Hey hey !
Voici ce qui aurait dû être le dernier chapitre des aventures d'Hermione. Mais vu que vous aviez l'air assez triste, on en a modifié la fin et prolongé l'histoire pour arriver en tout et pour tout à 50 chapitres tout rond !
Bonne lecture !
Chapitre 42 : Un heureux évènement
Plus de trois mois s'étaient écoulés depuis que Minerva avait frappé à la porte d'Hermione. Les premières semaines avaient été en demi-teinte, l'ancien animagus étant assez distante et craintive. Elles restaient chacune dans leur propre appartement. De temps en temps, elles dînaient chez la brune, l'Ecossaise ne repartant que le lendemain. D'autres fois, elles allaient au cinéma, au restaurant, ou simplement se promener dans un parc.
Elles avaient fait l'amour un mois plus tôt. Cela avait été maladroit, gênant au début, puis elles avaient réussi à se redécouvrir.
La brune eut un soupir rêveur à ce souvenir et se leva difficilement pour aller poser son mug dans l'évier. Tout allait mieux entre elles. Enfin, presque. Hermione n'avait encore jamais été invitée chez Minerva et, même si elle respectait l'intimité de son ancien professeur, ça commençait à lui peser.
- Elle ne m'a même pas demandé de rendre mon appartement... grommela la brune.
En se regardant dans la glace, elle grimaça. Elle avait sous les yeux la raison de la distance de Minerva.
- Encore trois semaines... J'en ai marre.
Trois coups furent frappés à la porte et Hermione se traîna pour aller ouvrir. Minerva l'attendait sur le pas de la porte et paraissait surexcitée.
- Ma chérie, si je t'ai donné un double des clés, c'est pour m'éviter de marcher plus que nécessaire, souffla la sorcière en roulant des yeux.
- Désolée, fit McGonagall avec un sourire d'excuse.
L'Ecossaise prit les mains d'Hermione dans les siennes et la fit traverser le palier.
- Tu m'emmènes chez toi ? s'étonna la Source.
- Oui, car c'est enfin prêt ! Trois mois de travaux, de décorations, de montage de meubles, mais je suis satisfaite du résultat !
L'ancien animagus mit la main sur la poignée mais, avant d'ouvrir la porte, embrassa tendrement la brune.
- Désolée de t'avoir fait patienter. Bienvenue chez nous ! lança-t-elle fièrement en poussant le panneau de bois.
Hermione resta bouchée bée sur le seuil mais Minerva la poussa gentiment à l'intérieur. Là où l'ancien propriétaire avait laissé le papier peint se défraichir, le parquet se rayer et l'humidité s'installer, l'Ecossaise avait enduit les murs, repeint avec des couleurs chaudes donnant une belle luminosité à l'espace. Les meubles, juste ce qu'il fallait pour être fonctionnel sans surcharger la pièce, étaient sobres mais de bon goût.
- Je te fais la visite ? fit joyeusement McGonagall sans lâcher la main de son amante. Ici, le salon. Je t'ai rajouté une bibliothèque pour tes livres. Viens voir la chambre des enfants, je pense que tu vas adorer.
Elle l'entraîna dans un couloir et ouvrit une porte. Deux petits berceaux trônaient dans la pièce qui comptait une grande armoire et une commode avec deux espaces pour changer les couches. Des dizaines de peluches s'entassaient dans les berceaux et Minerva eut un sourire satisfait.
- J'ai pris les doudous en double. Comme ça, si les filles en perdent un, on sera parées. Et la moquette ! La plus douce que j'ai jamais touchée.
Hermione fit attention au sol et eut un sifflement.
- Elle était en solde ? se moqua-t-elle gentiment.
- Oui, grommela McGonagall. Mais elle m'a quand même coûté très cher.
- Ma chérie, j'adore te voir aussi excitée qu'aujourd'hui et je suis ébahie de tout ce que tu as fait. Mais est-il vraiment judicieux de mettre de la moquette dans une pièce où deux fillettes vont baver et vomir ?
Le regard de Minerva se troubla quelques instants avant qu'elle hausse les épaules.
- Tant pis... Mais je suis sure que nos filles sauront apprécier cette moquette à sa juste valeur.
Hermione allait éclater de rire quand elle ressentit une contraction plus forte que les autres. Ses yeux s'agrandirent de stupeur avant de baisser la tête pour voir la grosse tâche humide sous elle.
- Et merde... souffla la brune. Min', je suis désolée... Je viens de flinguer ta moquette.
- Est-ce... est-ce... que c'est ce que je crois ? bégaya l'Ecossaise.
- Oui, siffla Hermione avant d'inspirer profondément.
- Mais... tu dois accoucher dans trois semaines !
- Moi, je sais, mais elles, j'crois qu'elles s'en foutent.
- Ok... bouge pas.. j'arrive !
Minerva ouvrit la grande armoire et en sortit une valise qui semblait plutôt lourde.
- C'est bon, on peut y aller, fit McGonagall en la prenant par le bras.
- J'ai besoin de mon manteau, objecta la brune en gagnant le salon.
- Prends le mien, répondit l'Ecossaise en attrapant un grand pardessus noir qu'elle posa sur les épaules de son amante.
- Je n'ai pas mes affaires !
- Tout est là-dedans. Ca fait des semaines que je fais disparaître le nécessaire de ton armoire pour te préparer la surprise.
- Et depuis quand sais-tu préparer une valise de maternité ? Putain ça fait mal ! cria la brune en broyant les doigts de l'Ecossaise.
- Depuis que j'ai internet, répondit l'ancien animagus en grimaçant de douleur. Bon, je conduis.
- Tu n'as pas le permis !
- J'en ai acheté un faux... C'est pas bien compliqué.
- Je t'en supplie, appelle une ambulance !
- Tout ira bien, respire profondément, encouragea Minerva sur le palier. Merde, j'ai oublié les peluches ! J'arrive !
L'Ecossaise courut dans l'appartement pour gagner la chambre. Hermione sursauta en entendant un bruit de chute et un grognement.
- Ca va ?
- J'ai glissé sur tes eaux... J'vois tout tourner...
- J'appelle l'ambulance ! fit la brune en attrapant son portable.
- C'est bon je gère ! s'écria l'Ecossaise en réapparaissant sur le palier, deux peluches de lapin tenues par de grandes oreilles pendantes dans une main, l'autre sur une pommette qui changeait déjà de couleur.
Hermione éclata de rire.
- Ma chérie, pour les peluches c'est pas urgent, je crois qu'elles vont être plus intéressées par les biberons que par leurs oreilles. Quant à la voiture, laisse-moi appeler une ambulance.
Une demi-heure plus tard, Hermione était installée dans une petite chambre de la maternité de l'hôpital où elle dispensait des cours. Minerva fronçait les sourcils à chaque fois qu'un médecin ou qu'une infirmière rentrait dans la salle avec des cadeaux pour la future mère.
- Tes anciens élèves vont défiler encore longtemps ? grogna l'Ecossaise. Si tu veux, je peux leur filmer ton accouchement qu'on projettera dans le hall de l'hôpital sur écran géant...
La porte s'ouvrit une nouvelle fois et Minerva explosa.
- Vous pouvez pas nous foutre la paix ?
Hermione éclata de rire en voyant l'air déconfit de Rose qui tenait dans ses mains deux petits chats en peluche.
- Hmmm, je vois que ce n'est pas le bon moment, fit l'ancienne Sage avant d'être bousculée.
- Mais non, chérie, ne t'inquiète pas, c'est ta mère qui a ses règles, dit joyeusement Pansy en pénétrant d'autorité dans la pièce. Alors, c'est aujourd'hui que je te fais vêler ?
- Ma mère n'est pas une vache, gronda Rose en donnant une tape à l'arrière de la tête à la médecin.
- Je croyais l'avoir fait embaucher en qualité de chirurgien ! souffla Hermione.
- Exact ! D'ailleurs ils n'en reviennent toujours pas de la façon dont je t'ai soi-disant retapée. Faut dire que tu faisais vraiment peur à l'époque. Aie ! s'écria-t-elle en prenant une nouvelle taloche de la part de sa femme. Bref, j'ai croisé le patron en obstétrique et je lui ai dis que vu les interventions que j'avais dû réaliser pour te rendre à nouveau baisab... Aie ! , il n'y avait que moi pour t'accoucher, finit-elle avec un sourire radieux, tout en se frottant l'arrière de la tête.
Elle fit un pas sur le côté pour se mettre hors de portée de Rose et jeta un regard amusé à sa compagne.
- Et puis, tu pourrais lui dire que je suis une experte en gynécologie...
- Et tu vas bientôt te passer de travaux pratiques si tu ne te tais pas, menaça Rose en s'empourprant.
- Min, grimaça Hermione en tendant la main.
L'Ecossaise reporta son attention vers son amante qui se crispait en petite boule, broyant les doigts qu'elle lui avait malencontreusement prêtés. Elle attrapa un linge frais sur le bord de la table de nuit et le passa sur le front couvert de sueurs de la brune.
- Si tu es ce que tu prétends, envisage une solution pour lui éviter la douleur, c'est insupportable de la voir souffrir comme ça, aboya-t-elle à Parkinson en secouant sa main.
- J'aurais bien quelques potions à lui faire boire ou un ou deux sorts à lancer mais... que je suis bête, je suis moldue maintenant !
- Bon, j'vais chercher un vrai médecin et lui demander de mettre la péridurale, soupira Rose en roulant des yeux.
Pansy se rendit à la fenêtre qu'elle ouvrit. Puis, elle alluma une cigarette sous le regard horrifié de Minerva.
- Alors ma Source... aurais-tu mal au point de me rendre ma magie pour que je t'accouche sans douleur ? demanda Parkinson, ingénue.
- Je ne suis plusla Source, je te le rappelle, grimaça Hermione. Et j'ai déjà expliqué à tout le monde que la magie c'est terminé, fini, nada, il n'y en a plus, finit-elle alors qu'une larme perlait au coin de son oeil.
- Oui, il n'y en a plus car Aliénor et toi avez gardé tout pour vous, bande d'égoïstes, susurra Pansy en s'approchant de la brune pour lui donner une pichenette sur le nez.
Hermione se redressa vivement et attrapa l'ancienne Serpentard par le col.
- Donne... moi... ta... clope... articula-t-elle froidement.
- Hermione ! s'offusqua Minerva
- A chacune sa baguette magique, se moqua Pansy qui ne fit pas un geste pour lui donner.
Minerva attrapa le tube de nicotine et le balança par la fenêtre.
- Voilà qui met tout le monde d'accord, fit sèchement l'Ecossaise alors que les deux autres braillaient. Bien, Pansy, soit tu l'accouches, soit tu t'en vas !
- J'ai aussi le droit de me venger, grommela la Serpentard en se plantant au pied de lit de la brune. Mets-toi sur le dos, arrête de gigoter dans tous les sens et laisse-moi regarder de quoi ça à l'air, continua-t-elle en lançant un regard noir à l'ancien animagus, une fois assise, avant de lever le drap pour examiner Hermione.
- Pansy, t'as les doigts froids, merde ! s'exclama la future accouchée.
- Hmm, répondit-elle sobrement.
Elle se leva pour poser ses mains sur le ventre de la brune, palpant consciencieusement son abdomen.
- Y a un problème ? demandèrent les deux mères de concert devant le silence de Parkinson.
- Je ne sais pas encore, répondit la chirurgienne. En gros, c'est un siège, ça fait mal quand ça passe et c'est long à passer ... et ça peut être un souci pour le second qui ne serait pas délivré assez vite.
Hermione pâlit en un instant.
- Qu'est-ce que tu suggères ? demanda Minerva.
- On va essayer la voie naturelle d'abord, mais faudra que j'aide, et tu vas chanter dans toutes les langues ma chérie.
Hermione vira au vert.
- Et si ça me marche pas ?
- Tu seras heureuse que je sois une excellente chirurgienne.
Hermione oublia momentanément le pronostic pour se consacrer toute entière à une nouvelle crampe.
Pansy sortit un instant de la chambre, fit signe à une infirmière pour lui donner des consignes avant de revenir auprès d'Hermione.
- Bon, on va venir te chercher pour aller en salle de travail. La sage-femme va te préparer, y compris pour le pire, c'est-à-dire la chirurgie. Minerva, chanceuse, elle va avoir une nouvelle coupe, version peau douce, fit-elle pour détendre l'atmosphère.
Les deux mères levèrent les yeux au ciel tandis que Rose revenait.
- Y a un problème ? Ca s'affole dans le carré des infirmières.
- Ta mère fait rien comme du monde, faut toujours qu'on la remarque, se moqua-t-elle.
Rose s'approcha d'Hermione et lui prit la main, tandis que Minerva attrapait Pansy par le coude.
- Si ça tourne mal... s'il fallait faire un choix... sauve Hermione, lui dit-elle doucement.
Parkinson la regarda dans les yeux.
- Fais-moi confiance, d'accord ? Bon, c'est pas tout, quand faut y aller, entonna-t-elle tandis qu'un infirmier entrait avec un brancard pour le transport de la brune.
Rose aida au transfert depuis le lit, ajusta le drap sur sa mère avant de déposer un baiser sur sa joue.
- Fais vite, je t'attends.
Hermione lui fit un clin d'oeil tandis que l'infirmier commençait à déplacer le brancard. Une fois dehors, la brune posa sa main sur le bras de l'ancienne médicomage.
- Je te fais confiance, mais ... les jumelles avant tout.
Pansy sourit en serrant lui la main.
- T'es sure pour la magie ? lui fit-elle avec un sourire goguenard, tandis qu'elle franchissait les portes qui conduisaient aux blocs.
Elle vit l'hésitation flotter dans le regard noisette avant que la brune soupire.
- Sûre.
- Menteuse.
Quelques instants plus tard, Hermione était installée et Pansy avait enfilé une blouse. La chirurgienne jeta un regard gourmand au plateau d'instruments et se retint de caresser amoureusement un scalpel.
- Bientôt mon grand, murmura-t-elle avant de reporter son attention vers la brune.
Elle s'approcha, prit un tabouret et s'assit pour procéder à un examen complémentaire avant de se décaler pour rouler jusqu'à la tête de la table d'opération.
- Bien, commença-t-elle avec un sourire radieux. Je t'explique tant que t'es pas dans les pommes.
Hermione serra les dents en respirant à fonds.
- La gamine arrive, les fesses en avant. Ca veut dire que tu ne seras pas assez dilatée pour que ça passe, donc ça va déchirer.
La future mère blêmit.
- Là où tu as de la chance, c'est que des jumelles ça fait des bébés plus petits. Tu vois, y avait un intérêt finalement à tromper Minerva avec Vivianne !
- Tu redis ça une autre fois et tu ne parleras plus jamais, menaça la Gryffondor.
- Granger, tu crois vraiment être en mesure de me menacer, susurra narquoisement la chirurgienne. Je disais donc que dans ma grande mansuétude, je vais couper pour pas que tu déchires, comme ça je pourrais te faire de jolis points. Mais avant d'en arriver là, je vais aller faire connaissance avec ta fille dedans, voir si je ne peux pas la faire tourner. Tu permets que je visite, non ?
Hermione était au bord de l'hyperventilation.
- Toujours pas tentée de me redonner un semblant de pouvoir ? Parce que je te rappelle que toutes mes manipulations seraient indolores, alors que là...
- Arrête ton chantage, grimaça la brune aux prises avec une crampe qui ne réussit pas à attraper la main de Parkinson.
- Tututut, on ne massacre pas les doigts du bon docteur, sinon on va le regretter amèrement tout à l'heure.
- Je crois que tu devrais aller à l'autre bout, c'est là-bas que ça se passe, haleta la rouge et or.
- C'est toi qui décide, répondit la Serpentard en faisant claquer ses gants de latex sur ses poignets en retournant s'occuper du bébé.
A partir de ce moment-là, Hermione fut incapable de savoir s'il s'était passé cinq minutes ou cinq heures. Mais Pansy fit comme elle l'avait dit, tentant de retourner le premier bébé au grand dam de la mère qui n'apprécia pas l'expérience. Le nouveau-né refusa d'y mettre du sien et le scalpel brilla entre les doigts de la chirurgienne qui limita les dégâts mais pas la douleur. A peine délivrée du bébé, la brune sentit une frénésie s'emparer de l'équipe. Une infirmière s'écarta avec sa première née sans qu'elle ne l'ait entendue crier, et son coeur rata un battement.
- Pansy, appela-t-elle faiblement, le bébé ?
- Granger, t'as fait la moitié du boulot, t'arrêtes pas maintenant. On s'en occupe.
Par la force des choses, Hermione fut rappelée à l'ordre par la reprise des contractions. Elle était douloureusement épuisée, mais son corps pilotait sa volonté.
- Celle-là va passer comme une lettre à la poste si tu y mets un peu du tien.
Une minute ou une heure, le temps n'existait plus en dehors de l'effort consentit. Mais le cri du bébé provoqua l'oubli temporaire de la douleur, lui peignant un sourire sur ses traits tirés. Pansy s'approcha d'elle pour poser contre son sein le bébé nouveau-né.
- Elle est magnifique Hermione, lui dit-elle avec une pointe d'émotion.
- Merci, fit la brune épuisée. Mais l'autre ?
Parkinson leva les yeux vers une infirmière et lui fit un signe de la tête.
- Elle a crié en même temps que toi, c'est pour ça que tu ne l'as pas entendue, répondit-elle en attrapant le second poupon pour le poser à son tour dans la chaleur de sa mère. Bien. Maintenant, j'espère que tu vas utiliser les moyens de la contraception moderne, et pas nous faire le coup d'allaiter ta marmaille en disant que « si, ça a fait ses preuves ».
- Je ne pense pas que Minerva puisse réitérer ses exploits maintenant, répondit la sorcière d'une voix éraillée.
Pansy soupira.
- Quelque chose que Rose et moi on ne connaitra pas.
Hermione lui fit signe de se pencher.
- Si vous voulez un enfant, toute les deux, prévenez-moi. Je... vous filerai un petit coup de pouce, murmura la brune à l'oreille de la médecin.
- Vrai ? demanda Pansy, surprise.
- Oui. Et si c'est toi qui veux le porter, va peut-être falloir que tu te dépêches, ma vieille.
Une infirmière s'approcha des deux femmes en souriant.
- Docteur Granger, je crois qu'il est l'heure de nourrir vos filles.
- Excellente idée. Indiquez-moi la cuisine que je prépare leur biberon, ironisa Hermione. Pansy, aucune contre-indication médicale à ce que je me lève ?
- Granger, j'ai pas envie de revoir ton intimité... Donc, tu restes allongée.
- Vous savez, Docteur Granger, l'allaitement est... tenta l'infirmière.
- Pas de tout adapté à mon cas, coupa Hermione. Donc, merci de préparer deux biberons et de les amener dans ma chambre. Minerva doit y mettre un peu du sien. Pansy, tu me ramènes ?
La médicomage acquiesça et, le temps de le dire, Hermione se trouvait sur un brancard poussé par la Serpentard.
- Comme ça, tu n'as pas allaité Rose ? demanda Pansy.
- Non, j'étais encore couverte de bandages, de plâtres... avoua la brune.
- Je comprends mieux pourquoi elle adore embrasser mes seins... Un manque dû à l'enfance, se moqua la vert et argent.
- Et bien voilà au moins quelque chose que j'ai fait et que tu ne me reprocheras pas, répliqua la brune d'une voix éraillée. Mais par pitié, épargne-moi les détails de mes autres oublis.
Pansy éclata d'un rire franc qui fit chaud au cœur d'Hermione. Après tant d'années de souffrance et de peine, elle avait juste besoin de normalité et de bonheur autour d'elle.
Quand elle pénétra dans sa chambre, Minerva se précipita sur elle et observa avec attention les deux bébés. L'un avait déjà pas mal de cheveux noirs et l'autre, chauve comme une rave, la dévisageait de ses yeux bleus. L'ancien animagus eut un sourire avant de se pencher pour embrasser tendrement son amante.
- Tu vas les allaiter ?
- Non, répondit Hermione, espérant que la réponse conviendrait à l'Ecossaise.
- Tant mieux, chuchota Minerva avec un clin d'oeil. Je n'aime pas partager...
L'infirmière finit par arriver avec les biberons. Une heure plus tard, les jumelles dormaient profondément, tout comme leur mère. Minerva sourit en entendant la brune ronfler. Elle se leva, s'étira mollement et partit en quête d'un café serré.
A son retour, une dizaine de minutes plus tard, elle trouva une petite enveloppe blanche posée sur deux peluches en forme de poisson. L'Ecossaise fronça les sourcils et ouvrit l'enveloppe pour trouver une carte de félicitations.
Elles sont magnifiques. J'espère que les peluches leur plairont. Comme tu le sais, j'ai toujours eu une affinité avec l'eau, d'où les poissons.
Merci
V.
La main de Minerva trembla si fort qu'une partie du café versa sur ses doigts. Elle pesta en posant le gobelet et attrapa un mouchoir pour s'essuyer. Au même moment, Rose entrait.
- Hmmm ? fit la voix endormie d'Hermione. Un problème ? demanda-t-elle sans ouvrir les yeux.
- Rien ma chérie, juste ma maladresse, répondit l'ancien animagus en posant un doigt sur ses lèvres pour faire signe à sa fille de se taire.
Elle attrapa le mot et poussa Rose dans le couloir. L'ancienne Sage regardait sa mamaidh avec curiosité.
- Tu as l'air toute retournée.
- Il y a de quoi, siffla l'Ecossaise en lui tendant la carte.
La jeune femme parcourut rapidement les quelques mots et blêmit à son tour.
- Merde... Surveille m'man, j'vais fouiller dans le coin. Je te jure que si je mets la main sur elle...
- Elle est déjà loin. Par contre, elle a été capable de nous trouver. Par Merlin, est-ce que ça va finir un jour ... soupira l'ancien animagus en se laissant tomber sur une chaise dans le couloir.
- Elle ne pourra rien nous faire. Après tout, elle est... moldue maintenant. Si son pouvoir de nuisance se limite à quelques cartes pour les anniversaires, c'est pas bien grave.
- Et me rappeler qu'une des filles n'est pas la mienne, que sa mère existe, qu'elle est liée à Hermione... je pensais avoir mis tout ceci derrière moi, avoir réussi à tourner la page sur...
L'air abattu de sa mère troubla Rose.
- Mamaidh... tu veux partir ? Quitter m'man H ? demanda la jeune femme, inquiète.
Minerva eut un pauvre sourire pour sa fille.
- Non, ne t'en fais pas. Je ne l'ai jamais quittée, je ne commencerai pas... elle, par contre...
- Je t'assure qu'elle ne fera rien de la sorte !
L'Ecossaise hocha la tête.
- Je sais qu'elle n'a jamais cherché à me faire du mal intentionnellement, mais elle a toujours eu des priorités... avec lesquelles j'étais incompatible. Viviane est vivante... et j'aurai toujours cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je ne serai plus jamais tranquille.
Rose retroussa les manches de sa veste et fit craquer ses doigts.
- Va retrouver m'man H. Moi, j'vais dégoter cette traînée et je vais l'enterrer dans un trou si profond que je trouverai du pétrole, lâcha-t-elle avant de tourner les talons pour se diriger vers l'accueil de la maternité.
Minerva la vit sortir un insigne brillant de sa poche arrière pour le coller sous le nez d'une infirmière.
"Lieutenant Granger, toujours dans la délicatesse..." soupira McGonagall en se levant de sa chaise.
- Avec tout ça, j'ai toujours pas eu mon café... grogna-t-elle.
Alors qu'elle s'approchait de la machine à café, une porte s'ouvrit derrière elle et deux mains la saisirent par les épaules pour la tirer en arrière.
Minerva se retrouva dans une salle vide aux stores baissés, face à Vivianne. La Dame du Lac était souriante, amusée de la situation et de la fureur qui s'emparait de l'Ecossaise.
- Minerva, ma chère, quel plaisir de te revoir, commença Vivianne.
- T'as une minute pour partir avant que j'appelle la sécurité... siffla l'ancien animagus.
La blonde éclata de rire et leva la main pour l'abaisser promptement.
- Comment comptes-tu faire, maintenant que la pièce est insonorisée et la porte scellée... magiquement.
- Ce... ce n'est pas possible... balbutia McGonagall. Hermione a détruit...
- Toute magie, oui, je sais, finit Vivianne. Enfin, toute la magie qui était présente sur Avalon jusqu'à la fin du sort.
L'ancienne souveraine s'assit sur le lit et tapa la place à côté d'elle.
- Viens, je ne mords pas. J'ai une belle histoire à te raconter et il vaut mieux que tu sois à ton aise pour l'entendre. Surtout que tu tiens le rôle principal de ma... résurrection.
Minerva sentit ses jambes se dérober sous elle. Son coeur battait de façon anarchique et le sang avait quitté son visage. Elle déglutit, cherchant de la main le dossier d'une chaise sans quitter des yeux la blonde.
- Quand Aliénor m'a révélé, le soir de sa prétendue mort, que la Source avait constitué des horcruxes, j'ai fait mes propres recherches. J'avoue avoir été très déçue devant la simplicité de la chose. Mais plutôt qu'enfermer des bouts de mon âme -on ne sait jamais qui peut tomber dessus, et voyant qu'Hermione était vraiment décidé à mener à bien son projet de destruction de toute magie-, j'ai préféré créer une... sauvegarde de mon pouvoir.
Elle se tut quelques instants, le temps de se délecter de la peur qu'affichait son ancienne Ministre.
- Quand le sol s'est effondré sous moi, j'ai filé jusqu'aux cachots qui étaient encore intacts. J'ai donc récupéré ma puissance et, sentant que les évènements s'accéléraient, j'ai pris la poudre d'escampette. Sais-tu comment ?
La Dame du Lac se leva, souriante, et s'approcha de l'Ecossaise. Elle s'accroupit devant elle et posa ses mains sur les genoux de Minerva.
- Grâce à toi, très chère. Lors de la première guerre contre la Source, tu as trouvé un sort permettant de quitter Avalon au nez et à la barbe de l'Origine de toutes magies. Tu avais réussi à sauver Morgane. Et là, c'est moi que tu as sauvée.
Minerva était en train de vivre son pire cauchemar. Tout ce qu'elle avait craint en rejoignant Hermione se concrétisait.
Vivianne éclata de rire et tapota doucement le genou de l'Ecossaise.
- Ne fais pas cette tête, ma chère, je ne viens pas détruire ton couple ou mettre la terre à feu et à sang, sourit-elle.
- Tu.. tu avais accepté la proposition de la Source. Tu étais prête à tout abandonner pour...
- Et c'est moi qu'Aliénor traite de naïve ? Comme elle le disait justement, les promesses n'engagent que ceux qui les croient. J'étais d'accord avec Hermione, il y avait de fortes chances que la Source revienne sur sa parole. Mais ce qu'elle ne savait pas, c'est qu'Hermione et moi serions prêtes à l'accueillir... Car tu penses bien que j'aurais partagé ma magie avec notre général.
- Que veux-tu ? demanda McGonagall.
- Moi ? Juste avoir le droit d'envoyer de temps à autre un cadeau, ou une carte pour ma fille. Ne t'inquiète pas, pas de favoritisme, la tienne aura exactement la même chose, répondit la Dame du Lac sans se départir de son sourire.
Elle se leva et, se penchant, déposa un baiser sur la joue de l'Ecossaise. Cependant, elle s'attarda à son oreille et sa voix se fit glaciale.
- Et la vengeance. Je me vengerai, Minerva. D'Aliénor, de toi, d'Hermione, dit-elle dans un murmure. Vous m'avez pris ma famille en tuant Morgane et en gardant Rose sous votre coupe. Et maintenant, mon autre fille. Ce crime ne restera pas impuni. Et ne crois pas que ta condition de moldue te mettra à l'abri de mon courroux.
L'étreinte glaciale que ressentait l'ancien animagus s'intensifia.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-elle d'une voix pâle.
Vivianne recula et eut un sourire chaleureux pour l'Ecossaise, sourire contredit par la lueur dangereuse qui brillait dans son regard.
- Prends soin de nos filles, Minerva.
Elle claqua des doigts et se dirigea vers la sortie. La main sur la poignée, elle tourna légèrement la tête.
- Je te souhaite beaucoup de bonheur avec Hermione.
McGonagall fut incapable de bouger longtemps après le départ de la Dame du Lac. Tétanisée sur sa chaise, elle resta à regarder devant elle sans voir le mur blanc, ses pensées tournant furieusement dans sa tête sans parvenir à s'ordonner. Mais une fois le choc passé, elle dut laisser couler ses larmes pour évacuer toute la peur qu'elle ressentait. Enfin calmée après de longues minutes à s'apitoyer sur son sort, Minerva renifla et sécha ses joues d'un geste sec. Elle se redonna un coup de frais dans la petite salle d'eau disponible dans la chambre avant de sortir.
- Je veux un café, maugréa-t-elle. Et si quelqu'un d'autre vient me chercher des noises, je l'étrangle. En plus, il faut que je réfléchisse.
Elle rencontra Rose qui tenait dans ses mains deux gobelets en plastique. Son insigne de lieutenant était visible, accroché à sa ceinture, et son holster d'épaule se devinait sous sa veste.
- J'ai pas réussi à mettre la main sur cette traînée, et personne ne semble l'avoir vue, grommela la jeune femme en tendant un café à sa mère. Pansy dit qu'elle va jeter un coup d'oeil sur le parking... Mon cul, elle est partie fumer une clope.
- Ca serait bien qu'elle arrête, elle n'est plus immortelle, répliqua l'ancien animagus en prenant une gorgée du breuvage chaud avec plaisir. Pour ce qui est de Viviane, je l'ai... croisée.
Rose lâcha son café et prit sa mère par les épaules pour l'observer sous toutes les coutures.
- Ca va ? Tu n'as rien ?
- Pour quelqu'un qui vient d'avoir une conversation avec la Dame du Lac, je dirais que oui, lui répondit-elle en insistant sur le surnom de Viviane.
La jeune femme dévisagea un instant l'Ecossaise avant de blêmir subitement.
- Elle a trouvé un moyen de...
- Oui.
- La pute ! s'emporta Rose. Bon, on va voir m'man H, on lui explique la situation, elle nous rend nos pouvoirs et on va lui défoncer sa gueule, à l'autre pintade !
- Ta mère a besoin de se reposer pour l'instant. Elle n'est pas même capable de donner un biberon. D'ailleurs viens m'aider, c'est l'heure. Pour Viviane, il faut qu'on réfléchisse calmement. Est-ce que ... tu sais rejoindre Aliénor si nécessaire ?
- J'ai son portable mais... tu es sûre de vouloir...
- Depuis une heure je ne suis plus sûre de rien... C'est juste en cas de crise ...
Rose acquiesça et mère et fille pénétrèrent dans la chambre d'Hermione. Elles trouvèrent deux biberons posés sur la table de chevet et chacune en prit un.
- Tu gères Mary, je m'occupe de Cassandra, murmura Minerva.
L'Ecossaise prit précautionneusement le bébé dans ses bras et s'installa sur une chaise près du lit. Elle mit la tétine dans la bouche du poupon qui se mit à boire goulument.
- Je ferais tout pour te protéger de ta mère, chuchota McGonagall.
Elle sentit une main effleurer son bras et tourna légèrement la tête pour voir Hermione qui peinait à ouvrir les yeux.
- Un problème ? Je te sens tendue... fit la brune d'une voix endormie.
- Rien qui nécessite ton attention aujourd'hui. Repose-toi mon ange, tu en as besoin.
Un sourire fatigué flotta sur les lèvres d'Hermione.
- Je t'aime Min... Merci d'être là.
L'Ecossaise s'avança pour déposer un baiser sur les lèvres de son amante.
- Je t'aime aussi. Et je ne conçois pas d'être ailleurs.
Alors qu'Hermione se rendormait et que Cassandra finissait son biberon, l'esprit de Minerva vagabondait. Que projetait Vivianne ? Elle frissonna et se mordit la lèvre inférieure. Quoi que la Dame du Lac prépare, ça allait être sanglant.
Vivianne apparut dans son salon et sortit une petite pierre noire de sa poche. Elle fit la tourner trois fois entre ses doigts et sourit alors qu'une forme spectrale apparaissait devant elle.
- Salut, fit la Dame du Lac avec un sourire émue. Tout s'est bien passé, comme tu l'avais prévu.
- Je n'en doutais pas, mon amour. Maintenant, il faut passer à la deuxième phase. Retrouve mon corps.
Vivianne acquiesça et sourit à Morgane.
- Nous serons bientôt réunies, ma chérie, murmura l'ancienne souveraine.
- Ca prendra du temps, mais nous sommes patientes, répondit Morgane avec un sourire enjôleur. Et quand ce sera fait, notre vengeance s'abattra sur le monde...
La Dame du Lac interrompit le sort et fourra la pierre de résurrection dans sa poche. Elle attrapa son sabre posé sur la table et le fixa à sa taille.
- Bientôt mon amour... Bientôt... chuchota-t-elle avant de transplaner.
Et voilà ! La suite la semaine prochaine ! Il était évident que Vivianne avait une porte de sortie, l'est pas conne la Dame du Lac ! lol
Bisous et bon week-end,
Sygui et Link9
