Bonjour à toutes et à tous !

Un petit mot de Link9 : C'est le dernier chapitre d'une histoire qui a commencé en août 2008. J'étais bloquée chez moi, opérée du dos, et Seconde Chance a jailli dans mon esprit. Que se passerait-il si Hermione avait la possibilité de tout recommencer ?

J'ai écrit le plus possible avant de publier et, en cours d'écriture, une suite s'est dessinée. La première trilogie était née. En 2010, alors que je commençais tout juste à ânonner le deuxième cycle, Sygui s'est portée volontaire, et un duo était né. Ce dernier tome nous a donné beaucoup de mal, il fut difficile à écrire. Nous voulions vraiment tout boucler, une fin à la hauteur de toutes ces années de labeur. Et nous y voilà ! Un long chapitre qui est un point (final ? seul le temps le dira) à cette fabuleuse aventure qui a donné naissance à une extraordinaire amitié.

Je vous souhaite une excellente lecture !

Un petit mot de Sygui maintenant ^^

Merci !

Merci à mon amie Link d'avoir fait un pari en s'associant avec moi, comme beta pour commencer, avant de me laisser plus de place à ses côtés. On a vécu des moments inoubliables en traversant les 4 trilogies ensemble. Inventer, innover, rêver, créer… on a poussé l'art bénévole et désintéressé de la fanfic aussi loin que notre imaginaire nous l'a permis.

Merci à vous tous et toutes qui êtes des fidèles depuis si longtemps, ou des fous pour avoir tout lu d'un seul élan ! Vous nous avez amenées à nous dépasser avec vos revues, heureuses, tristes, incendiaires, en vers, en prose, longues, courtes, mais toujours là pour accueillir le nouveau chapitre de ce qui devenait une véritable épopée.

Aujourd'hui, c'est la der de der. On a fermé (toutes) les portes ouvertes dans les 12 tomes… mais si certain(e)s en voient, qu'ils ou elles n'hésitent pas à les emprunter à leur tour, et pourquoi par une fanfic sur une fanfic !

Un grand merci !


Chapitre 50 : Tout à une fin

Mary jouait à la poupée avec sa sœur et poussa un soupir à fendre l'âme. Elle n'avait jamais apprécié ce jeu, préférant largement les petites voitures. A la limite, il y avait la dînette.

La porte de l'entrée claqua et Cassandra se leva pour regarder par l'entrebâillement de la porte de leur chambre. Elle observa rapidement le salon et revint s'asseoir en face de son aînée.

- C'est bon, l'autre est partie faire ses courses, il reste que la blonde, chuchota-t-elle.

- Cool. On fait comme on a dit. Tu l'emmènes dans la cuisine, je prends le téléphone qu'elle a volé à maman, j'appelle mamaidh et je remets tout en place.

- Tout va bien se passer.

- Tu en es sûre ?

- Ze le sens là, fit Cassy en tapant son estomac.

Mary hocha la tête et les deux fillettes se levèrent. La brune s'affaira dans la chambre, faisant semblant de ranger, tandis que la blonde se rendait dans le salon pour se planter devant Vivianne qui finissait son café.

- Un problème ma puce ? demanda la sorcière.

- Dis maman Vivianne, tu peux me raconter comment tu as rencontré maman Hermione ? Et, euh…, on pourrait faire des cookies en même temps ?

La Dame du Lac eut un sourire éblouissant et souleva sa fille pour la caler dans ses bras.

- Va pour les cookies alors ! Donc, comment j'ai rencontré ta mère… Dans cette vie ou dans la précédente ?

- Vous avez eu deux vies ? demanda la fillette étonnée.

- Oui, je vais tout te raconter, promit Vivianne en gagnant la cuisine.

Mary, qui s'était tapie contre un mur, s'assura que la voie était libre avant de se glisser à pas de loup dans le salon. Elle eut un sourire en remarquant le téléphone de sa mère sur la table basse du salon et visualisa l'endroit avant de s'en emparer pour retourner dans sa chambre.

Elle appuya sur une touche pour accéder au journal des appels et appuya sur le numéro de sa mamaidh. Elle se mit près de la fenêtre alors que la tonalité résonnait.

- Mamaidh, commença la gamine dans un murmure. On va bien, mais faut que tu viennes nous chercher.

- Vous êtes où ?

- Je ne sais pas trop, mais on est dans un immeuble en pierres blanches, au troisième étage, depuis la fenêtre de notre chambre je vois notre restaurant du mercredi.

La fillette se dépêcha de décrire les magasins de la rue et elle sentait que l'Ecossaise enregistrait le moindre détail.

- Faut que je raccroche pour pas que la dame blonde se méfie.

- D'accord ma chérie. Courage, je vais venir. Tenez bon, ça ne sera pas long.

- On t'aime mamaidh.

Mary raccrocha, effaça le dernier appel et retourna dans le salon pour reposer le téléphone. Puis, l'air de rien, elle gagna la cuisine où elle trouva Cassy et la dame blonde en plein atelier cuisine.

- J'ai fini de ranger la chambre. Je peux rester avec vous ?

Vivianne tira un tabouret et invita la gamine à s'asseoir.

- Bien sûr ! Plus on est de fous, plus on s'amuse !


Minerva regardait longuement le téléphone qui reposait dans sa main. Des milliers d'idées traversaient son esprit, des stratégies se montaient pour s'effondrer quand leur point faible se révélait.

- Tout va comme tu veux ?

L'ancienne animagus sursauta et se retourna pour faire face à Pansy.

- Excuse-moi, je ne t'ai pas entendue arriver.

- Un problème ?

- Je viens d'avoir Mary. Elle m'a donné quelques indications sur l'endroit où elles sont retenues.

Parkinson s'avança et la prit dans ses bras.

- On va les retrouver et Granger va mettre un terme définitif à ce cauchemar, fit doucement la chirurgienne en caressant le dos de l'Ecossaise.

Pansy se recula légèrement et plaça ses mains sur les joues de Minerva et caressa de ses pouces les lèvres de celle qui fut sa compagne dans une autre vie. Les émeraudes se perdaient dans le regard de la vert et argent et rien se semblait pouvoir briser ce moment d'intimité.

- Tu me rends folle… chuchota Parkinson. C'est plus fort que moi, je ne sais pas comment taire ce que je ressens pour toi.

- J'avoue n'être pas plus avancée, confia Minerva. Mais il faut trouver un moyen pour ne pas reproduire ce qu'on a…

Un bruit de gorge se fit entendre et elles se séparèrent vivement. Hermione s'avança, une cigarette coincée entre ses lèvres pincées.

- J'ai eu Mary au téléphone, j'ai des informations à voir avec toi, commença McGonagall.

- Parfait. Mais avant, on va parler de ce qui a failli se passer dans ce couloir.

L'ancien professeur fronça les sourcils en voyant que le bras gauche de sa compagne pendait contre son flan. La brune alluma son tube de nicotine et dévisagea sévèrement les deux femmes.

- Toujours à se mêler de ce qui ne te regarde pas, Granger, commença Pansy.

- Au contraire, c'est mon couple que tu tentes de bousiller, et ma fille que tu blesses par ta conduite irresponsable.

- Qu'est-il arrivé à ton bras ? demanda l'ancienne animagus.

- Chaka a voulu m'entraîner et je me suis déboîtée la clavicule en tombant. Mais ne change pas de sujet. Il n'y a pas 36 moyens de mettre un terme à votre petit jeu cruel. En fait, il y en a trois. Le premier, c'est que je modifie ma mémoire et celle de Rose pour vous permettre d'aller filer le parfait amour. Le deuxième, c'est que j'efface les souvenirs que Vivianne vous a rendus. Le dernier, c'est que vous arrêtiez de vous voir définitivement, ce qui compliquerait les repas de famille.

- Nous pouvons aussi nous contrôler, contra Minerva.

- Avec quel résultat, lâcha Hermione, amère.

- Et c'est l'experte en tromperie qui va nous faire la leçon ? se moqua Pansy.

Minerva s'avança vers sa compagne, s'interposant entre les deux anciennes camarades.

- Tu devrais trouver Aliénor pour qu'elle te soigne.

- C'était mon attention quand je suis tombée sur vous. Pas le bon moment visiblement. Mais je vais en profiter pour clarifier la situation. Malgré ce que tu penses depuis tout ce temps, je ne t'ai pas trompée avec Vivianne. Je vais te rappeler ce qui s'est passé entre nous. On s'est violemment disputées, on a fini dans ton sac de couchage où tu m'as sautée, et vice-versa. Le lendemain, je me suis réveillée seule. Tu ne m'as pas décroché un mot de la matinée et tu t'es retrouvée avec la langue de Bibine au fond de l'œsophage.

Elle tira longuement sur sa cigarette et détourna la tête pour ne pas souffler la fumée au visage de son amante.

- Pour moi, tu t'étais vengée de notre nuit sur Avalon, la veille de la bataille. Alors, j'ai pensé, à tort, que nous n'étions pas ensemble.

- C'est la plus pathétique excuse que j'ai jamais entendue, se moqua Parkinson.

- Et la tienne, pour ce qui s'est passé hier, c'est quoi ? feula la Gryffondor.

- Nos souvenirs venaient juste de nous être restitués, et on s'est laissées emporter par l'émotion, répondit sérieusement la Serpentard.

Hermione reporta son attention sur Minerva et un voile assombrit son regard.

- Quand la Source m'a rendu ma mémoire, je n'ai pas rejoint Aliénor qui était à deux chambres de la notre, murmura-t-elle.

- Tu m'as abandonnée, chuchota l'animagus, la douleur de cette nuit toujours vive en elle.

- Je sais, mais il n'y avait personne d'autre que toi.

La brune était lasse de toutes ces histoires qui duraient depuis trop d'années. Elle ne supportait plus de devoir se justifier constamment, de devoir expier des erreurs qu'elle pensait pardonnées depuis longtemps, elle en avait assez de devoir continuellement prouver son amour et de baisser la tête au moindre reproche. Elle était désespérée de constater que la Dame du Lac n'avait pas beaucoup d'efforts à fournir pour ruiner sa vie.

- Bien, je vais aller faire soigner cette maudite épaule, et tu me raconteras pour les filles. Une fois que Vivianne redeviendra une légende oubliée, vous me ferez part de votre décision.

- Je n'ai pas besoin d'attendre pour répondre, répliqua Minerva en fixant la brune.

Hermione se tourna vers Pansy qui s'allumait une cigarette sans rien dire.

- Tu devrais peut-être... grommela l'ancienne Gryffondor en s'éloignant

- Pourquoi? T'as peur qu'elle ait décidé de filer avec la belle chirurgienne ? se moqua la vert et argent.

Hermione revint sur ses pas et flanqua son poing sur le nez de l'ancienne Haute.

- Ça fait du bien, souffla-t-elle avant de disparaître au détour d'un couloir.

- Elle n'a jamais eu le sens de la répartie, fit Pansy en essuyant un filet de sang sur ses lèvres. Rustre de Gryffondor...

- Merci pour moi, rétorqua sèchement Minerva avant de partir à l'opposé de sa compagne.

Elle s'engagea dans la cage d'escalier et grimpa les marches deux par deux pour arriver au troisième. Elle regarda rapidement autour d'elle et se dirigea vers une porte entrouverte. Elle resta sur le seuil de la pièce et embrassa du regard la chambre qu'occupait Rose. Elle finit par apercevoir un holster suspendu à un montant du lit et se saisit de l'arme. Comme sa fille le lui avait montré, elle vérifia qu'il y avait des balles dans le chargeur, s'assura que la sécurité était mise et glissa le pistolet à sa ceinture, le dissimulant de son pull.

- Je vais régler tous mes problèmes d'un coup... marmonna-t-elle en attrapant son téléphone.

Elle le regarda longuement. Elle ouvrit l'application SMS. Elle inspira profondément et ses doigts volèrent sur le clavier.

Viviane, je serai à l'hôtel Astoria dans une heure. M.

Son doigt resta un long moment au-dessus du bouton d'envoi, mais elle finit par le presser et la petite enveloppe partit. Elle fourra le téléphone dans la poche arrière de son jean puis, sans un regard derrière elle, elle quitta la chambre et peu après l'immeuble pour regagner Londres.

Le trajet lui prit l'heure anticipée et elle pénétra dans le hall de l'hôtel quelques instants avant la Dame du Lac. La blonde la reconnut immédiatement et vient vers elle.

- Quelle bonne surprise, Minerva. Je ne pensais pas que tu prendrais ce message au sérieux.

- Et moi je suis bien contente que tu aies conservé le téléphone d'Hermione. Une erreur sans doute.

- Tu me connais, sourit Viviane.

- Effectivement.

- Or donc, pourquoi es-tu ici ?

- Aliénor m'a condamnée, Hermione m'a répudiée, Pansy a choisi Rose, et je ne veux pas blesser Rose comme j'ai blessé Hermione. Je ne suis envoyée par personne, je veux juste voir mes filles. Les condamnés ont tous droit à un dernier souhait. S'il te plait.

- Comment savoir si tu dis la vérité ?

- Comment pourrais-je la cacher à une sorcière ? Je suis sans pouvoir Viviane, tu vas faire ce que tu veux de moi, je suis seule et à ta merci.

L'ancienne souveraine dévisagea longuement son ancienne Ministre, cherchant à déceler une quelconque trace de mensonge dans les yeux verts éteints. Un sourire vint finalement étirer ses lèvres.

- Après tout, tu as aussi été une conseillère dévouée, je peux tout à fait t'accorder ta dernière volonté, en juste rétribution de tes loyaux services, concéda joyeusement la Dame du Lac qui prenait l'ancien animagus sous le bras, comme une amie partant en ballade avec une vieille connaissance.

A quelques minutes de marche de l'hôtel, les deux femmes tournèrent dans une ruelle dont elles ne sortirent jamais. L'instant d'après, elles apparaissaient dans un salon éclairé d'une lumière tamisée, meublé chaleureusement. Morgane leva les yeux de sa revue et sourit à sa femme. Viviane lui envoya un baiser de la main avant de prier Minerva de la suivre. Au milieu d'un long couloir, elles s'arrêtèrent. Viviane leva la main et la porte s'entrouvrit seule.

- Profites en bien, je viendrais te chercher plus tard, dit-elle en poussant l'huis.

L'Ecossaise pénétra dans la pénombre de la pièce et, tandis que la porte se refermait sur elle, Mary et Cassandra se précipitaient. Elle tomba à genoux pour les prendre dans ses bras, les embrasser, les serrer, les rassurer.

- Mamaidh ! Tu nous as trouvées !

- Toujours, mes amours, répondit doucement Minerva en serrant ses filles contre son coeur. Vous voulez être sages et faire quelque chose pour moi ?

- Oui ! répondirent les fillettes en choeur.

- C'est quoi ? ajouta Cassandra.

- Vous allez vous cacher sous le lit et vous boucher les oreilles, murmura McGonagall, l'air grave. Et vous resterez comme ça jusqu'à ce que j'aille vous chercher, d'accord ? Je ne serai pas longue.

- Tu vas tuer les méchantes dames ? chuchota Mary, les sourcils froncés.

- Oui.

- Tu veux pas attendre Maman ? ajouta Cassy.

- On n'a pas le temps pour ça. Bon, vous avez bien compris ce que vous devez faire ? s'enquit l'ancien animagus.

Les deux fillettes acquiescèrent et allèrent se glisser sous le lit. Minerva se pencha et s'assura que ses filles faisaient ce qu'elle avait demandé avant de rabattre la couette pour qu'elle effleure le sol. Puis, se redressant, elle récupéra l'arme et ôta le cran de sécurité. Son coeur battait à toute allure dans sa poitrine et elle pria tous les Sages et les Hauts que son plan réussisse.

Elle poussa la porte de la chambre et s'engagea silencieusement dans le couloir, ses mains tenant le pistolet sans trembler.


Pansy avait finalement trouvé refuge dans le jardin d'hiver. Elle en était à massacrer sa cinquième allumette, les larmes aux yeux, et finit par balancer de rage la boite à travers la pièce. Minerva n'avait même pas réfléchi à la proposition d'Hermione plus d'une seconde, excluant toute idée d'une relation entre elles.

- Ce n'est pas évident d'être rejetée alors que l'amour existe de chaque côté et ne demande qu'à s'exprimer, fit doucement une voix familière.

Pansy tourna mollement la tête pour voir Aliénor s'avancer vers elle.

- Sachez que je vous comprends, Miss Parkinson. Enfin, je comprends la situation, pas ce qui vous attire chez Miss McGonagall, ajouta la sorcière dans un sourire.

Elle s'installa à côté de la Serpentard et ramassa les deux bouts d'une allumette brisée.

- Et il y a Rose… et l'enfant que vous portez. Tous ces éléments bout à bout, cela donne une situation qui vous paraît inextricable.

- Sans compter que j'ai eu ma chance dans cette vie aussi de renouer avec ... ma femme... et c'est encore cette garce de Granger qui a tout fait foirer. C'était même la première fois que j'étais prête à m'engager honnêtement avec une femme, moi, la coureuse de jupons.

- Et finalement, c'est avec la fille de ses deux femmes que vous vous êtes engagée. Vous le regrettez ? demanda Aliénor en posant sa main sur le genou de la vert et argent.

Pansy regarda un long moment la main de l'ancienne reine sans vraiment la voir.

- Non, j'aime Rose et jamais je ne lui ferai du mal. Hermione devrait le savoir, mais elle est trop con pour regarder plus loin que son nombril. Passe encore qu'elle ne comprenne pas à quel point ces souvenirs me tuent, lorsque je mets bout à bout mes vies... mais qu'elle puisse seulement envisager que je pourrais blesser ... cela me montre à quel point elle me méprise quand elle me frappe au lieu de m'aider.

- Vous ne voulez pas blesser Rose, mais si elle savait ce qui s'est passé entre vous et Miss McGonagall, elle le serait, vous en conviendrez. Elle ne serait pas blessée de votre tromperie, ce serait un juste retour de la sienne, mais elle ne supporterait pas que sa mère ait eu vos faveurs. Quant à Hermione…

Elle réfléchit quelques instants, tapotant gentiment le genou de la chirurgienne.

- Je ne pense pas qu'Hermione vous méprise. Je sens qu'elle est au bord du gouffre et qu'elle voudrait se raccrocher à vous et à Miss McGonagall pour ne pas tomber. Et voilà que… je ne vous fais pas un dessin. Elle se sent trahie et abandonnée. Après, j'avoue être de votre opinion. Un coup de poing était la plus mauvaise des façons de vous faire entendre son point de vue. Pour finir, je peux sûrement vous aider, si vous entendez par aide ôter les souvenirs que Vivianne vous a rendus.

- Vous avez raison, j'ai déjà trahi Rose, soupira Parkinson, mais pas par esprit de vengeance. J'ai perdu pied, et personne pas même Granger ne peut me jeter la première pierre... surtout pas Granger.

- Si vous vous souciez de ce qu'elle pense ou dit de vous, c'est que vous tenez encore à elle. Et si elle est aussi déçue et blessée par votre comportement, c'est qu'elle tient à vous. Allez la voir et parlez vous. C'est la seule façon de régler vos différents, de pardonner pour avancer. A vous détester, c'est la Dame du Lac que vous laissez gagner.

- En dehors de Reine et Présidente des Conseils, vous n'avez pas été aussi marieuse ? se moqua doucement la Serpentard.

- Je n'ai pas eu ce plaisir. Je vous apprécie, Pansy, et j'espère que vous aurez une vie heureuse avec Rose.

- Vous m'appréciez ? s'étouffa la vert et argent. N'en faites pas trop tout de même ! Vous m'avez frappée, vous vous êtes foutue de moi en long, en large et en travers, et vous estimez sans doute que je ne suis pas digne de confiance. Je sais que votre seule priorité c'est Hermione, alors modérez-vous pour rester crédible...

- Pensez ce que vous voulez, Miss, fit la Française en se levant. Quand vous aurez cinq minutes, venez me voir pour parler stratégie.

- Aliénor …

L'ancienne Présidente des Conseils s'arrêta pour tourner la tête vers Parkinson.

- Merci.

- La reine des garces vous en prie, fit la rousse avant de quitter le jardin.

Pansy sourit.

- Surtout ne change rien, c'est comme ça qu'on t'aime, murmura-t-elle en allumant finalement sa cigarette.


Minerva baissa son bras et la pression de ses doigts se relâcha. L'arme tomba sur la moquette dans un bruit sourd mais l'ancien animagus n'y prit pas garde. Toute son attention était focalisée sur les deux corps enlacés sur le canapé. Il y avait encore quelques secondes, les deux femmes étaient engagées dans une étreinte charnelle. Maintenant, ce n'était plus que deux corps sans vie. Il avait suffi d'une seule balle pour mettre fin à la folie des deux sorcières les plus puissantes au monde.

Là où la magie avait été vaine, là où la Source avait échoué à maintes reprises, un petit bout de métal avait suffi pour mettre fin à un conflit millénaire.

Elle fit quelques pas dans la pièce et, tentant d'ignorer le sang qui imbibait le canapé et la moquette, elle attrapa le téléphone d'Hermione posé sur la table basse. Elle farfouilla rapidement dans le répertoire de sa femme avant de sélectionner un numéro et de lancer l'appel.

- Aliénor ? Oui, c'est Minerva. Pouvez-vous me rejoindre au 108 Chemin des roses blanches ? J'ai retrouvé les filles...

Minerva sentit ses jambes céder et elle se laissa tomber sur le sol. Elle inspira profondément et tenta de rassembler ses esprits. Tout était fini. Vivianne et Morgane n'était plus qu'un mauvais souvenir. Plus rien ne viendrait troubler la tranquillité de sa famille. Plus de guerre, plus de morts, toute cette folie avait prit fin avec son coup de feu.

- Pardon, Aliénor. Vous disiez ? Elles sont mortes. Pourriez-vous dire à Hermione que... Non, rien. Je vous attends. Troisième étage. Pas la peine de sonner, la porte sera ouverte.

Minerva raccrocha et se leva péniblement. Elle se traîna dans l'entrée et entrouvrit l'huis avant de se diriger vers la chambre des filles.


Aliénor pénétra dans l'appartement et embrassa d'un rapide regard l'entrée et le salon. Elle tira son arme de Sage et, la serrant entre ses doigts, avança dans la pièce principale. Elle avisa aussitôt les deux corps sans vie enlacés et, dans un réflexe hérité de son ancienne vie, se signa avant de se rendre compte de l'incongruité du geste. Elle s'approcha de Vivianne et Morgane et s'assura que les deux femmes étaient bel et bien passées de vie à trépas.

Satisfaite, elle ferma les yeux et sentant la magie flotter dans l'air, elle leva les mains pour absorber le pouvoir stagnant. L'opération lui prit quelques minutes et un sourire étira ses lèvres. Elle connaissait un regain d'énergie bienvenu, les derniers jours ayant été éprouvants.

- Minerva ? finit-elle par appeler.

- Dans la pièce au fond du couloir, répondit une voix fatiguée.

La rousse claqua des doigts et les deux corps disparurent. Elle agita négligemment le poignet, et les tâches de sang se dissipèrent. La pièce avait retrouvé un aspect normal et les deux fillettes pourraient la traverser sans crainte.

La sorcière gagna une petite chambre et couva du regard la petite brune et sa soeur blotties dans les bras de leur mère.

- Ca va aller ? demanda doucement l'ancienne reine.

- Ze savais que Mamaidh allait venir alors z'avais pas peur, répliqua fièrement Cassandra.

- Ben moi si, avoua sa soeur en se serrant plus fort dans le giron de l'Ecossaise. Surtout que la dame blonde elle aimait que Cassy et que la dame brune, ben elle faisait vraiment peur.

- C'est fini mon ange, murmura Minerva en embrassant tour à tour chacune des petites filles.

- Oui. Je vais vous ramener. Vous avez pris vos affaires ? s'enquit Aliénor.

- Je ne prends rien d'ici, marmonna Mary. Et comment tu vas nous ramener ?

- En transplanant. A moins que tu préfères prendre le métro, sourit l'ancienne Sage.

- Transplanaze, c'est un truc de sorcière ? interrogea candidement la petite blonde.

- C'est sûr, c'est une sorcière on te l'a déjà dit, grommela sa soeur en se levant, les sourcils froncés, pour se tenir face à l'ancienne reine. Mais moi je sais pas si je dois vous aimer ou pas parce que vous êtes gentille avec Rose mais pas avec mamaidh.

- Ta mamaidh et moi, c'était un long malentendu qui s'est réglé. Enfin, je parle pour moi. Et de toute façon, ne t'embête pas à m'aimer, je repars demain vaquer à mes occupations. Tu ne me reverras plus. Rassurée ?

- Je sais pas, fit la petite en croisant les bras d'un air bougon.

- Libre à toi de prendre le métro, fit Aliénor d'une voix mortellement sérieuse.

- Tout va bien ma puce, fit Minerva en écho avant de lui prendre la main. Même si nous ne sommes pas toujours d'accord ensemble Aliénor et moi, tu n'as pas à avoir peur. C'est la meilleure amie de maman et si elle a confiance, alors tu peux aussi.

Un craquement sonore se fit entendre et la rousse se tourna vivement, tirant son arme et donnant un coup instinctif. Un glapissement se fit entendre et Minerva soupira de soulagement. Hermione venait d'apparaitre et avait bloqué la lame de la reine entre deux doigts.

- Si j'avais voulu le faire exprès, j'aurais pas mieux réussi... déglutit la brune.

- Préviens avant d'arriver, gronda la Française en rangeant son épieu.

- Maman ! s'écrièrent les deux fillettes en allant se jeter dans les jambes de l'ancienne source.

- Comment vont mes chéries? fit la brune en les serrant contre elle.

Son regard se posa sur Minerva et se troubla.

- Quelqu'un peut m'expliquer ce que sont devenues les deux morues? ajouta- t-elle sérieusement.

- Je crois que la mieux placée est encore Miss McGonagall, fit l'ancienne reine.

Hermione laissa son regard aller entre les deux femmes, interrogative.

- En fait, Mary avait appelé, tu te souviens… je te l'ai dis quand… bref, j'ai considéré l'urgence de la situation et j'ai agi. J'ai contacté Viviane sur ton téléphone, elle m'a accordé de voir mes deux filles comme dernier souhait.

- Et ? insista la brune qui sentait une tension rétrospective s'installer en elle.

- J'avais pris l'arme de service de Rose.

Hermione resta de longues secondes sans réaction. Des images se formaient dans sa tête et elle finit par frissonner.

- Tu as fait quoi ? murmura-t-elle dangereusement avant de se retourner vers Aliénor. Tu peux les ramener ? demanda-t-elle en montrant ses filles du menton.

La rousse acquiesça et, posant ses mains sur une épaule de Mary et Cassandra, disparut dans un craquement sonore, emmenant les deux fillettes. Hermione se planta devant sa compagne et lui adressa un regard noir.

- Une mission suicide... Décidemment, tu m'auras tout fait. Je peux savoir ce qui t'est passé par la tête ? Tu aurais pu te faire tuer ! lâcha-t-elle froidement, la peur lui broyant l'estomac. Tu as beau être la femme la plus intelligente que je connaisse, par moment, tu es vraiment la plus stupide ! Tu croyais que j'allais réagir comment, à ton acte de bravoure ?

- Je pense que tu vas me passer le savon du siècle, me prouvant à quel point tu tiens à moi par l'ampleur de ta colère, et puis tu vas me serrer dans tes bras pour être sure que je vais bien.

La brune eut un petit sourire et plongea son regard dans les yeux verts qui l'observaient.

- Mouais... tu me connais bien. Autant passer directement à l'étreinte et m'économiser une engueulade.

Elle ouvrit largement les bras et les referma autour de sa compagne.

- Tu es folle... soupira-t-elle en caressant le dos de l'ancien l'animagus.

- C'est certain. Mais comme tu es Sage, ça compense, s'amusa Minerva en serrant sa compagne contre elle avant de la prendre par les épaules pour la regarder dans les yeux. Maintenant que ce problème est réglé de façon définitive, je veux que tu fasses quelque chose pour moi, fit-elle sérieusement.

- Tu m'inquiètes. De quoi s'agit-il ?

- Je veux qu'on se marie. Je veux que tout le monde sache que tu es la personne la plus importante dans ma vie, que mes enfants sont de toi, et que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger ma famille.

- Et que devient Pansy ? demanda calmement Hermione.

- Pansy est la femme de Rose.

Hermione ne détachait pas son regard de celui de Minerva.

- Je ne veux pas épiloguer là-dessus. Mais je vais le redire une dernière fois, pour ce que ça vaudra à tes yeux. Nous nous sommes laissées submerger par cette… vie qui s'est imposée à nous sans y être préparées. Cela n'a rien d'une excuse. C'est arrivé, je suis honteuse, et en colère contre moi, peut-être même plus que tu ne l'es. Quant à Pansy, je ne peux parler pour elle, mais je la connais. Elle est profondément attachée à Rose, et elle adore te mettre en colère. Mais il ne se passera plus jamais rien entre elle et moi.

- Comment vous croire… A la moindre occasion, je vous trouve dans les bras l'une de l'autre...

La brune secoua la tête, chassant ses sombres pensées.

- Je te laisse gérer cette situation, soupira Hermione. Mais j'ose espérer que je ne me prendrais plus de remarques sur la conception de Cassy...

- Cassandra est ma fille, comme Mary. Quant à la situation…

Minerva respira profondément.

- Je ne veux pas que tu aies des doutes, que tu craignes quelque chose à chaque fois que tu tournes le dos. Je ne veux pas de ces souvenirs. Ils ne sont pas à moi. Ils appartiennent à une femme qui vécut sur Avalon, longtemps avant ma naissance… une ancêtre en quelque sorte… Je parlerai à Rose et à Pansy, je saurai les convaincre de les abandonner aussi.

- Bon courage...

Minerva fronça les sourcils devant le manque flagrant d'enthousiasme de sa compagne.

- Mais peut-être que ce n'est pas ce que tu veux…

Son coeur se serra en prenant conscience que la brune avait peut-être déjà pris une autre décision. Elle laissa ses mains glisser le long des bras d'Hermione avant de la lâcher complètement.

- Je peux comprendre que tu ne veuilles plus être avec moi. C'est… après ce que j'ai fait à notre famille, c'est normal que tu souhaites la protéger, finit-elle en se redressant, assumant par avance le choix d'Hermione.

- Je disais bon courage, sous-entendu pour décrocher Pansy. Enfin, regarde-toi dans une glace, Min... Elle serait folle de te laisser partir sans se battre. En tout cas, si c'était moi, je me battrais de toutes mes forces pour te garder.

- Alors fais-le !

- Je lui ai mis mon poing dans la tronche et j'ai eu l'impression que t'avais pas apprécié ! grommela Hermione avec mauvaise foi.

- Ca m'a fait mal aussi ... parce que je le méritais autant qu'elle...

La brune regarda l'Ecossaise pensivement avant d'afficher un léger sourire.

- Tu le vois comment, ce mariage ? finit-elle par le demander. Et je suppose que tu voudras annoncer la bonne nouvelle à tout le monde en rentrant chez Millicent ?

Minerva se détendit et offrit à son tour un sourire confiant à la brune.

- On l'organisera ensemble ce mariage, et on l'annonce toutes les deux, fit-elle en lui tendant la main.


140 ans plus tard

La femme s'allongea sur un plaid étendu sur l'herbe verte. Elle s'installa confortablement, ôtant ses chaussures, repliant ses pieds sous elle. La chaleur de l'été réchauffait son cou dénudé par ses cheveux auburn relevés en une queue lâche. Elle sortit un livre de son sac et se plongea dans les premières pages, un fin sourire étirant ses lèvres. Toujours le même rituel, année après année. Elle passerait une heure à lire, pas une minute de plus, puis rangerait ses affaires pour aller déjeuner dans le restaurant situé juste en face de Green Park. A la fin de son repas, elle fumerait une cigarette, la seule qu'elle s'accordait en 365 jours, pour accompagner son café. Pour finir, elle se dirigerait vers la station de métro la plus proche. Cette parenthèse se finirait quand les portes du tube se refermeraient sur elle, et elle reprendrait sa vie là où elle l'avait laissé deux heures plus tôt. Jusqu'à l'année suivante.

Cela faisait maintenant 70 ans que ce cérémonial perdurait. Et la femme se demandait s'il aurait un jour une fin. Chaque année, elle y croyait. L'excitation de la préparation, l'attente qui la faisait vibrer de tout son être, l'espoir de voir apparaître sa silhouette, la voir s'approcher de sa démarche un peu gauche, le souvenir de son sourire timide illuminant son visage, le son de sa voix qui n'était plus qu'un écho lointain. Puis la déception en repliant son plaid qui semblait déchirer son coeur. Mais la raison finissait par reprendre le dessus. Elle n'avait jamais été femme à se laisser submerger par ses émotions. Elle s'y autorisait seulement deux heures par an, dans ce quartier si particulier de Londres.

Elle glissa un ticket de métro entre les pages de son livre et le referma. Elle dégagea une mèche rebelle de son front et soupira. Depuis combien de temps ne l'avait-elle pas revue ? Elle sentit une bouffée d'angoisse la saisir et lui comprimer la gorge. Et si elle ne la reconnaissait pas ? Elle ferma les yeux et fouilla dans sa mémoire jusqu'à ce que son visage émerge de ses souvenirs. Rassurée, elle reprit son livre et, avant d'entamer un nouveau chapitre, regarda sa montre. Encore trois quart d'heures à attendre et elle serait fixée.

Les phrases s'enchaînaient, les pages défilaient, l'histoire se déroulait et l'heure tournait. Mais sa vie, elle, s'était tout bonnement arrêtée. L'idée de partir se fit ressentir, pressente, douloureuse, mais elle se raisonna. Encore dix petites minutes. Tout son être lui criait que c'était peine perdue, qu'elle ferait mieux d'abandonner, que c'était du masochisme, mais elle voulait y croire.

Elle se forçait à se concentrer sur les mots, sur les sentiments des héros de son roman alors que son esprit vagabondait, se remémorant une de leur dernière conversation.

Elles étaient allongées, toutes les deux, à quelques rues d'ici. Le sort qu'elles avaient lancé les avait meurtris. Elles étaient immobiles, incapable de se mouvoir. Toute la magie existante s'était déchaînée sur elles, pénétrant leur corps, leur esprit, et elles avaient bien cru perdre la raison. Mais finalement, comme elle l'avait prédit, elles avaient survécu.

Incapable de parler, elles s'étaient contentées d'un simple regard et leurs deux sources de magie avaient communiqué. Elles étaient maintenant les deux seules sorcières au monde et une parfaite compréhension s'était installée entre elles. Jamais elles ne remettraient les Conseils, les cristaux en place. Le monde serait moldu, ou ne serait pas. Elles seraient spectatrices et non plus actrices pour les générations à venir, jusqu'à la fin des temps. Leurs âmes étaient maintenant liées dans ce secret.

Trois années plus tard, elles s'étaient retrouvées pour mettre un terme définitif à la guerre qui les avait unis. Et alors que Vivianne avait rendu son dernier souffle, elles s'étaient à nouveau séparées. Elle savait que l'autre ne pouvait pas parcourir le monde en sa compagnie. Elle avait une existence à vivre, une histoire à poursuivre jusqu'à son terme, une famille qui la retenait en Angleterre. Mais avant de partir, la rousse avait émis une supplique. Quand la brune se sentirait prête, que la page serait enfin tournée, qu'elle vienne la rejoindre là où tout s'était achevé. Là où tout avait commencé, songea-t-elle.

Cela faisait maintenant 80 ans que l'autre était veuve. La rousse avait laissé passer une décennie, le temps que le deuil se fasse et que la brune se reconstruise. Depuis, elle venait, inlassablement, tous les ans.

Un enfant courut près d'elle, envoyant un peu de terre fraîche sur les pages de son livre.

- On va manger ? J'ai faim ! criait-il gaiment.

- Crétin de gamin, siffla-t-elle dans sa langue natale en époussetant les pages.

Un ombre vint obscurcir les lignes de son roman et elle grimaça en songeant que les parents du chenapan l'avaient entendue exprimer son mécontentement.

- Toujours aussi patiente avec les enfants, Aliénor... murmura une voix amusée.

Cette voix semblait sortir de ses songes. Elle la fit frissonner au plus profond d'elle-même. Son coeur s'emballa et elle n'osait lever les yeux de peur de se réveiller d'un rêve. Elle sentit un mouvement près d'elle et une main chaude se posa délicatement sous son menton pour lui relever lentement la tête. Leurs yeux se rencontrèrent et Aliénor se perdit dans la contemplation des pupilles noisette. Tout le monde s'accordait à dire que le regard était le miroir de l'âme. C'était encore plus criant chez Hermione que chez n'importe quelle autre personne. Cette fenêtre donnait sur l'histoire millénaire de l'humanité, sur les grandeurs de l'être humain et ses pires bassesses, sur des savoirs disparus ou à venir. Le regard de la brune dévoilait une palette d'émotions et ce qu'Aliénor y lisait lui plaisait. Lui avait toujours plu.

- Désolée de t'avoir fait attendre... poursuivit doucement Hermione.

- Soixante-dix ans de retard, se reprit la Française, affichant une moue faussement blasée. Tu n'as jamais été très ponctuelle.

La brune eut un franc sourire et sa main glissa pour se poser sur la joue de l'ancienne reine qui profita de la chaleur de ce contact.

- Qu'est-ce qui t'a décidée à venir ? s'enquit Aliénor.

- Hmmm... voyons... réfléchit Hermione, toujours accroupie devant son ancienne Conseillère, sa main de libre posée négligemment sur son genou.

Elle se releva brusquement, attrapant la main de l'enchanteresse pour l'entraîner avec elle. Une fois debout, les bras de la brune enserrèrent la Française pour la coller contre elle.

- Toi... murmura la Source en approchant ses lèvres de celles d'Aliénor. J'ai... dû faire mon deuil. Ce fut long pour toi et j'en suis vraiment désolée.

- Ce n'est pas comme si nous n'avions pas l'éternité devant nous, souffla la rousse avec un léger sourire.

Hermione se pencha et embrassa délicatement la femme qu'elle tenait dans ses bras. Les deux sorcières sentirent leur magie s'activer pour bouillonner en elles. Leurs sources de pouvoir se retrouvaient enfin. Aliénor s'abandonna dans l'étreinte, se délectant de la sensation de ce baiser dont elle avait tant rêvé.

Elles trouvèrent leur rythme, doux au début, chargé d'émotions trop longtemps contenues, puis passionné. Les mains de la brune caressèrent les joues de l'enchanteresse pour ensuite aller se perdre dans la chevelure auburn.

Elles restèrent un long moment à s'embrasser, debout au milieu de la pelouse, jusqu'à ce que la brune grogne. Elle baissa les yeux et son regard s'adoucit en remarquant qu'une petite fille, blonde comme les blés, les avait bousculés par inadvertance en trébuchant, ayant raté son tir dans son ballon.

- Pardon Madame, s'excusa-t-elle, la gêne se lisant dans ses grands yeux bleus, avant de s'éloigner en courant.

Hermione sourit et reporta son attention sur Aliénor.

- Ca valait la peine d'attendre, chuchota l'ancienne Sage.

- Et si nous allions poursuivre dans un endroit plus... intime ?

La Française acquiesça et, nouant ses doigts à ceux de la brune, elle ramassa son sac et quitta le parc en y abandonnant son plaid. Dorénavant, elle n'en aurait plus besoin.

La petite fille regarda les deux femmes s'éloigner main dans la main. Son amie, une fillette aux cheveux noirs, vint la rejoindre, sa poupée fermement serrée dans ses bras.

- Tu crois qu'elles sont amoureuses ? demanda-t-elle.

- J'pense… répondit la blonde.

Elle grimaça en regardant son coude éraflé. Elle le frotta machinalement et hoqueta de stupeur en remarquant des petites étincelles bleuess'échapper de ses doigts. Sa blessure se guérit aussitôt sous ses yeux ébahis et elle regarda autour d'elle, apeurée. Elle soupira de soulagement en constatant que personne, mise à part sa camarade de jeu, n'avait fait attention à elle.

- Wha… c'était de la magie ? demanda la fille aux cheveux noirs.

- Je… je sais pas… balbutia la fillette. C'est pas possible…

- Ca existe vraiment ?

- Chut… murmura la blonde. Je sais pas… les adultes pensent que non, mais ça… c'est…

- Juste magique. Wha ! C'est trop cool ! T'es une magicienne ! Et tu fais ça depuis longtemps ?

- Non, c'est la première fois... J'ai bousculé la dame brune, ça m'a chatouillé et ensuite, j'ai fait ça. J'en parlerai à ma maman ce soir.

- Non, surtout pas ! Tu l'as dit, les grands y croient pas, rétorqua l'autre gamine. On va dire à personne, ça va être notre secret juste à nous deux. Et tu ressaieras de faire des trucs quand on sera toutes seules, voir si tu es vraiment magique.

La blonde acquiesça, ramassa son ballon et sourit, heureuse de détenir un secret avec sa copine. Ses livres de conte avaient raison. La magie existait vraiment et elle était peut-être une sorcière. Mais gentille et jolie !

- Si tu as des pouvoirs, tu seras comme une fée, reprit la plus petite. Tu vas en faire quoi ?

- Si je peux vraiment faire de la magie, je ferai apparaître une montagne de glace au chocolat, assura la blonde avec un regard gourmand.

- VIVIANNE ! MORGANE ! On rentre ! C'est l'heure de manger ! les appela une nourrice, au loin.

- Une montagne de glace ? Pfff… fit Morgane en lui donnant un coup de coude. Alors qu'on pourrait faire plein d'autres choses.

- Comme quoi ? demanda Vivianne, qui se demandait ce qui pouvait être mieux que de la crème glacée.

- Embêter les garçons à l'école pendant la récré ? proposa la fille aux cheveux noirs. J'aime pas quand ils essaient de regarder sous nos jupes.

Les deux fillettes échangèrent un regard et partagèrent un sourire entendu. Puis, l'une et l'autre serrant leur jouet contre elle, retournèrent voir la femme qui les gardait. Morgane se forçait à paraître calme alors qu'elle bouillait de l'intérieur. Sa meilleure amie avait des pouvoirs magiques. Et elle savait comment les exploiter.

« Ca, c'est géant ! Toutes les deux, on va bien s'amuser ! Elle et moi, c'est pour la vie ! » se promit-elle.


Et voilà ! Les toutes dernières lignes des aventures d'Hermione ! (et de Pansy, et de Rose, et de Minerva, et d'Aliénor, et de… -)

Nous allons faire une pause dans la publication car Link9 va connaître les joies de la maternité d'ici un mois !

Sinon, nous publierons encore de temps à autre sur l'univers Harry Potter (nous avons deux / trois histoires à finir dans les tiroirs) mais nous allons nous consacrer à Once Upon A Time !

Donc, après près de six ans de publication quotidienne, nous vous remercions de nous avoir suivies et on vous dit à très bientôt ! Affichez-nous dans vos favoris pour les futurs lecteurs, et gardez-nous dans vos suivis !

Bisous,

Sygui et Link9