour frapper les genoux de Pan d'un coup circulaire de sa lame la plus longue, mais l'elfe sauta souplement au-dessus pour décocher un coup de pied qui atteignit la pommette de la brune qui éclata. Elle tomba en arrière, lâchant son épieu et sentit Peter se jeter sur elle. Elle interposa son genou qui trouva l'abdomen de la créature et, se servant du poids et de la vitesse de son agresseur, l'envoya promener plusieurs mètres plus loin.
Elle se releva en grimaçant et ses doigts se resserrèrent sur le manche de son couteau.
- Tu te défends bien, garce.
- Je m'échauffe juste, chien.
Et ils reprirent le combat. Chaque coup était plus violent que le précédent, les attaques devenant vicieuses. Acculée contre un mur, Hermione s'appliquait à parer chaque assaut de l'elfe, cherchant la moindre ouverture dans la garde de son adversaire.
Elle profita d'une attaque un peu plus lente pour passer sous le bras tendu et poser ses mains sur le torse de l'elfe. Elle fit appel à sa magie et Peter Pan fut parcourut par un courant électrique d'une rare violence.
- ON AVAIT DIT SANS MAGIE ! criait l'elfe. TU N'AS PAS D'HONNEUR !
- Je n'ai pas à en avoir avec une créature qui massacre mon peuple, répondit Hermione en accentuant l'effet de son sort.
- Tu ... pourriras ... inférence en ligne ...
La brune envoya une dernière dose de pouvoir et elle grimaça en entendant la peau crépiter, comme celle d'un poulet rôtissant sur un feu de camp. Elle ramassa son épée et décapita le cadavre de Peter Pan avant qu'il tombe au sol, ressemblant à un morceau de charbon. D'un coup de botte, elle éclata ce qui restait du torse et eut un sourire satisfait.
- Garde-moi une place, je te rejoindrai, murmura froidement Hermione.
- Et plus tôt que prévu, fit une voix grave derrière elle.
Elle se retourna en récupérant son couteau mais une douleur fulgurante l'accueillit au ventre. Elle croisa le regard bleu du Capitaine Crochet, avant que ses yeux glissent jusqu'à son ventre. Seul le manche de l'arme du navigateur dépassait de sa peau.
- Crève, susurra Lucius avant de lever le bras.
Le crochet suivit le mouvement, déchiquetant les organes du général, laissant une plaie béante qui partait du nombril pour arriver à la naissance des seins. Hermione entendit des cris, des bruits de métal avant de tomber inconsciente aux pieds du Capitaine Crochet.
Hermione secoua la tête et frissonna un instant.
- Ouais, souvenir douloureux, marmonna-t-elle en se frottant le ventre.
Bulstrode regarda sur sa droite et sourit en remarquant que Minerva arrivait avec les chimères.
- Où sont Rose et Pansy ? s'enquit l'animagus en arrivant à leur hauteur.
- Bonne quest... commença Hermione.
Elle ne put finir sa phrase. Elle se tourna, se pencha en avant et vida le contenu de son estomac sur les marches menant au château.
Millicent sortit un mouchoir en tissu de sa poche et le tendit avec un regard dégouté à la brune.
- Ca va ? demanda McGonagall en lui caressant doucement le dos.
- Ouais... j'ai dû avaler un truc pas fr...
Un nouveau haut le coeur l'emporta et elle vomit à nouveau.
- Merde, c'est dégueulasse ! lança une voix écoeurée.
- Parkinson, la ferme, hoqueta la Source.
Rose se pencha sur sa mère et eut une grimace.
- Ok, tu restes là avec Pansy, je descends avec mamaidh et Bulstrode pour m'occuper du cristal. Je te laisse Hirfitt au cas où. Repose-toi, on ne sera pas longue.
Elle se redressa et encocha une flèche dans son arc.
- Pansy, tu l'auscultes et tu gères l'arrêt cardiaque, ordonna la Sage.
- Et voilà, toujours moi qu'on laisse avec les handicapés. Je plaisante ! ajouta-t-elle en faisant un bond en arrière alors qu'Hermione faisait crépiter une gerbe d'étincelles dans la paume de sa main.
- Moi aussi, grimaça-t-elle en se laissant finalement aller contre le mur en moellons du château, la sueur au front, tandis que les trois sorcières pénétraient dans le château.
- Une idée de ce qui t'arrive ? s'enquit Parkinson en prenant le pouls de la brune.
- Pas vraiment... A part une intoxication alimentaire, j'vois pas.
- Il faut toujours que tu te rendes intéressante, se moqua Parkinson. Allez, ouvre grand la bouche.
Des soldats se positionnaient aux endroits stratégiques du château pour le sécuriser. Dans la salle principale, des médicomages s'affairaient autour du général, tentant de réparer les dégâts qu'avait causé le Capitaine Crochet. Ce dernier n'avait pu se réjouir longtemps de sa victoire, Tom et Gellert l'ayant fait taire définitivement.
Un craquement sonore retentit dans la pièce et tous se retournèrent vers la nouvelle venue.
- Oh putain de merde... lâcha Ginny. C'est...
- Oui, moi, fit pompeusement Pansy. Fermez la bouche, votre admiration béate me gêne.
Elle se frotta les mains et des étincelles bleues jaillirent de ses doigts.
- Vivianne m'envoie soigner son général. Où est-elle ?
Tom désigna un corps allongé et Pansy haussa les sourcils.
- Il faut toujours qu'elle se rende intéressante, dit-elle avec mépris. Enfin, faisons plaisir à la Reine. Poussez-vous les morpions, laissez faire la professionnelle.
Elle poussa sans ménagement les médicomages, jeta un coup d'œil rapide au corps de Lucius avant de s'approcher de sa patiente.
- Alors qu'est-ce qu'on a là… des boyaux, une rate, un foie d'ivrogne, énumérait-elle en triant du bout de sa chaussure les viscères qui s'échappaient par la plaie béante.
Geller et Tom sortirent en courant et on entendit résonner leurs haut-le-cœur dans le couloir adjacent.
- Petites natures, se moqua la médicomage de la souveraine en essuyant son soulier sur la tunique déchirée de la brune. En tout cas, vous pourrez témoigner qu'elle a des tripes ! Vous, fit-elle en interpellant Ginny, trouvez-moi bassine, eau, linges.
Le pilote bondit hors de la salle et récupéra ses collègues pour chercher le matériel demandé. Pansy s'accroupit et se pencha au-dessus du général, écartant les pans de chemise imbibés de sang.
- Voyons voir ce qu'elle a d'autre. Pas mal pour une rustre, fit-elle en découvrant la poitrine de la brune.
Elle examina de plus près les bords de la plaie puis plissa les yeux en traçant du doigt une veine noire qui commençait à s'étirer sous la peau laiteuse du buste. Elle se retourna vers un médicomage encore dans la salle.
- Le crochet, empoisonné ou pas ? demanda-t-elle sérieusement.
L'homme tourna son attention vers le cadavre du navigateur et d'un coup de baguette détacha la prothèse du moignon. Il s'en saisit précautionneusement par l'attache et le porta à son nez.
- Je ne connais pas l'odeur, mais vu l'aspect dégradé du sang qui y a adhéré, je dirais que oui.
- Bien. Question du jour. Je l'ampute de ses seins par prévention ou pas ? Si je le fais et qu'elle ne meurt pas, elle me tue. Si je ne le fais pas et qu'elle meurt, la Reine me tue.
- Si tu fais ça, je coupe les tiens, prévint Ginny qui revenait les bras chargés.
Le médecin de la Dame du Lac eut un rictus et croisa les bras sous sa poitrine.
- Je ne pensais pas trouver un jour quelqu'un qui s'intéresse à elle, se moqua Pansy. Deux militaires sans cervelles, ça peut marcher.
- Je ne te parle pas de ta vieille au double menton. Soigne-la sans toucher à sa poitrine. Après tout, tu es le médecin de la Reine, tu devrais y arriver.
Le colonel s'approcha et se pencha à l'oreille du médecin.
- Si tu échoues, j'aurai enfin la preuve que tu as eu ton poste en passant dans les draps de la vieille Minerva...
Piquée au vif, Pansy poussa de l'épaule la militaire et s'accroupit gracieusement à côté du général. Elle posa sa main sur le haut de la plaie, entre les seins de la brune, et une lueur bleue s'échappa de sa paume pour irradier le corps d'Hermione. Un liquide noir bouillonna quelques secondes sur le rebord de la blessure avant de s'en écouler pour se répandre sur le sol en une petite tâche.
- Passez-moi un linge humide ! ordonna-t-elle à la cantonade.
Un médicomage lui tendit et elle nettoya le sang et les traces de poison. Elle leva la main au-dessus de la blessure et agita doucement les doigts. Les bords de la plaie s'écartèrent doucement et, après avoir lancé un lumos, Pansy put observer les organes de la brune.
- Le général est aussi négligé de l'extérieur que de l'intérieur... ironisa-t-elle. Je n'arrive pas à trouver le coeur, mais c'est sûrement parce qu'elle n'en a pas.
- Ne prends pas ton cas pour une généralité, feula Ginny.
Pansy roula des yeux avant de positionner son index à l'entrée de la blessure. Un rayon de magie rouge fusa du doigt et de la fumée s'éleva de la cage thoracique.
- Tu fais quoi ? s'inquiéta la rousse.
- Je rénove l'intérieur, répondit Pansy, cinglante.
Elle dirigea son rayon sur les différents organes et, concentrée, ôta toutes les cellules corrompues par le poison. Une fois fini, elle claqua des doigts. Les intestins regagnèrent le corps de la brune et quand ils furent bien en place, la peau se referma, laissant une fine cicatrice rouge.
Pansy se releva et, satisfaite, elle attrapa un torchon pour s'essuyer les mains.
- Elle est comme neuve, je me suis même occupée de son début de cirrhose. Dites-lui d'y aller mollo sur l'alcool et elle vivra encore très longtemps... je ne sais pas si finalement c'était une bonne idée.
Elle sortit un calepin de sa poche et commença à écrire.
- Trois jours de repos, de préférence au lit et sans vous dedans, dit-elle à l'attention de la militaire. Je vous inscris une liste de plantes à faire infuser, ça lui évitera d'être constipée suite à la manipulation de ses intestins.
Elle arracha la page du carnet et la donna à Ginny.
- Ah, et interdisez-lui les bordels pendant deux semaines, que son coeur se remette...
Sur ces mots, elle disparut dans un craquement sonore. Ginny tenait la feuille de papier entre ses doigts et se gratta la nuque.
- Lui interdire les bordels ? C'est au-dessus de mes forces...
Hermione avait agrippé le col de la chemise de Pansy qu'elle serrait fortement entre ses doigts. Elle toisait froidement la médicomage du regard et Parkinson sentait la fureur de la brune.
- Refais... ton... examen. Tout de suite, articula l'ancienne rouge et or d'une voix glaciale.
- Je suis une pro et tu le sais. Je n'ai pas fait d'erreur, répondit Pansy qui semblait s'amuser de la situation. Finalement, ton intoxication alimentaire nous a permis de déceler plus important ! Et tu vas me plaisir d'arrêter de cuisiner.
La Serpentard luttait pour conserver un visage impassible et prenait sur elle de ne pas éclater de rire. Elle se mordit fermement l'intérieur de la joue et inspira profondément.
- Je suis au regret de t'annoncer que McGo a encore marqué un but ! 2 passes, deux buts, je m'incline devant votre analphabétisme en matière de contraception ! éclata de rire la vert et argent.
" Si c'est elle la mère..." s'inquiéta Hermione avant d'afficher un air courroucé.
- Minerva a oublié que je n'étais pas ménopausée, comme l'était son ancienne compagne, pesta la brune.
- Bien. Il ne me reste plus qu'à te préparer quelques potions et vitamines. Et de quoi faire passer le truc pas frais que tu as avalé.
- Tes vitamines, tu peux te les enfoncer profondément dans le...
- Granger, ne m'emmène pas sur ce terrain-là, car je pourrais te demander si tu aimes ce genre de pratique avec Minerva...
"Non, pas avec elle..." se moqua la Source.
Choquée, la brune relâcha sa prise et Pansy se dégagea, satisfaite.
- J'ai hâte de voir la tête de McGo quand tu vas lui annoncer !
- Pour le moment, elle n'en saura rien, fit sèchement Hermione.
- T'es dingue ? Tu vas pas lui cacher ! Elle ne rêve que de ça !
- Ecoute-moi bien, fit Hermione d'une voix étrangement basse en se rapprochant de la médicomage. Tu vas fermer ta grande gueule et garder ça pour toi. Pas besoin de mettre encore plus de pression sur Minerva, ou sur Rose, en leur annonçant un truc pareil. Parce que, enceinte ou pas, j'ai une Source à anéantir et il n'y a que moi pour le faire. A moins que tu veuilles prendre ma place bien sûr, finit-elle avec un rictus malveillant, je me ferai un plaisir de te faire don de mon hôte.
- Non, ça ira, on fera comme vous le sentez, ma Source, fit Pansy, obséquieuse.
Elle fit une révérence grotesque avant de s'allumer une clope.
- Tu sais quoi, Granger, j'ai le sentiment que tu nous caches des trucs depuis quelques jours... poursuivit-elle, ingénue. En fait, depuis que tu es rentrée de ta virée avec Vivianne. Que s'est-il passé là-bas ? Tu t'es tapée la reine de coeur et c'était tellement nul que tu préfères ne pas en parler ? finit-elle en éclatant de rire.
- Franchement, les psychopathes, c'est pas mon genre. Une autre question à la con ?
- J'ai le droit ? Merci Granger ! Alors... hmmm... allez, je me lance mais accroche-toi, ça vaut son pesant de cacahuète, je sens que tu vas rire de mon imagination fertile ! Vivianne t'a fait le grand jeu, genre allez Hermione, je suis gentille maintenant, fais-moi un bisou et toi, avec ton grand coeur tendre de Gryffondor, tu l'as... touchée au plus profond de son être !
- Comment as-tu deviné ? demanda la brune pince-sans-rire avant de lui piquer sa cigarette.
- Et après on dit que c'est moi la traînée ! s'esclaffa Pansy. Imagine si c'était vrai, la tête de Minerva ! Putain, je donnerais pas cher de ta peau !
- Moi non plus. Et comme j'ai assez d'ennemi comme ça, je te prierais de ne pas colporter des ragots juste pour le plaisir de me faire chier. On s'entend pour la grossesse, tu dis rien à personne ? Pas même une allusion ou un jeu de mots, je ne veux rien entendre de ta part... ou de la part de quelqu'un que t'aurais mis dans le coup... bref, rien, R.I.E.N ne doit sortir de cet entretien toubib - patient. Compris ?
- Oui, ma Source. Mais ne me donne pas de prétexte pour l'ouvrir. Aussi, plus aucune cigarette et pas une seule goutte d'alcool. Nous sommes d'accord ?
- Pfff, j'arrive pas à croire qu'on me retire aussi les derniers plaisirs du condamné. Je peux au moins finir celle-ci ?
Alors ? Ca vous a plu ? N'hésitez pas à nous le faire savoir avec une petite review ! ^^
Bises et à mardi,
Link9 un Sygui
