Hey hey !

Il fait pas très beau, il fait froid, alors mettez vous bien au chaud pour déguster ce nouveau chapitre ! ^^

Bonne lecture !


Chapitre 47 : La médecin et la Ministre

Minerva fulminait toujours en arrivant au domicile de Pansy. Hermione avait osé la menacer. C'était tout bonnement incroyable.

- Elle est totalement déconnectée des gens, grommelait-elle. Incapable d'empathie, même envers moi... surtout envers moi ! Je vais finir pas croire que ça l'arrange toute cette ... fange que Viviane agite autour de nous ! Non mais c'est pas vrai ! Me menacer ! sifflait-elle en ponctuant sa frustration de coups de sonnette rageurs.

La porte s'ouvrit sur Pansy qui avait un doigt posé sur ses lèvres, lui intimant de ne pas faire de bruit. Aussitôt, la colère de l'Ecossaise disparut et elle contempla, émue, son ancienne compagne devant elle.

Elle suivit la chirurgienne dans l'entrée et, une fois la porte refermée, les deux femmes se regardaient, ne sachant que faire.

- J'ai le coeur qui bat à tout rompre, confessa Parkinson.

Minerva se contenta d'acquiescer. Elle comprenait parfaitement la chirurgienne, vu qu'elle ressentait la même chose. Pansy leva sa main et, après un instant d'hésitation, caressa doucement la joue de son aînée.

L'Ecossaise ferma les yeux, faisant ressurgir devant elle les souvenirs d'une autre vie. La chaleur de la paume de Pansy rendit le souvenir encore plus présent, lui tirant une larme en même temps qu'affluait de façon désordonnée une multitude d'émotions empreintes de douceur.

Parkinson ôta sa main et s'approcha de Minerva pour coller son corps contre le sien.

- Ce qui me fait mal, c'est qu'à cause de Vivianne, je sais pourquoi tu me manques, pourquoi tu m'as manquée toutes ces années. J'ai envie de... d'embrasser ma femme, mais je me rends compte que dans la situation actuelle, ce serait fou.

- Chut, murmura Minerva qui refusait d'ouvrir les yeux de peur de briser l'enchantement du moment, prenant lentement son ancienne compagne dans ses bras, laissant aller sa tête contre son épaule. Je veux juste oublier un instant les milliers d'années qui nous séparent.

Pansy posa sa main sur le menton de l'Ecossaise pour lui relever doucement la tête. Puis elle avança ses lèvres pour les poser sur celles de la femme qu'elle tenait contre elle.

- Pansy, que sommes-nous en train de faire ? murmura l'ancien animagus sans éviter le doux contact qui se prolongeait.

- Ce que font deux épouses, chuchota la Serpentard avant d'encadrer le visage de Minerva pour approfondir le baiser.

La retenue de Minerva s'effrita contre la sensualité du baiser et la sensation d'être enfin à sa place. La pièce tournait autour d'elle tandis que les émotions l'étourdissaient. Le baiser avait l'effet d'un stimulus, recréant des sensations oubliées. Elle y répondit, cessant de respirer.

Sans rompre le baiser, Pansy les emmena dans le salon et les deux femmes tombèrent sur le canapé. Rien ne semblait plus avoir de sens, rien ne semblait plus avoir d'importance. Les mains de Minerva s'égaraient dans les cheveux de Parkinson, sous sa chemise, cherchant frénétiquement le contact de sa peau, dans un besoin fébrile incontrôlé.

Pansy ôta sans peine le pull de l'Ecossaise et s'attaquait maintenant au bouton du pantalon noir qui était un frein à ses envies. Elle le défit avec dextérité et plongea sa main pour caresser l'intimité de celle qui avait été sa femme dans une autre vie.

- C'est comme si nous n'avions jamais été séparée, hoqueta-t-elle alors que Minerva l'embrassait dans le cou.

Elle sentait tressauter la jugulaire de Pansy sous ses lèvres et reconnaissait les battements désordonnés de son propre coeur. L'affolement de celui-ci rendait leur respiration courte et urgente. Minerva se cambra sous une caresse plus appuyée de son amante, avant de lancer sa bouche à l'assaut d'un sein, tirant un gémissement de plaisir de Parkinson.

Un cri retentit dans la chambre adjacente et Pansy se dégagea pour se lever aussitôt, visiblement inquiète.

- C'est Rose, fit-elle en mettant de l'ordre dans ses vêtements. Elle doit faire un cauchemar...

Elle ferma les yeux quelques instants et souffla.

- Putain... il faut que j'aille la voir mais... si j'y vais, j'ai l'impression que ça signera la fin de ce que nous faisions. Je refuse de devoir choisir entre elle et toi... mais...

L'Ecossaise hocha doucement la tête, finissant de se réajuster.

- Tu dois le faire et c'est elle que tu dois choisir, Pansy. C'est cette existence qui est maintenant la notre et non pas une vie qui n'est plus depuis des millénaires. Va. Rose vient aussi de récupérer ses souvenirs, elle va avoir besoin de toi.

La Serpentard acquiesça et un doux sourire étira ses lèvres.

- Je vais voir comment elle va et je reviens. Tu nous fais du café en attendant ? J'ai envie de voir avec toi comment on peut se venger de Granger. Elle m'a tuée sur Avalon et ça, elle va le sentir passer.

- Prends le temps nécessaire avec Rose, ce qu'elle vient d'apprendre va être dur à digérer, lui répondit l'Ecossaise avec un sourire confiant en retour. Et si tu ne lui as pas encore dit, parle-lui du bébé.

- Si cela s'y prête. Ne bouge pas, je reviens, finit Pansy en poussant la porte de la chambre de sa femme.

Minerva prit une profonde inspiration et se laissa aller à un soupir tout aussi profond. Elle finit par se lever, enfila sa veste, et quitta sans bruit l'appartement. Une fois dans la rue, elle releva le col de son vêtement pour se mettre à l'abri du crachin londonien qui lavait les rues de la capitale.

- J'ai vraiment agi comme une imbécile, souffla-t-elle. Qu'est-ce qui m'est passé par la tête ?

Elle hésita un instant sur sa prochaine direction, puis attrapa son téléphone.

- 23h25...

Elle tapota rapidement un texto.

Pansy est avec Rose. Tu peux rester dans l'appartement avec les filles, je me trouverai un hôtel.

- Même si elle m'a mise à la porte de chez moi, pas la peine de perturber Mary et Cassandra, c'est suffisamment compliqué comme ça... maugréa-t-elle en fourrant l'appareil au fonds de sa poche.

Quelques instants plus tard, elle le sentit vibrer. Elle se demanda si elle voulait vraiment savoir ce qu'Hermione lui répondait. Mais sa curiosité vint à bout de ses résistances. Elle récupéra le téléphone et appuya sur la petite enveloppe qui bondissait à l'écran.

Je lui fais passer le message. Elle est actuellement incapable de te répondre. Donne-moi le nom de ton hôtel, je viendrai t'y rendre visite. V.

Le temps, les sons, la pluie même se figea autour de l'ancien animagus. Elle regardait la signature en essayant de se persuader qu'elle hallucinait, qu'une goutte d'eau brouillait sa vue. Elle essuya compulsivement l'écran, mais le message ne changea pas. Lorsque le sang se remit à circuler dans ses veines, le temps accéléra. Minerva se mit à courir vers une rue passante avec l'espoir de trouver un taxi malgré l'heure tardive. Soit Viviane bluffait, soit sa femme avait de gros ennuis. Quant à ses filles... Elle pianota fébrilement le numéro de leur appartement.

- Décroche, décroche, sifflait-elle entre ses dents.

"Vous êtes bien sur le répondeur de Minerva, Hermione, Mary et Cassandra. Nous sommes actuellement..."

L'Ecossaise raccrocha et composa le numéro de Pansy.

-T'es passé où ? s'exclama la chirurgienne, une pointe de colère dans la voix. Rose est dans tous ses états entre les souvenirs d'Avalon et ceux de son agression. Elle a demandé après toi...

- Vivianne est chez nous. Rose est-elle assez en forme pour transplaner là-bas ?

- Pas vraiment... Elle a la tête dans les gogues et elle rend les canapés qu'on a mangés tout à l'heure.

- Merde... siffla Minerva en raccrochant.

Elle fit un dernier numéro et jura en entendant la boite vocale.

"Téléphone d'Aliénor, je suis absente."

- Et merde...


Vivianne envoyait un trait de magie rouge continu sur le dôme protecteur qu'Hermione maintenait autour d'elle et de ses filles. La brune sentait la sueur qui glissait le long de son front et elle serra les dents, envoyant au fur et à mesure son pouvoir dans la fine barrière argentée.

- Je crois que ta femme te quitte, Hermione, fit la Dame du Lac d'un ton faussement condescendant. Elle te laisse l'appartement, elle va dormir à l'hôtel. Au moins, elle ne dormira pas dans les bras de Pansy, voilà qui devrait te rassurer.

- Je sais que je peux toujours lui faire confiance. Elle a peut-être un sale caractère, mais je peux compter sur elle.

Le rictus de Viviane s'élargit en remarquant les premiers signes de faiblesse de son adversaire.

- D'après toi, que faisait-elle avec Pansy pendant que nous entamions notre petit échange de sorts ?

- Elle décidait de la meilleure façon de me tuer... Et hésitait entre m'étriper et me dépecer ... répondait la brune en puisant dans ses forces pour repousser l'assaut de la Dame du Lac.

Viviane renforça son attaque et Hermione sentit ses jambes qui fléchissaient.
Mary et Cassandra s'accrochèrent à elle et tournèrent leur regard inquiet vers leur mère.

- Courage m'man, fit la brune.

- Mamaidh va arriver, tiens bon, encouragea la blonde.

- Mamaidh, ricana la sorcière. L'Ecossaise n'est pas ta mère ma chérie. Mais j'aimerais bien la voir s'opposer à moi.

Cassandra fronça les sourcils. Cette méchante dame lui ressemblait étrangement. Mais c'était mamaidh qui lui lisait des histoires, qui lui préparait de la soupe quand elle était malade, qui allait la chercher a l'école.

- Ze t'aime pas, gronda la fillette blonde. Tu fais du mal à ma maman.

- Et ce n'est qu'un début, parce qu'elle a été très méchante avec ta vraie maman et ...

La fin de la phrase finit dans un fracas de porte qui tapait contre le mur et Minerva pénétra dans la pièce, tenant fermement le goulot d'une bouteille entre ses doigts, prête à l'abattre sur le crâne de Vivianne. L'arrivée de l'ancien animagus tira un fin sourire à Hermione.

- Je t'avais bien dis que je pouvais compter sur elle, brava-t-elle.

- Ce que j'aime chez les nouveaux moldus, c'est leur stupidité, fit Vivianne, souriante. Tu comptes me défaire avec... cette bouteille de whisky bon marché ?

- C'est tout ce que j'ai trouvé comme arme sans me ruiner; répondit McGonagall en se mettant à couvert derrière une commode qui tenait encore debout.

Le reste du salon était dans un chantier innommable. Les rideaux jonchaient le sol, la moquette était décollée par endroit, les coussins du canapé renversé étaient éventrés et la table basse était maintenant en deux morceaux égaux.

- Que comptes-tu faire sans tes pouvoirs ? susurra l'ancienne souveraine à l'Ecossaise en envoyant un sort qui pulvérisa l'abri de l'Ecossaise et la toucha en plein visage. Mais je suis contente que ce soit toi qui arrives. J'aurais été bien ennuyée qu'Aliénor fasse son entrée.

- Il ne faut jamais sous-estimer l'ingéniosité des sans-moyens, grommela l'Ecossaise en essuyant un filet de sang sur sa tempe.

Elle risqua un coup d'oeil vers Hermione pour la voir serrant les dents alors que Viviane recommençait à pilonner par à-coups violents le dôme de protection. Les jumelles restaient serrées contre elle, sans doute terrorisées, mais le ne montrant pas. Jusqu'à présent, Minerva n'avait pas réussi à détourner suffisamment longtemps la blonde pour que sa femme puisse lâcher la protection et attaquer.

- Bien, maugréa-t-elle pour elle. A trop être confiante, elle est maintenant vulnérable.

Un autre coup d'oeil lui permit de constater les dégâts et la nouvelle décoration. Elle sourit en étendant le bras devant elle pour attraper un paquet d'allumettes américaines d'Hermione qui trainait. Elle respira profondément et jeta sa bouteille aux pieds de la blonde. Le verre se brisa et le whisky se répandit, dégageant une forte odeur.

- C'est bon, Viviane, je me rends, dit-elle en levant un bras avant de se mettre doucement debout et faire face à la Dame du Lac.

- Non ! gronda la brune tandis que Minerva s'écartait de la vaine protection de la commode.

- Je ne suis pas capable de t'affronter, pas sans pouvoirs, pas en étant diminuée, avoua-t-elle en baissant le bras pour tenir l'autre contre son corps.

Le sang qui coulait encore le long de son visage finissait de rendre le tableau d'une crédibilité pathétique. Viviane rit, sans toutefois lâcher sa pression sur le dôme argenté maintenu par Hermione entre elles.

- Tu vois Général, il y a des gens intelligents sur cette Terre, fit la blonde en la narguant du regard.

- Trop peut-être pour toi, siffla l'ancien animagus qui alluma une allumette contre le bois du meuble avant de la lancer adroitement aux pieds de la Dame du Lac dans des rideaux imbibés du mélange de l'alcool bon marché et de son précieux whisky répandu dans l'explosion du minibar.

Le tissu s'enflamma immédiatement, et le feu se propagea au bas du manteau de la blonde, lui aussi mouillé d'alcool, l'obligeant à baisser sa garde, tandis que dans un mouvement souple, Minerva sautait vers elle. Viviane n'eut que le temps de retourner son sort vers l'ancien animagus qui revola à travers la pièce avant de lancer un nouveau sortilège pour éteindre les flammes. Ce temps fut mis à profit par Hermione qui envoya ses filles dans la pièce d'à-côté avant de lancer une boule de magie vers son ancienne souveraine. Sa Némésis opposa un bouclier qui dispersa la violence du sort dans la pièce, obligeant la brune à se protéger à son tour. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Viviane avait disparu. Elle allait se précipiter pour suivre à trace magique lorsqu'elle entendit un gémissement. Elle se retourna et devint blême en voyant Minerva. Sa femme avait atterrit contre un vestige de la table du salon qui s'était transformé en pieu dans lequel l'Ecossaise était empalée. Hermione oublia instantanément la Dame du Lac et se précipita vers sa femme.

- Ne bouge pas.

- Fais-moi confiance pour ça, haleta l'ancien animagus.

- Je vais te sortir de là.

- Fais vite alors, parce que je commence à ne plus rien ressentir.

Hermione passa ses mains au-dessus de l'abdomen de McGonagall pour envisager les dégâts et grimaça.

- Hermione...

- Chut...

- Avec Pansy, j'ai failli...

- Chut, j'ai besoin qui tu gardes tes forces, la coupa à nouveau la sorcière qui avait toutefois tiqué. Je vais te faire glisser le long du bois, mais il va falloir que tu comprimes toi-même la plaie le temps que je t'allonge.

La manoeuvre fut douloureuse et arracha un cri à l'Ecossaise.

- Appuie sur ta plaie, ordonna doucement Hermione en étendant sa compagne sur le sol.

Elle se frotta les mains et les posa sur le ventre ensanglanté de l'ancien animagus.

- Ca va aller, respire profondément, fit la brune en se concentrant sur la plaie.

Des étincelles bleues jaillirent de ses paumes et se dispersèrent sur la blessure. Quelques instants plus tard, le sang s'était tari, et il n'y avait comme seule trace de ce qui venait de se passer qu'une fine ligne rosâtre.

- Je reviens.

Hermione se releva et courut dans la chambre des jumelles. Quand elle la découvrit vide, elle tomba à genoux, comme écrasée par des fantômes de son passé jaillissant dans sa mémoire. Rose, Hugo... Elle n'avait pas pu les protéger de la folie de Voldemort et de Nott. Et aujourd'hui encore, elle avait failli. Ses enfants avaient une fois de plus été enlevés. Uniquement par sa faute.

Elle tapa du poing sur le sol, des larmes roulant sur ses joues. Etait-elle une personne qui attirait le malheur sur ses proches ? Ses filles enlevées, Minerva qui la trompe...

Elle entendit du bruit derrière et sentit la présence de Minerva dans son dos. Elle contenta de se lever et, sans un mot, elle passa dans le salon et attrapa son manteau. Elle sentait le regard de sa compagne sur sa nuque et serra les dents. Elle mourait d'envie de lui faire face et de lui hurler sa peine et sa colère. Mais ce n'était pas le moment. Elle savait que l'Ecossaise était aussi désespérée et chamboulée qu'elle.

- Hermione... parle-moi...

- Je ne préfère pas, fit la brune en inspirant profondément. Mes paroles dépasseraient ma pensée et nous n'avons pas besoin de ça en ce moment. Je vais tenter de retrouver les filles.

Elle ouvrit le tiroir de la commode de l'entrée et y prit un paquet de cigarettes que Pansy avait oublié quelques semaines plus tôt. Cela faisait plus de trois ans qu'elle n'avait pas fumer mais elle sentait que c'était le bon moment pour reprendre.

- Ne t'inquiète pas, Vivianne ne leur fera pas de mal. C'est après moi qu'elle en a, reprit la légiste.

- Justement je m'inquiète, j'ai peur pour nos filles, pour toi. Et pour Pansy et moi, tu savais qu'il y avait un risque à partir du moment où on retrouverait nos souvenirs... c'est une situation hors de notre contrôle et c'est là-dessus que comptait Vivianne.

- Hors de votre contrôle ? répéta Hermione avant de rire jaune. Je n'ai pas le temps pour le foutage de gueule, Minerva. Vous aviez parfaitement le contrôle. Vous avez choisi d'ignorer Rose et moi. Je n'avais pas grande illusion sur mon cas mais j'espérais que tu calmerais tes envies pour ta fille.

Minerva baissa la tête.

- Tu as raison. Je suis impardonnable, et rien des circonstances ne peut excuser ma faute.

L'Ecossaise regarda autour d'elle, contemplant les dégâts extérieurs qui reflétaient finalement bien les dégâts qu'elle-même avait causé dans leur vie.

- Je suppose qu'il vaut mieux que je parte. Je vais ranger pour que tu puisses retrouver un appartement utilisable quand tu vas revenir avec les filles. Aliénor sera une meilleure alliée pour toi dans ta lutte, et pour les élever avec respect, ce que je ne suis pas capable de faire.

Hermione voulut l'attraper et la secouer comme un prunier. La situation était grave et l'ancien animagus s'apitoyait sur son sort, sur ses erreurs, alors que l'énergie employée pourrait être mieux utilisée.

- Tu m'énerves à toujours pleurer sur ton sort ! Tu m'énerves à ne penser qu'à ton petit bonheur sans voir tout ce qui existe autour ! Tu m'énerves ! Va donc retrouver ta toubib, lâcha Hermione. Vous ferez une belle paire de lâches parfaitement assortie. Et au passage, dis à Rose de venir ici. Enfin, tu le lui diras après avoir piétiné son coeur.

Elle attrapa ses clés et soupira tristement.

- Et merci de m'abandonner au moment où j'ai besoin d'aide, murmura-t-elle, blessée. Après tout, j'ai toujours eu le dessus sur Vivianne, c'est de notoriété publique.

Elle sortit de l'appartement et, une fois sur le pallier, elle claqua fortement la porte.

McGonagall se laissa tomber sur un reste de canapé.

- A quoi est-ce que je peux servir de toute façon... Moldue, infidèle, incapable, incompétente...

Elle se releva d'un coup et traversa rapidement l'appartement pour rejoindre Hermione sur le palier.

- Rose n'est au courant de rien, et ce n'est pas moi qui lui dirais. Pansy reste une bonne compagne pour notre fille, et... rien... Je ne suis sans doute pas utile à grand-chose, sauf si tu as besoin d'un appât pour attirer Viviane. A l'hôpital le jour de ton accouchement, elle m'a incluse dans sa vengeance.

- Je sais ! s'emporta la brune. Si tu m'avais proposé ton aide, je l'aurais refusée, mais j'aurais au moins su que... je sais pas... que je comptais pour toi, que tu ne voulais pas que j'aille affronter seule une sorcière qui me terrifie.

- Tu as mis le doigt sur le problème ! A chaque fois que je t'offre mon aide, tu la refuses ! tempêta à son tour l'ancien animagus. Et à chaque fois que je veux t'accompagner dans une lutte, tu m'écartes ! Que veux-tu que je fasse à la fin ? Elle a nos filles ! Elle attend juste que tu ailles l'affronter sur son terrain, et toi tu y vas tête baissée ! Mais à quoi ça peut servir que je le dise ? finit-elle essoufflée. Jamais tu ne m'écoutes, jamais tu ne me consultes..., reprit-elle sur un ton qui reflétait son angoisse. J'ai peur qu'on ne revoie plus nos filles, Hermione, et j'ai peur de te perdre... commença-t-elle les yeux noyés de larmes qu'elle retenait.

- Tu m'as déjà perdue, Min, murmura la sorcière. Ce que tu as fait avec Pansy... je...

- Inutile de dire que je suis désolée je suppose, ou que je te demande pardon...

- Je t'aime, mais j'ai toujours l'impression que ça ne suffit pas.

Minerva fit un pas en avant, leva la main vers le visage de la brune qui s'écarta. L'ancien animagus eut l'impression de se retrouver empalée à nouveau tellement la douleur fut brutale, et Hermione en vit la lueur dans les yeux verts avant qu'ils ne perdent une étincelle de vie.

- Alors c'est que je ne sais pas t'aimer pour te prouver combien tu comptes. Je suis désolée d'avoir failli, conclut-elle en laissant retomber son bras.

- Je... je vais essayer de trouver les filles. Si tu veux venir, ça me ferait plaisir. Si non, promets-moi que je te trouverai ici à mon retour.

- J'attrape un manteau fit l'animagus en tournant les talons pour repartir dans l'appartement.

Hermione l'attendit sur le palier, mais ne manqua pas de remarquer que Minerva s'essuyait les yeux à la hâte avant de se retourner pour revenir vers elle.

- Allons-y, dit-elle en carrant ses épaules, sur un ton assuré que démentait son regard.

La brune tendit la main pour prendre celle de sa compagne et la caressa doucement du pouce.

- Allons récupérer nos filles.


Mary serrait Cassandra contre elle. Sa jumelle était terrorisée, et ça ne faisait qu'empirer sa propre crainte. Mais elle était bien décidée à ne pas le montrer. Dans les contes, les monstres se régalaient de la peur des enfants.

- Chut, calme-toi, maman et mamaidh vont venir nous chercher, chuchota-t-elle.

Les pleurs de Cassandra redoublèrent. Mary fronça les sourcils, regardant autour d'elle. Elles étaient dans une belle chambre d'enfant, mais il n'y avait qu'un seul lit. Elle se mit à réfléchir comme ses mères le lui avaient appris. Analyser ce qui nous entoure et en tirer des conclusions. Donc, s'il n'y avait qu'un lit, c'est qu'il devait y avoir qu'un enfant.

Elle frissonna et se demanda ce que les deux méchantes femmes allaient faire d'elle. Cassandra n'avait rien à craindre, puisque la méchante qui avait attaqué maman H disait être la mère de sa jumelle. Mais elle, elle n'avait aucun lien avec les deux sorcières.

Elle respira profondément et se demanda si son coeur finirait par sortir de sa poitrine, tellement il battait fort.

Elle caressa doucement les cheveux blonds de sa soeur et se surprit à penser qu'elle aimerait bien que la sorcière rousse pas aimable vienne les chercher.


A jeudi prochain pour la suite,

Bises,

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