JEU
La bête s'était précipité sur moi. hargneuse et je souriais en me délectant de ses pensées haineuses.
Saleté de sangsue ! Grogna-t-il en montrant les dents. Je vais te tuer une bonne fois pour toute, effacer ton souvenir de l'esprit de Bella !
Un rire sombre s'échappa de mes lèvres à l'instant même ou son corps puant me percuta. Bien sur, je l'avais vu arriver, mais je voulais tellement qu'il se croit fort, je voulais tellement entendre ses pensées victorieuses avant de lui faire comprendre qu'il ne pouvait rien contre moi. Je le laissais donc me repousser en faisant claquer ses mâchoires malodorantes avant de reprendre mon équilibre pour esquiver sa prochaine attaque. Les dix minutes qui suivirent ne furent que ça, je dansais autour de lui en riant de sa bêtise et de son irritation.
- Alors le clébard, je pensais que tu allais me tuer ? Me moquais-je. Pas aussi facile que d'abattre tes sales griffes sur une pauvre fille sans défense, n'est-ce pas ?
Il s'immobilisa brusquement. Culpabilité. Pas besoin d'être le dieu de la guerre pour savoir qu'il s'était brusquement noyé dans cette émotion. La scène de l'incident repassait en boucle dans son esprit et je poussais un rugissement haineux en réalisant que cette garce d'Isabella avait voulut laisser le corps de Johanne au sol, blessé, comme si elle n'était rien. Après avoir suffisamment manipulé le chien pour provoquer sa colère, elle avait osé le félicité de l'aimer autant.
Juste écœurant.
- Je vois que la garce peut te faire faire tout ce qu'elle veut ! Grognais-je avant de lui asséner un coup de pied sur le flan droit
Il glapit dans la douleur et un sourire réapparut aussitôt sur mes lèvres. J'aimais le voir souffrir, j'aimais le voir subir cette torture. Bien que je le haïssais de toutes les fibres de mon corps, je ne pouvais pas faire abstraction du fait qu'Isabella avait été derrière tout ça, cette garce savait quoi faire pour lui faire perdre la tête.
Grand dieu, comment avais-je pu être stupide au point de laisser mon humanité s'amouracher d'une manipulatrice ?
Le corps du chien était toujours au sol, il ne parvenait visiblement pas à se relever, il rampait péniblement dans une marre de sang. En secouant la tête, un peu déçu de constater que le combat été déjà terminé, j'avançais lentement vers lui, prêt à vérifier ma théorie.
- Ne fais pas ça ! Hurla le lutin qui se tenait derrière moi avec le reste de la... famille ?
Famille... en y pensant ce terme était plutôt amusant. Sans me retourner, je continuais mon chemin jusqu'à la misérable carcasse rampant au sol et l'attrapa par le cou comme s'il s'agissait d'un chat.
Qui a-t-il de pire pour un chien que d'être traité comme un vulgaire chaton ? Me demandais-je en souriant plus largement. Je baissais la tête pour atteindre ses yeux, cette chose avait tout juste la force d'éviter mon regard. Encore une fois, pathétique.
- C'est déjà terminé, jeune chiot ? Riais-je sombrement. Rassure-toi, je ne vais pas te tuer maintenant, pas avant d'avoir fait cette expérience dont je t'ai parlé. Alors, dis-moi. Penses-tu que tes membres vont repousser ?
Il poussa un grognement plaintif qui ne pouvait inspirer que la pitié. Il fut cependant regrettable qu'à cet instant, il ne s'adressait malheureusement pas à la bonne partie de mon esprit. Ce qui inspirait la pitié à mon humanité ne provoquait que mon amusement, oui, sa souffrance était amusante. Ce chien dégouttant avait une grande gueule et... et bien c'est tout ce qu'il avait.
J'agrippais l'une de ses pattes avant avec force et je serrais de sorte que je pouvais sentir tous ses os se briser sous la pression, ainsi que la chaire broyer entre mes doigts et j'eus même le plaisir de reconnaître le son d'un tendon se déchirant.
Délicieux.
Évidemment, il hurla à la mort. Évidemment, j'entendis les pathétiques pensées des spectateurs derrière moi. Évidemment, cela ne fit que nourrir mon plaisir
Edward, mec arrête ! Il a comprit sa leçon maintenant, s'il te plaît, c'est de la torture ! Me supplia la montagne de muscle
Arrête ! Quel genre de monstre es-tu Edward ? Arrête ça tout de suite ! M'ordonna la petite chose
Quand aux pensées du dieu de la guerre, elles étaient étranges, en fait, il ne pensait pas réellement. Son esprit était concentré sur la scène devant lui, c'est la seule chose que je pouvais voir et je fus plus que ravi de constater qu'il était non seulement satisfait par ce qu'il voyait, mais aussi amusé.
En haussant les épaules, je continuais lentement à presser la patte de la chose puante que je tenais toujours fermement par le cou puis lorsque celle-ci eut prit une forme tout sauf normale, je tirais légèrement, prêt à la lui arracher sans vergogne.
Et c'est à ce moment là que l'animal reprit forme humaine. Je roulais des yeux en secouant la tête, un peu ennuyé, mais toujours décidé à poursuivre le jeu. Je continuais donc le geste sur son bras cette fois, mais la petite voyante décida brusquement de me sauter dessus.
J'aurais sans doute ris si elle ne m'avait pas dérangé au milieu de mon jeu. Elle s'était accroché à mon dos en maintenant fermement ses petites mains d'enfants autour de mon cou.
- Lâche-le Edward ! M'ordonna-t-elle en hurlant
Je riais, cette petite fille était folle.
Son mari paniqua brusquement et entreprit de la faire lâcher prise alors que moi je n'avais pas bougé d'un pouce, attendant que sa crise se termine.
- Alice, arrête ça ! Grogna-t-il. Viens ici
Mais la petite chose sur mon dos ne voulait pas lâcher prise. Tant pis, pensais-je en haussant les épaules. Je relâchais le chien qui s'écroula au sol comme la merde qu'il était et empoigna violemment les cheveux de la voyante en tirant aussi fort que possible. Elle lâcha enfin sa prise et je projetais son corps qui s'écrasa contre un arbre à quelques mètres devant moi. Durant une seconde, je fus sur que son cher mari allait m'attaquer, mais au lieu de ça, il passa devant moi pour aller jusqu'à elle et la gifla brutalement.
- Ne te remets pas en danger de la sorte ! Rugit-il hors de lui. Je t'ai dis de le laisser, je t'ai dis de rester à l'écart !
- Je...
Elle s'arrêta visiblement choqué par la réaction de son mari, il est vrai qu'en plus de soixante ans de vie commune, il n'avait jamais levé la main sur elle, du moins, elle n'avait encore jamais mérité un tel traitement jusqu'ici.
- Si le chien t'avait attaqué toi, j'en aurais fait autant, Alice. Si tu penses qu'il est un monstre, alors je crois que tu n'es pas bien consciente de mon identité !
Elle se tut et baissa la tête dans la honte. Il est vrai qu'oser me traiter de monstre alors qu'elle était marié avec le roi des enfers, c'était plutôt risible. J'avais à plusieurs reprises pu pénétrer les souvenirs de Jasper lorsque celui-ci était nostalgique et je dois dire qu'il battait des records. Il avait tout fait, les tueries bien sur, mais aussi le viol, la torture physique et psychologique. Humain ou vampire, il avait vraiment tout expérimenté. Tout... sauf peut-être la chose à mes pieds.
En pensant ainsi à lui, je devais bien m'avouer que dans ce domaine, Jasper était un maître et je pris alors la réelle mesure de ce ridicule surnom qui avait fait sa légende. Le dieu de la guerre. Quoi que souverain de la torture aurait été plus adapté à ce qu'il était vraiment.
Les gémissements de ma victime attirèrent mon attention, il était sur le dos, la bouche ouverte, il essayait tant bien que mal de reprendre son souffle. Je baladais mon regard jusqu'à son bras, les dégâts était digne d'un film d'horreur, son poignée était littéralement aplatit, si ça avait été possible, j'en aurais pleuré de rire.
S'il n'avait pas pué autant, je me serais certainement délecté d'une partie du sang qui coulait des plaies béantes, mais j'étais sur que s'il pouvait être aussi désagréable pour mon nez, ma langue tomberait forcement si j'osais le goutter.
- Allons, reprenons où nous en étions, ricanais-je
Je me baissais devant lui en élargissant mon sourire avant de me laisser à nouveau envahir par la colère, la laissant s'infiltrer en moi tel un doux poison au goût amer. Repassant en boucle la scène qu'il m'avait offert un peu plus tôt dans son esprit, me remémorant à quel point il avait été assez stupide pour laisser cette chienne de Bella le manipuler de la sorte. Une partie de moi avait beau l'avoir aimé, jamais au grand jamais, je ne l'aurais laissé me manipuler de cette façon. La réaction de Jacob avait été impitoyable, il se s'était posé aucune question, se contentant des paroles du démon qu'il aimait tant.
D'un geste rapide, j'attrapais le bras de la merde allongé devant moi et je tirais d'un coup sec, puis je m'immobilisais pour scruter mon œuvre.
Le sang giclait abondamment de la plaie, la bras avait été arraché à partir de l'épaule marquant une ligne imparfaite et il ne tenait plus que grâce à un ridicule morceau de peau. Ses hurlement d'agonie était une musique à mes oreilles, mais furent gâchés lorsque les cris de la petite voyante se firent entendre illustrant l'horreur de ses pensées.
Et puis brusquement, une odeur familière emplit mon esprit et je tournais la tête pour voir un vampire blond tenant une humaine en essayant de lui éviter de s'écrouler. Elle me regardait fixement tendit que je tentais de remettre son visage, de chercher son nom. Si familière et pourtant inconnue.
Edward, songea-t-elle les yeux rivés dans les miens. Edward, s'il te plaît, j'ai besoin de toi
Je secouais violemment la tête pour tenter de l'empêcher d'user de cet étrange pouvoir qu'elle paraissait avoir sur moi. En poussant un rugissement, je bondissais sur mes pieds et je m'avançais vers elle avec la ferme intention de la faire disparaître. Qui était-elle ? Qui était-elle pour oser prendre ma colère ?
Le vampire blond recula en entraînant l'humaine avec lui et je rugissais plus fort.
- Tu risque de lui faire du mal, Edward, me prévint-il. Recule s'il te plaît.
- Je vais bien, murmura l'humaine. Laissez-le
Je ne laissais pas au vampire le temps de l'éloigner d'avantage, en bondissant devant lui, j'arrachais l'humaine à ses bras et me baissais pour la mordre.
Mais quelque chose m'en empêcha. Alors au lieu de la mordre, je passais mon nez sur son cou pour inhaler son odeur, émerveillé par ce qu'elle me faisait ressentir.
- Mienne ! Grognais-je contre sa peau
Je reculais brusquement, pressé d'obtenir un contact avec ses yeux, mais à la seconde ou je la lâchais, elle s'écroula littéralement. Je rattrapais son corps avant que celui-ci ne tombe au sol et fus horrifié de constater qu'elle était à moitié inconsciente.
Et puis la réalité s'imposa à moi. Johanne. Elle est à moi. Elle est malade. Elle ne devrait pas être là
- Pourquoi l'avoir amené ici ? Hurlais-je en me tournant vers Carlisle qui s'était empressé de prendre soin de ma victime
Il ne répondit pas de suite, bien trop occupé à essayer de calmer la douleur du parasite à ses pieds.
- Elle voulait, répondit-il dans un murmure. Elle m'a dit qu'elle devait te voir
- Et tu as été assez stupide pour lui dire oui ? Sifflais-je décontenancé
- Je ne savais pas quoi faire, Edward ! S'emporta-t-il à son tour. Je ne savais pas quoi faire pour récupérer mon fils !
Je serrais les dents en essayant de ne pas me laisser gagner de nouveau par la colère, pas avec elle dans mes bras et je me redressais pour quitter les lieux au plus vite.
- Ce n'est pas fini, Jacob Black, promis-je froid et menaçant avant de me détourner
J'avais besoin de calme, sans toutes leurs pensées inutiles. Ma compagne était en train de mourir et celui qui se prétendait mon père, qui se prétendait médecin avait osé l'amener ici. Je dû prendre plusieurs longues inspirations pour me retenir de retourner pour le déchirer membre par membre.
Mais au lieu de ça, je continuais à marcher en me remémorant qu'une petite maison abandonné était disponible à quelques kilomètres au sud.
J'ai mal, se plaignit Johanne les yeux clos
- Ne t'inquiète pas, ma compagne. Bientôt, tu n'auras plus jamais mal, lui promis-je en la serrant plus étroitement. Je vais te transformer et tu seras à moi pour toujours
- Quoi ? Souffla-t-elle difficilement
- Tu es à moi ! Grognais-je. J'ai compris maintenant. Tu es à moi et que tu le veuille ou non, je vais te transformer
Dans son esprit une multitude de questions fusèrent, la plupart de ses pensées se reportant encore et encore à la même crainte.
Comment vais-je supporter une éternité toute seule ?
Je poussais un autre grognement en réponse, elle ne comprenait pas et cela m'irritait au plus au point. J'avais beau m'être calmé, du moins, elle avait beau m'avoir calmé, cela ne voulait pas dire que j'étais revenu à la normale. Je n'en avais pas fini avec la créature immonde que j'avais laissé avec Carlisle et je savais qu'il ne me faudrait pas grand chose pour laisser à nouveau ma bête reprendre le contrôle, d'ailleurs, elle n'avait pas totalement disparut, loin de là.
- Tu resteras éternellement avec moi, expliquais-je
Pourquoi ?
Pourquoi ? Parce que le destin en a décidé ainsi, voilà pourquoi ! Pensais-je en ravalant mon rugissement.
- Tu es à moi, tu m'appartiens, me contentais-je de répondre
