Bonjour à toutes et à tous !
Après une longue semaine d'attente, voilà le nouveau chapitre !
Bonne lecture !
Chapitre 45 : Le coup de main d'Aliénor
Aliénor s'arrêta au milieu de la piscine et se laissa flotter sur le dos. Les trente longueurs qu'elle avait faites n'avaient pas diminué la colère sourde qu'elle ressentait. Tout son être lui criait de se rendre au chevet d'Hermione et de Rose, mais sa raison lui soufflait que c'était une mauvaise idée. Vivianne devait sûrement se repaitre de la douleur de Pansy et Minerva. Aussi, elle ne se sustentera pas de la sienne.
L'esprit de l'ancienne Présidente des Conseils vagabonda. Que Vivianne s'en prenne à Hermione était logique. Mais Rose ? Pourquoi la Dame du Lac aurait-elle risqué la vie de sa fille ? Pourquoi lui avait-elle infligé une telle douleur ?
La Française plongea dans l'eau et se laissa glisser vers le fond de la piscine. Quelque chose avait dû mal tourner dans le plan de Vivianne. Un des moldus avait-il réussi à combattre l'imperius ? Après tout, échapper à ce sort n'est pas une affaire de magie, mais de volonté.
La pression sur sa poitrine la ramena à la réalité. Elle donna un coup de talon et nagea en direction de la surface. Une fois à l'air libre, elle gagna le bord de la piscine, grimpa l'échelle et s'enroula dans un drap de bain. Elle prit son téléphone portable et remarqua dix appels en absence. Elle les effaça rapidement, ne voulant rappeler Minerva ou Pansy.
Elle monta dans l'ascenseur et appuya sur le bouton du deuxième étage. Arrivée à bon port, elle laissa tomber sa serviette sur le sol et alla se servir un café. Elle s'installa dans le canapé et alluma la télé.
"Un membre de la brigade des stupéfiants a été abattu cette nuit dans le cadre d'une mission et un autre a été gravement blessé. Son pronostic vital n'est plus engagé. Ce matin, les policiers de Londres ont eu la surprise de trouver les responsables devant l'entrée du commissariat, morts. Qui est l'auteur de ce règlement de compte ?"
Aliénor coupa la télé et but une gorgée du liquide amer.
"Vivianne, c'est une évidence. Donc, son plan d'origine a mal tourné. Bon à savoir..."
La sonnerie du téléphone la tira de ses pensées. Elle décrocha et sembla enfin se détendre.
- Salut Millicent. Bon vol ?
- Pas trop mal. Que comptes-tu faire ?
Aliénor lui expliqua rapidement ce qu'elle avait imaginé et elle sentit le sourire de son amie à l'autre bout de la ligne.
- Tu sais, je regrette vraiment que la Source ait sifflé la fin de la récré sur Avalon. Car toi et moi, on aurait destitué la Dame du Lac pour régner à sa place, répondit Millicent.
- C'est une évidence.
- Rendez-vous dans deux heures aux urgences, ça nous laissera le temps de régler les derniers détails. Et, s'il te plait, mets le chauffage à mon étage, Chaka est un peu frileux.
Aliénor raccrocha en roulant des yeux. Elle quitta le canapé et prit les escaliers pour grimper deux étages. Elle ouvrit son dressing et ses doigts effleurèrent les étoffes. Elle s'arrêta sur un tailleur strict et une chemise en soie. Elle attrapa les escarpins à talons hauts assortis et se rendit dans sa salle de bain. D'ici quelques heures, elle pourrait soigner convenablement Rose et Hermione.
Son coeur se serra à cette pensée. Elle n'avait pas prévu de revoir la brune aussi vite.
Pansy faisait les cents pas dans la chambre de Rose endormie. Elle s'arrêta brusquement puis quitta la salle en courant. Minerva se leva sans bruit et, après avoir jeté un dernier regard aux fillettes assoupies, passa la tête dans le couloir. Elle vit Pansy vomir dans une poubelle à quelques pas.
- C'est rien... juste le stress qui sort... marmonna la chirurgien en attrapant un rouleau de papier essuie-main qui traînait sur une commode.
Un brancard apparut au bout du couloir et Minerva se sentit soulagée.
- Attention, j'arrive avec notre légiste ! sourit un infirmier. Vous pouvez ouvrir la porte ?
McGonagall acquiesça et Pansy aida le jeune homme à installer la brune. Aussitôt, Mary et Cassandra se réveillèrent.
- Elle va bien ? demanda la blonde.
- Ouais ma puce, fit l'infirmier sur le pas de la porte. Les Granger, c'est du solide ! Si vous avez faim, vous me dites, je vous ramènerai des trucs de la cafétéria.
Mary s'approcha du lit de sa mère et fronça les sourcils. Elle détailla le visage aussi blanc que les draps, eut un tressaillement à la perfusion qui sortait de la main de sa mère et tourna la tête vers l'Ecossaise.
- Elle est où, la sorcière ? demanda sérieusement la gamine.
- Bonne question... feula Pansy.
- C'est pas la première fois qu'elle me fait le coup d'arriver après la bataille, répondit Minerva. Elle aime soigner son entrée.
La porte s'ouvrit une nouvelle fois et Mongomery, visiblement furieux, pénétra dans la pièce suivie d'une femme rousse.
- Qu'est-ce que je disais ? soupira l'Ecossaise.
- Vous voyez ? Elles ne sont pas transportables ! fit sèchement le chirurgien. Vous avez beau être le médecin de famille, je ne vous laisserai pas les mettre dans une ambulance.
- Ce n'est pas à vous de décider, Docteur, mais à la famille. Et je vois ici deux personnes qui peuvent prendre cette décision, répondit Aliénor en désignant Pansy et Minerva. Bonjour Mesdames. Veuillez excuser mon retard mais nous avons eu des légers problèmes d'organisation.
L'ancienne Sage s'avança dans la pièce et regarda rapidement Hermione avant d'examiner Rose.
- Docteur Parkinson, pensez-vous que le Lieutenant Granger est transportable ? demanda-t-elle d'un ton professionnel.
- Et bien... je...
Pansy se reprit et attrapa les derniers résultats accrochés au pied du lit de sa compagne. Elle les analysa rapidement et acquiesça.
- Elle est stable, donc un transport est envisageable.
- Et pour le Docteur Granger ? s'enquit Aliénor.
- Aussi...
- Bien. Minerva, Pansy, me donnez-vous l'autorisation de les déplacer à ma clinique ?
Les deux femmes échangèrent un regard avant d'hocher la tête.
- Parfait. Docteur Mongomery, je vous suis pour la signature des formulaires. Minerva, Pansy, je vous envoie les ambulanciers.
- Depuis quand elle a une clinique ? murmura Pansy quand la porte fut refermée.
- Ce qui m'inquiète, c'est les ambulanciers... répondit Minerva sur le même ton.
La porte s'ouvrit une nouvelle fois et Mary fronça les sourcils.
- C'est pas un moulin ici ! gronda la fillette.
- Aimable comme ses mères, un vrai bonheur, ironisa une femme qui poussait un brancard.
Elle releva la casquette qui masquait son visage et Pansy eut une exclamation de surprise.
- Millicent !
Un homme arriva avec un autre chariot et ses muscles, révélés par une chemisette, roulaient sous sa peau noire.
- C'est ici le transport de bétail ? se moqua-t-il.
- Désolée, Chaka est un peu grognon à la sortie de l'avion, l'excusa Millicent. Pansy, tu nous aides à les installer ?
- On pourrait aussi attendre que la reine-mère fasse un tour de magie pour nous éviter un tour de rein ? suggéra Pansy.
- Toujours aussi petite nature, se moqua le grand noir.
- Je me dois à mes patients, rétorqua la chirurgienne.
- Et tu as d'autres ... impératifs, intervint Minerva. Pas question que tu vomisses sur elles. Donc, occupes-toi des perfusions, nous on se charge du reste.
Un quart d'heure plus tard, tous gagnèrent le parvis des urgences. Aliénor les attendait devant une ambulance, des feuilles dépassant de la poche de son manteau.
- Miss Parkinson, vous grimpez dans l'ambulance avec Chaka. Miss McGonagall, suivez-moi avec vos filles.
Minerva couva une dernière fois du regard sa femme et sa première fille avant d'emmener les jumelles à la suite de la rousse. Cette dernière déverrouilla les portières d'une voiture et invita sans un mot les autres à prendre place.
- Où va-t-on ? demanda l'Ecossaise.
Aliénor démarra son véhicule. Minerva attendit un instant que la voiture s'insère dans le trafic, mais la Française ne répondit pas.
- Viviane ou un concours de circonstances particulièrement improbable ?
La Française ne tourna même pas la tête, son regard restant vissé sur la route.
- Mamaidh, c'est elle la sorcière, hein ? fit une petite voix depuis le siège arrière.
- Oui Mary, fit l'animagus en se retourna légèrement pour voir ses filles.
La gamine eut un reniflement semblable à celui de sa mère qui fit tiquer Aliénor. Mais cette dernière ne dit rien, laissant un profond malaise s'installer dans l'habitacle. Cassandra se laissait bercer par la conduite souple de l'ancienne Sage et s'endormit paisiblement.
Minerva avait une myriade de questions et d'hypothèses qui s'entrechoquaient dans sa tête. Mais elle savait que les poser ne servirait à rien si ce n'était d'effrayer sa fille. Elle prit son mal en patience et fit passer le temps en observant le profil de l'ancienne Sage. C'était incontestablement une belle femme qui n'avait sans doute eu aucune difficulté à charmer le général d'Avalon. Mais aujourd'hui elle était marquée par la tension et la fatigue.
- Elle va s'en sortir, finit-elle par dire, c'est Hermione.
Aliénor haussa un sourcil, surprise de la sollicitude de l'ancien animagus.
- On arrive bientôt ? demanda Mary qui n'eut pas plus de réponse.
La gamine poussa un soupir à fendre l'âme.
- Maman H elle dit touzours que les zens polis répondent aimablement aux questions, lança doctement la blonde réveillée.
- Cassy ! la gronda faussement Minerva avec un sourire en coin.
Aliénor mit le clignotant et ralentit le véhicule pour l'arrêter sur la chaussée. Elle se pencha et tendit la main pour ouvrir la boite à gant, frôlant la cuisse de l'animagus. Elle en sortit un bip qu'elle actionna avant de le jeter d'un geste impatient près de l'allume-cigare.
Une porte de garage s'ouvrit et, tous phares allumés, la voiture pénétra dans un petit parking d'une dizaine de places. Minerva fronça les sourcils en remarquant que l'ambulance qu'avait empruntée le reste de la troupe était stationnée près d'une voiture de sport.
La rousse gara sa voiture en marche arrière et coupa le moteur. Ses doigts pianotaient sur le volant, son regard fixé droit devant elle.
- On est chez Millicent... finit-elle par dire.
Minerva décrocha sa ceinture et, regardant autour d'elle, avisa l'ascenseur.
- A quel étage se trouve son appartement ? demanda l'Ecossaise.
- Tout l'immeuble est à elle, mais Hermione et Rose doivent être au troisième. Partez devant, je vous rejoins.
- J'aurais plutôt vu le contraire, grommela l'Ecossaise en ouvrant la porte derrière pour détacher les ceintures des jumelles.
La rousse les regarda s'éloigner et inspira profondément. Elle devait se calmer, redevenir maîtresse de ses émotions, histoire de ne pas embarrasser Hermione.
Elle sortit un paquet de cigarettes planqué dans le rangement de la portière et prit le temps d'en fumer une. Elle avait envie de fuir à l'autre bout de la planète. Elle savait qu'elle aurait du mal à supporter de voir la femme qu'elle aimait avoir des attentions pour une autre.
Elle soupira douloureusement. Pour le moment, Hermione était endormie, abrutie de médicaments. Elle n'avait qu'à la soigner, faire de même pour Rose, et partir avant le réveil des deux Granger.
- Quelque chose me dit que je me berce d'illusions...
Le silence. C'était frappant si on considérait la présence de huit personnes dans la même pièce. Hermione et Rose étaient allongées, encore lourdement sédatées, dans deux lits aux draps bleu, les faisant paraître moins pâles.
"Enfin, surtout Hermione, parce pour ce qu'on voit de Rose..." soupira Minerva dans son fort intérieur, en caressant les cheveux de Cassandre endormie contre son aînée.
Mary, elle, avait trouvé refuge auprès d'Hermione et ronflait doucement, un bras posé sur le ventre de sa mère.
Pansy s'était retirée près d'une fenêtre ouverte où elle partageait en douce une cigarette avec Millicent. Aliénor arriva et la tension sembla monter d'un cran. La sorcière parcourut la salle du regard avant de fixer son attention sur ses deux patientes.
- Tout le monde dehors sauf Parkinson, ordonna-t-elle.
Personne ne bougea à part Millicent et Chaka, et surtout pas Minerva.
- Je vais réopérer les deux inconscientes ici présentes, reprit la rousse d'une voix glaciale. Ca va être moche à voir. Donc, tout le monde dehors, exceptée Miss Parkinson.
Minerva respira profondément, les dents serrées, et se força à afficher un sourire affable.
- Miss Bulstrode, un peu d'aide je vous prie, prenez Mary, je m'occupe de Cassy.
- T'en fais pas, ça va aller, lui dit Pansy en ôtant sa veste.
Enfin débarrassée des indésirables, Aliénor remonta ses manches et se frotta les mains.
- Je vous explique ce qui va se passer. On va commencer par Rose. Je vais l'ouvrir pour retirer toutes les broches et divers objets en métal qu'elle a dans le corps. Ensuite, on remet les os en place et on les reconsolide. Puis, on referme. Pour le moment, ça vous va ?
- Je suppose que je fais tout ça sans magie ? grommela la Serpentard en attrapant un ciseau pour découper les bandages.
Aliénor claqua des doigts et tous les bandages disparurent avant que Parkinson n'ait le temps d'en tailler un. Puis, elle passa son index sur la jambe droite de Rose qui s'ouvrit sur toute sa longueur.
- Retirez les broches, fit la sorcière en ouvrant l'autre jambe.
- Gnagnagna... Fais ci fais ça... médicomage et chirurgienne on se demande pourquoi... Tu sais ce qui me fout les boules ?
- Non, mais quelque chose me dit que je ne vais pas tarder à le savoir ! soupira la Française.
- Granger me fait devenir enchanteresse de soin pour me retirer mes fabuleux pouvoirs un mois plus tard. J'avais rien demandé, je goûte à la plus puissante magie médicale pour ensuite jouer avec un tournevis. C'est dégueulasse.
- Oui, il y a beaucoup d'injustice dans ce pauvre monde.
- Et en plus, tu te fous de moi. T'es vraiment la reine des chieuses !
Aliénor eut un mince sourire avant de s'atteler à la reconstruction osseuse de la jeune femme. Puis, aidée de Pansy, elle nettoya le visage de l'ancien Maître de Chimère et put enfin le remodeler.
- Pause café avant de s'attaquer à Granger senior ? proposa Pansy. Deux heures qu'on y est, j'ai plus les yeux en face des trous... En tout cas, c'est de l'excellent travail que tu as fait. On jurerait qu'il ne lui est rien arrivé.
- Nous n'en avons pas pour très longtemps, murmura la sorcière en incisant proprement le thorax d'Hermione.
Elle se pencha au plus près et eut un hochement de tête appréciateur.
- De très beaux points, Miss Parkinson. J'en serais presque envieuse...
- Et tu ne sais pas tout ce que ces doigts savent faire ! renchérit la Serpentard.
- Et je ne veux surtout pas le savoir. Je m'en voudrais de jalouser Rose... ironisa la Française.
Pansy esquissa un petit sourire en retournant un instant la tête vers sa femme.
- Ce n'est pas elle la plus jalouse de nous deux en ce moment...
- Oui, j'ai entendu parler de cette histoire. Si cela peut vous consoler, l'indigente était sous imperium.
Pansy dévisagea Aliénor.
- Non ? Merde... Rose ... Merde !
- Un coup de Vivianne pour vous séparer, ce qui n'a pas manqué. Je comprends que vous soyez... blessée, mais n'en tenez pas rigueur à Rose. Enfin, dans la mesure du possible.
- Surtout qu'elle, elle n'était pas sous impérium tu veux dire ...
- Si vous pensez qu'il est possible de résister à la magie de Vivianne, quittez-la, murmura l'ancienne reine en ôtant magiquement les sutures du coeur d'Hermione.
Elle effleura du doigt le muscle qui cicatrisa proprement. Elle se redressa et referma le thorax sans qu'aucune marque soit visible.
- La Dame du Lac cherche à vous atteindre, vous et Miss McGonagall. Psychologiquement en mettant à terre vos compagnes. La suite sera une escalade de violence. Dites à Hermione de ne pas prendre de gants. Elle doit éliminer Vivianne sans remord.
- Et tu seras là pour lui tenir la main vengeresse, se moqua Pansy.
- Non. Je repars dans l'heure pour Shanghai.
- C'est votre nouveau truc à toi et Granger ? Jouer les sauveuses ? Apparaitre et disparaitre ?
- Hermione a fait son choix et je le respecte. Mais je n'ai pas à subir les démonstrations de son amour pour une autre. Je pense que, de toutes les personnes ici présentes, vous êtes celle qui me comprend le mieux.
- Sauf que quand je me suis tirée aux Etats-Unis, il n'y avait aucune menace qui pesait sur les personnes que j'abandonnais.
Parkinson plissa des yeux en regardant l'ancienne reine qui haussait les épaules.
- Tu sais quoi, t'as bien raison. Lave-t-en les mains, espèce de lâche ! s'énerva-t-elle au final en descendant les manches de sa blouse. La prochaine fois qu'Hermione en mange une sévère, viens pas pleurer, finit-elle en attrapant sa veste avant de claquer la porte
La rousse se pencha sur Hermione et, dans un geste tout en retenue, lui caressa les cheveux.
- Si tu as besoin de moi, tu sauras me trouver... murmura-t-elle.
- Aide-moi... souffla la brune dans son sommeil.
Aliénor se redressa à demi, regardant autour d'elle. Elle étendit son pouvoir autour du bâtiment et plus loin encore. Personne n'était en mesure d'influencer l'inconscient de la brune.
- A qui parles-tu ? murmura-t-elle en passant le dos de ses doigts sur la joue de sa promise. C'est à Minerva que tu tends la main ? Ne t'en fais pas, je la laisse auprès de toi, mais je ne serais jamais loin ... moi aussi j'ai besoin de toi, et pour l'éternité.
- Aliénor... aide-nous...
- D'accord, murmura l'ancienne reine, son coeur se serrant à la supplique de la brune.
Elle sourit tendrement avant de se pencher pour déposer un baiser léger sur les lèvres de la brune. Dans le même instant, la porte s'ouvrit sur Minerva.
- Evidemment, siffla l'ancien animagus.
La rousse se redressa et, ignorant la remarque de l'Ecossaise alla se positionner derrière la tête de Rose. Elle posa ses mains sur le crâne, les paumes sur les tempes.
- Merci de sortir, je n'ai pas fini.
- Je reste, gronda McGonagall en s'avançant, les poings serrés.
- Si j'ai congédié une infirmière, ce n'est pour accueillir une stagiaire.
- Qu'allez-vous faire à ma fille ?
- Tenter de transformer son traumatisme en simple souvenir désagréable. Si vous tenez à m'imposer votre insupportable présence, rendez-vous utile et tenez-lui les jambes.
La Française ferma les yeux et activa sa magie. Elle s'infiltra dans l'esprit de la jeune femme et navigua dans sa mémoire, sautant d'un souvenir à l'autre, comme on visionne les passages d'un film à l'aide d'une télécommande. Elle trouva enfin ce qu'elle cherchait et assista à l'intégralité de la scène pour comprendre l'ampleur de sa tâche. Elle tenta de rester de marbre alors que la barre en fer frappait inlassablement le corps martyrisé. Les cris de Rose, les os qui brisaient les uns après les autres, le sang qui coulait sur le bitume... Aliénor oublia un instant de respirer, dégoûtée par la sauvagerie des hommes. Puis, ils balancèrent sans ménagement le corps supplicié sur une banquette arrière. Et, quinze minutes plus tard, ils la jetèrent devant le commissariat avant de lui tirer dessus et de partir en trombe.
La sorcière rembobina le souvenir et le manipula avec précaution, le modifiant par petites touches. Elle commença par ôter la couleur et d'effacer les contours des imagines, entamant pour l'ancienne Sage le processus de l'oubli. Puis, elle atténua les sons, transformant les hurlements en échos. Satisfaite, elle se retira de la mémoire de la jeune femme mais resta dans son esprit. A aucun moment de son calvaire Rose avait souhaité avoir sa magie. Non, elle avait appelé ses mères, Pansy, elle-même, mais jamais il ne lui était venu à l'esprit de vouloir récupérer ses pouvoirs pour se venger.
" C'est pour ça que je vais te les rendre. Je sais que tu en feras bon usage..." songea Aliénor en envoyant un mince filet de magie dans le corps de la lieutenant.
Elle suivit son pouvoir et se trouva devant un puits asséché, entravé par des chaînes. Aliénor agita la main en une longue arabesque et les entraves volèrent en éclat. Puis, elle effleura de l'index les bords du puits, laissant un fluide argenté sur la pierre. Le fluide s'écoula dans le puits, le remplissant progressivement. La surface se mit à bouillonner et une douce chaleur se propagea dans tout le corps de Rose.
Satisfaite, Aliénor ouvrit les yeux pour croiser le regard perplexe de McGonagall.
- Je... commença l'ancienne Présidente des Conseils avant que ses jambes cèdent.
Elle s'écroula sur le sol, sa tête tapant violemment sur le carrelage froid de la pièce.
Minerva s'approcha rapidement et constata l'inconscience de la rousse.
- Pansy ! appela-t-elle fortement.
La Serpentard entra un instant après, déjà en train de râler avant de s'agenouiller prestement à son tour.
- Que s'est-il passé ?
- Elle venait de finir d atténuer les souvenirs de l'agression de Rose et d'un seul coup elle est tombée.
- Si elle a vu ce que je pense, et compte-tenu de son rapport à Rose, pas étonnant qu'elle l'ait mal vécu.
Parkinson retournait la rousse tout en parlant.
- Bon on a quoi... Nez cassé, pommette, et lèvre fendue par une dent... Au moins elle ne fait pas dans la demi-mesure.
- Je vais chercher un matelas pour mettre par terre, grommela Chaka depuis la pas de la porte.
Pansy acquiesça.
- Et dis à Millicent d'apporter des compresses et de l'iode. Ma petite chérie, fit la chirurgienne goguenarde, t'as pas voulu me rendre ma magie, alors ça va piquer !
- Besoin d'aide ? murmura une voix rauque.
Minerva et Pansy se retournèrent pour voir Rose qui peinait à s'asseoir. Elle avait les yeux lourds de sommeil, les cheveux emmêlés, l'air hagard.
Minerva délaissa l'ancienne reine pour aller au chevet de sa fille.
- T'occupe, ma puce, je gère, lui répondit Pansy avec un grand sourire en s'approchant à son tour.
Elle prit sa compagne dans ses bras et la serra fortement contre elle.
- Tu m'as fait tellement peur ... J'ai cru que j'allais te perdre ...
- Hmmm... désolée... fit doucement Rose en enfouissant son visage sur l'épaule de la Serpentard. Je suis heureuse d'être encore en vie pour te demander de m'excuser. Je suis vraiment désolée... pour... tu sais. Ca ne se reproduira plus jamais.
- Je t'aime Rose, murmura la verte et argent dans les cheveux de sa femme. C'est la seule chose qui importe.
La chirurgienne s'assura une dernière fois que sa compagne se portait bien puis reporta son attention sur Aliénor.
- Bon... va falloir s'occuper de l'autre chieuse... souffla-t-elle.
Elle s'agenouilla près de la sorcière et, jetant un regard rapide à Minerva, elle soupira.
- On peut pas vous laisser toutes les deux dans la même pièce sans qu'un drame arrive. Un de ces jours, va falloir prendre sur vous et essayer de vous entendre...
Et voilà le travail !
Alors, ça vous a plu ?
Bises et à la semaine prochaine,
Bon week-end !
Sygui et Link9
