Bonjour tout le monde !

Et voici un nouveau chapitre, chapitre uploadé pendant mes vacances ! Yeah ! ^^

Bonne lecture !


Chapitre 46 : Souvenirs du passé

Elle se tenait sur le bord du talus, sous la pluie fine qui passait à travers l'étoffe de son lourd manteau. Jeune fille insouciante quelques heures avant, jeune femme accablée à présent. Le page qui l'avait conduit au capitaine des gardes de son père avait filé sans demander son reste lorsque sa colère avait déferlé dans la salle du trône.

Le corps de l'homme qui dirigeait la province de Perguérie était étendu, plein de boue et de sang, sur un brancard de fortune, au milieu de la salle. Maintenant, droite comme un i, elle contemplait l'horreur du lieu qui avait vu ses derniers instants. Son père s'était donc vidé de son sang dans la fange de ce cloaque, la gorge tranchée par quelque malandrin. Elle-même avait échappé à ce funeste sort quelques heures plus tôt, grâce à Millicent. Cette dernière l'avait mise à l'abri et les quelques gardes restés au château avaient occis ceux qui s'étaient mis en tête de lui faire rendre son dernier souffle.

Quelqu'un avait organisé les deux attentats. Qui que ce fut, il allait payer très cher ce crime. Sure de se souvenir toute sa vie de la scène, Aliénor tira sur la bride de son cheval, tournant le dos à son passé tranquille pour rejoindre son château, le visage empreint d'une nouvelle détermination.

"Millicent, rendez-vous dans mes appartements." dit-elle par télépathie à son amie. "Nous reprenons la gestion de Perguérie et, en mémoire de mon père, nous ferons que cette province deviendra le royaume le plus riche d'Avalon !"

Elle poussa sa monture au galop, avalant les kilomètres qui la séparaient de sa destinée. Elle essuya d'un geste rageur de la main les larmes qui s'écoulaient sur ses joues.

"Père, je retrouverai vos assassins et les mettrai à mort. Je mènerai Perguérie à l'indépendance, achevant votre travail. Vous serez fier de moi !"


Aliénor se réveilla brusquement. Elle regarda rapidement autour d'elle et, malgré la pénombre qui régnait dans la pièce, elle reconnut sa chambre. En entendant la porte s'ouvrir, elle se redressa dans son lit. Elle était prête à agonir d'injures son visiteur mais sa phrase mourut dans sa gorge en découvrant une tignasse brune.

- Salut, fit doucement Hermione, un sourire fatigué flottant sur ses lèvres.

- Salut, lui répondit-elle avec un sourire. Comment te sens-tu ? Mieux que moi j'espère, marmonna-t-elle en se levant pour aller voir son visage dans un miroir.

- Je vais bien, et grâce à toi je suppose.

- Miss Parkinson avait fait un superbe travail, il faut le reconnaître, même si elle n'avait que les techniques archaïques des moldus à disposition.

- Techniques qu'elle a dû appliquer sur toi avec grand plaisir, pour se venger de ne plus avoir la magie au bout des doigts, rit la brune en s'approchant de son ancienne conseillère. Viens-là.

Hermione étendit sa main paume vers le visage de l'ancienne reine et laissa sa magie opérer. Un instant et les dommages de la chute furent effacés. Aliénor avança et, prenant la main de la brune entre les siennes, elle y déposa un chaste baiser.

- Merci.

Hermione rougit.

- Je... heu... que s'est-il passé pour que tu t'évanouisses ?

- La fatigue, tout simplement, sourit l'ancienne reine. Et le fait de devoir supporter ton Primate des Hautes-Terres. Etre en sa présence me donne des aigreurs d'estomac.

La brune roula des yeux et s'assit sur le rebord du lit.

- Tu as redonné sa magie à Rose. Pourquoi ?

- C'est ta fille, et c'était mon... élève quand nous étions des Conseillères. Je sais qu'elle usera de son pouvoir sans malveillance ou sans en tirer profit.

Hermione se gratta la nuque, visiblement gênée.

- Je suis d'accord avec toi mais... Pansy m'a soufflée dans les bronches.

- Que c'est laid, la jalousie, ironisa l'ancienne reine en se déshabillant sous les yeux de la brune.

La légiste sentit une douce chaleur naître au creux de ses reins et leva la tête pour regarder le plafond.

- Tu m'accompagnes dans la salle de bain ? J'ai besoin d'une douche et nous devons poursuivre cette charmante conversation.

- Et bien, tu sais que je..., balbutia Hermione rougissante à l'idée. Ce serait...

- Innocent vu que je ne t'ai pas invité à te doucher avec moi.

La Gryffondor devint carrément écarlate, son inconscient se jouant d'elle. Elle bloqua sa respiration, compta jusqu'à 10, et souffla doucement.

- Laisse la porte ouverte, grommela-t-elle, je reste ici.

Aliénor prit un drap de bain dans son armoire et, passant devant la brune, s'amusa à la frôler de son corps nu, exagérant le mouvement de ses hanches.

- Ne m'en veux pas si je te fais crier... A cause de l'eau, je risque de ne pas bien entendre, susurra-t-elle avant de gagner la pièce adjacente.

- Manquerait plus que Minerva arrive et je vais être réellement dans la... et merde, soupira-t-elle alors de l'ancien animagus poussait la porte.

- Tu es là, forcément.

- Min chérie, je venais voir comment elle allait, c'est tout.

- Et visiblement elle est au mieux de sa forme, fit froidement l'ancien animagus en voyant passer la rousse nue dans la salle de bain.

L'Ecossaise retroussa ses manches et suivit la Française avec la ferme intention de lui mettre sa main dans la figure quand Hermione bondit sur ses pieds pour l'attraper au passage et l'enfermer dans ses bras.

- Essaie de te souvenir qu'elle a sauvé Rose... murmura la brune avant d'embrasser tendrement sa compagne.

- Non, TU as sauvé Rose, et ELLE m'énerve à tourner autour de toi dès que l'occasion se présente.

Hermione embrassa une nouvelle fois Minerva et ses doigts caressèrent le dos de son amante dans un geste apaisant.

- Elle est venue pour nous prêter main forte, rien d'autre, je t'assure... murmura la brune alors que le bruit de l'eau qui s'écoulait se faisait entendre de la pièce d'à côté.

- Belle qui tient ma vie, captive dans tes yeux. Qui m'a l'âme ravie, d'un sourire radieux... Viens donc me secourir, ou me faudra mourir...

La voix douce de l'ancienne Conseillère s'éleva, couvrant le bruit de la douche, et Hermione pria tous les Sages et les Hauts que le français de Minerva ne soit pas assez bon pour traduire les paroles.

- Evidemment, elle chante à merveille. Je - vais - la - tuer, siffla l'Ecossaise en serrant les poings.

- Min, c'est juste un poème, tenta Hermione.

- Aucune idée, je ne parle pas le français, mais j'ai bien vu ton air.

McGonagall se dégageait et fonça dans la salle de bain alors que l'eau s'arrêtait. Hermione hésita quelques instants à aller calmer les deux femmes mais finit par hausser les épaules. Elle commença à faire le lit et à préparer quelques vêtements propres pour Aliénor, évitant ainsi à l'ancienne Sage un nouveau trajet les fesses à l'air.

Les éclats de voix étaient on ne peut plus clairs. Minerva grondait et Aliénor se moquait. L'animagus sortit de la salle de bain, furieuse.

- Je ne te demande pas de choisir, ça lui ferait trop plaisir. Mais je ne reste pas un instant de plus sous le même toit que cette intrigante.

- Min, tu ne peux pas faire ça, pas avec Viviane dehors qui entame sa vendetta.

- Il fallait qu'elle y réfléchisse avant de me provoquer de la sorte. D'ailleurs, à bien y regarder, son affaire est très réfléchie.

- Tu ne vas pas ...

- Ne t'en fais pas, les filles restent sous ta protection magique, je ne les emmène pas.

Hermione lui attrapa le poignet et plongea son regard dans les deux émeraudes furieuses.

- Ne m'abandonne pas, s'il te plait. Reste... J'ai besoin de toi.

La colère de l'animagus fondit. Elle posa ses lèvres sur celle de son amante.

- Tu as besoin d'elle et de ta fille. Vous trois avez le pouvoir de la vaincre. Pour le reste, nous ne sommes que des moyens pour Viviane de vous atteindre, ne crois pas que je sois dupe.

- Si tu restes avec moi, elle n'aura aucun moyen de t'atteindre.

L'Ecossaise serra les dents en regardant du coté de la salle de bain où Aliénor fredonnait un air de cour.

- Très bien, je vais le faire pour toi. Mais par pitié, ne me mets plus en rapport avec elle.

La brune acquiesça et lança le paquet de vêtement en direction de l'ancienne Sage.

- Rentrons à la maison, murmura Hermione en prenant la main de Minerva dans la sienne. Les filles ont besoin de se remettre de leurs émotions. Et nous aussi. Je pense que Pansy voudra ramener Rose chez elles. Et demain, je me mettrai en chasse pour nous débarrasser de Vivianne.

En apercevant Aliénor qui pénétrait dans la chambre, Minerva encadra de ses mains le visage de la brune et l'embrassa avec passion.

- Que c'est puéril ! Sur ce, mesdames, je vous laisse, lança la Française avant de transplaner.

- Tu sais où elle est partie ? demanda Minerva. Ca ne lui ressemble pas d'abandonner la partie comme ça.

- Non, et ça m'inquiète...


Pansy poussait la porte de son duplex et, un bras posé dans le dos de Rose, elle l'amena dans le salon.

- Tu sais, je peux m'asseoir seule, plaisanta l'ancienne Sage alors que la chirurgienne l'installait confortablement.

- Il va me falloir un long moment pour effacer l'image de toi mourante sur le brancard, alors laisse-moi m'occuper de toi, répondit sérieusement Parkinson en retirant les chaussures de sa compagne.

Puis, elle l'emmitoufla dans une couverture avant de caler un coussin sous sa nuque. Satisfaite, elle se rendit au bar, servit deux verres de vin qu'elle posa sur la table basse. Elle s'installa à côté de Rose et replia ses jambes sous elle.

- Je me suis demandée si c'était à cause de moi que tu étais dans cet état. Après tout, tu ne m'avais jamais parlé de cette mission. Si je ne t'avais pas mise dehors, tu serais restée à la maison et...

Rose voulut répondre mais Pansy leva la main, lui faisant signe de se taire.

- Quand ta pouffiasse a fait son show, je t'ai haïe. Je ne savais pas ce que j'avais fait pour que tu me traites de la sorte. Mais... les injures que je t'ai dites... elles tournaient dans mon esprit alors que je te mettais un tube dans la gorge pour que tu puisses respirer. Et... quand j'ai pensé que notre dispute... pourrait être notre dernière conversation... je...

Pansy éclata en sanglots, incapable de contenir plus longtemps la peur et l'angoisse qu'elle avait ressenties ces dernières heures.

Rose quitta le cocon que sa femme avait fait pour elle et l'attira dans ses bras. Elle n'avait jamais vu la Serpentard pleurer, pour quoi que ce soit ou pour qui que ce soit. La voir dans cet état la désemparait.

- Je suis là, en vie. Tu vas pouvoir m'engueuler autant que tu veux, tant qu'on peut se réconcilier. D'accord ? demanda-t-elle d'un voix douce en berçant lentement l'ancienne médicomage pour la calmer.

Pansy releva la tête et captura les lèvres de son amante. Elle glissa ses mains sous le tee-shirt et caressa la peau chaude. Elle avait besoin de toucher l'ancienne Sage, de la sentir bien vivante.

- C'était tellement dur de ... je ne savais pas que c'était toi et j'avais déjà condamnée le corps martyrisé que je voyais et puis...

A l'aveugle elle dessina la tache de naissance de sa femme sur son flanc.

- Je t'ai reconnue et j'ai cru mourir... je ne veux plus jamais revivre ça Rose.

- Je ne peux pas te promettre que ça n'arrivera plus, mais je redoublerai de vigilance. Je ne vais pas partir, ma chérie.

Elle caressa la joue de la chirurgienne avant de l'embrasser doucement.

- Tu sais ce qu'il nous faut ? Un bon bain moussant, des bougies allumées, nos verres de vins, de quoi grignoter et un bon CD de musique jazz...

Un sourire coquin naquit sur ses lèvres et elle posa un baiser sur le bout du nez de Parkinson.

- Je fais couler le bain ?

- Comment pourrais-je refuser une telle invitation ?


Aliénor apparut dans une grotte balayée par un vent glacial. Elle s'avança en frottant ses bras, la température étant en dessous de zéro. De la buée sortait de sa bouche, humidifiant son nez, ses lèvres, qu'elle sentait près de gercer. Elle marchait dans la neige qui craquait sous ses pieds et plissa les yeux alors que le blizzard s'engouffrait à sa suite entre les parois rocheuses.

Hermione et elle avaient de suite pensé à Vivianne, mais une autre personne pouvait vouloir se venger. Aussi, elle voulait en avoir le coeur net. Vérifier que la Source était toujours dans sa prison et qu'elle n'était pas prête de s'en échapper.

Elle conjura rapidement un anorak plus chaud qu'elle passa, luttant pour fermer les pressions. Ses doigts commençaient à bleuir. Elle devait faire vite.

Arrivée à destination, elle remarqua de suite la statue du dragon. Pour le moment, rien ne semblait clocher. Elle l'observa sous toutes les coutures, se penchant pour chercher la moindre fissure dans la pierre. Elle se releva, rassurée, son coeur se remettant à battre normalement.

- Une folle à gérer, c'est déjà suffisant, grogna-t-elle en rebroussant chemin.


Viviane s'attardait sur son balcon, écoutant les bruits de la ville monter jusqu'à elle tandis que les éclats violet du soleil couchant chatouillaient ses paupières.

- A quoi penses-tu ? fit une voix dans son dos.

- Aux mécréants que j'ai châtiés. Rose n'a beau ne pas savoir qui nous sommes pour elle, le moldu qui lui fera du mal n'est pas encore né, répondit la Dame du Lac en tendant sa main par-dessus son épaule.

Elle la referma sur des doigts fins et attira leur propriétaire à elle, jusqu'à pouvoir embrasser la femme aux cheveux noir.

- Je suis tellement heureuse de te retrouver Morgane, sourit Viviane. Il ne me manque que mes enfants.

- Il suffit d'aller les chercher ma chérie.

- Mais nous ne sommes rien pour elles.

- Alors il faut leur dire, leur montrer. Rose ne pourra rester indifférente, elle est toujours la même au fonds, fit Morgane d'une voix douce en posant sa main contre le coeur de la blonde.

- Tu as raison.

Vivianne réfléchit un instant et un sourire mauvais étira ses lèvres.

- Je sais comment m'y prendre pour regagner notre fille et affaiblir Hermione. Dans le même temps, on va s'occuper de Pansy et Minerva.

- Tu veux réunir les deux anciennes partenaires ?

Morgane plissa les yeux tandis qu'un rictus étirait ses lèvres.

- C'est une excellente idée. Elles étaient très mignonnes ensemble.

- Bien, mettons nous en route, fit Vivianne.

Les deux femmes échangèrent un dernier baiser et disparurent toutes deux dans un craquement sonore.


Pansy avait passé une chemise ample appartenant à Rose par-dessus un jean confortable. Elles avaient profité du bain proposé par l'ancienne sage pour se réconcilier définitivement. La suite d'activités avait revigoré la Serpentard et épuisée sa femme, encore éprouvée par son supplice. Pansy lui avait concocté un calmant pour l'aider à dormir. Maintenant elle se laissait aller dans la chaleur de l'étoffe, respirant à l'envie l'odeur de sa bien-aimée.

- C'est là que la clope post-coïtale me manque, soupira-t-elle.

Elle allait allumer la télé quand du bruit se fit entendre sur le pallier. Elle se raidit dans le canapé. Son voisin étant en Amérique du Sud pour le mois, c'était soit des cambrioleurs, soit...

Elle attrapa son téléphone et composa rapidement le numéro de Minerva.

- Salut. Tu peux m'envoyer Super Granger en urgence ?

Au même moment, elle entendit une bordée de ce qu'elle considéra comme des jurons en asiatique.

- Laisse tomber, soupira-t-elle soulagée, c'est le concierge qui vient de se vautrer dans l'escalier. Tout va bien depuis que t'as plus la reine-mère dans les pattes ?

Elle acquiesça silencieusement aux propos de l'ancienne animagus, tout en se réinstallant confortablement.

- Oui oui, je me suis réconciliée avec Rose, ne t'inquiète pas. Tout comme sa mère, sa technique pour se faire pardonner est de revenir à moitié morte. D'accord, on en reparle plus tard. Bye.

Elle posa le téléphone sur la table basse et étendit ses jambes, calant son dos contre le dossier. Elle allait appuyer sur la télécommande quand son regard s'écarquilla. Comme si un verrou avait sauté dans son esprit, un flot continu de souvenirs envahissait sa mémoire. Incapable de bouger, elle ne pouvait qu'assister aux scènes qui lui étaient jusqu'alors inconnues, mais qui devenaient au fut et à mesure étrangement familières.

Elle finit par rouler sur le côté en gémissant. Le mal de tête était atroce, mais supportable par rapport à la douleur qu'elle ressentait au fond d'elle. Minerva... Elles étaient ensembles, sur Avalon. Et Granger n'avait jamais pris la peine de lui en parler.

Elle se redressa et, se saisissant du téléphone, appuya sur la touche bis.


Minerva raccrocha, les sourcils froncés. Vivianne leur faisait perdre les pédales. Elle soupira en reposant le combiné sur son socle et alla rejoindre Hermione qui lisait une histoire aux jumelles.

- Et c'est ainsi que les chasseurs mangèrent un bon ragoût de cerf, concluait la brune sous les yeux ébahis des filles. C'est l'heure de faire dodo. On fait un bisou à maman et à mamaidh ?

- Ca a quel goût le cerf ? demanda Mary.

- Ca se mange avec des frites ? renchérit Cassandra.

- La suite demain !

Minerva se pencha sur les lits et fit une bise sur le front de chaque fillette, imitée par Hermione. Les deux adultes sortirent en fermant doucement la porte et allèrent s'installer dans le canapé.

- C'était quelle histoire ?

- Bambi.

L'ancien animagus haussa un sourcil, perplexe.

- Dans mes souvenirs, il n'y avait pas de festin de cerf à la fin du conte.

- Je déteste la censure, répliqua la brune avec un sourire.

- Bien. Je vais commencer à mettre de côté pour les dix ans de thérapie qu'elles devront supporter à cause de toi. Pansy a appelé, elle est inquiète de la situation.

- Qui ne le serait pas ? fit doucement Hermione avant de se pencher sur son amante. Mais si tu es dans le même état, je sais comment te faire oublier tous tes soucis... ajouta-t-elle en commençant à déboutonner la chemise de l'Ecossaise.

McGonagall sourit et captura les lèvres de sa compagne, très attentive à ce qui allait suivre. L'interphone retentit dans le salon et Hermione se leva prestement.

- La suite plus tard ! Les pizzas arrivent ! lança-t-elle joyeusement.

Elle attrapa son porte-monnaie et décrocha.

- Troisième étage, face ascenseur, dit-elle en appuyant sur le bouton.

- La porte ne s'ouvre pas, Madame.

- Putain... va falloir réparer ce truc. Min, mets la table, j'arrive.

Hermione traversa le palier pour descendre les escaliers. Elle poussa la porte de l'immeuble et, après avoir payé, récupéra ses pizzas. Alors qu'elle attendait l'ascenseur, son coeur se serra brusquement.

- Vivianne...

Elle laissa tomber ses pizzas sur le sol et transplana pour apparaître dans son salon. Minerva était prostrée sur le canapé, la tête entre les mains, ses doigts se crispant sur ses tempes. La brune s'agenouilla devant sa femme et lui releva la tête.

- Min, que se passe-t-il ? demanda Hermione, inquiète de ce que Vivianne avait fait.

McGonagall la repoussa vivement et la brune tomba à la renverse.

- Ne me touchez pas, Générale, lança sèchement l'Ecossaise.

Minerva dévisagea froidement la femme affalée sur la moquette avant que le remord flotte dans son regard troublé.

- Je... Hermione... C'est pas ce que je voulais dire... balbutia-t-elle.

- Au contraire, ça semblait sortir du coeur, grimaça la sorcière en se relevant.

- Non ! tu ne comprends pas... je ... ce n'est pas moi qui ai dit ça... je ...

Minerva gémit en se prenant la tête dans les mains, et la légiste s'assit à côté d'elle.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est moi, mais dans un autre temps... avec Pansy... contre toi ... Viviane...

L'animagus cherchait son souffle et la brune lui passait lentement la main dans le dos pour la rassurer, sans que l'Ecossaise la repousse.

- Elle est en train de manipuler mon esprit...

- Elle t'a rendu tes souvenirs de notre vie sur Avalon, avant la guerre contre la Source, expliqua doucement Hermione.

Le téléphone sonna et la sorcière jeta un coup d'oeil à l'écran.

- C'est Pansy. Tu veux la prendre ? s'enquit Hermione.

Minerva semblait perdue, tentant de rassembler ses pensées, à défaut de parler de ses souvenirs.

La brune soupira avant de décrocher le combiné.

- Vas-y, hurle, dit-elle déjà découragée.

- TU M'AS TUÉE !

- Non. Le Général des armées d'Avalon a fait payer au médecin de la reine sa tentative d'assassinat sur Morgane. Moi, je ne t'ai strictement rien fait.

- Foutaises ! Comme pour moi et Minerva ! C'est pas par hasard qu'on s'était rapprochées !

- Arrête de crier et respire. En agissant de la sorte, tu fais le jeu de Vivianne. J'espère que tu comprends qu'elle vous a rendu vos souvenirs pour nous dresser les uns contre les autres.

- Et bien, je crois qu'elle a parfaitement réussi ! Putain Hermione, tu te rends compte de ce que ça peut me faire de savoir tout ça ?

La brune se pinça le nez entre son pouce et son index et souffla.

- Autant que ça m'a fait de savoir tout ça en étant réveillé en pleine nuit par la Source après avoir fait l'amour pour la première fois à Minerva. Maintenant, soit tu arrêtes de gueuler, soit on raccroche.

- C'est ça, comme d'habitude tu fuis !

Hermione roula des yeux avant de couper la communication et de jeter le téléphone sur le sol. Elle posa sa main sur le front de l'Ecossaise et fronça les sourcils.

- Je vais t'apporter une aspirine, tu es bouillante.

- Tu sais tout ça depuis quand ? Qui d'autre sait tout ça ?

- Tu m'as entendu le dire à Pansy. Je l'ai su la nuit où on a conçu Rose. Après, Vivianne a rendu ses souvenirs à Aliénor la nuit où elle a lancé la malédiction.

La brune soupira, refoulant une colère froide toute dirigée vers la Dame du Lac.

- J'espère juste qu'elle n'a pas rendu sa mémoire à Rose.

- Alors Aliénor sait... j'ai vraiment l'impression d'être une imbécile dont on se joue. Et je suppose qu'elle serait parfaitement d'accord avec cette analyse, pour ne pas dire qu'elle poserait que c'est normal, commença à s'énerver l'ancien animagus. Et pourquoi tu espères que Rose n'a pas elle aussi retrouver ces souvenirs, interrogea-t-elle en plissant les yeux.

- Parce que tu sais parfaitement que c'est la fille de Vivianne et de Morgane. Comment veux-tu qu'elle m'aide à vaincre celle qui a été sa mère dans une autre vie ? Et arrête de passer tes nerfs sur moi, je n'y suis pour rien !

- Excuse-moi, s'énerva à son tour l'Ecossaise, j'ai encore du mal à comprendre. Et si tu permets, c'est assez perturbant de savoir que deux de mes trois filles sont aussi les enfants de Viviane, que Viviane était ma souveraine, que ma compagne sur Avalon était Pansy, et que tu semblais décidée à nous pourrir la vie. En fait dans tout ceci, il n'y a que deux choses qui ne changent pas, l'animosité d'Aliénor à mon encontre et ton amour pour elle !

- JE vous pourrissais la vie ? C'est la meilleure de l'année, fit Hermione en levant les yeux au ciel. Quant à mon amour pour Aliénor, je te signale que j'ai couché un après-midi avec elle sur Avalon avant de la tuer !

La brune attrapa à la volée son manteau et passa rapidement des baskets.

- Je vais faire un tour. Quand tu seras calmée, préviens-moi.

Minerva serra les dents avant d'attraper le téléphone et de taper sur la touche rappel.

- En fait, fit Hermione en reposant ses clés, plutôt que d'appeler Pansy, va donc la rejoindre, puisque j'ai l'impression que c'est ce que tu souhaites.

L'animagus blêmit. Elle posa calment le combiné, se leva, prit une veste et c'est seulement sur le pas de la porte qu'elle daigna répondre à sa compagne.

- Contrairement à ce que tu semblais penser, je ne m'inquiétais pas pour Pansy qui est une grande fille capable de se gérer, mais pour Rose qui vient d'être passablement éprouvée et qui va surement mal le vivre, elle aussi. Mais je vois que ça ne te pose pas de problème de me mettre dehors... Appelle donc Aliénor tant que tu y es, finit-elle la voix étranglée avant de claquer la porte.

- Excellente idée.

Hermione attrapa son téléphone portable et composa de mémoire un numéro.

- Bonsoir Aliénor, excuse-moi de te déranger, mais Vivianne a encore fait des siennes.

Elle se tut quelques instants et acquiesça.

- Il faut qu'on trouve ce qui fait peur à cette garce. Une idée ?

La brune secoua la tête en entendant la réponse de l'ancienne Sage.

- Oui, mais ce serait une mauvaise idée de réveiller la Source. Le remède serait pire que le mal, dit-elle amèrement.

Elle passa dans la cuisine et se servit un verre de vin.

- Comment veux-tu que ça aille ? Je me suis engueulée avec Minerva qui vient de se tirer chez Pansy.

Elle écouta quelques instants et grimaça.

- C'est une possibilité, effectivement. Mais je compte quand même sur leur sens des responsabilités. Et puis, je vois mal Minerva et Pansy faire ça à Rose.

Elle soupira et regarda sa montre.

- Il est neuf heures passées. Je te jure que si elle est pas rentrée à minuit, je prends mes affaires, les filles, et je me casse. Hmm... Hmmm...

Hermione sourit et secoua la tête.

- Je savais que je pouvais compter sur toi. Mais il vaut mieux que je l'attende seule ici. Tiens-moi au courant si tu trouves quelque chose pour contrer Vivianne. Salut.

La brune raccrocha et entreprit de taper un texto.

Merci de rentrer avant minuit. Et avant que tu pestes, oui, c'est un ultimatum.

Elle sélectionna le destinataire et envoya le message. Elle prit son verre de vin et regagna le salon. Elle s'était à peine installer que le téléphone vibrait, indiquant qu'un texto venait d'arriver.

Navrant.

Hermione haussa les sourcils en reposant le téléphone. Elle essuya machinalement les mains sur son jean avant de se lever en soupirant.

- J'espère que le Hilton a des chambres adaptées aux enfants...


Et voilà le travail ! Vivianne, ou comment foutre la merde !

Bisous et à la semaine prochaine,

Sygui et Link9