Bonjour à toutes et à tous !
Enfin du beau temps ! Mais merde, c'est la rentrée ! ^^
Bref, profitez de cet avant dernier chapitre, en espérant qu'il vous plaira !
Bonne lecture !
Chapitre 49 : Une haine injustifiée
Aliénor soupira une nouvelle fois. Elle pensait boire son café en toute tranquillité dans la cuisine mais Minerva avait envahi son espace personnel, s'affairant à se préparer un thé.
- Dès que le sachet est infusé, je m'en vais, grommela l'Ecossaise. Alors arrêtez de manifester votre mécontentement à me voir.
- Et encore, je prends sur moi.
- Finalement, vous n'êtes pas bonne en tout.
Aliénor allait rétorquer quand elle se raidit subitement, fronçant les sourcils.
- Hermione se bat avec Vivianne, murmura-t-elle en se levant.
- Je viens vous aider, fit l'ancien animagus d'un ton péremptoire.
- J'aurais tendance à dire que vous serez une gêne, vu que vous n'êtes qu'une moldue, mais j'arriverai à vous trouver une quelconque utilité une fois sur place...
Aliénor attrapa la manche de l'Ecossaise et les fit disparaître. Minerva avait oublié la sensation du transplanage et elle redécouvrit combien s'était désagréable. Quand elle rouvrit les yeux, Aliénor la jeta au sol alors qu'une explosion retentissait. Des débris de pierre volèrent au-dessus d'elle et un nuage de poussière l'aveugla momentanément.
L'ancien animagus releva la tête pour tenter de comprendre la situation. Difficile d'être plus claire. Viviane et Hermione faisaient virevolter leurs armes dans les airs, les abattant avec violence, créant des gerbes d'étincelles à chaque impact.
- Vous restez là. Si vous voyez qu'une de nous est blessée, vous l'éloignez de Vivianne, ordonna la rousse en relevant ses manches.
L'Ecossaise acquiesça.
- Faites vite, Hermione est déjà pas mal touchée si j'en juge par les lambeaux de sa chemise.
Aliénor fonça dans la mêlée. Minerva la vit écarter Hermione en la poussant de son bras avant de porter un coup violent à Vivianne.
- Y'a pas à dire, elle est efficace, maugréa Minerva, sur ses gardes.
Le sol se mit à trembler fortement et l'ancien animagus lutta pour garder son équilibre. Les sorts pleuvaient, déchirant la nuit de leur lumière. Un cri aigu s'éleva, suivi du rire moqueur de Vivianne.
- Je m'amuse follement, mais je dois rentrer. Aliénor, Hermione, à la prochaine. Profitez de votre répit, il ne durera pas.
Un craquement sec se fit entendre puis vint un silence assourdissant.
Minerva entendait gémir sur sa droite. Mais l'absence de lune l'empêchait de savoir qui était touché. Elle se dirigea au son, trébuchant sur les pierres et butant dans des monticules de terre plus ou moins importants soulevés par le déchainement de magie.
- Hermione ? Aliénor ? appelait-elle. Qui est touchée ? Maudite condition moldue, pas possible de lancer un lumos, grommelait-elle en cherchant à garder son calme.
- C'est Hermione et c'est assez moche... répondit la rousse. Elle a joué au bouclier humain, l'idiote !
L'information glaça le sang de l'ancien animagus qui accéléra le pas.
- C'est pas vrai... gémit-elle doucement.
Elle grimpait un monticule à quatre pattes aussi vite que le sable qui glissait sous elle le lui permettait. Hors de question qu'elle perde Hermione, encore moins en n'étant pas réconciliée avec elle.
Elle finit par les rejoindre et blêmit en découvrant sa compagne. Des multiples coupures ornaient son visage, dont une importante barrait son oeil droit. Un filet de sang s'échappait de ses lèvres et sa respiration était laborieuse.
- Tu es vraiment inconsciente, la gronda gentiment la rousse.
- Ouais... haleta la brune. Mais son sort des mille lames fait... vraiment... un mal de chien...
- Encore une des bottes secrètes que lui a enseigné la chef des armées ? s'enquit l'enchanteresse de soin tout en activant sa magie.
- Oui... et je peux te dire... que la générale me manque. Quand... j'avais... son esprit en moi... j'étais meilleure en combat...
Minerva se mit à genou en prenant garde de ne pas faire bouger le sable autour de la brune. Elle glissa délicatement sa main sur le visage de sa femme, puis jeta un regard angoissé vers l'ancienne reine.
- Je vais la guérir, ne faites pas cette tête-là, répliqua sèchement Aliénor. Je vous rappelle qu'elle doit veiller sur l'humanité avec moi.
- Ne... commencez... pas à ... vous disputer...
Minerva ne répliqua rien et fit un pâle sourire à la brune, espérant que l'absence de lumière ne lui permettrait pas de voir la peine dans son regard. Elle s'écarta, laissant la place à la rousse qui la toisait.
- Merci, asséna-t-elle condescendante à l'endroit de l'ancien animagus.
- Aliénor... peux-tu... être gentille avec ma... compagne, s'il te plait. Et t'occuper... de moi... avant que je... me vide de... mon sang.
- Ton Primate va bien, elle peut encore en prendre, gronda-t-elle vers McGonagall. Pour le reste, fis-toi à moi, finit-elle plus aimablement.
Elle commença par écarter la chemise qui ne tenait plus que par le sang coagulé à la peau de la brune. Hermione grimaça, fermant ses poings dans le sable. La rousse prit quelques secondes pour repérer les différentes plaies et en évaluer la gravité. Du sang noir pulsait de plusieurs déchirures à l'abdomen, tandis qu'un liquide rosé bullait dans une large coupure sous un sein pour les plus graves des atteintes. L'enchanteresse de soin frotta ses mains l'une contre l'autre et activa sa magie à son plein potentiel. Avec délicatesse, elles les posa sur le torse de la brune et les laissa glisser doucement sur la peau dénudée, faisant disparaître les blessures superficielles, s'attardant sur les dommages plus profonds. Minerva se raisonnait tout en notant que les doigts de la rousse semblaient s'appesantir à certains endroits plus qu'à d'autres.
- J'ai connu... des pelotages... plus agréables... tenta de plaisanter Hermione en regardant l'Ecossaise.
- Menteuse, se moqua la rousse. Bon, tout est soigné, sauf ton petit coeur brisé. Mais je pourrai m'en occuper quand on sera seule.
Minerva déglutit, ravalant sa réplique. Après tout, Aliénor n'avait pas tort sur la partie du coeur brisé.
- Il faut reconnaitre que comme enchanteresse de soin, vous êtes imbattable, se contenta-t-elle de dire.
- Pas besoin d'énoncer l'évidence, rétorqua la rousse. Rentrons à la maison, maintenant. Le manque de sommeil fait faner mon teint.
- Et on s'en voudrait, se moqua McGonagall.
Aliénor ne répondit pas, attrapant l'Ecossaise d'une main, Hermione de l'autre, pour les faire transplaner toutes les trois. Arrivée chez Millicent, la rousse se désintéressa de McGonagall pour emmener Hermione jusqu'à la chambre que lui indiquait Bulstrode.
L'Ecossaise regarda sa montre. Quatre heures du matin. Plus vraiment le temps de dormir. Et puis, de toute façon, elle savait qu'elle ne trouverait pas le sommeil. Pas en s'inquiétant pour ses filles, pour sa femme. Elle tourna sur elle-même, pensive.
- Largement le temps de me refaire un thé et de réfléchir, marmonna-t-elle en se dirigeant vers la cuisine.
Elle retourna dans la pièce qui était presque aussi grande que leur appartement. C'était une cuisine digne d'un restaurant, avec tout le matériel dernier cri. Elle mit en route la bouilloire, vida dans l'évier son premier thé et récupéra un nouveau sachet.
- Vous serez aimable de m'en préparer un, fit Aliénor, fatiguée, en pénétrant à son tour dans la pièce.
- Vous avez l'embarras du choix, fit l'ancien animagus en indiquant la boite à thé posée sur le plan de travail. Comment va Hermione ?
- Vous êtes sans magie, donc pas bien utile en ce moment. Faites donc un earl grey à celle qui a soigné votre compagne.
La rousse s'assit et se frotta les yeux.
- Je ne suis jamais utile selon vos critères de toute façon, lui répondit Minerva en versant de l'eau chaude dans sa tasse. Elle dort ?
- Non. J'ai voulu la mettre au lit mais elle a filé je ne sais où.
- Etendre Hermione est un art dont vous n'avez pas encore saisi toutes les subtilités.
- Et vous oui ? Alors pourquoi avoir voulu réviser sur Miss Parkinson ?
L'ancien animagus se mordit la lèvre et trouva que son mug était soudainement très intéressant. Aliénor, abandonnant l'idée d'avoir un thé, alla se servir un verre de vin.
- Je suppose que ça ne vous ennuie pas que je passe le reste de la nuit avec Hermione... s'enquit la sorcière en s'appuyant contre le plan de travail.
McGonagall leva la tête et foudroya la Française du regard.
- Je suppose que ma réponse importe peu.
- Tout à fait, répondit la rousse avec un large sourire. Aussi, je vais vous laisser ruminer devant votre thé trop fort, et penser à vos innombrables erreurs qui nous conduisent systématiquement en enfer. Je ne ferai pas vos amitiés à Hermione, conclut-elle en se décollant du comptoir d'un coup de rein vaguement suggestif.
Minerva la suivit d'un regard peu amène et soupira quand l'ancienne Sage quitta la cuisine. Elle devait déjà gérer son écart avec Pansy. Elle espérait ne pas avoir à gérer bientôt des écarts d'Hermione avec Aliénor.
Le soleil était levé depuis peu et Mary baillait longuement, sa soeur pelotonnée contre elle. Elles avaient réussi à dormir quelques heures, mais la nuit n'avait pas été reposante.
- Salut... murmura Cassandra en s'étirant. Ca va ?
- Mouais... grommela la brune. J'entends des bruits de casseroles, elles doivent préparer le petit-déjeuner.
- Z'ai un bon pressentiment, fit la blonde. Nos mamans vont venir nous chercher et tout se finira bien.
Mary se sentit soulagée. Sa soeur avait un don. C'était leur secret, mais Cassandra "voyait" des choses. Et si sa jumelle disait que tout se finirait bien, elle la croyait. Elle regarda par la fenêtre et fronça les sourcils. Elle ne l'avait pas remarqué hier, mais elle voyait l'enseigne d'un fast-food.
- Regarde ! C'est la où on va manger le mercredi ! dit-elle en désignant le M jaune.
- Y'en a plein en ville... fit tristement la blonde. Ze pense pas que ce soit le notre.
- Oui mais... Si on arrive à parler à maman H ou à mamaidh, on peut lui décrire où on est ! Bon alors... y'a... trois fenêtres en dessous de nous... Donc... on est au troisième étage !
- Quatrième ? proposa Cassy.
- Ben non, y'a le rez de chaussée ! Bon, à côté de notre restau, y'a un... coiffeur... un truc à médicaments…
- Une pharmacie ! fit doctement Cassandra.
- Ouais, c'est ça et... un... un truc avec plein de croix sur la vitrine. La lettre X peut-être. Y'a des rideaux noirs et des lettres lumineuses. J'sais pas ce que ça raconte mais y'a une fausse dame en plastique qui porte qu'une culotte.
- C'est une culotte ça ? Ca ressemble pas à ce qu'on a...
- Mouais, mais c'est les adultes alors tu sais...
- C'est n'importe quoi, ze sais. Tu crois qu'on peut faire comment pour prévenir maman ?
- Faudrait qu'on arrive à leur prendre un téléphone... chuchota Mary. Voilà c'qu'on va faire... Tu vas te débrouiller pour qu'elles ne font plus attention à moi.
- Comment ?
- Je sais pas... t'as qu'à faire pipi par terre.
- Ze suis propre !
- Oui, je sais. Mais elles, elles le savent pas. Donc, tu fais pipi et, pendant qu'elle s'occupe de toi, je prends le téléphone qu'elles ont volé à maman H. Ok ?
Cassandra faisait la moue, pas du tout intéressée par le plan de sa soeur. Puis lui vint un petit sourire malicieux.
- Z'ai une meilleure idée. La dame qui me ressemble, elle dit qu'elle est ma maman. Z'ai qu'à lui demander de me dire pourquoi, elle va vouloir m'esspliquer et tu pourras serser le téléphone. Mais faut faire attention à l'autre dame.
Mary roula des yeux. Le plan de sa jumelle était certes plus simple mais, comme disait cousin William, il manquait de classe.
- Ok. On fait comme t'as dit...
Rose, n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Morphée avait déserté lâchement devant le bordel qui s'était installé dans sa tête. Alors elle avait donné le change. La douche du matin n'avait pas réussi à effacer les traces de son insomnie et elle espérait que le café qu'elle s'apprêtait à ingurgiter serait d'un plus grand secours. Elle avait désespérément besoin de tous ses moyens pour réfléchir.
Aliénor pénétra dans la cuisine et sourit à la jeune femme.
- Tu as une mine affreuse, commença l'ancienne reine en se servant une tasse de thé.
- Toi aussi. J'ai l'impression que t'as pas dormi depuis deux jours.
- Ce n'est pas qu'une impression, fit la Française en attrapant une assiette et des couverts. Je suppose que tes souvenirs de ta vie sur Avalon te pèsent.
- Oui, avoua Rose. J'en ai pas dormi de la nuit. Je ressasse, je ressasse.
- Je comprends, fit la rousse en s'installant en face de la policière. Ca m'a fait ça aussi, quand Vivianne me les a rendus.
- Et qu'as-tu fait ?
- Et bien, je me suis battue contre elle, je me suis vengée en lui jetant une malédiction et elle m'a balancée des falaises.
- Programme intéressant. Mais qui ne répond pas à mon problème, soupira l'ancien Maitre des Chimères
- J'imagine. Tout ce que ne peux te dire, c'est que tu n'es plus la Rose d'Avalon, et que Viviane a bien changé.
- Je crois que c'est plus compliqué que ça malheureusement... Tu n'es plus la Aliénor d'Avalon toi ? Plus rien de ton passé n'influence tes actions présentes ?
Rose soupira longuement.
- Je sais que Viviane et Morgane ne sont plus... pas... mes mères. Et même à ça, disons que je n'ai pas eu à proprement parlé d'enfance avec des mères pour veiller sur moi. M'man H m'a élevée seule jusqu'à mes onze ans et ça c'est la version simple pour dire que je suis devenue en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire le Maitre des Chimères. Et j'ai connu Mamaidh, quoi... trois mois à Poudlard. Tout ça pour me réveiller un beau jour à vingt ans, sans jamais avoir eu la chance de les connaître comme mères.
Rose soupira à nouveau.
- Les seuls souvenirs d'enfance que j'ai sont ceux avec Viviane et Morgane...
- Tu en as avec Hermione. Et d'autres, plus récents, avec Minerva. Tu parles de Viviane et de Morgane. Morgane a torturé Pansy, tu étais une Conseillère à cette époque, tu t'en souviens. Vivianne a bien failli tuer ta mère plusieurs fois par le passé... et elle a encore retenté hier soir.
Rose suspendit son geste, sa tasse de café rendue sur le bord de ses lèvres.
- Qu'est ce que tu me chantes là ? interrogea-t-elle avec un haussement de sourcil purement McGonagallien.
- Tu dormais comme une bûche, tu ne t'en es pas rendue compte. Disons que ta mère a eu de la chance que je traîne dans le coin.
La jeune femme blêmit, déposa le mug avant de repousser sa chaise bruyamment pour sortir en toute hâte de la cuisine.
- Pourquoi est-ce toujours à moi d'annoncer les mauvaises nouvelles ? soupira Aliénor en beurrant une tartine.
Hermione avait trouvé refuge dans la petite salle d'entraînement de Chaka et y avait passé le reste de la nuit. A présent, elle tentait pour la trentième fois d'exécuter une série de mouvements au katana.
- Je vais récupérer mes filles, quoi qu'il m'en coûte, marmonna la brune en serrant le manche de l'arme entre ses doigts.
Elle inspira profondément, écarta légèrement ses pieds nus sur le tatami et commença l'enchaînement au ralenti. Elle se concentra sur sa respiration, sur les mouvements, sur ses muscles qui semblaient se réveiller après un long sommeil.
- Et maintenant, on accélère un peu, souffla la brune en se remettant en position initiale.
La lame virevoltait autour d'elle, sifflant à chaque coup porté. Hermione se retourna rapidement, son arme accompagnant le mouvement, fendant l'air. Mais le manche s'échappa de sa main et la brune dut retirer son pied pour éviter que la lame se fiche dedans. Elle perdit l'équilibre, s'écroulant de tout son long sur le tatami, le pied droit entaillé.
- Ouch... lâcha-t-elle alors qu'une grosse larme roulait sur sa joue.
Rose déboula dans la pièce et l'aida à s'asseoir.
- Bouge pas, je vais te soigner ça, fit l'ancienne Sage.
Elle passa son doigt sur la plaie qui se referma en suivant le trajet de l'index.
- Il paraît que tu as eu une rencontre assez musclée avec mam... avec Vivianne hier ?
Hermione acquiesça, les mâchoires serrées.
- Et ces acrobaties, c'est pour ? demanda la flic.
- Lui mettre une dérouillée la prochaine fois que je la verrais. Mais c'est mal barré... souffla la légiste.
- Va te reposer, tu es épuisée, fit Rose en l'aidant à se relever. Je crois que mamaidh dort encore.
- Je vais surtout prendre une douche et boire un bon café. Comment va Pansy ?
- Elle se remet de ses émotions. Les dernières vingt-quatre heures ont été éprouvantes pour tout le monde. Et sa façade de Miss-Je-me-fous-de-tout s'est fissurée pour exploser.
- Et entre vous, ça va ?
Rose soupira et passa la main dans ses cheveux.
- Elle m'a pardonné mon infidélité. Enfin, je crois. Mais, même si elle ne me le dit pas, je pense que les souvenirs d'Avalon l'ont chamboulée. Et je le comprends.
Elle fourra les mains dans ses poches et eut un sourire pour sa mère.
- Enfin, j'ai confiance. Je vois mal mamaidh et Pansy s'enfuir comme deux adolescentes pour vivre le parfait amour !
- Ouais, c'est sûr, fit Hermione en se forçant à paraître convaincue.
Après avoir pris une longue douche relaxante, Hermione avait bu d'une traite un expresso avant de se mettre en quête d'un endroit tranquille où elle pourrait faire le tri dans ses pensées sans être dérangée. Aussi, elle s'engagea dans les escaliers de l'hôtel particulier et descendit les marches.
Millicent avait vraiment bien aménagé son espace, et le jardin d'hiver disponible au rez-de-chaussée était tout à fait dans les goûts de la brune. Surtout la clarté des lieux, les fauteuils moelleux, et la possibilité de fumer tranquille ! Sainte Millicent !
La rouge et or pénétra dans le lieu et avisa Aliénor un peu plus loin, en train de prendre soin des orchidées qui ornaient la serre. Hermione allait prendre congé, ne voulant déranger l'ancienne Sage quand cette dernière lui fit signe de s'installer avant de retourner à son jardinage. La brune se laissa choir sur un fauteuil et s'étira de contentement en attrapant une cigarette.
Elle l'alluma avec un soupire d'aise et tira longuement dessus.
- Merlin que ça fait du bien... souffla-t-elle.
Une porte sur le côté s'ouvrit et Minerva apparut dans l'encadrement. Hermione se tendit et rentra la tête dans les épaules. Elle fumait et était seule avec son ancienne conseillère, tous les ingrédients d'une nouvelle engueulade. Elle s'apprêtait à ce que la mauvaise humeur de l'Ecossaise s'abatte sur elle, mais rien ne vint, au contraire.
- Excusez-moi, je me suis trompée, fit l'ancien animagus avant de tourner les talons pour gagner la sortie.
- Et tromper est devenu une spécialité chez vous, lança la rousse sans lever les yeux de son ouvrage.
Hermione se tassa encore plus dans son fauteuil. Pourquoi ne pouvait-elle jamais avoir un moment de calme ? Minerva s'arrêta dans son mouvement, fit une pause, puis revint dans la pièce. Elle s'avança tandis qu'Aliénor se déplaçait pour venir lui faire face, un pot entre ses mains gantées.
- Pourriez-vous me dire enfin pourquoi vous m'en voulez à ce point ? Une rancœur parce que je suis avec Hermione, je peux le comprendre, mais là, depuis le temps, c'est de la haine… et je ne vois vraiment pas ce que j'ai pu faire ou dire pour la mériter, demanda posément l'Ecossaise, sans élever le ton.
La brune haussa les sourcils, intriguée par la réplique qui n'était pas celle à laquelle elle s'était préparée.
- Vous ne savez pas ? demanda Aliénor doucereusement. Vous avez pourtant vos souvenirs maintenant, ça ne doit pas être très sorcier de s'en rappeler.
- Désolée je ne vois pas à quoi vous faites allusion.
- Vraiment ? grimaça la rousse en posant le pot au sol. Alors il faut croire que vous êtes plus stupide que je l'imaginais et pourtant, j'avais placé la barre bien haut.
Hermione regardait son ancienne conseillère en essayant de savoir où elle allait, mais franchement, elle était perdue. Quant à Minerva, elle ne cilla pas à l'insulte.
- Mesdames, s'il vous plaît, commença la rouge et or.
- Mesdames ? Ce qualificatif ne s'applique à aucune de nous deux, vu que nous n'avons jamais eu le plaisir d'entendre une demande en mariage de ta part, rétorqua la Française, cinglante.
- Ouais, ben on m'a jamais proposé non plus, marmonna la brune en écrasant son mégot.
Deux regards noirs la dissuadèrent d'en dire plus et elle préféra s'allumer une nouvelle cigarette.
- Donc, vous me reprochiez ? reprit posément Minerva.
- Vous avez fait assassiner mon père ! lâcha finalement l'ancienne Sage. Vous avez été assez veule pour payer des brigands …
- Aliénor, tenta Hermione.
- … qui l'ont égorgé ! Il était seul, vieux, et il a fini dans un fossé ! s'emporta l'ancienne administratrice de Perguérie en ôtant ses gants de jardinage pour les jeter au sol. Vous auriez dû mieux préparer votre plan, car j'ai survécu et je me suis promis de vous le faire payer. Et ce jour est enfin arrivé !
- Ali… essaya encore la brune.
- Je n'ai jamais ourdi un tel complot, répondit calmement l'ancienne animagus.
- Oh, bien sûr ! Je suppose que c'est encore quelque chose que vous avez failli faire, fit sarcastiquement la rousse.
Minerva jeta un oeil vers Hermione, et la légiste hésita à opérer un repli stratégique pour laisser le temps aux deux femmes de s'expliquer. Cependant, son courage de Gryffondor refit surface et elle décida de rester et d'intervenir si la dispute dégénérait au-delà de ce qui était acceptable.
- Quelle est l'échelle de valeur de votre morale élastique ? cinglait l'ancienne Sage. Vous avez failli parce que… vous ne vous êtes pas embrassées ? Parce que vous ne vous êtes pas caressées ? Parce que vous ne vous êtes pas touchées intimement ? Parce que vous n'avez pas joui ? Où placez-vous le curseur de votre infidélité ? invectivait toujours violement Aliénor. Je suppose aussi que vous avez juste failli rendre Rose cocue ?
Les deux sorcières voyaient physiquement et moralement le résultat des coups portés contre Minerva. Si l'Ecossaise ne tremblait pas, il était pourtant visible qu'elle se décomposait comme un mur tombe lorsqu'il est sourdement ébranlé. Aliénor se délectait de l'anéantissement de sa Némésis. Son père était sur le point d'être définitivement vengé. De son côté, Hermione était tétanisée devant la haine que son ancienne conseillère exprimait pour la première fois et par l'ampleur des dégâts que cela causait.
- Alors, vous avez failli tuer mon père à quel point ? criait maintenant la rousse qui perdait le contrôle de sa fureur.
- Aliénor ! intervint vertement Hermione en se levant, renversant son fauteuil dans le mouvement.
- Quoi ? hurla l'ancienne Sage.
La rouge et or s'approcha des deux femmes qui se faisaient face et les sépara, une main sur le buste de chacune. Tout cela allait trop loin. Elle serra l'épaule de l'ancien animagus dans un geste de réconfort avant de porter son attention sur la rousse.
- Minerva n'a jamais ordonné l'assassinat de ton père. Ni Viviane. C'est la Source qui l'a fait. Elle voulait que la Perguérie se retourne contre sa souveraine et que la Dame du Lac perde ses meilleurs appuis avant la guerre. Je suis désolée.
Un silence pesant et douloureux s'installa dans la pièce. Aliénor regardait Hermione sans comprendre, laissant l'information faire son chemin. Sa fureur s'était dissipée comme la flamme d'une bougie qu'on aurait soufflée.
- Ce n'est pas possible, balbutia-t-elle. On a cherché, avec Millicent… tout menait à la ministre et à la reine…
- La Source a manipulé tout le monde, tout le temps. Je suis désolée, répondit doucement Hermione. Tu aurais dû m'en parler avant de déverser ta fureur sur Minerva. Des décennies de haine entre vous pour rien.
L'ancienne reine tourna son regard vide et triste vers l'Ecossaise. Cette dernière n'avait pas bougé.
- Je … commença Aliénor.
Elle secoua la tête et soupira, lasse. Rien de ce qu'elle pourrait dire n'effacerait les propos qu'elle avait tenus.
- Miss McGonagall, je vous prie d'accepter mes plus plates excuses. Soyez assurée que cela ne se reproduira plus.
- Pour quelle partie ? Celle où vous me traitez de trainée ? Pas besoin, c'est la vérité, répondit sobrement l'ancienne sorcière avant de tourner les talons et quitter les lieux.
- Aliénor, je comprends ta peine et ton désir de vengeance. Mais franchement, tu crois vraiment que c'était le moment ? grommela Hermione en attrapant son paquet de cigarettes pour ensuite sortir dans l'autre direction.
L'ancienne Sage était perdue. L'énergie sombre qu'elle avait puisée dans sa haine contre l'Ecossaise et qui l'avait fait avancer dans ses deux vies venait de s'éteindre comme un feu mouillé. Elle regarda à ses pieds et vit la fleur d'une orchidée irisée qu'elle avait proprement découpée dans sa rage.
- Millicent va m'en vouloir…
Et voilà !
Le dernier chap la semaine prochaine, ça va faire bizarre !
Bisous,
Link9 et Sygui
