Coucou tout le monde !
Et le voici, tant attendu, le nouveau chapitre de la trilogie !
Bonne lecture !
Chapitre 41 : Un monde moldu
Minerva fut réveillée par la pluie qui tombait sur son visage. Elle ouvrit un oeil, puis deux, pour voir au-dessus d'elle le ciel gris pluvieux caractéristique de l'Angleterre. Elle se redressa sur ses coudes et grimaça en constatant qu'elle était allongée sur des sacs poubelle posés à même le sol. Puis, elle aperçut à quelques pas d'elle une silhouette vautrée sur des cartons défraichis. Elle fronça les sourcils et se leva d'un bond en reconnaissant Rose. Elle s'agenouilla auprès de sa fille et tenta de la réveiller.
- Rose, ma chérie, ouvre les yeux, dit-elle en donnant des petites tapes sur la joue de la Sage.
- Hmm... m'man... encore quelques minutes... le réveil a pas sonné... murmura-t-elle dans son sommeil.
- Rose, debout ! gronda McGonagall en cherchant du regard d'autres personnes.
Du bruit se fit entendre d'une beine à ordure et l'animagus se leva pour s'approcher silencieusement.
- Putain quelle conne ! J'ai une raison de plus de la buter... maugréa une voix familière. Y'a quelqu'un pour m'ouvrir ? J'suis coincée !
Minerva fit basculer le couvercle pour découvrir Pansy au milieu des ordures, une feuille de salade défraichie sur la tête.
- Minerva, heureuse de te voir ! J'suis sure que c'est ta garce de femme qui m'a collée là-dedans ! Une basse vengeance, si tu veux mon avis !
- Tu pourrais aussi te dire que tu es vivante grâce à elle, grommela l'ancien animagus en extirpant la Serpentard de son tas d'ordures.
- On est où là ?
- Je dirais Londres, répondit Rose qui s'approchait en s'étirant.
Un immense sourire illumina le visage de Pansy et Minerva regarda dans la même direction pour s'apercevoir que l'ancienne Haute reluquait le ventre plat de sa fille.
- Je sais que tu es amoureuse d'elle, mais est-ce que tu pourrais être moins explicite dans tes mimiques ?
Elle obtint un clin d'oeil pour seule réponse tandis que l'ancienne médicomage allait embrasser son amante.
- Bon. Je suppose que je n'ai plus qu'à explorer les environs toute seule, soupira l'Ecossaise.
Regardant autour d'elle, elle avisa un peu plus loin ce qu'elle estima être un autre corps. elle se dirigea prestement dans sa direction, inquiète de savoir si cela pouvait être Hermione.
- J'espère que ce n'est pas un sans-abri que je vais réveiller.
S'approchant, elle se rendit compte qu'il y avait au moins deux personnes. Que l'une était par-dessus l'autre. Minerva haussa un sourcil interrogateur avant que celui-ci ne se fronce en reconnaissant les vêtements que portaient Aliénor. Et son regard se fit menaçant lorsqu'elle constata que l'ancienne reine couvait littéralement Hermione.
- Jusqu'au bout elle va me pourrir la vie, siffla-t-elle entre ses dents.
Elle s'accroupit près des deux femmes et attrapa la Française par les épaules pour la faire rouler sur le côté. La Présidente des Conseils eut un petit gémissement avant que ses paupières papillonnent, laissant entrevoir des yeux rougis de fatigue.
- Evidemment, pour un réveil aussi délicat, c'est forcément vous, murmura Aliénor, la voix rauque.
- Bonjour, moi aussi je suis déçue de vous revoir. Autre chose ?
Minerva avait déjà tourné son attention vers la brune, écartant des mèches de cheveux collées sur son visage, balayant du regard son corps du regard pour s'assurer qu'il n'y avait pas de blessures apparentes.
- Hermione... chérie... appelait-elle doucement en caressant les joues de son amante.
N'ayant pas de réponse, elle ôta ses lunettes pour les approcher des lèvres de la brune. Elle soupira de soulagement en remarquant de la buée se former sur les verres.
- Un conseil, ne la réveillez pas tout de suite, grimaça Aliénor en tentant de se lever, sans succès. Vous m'avez promis une conversation, vous et moi.
La Présidente des Conseils se mit en position fœtale et étouffa un cri de douleur.
- Que se passe-t-il ? s'inquiéta Minerva.
- Le sort que nous avons lancé a meurtri nos corps... souffla la Française. Laissez Hermione récupérer un peu et discutons.
McGonagall fronça les sourcils. Aliénor n'était pas le genre de personne à montrer ses faiblesses, encore moins devant les personnes qu'elle n'appréciait pas. Alors, si elle en parlait, c'est que la douleur devait être insupportable.
- Bien, fit sèchement l'ancien animagus. Que comptez-vous faire maintenant ? Je vais avoir un enfant avec Hermione et...
- Et elle va en avoir un autre qui n'est pas de vous.
McGonagall serra les dents et foudroya du regard l'ancienne Sage.
- Comme je vous le disais plus tôt, j'ai gagné.
- Grâce à moi, oui. Si je n'avais pas été là, Hermione se serait sacrifiée une fois de plus soit en partant en exil avec Vivianne pour éviter la disparition des sorciers soit en mourant en absorbant toute la magie en elle. Et la gagnante aurait été ou Vivianne ou la Source...
L'ancien animagus vit rouge. Elle attrapa la rousse par le collet, la faisant grimacer.
- Vous allez cesser vos insinuations malsaines tout de suite. Hermione s'est engagée avec moi. Si les enfants qu'elle porte n'étaient pas de moi, je le saurais. Quant à vos élucubrations concernant Viviane, vous n'êtes qu'une mégère en train de mesurer l'étendue de sa défaite.
- Ma défaite ? Je suis immortelle, Hermione l'est aussi. Et vous... vous vous éteindrez d'ici quelques dizaines d'années. Je peux bien vous laisser ce temps-là avec Hermione, puisqu'après, je l'aurai jusqu'à la fin des temps...
Elle toussa quand l'Ecossaise resserra sa prise sur sa gorge.
- Un des enfants est bien de Vivianne. Vous feriez bien d'intégrer cette donnée de suite, histoire de ne pas faire un malaise le jour de l'accouchement.
Elle plongea son regard dans les deux émeraudes furieuses et afficha un léger rictus.
- Enfin, Vivianne a proposé à la Source de lui rendre son trône, ses pouvoirs et de partir en exil avec Hermione pour qu'elles élèvent ensemble les deux enfants. Après une courte hésitation que la Dame du Lac a balayée d'un baiser, Hermione a accepté. Pour le bien du monde sorcier, vous comprenez, ironisa-t-elle.
Minerva vacilla. Son monde basculait. Encore. Si Aliénor disait vrai, Hermione lui avait une fois de plus tourné le dos.
- Aliénor, s'écria joyeusement Rose en découvrant la rousse vivante au côté de sa mère. Mamaidh ? Quelque chose ne va pas ? C'est m'man H ? demanda-t-elle inquiète à présent en voyant l'air défait de l'Ecossaise et Hermione inanimée à ses pieds.
McGonnagall ne répondit pas. Elle lâcha sa prise et se leva comme un zombi. Pansy fronça les sourcils et la prit par le bras.
- Minerva ? Qu'est-ce qui se passe ? C'est la reine-mère qui vient encore de faire des siennes ? interrogea-t-elle en lançant un regard noir à l'ancienne Sage qui se laissait à nouveau aller au sol.
- Tu avais tort, ce n'est pas moi qui suis à l'origine de l'échec de mon couple, répondit l'Ecossaise d'une voix atone avant de s'éloigner de quelques pas.
Elle voulut transplaner pour mettre le plus de distance possible entre elle et la femme qui brisait à nouveau sa vie mais sa magie avait disparu. Elle se mit à courir sans jeter un seul regard en arrière, abandonnant celle qui l'avait trahie une fois de trop.
- Merde... Rose, occupe-toi de ta mère, siffla Pansy en courant à la suite de Minerva.
Elle la trouvait deux rues plus loin, prostrée, à genoux, des larmes se mêlant à la pluie qui coulait sur son visage.
Pansy s'accroupit et la prit dans ses bras pour la bercer.
- Tu m'avais prévenue, j'aurais dû t'écouter, sanglota l'Ecossaise.
Pansy était désemparée devant la détresse de Minerva. Elle ne savait pas quel ton adopter, quelle phrase dire pour soulager sa peine.
- Chut... Qu'est-ce que la reine mère a bien pu te raconter comme conneries pour te mettre dans cet état ?
- Elle a juste mis les pendules à l'heure sur l'engagement d'Hermione vis-à-vis de moi... Elle a préféré Viviane pour fonder une famille. Je n'ai plus rien à faire ici.
- Je ne suis pas une grande fan de Granger, surtout en ce moment, mais... tu ne voudrais pas l'entendre de sa propre bouche, plutôt que te baser sur les dires d'une femme que tu détestes et qui te le rend bien ?
- Pourquoi ? Pour qu'elle avoue avoir eu une liaison avec Viviane en même temps que moi ? Qu'elle porte l'enfant de Viviane ? Qu'elle préfère une vie avec Viviane plutôt avec moi ? En quoi cela va-t-il me faire du bien ?
- Il se peut que... ce soit faux... ou qu'elle ait une bonne excuse, un tour de la Source ou...
Parkinson préféra ne pas en dire plus. Minerva avait raison. Une fois de plus, Hermione avait réduit son coeur en miettes.
- Elle a toujours une bonne excuse, Pansy.
Minerva essuya ses larmes d'un revers de la main et son regard se fit dur.
- Elle ne vaut pas le coup que je pleure pour elle. Qu'elle se débrouille, je ne veux plus la voir.
Hermione soupira d'aise. Depuis que la Source avait quitté son esprit, elle se sentait enfin elle-même. La sourde colère qui l'avait habitée cette dernière décennie était partie en même temps que son passager noir. Elle se retrouvait enfin sans personne d'autres qu'elle dans sa tête et c'était reposant. Elle était redevenue la fille posée, calme, la tête sur les épaules qu'elle était avant la défaite de Voldemort. Celle qui réfléchissait avant d'agir.
La brune ouvrit un tiroir d'un meuble bas et sortit un parapluie en papier minuscule. Elle le posa précautionneusement dans son verre et eut un sourire satisfait. Manger cinq fruits et légumes par jour, d'accord, mais quand même plus fun de les boire, lui avait dit Pansy.
Elle prit son cocktail de fruits d'une main, son livre de l'autre, et alla s'allonger dans son canapé. Elle attrapa la télécommande de la chaîne stéréo et lança un CD de musique classique. Alors que la douce mélodie envahissait l'espace, elle eut un soupir de contentement et leva son verre.
- Santé ! fit-elle en regardant son ventre qui commençait à s'arrondir.
Elle allait boire une gorgée quand le téléphone sonna. Les battements de son coeur accélérèrent alors que sa main tremblante se saisissait du combiné.
- Allo ? fit-elle en décrochant, l'espoir l'envahissant.
- Salut m'man !
- Salut ma chérie, comment vas-tu ? demanda la brune en tentant de cacher sa déception.
Une fois de plus, ce n'était pas la personne qu'elle rêvait d'entendre.
- Ca va... Pansy est surexcitée à l'idée de partir en vacances. Elle ne m'a acheté que des maillots de bain.
- J'imagine qu'il ne cache pas grand chose, ironisa Hermione.
- Tout juste... Et toi, quoi de neuf ?
- Tu te souviens de mon voisin grognon ?
- Le connard de la porte juste en face ? Ouais... Pourquoi, il t'emmerde encore ? Tu veux que j'aille lui parler ?
- Non, pas besoin ! Il est parti il y a deux semaines. J'aurais bien mis une option sur l'appartement, mais vu que ce con ne m'a pas dit qu'il vendait, quelqu'un l'a déjà acheté. Les déménageurs sont venus le week-end dernier.
- T'es pas emmerdé par le bruit des travaux ?
- Absolument pas. Ca commence quand je pars au travail et le nouveau proprio s'arrête quand je récupère mon courrier le soir. Et aujourd'hui, rien, alors qu'on est samedi.
Elle ouvrit un tiroir, attrapa une cigarette, la porta à son nez pour en respirer le parfum particulier puis la rangea. Elle tenait bon depuis plus de quatre mois, elle n'allait pas lâcher maintenant.
- Bon sang, je me serais bien vu dans ce quatre pièces ! soupira-t-elle avec regret.
- Avec mes deux frangines qui vont débarquer, va vraiment falloir te trouver plus grand.
- Je vais avoir du temps pour chercher, je suis en congés depuis hier soir.
- Dès qu'on rentre des Caraïbes, je prospecte pour toi et... attends deux secondes... PANSY ! Moins de rhum dans mon verre !
- Soirée cocktail ?
- Soirée mojito... répondit Rose. Prélude à nos vacances. On t'inviterait bien mais...
- Mais une soirée sans alcool, c'est chiant ! fit la voix de Pansy. Et les femmes enceintes, ça me débecte. Salut Herm, comment va ?
- Raccroche ce combiné ! gronda l'ancienne Sage.
- Que nenni ma douce, je prends des nouvelles de belle-maman. T'en es à presque cinq mois. Moins fatiguée ? Parce que tu avais une tronche de zombie, la dernière fois que je t'ai vue.
- Pansy... grogna Rose.
- Et ta crise hémorroïdai...
- PANSY ! Je ne veux rien savoir ! coupa la jeune femme.
- Tout va bien, rassura Hermione. Et euh... vous avez des nouvelles de... Minerva ? demanda-t-elle doucement.
Un silence gêné lui répondit et la brune sentit une chape de plomb tomber sur ses épaules.
- Hmm, tu sais, elle a besoin de digérer... commença Rose, marchant sur des oeufs.
- Mais on l'a vu y'a quinze jours pour la chandeleur, et elle avait l'air de bien se porter, poursuivit Pansy. En revanche, elle arrêtait pas d'envoyer des textos, à se demander si elle a pas repris contact avec Bibine...
- Pansy ! Raccroche ce téléphone immédiatement ! beugla Rose. L'écoute pas, m'man, elle raconte que des conneries.
- Non, c'est bon. Après ce que je lui ai fait, Minerva a complètement le droit de... Ma chérie, je vais te laisser. Passe de bonnes vacances. Je t'aime.
Hermione raccrocha rapidement et inspira profondément pour chasser la boule qui s'était formée dans sa gorge. Elle attrapa ses lunettes pour les chausser et alla se poster devant la fenêtre du salon. Le mois de février touchait à sa fin et de la neige tombait en continu depuis deux jours. Elle n'avait pas vu Minerva depuis mi-octobre. L'animagus s'était assurée qu'elle allait bien, puis elle s'était volatilisée. Hermione avait cherché à la joindre au Manoir McGonagall, mais elle y avait trouvé porte close. Depuis, elle envoyait quotidiennement des lettres qui restaient sans réponse.
Aliénor était partie début décembre avec Millicent pour l'aider dans son entreprise. La Serpentard avait embauché Chaka comme garde du corps et le Sage était tellement consciencieux dans son travail qu'à la demande de Bulstrode, l'ancien guerrier restait la nuit pour une protection rapprochée.
Hermione prit sur elle et résista à l'envie de fumer une cigarette. Elle préféra se rendre dans la cuisine et se servir une part de brownie qu'elle avait acheté en rentrant de sa dernière journée de travail.
- Après tout, je mange pour trois...
Elle retourna dans son canapé, posa son livre sur ses cuisses qui faisaient office de pupitre et se saisit de son verre.
- Santé ! répéta-t-elle avant de le porter à ses lèvres.
Elle n'eut le temps d'en boire une gorgée qu'on frappait à la porte d'entrée.
- Je suis maudite... maugréa la brune en reposant son verre.
Elle se leva et ouvrit la porte, perplexe. Mais aussitôt, la surprise se lut dans ses yeux et elle s'écarta bien vite pour laisser entrer son visiteur.
Minerva McGonagall pénétra dans l'appartement sans un mot, le visage neutre de toute expression.
- Bonsoir Minerva. Je te sers quelque chose à boire ? demanda Hermione, se demandant sur quel pied danser.
L'Ecossaise ne répondit pas, se contentant de dévisager la brune. Cette dernière se mordit la lèvre inférieure. Si elle avait su que McGonagall viendrait ce soir après des mois d'absence, elle aurait fait un effort sur sa tenue, et non pas ce vieux pantalon de jogging sans élastique et ce tee-shirt informe qui avait pour inscription : "Au nom du verre, du vice et du St Whisky, amène la bouteille".
"Merci Pansy..." soupira intérieurement Hermione.
- Tu veux manger quelque chose ? J'ai acheté un gâteau au chocolat et...
- Très équilibré.
Le ton était aussi tranchant qu'une lame de rasoir et l'ironie utilisée fit qu'Hermione déglutit.
- Et bien... je... tu sais le chocolat, c'est plein de magnésium.. et je... mais je prends des fruits aussi, et je ..., tenta-t-elle une dernière fois avant de soupirer. T'en fais pas, je fais attention aux jumelles, conclut-elle d'un ton las en retournant dans le salon.
Elle allait attraper son verre quand l'Ecossaise fut plus rapide. McGonagall lui prit des mains et le porta à son nez. Hermione sentit la colère la submerger.
- Il n'y a pas d'alcool, aboya la brune. Si tu es venue uniquement pour surveiller mon alimentation, tu peux partir !
Mais elle regretta ses mots après les avoir prononcés. Non, elle ne voulait pas que Minerva s'en aille.
L'ancien animagus sentit le remord et décida de miser dessus. Elle la regarda un court instant, sans changer d'expression, puis tourna les talons.
- Je m'attendais à être la bienvenue. Visiblement, je me suis trompée, lança-t-elle en quittant la pièce.
- S'il te plait, reste, fit Hermione en la rattrapant.
Elle lui saisit la main et la serra doucement dans la sienne.
- J'aimerais que tu restes, mais ne nous disputons pas... murmura la brune.
L'Écossaise consentit à se retourner, jaugeant à nouveau la brune. Elle finit par acquiescer et suivit son ancienne élève dans le salon. Elle prit place dans le fauteuil que lui indiqua Hermione avant de la regarder elle-même se laisser presque tomber dans le canapé.
- Je sais, ce n'est pas très sexy, mais les jumelles me pompent toute mon énergie, sourit la brune en s'excusant.
- Je ne peux m'excuser que pour une, répondit Minerva.
Hermione eut l'impression de recevoir un coup de poignard dans le coeur. Elle afficha un sourire de façade mais sentait ses lèvres trembler. Elle se releva et tourna légèrement la tête.
- Je vais te chercher à boire, fit-elle en ravalant ses larmes.
Elle gagna la cuisine et s'affaira faussement dans le frigo. Elle devait gagner du temps pour se calmer. Elle pourrait lui dire que la Source était en grande partie responsable des erreurs qu'elle avait faites mais elle savait que son ancien professeur ne la croirait pas.
Minerva était restée dans le salon, droite comme un i dans son fauteuil. Elle laissait aller son regard dans la pièce, notant le moindre détail qui lui permettrait d'imaginer la brune et son enfant... et les enfants. Elle se raidit un peu plus, serrant les dents pour ne pas laisser toutes les émotions accumulées et non dites prendre le dessus.
Hermione finit par revenir dans la pièce et posa devant son ancien professeur une bouteille de whisky, un verre et une petite assiette d'olives noires. Toujours silencieuse, elle se réinstalla dans le canapé, prit son propre verre et en but enfin une gorgée. Puis, elle attrapa la télécommande et coupa la musique. La mélodie de Vivaldi, qu'elle adorait au demeurant, lui tapait sur les nerfs.
L'Écossaise se pencha en avant pour se servir un fond de verre, puis s'abima dans la contemplation du liquide ambré un instant.
- Comment se passe la grossesse ?
- Mieux que la première. Ce qui en soi n'est pas un exploit. Je ne bois plus, je ne fume plus, j'ai arrêté le boulot hier soir... répondit la brune.
- C'est bien, fit sobrement l'ancien animagus. As-tu besoin de quelque chose ?
"Oui, que tu restes..."
Hermione baissa les yeux et sentit les larmes venir à nouveau.
"Putain d'hormones à la con".
- Rien que tu consentirais à me donner, murmura-t-elle en faisant tourner son verre entre ses doigts.
- Hmm. Je suppose de toute façon que mon aide ne te serait d'aucune utilité puisque tu peux user de magie pour ton quotidien.
- Je ne le fais pas, rétorqua sèchement Hermione. Je te signale que je n'ai jamais été du genre à utiliser la magie pour me faciliter la vie, et cela même quand j'étais à Poudlard !
Elle se leva et, furieuse, se planta devant l'Ecossaise.
- J'en ai assez. Je me suis inquiétée pendant des semaines. Je t'ai écrit tous les jours et tu n'as jamais pris la peine de répondre. Tu déjeunes trois fois par mois chez Rose et Pansy et tu n'as pas été fichue de faire quatre stations en métro pour venir me voir.
Elle récupéra un bloc de papier et un stylo qu'elle balança violemment devant son ancien professeur.
- Fais la liste de mes erreurs là-dessus, puisque c'est pour ça que tu es venue. Et quand tu auras fini, c'est à dire demain matin, tu seras gentille de ne pas faire de bruit en partant !
Minerva regarda le bloc sans le voir. Elle n'y arrivait tout simplement pas. Ce qu'elle voulait faire et ce qu'elle était capable de faire était deux choses encore impossible a réconcilier. Elle rêvait encore d'Hermione et de ce qu'aurait dû être leur vie, mais c'était toujours le même cauchemar qui la réveillait. Elle, s'enfuyant sous les quolibets d'Aliénor, loin d'une enfant aux yeux bleu moqueurs.
- Hermione... commença-t-elle sans chaleur dans la voix.
- Oui ? demanda la brune, à bout de nerf. Vas-y, dis ce que tu as sur le coeur.
L'ancienne directrice regardait toujours devant elle, faisant tourner son verre entre ses doigts. Parler lui faisait mal.
- Je suis navrée de ne pouvoir ...
- De ne pouvoir me considérer comme ton avenir ? Je vois la manière dont tu m'observes. Pour toi, je ne suis qu'une traînée.
- Tu es la femme dont j'ai rêvée et qui ne sera jamais mienne, murmura l'ancienne animagus d'un ton tellement bas qu'Hermione ne fut pas sûre d'avoir vraiment entendu.
La brune alla s'asseoir à côté de McGonagall et, après une courte hésitation, posa sa main sur le genou.
- Que puis-je faire pour toi ? demanda-t-elle doucement.
L'Écossaise tourna lentement la tête, l'air encore absent, et fit visiblement un effort pour reprendre pied dans la réalité.
- Pour moi ?
- Oui, fit la brune. Que puis- je faire pour que tu te sentes mieux ?
- Je n'en sais rien... je ne sais même pas si c'est possible... Que suis-je dans cette histoire ? Rien, une erreur de parcours. Ce n'est pas de ta faute au fond, je le sais. Tu étais prise entre ton véritable amour qui appartient à Aliénor, et ton fantasme amoureux pour Viviane. Je n'ai jamais fait partie de cette équation, sauf par la volonté de la Source de tous nous contrôler, je m'en rends compte. Un pion sacrifié sur l'échiquier du pouvoir, c'est ce que je suis. Je ne pense pas que je puisse aller mieux alors que je sais enfin quelle est ma place auprès de toi.
- Tu pourrais me demander ce que je ressens pour toi avant de tirer des conclusions hâtives. Ce qui s'est passé entre Vivianne et moi est dû en partie à l'attirance qu'avait la Générale d'Avalon pour sa reine. Et la Source s'en est mêlée pour compliquer la situation, trouvant là un moyen de nous châtier...
Hermione soupira et se laissa aller contre le dossier.
- Retrouver ta magie te rendrait-il confiance en toi ?
Minerva regarda douloureusement la brune avant de s'absorber à nouveau dans la contemplation de son breuvage.
- Non, ça ira.
- Regarde autour de toi. C'est toi que nous attendons depuis des semaines. Pas Vivianne ou Aliénor. Toi.
- Mais tu aimes Aliénor, n'est-ce pas ? Tu as effacé Viviane du revers de la main, mais pas elle. Elle a et elle aura toujours cette place dans ton coeur.
- Aliénor et moi sommes les deux moitiés d'un tout. Mais c'est avec toi que je veux être.
Elle se leva et alla déposer son verre à la cuisine.
- Je porte ton enfant. J'ai tout fait pour les protéger, tous les deux, quand j'ai jeté le sort.
Elle se pencha sur l'ancien l'animagus et l'embrassa tendrement sur la joue.
- Aliénor était en face de moi à aspirer toute la magie d'Avalon, mais c'est avec toi que je veux élever ces enfants. Et je comprendrais que tu ne veuilles pas de moi. Bonne nuit, Minerva.
L'Ecossaise l'attrapa par le poignet, l'empêchant de s'en aller.
- Si tu n'es pas capable d'être honnête avec moi au sujet d'Aliénor, je ne vois pas comment on peut tenter d'être ensemble, répliqua l'ancienne directrice.
- Tu n'envisages pas de te remettre avec moi, ou alors tu le caches bien. Aliénor a une place privilégiée dans mon coeur. Mais elle est partie car elle sait que ce qui me lie à toi est plus fort que toute magie.
- Je n'envisage plus rien, répondit McGonagall, je suis au bord d'un gouffre qui menace m'engloutir à chaque fois que j'essaie de penser. Je...
- Calme-toi, murmura Hermione. Tu vas dormir ici, je vais te préparer le canapé. Et nous en reparlerons demain.
L'Ecossaise vida son verre d'un trait. L'alcool lui fit l'effet d'un coup de fouet et elle put regarder la brune dans les yeux.
- J'ai peur, Hermione. J'ai peur au point de m'enfuir. C'est ironique n'est-ce pas ?
- Pour l'ancienne directrice de la maison Gryffondor, assez, sourit la brune.
Minerva se resservit un whisky et en but une longue gorgée.
- Ne te fatigue pas à me faire un lit, je n'ai qu'à traverser le palier pour être chez moi, soupira-t-elle.
- Tu... tu as acheté l'appartement en face ? fit la brune, étonnée.
- Oui. Ca m'évitera de fuir trop loin.
- Que dirais-tu de ne pas fuir et de rester avec moi ?
- C'est de ça dont j'ai peur. A chaque fois que je me suis rapprochée de toi, à chaque fois que j'ai fondé un quelconque espoir d'une vie avec toi, tout a toujours basculé dans le chaos. Je n'y survivrai pas une autre fois, mon esprit n'y survivra pas. Je...
Minerva hochait négativement la tête, l'air abattu, son regard passant d'un objet à l'autre dans la pièce, cherchant par tous les moyens à détourner le flot d'émotions qui enflait dans sa poitrine et menaçait de la submerger.
Hermione s'approcha de l'Écossaise et encadra de ses mains le visage de son ancien professeur.
- La Source et Vivianne ne sont plus qu'un lointain souvenir. Il ne nous arrivera rien, je te le promets.
La proximité toujours refusée, la chaleur des mains sur sa peau, la douceur du regard dans son regard fatigué de lutter suffirent à ouvrir les vannes des sentiments consciencieusement refoulés. Une larme glissa le long de sa joue, puis une autre, et encore.
Hermione enveloppa Minerva dans une douce étreinte, lui murmurant des paroles réconfortantes.
- Tout ira bien, c'est enfin fini.
- Elles ont laissé une trace indélébile dans nos vies...
- C'est derrière nous, chuchota la brune en essuyant les larmes de ses pouces.
- C est aussi devant toi, tenta de plaisanter l'Ecossaise entre ses larmes.
- M'en parle pas, je vais bientôt ressembler à une baleine. Tu auras une bonne excuse pour fuir.
Minerva éclata franchement en sanglots à travers un rire.
- Je suis pathétique.
- Je t'aime, contra la brune.
L'ancienne directrice laissa aller son front contre celui d'Hermione.
- J'ai beau lutter contre ça, je t'aime aussi.
La brune sourit et caressa doucement la joue humide.
- Je vais aller me coucher. Tu veux... rentrer chez toi ou rester avec moi ?
- Je veux bien rester... essayer... essayer de ne pas fuir ...
- J'ai confiance en toi.
- Je veux y croire aussi... même si...
- Tout ira bien, j'en suis sûre, affirma la brune.
L'ancien animagus planta son regard vert dans les yeux noisette.
- Tu promets ?
- Je te le promets, mon amour.
Jusqu'au dernier moment, Minerva regarda la brune dans les yeux avant de poser ses lèvres sur celles de la Gryffondor.
Hermione approfondit la baiser et, nouant ses doigts à ceux de l'Écossaise, elle les emmena dans sa chambre, fermant la porte derrière elle.
Gros bisous et à jeudi prochain,
bon grand week-end de trois jours !
Sygui et Link9
