Bonjour à toutes et à tous,
Comme le disait si bien ma mère, même motif, même punition (ouais, ma vieille était pas très cool), il n'y a pas eu d'upload la semaine dernière pour cause de grognement d'auteurs.
Et vu que Sygui a foutu le bordel dans les reviews avec son avis d'anniversaire (la pute ! LOOOL), je fais une réponse collective à tous vos gentils mots, en remerciant particulièrement gwendolineolivier5 qui s'est tapé (on l'applaudit bien fort !) toutes les trilogies ! Ca va, tu t'en remets ? ^^
La semaine prochaine, reprise des réponses individuelles, si Sygui ne remet pas son nez dans les reviews ! Non mais !
Donc, plein de gros bisous bien baveux à : Angenoire2107, Dororo03, Bergere, Natsu'eichi, Ron Ravenclaw, Steph, Solveig5 et son acolyte Duchaillu, isabellerickman, SoldierAlex35, pyreneprincess et Ivehzo !
Et rappelez-vous, si vous vous loguez, réponse assurée à partir de la semaine prochaine !
Bonne lecture !
Chapitre 37 : La princesse et les géants
Le groupe avait quitté Jollyroger après une journée de repos, laissant la gestion de la ville à une Millicent ravie d'utiliser ses talents à grande échelle. Les quatre sorcières longeaient à présent un désert aride pour piquer vers le sud. Leur prochaine destination était un vallon au pied des montages de Kalios. L'horcruxe était cachée dans une petite caverne, facile d'accès, selon Hermione.
- C'est encore loin ? grogna Pansy.
- On y sera en fin de journée, répondit patiemment Minerva.
- Rappelle-moi pourquoi on ne transplane pas ? s'enquit Parkinson accrochée aux hanches de Rose. Parce que, les ballades, c'est sympa, mais à petite dose.
Hermione roula des yeux et inspira profondément pour ne pas rembarrer sèchement la médicomage.
- La prophétie d'Aliénor, voilà pourquoi. Quand sonnera minuit du onzième jour du onzième mois. Donc, le 11 novembre. Ca nous laisse un peu moins d'un mois pour détruire les horcruxes et j'ai planifié notre voyage en conséquence.
- Et il se passe quoi, le 11 novembre ? demanda Rose.
- Les chaînes se briseront, l'esclave de votre querelle se lèvera et vous anéantira, récita la Source.
- Pourquoi suivre la prophétie alors que tu t'es torchée le cul avec la moitié ? fit remarquer Parkinson.
- Je l'ai respecté à la lettre, s'offusqua Hermione. Quand la Dernière atteindra l'âge de la maturité, elle partira en quête de votre destruction. Aidée de la Première, elle arrachera chaque bout de votre pitoyable existence de la terre des hommes. C'est bien ce qu'on fait ? Toi et Rose, la Première et la Dernière.
- Ouais, enfin, pour l'atteinte de l'âge de la maturité, t'as pris un raccourci... souffla le Maître des Chimères.
- J'aimerais comprendre la partie des chaînes qui se brisent, fit pensivement Minerva.
- Je pense qu'il s'agit des horcruxes détruits, répondit Rose. C'est ce qui retient la Source. Une fois brisés, elle est complète et donc paradoxalement plus vulnérable.
- Mais vulnérable à quoi ? continua Pansy. Après tout, c'est une boule de magie. J'vois pas ce qui peut l'inquiéter.
- C'est une bonne question... murmura Hermione.
- Donc, toi, l'esclave de ces deux grognasses, tu es sensée te lever et les anéantir. Une idée de comment t'y prendre ? demanda Parkinson.
- Absolument pas. J'improviserai, fit la brune en haussant les épaules.
- Ouais, on voit ce que ça a donné la dernière fois, grimaça la médicomage.
Hermione se laissa glisser le long de la paroi rocheuse de la grotte où elle avait trouvé refuge et serra contre elle son bras gauche inerte.
- Putain, j'ai terrassé des légions de démons, j'ai maté la révolte de elfes noirs, j'ai écrasé la rébellion des orcs et je vais crever ici à cause d'une écervelée !
- Hey ! feula Rose, debout devant la Général, les bras croisés sous sa poitrine. Je suis la princesse d'Avalon, l'unique héritière du trône, alors un peu de respect !
Hermione eut un rire sarcastique.
- Premièrement, ta mère est immortelle. Le trône d'Avalon, t'en verras jamais la couleur. Ensuite, unique héritière ? Qu'est-ce que t'en sais, gamine ? Vivianne aurait quelques bâtards dans le pays que ça ne m'étonnerait pas.
Rose se pencha pour gifler la brune qui se contenta pour toutes réponses d'un regard furieux. Le sol de la caverne se mit à trembler et la jeune femme perdit l'équilibre pour tomber sur les genoux de la militaire.
- Fais gaffe bon sang ! gronda Hermione en poussant de son bras valide la princesse.
- C'était quoi ? demanda Rose, blême.
- Les géants qui viennent nous chercher pour nous bouffer. T'as d'autres questions à la con ?
-Fais quelque chose pour empêcher ça !
- Si tu étais restée près de moi tout à l'heure, on ne serait pas là !
- Ils allaient détruire Kyralis ! Et tu ne semblais pas pressée de les en empêcher !
- J'organisais les troupes pour les prendre à revers, sombre crétine ! Un village, ça se reconstruit !
- Ok, laisse tomber. C'est quoi le plan ?
Hermione se pinça le nez entre le pouce et l'index et souffla son exaspération.
- Il n'y a pas de plan. Je suis blessée, épuisée et ma magie est à son niveau le plus bas. Je ne peux appeler mes officiers par télépathie car ça pourrait les déconcentrer et des personnes mal intentionnées pourraient intercepter notre communication.
- Pourquoi n'as-tu pas suivi la stratégie de Minerva ? pesta Rose.
- Je l'ai fait, sauf que Minerva est un âne. Elle a jamais fait ses classes, elle a aucune connaissance du terrain et elle s'est autoproclamée stratège après avoir remporté un tournois régional d'échecs quand elle avait huit ans... Bref, elle avait pas prévu l'alliance entre la horde de géants local et le banc de sirènes de la mer du sud, avec le soutien des dragons du Pic des Sages. La Source est derrière tout ça, si tu veux mon avis.
- Je n'en veux pas. Tout ce que je te demande, c'est de me sortir de là ! C'est un ordre, général !
- Je ne reçois pas d'ordre des pimbêches, grogna Hermione. Avant toute chose, faut que je soigne mon bras. Ta marraine t'a-t-elle enseigné deux trois trucs intéressants en médicomagie ?
- Euh... fit Rose en baissant les yeux, je sais confectionner une potion anti-acné et une autre pour éviter les règles douloureuses.
- Super... On va associer ça à ma compétence de confection des tampons roulés sur la cuisse et on va cartonner, ironisa Hermione. C'est quoi ton domaine de magie ?
- La métamorphose, répondit Rose qui semblait prête à pleurer.
La militaire réfléchit quelques instants puis soupira.
- Si on s'en sort, je démissionne pour aller élever des moutons en Perguérie.
- Je n'ai pas besoin d'être motivée, renifla la princesse.
- Ok... voilà ce qu'on va faire. Tu vas métamorphoser les deux petites pierres en géants.
- Super, on aura des figurines. Et ensuite ? se moqua Rose.
- Je vais les animer, petite conne. J'ai assez de magie pour ça. Donc, on va faire style que les deux géants nous escortent, leurs semblables n'y verront que du feu. Une fois dehors, on file en dehors des limites de la barrière antitransplanage et tu nous ramènes à Avalon.
- Cette ruse est pathétique, on va se faire prendre, rétorqua Rose.
- La bêtise des géants est la seule chose qui donne une idée de l'infini, conclut Hermione, philosophe.
Rose acquiesça et la militaire jeta un sort d'invisibilité sur son épée.
- J'espère ne pas avoir à mon servir... soupira la brune.
La nuit était tombée depuis une bonne heure déjà et la fatigue se faisait ressentir. Pansy dormait appuyée contre Rose et la jeune Sage devait se contorsionner pour la tenir, la médicomage ayant failli chuter de la monture plusieurs fois. Minerva récitait les déclinaisons latines pour se tenir éveillée. La litanie avait l'effet inverse sur Hermione qui se frottait les yeux en baillant.
- Quand on aura couché les enfants, on pourra discuter, toi et moi ? murmura la brune en se rapprochant de l'Ecossaise.
Cette dernière se raidit et dévisagea brièvement la rouge et or. Remarquant qu'elle ne semblait pas contrariée, l'ancien professeur acquiesça.
- Rien de grave, j'espère, fit l'enchanteresse temporelle.
- Non, rassure-toi.
Rose arriva à leur hauteur et pointa du doigt l'horizon.
- Des lumières, on arrive enfin ! soupira-t-elle, soulagée.
- On fait la course ? proposa Hermione. La dernière arrivée paie la tournée aux autres !
Sur ces mots, elle lança son cheval au galop, suivie de près par Minerva.
- C'est pas juste, j'ai un handicap... râla Rose.
Elle se tourna la tête et sourit en voyant le visage serein de Pansy.
- Techniquement, tu seras la dernière... Prépare ton porte-monnaie, ma douce, ça va te coûter cher.
Hermione poussa de sa main valide les portes menant à la salle du Conseil. Elle y trouva Minerva, Pansy et Vivianne, toutes trois occupées à annoter des parchemins.
- Personne ne t'a appris à frapper aux portes ? lança Pansy avec un regard noir. Aucune éducation...
- Vous nous dérangez, chef des armées. Repassez plus tard, ajouta Minerva d'une voix froide.
- Laissez... dit Vivianne d'une voix douce. Un problème, Hermione ?
La brune, marchant rapidement en direction des trois femmes, tira son épée dans un geste vif qui fit sursauter les deux Ministres. Arme à la main, elle se planta devant la table et balança la lame tachée de sang sur les parchemins.
- Je démissionne, grommela-t-elle en réajustant l'écharpe qui tenait son bras blessé.
- Enfin ! J'appelle les servantes afin de débarrasser votre chambre, fit la médicomage en applaudissant.
- Je vais chercher du champagne en cuisine, s'exclama joyeusement Minerva.
Hermione se pencha sur la table et, d'un mouvement précis et rapidement, passa sa main sur l'arrière du crâne de la stratège pour envoyer sa tête percuter la surface boisée. L'impact fut violent et un craquement sinistre se fit entendre.
- Elle m'a cassé le nez ! gémit Minerva en portant les mains à son visage ensanglanté.
Pansy allait se jeter sur la militaire quand Vivianne intervint.
- Tss tss tss. Pansy, soigne ta femme, et Hermione, même si je sais que tu préfères agir que parler, j'aimerais que tu m'expliques ce qui se passe, demanda calmement Viviane en embrassant du geste, et l'épée abandonnée sur les vélins, et ses deux conseillères qui dévisageaient furieusement la générale.
- Je démissionne. Je pars élever des moutons en Perguérie, bougonna la militaire. Marre de l'armée, marre de la guerre, marre de dormir sous une tente...
Viviane regardait sans animosité son chef des armées grommeler, la tête penchée, une main soutenant son menton. Elle laissa le silence s'étirer et le malaise d'Hermione grandir.
- Minerva, Pansy, nous reprendrons plus tard, dit-elle sans lâcher des yeux la brune.
Les deux conseillères se levèrent et esquissèrent une révérence avant de quitter la salle, sans oublier de fusiller du regard le chef des armées qui le leur rendit. Mais l'interlude ne dura qu'un instant et Hermione dut reporter son attention vers sa souveraine.
La Dame du Lac se leva, fit le tour de la table pour rejoindre une fenêtre et contempler la plaine qui s'étendait au-delà des murs de la cité.
- Que vois-tu ? demanda-t-elle doucement sans se retourner.
- De l'herbe, grogna la brune.
Hermione vit la souveraine plisser les yeux dans le reflet de la fenêtre. Elle déglutit difficilement, attendant les foudres qui ne manqueraient pas de s'abattre.
- Moi je vois un pays qui veut grandir dans la paix. Il est assez riche pour nous le permettre. Mais il demande des efforts.
- Et il n'a pas besoin de quelqu'un qui fait tout foirer. Apparemment, je ne suis pas fichue de suivre un plan élaboré de main de maitre. Aussi, je préfère me retirer. Ginny me remplacera très bien.
Viviane tourna un instant la tête pour faire signe à sa générale de la rejoindre. Elle attendit qu'elle soit proche pour lui faire face avec un léger sourire.
- Doutes-tu de mes choix concernant ceux qui m'entourent ? demanda-t-elle en plongeant dans le regard noisette.
- Non, ma reine... murmura Hermione.
L'intensité du bleu du regard semblait prendre en puissance.
- Comme je ne doute pas de tes choix en campagne. Minerva est une excellente stratège, mais j'ai besoin d'un excellent général pour faire en sorte que sur le terrain, ces stratégies ne restent pas des hypothèses et deviennent des succès. Et ça, Hermione, c'est toi qui le fais pour moi.
- Oui ma reine. Je reste à vos ordres, répondit Hermione, honteuse.
- Rose m'a raconté ce qui s'est passé. Elle t'a désobéie. Elle m'a avoué que c'était uniquement de sa faute et elle était atterrée en se rendant compte que son comportement aurait pu vous coûté la vie à toutes les deux.
- Je suis l'unique responsable, car j'aurais dû garder un oeil sur elle.
Hermione tourna les talons pour ramasser son épée qu'elle glissa dans son fourreau.
- Je sais que tu fais ce qu'il faut, et j ai confiance en toi parce que nous voulons toutes les deux la même chose.
- Si seulement... murmura Hermione avant de quitter la pièce.
Le groupe avait trouvé refuge dans une petite auberge et le patron, un sorcier polonais, leur avait préparé un véritable festin. Hermione voulait dîner dans le calme mais Pansy, en forme après sa sieste, était intenable.
Après la dixième blague salace racontée par la médicomage, Rose sentit que la patience de Minerva s'amenuisait. L'Ecossaise voyait les efforts que faisait la Source pour sourire alors qu'elle n'avait qu'une seule envie, manger dans un silence reposant.
- Allez, une dernière pour la route, poursuivit Parkinson. Pourquoi les blondes n'ont-elles pas de poil pubiens ?
La Sage attrapa la médicomage par le col et se leva rapidement.
- Je vous en débarrasse, elle a assez dit de conneries pour la soirée. Bonne nuit, m'mans !
Le Maître des Chimères se saisit d'une cruche de vin de sa main libre et, tenant toujours Pansy par la chemise, elle sortit de la salle et grimpa les escaliers pour pénétrer dans une chambre dont elle ferma la porte d'un coup de pied bien placé. Elle posa l'alcool sur la petite table de la pièce et entraîna Pansy au pied du lit. Le Maître des Chimères pressa son corps contre celui de la médicomage jusqu'à ce que cette dernière tombe sur le matelas.
- Un problème, Rosie Chérie ? demanda Pansy, surprise.
- Je pense qu'il est temps de passer aux choses sérieuses, tu ne crois pas ?
- Effectivement. Mais… maintenant ? Tu es sûre ?
- Mes mères pensent que je t'ai embarquée pour te passer l'envie de les embêter à nouveau. On va être tranquille pendant un petit moment.
La Sage grimpa sur le lit tel un fauve. Elle s'avança sur Parkinson, serrant son corps contre celui de la médicomage, obligeant cette dernière à s'allonger sous elle.
- Hmmm, Rose, as-tu déjà eu une...
- Chut, murmura la Sage en posant son index sur les lèvres de la Haute. J'ai des milliers d'années de souvenirs de ma vie de Conseiller alors ne me vois pas comme la petite fille qui a grandi d'un coup, mais comme la dixième Sage que tu as connu lors de la bataille de Poudlard.
Elle se redressa et posa ses mains sur le buste de Parkinson, ses doigts crépitant de magie caressant langoureusement à travers le tissu les seins invitant de la médicomage.
- Tu es habituée à coucher avec des moldues ou de simples sorcières. Peut-être as-tu eu l'occasion, sans le savoir, de t'étendre avec une mage... poursuivit-elle, déboutonnant calmement le chemisier de la Serpentard.
Elle se pencha en avant et mordilla légèrement la lèvre de Pansy.
- Mais apprête-toi à vivre une expérience mémorable. Car faire l'amour à un Conseiller qui a la pleine maîtrise de son art est un plaisir indescriptible... chuchota le Maître des Chimères. Es-tu prête ou préfères-tu attendre encore un peu ?
- Je pense que tu connais la réponse... déglutit Parkinson, la respiration saccadée, frissonnant sous le toucher de la jeune femme.
Rose eut un sourire et agita la main pour éteindre la lumière.
- Tu vas passer la plus belle nuit de ta vie...
Hermione avait chevauchée une vingtaine de minutes pour atteindre la périphérie de la ville. Elle arrêta sa monture devant une grande bâtisse en bois, donna les rennes à un employé qui lui fit une profonde révérence. A peine avait-elle posé le pied dans le salon qu'une vieille femme, d'un âge proche de celui de Minerva avait-elle pronostiqué, s'avança vers elle pour lui serrer la main.
- Blessure de guerre ? s'enquit la taulière en désignant le bras en écharpe.
- Le médecin m'a prescrit deux jours de repos. Je ne me sentais pas de les passer ailleurs qu'ici, répondit la générale avec un sourire affable.
Le regard de la vieille femme s'illumina et elle fit une courte révérence.
- Merci, Générale. Votre visite nous honore. Je vais chercher Amaria. Elle sera ravie de vous revoir.
Hermione s'installa dans un fauteuil et se saisit de sa main de libre de "l'Avalonien", le quotidien qui paraissait le soir, traînant sur la table. Elle déglutit de travers en découvrant la une et toussa misérablement.
"La princesse d'Avalon sauve le Général d'une mort certaine.
Le communiqué envoyé cet après-midi par le cabinet du Ministre de l'Intérieur nous fait part d'une nouvelle assez inquiétante. Rose, fille de nos reines bien-aimées, a sauvé le Général des armées d'Avalon d'un piège tendus par une tribu de géants."
La brune décida d'arrêter là sa lecture et froissa la feuille de chou pour l'expédier en un jet parfait dans la poubelle.
- C'est forcément un coup de cette garce de Minerva... A mon retour, j'lui fume sa tronche... grommela la militaire.
Des bruits de talons qui claquaient contre le bois la firent relever la tête. Amaria était vêtue d'une robe blanche et de petites chaussures en cuir. Déjà qu'elle était grande, les talons lui rajoutaient cinq bons centimètres. Hermione se leva et s'approcha pour se saisir de la main de la dame afin de la portée à ses lèvres.
- Tu m'as manquée, générale. Cette dernière campagne était bien longue... commença Amaria avec une petite moue ennuyée.
- Je sais. Je suis heureuse d'être rentrée.
- Moi aussi. Je me suis faite belle pour l'occasion. Tu aimes ? demanda-t-elle en désignant sa robe avant de tourner sur elle-même.
- Tu es magnifique, répondit sincèrement la militaire.
Amaria lui prit la main et lui fit monter les marches jusqu'à une petite chambre propre. Hermione ferma la porte et sourit alors que la blonde commençait à défaire les boutons de sa veste.
- Il parait que tu restes ici deux jours ? Tu as prévu quoi ? susurra Amaria avant de s'emparer des lèvres de sa cliente.
- Je pensais t'emmener en promenade demain. On pourrait déjeuner dans la forêt.
- Avec plaisir. Qu'est-ce qui est arrivé à ton bras ? s'enquit la femme aidant la générale à ôter son haut.
- Rien de grave, mais j'ai l'impression que les médicomages d'Avalon ont reçu pour consigne de me faire chier... Fais-moi penser de démonter la face de Pansy en rentrant au château.
Amaria éclata d'un rire léger et caressa l'ovale du visage de la brune.
- Chaque chose en son temps. Tu sais, j'ai suivi une formation en médicomagie. Rien de très complexe, mais je sais soigner un bras cassé. Puis-je ?
- Tu serais merveilleuse.
La femme passa ses doigts le long du membre douloureux et des étincelles bleues dansèrent sur la peau.
- C'est beaucoup mieux, merci ! fit Hermione en remuant les doigts.
- Je préfère quand tu es au mieux de ta forme, fit Amaria avec un sourire mutin.
Hermione l'attrapa par les hanches et l'emmena au lit.
- Je vais te montrer combien je te suis reconnaissante.
Hermione retira ses chaussures et les jeta négligemment à l'autre bout de la pièce. La serveuse qui leur avait indiqué la chambre ressemblait trait pour trait à Amaria et cela l'avait déstabilisée.
Elle se laissa tomber sur le lit et soupira profondément. Il y avait un point commun à toutes les existences qu'elle avait vécues : le désordre complet dans ses relations sentimentales. Et il était grand temps d'y mettre de l'ordre. Elle avait pris une décision, guidée par ce qu'elle ressentait au plus profond d'elle-même, faisant taire la Source et sa personnalité d'Avalon, et maintenant, elle devait s'y tenir et arrêter de faire n'importe quoi.
"La chair est faible, surtout la mienne, dirait Pansy..." songea-t-elle.
- Tout va bien ? demanda Minerva en sortant de la salle de bain.
- Oui, juste fatiguée.
L'Ecossaise vint s'allonger à côté de la brune et tourna la tête pour la regarder.
- Tu veux qu'on remette notre discussion à demain ?
Hermione bougea pour se mettre sur le flanc et ainsi plonger ses yeux dans les deux émeraudes qui la fixaient.
- Non, ça ira. Je profite d'avoir les idées encore claires... ou encore à moi. A chaque horcruxe détruit, l'emprise de la Source se renforce et j'ai peur de perdre les pédales bientôt.
Elle soupira et se mordit l'intérieur de la joue.
- En fait, je voulais... euh... c'est que... Je... C'est compliqué.
- Alors dis-le simplement.
La brune respira lentement avant de sourire timidement à l'animagus.
- Je n'ai jamais été à la hauteur avec toi, j'en suis consciente. Et je ne veux plus me chercher d'excuses. Minerva...je...
- Oui ?
L'ancienne Gryffondor déglutit avant de prendre son courage à deux mains, chassant de ses pensées Aliénor et Viviane.
- Je t'aime...
L'Ecossaise ferma un instant les yeux, savourant les mots que la brune venait de prononcer.
- Rose me reproche d'être une boule de magie sans sentiment et sans état d'âme... mais je ne peux pas lui dire que j'ai peur. En fait, je suis terrorisée. Et s'il y a quelqu'un à qui je peux parler de ça, c'est bien toi.
L'Ecossaise avança sa main vers la joue de la brune pour la caresser, dessinant le contour franc et volontaire de sa mâchoire.
- Je ne suis pas sans reproche non plus, et j'ai plus souvent qu'à mon tour nuit à notre relation. Mais si tu le veux, et c'est ce que je comprends, je peux être pour toi celle qui t'accompagnera tous les jours à venir, pour t'écouter, te soutenir, et surtout pour t'aimer.
- Serais-tu prête si on survit, avec ou sans magie, à prendre ta retraite ? Car dans les prochains mois, je vais avoir besoin d'aide.
Minerva haussa un sourcil interrogateur.
- Avec ou sans magie, je suis avec toi, et si tu as besoin de moi au point qu'il faille que je cesse de travailler je le ferais. Mais tu m'inquiètes...
- Si Pansy a raison dans son diagnostic, on va avoir deux bonnes raisons de s'inquiéter pour les 20 prochaines années...
Quelques secondes passèrent puis Minerva, comprenant ce qu'Hermione venait d'annoncer, ouvrit la bouche, la referma, fit des yeux ronds avant de pouvoir articuler quelque chose.
- Tu... Quand on... Je... On... Deux !
Hermione éclata de rire devant l'air stupéfait mais ravi de son ancien professeur. Elle approcha son visage de celui de McGonagall et lui sourit tendrement.
- Comme tu dis ma chérie, lui répondit-elle avant de l'embrasser.
Elle effleura de ses doigts la joue chaude pour ensuite les glisser dans la chevelure noire pour jouer avec une mèche.
- Ca ne te donne pas envie de fuir loin de moi ?
- De moins en moins, souffla l'animagus sur les lèvres de son amante.
- Ca me fait du bien de te l'entendre dire... commença Hermione en passant ses mains sous le tee-shirt de Minerva pour caresser le creux de ses reins. J'ai envie de m'étendre avec toi mais, si tu recommences à utiliser ton don pour la métamorphose, promets-moi de ne pas m'en faire un troisième dans la foulée. Comme me le faisait remarquer notre médicomage préférée, la contraception, c'est pas fait pour les centaures. Et avant que tu nies, la dernière fois, ce n'est pas des doigts que j'ai sentis.
- Je ne nie rien, commença l'Ecossaise en déboutonnant la chemise d'Hermione, et je vais te promettre d'être sage, enchaîna-t-elle en laissant glisser son index sur la peau dénudée, enfin... pas trop ...
Des coups frappés à la porte tirèrent Hermione de sa torpeur. Elle papillonna des paupières un instant avant de se redresser sur ses coudes. Amaria était allongée contre elle, sa tête reposant sur son ventre. La porte s'ouvrit légèrement et une tête rousse apparut.
- Salut Herm', commença Ginny, gênée. Cette vieille garce de Minerva t'attend en bas et... et merde, elle arrive.
Le nom de la stratège de Viviane fit bouillir le sang de la brune. Elle regarda autour d'elle avec l'intention de filer avant de commettre un meurtre que sa reine ne lui pardonnerait pas, mais sa belle de nuit se lova plus proche d'elle dans son sommeil, la dissuadant de partir. Un sourire narquois apparut sur ses lèvres. Elle attrapa son oreiller pour se réinstaller confortablement.
- Laisse-là donc passer, qu'elle se rince l'oeil puisqu'elle en meurt d'envie, fit-elle alors que Minerva bousculait la rouquine pour pénétrer d'autorité dans la chambre.
- Incapable, incompétente et lubrique, laissa tomber la Ministre avec une moue dégoutée.
- Allons Minerva, ne soyez pas aussi dure avec vous-même ce matin, répondit joyeusement Hermione en caressant le dos dénudé d'Amaria.
- Et dire que je suis obligée de venir en cet endroit répugnant pour venir vous délivrer le message de notre reine.
- Allez donc vous plaindre à Vivianne, c'est elle qui m'a filé l'adresse.
- Câtin !
- Non, ça, c'est votre femme, et elle bosse deux chambres plus loin.
- Je croyais que tu étais en convalescence, murmura doucement Amaria en se pelotonnant contre la militaire.
- Effectivement. Je vais virer l'emmerdeuse, chuchota la brune en traçant des arabesques de ses doigts sur la peau pâle de la femme. Dégagez, Minerva. Quoi que vous ayez à m'aboyer, ça attendra demain.
- Ce serait de moi, vous ne seriez certainement pas invitée ce soir alors que l'on va recevoir les vassaux de notre reine. Tout juste bonne à servir d'épouvantail sur un champ de bataille, certainement pas pour paraître en société. Alors quand vous sortirez de votre fange, pensez à mettre votre grand uniforme... si vous ne l'avez pas encore monnayé pour vos coucheries.
- Rassurez-vous, la solde que m'alloue notre reine est suffisante. Mais je comprends que votre maigre salaire suffit à peine pour payer vos toilettes. Vous n'avez qu'à dire à notre souveraine que vous n'avez pas réussi à me trouver. Votre incompétence est légendaire, aussi elle croira ce mensonge.
La brune se rallongea et passa un bras autour des épaules d'Amaria pour la serrer contre elle. Elle l'embrassa brièvement sur les lèvres et eut un sourire pour la blonde.
- Maintenant, dégagez, je suis en charmante compagnie et j'ai déjà suffisamment perdu de temps avec vous.
Minerva se drapa dans sa dignité et, le nez en l'air, toisa la rouquine qui était restée dans l'embrasure de la porte de la chambre.
- Vous êtes témoin que j'ai informé votre générale de ses obligations au palais ce soir. Je vous tiens personnellement responsable devant notre souveraine de sa présence. Sur ce, je préfère quitter ce bouge remplit de miasmes putrides et me passer de votre impossible compagnie.
Et, dans un effet de robe, la stratège quitta les lieux sans laisser aux deux militaires le loisir de répliquer.
- Herm', fit timidement Ginny en évitant de regarder le corps nu de sa supérieure, si tu veux, je peux toujours t' y représenter en arguant de ta blessure. C'est pas comme si cette vieille pie me faisait peur.
- Merci Ginny, ça m'arrangerait. Tu pourras passer un message à la mal-baisée ?
- Bien sûr.
- Tu lui diras que la prochaine fois qu'elle vient m'emmerder, je l'ouvre du bide à la gorge, je lui sors les boyaux et je donne sa langue à bouffer aux chiens.
Amaria éclata de rire et claqua un baiser sur les lèvres de la brune.
- J'aime ta délicatesse.
- Je suis sûre que la vieille peau appréciera, ajouta narquoisement la rousse.
Elle passa une main dans ses cheveux et eut l'air embêté.
- Mais euh... si notre souveraine te cherche ?
- Si vraiment ma présence est indispensable, je serai en fin de matinée à la lisière des bois qui se trouvent à trois lieux d'ici.
Ginny fit un clin d'œil à sa supérieure et ferma la porte de la chambre derrière elle. Amaria sourit en s'allongeant sur sa cliente.
- Tu nous amènes du beau monde. La Ministre de l'Intérieur, la chef de l'armée de l'air... Qui d'autre va venir ?
- Prie pour que ce ne soit pas la reine ! plaisanta Hermione.
- Il nous reste un peu de temps avant la promenade et je sais comment l'occuper... susurra la blonde en disparaissant sous le drap.
- Oh bordel ! lâcha Hermione alors que ses doigts se crispaient sur le matelas. Ne t'arrête pas...
Passez un bon week-end ensoleillé et portez-vous bien !
Bisous et à mardi,
Sygui et Link9
