Bonjour à toutes et à tous !

Le voici, le nouveau chap tout attendu !

On tenait à vous remercier pour toutes vos gentilles reviews et surtout tous vos petits mots pour Sygui, elle était super contente !

Bonne lecture !


Chapitre 40 : La chute d'Avalon

- Vous ne pouvez vous tromper plus lourdement.

Aliénor était sur le seuil de la porte, décoiffée, les vêtements en vrac. Du sang s'écoulait d'une plaie sur son front et la Française, l'air furieux, l'essuyait d'un geste agacé. Cependant, quand son regard se posa sur Hermione, il devint doux et chaleureux.

- Administratrice, salua Viviane sans ôter sa main de sous le vêtement d'Hermione. Quel mauvais vent t'amène ?

- Le vent de ta défaite, Dame du Lac. Veuillez excuser mon arrivée tardive mais il y avait des malandrins sur la route. Hermione, lève-toi, tu as une mission à accomplir.

- Je sais, soupira la brune en ôtant la main de la Dame du Lac. Mais Vivianne a offert une porte de sortie de conflit à la Source et...

- Je ne peux pas croire que tu envisages une telle solution ! s'agaça la Présidente des Conseils. Même si la Source accepte, ce qui n'est pas dit, elle va se jouer de nous tous. C'est un marché de dupes et tu fonces tête baissée.

- Je sais bien, et crois bien que ça ne m'enchante guère... commença Hermione.

- Merci pour moi, se moqua Vivianne.

- D'un autre côté, si je peux sauver les sorciers et les moldus, je n'hésiterai pas, poursuivit la brune avec un regard noir pour son ancienne souveraine.

- Et une fois de plus, tu penses à faire passer l'intérêt de tous avant le tien, fit doucement Aliénor. Je l'ai fais plus souvent qu'à mon tour quand j'étais reine. Mais la Source ne respectera jamais sa part du marché ! Et puis, tu te vois vivre avec... elle, sans plus jamais voir Rose ? Ou Minerva ? Ou même moi ?

Le regard d'Hermione se voila et elle baissa la tête.

- Le seul vrai choix, le premier et le dernier que j'ai fait dans toutes mes existences, c'est celui de t'avoir aimée. Depuis, je suis juste le jouet de la Source, j'essaie de faire de mon mieux...

Aliénor sourit à la confidence et s'approcha des deux femmes.

- On peut vaincre l'Origine de toutes magies, et on peut tous survivre, dit-elle d'un ton assuré. Vivianne, tu es prête à renoncer à la magie. Confie ton pouvoir à Hermione. Elle et moi détruirons la Source.

La brune tomba brutalement à genoux, la tête entre les mains, les traits tordus de douleur.

- Pas pour dire, mais Elle n'est pas d'accord, gémit la rouge et or avant de se tourner vers la Dame du Lac.

- Evidemment qu'elle est contre. Elle sait que nous avons la faculté de réussir, fit sèchement la Française.

Vivianne ignora la réplique et reporta son attention sur son ancienne générale.

- Je savais qui je choisissais pour être le chef de mes armées, une femme intègre, dévouée, mais clairvoyante dans ses choix. Tu n'as jamais failli, Hermione, et aujourd'hui ne fera pas exception.

- Vous ne lui donnez pas le choix. L'exil ou la mort... fit Aliénor, glaciale. Toi et la Source êtes semblables dans votre folie.

Viviane prit Hermione dans ses bras pour l'aider à se remettre debout avant de faire face à son ancienne vassale.

- Je lui ai promis, dans une autre vie, de toujours veiller sur elle et de la protéger. En abandonnant mes prérogatives, je tiens ma parole et je prouve mon engagement. Il n'y a rien que tu puisses trouver à redire à tout ceci.

- Tu es une imbécile, Vivianne. Je l'ai toujours su mais tu trouves toujours le moyen de me le rappeler un peu plus tous les jours, fit sèchement Aliénor avant de tourner les talons, se dirigeant vers la porte des appartements royaux.

- La Source accepte, murmura Hermione. Elle me liste ses conditions.

- Tout va bien se passer, j'en suis certaine, chuchota la Dame du Lac. Aliénor a toujours été un oiseau de mauvais augure.

La brune prit la main de la blonde et acquiesça. Perdue dans les yeux bleus de la souveraine, elle ne remarqua pas la quatrième sage qui s'approchait rapidement, trop rapidement, d'elles. Elle ressentit la chaleur de la Française sur sa main avant qu'une vive douleur se fasse sentir. Elle vit que la Dame du Lac et l'ancienne reine grimaçaient elles aussi. Elle baissa les yeux et découvrit l'arme d'Aliénor qui transperçait leurs trois mains.

- Les promesses n'engagent que ceux qui les croient et si la Source compte sur votre naïveté, moi je ne serai pas crédule, murmura froidement la Présidente des Conseils. Karshak ! Répond à mon appel !


Minerva, Pansy et Marylin gagnèrent enfin la porte Est. Elles avaient dû se faufiler dans des petites ruelles pour éviter les combats et faisaient maintenant face à un affrontement violent. Yuki et Rose déchaînaient toute leur puissance et Minerva fit un mouvement en direction des deux combattantes. Cependant, une main sur son épaule l'empêcha d'avancer.

- Je dois aller l'aider, gronda l'Ecossaise.

- Elle y arrivera, la dixième haute ne lui arrive pas à la cheville, murmura Marylin. Allons porter secours à Hermione.

- Si tu veux, je peux rester ici et la soigner à distance, proposa Pansy qui grimaça alors qu'une molaire était éjectée de la bouche du Maître des Chimères. Bon, dentaire n'est pas ma spécialité, mais ça doit pas être bien sorcier.

- Rose appellera Arathi en cas de besoin. Dépêchons-nous, encouragea Marylin en brisant une fenêtre d'un coup de coude.

- C'est marrant les blondes, commença Parkinson en s'allumant une clope. Tu viens de briser la seule vitre encore intacte, ameutant sûrement les Conseillers fêlons alors qu'il nous suffisait seulement d'emprunter une des autres ouvertures.

Elle souffla la fumée et eut un léger rire devant l'air perplexe de la Sage.

- Bon, j'vais faire ma Serpentard, mais j'rentre pas la première dans ce piège, ni la dernière ! En plus, j'adore être au milieu de deux superbes femmes...

Marylin roula des yeux et commença à escalader le mur pour se glisser par la fenêtre. Quelques instants plus tard, elle fit signe à Pansy de venir. Cette dernière tira sur sa cigarette avant d'en jeter le mégot et, après un dernier regard à Rose, tenta de grimper à son tour.

- J'ai besoin d'aide... grogna-t-elle en tirant sur ses bras.

Minerva arriva et poussa la Haute qui gloussa.

- Belle-maman me met la main au cul ? Tu as douze ans de retard, chérie...

- Pansy... gronda l'Ecossaise. Je croyais qu'on avait laissé cela derrière nous.

- Oui, et ? Vu qu'on risque de mourir aujourd'hui, j'ai bien le droit de dire que t'es une allumeuse de première qui n'assume pas, qu'Hermione est une salope, et qu'heureusement Rose sauve la famille !

- Si c'est une salope, pourquoi nous aides-tu à la sauver ? s'enquit Marylin en récupérant la médicomage.

- Parce que je rêve de lui dire en face.

La Sage eut un mince sourire et alla ouvrir la porte pour jeter un coup d'oeil dans le couloir.

- Tu penses vraiment que je suis une allumeuse qui n'assume pas ? murmura McGonagall en enjambant la fenêtre.

Pansy s'approcha de l'animagus et se pencha à son oreille.

- Je pense que tu as toujours trouvé prétexte à casser tes relations car tu as inconsciemment peur de t'engager depuis que ton fiancé et ta famille sont morts des mains de Grindelwald. Tu fuis dès qu'un avenir est possible. Ce qui a donné ta vie amoureuse chaotique. Quand Granger a disparu la première fois, nous avons flirté ensemble. Ce qui était commode pour toi, car j'étais du genre à papillonner. Pas d'engagement pour toi, pas de risque. Quand ça a commencé à devenir sérieux entre nous, tu as choisi Hermione alors qu'il y avait 99% de chance qu'elle meure dans sa bataille contre Vivianne. Une fois de plus, tu visais l'échec. Ensuite, tu es sortie avec Bibine. Au moment où la possibilité d'une relation de couple se présentait à toi, avec le mariage, tu as une fois de plus tourné les talons pour rejoindre Hermione, malgré l'épée de Damoclès au-dessus de sa tête. J'en tire deux hypothèses : la première, tu veux foirer ta vie amoureuse car tu t'éclates dans ton boulot. La seconde, Hermione et toi êtes des aimants. Réglez les non-dits entre vous et allez de l'avant.

Minerva avait les sourcils intensément froncés en écoutant la diatribe de la Serpentard, tout en reprenant sa progression avec précaution entre les gravats et les murs éventrés.

- Tu racontes n'importe quoi, grommela-t-elle, en envoyant un sort à travers une fenêtre en direction d'un orc qui comptait les rejoindre.

- Mes chéries, désolée de vous déranger, mais on a de la visite, susurra Marylin en reculant pour gagner le milieu de la pièce.

La porte vola en éclat et Calamity Jane, Clément et Jacques apparurent.

Minerva laissa un sourire vaguement sadique apparaitre sur ses lèvres et fit craquer ses doigts.

- Exactement ce dont j'ai besoin en ce moment, feula-t-elle.

- Je te laisse le mien si tu veux, répondit Parkinson en reculant prudemment derrière l'animagus.

"Minerva, fais attention à Calamity Jane." prévint Marylin dans l'esprit de l'Ecossaise. "Sa spécialité est le renvoi de sort. Clément et Jacques sont assez complémentaires dans leur technique, il faut les séparer. Occupe-toi du templier, je gère les autres."

L'instant d'après, une fumée âcre envahit la pièce et un cri retentit.

- Bon sang, c'est quoi ce bordel ? lâcha Pansy en reculant pour se retrouver dos à un mur.

Elle s'alluma une cigarette et inspira profondément.

- Tu crois que c'est le moment ? gronda Minerva, cherchant des yeux ses adversaires. Tu trouves qu'il n'y a pas assez de fumée ?

Un craquement sinistre se fit entendre suivit d'un hurlement.

- Ca, c'est un tibia brisé, expliqua doctement Parkinson.

- Heureuse de t'avoir parmi nous pour les cours d'anatomie, mais bien plus intéressée par des pouvoirs magiques, grinça l'animagus en développant un bouclier magique autour d'elles alors qu'un trait orangé les rejoignait avant d'ébranler la protection en se fracassant dessus. Est-ce que tu pourrais au moins t'occuper des sorts défensifs ?

- Avec plaisir, ma douce, se moqua Pansy en envoyant au hasard un Revigor dans la fumée. Comme ça ?

- Pansy, tu m'énerves, grommela l'animagus en envoyant un sort particulièrement violent vers Jacques qui tentait de prendre Marylin à revers.

- Et c'est dans ces moments que tu es à ton meilleur niveau, se gaussa la vert et argent.

La fumée finit par se dissiper et Calamity Jane était allongée sur le sol, les yeux ouverts, morte. Clément était relativement mal en point mais restait dangereux.

Pansy lâcha sa cigarette et s'avança vers Marylin. La Sage avait une plaie béante à la gorge et ses doigts dégoulinaient de sang. Elle hoquetait, incapable de crier sa douleur, et sa respiration était de plus en plus laborieuse.

- Merde ! Minerva, tu peux gérer toute seule ? lança Parkinson en étendant l'ancienne actrice au sol avant d'écarter sa main de la blessure pour voir les dégâts.

L'animagus fit une longue arabesque et un mur de flammes séparaient les deux Conseillers fêlons de Pansy et Marylin.

- C'est par ici que ça se passe, messieurs, dit posément l'animagus en serrant plus fortement la garde de sa claymore.

"Ralentis leur temps..." murmura la voix de la huitième sage dans son esprit.

"Entendu, mais garde ton énergie, je m'occupe du reste", répondit l'animagus en pivotant sur elle-même lentement, regardant chacun leur tour les deux Conseillers qui souriaient, surs d'eux.

- Comme ça, vous comptez vous opposer une résistance ? se moqua Clément.

- J'espère même faire mieux, sourit l'Ecossaise en changeant sa prise sur la garde de son arme, gardant la protection entre eux et Pansy la plus puissante possible.

- Repentez-vous de vos erreurs et la Source vous accueillera parmi les siens, l'admonesta Jacques.

- La Source ne fait absolument pas partie de mes plans d'avenir, répliqua Minerva qui transférait une part de pouvoir dans la claymore avant de la planter violemment dans le sol.

Une onde magique quitta la lame et se propagea dans la pièce autour de Minerva, prenant dans son champ tous les anciens Conseillers.

Clément et Jacques n'eurent jamais la vitesse nécessaire pour opposer une main au second sort qui les frappa de plein fouet, ne laissant rien d'eux dans la salle.

Pivotant sur elle-même, l'animagus se précipita vers la Haute et la Sage, elles aussi captives du temps ralenti. Elle fit une arabesque de la main, libérant la médicomage de sa prison temporelle.

- Est-ce que ça aide si je laisse Marylin dans ce temps parallèle ? Est-ce que ça te donne plus de moyens d'agir ? demanda-t-elle inquiète.

Pansy leva les yeux vers Minerva et secoua doucement la tête.

- C'est fini pour elle... murmura l'enchanteresse de soin en caressant les cheveux blonds.

McGonagall serra les dents. Elle s'agenouilla au côté de la Serpentard, détacha son manteau et en couvrit la Sage.

- Je te laisse disposer du corps de Marilyn, finit-elle par dire en tournant son regard vers Parkinson. Rejoins Rose et dis-lui de me retrouver dès qu'elle le peut, conclut-elle en se levant, le visage fermé.

Elle arracha la claymore du sol et quitta la pièce d'un pas déterminé.


Vivianne tenta d'arracher la lame qui les liait mais Aliénor lui expédia son coude en plein visage.

- Hermione, lance le sort ! Maintenant ! cria l'enchanteresse de soin tandis qu'une gigantesque ombre s'approchait.

L'ancienne Gryffondor regardait le sang s'écouler de sa plaie, abasourdie.

- Hermione ! cria la rousse pour la faire sortir de sa torpeur.

- Mais...

- Pas de mais, fais-le, répliqua Aliénor d'un ton péremptoire. Fais-le, redit-elle doucement en plongeant dans le regard noisette.

- Aliénor, sale traînée ! hurla Vivianne alors qu'un immense dragon atterrissait dans les appartements, emportant avec lui le reste d'un mur porteur.

La Dame du Lac ferma sa main de libre et l'envoya dans l'estomac de la Présidente des Conseils qui se plia sous le coup. Cependant, elle répliqua aussitôt en décochant un coup de pied dans le genou droit de la blonde qui céda.

- Si tu ne le fais pas, je vais m'en occuper, grogna Aliénor en posant sa paume sur le coeur de la souveraine agenouillée. Karshak, approche-toi !

La Chimère de la paresse étira son cou et glissa sa tête sous les mains transpercées tendues vers elle par la Française. Hermione sentit le froid et la rugosité des écailles et frissonna alors que la magie de l'enchanteresse de soin s'activait.

- Hermione, donne-lui l'âme de la Source ! Vite ! fit la Sage alors qu'un tourbillon d'énergie les enveloppait.

La brune inspira profondément avant de commencer l'incantation. Aliénor la surveillait, attentive aux assauts de la Source qui n'allait pas manquer de se rebeller.

Vivianne criait son désespoir et sa douleur. Le sort qu'avait lancé la quatrième sage la vidait inexorablement de son pouvoir. Elle sentait la magie quitter son être, comme si les murs d'une maison tombaient les un après les autres. Une fois la dernière goutte de puissance aspirée, Aliénor retira d'un geste sec la lame qui les retenait ensemble et repoussa d'un coup de pied la Dame du Lac qui tomba sur le sol, pressant contre elle sa main blessée. Sans lâcher Hermione, la quatrième sage la serra plus près d'elle et plongea son regard dans les yeux noisette.

- Le plus délicat commence... Prépare-toi à recevoir la magie de toutes les créatures qui peuplent Avalon... murmura la rousse. Et surtout, la part de Source en eux.

- Je n'y arriverais pas, murmura la brune prostrée en regardant vers son ancienne souveraine.

- Tu es plus forte que tu ne le penses ma chérie, lui répondit Aliénor en lui tournant la tête de sa main sur la joue.

L'ancienne rouge et or serra les mâchoires avant d'acquiescer.

- Où en es-tu avec l'Origine de toutes magies ? s'enquit la Française alors que la tornade se transformait en cyclone.

- Elle s'en va progressivement.

- Quand on va aspirer la magie, elle va se renforcer avec les parties d'elle qui traînent dans l'inconscient des sorciers. Tu devras faire le tri. Tu gardes la magie, tu envoies l'ombre dans la chimère. Je prendrai la moitié de la puissance pour que tu n'exploses pas. Minerva ne me le pardonnerait pas, plaisanta la Présidente des Conseils.

Hermione acquiesça, sourit rapidement à la Française qui la soutenait toujours avant de se concentrer sur le flux d'énergie qui allait affluer en elle.

- Commençons, fit Aliénor en prenant la main blessée de la brune dans la sienne pour les lever au-dessus de leur tête.

- Je ne te laisserai pas faire... C'est ma famille ! Tu ne me la prendras pas ! gronda Vivianne en se relevant pour se jeter sur la Présidente des Conseils.

Les deux femmes tombèrent sur le sol et Vivianne réussit à coincer l'ancienne Administratrice sous elle pour lui décocher un coup de poing en plein visage.

- Par ta faute, j'ai perdu Morgane et Rose. Je ne te laisserai pas recommencer !

L'ancienne reine rua sous la Dame du Lac pour se soustraire à son emprise, mais la blonde lui assena un nouveau coup sur la tempe qui l'étourdit.

- J'ai eu le meilleur professeur qui soit pour me défendre, gronda Viviane, et crois bien qu'elle s'est donnée à corps perdu dans son enseignement.

- J'ai besoin d'aide... gémit Hermione qui peinait déjà à résister aux vagues de magie qui déferlaient.

- Je viens, souffla Vivianne en se relevant.

Aliénor bondit sur ses pieds et fit un plaquage de toute beauté à la blonde.

- C'est vraiment pas le moment ! grimaça l'ancienne Gryffondor.

Hermione sentit un poids incommensurable sur ses épaules et ses jambes fléchirent. Elle se força à garder une main en l'air, tandis que l'autre enserrait une des cornes du dragon comme une bouée au milieu d'une tempête.

Son coeur se mit à battre de manière désordonnée et elle sentit l'Origine de toute magie s'assembler en elle.

- C'est maintenant que ça passe ou ça casse, siffla-t-elle entre ces dents alors que la douleur de la rébellion de la Source enflait.


Merlin tomba à genoux, du sang ruisselant sur son visage. Son regard hébété balayait l'horizon, cherchant à comprendre ce qu'il voyait. Son bâton lui échappa des mains et une larme roula sur sa joue. Severus était mort et Marylin l'avait suivi quelques instants après, comme s'ils étaient liés.

Des mains se posèrent sur ses épaules et le vieil enchanteur leva ses yeux embués de larmes.

- Ne reste pas là, fit doucement William. La ville va être rasée, viens te mettre à l'abri.

- Comment va ta femme ?

- Juste un bras cassé, fit le nécromancien en aidant le premier sage à se mettre debout.

- Et Chaka ?

- Rotule déboitée, mais ça ne l'empêche pas de vouloir aller aider Rose puis s'occuper de Vivianne.

Merlin secoua doucement la tête.

- Replions-nous à l'extérieur de la ville. Le sort est lancé, on va bientôt être ramenés sur terre, murmura-t-il.

Au loin, les bruits d'une bataille sanglante se faisaient entendre.

- Elle va y arriver ? demanda William.

- Yuki ne fait pas le poids face à Rose. Dans les brutes du Conseil, ta cousine arrive en troisième position.

- Qui sont les deux premiers ? sourit le nécromancien.

- Aliénor et moi...

Merlin fit quelques pas mal assurés. William jetait des regards inquiets autour de lui. La ville d'Avalon se désagrégeait au fur et à mesure des minutes qui passaient.

- Ok, on se dépêche, ça va pas tarder à péter...


Hermione se forçait à ne pas penser à la douleur. Elle se concentrait sur sa respiration mais avait de plus en plus de mal à tenir. Elle sentit ses jambes céder et s'apprêtait à tomber quand quelqu'un la saisit par les hanches pour la maintenir debout. La brune ouvrit les yeux et fut soulagée de trouver Minerva pressée contre elle.

- Ce fut difficile de te rejoindre mais j'ai réussi. Dis-moi quoi faire, fit l'animagus.

- Le sort, haleta Hermione, celui que je t'ai appris... Lance-le... Aide-moi ...

Elle avait l'impression que sa peau prenait feu. Le pouvoir bouillonnait dans ses veines.
Minerva tendit la main pour la poser sur le cœur de son ancien élève quand quelqu'un attrapa sa cheville pour tirer dessus. L'animagus perdit l'équilibre et se retrouva sur le sol, à côté d'Aliénor, évanouie.

Perdant espoir d'avoir de l'aide, Hermione ferma les yeux. Son corps tressautait sous les assauts des vagues de magie. Seule sa volonté la faisait se crisper sur la corne du dragon, une main projetée vers le ciel.


Rose avait repris forme humaine et échangeait des coups avec Yuki. La Sage para un coup de poing et expédia avec force son pied dans l'estomac de la Haute qui fut propulsée pour s'encastrer dans un mur.

- Je ferai tout pour protéger mes mères, feula Rose en envoyant une boule de feu sur la Haute.

- Tu n'es qu'un insecte que je vais écraser, siffla Yamashi en se dégageant des débris.

Elle évita l'attaque de la Sage et se jeta sur elle. Les deux Conseillères roulèrent sur le sol, l'une et l'autre prenant chacune leur tour la position dominante pour asséner une série de coups de poing à son adversaire.

Rose se contorsionna pour glisser sa main entre elle et la Haute afin de la poser sur le coeur de sa Némésis. Elle envoya une décharge électrique qui fit se crisper Yuki et elle en profita pour se dégager. Elle se releva rapidement et, attrapant la Japonaise par les cheveux, elle se mit à courir, traînant la Haute sur le sol.

- Prends ça, siffla la Sage en envoyant son adversaire contre les remparts.

La Haute traversa le mur de pierre et se retrouva à terre, sonnée. Elle poussa sur ses mains pour se mettre à genoux et secoua la tête. Alors qu'elle se relevait, Rose sautait des remparts et tomba lourdement sur elle. Le front de Yuki trouva sans problème le nez de la Sage qui craqua dans un jet de sang.

Rose se retrouva dans une flaque d'eau, de la boue ruisselant sur son visage, se mêlant au liquide vermeil qui s'écoulait. Ses doigts se refermèrent sur une pierre qu'elle expédia dans les côtes de son adversaire. Elle se remit debout en haletant puis bondit sur la Haute qui cherchait sa respiration. Elle balaya les jambes et, une fois la Conseillère au sol, elle se mit à genoux, se saisit de la tête de l'Asiatique et l'enfonça dans un trou gorgé d'eau.

- Crève... fit froidement Rose en appuyant de toutes ses forces sur le crâne de la Haute.

Yuki se débattait, tentant de se dégager de la prise de la Sage. Puis, le corps fut parcouru de spasmes avant de se raidir une dernière fois. Le Maître des Chimères se redressa et, d'un coup de pied bien placé, éclata la boite crânienne de la dixième Haute.

- Bon débarras... siffla-t-elle. ARKHAN !

Elle grimpa sur le dos de la chimère qui se posa près d'elle.

- Trouve mes mères, chuchota-t-elle à l'oiseau avant que ce dernier s'envole.


Minerva se redressa et vit la Dame du lac penchée sur Aliénor, prête à la transpercer d'un couteau. Elle voulut jeter un sort mais l'air qui crépitait autour d'elle l'en dissuada.

- Je vais adorer lui rappeler qu'elle me doit la vie, gronda l'animagus en se transformant pour bondir au visage de Vivianne.

La souveraine recula sous l'attaque et cria quand des griffes se plantèrent dans son visage. Avant de se prendre un mauvais coup, Minerva lâcha prise et, reprenant apparence humaine, elle chargea de l'épaule la blonde qui vacilla sous le choc, le souffle court.

L'Ecossaise s'agenouilla aux côtés de la Française et lui donna quelques gifles bien senties.

- Réveillez-vous, Hermione a besoin de nous.

Un poids atterrit brusquement sur son dos et l'animagus grimaça. Le froid du métal sur son cou la fit frissonner, tout comme le souffle chaud et saccadé qui chatouillait sa nuque.

- Ca me chagrine, mais je vais devoir te tuer, Minerva...

- C'est notre lot à tous de mourir un jour, il faut juste choisir sa cause quand on en a la chance.

- Jamais je ne te laisserai élever mon enfant ! rugit Viviane en levant la lame, prête à la planter dans la chair de l'animagus.

Minerva se figea en entendant la révélation, avant de se reprendre, opposant son avant-bras pour dévier le coup.

- Sans aide, Hermione va mourir, et nos enfants aussi, tenta-t-elle.

- Je vais l'aider, ne t'inquiète pas. Mais Aliénor et toi ne serez plus là pour le voir !

La Dame du Lac se redressa et attrapa l'Ecossaise par le col pour la tirer en arrière. McGonagall réussit à conserver son équilibre et, passant ses deux mains derrière son cou, elle prit fermement le poignet qui la tenait pour le casser d'un geste sec.

Le cri de rage de Viviane couvrit à peine la plainte douloureuse d'Hermione qui gagnait en puissance. Le corps de la brune tressautait, du sang s'écoulait de son nez le long de sa gorge dont les veines turgescentes battaient de façon désordonnées.

-Tiens bon, je fais au plus vite ! s'exclama Minerva en se tournant pour pousser sans ménagement la blonde.

Seul le cri continu de douleur lui répondit. Viviane fit tourner le couteau dans sa main, jaugeant l'Écossaise.

- Minerva... ma fidèle, celle qui a tout fait pour me sauver la vie lors de l'assaut final des troupes de la Source... et te voila aujourd'hui qui veut ma mort. Notre créatrice est vraiment cynique.

- Je veux la même chose que toi Viviane, veiller sur ma famille, répondit sourdement l'animagus en s'apprêtant à feinter la prochaine attaque de l'ancienne souveraine d'Avalon.

La Dame du Lac changea ses appuis avant de plisser les yeux puis de laisser un mince sourire amer flirter avec ses lèvres lorsqu'elle vit son ancienne conseillère porter la main à sa poitrine.

- Ca fait mal quand on perd sa magie, n'est-ce pas ? On a l'impression qu'on t'arrache le coeur, l'essence même de ta vie... Mais sais-tu ce qui est le plus triste Minerva ? Sans ton don, tu ne peux plus aider Hermione, tu ne peux plus jeter le sort... Notre générale s'est encore sacrifiée ma chère, et je ne suis pas sure qu'elle puisse en absorber plus...

Minerva jeta un rapide regard à la brune qui semblait prête à s'effondrer. Karshak la maintenait debout du mieux qu'il pouvait. Le reste du plafond s'écroula entre les deux combattantes, faisant voir le ciel noir orageux d'Avalon.

" Va te mettre à l'abri." fit la voix d'Hermione dans son esprit." Le continent a presque disparu. Et ce sera bientôt à notre tour."

"Pas question de vous abandonner !" maugréa-t-elle en regardant autour d'elle. Avisant Aliénor toujours au sol, elle enjamba une poutre pour la dégager de sous les gravats.

" Est-ce que tu as déjà repris sa magie ?"

" Je ne sais pas, je ne choisis pas ce que j'absorbe, mais pars, je t'en conjure !" répondit la rouge et or alors que des pierres tombaient autour d'elles.

Regardant par-dessus son épaule, elle se rendait compte que le corps de la brune ne survivra plus très longtemps à l'assaut de la magie.

- Aliénor la sieste est finie, dit-elle en assénant une gifle magistrale à la Française.

La tête de la Présidente des Conseils bougea mollement mais ses yeux restèrent fermés.

- Merde, lâcha l'Écossaise.

- Je ne te le fais pas dire, siffla Viviane.

La blonde se précipita sur l'animagus qui l'évita souplement. Le sol s'effondra sous les pieds de la Dame du Lac qui disparut dans l'obscurité. Minerva n'eut le temps de souffler que le plancher se déroba sous elle. Alors qu'elle tombait, une poigne ferme l'agrippa. Elle leva les yeux et découvrit Rose, couverte de sang, allongée sur Arkhan.

- Il ne me reste plus que lui, mes autres chimères ont disparu, expliqua la jeune femme.

- Il faut aider ta mère !

- Impossible. Tout va s'écrouler. On doit se mettre à l'abri le temps de retourner sur terre.

Arkhan bougea rapidement sur le côté afin d'éviter un éclair et Rose raffermit sa prise.

- On ne peut pas l'abandonner... murmura Minerva, une main glaciale semblant serrer son coeur.

La dixième sage tira de toutes ses forces pour hisser sa mère sur le dos de la chimère.

- On peut... essayer d'interrompre le sort, cria Rose pour couvrir le bruit de la tempête.

- Mais la Source sera libre, objecta amèrement McGonagall.

- Que ferait m'man dans cette situation ?

- Ce qu'elle fait maintenant... elle se sacrifie, répondit l'Ecossaise en plissant des yeux.

La brune était auréolée d'une lumière blanche qui contrastait avec les ténèbres qu'amenait la destruction du continent. Sa main tendue vers le ciel tremblait sous les assauts de la magie qui dansait autour d'elle avant de pénétrer son corps.

Minerva détourna le regard, ne pouvant supporter la vision de l'agonie de la Gryffondor.

- Regarde ! s'exclama Rose.

McGonagall fixa l'endroit désigné par sa fille et se sentait partagée entre soulagement et colère.

- Elle m'en doit une... marmonna-t-elle. J'espère qu'elle va réussir.


Aliénor trébuchait à chaque pas mais se forçait à avancer pour rejoindre Hermione. Elle posa sa main gauche sur la tête du dragon et plaça l'autre sur le coeur de la brune.

- C'est bientôt fini, murmura la rouge et or.

- Je vais te décharger. Ensuite, je fossilise la chimère. La Source ne s'échappera jamais de sa prison.

- Que Merlin t'entende, articula la brune dans un souffle. D'ailleurs j'espère qu'il ne m'en voudra pas de ne plus être un enchanteur ... Ça blague ne fonctionnera plus ...

- Ne t'inquiète pas pour lui, murmura Aliénor avec un sourire. Préoccupons nous de ramener tout le monde à bon port.

- Te rends-tu compte que nous serons les deux moitiés d'un tout pour l'éternité ?

- Te rends-tu compte que je n'ai jamais rêvé d'autre chose ?

Un éclair frappa le sol à seulement quelques centimètres de leurs pieds.

- Plus de temps à perdre, déglutit Hermione.

Aliénor hocha la tête. Une main toujours posée sur la tête de Karshak, elle eut un sourire rassurant pour la brune.

- Commençons, chuchota la Sage en aspirant une partie du pouvoir qui coulait dans les veines de la rouge et or.


Minerva regardait la scène du haut des airs, Rose faisant faire des cercles à Arkhan au-dessus des deux femmes. L'animagus priait pour que la rousse ait le temps d'aider Hermione. Elle le voulait de toutes ses forces, mais son cœur s'étreignait de douleur tandis que les deux femmes se liaient pour l'éternité sous ses yeux.

"Rose, pose-toi immédiatement, Arkhan va disparaitre sous peu." prévint Hermione.

"Ok m'man... Prends soin de vous deux en attendant qu'on se retrouve."

La jeune Sage serra la main de sa mamaidh posée sur son ventre avant de diriger son oiseau fabuleux vers la terre la plus proche, tournant le dos à Avalon.


Hermione serrait les dents tandis que la magie les traversait de part en part. L'air était brûlant, à peine respirable. Elle et Aliénor était dans l'oeil d'un cyclone de pouvoir et les bourrasques de vent menaçaient de les faire tomber. La Sage avait du mal à conserver ses appuis et la brune sentait les ongles de la Française se crisper à travers sa chemise. Le bruit du continent qui se désagrégeait était assourdissant et un bourdonnement leur vrillait les tympans.

"Dans deux minutes, nous serons sur Terre. Tu tiendras ?" demanda la brune dans l'esprit de la rousse.

"Evidemment... Ce n'est pas l'expérience la plus déplaisante que j'ai vécu." répondit l'ancienne reine.

" Ou que tu vivras. Attends un peu que Minerva mette la main sur toi..." tenta de plaisanter la Gryffondor alors que ce qui restait des étages supérieurs du château s'écroulait autour d'elles.

"Je sais que tu aurais préféré que ce soit elle qui soit avec toi pour lancer le sort, je suis désolée de ne pas avoir pu contenir Viviane."

Hermione eut un doux sourire alors que le pouvoir enflait encore autour d'elles.

"Si tu es ici, avec moi, alors c'est ce qui devait être. Je n'ai aucun regret, si ce n'est de devoir faire disparaître complètement la magie pour nous débarrasser de la Source."

L'électricité se fit palpable dans l'air et Hermione abaissa sa main pour saisir celle de la Sage posée sur sa poitrine. Elle baissa les yeux et eut un regard pour la Chimère changée en statut de pierre.

"Prête à retourner sur Terre ?"

L'ancienne reine acquiesça avec un sourire qui atténua l'air épuisé que soulignait le filet de sang séché qui marquait sa tempe et sa joue.

Le paysage se brisa comme un miroir qui éclatait en plusieurs morceaux, révélant les ténèbres. Les doigts de la brune serrèrent fortement ceux de la rousse et les deux femmes tombèrent dans l'abysse du monde.


Et voilà le travail !

On espère que ça vous a plu ! En tout cas, on a adoré écrire ce chapitre !

Gros bisous et à jeudi prochain !

Bises,

Sygui et Link9