Bonjour à toutes et à tous !
Voici le nouveau chapitre ! C'est le chapitre de fin de vacances, alors profitez-en ! ^^
Bonne lecture !
Chapitre 48 : Dissensions
Pansy avait sagement attendu que Rose se calme. Ce qui, somme toute, n'avait coûté que les meubles du salon, hormis le canapé sur lequel elle s'était installée en attendant que la crise passe. L'ancienne Sage, en reprenant le contrôle de son estomac, avait perdu le contrôle de sa colère. Sa magie avait fait frissonner de crainte la Serpentard qui s'était dit qu'il valait mieux que sa femme n'apprenne jamais ce qui avait failli se passer avec Minerva. Elle l'avait regardée détruire consciencieusement tout le matériel hifi qui n'avait eu que le temps de faire quelques étincelles, avant de réduire le mobilier à l'état d'allumettes. Présentement, l'ancien Maitre des Chimères, pleurait contre son épaule.
- Maintenant que tu as redécoré notre intérieur ma chérie, mets des mots là-dessus.
- Que veux-tu que je te dise ? renifla Rose en se calmant. Toi aussi tu as tes souvenirs ?
- Hmm, fit prudemment la chirurgienne.
- Alors tu sais à quel point ça n'a pas de sens… Je suis la fille de Viviane et Morgane… Viviane !
- Ma puce, tu as été leur fille. Aujourd'hui tu es celle d'Hermione et Minerva, lui répondit doucement la vert et argent.
- Parce que ça ne te fais rien à toi de savoir que ma mère était ta femme ? Tu ne vois pas Minerva autrement ? T'as pas envie de renouer avec tout ça ?
- Le passé n'est pas le présent, lui répondit l'ancienne médicomage en croisant les doigts dans son dos.
- T'es trop sage pour moi…je ne sais plus qui je suis. Qu'est-ce que je vais faire le jour où je serai face à elle ? Jamais je ne pourrai l'affronter sans penser qu'elle m'a aimée, qu'elle m'a protégée…
- Aujourd'hui, c'est Hermione qui a besoin de ton soutien.
- Je le sais bien Pansy, mais ce sont des mots sensés... et mon esprit doit composer avec l'insensé... Comment m'man H a-t-elle fait pour ne pas se mélanger les pédales ?
- Elle s'est trompée elle aussi... lui répondit doucement la Serpentard en lui câlinant le dos. Elle a fait l'amour avec Viviane, et pourtant elle portait déjà un autre enfant conçu avec ta mère.
"Alors autant qu'elle vienne pas me chercher pour notre moment d'égarement avec Minerva, parce que je lui démonte sa tête de Gryffondor !"
- Je... c'est grave si j'ai envie de voir Vivianne ?
Pansy regarda longuement sa femme dans les yeux.
- Ça n'est grave que si tu tombes dans son piège. Il faut que tu comprennes Rose qu'elle n'est plus ta famille. Viviane veut nous détruire, tu es consciente de cela ?
- Oui, répondit faiblement la brune.
Pansy étreignit fortement sa compagne.
- Je suis avec toi ma puce.
Rose posa sa tête sur l'épaule de Pansy et se laissa aller dans la douce étreinte.
- Je ne sais pas ce que je ferai sans toi, confessa-t-elle.
- La même chose mais en pire ? plaisanta la Serpentard en déposant un baiser sur la tête de sa femme.
Le téléphone sonna et Pansy le sortit de sa poche. Elle fronça les sourcils en voyant le nom de Minerva sur l'écran.
- Encore ta mère. Je te parie que la situation a tellement dégénéré qu'elles ont besoin de nous.
Elle décrocha et afficha un sourire pour rassurer sa femme.
- Oui Min' ? Hmmm... Hmm... QUOI ? La pute ! Qu'elle tombe entre mes mains et... oui, je me calme. Comment va Herm ? Oui, j'imagine... d'accord... Hmm... Oui, d'ici une heure. A tout de suite, fit-elle avant de raccrocher. Bon, on va squatter chez Millicent.
Rose soupira en baissant la tête. Elle avait émis le souhait de se retrouver seule avec sa compagne et elle n'avait pas été exaucée.
- On a le temps de prendre une douche ? finit-elle par demander avec un sourire.
- On a toujours le temps pour ça, la rassura Pansy.
Aliénor ouvrit la porte et son regard se posa sur les deux femmes qui venaient de sonner. Minerva semblait bien décider à ne pas desserrer les dents et Hermione paraissait furieuse.
Millicent s'approcha, son verre de vin à la main et haussa un sourcil.
- Bienvenue dans la maison du bonheur. Je vous ai préparé une chambre, lança-t-elle, faussement joyeuse.
- Je te la laisse, grommela Hermione à l'attention de l'Ecossaise.
La brune semblait à bout de nerfs, tout son corps tremblait. Sans attendre de réponse, elle balança son sac dans l'entrée, traversa la pièce pour s'engouffrer dans les escaliers menant aux étages.
- Un problème ? s'enquit Aliénor, affichant un sourire placide.
- Effectivement, répondit sobrement McGonagall en se débarrassant de son manteau, laissant voir son pull déchiré et maculé de sang coagulé. Est-ce que vous pouvez m'indiquer une salle de bain ?
- Deuxième étage, répondit Bulstrode.
- Comment Vivianne a-t-elle pu récupérer les jumelles ? insista l'ancienne Sage. Qu'avez vous fait ? Ou que n'avez-vous pas fait ?
- Je suis intervenue dans la mesure de mes moyens, moyens plus que limités comme vous vous plaisez à me le rappeler, fit l'ancien animagus en se dirigeant vers l'escalier.
- Je pense que vous avez brillé par votre absence, contra Aliénor. Vous êtes partie, abandonnant votre famille au moment où elle avait besoin de vous. Si vous aviez été présente, vous auriez pu mettre vos filles à l'abri pendant qu'Hermione retenait Vivianne.
Minerva marqua une pause et se retourna pour dévisager la rousse. Elle s'abstint pourtant de répondre et reprit son chemin.
- Millicent, donne-moi ce qu'il faut pour préparer une chambre pour Hermione, ajouta la Sage.
- Pourquoi ne lui proposes-tu pas d'aller dans la tienne ? rétorqua Bulstrode en haussant les épaules.
Cette fois, l'Ecossaise n'esquissa même pas un geste.
- C'est vrai, je pourrais. Mais une victoire offerte n'en est vraiment pas une, n'est-ce pas. J'aime gagner par mes propres talents, et non pas parce que mon adversaire a fait une grossière erreur.
- Il me semble que vous avez toujours estimé que la plus grosse erreur, c'est Hermione qui l'avait faite. Mais, je suis bête, ce n'était pas de sa faute, elle était manipulée par la Source quand elle m'a choisie, répliqua Minerva en entrant dans l'ascenseur. Soyez donc rassurée, Viviane travaille pour vous à sa désintoxication.
Aliénor lui adressa son sourire le plus placide avant que les portes de l'ascenseur se referment. Puis, elle se tourna vers son amie, le regard pétillant de contentement.
- Je crois que nous avons mérité une coupe de champagne.
Minerva sortit de l'ascenseur et se trouva dans un étage aménagé en grand loft. La pénombre régnait dans la vaste pièce mais une lumière filtrait sur sa droite, venant d'un renfoncement. Elle fronça les sourcils en entendant le bruit caractéristique d'une douche et avança en direction de ce qu'elle devinait être la salle de bain. Elle n'était qu'à quelques pas de la porte quand elle découvrit, abandonné sur le parquet, le pantalon qu'Hermione avait porté ce jour. Son regard suivit la ligne entre les dalles et se posa sur le pull, le haut, les sous-vêtements de sa compagne. Elle ferma les yeux et imagina la scène. La brune, sûrement furieuse, s'était déshabillée tout en balançant ses fringues sur le trajet menant à la salle d'eau.
L'Ecossaise avança silencieusement jusqu'au pas de la porte et se risqua à jeter un oeil dans la salle de bain. Son coeur se serra à la vision de sa compagne, agenouillée dans la douche, qui pleurait sans retenue.
Minerva hésita une seconde puis pénétra dans la pièce. Elle s'approcha du bac de douche et s'agenouilla à son tour. Sans dire un mot, elle avança pour prendre la brune dans ses bras, passant en partie sous l'eau tiède qui coulait en pluie fine.
- J'ai peur de ne plus jamais les revoir, murmura Hermione, la voix brisée.
- On va tout faire pour que cela n'arrive pas. On va les retrouver, je te le promets, répondit doucement l'ancien animagus en lui caressant le dos.
- Comment te croire, dans ces circonstances ?
- Parce que je veux les retrouver, saines et sauves, comme toi, murmura Minerva sans relever l'allusion.
- Admettons qu'on les retrouve. Et ensuite ? Que deviendra notre famille ?
- On va les retrouver. Et on va rentrer à la maison. Ensemble.
- Comment as-tu pu me faire ça ? Quelle est ton excuse ? La Source a pris le contrôle de ton esprit ?
McGonagall savait que la question était inévitable.
- Je pourrais trouver bien des explications pour ma conduite. Mais quoi qu'il se soit passé avec Pansy, c'est ma seule faute. Je n'ai aucune excuse valable à invoquer. Je... je suis vraiment ... il n'y a pas de mots pour exprimer mon regret. Je peux juste l'admettre, te le dire, et espérer que tu puisses me pardonner.
Le regard d'Hermione se fit dur. Elle se releva et coupa l'eau de la douche.
- Je vais mettre mon poing dans la figure de Parkinson. Après, je vais tuer Viviane. Et ensuite, si je suis calmée, on discutera de notre avenir.
La scène avait quelque chose de surréaliste.
La rouge et or, nue, dégageait une aura de colère quasiment palpable autour d'elle, tandis qu'à ses pieds, Minerva toujours agenouillée, dégoulinante d'eau dans la flaque rougeâtre de son sang séché qui se diluait, semblait perdue dans ses vêtements qui lui collaient à la peau.
- Je veux espérer que tu crois que c'est toujours possible, toi et moi.
Hermione sembla s'adoucir et tendit la main pour aider l'Écossaise à se relever.
- Il faut que je déverse ma colère sur quelqu'un. Et je ne veux pas que ce soit toi. J'ai... besoin de temps.
McGonagall hocha la tête.
- Je comprends. Je... je pense qu'Aliénor est en train de te préparer une chambre, mais je... je préfèrerais qu'on reste ensemble...
- Je ne sais pas. Je me sentirai mal à l'aise de dormir dans tes bras alors que Pansy y était quelques heures plus tôt...
Le coup porta au cœur et l'Ecossaise sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle hocha à nouveau la tête tout en la baissant.
- Je ... Je crois que je vais prendre une douche moi aussi, finit-elle par articuler difficilement.
Hermione se mordit la lèvre inférieure.
- OK... Je... laisse-moi t'aider. Les vêtements trempés, c'est la merde à retirer, chuchota-t-elle en attrapant le haut de l'Écossaise.
L'ancien animagus la laissa tirer sur le pull qui collait à sa peau. La tête penchée en avant, son regard tomba sur la nouvelle cicatrice sur son abdomen et une douleur y prit naissance, mêlant le souvenir de sa blessure, de sa peine, de ses peurs.
La brune suivit le regard de l'ancien l'animagus et posa sa main sur la trace rosée.
- J'aurai dû mieux soigner ça... fit-elle avant de faire parler sa magie.
- Non, l'interrompit l'Ecossaise en attrapant doucement la main de la brune pour l'éloigner. Je veux me souvenir des conséquences de mes erreurs... bien que cela ne puisse jamais refléter les blessures que j'ai infligées aujourd'hui à ma famille et ... à mon amour.
- Pour avoir eu de nombreuses cicatrices pendant plus d'une décennie, ce ne sont que des cicatrices, rien d'autre. Même sans elles, on se souvient...
- Je suis désolée, murmura à nouveau McGonagall en se noyant dans le regard noisette de sa femme.
Hermione remonta sa main pour la poser sur la joue de sa compagne. Puis, elle caressa doucement les fines lèvres de son pouce.
- Va te laver, tu es gelée, ma chérie, murmura la sorcière.
L'émotion envahit Minerva tandis qu'elle s'autorisait enfin à un peu d'espoir. Hermione la chérissait encore, elle venait de le dire. Peut-être qu'elle pouvait espérer, peut-être qu'elle pouvait réparer. Elle acquiesça avec un sourire timide et tendit à la brune un peignoir de bain.
- Toi aussi tu vas prendre froid, dit-elle avant d'entreprendre de finir de se dévêtir.
- Si tu promets que toi... et elle... ça ne se reproduira plus, je pourrais venir me réchauffer avec toi.
- Jamais. Je n'ai pas besoin d'y réfléchir. Je sais qu'elle fut ma compagne. Mais cette vie n'existe plus. Je... j'ai été ébranlée et j'ai glissée sur cette pente, mais il n'y avait rien de prémédité, rien de voulu. Ce ne sont pas des excuses que je me cherche, je veux juste t'assurer que cela ne peut pas se reproduire. Jamais.
- Pas besoin d'excuses, Min chérie, fit une voix narquoise. Tu as pris ton pied comme jamais, alors que je n'ai utilisé que 5% de mes talents...
Hermione se retourna, les mâchoires serrées, prêtes à frapper Parkinson.
- Pansy, je t'en prie, ne commence pas... soupira Minerva en fermant les yeux de désespoir.
- Faut bien que quelqu'un lui dise ses quatre vérités, lança la Serpentard en s'approchant des deux femmes. Elle n'a jamais été à la hauteur. Pour toi, pour ses amis, pour ses enfants. Franchement, tu aurais dû m'écouter et la laisser tomber. Elle ne vaut pas de pleurer pour elle. Rustre un jour, rustre toujours, n'est ce pas, Générale ?
- Parkinson, lâche-moi avec ça. Et si tu ne veux pas prendre ma main dans la tronche, tu tournes les talons et tu sors d'ici.
- Oh non Granger, on va régler ça une bonne fois pour toute. Tu as volé ma femme !
Hermione plissa dangereusement les yeux en se redressant.
- Je n'ai rien volé, mais tu ne peux pas en dire autant, commença-t-elle sourdement.
La brune commençait à avancer vers la Serpentard, laissant ses ondes magiques se déployer autour d'elle.
- Tu veux parler d'Avalon avec la générale ? Je te rappelle que tu as tenté d'assassiner Morgane et que je t'ai promis de te faire taire dans toutes les vies futures. Es-tu vraiment certaine de vouloir que je tienne mes promesses ? Mieux vaut que tu te contentes de vivre aujourd'hui, espérant que je passe l'éponge sur votre partie de jambe en l'air parce que je tiens à ma famille.
Elle était maintenant nez-à-nez avec la chirurgienne qui, fort étonnement, n'avait presque pas reculé.
- Déguerpie avant que je change d'avis, conclut-elle avec rage.
- Menace moi si tu veux, je sais que tu ne feras rien. Rose ne te le pardonnerait jamais. Et tu ne me fais pas peur. En fait, tu ne m'as jamais fait peur. Tu n'es qu'une imbécile et la Source avait vraiment trouvé la bonne enveloppe charnelle à parasiter. Dommage qu'elle n'a pas réussi à te détruire. Tu n'aurais manqué à personne.
- Ca suffit, s'interposa l'ancien animagus qui avait récupéré un second peignoir pour se vêtir. Viviane est en train de gagner si nous nous entre-déchirons. Elle est machiavélique, nous le savons parce que nous la connaissons parfaitement toutes les trois. Mais nous vivons dans le présent, pas dans le passé. Pansy, Hermione et toi êtes amies, complices même. Ne lui donnez pas raison en renouant avec d'anciennes querelles qui n'existent plus. La Dame du Lac sait que si nous sommes solidaires, nous la battrons. Je vous en prie.
- Nous n'avons pas besoin d'elle, Min. Elle n'a jamais réussi à vaincre la Dame du Lac. Nous serions mieux sans elle pour nous gêner.
- Soit... siffla Hermione. Débrouillez-vous sans moi !
Elle quitta rapidement la salle de bain, ramassa à la hâte ses affaires et s'engagea dans la cage d'escaliers.
- Hermione attends, cria l'ancien animagus en partant derrière sa femme.
Peine perdue la rouge et or était déjà hors d'atteinte.
- Pourquoi avoir dit toutes ces horreurs, Pansy ? J'avais réussi de peine et de misère à...
- A quoi ? Elle t'a trompée bien avant que tu ne fasses quoi que ce soit ! Ouvre les yeux Min', elle est la cause de ton malheur et de tous nos ennuis !
- Non, pour le moment, je suis la cause de mon propre malheur et tu m'aides dans ce sens ! Bon sang Pansy ! Tu ne comptes pas quitter Rose, alors pourquoi détruire mon couple ?
- Ca m'a fait un bien fou, si tu veux tout savoir ! Il faut que quelqu'un lui dise ses quatre vérités, et toi tu ne le feras jamais. Okay, on a merdé, mais elle peut pas nous condamner sans se condamner elle-même ! Il faut qu'elle s'en rende compte ! Merde ! Elle continue à jouer avec toi en papillonnant autour d'Aliénor comme une mouche sur du miel, et je suis gentille dans mon image par égard pour toi ! Et Viviane, hein ? C'est pareil ! Elle baise avec, elle fait une gosse, mais c'est normal pour elle alors toi tu n'as qu'à la fermer ! Et qui te dit que la prochaine fois qu'elle va la voir elle ne va pas encore t'en faire un de gosse dans le dos ? Dois-je te rappeler qu'elle avait accepté de se barrer avec elle, en nous laissant tomber ? Même la reine-mère a dû intervenir tellement ta Gryffondor n'a pas de jugement ... finit Pansy à bout de souffle et à la limite de la quinte de toux après avoir crier. Minerva, je t'ai aimée comme une folle, je le sais maintenant. Je sais aussi que c'est pour ça qu'on a failli avoir une nouvelle chance.
- Pansy...
- Attends. Je ... Ma femme, c'est Rose, je l'aime, je donnerais ma vie pour elle aujourd'hui, n'en doute pas. Mais tu restes, et c'est encore plus vrai maintenant que j'ai mes souvenirs, quelqu'un d'important à mes yeux, et pour toi aussi je serais prête à tout. Y compris à affronter Hermione.
- Ce n'est pas ce que je te demande. Pour le moment, nous devons rester soudées, car Vivianne n'attend qu'un faux pas de notre part pour nous exterminer.
Elle resserra son peignoir contre elle et soupira.
- J'ai pardonné à Hermione ses erreurs passées. Je l'ai fait mariner plusieurs mois, le temps de digérer, et je suis revenue vers elle car c'est la femme de ma vie. Je ne peux pas lui demander de me pardonner de suite alors que j'ai mis des semaines à le faire. Enfin, je te ferais remarquer qu'elle ne papillonne pas autour d'Aliénor. C'est cette maudite Française qui lui court après.
- Je ne cherche pas à détruire ton couple, seulement à te protéger. Mais tu peux compter sur moi. Pour tout. Toujours. Que veux-tu faire ? Que veux-tu que je fasse ?
- On était prête à se réconcilier et... tu as détruit l'espoir dans l'oeuf, Pansy. Maintenant, elle s'est enfuie et c'est quand elle est blessée qu'elle... commet des erreurs.
- C'est la pire des garces... Si elle te refait ça je...
- Pas le genre d'erreurs auxquelles tu penses ! gronda Minerva. Ce serait plus simple, je n'aurai qu'à la cueillir dans la chambre d'Aliénor. Non, elle serait capable de tomber dans un piège de Vivianne. Mais je pense que la Dame du Lac se tiendra tranquille pour le reste de la nuit. Enfin, j'espère...
- Je vais essayer de mettre la main dessus et de te la ramener. Inconsciente, ça t'irait ?
Elle s'apprêtait à sortir de la salle de bain mais jeta un dernier regard à l'ancien animagus.
- Besoin d'aide pour ta douche ? plaisanta-t-elle.
Minerva lui sourit.
- File ! Il y a une belle fille qui t'attend sous une autre douche.
- Tu parles, Rose a dû retourner se coucher. Mais je vais voir si elle daigne ouvrir un oeil pour contacter sa mère indigne.
La vert et argent s'éclipsa, non sans avoir envoyé un baiser vers l'ancien animagus. Minerva laissa tomber le peignoir au sol et se glissa sous la douche, le jet brulant lui rappelant qu'elle était frigorifiée. Elle laissa l'eau couler sur elle, les yeux fermés, prenant le temps d'ordonner ses pensées. La chaleur l'aida à se détendre, à dénouer ses épaules et apaiser son souffle. Enfin sûre de ses choix, elle coupa la douche et s'enveloppa dans une serviette.
- Pansy a raison, tu es trop impliquée dans toute cette saga, Hermione, et c'est à moi de faire ce qu'il faut pour notre famille, dit-elle résolument à son image qui se reflétait imparfaitement dans le miroir brouillé d'humidité.
Résolue, elle quitta la salle de bain et se fondit dans la nuit de la chambre.
Hermione s'était rhabillée en quatrième vitesse et, passant sans un mot devant Aliénor et Millicent qui trinquaient au champagne, elle quitta l'hôtel particulier pour gagner l'avenue donnant sur la propriété de la Serpentard. Les mains dans les poches, une cigarette entre les lèvres, elle se dirigeait vers le quartier de Soho.
- Où a-t-elle bien pu les emmener ? se demanda-t-elle.
Elle envoya sa magie dans les alentours et soupira douloureusement. Vivianne masquait la sienne et elle ne répondait pas à son appel.
- Salope... siffla la brune, à bout de nerf.
Entre la disparition de ses enfants, l'infidélité de Minerva et les paroles de Parkinson, elle était au bord du gouffre.
- La Source a dû me maudire, grommela-t-elle.
Elle poussa la porte du premier bar et s'installa au comptoir. Un jeune homme essuyait un verre et lui sourit.
- Bonsoir Madame, je vous sers quoi ?
- Un whisk... euh, une tequila s'il vous plait.
Quelques instants plus tard, sa boisson était devant elle.
- Hmm... laissez la bouteille sur le zing, marmonna Hermione avant de boire d'une traite son verre.
- Vous voulez parler ? Y'a pas grand monde ce soir et j'ai une bonne oreille, dit gentiment le barman.
- Ma femme m'a trompée, répondit mollement Hermione en se servant une deuxième tequilla. Pour oublier ça, je compte me cuiter consciencieusement. Mais rassurez-vous, je prendrais un taxi pour rentrer.
- Je vais quand même surveiller votre alcoolémie. Pourquoi elle vous a trompée ? Vous avez des problèmes dans votre couple ?
- On en a eus. Je pensais que c'était réglé, mais elle est tombée sur... son premier amour et je n'ai pas fait le poids.
Elle s'envoya cul sec le deuxième verre et le jeune homme la resservit.
- Vous avez pu parler, suite à ça ? demanda-t-il alors que sa cliente buvait une nouvelle fois l'alcool en une gorgée.
- On avait commencé, et l'autre a débarqué. Insultes échangés, et je me suis barrée. Je n'aime pas les conflits... répondit-elle en se versant une autre rasade.
Son téléphone sonna et Hermione fronça les sourcils.
- Excusez-moi, ma fille, dit-elle au barman avant de décrocher. Rose, tout va bien ? Hmm... Je suis dans Soho. Oui, j'ai bu. Trois tequilas et je compte pas m'arrêter en si bon chemin. Minerva me cherche ? Dis-lui que je prends l'air. Salut.
- Une vraie mère pour vous, se moqua gentiment le barman.
- Ouais... il en faut bien une de raisonnable dans le lot, soupira Hermione en sortant son portefeuille.
Elle lâcha quelques billets sur le comptoir et enquilla son verre.
- Merci pour l'écoute.
- Si ça va pas mieux, revenez me voir, fit le barman avec un clin d'oeil.
La brune quitta le bar et prit le chemin du retour. Elle n'avait pas vraiment envie de rentrer mais elle devait établir une stratégie avec Aliénor.
Au loin, une silhouette attira son regard et ses mâchoires se crispèrent en reconnaissant Vivianne qui avançait dans sa direction.
- Bonsoir, Générale, susurra la Dame du Lac.
- Je ne suis plus le chef de tes armées, Vivianne, fit la brune en sortant son paquet de cigarettes pour en faire sauter une, ce temps-là est définitivement révolu. D'ailleurs, tu n'as même plus d'armée.
Elle prit le temps d'allumer sa cigarette, de prendre une large bouffée histoire de masquer sa nervosité, puis regarda sa Némésis à travers la fumée qui montait entre elles.
- Où sont mes filles ?
Vivianne sourit et fit les quelques pas qui la séparaient de la brune.
- Je te sens à cran. Tu veux en parler ? s'enquit la blonde.
- Pas vraiment. Mes filles ?
- Elles dorment. Elles ont chacune un nouveau pyjama, elles ont eu un verre de lait, elles se sont lavées les dents et je leur ai lu une histoire.
La Gryffondor tira à nouveau sur sa cigarette, pas sure de savoir si elle était vraiment soulagée.
- Quelle est la suite ? demanda-t-elle
- La suite ? C'est fort simple. Je vais tuer Pansy et Minerva. Ensuite viendra ton tour, puis celui d'Aliénor, je me la réserve pour la fin. Après ça, Rose sera morte de chagrin et je la consolerai.
- Je ne suis pas sure que si tu butes toute sa famille, Rose te le pardonne un jour au point de te considérer comme sa mère. Et ne me dis pas qu'elle n'en saura rien, c'est la première chose à laquelle elle pensera. Quant à éliminer Aliénor, je gage ma dernière chemise que ça aura le même résultat. Un autre plan ?
- Des accidents sont si vite arrivés, répliqua la blonde. Pansy peut se retrouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Quant à toi... tu es tellement au fond du gouffre... tu ne supportes plus l'échec de ton couple que tu peux mettre fin à tes jours. Et si nous testions de suite ? Comment veux-tu mourir ? Arme à feu, poison, pendaison ? Je te laisse le choix.
- Je suis médecin légiste, alors étonne-moi, sourit la brune,
- Voilà le programme : je vais te tuer puis, pour masquer les traces du combat, je vais emporter ton cadavre au dernier étage du plus haut building de la ville et le jeter. Et je glisserai dans ta poche une jolie lettre de suicide disant que tu ne supportais pas de savoir que ta femme t'avait trompée avec Pansy. Ce qui fera d'une pierre deux coups avec Rose...
Hermione fit la moue en écrasant son mégot de la pointe de sa chaussure.
- D'abord, il est facile à partir des blessures d'évaluer avec assez de précision la hauteur d'une possible chute. Le plus haut édifice de la ville n'est pas forcement le mieux indiqué. Ensuite, si tu penses à un combat magique, il y a encore quelqu'un pour en détecter les traces. Passe ton tour Viviane, rends-moi mes filles et fais-toi oublier, comme ces trois dernières années. Et si tu as de la chance, j'arriverai à convaincre Aliénor de te laisser sauve.
- Ah... Aliénor... sourit Vivianne. Je rêve de mettre la main sur elle. Aussi, si me battre contre toi la fait venir, on va peut-être s'y mettre. Ici ou tu préfères un endroit plus tranquille ?
La Dame du Lac désigna les quelques badauds se trouvant dans l'avenue.
- J'ai toujours préféré faire ce genre de danse de façon intime, tu sais combien je suis timide, répondit la rouge et or l'air de rien, en se penchant pour renouer son lacet défait.
Vivianne s'approcha pour poser sa main sur l'épaule de la brune et les fit transplaner pour un désert rocheux. Elle s'éloigna de quelques pas, en faisant tournoyer son sabre, tandis qu'Hermione se redressait.
- Prête à te faire corriger, générale ?
La Gryffondor étendit sa main et son katana se matérialisa dans sa paume. Elle assura sa prise et échauffa à son tour son poignet par quelques mouvements circulaires.
- La vie aurait pu être simple Viviane. Avec un peu d'effort, tu aurais même pu être de la famille et voir tes filles. Mais non, tu veux toujours plus. C'est ce qui va te conduire à ta perte.
- Tu m'as tourné le dos, Hermione ! Tu m'as poignardée dans le dos ! Tu as choisi Aliénor alors qu'on aurait pu être ensemble. Tu penses vraiment que j'avais marché dans la combine de la Source ? J'avais assuré notre avenir. Mais tu m'as fait mal. Et on ne me blesse pas impunément. Aussi, j'ai reconstruit ma famille, et tu n'en feras jamais partie.
- Tu n'as jamais été franche avec moi. Pourquoi ? Je ne méritais pas ta confiance ? Tu savais combien il était douloureux d'abriter la Source, combien je devais lutter pour garder un semblant de contrôle pour ne pas sombrer. Tu aurais pu m'aider, mais tu as préféré me manipuler. Ne mets pas le blâme sur moi Viviane, ça ne marche plus comme ça.
Vivianne donna le premier coup. Hermione leva rapidement son katana et les deux lames butèrent l'une contre l'autre. L'impact violent fit reculer les deux combattantes de quelques pas et la brune retint une grimace en sentant des vibrations dans son bras.
- Quand nous avons fait l'amour, dans le même sac de couchage, je ne te manipulais pas. Quand j'ai offert à la Source mon trône, je ne te manipulais pas... fit la blonde en envoyant une boule de feu sur la brune.
- Mais c'était un marché de dupe, tu avais déjà prévu de récupérer tes pouvoirs, répliqua la rouge et or en abaissant rapidement sa main pour ériger une protection.
La boule de feu percuta la fine barrière et rebondit sur son lanceur. Vivianne évita le retour de sort et se jeta sur Hermione. Les deux femmes roulèrent sur le sol tout en s'échangeant des coups.
Le sabre de Viviane était difficile à manipuler sans recul aussi, la Dame du Lac attaquait-elle à coup de sorts. Leur proximité ne donnait pas le temps à Hermione d'anticiper ou de parer efficacement. Elle ne pouvait guère qu'écarter les mains de la blonde à chaque fois qu'elles étaient dirigées vers elle, évitant de penser au sortilège qu'elle venait de détourner. Cependant, certains coups portaient et le sort de découpe avait visiblement la préférence de la blonde.
- Je vais te tuer... Et Morgane et moi danserons sur ta dépouille !
Et voilà le travail !
Plus que deux chapitres avant la toute fin de cette aventure qui aura duré des années !
A la semaine prochaine,
Bises,
Link9 et Sygui
