Un grand merci à Pulcotinette pour la correction.

Merci pour vos com's, ils me font plaisir et m'encouragent à écrire.


Chapitre 10

Tom Riddle Junior avait quitté sa maîtresse à la seconde où il avait repris son souffle. Sans dire un mot, il s'était levé, avait rangé son paquet, puis fermé sa braguette. Il avait abandonné une Pansy nue et étendue sur son plancher sans aucun remord. Ayant eu ce qu'il était venu chercher et ne voyant donc pas l'utilité de s'attarder plus que de raison avec elle, Tom avait franchi la porte et dévalé les escaliers comme s'il avait le diable aux trousses.

Comment cela était-il possible ? ne pouvait-il s'arrêter de se demander en s'éloignant de l'appartement de la jeune femme. Pourquoi avait-il pensé à cet abruti de Potter au moment de jouir ? Et quelle jouissance cela avait été ! Il s'était perdu quelques instants dans ses souvenirs de ce moment formidable. Non, mais à quoi il pensait, lui ! S'était énervé Tom devant la pensée parasite.

Mais qu'avait Potter de si particulier pour que lui, Tom Riddle Junior, le séducteur de ces Dames, en vienne à éprouver du désir pour lui ? Tom ne pouvait plus se mentir à ce sujet : il avait bel et bien envie d'embrasser le jeune homme à corps perdu et de le pousser sur la première surface venue pour lui faire des choses dont il ne se serait jamais cru capable. Tom était monté dans sa voiture et avait pris la direction du manoir de ses parents ; mais, sur le chemin du retour, il avait eu une idée. Il devait savoir s'il était devenu complètement gay en quelques jours, ou si cette folie soudaine ne provenait que de son catastrophique petit nain de jardin.

Il avait donc fait demi-tour et pris la direction de Soho, l'un des deux quartiers gays de Londres. Après avoir tourné une quinzaine de minutes sur les lieux, Tom s'était arrêté devant un bar du nom de Freedom Bar. Riddle avait pris une grande inspiration et était entré dans l'établissement. Il s'était difficilement trouvé une place sur le comptoir du bar bondé de monde, avait commandé un verre au charmant barman qui était vêtu d'un simple boxer noir avec une ouverture sur le devant par trois boutons blancs, d'un nœud papillon noir, d'une chemise blanche ouverte sur son torse plutôt attrayant et d'une paire de manchettes blanches avec des boutons noirs.

Tom avait regardé l'homme sous toutes les coutures. Le barman était très beau, plus beau que cette saleté de Potter. Il était blond, avait de magnifiques yeux gris et une bouche aux lèvres pleines et bien roses, ainsi qu'un corps parfaitement musclé et aux abdos saillants. Le barman avait, à peu près, la même taille que le nain de jardin, et le même âge. Il avait aussi l'air d'être plus conciliant que Potter : le jeune homme souriait continuellement. Tom n'avait absolument rien éprouvé en l'observant, pas la moindre excitation ou stimulation. C'était comme regarder une pub sans aucun intérêt.

Il s'était alors dit que, peut-être, il lui fallait un contact physique avec le barman pour qu'il puisse éprouver quelque chose. Avant que cet abruti fini de Potter ne lui fasse son numéro de charme, il n'avait jamais éprouvé ce genre de truc bizarre vis-à-vis de lui ... Tom en avait donc déduit qu'il fallait une proximité physique entre lui et le barman. Ce n'était pas que Tom désirait ce contact, mais il lui fallait réunir les mêmes conditions qu'avec le nain de jardin pour espérer obtenir le même résultat.

Il avait donc joué de son charme auprès du jeune homme. Avec sa longue expérience auprès des femmes, Tom avait eu un peu de mal à s'adapter, mais il avait fini par le séduire. Le PDG avait attendu que l'employé finisse son travail, refusant de nombreuses invitations en attendant son rendez-vous. Il avait été flatté par ces demandes : étant égocentrique et fier de son physique, savoir qu'il avait autant de succès avec les hommes qu'avec les femmes ne faisait que renforcer un peu plus son ego surdimensionné.

Quand le jeune barman avait enfin eu fini son service, il était quatre heures du matin. Tom avait proposé au jeune homme dont il ignorait toujours le nom, ne voyant pas l'intérêt de le connaître, de se rendre chez lui. Celui-ci avait accepté sans hésitation. Les deux hommes étaient montés dans la voiture de Tom et s'étaient rendus dans son appartement ; en descendant du véhicule, le jeune homme avait pris la main de Tom dans la sienne, avant de pénétrer dans le bâtiment. Tom, qui était plongé dans ses pensées, n'avait pas remarqué le geste. En passant devant la loge du gardien, ce dernier avait été surpris de voir le PDG arriver avec un homme à son bras, mais il avait pourtant fait comme si c'était habituel et avait souhaité une bonne fin de soirée à Tom et son invité.

Arrivé dans son logement, Tom avait proposé à boire à son hôte. Celui-ci avait décliné l'offre et avait, sans préambule ni aucun embarras, commencé à enlever ses habits. Tom avait eu des sueurs froides en constatant ce que le jeune homme faisait ; pourtant le barman s'était dévêtu d'une façon sensuelle et langoureuse. Ses gestes avaient été plus expérimentés que ceux qu'avait eus le nain de jardin ; cependant, à cette vue, Tom n'avait pas du tout ressenti l'envie de voir la fin du strip-tease, comme il l'avait eu avec Potter. Loin de là, le jeune PDG était mal à l'aise d'assister à cela.

Il avait même éprouvé un peu de gêne à regarder le déshabillage du jeune homme. Tom avait fait un pas en arrière alors que son invité avait fini son show et s'était avancé vers lui. Il avait même été pris de panique en voyant l'effet qu'il faisait à ce dernier .... Plus le jeune barman s'était avancé, plus Tom s'était reculé. Il avait fini par se retrouver coincé entre le mur et son assaillant, qui n'avait pas remarqué le changement d'attitude de Tom. Effectivement, entre le moment où Tom l'avait dragué dans le bar et l'entrée dans son appartement, Riddle était devenu plus réservé et moins charmeur.

Il avait pris le recul de Tom pour un jeu ; c'était pour cela qu'il s'était mis sur la pointe des pieds et avait déposé ses lèvres sur les siennes. La réaction de Tom ne s'était pas faite attendre : il avait poussé avec violence le pauvre homme à plusieurs mètres de lui, puis s'était laissé glisser au sol en essayant de reprendre son souffle, qu'il avait momentanément perdu. Son coeur battait la chamade. Putain ! C'était quoi son problème ? Pourquoi avait-il réagit aussi violemment ? Il avait pourtant laissé le minus l'embrasser sans que cela ne lui pose de problème... Alors pourquoi ressentait-il ce dégoût et cette crainte envahissante à la seule idée qu'un autre homme puisse l'embrasser ?

Le PDG avait porté sa main à sa bouche et avait essuyé ses lèvres avec force. Son regard était dirigé vers la forme gémissante du jeune homme : Tom regardait son invité comme s'il s'était agi d'une bête féroce qu'il fallait à tout prix éviter, au risque de se faire mettre en pièces. Tout en fixant l'homme au sol, Tom s'était fait la réflexion qu'il avait eu la même réaction quand Nott avait fait mine de lui donner un baiser. Que devait-il déduire de cela ? Que seul son nain de jardin arrivait à lui faire de l'effet ? Qu'il ne virait pas gay, comme il en avait eu peur toute la nuit ? Que peut être, ce qu'il avait éprouvé avec Potter n'était rien d'autre qu'une réaction due à la forte présence d'alcool dans son sang ?

_Non, mais tu es un grand malade, mec ! C'est quoi ton problème au juste ? Tu veux la bagarre ? Je te préviens, j'ai beau être petit et mince, je reste toutefois un très bon combattant. Avait dit le jeune barman en se relevant comme un ressort. Il avait pris une position défensive en regardant Tom méchamment. Ce dernier n'avait rien dit devant cet éclat justifié.

Pour tout dire, Tom avait la bizarre impression de se retrouver devant son teigneux Potter, ce qui l'avait fait sourire et lui avait donné l'envie incongrue de le voir dans l'instant. À cette pensée, Tom avait secoué la tête afin de se remettre les idées en place. Les deux hommes s'étaient observés pendant trois minutes dans le silence, puis, voyant que Tom ne faisait pas de geste agressif envers lui, le barman avait estimé être en sécurité. Il avait donc ramassé ses habits et les avait remis. Il avait fait mine de partir, mais s'était retenu à la dernière minute. Ta curiosité te perdra mon vieux, s'était-il dit en son for intérieur.

_Sérieusement mec, c'est quoi le problème ? Avait-il demandé, après avoir pris place sur un canapé. Tu peux tout me dire, tu sais. Mon métier a fait que j'ai fini par développer une oreille très attentive, je suis très bon pour écouter les problèmes des gens. Parfois, il suffit simplement d'en parler et le souci est résolu ! Vois-moi comme une sorte psy, mais gratuit.

_Tu ne peux pas comprendre ce que je vis en ce moment. Avait dit Tom d'une voix fatiguée.

_C'est ce que la plupart de mes clients disent avant de se mettre à table. Donc, dis toujours, et on verra si je peux ou pas te conseiller ! Avait dit le barman d'une voix sereine. Et ne t'en fais pas, je sais garder un secret. Si tu savais le nombre de choses que mes clients me disent ... Si je veux devenir riche un jour, je n'ai qu'à écrire un livre sur leur confidence. Avait-il ajouté en voyant les doutes de Tom sur son visage.

Tom avait pesé le pour et le contre et s'était dit qu'il n'avait rien à perdre. Et en plus, comme il ne pouvait pas parler de son petit problème à ses soi-disant amis au risque de se faire charrier, le barman tombait à pic. Tom s'était rendu compte qu'il devait parler à quelqu'un de ce qui lui arrivait, sans quoi il allait devenir complètement fou. Il avait donc pris la sage décision de se mettre à table comme l'avait si bien dit le barman.

_Alors, toute cette histoire a commencé avec mes parents…

Et pendant trente minutes, Tom avait raconté au barman comment le désir de ses parents de le voir marié et père l'avait obligé à leur faire croire qu'il était gay. Riddle avait retracé sa rencontre explosive avec Harry (en négligeant de dire son nom de famille) jusqu'à la soirée qui avait chamboulé sa petite vie tranquille de Casanova de ces dames.

_Si j'ai bien compris, tu as fait croire à tout ton entourage que tu étais gay alors que c'est faux ? Tom hocha la tête pour signaler au barman qu'il avait bien saisi.

_Par un affreux chantage, tu as ensuite obligé un jeune homme qui avait eu la gentillesse de te recueillir chez lui alors que tu étais complètement bourré, à jouer le rôle de ton petit ami. C'est bien ça ?

_Oui, mais Harry n'est en rien un jeune homme gentil. Il m'a défiguré à coups de poing et m'a obligé à dormir sur un minuscule canapé. Ce qu'il m'oblige encore à faire ! Et je te signale que j'ai épongé ses dettes. Avait dit Tom sur la défensive.

_Oui, oui ! Mais ce n'est pas le plus important je crois bien.

_Moi, je trouve que c'est important ! C'est inhumain de me faire dormir sur ce ridicule sofa avec ma grande taille ! C'est inconfortable et je me lève tous les matins courbatu de partout. Et en plus, il a failli faire de moi un laideron. Tu imagines, moi, Tom Riddle, élu six fois l'homme le plus sexy du pays, défiguré à jamais par une vulgaire demi-portion !

_Oh oui, j'imagine la grande perte que cela représenterait pour la nation entière si cela devait arriver un jour ! Avait dit, non sans ironie, le barman. Tom avait hoché la tête sans relever la touche moqueuse.

_Mais revenons à nos moutons. Harry, si j'ai bien saisi, a agi de manière grossière avec tes parents, ce qui les a braqués tous les deux contre lui. J'ai tout bon ? Tom avait une fois de plus hoché la tête.

_Et pour finir, il vient de faire, il y a quelques heures à peine, un strip-tease et une lap dance qui ont chamboulé tous tes repères ?

_EXACTEMENT !

_Si je comprends bien, tu es venu dans mon bar pour essayer de savoir si tu tournais gay. Et c'est aussi la raison qui t'a poussé à me draguer. Et maintenant, tu viens de te rendre compte que tu ne réagis qu'avec lui. Que le contact intime avec les autres hommes te révulse.

_ Oui, c'est cela. Que dois-je faire maintenant ? Avait demandé Tom avec espoir. Mais au lieu de lui répondre, le barman avait éclaté de rire sous le regard indigné et vexé de Tom. Quand il avait fini par se reprendre, le barman avait lancé avec amusement à Tom.

_C'est bien fait pour toi ! Tu l'as bien mérité, je trouve. C'est ce qu'on appelle le karma.

_Et en quoi tes moqueries m'aident-elles ? S'était agacé Tom.

_Oh, en rien. Avait souri le jeune homme.

_Si tu ne m'es d'aucune aide, dégage de chez moi, abruti ! S'était emporté Tom.

_Oh la la, ça va ! Je ne fais que rigoler un peu.

_Eh bien, va le faire loin de moi et de mon appartement !

_Ne le prends pas mal, mec. Avait dit le barman en reprenant son sérieux et en essayant de ne pas foutre son poing dans la tronche de Tom, devant sa conduite grossière et puérile. Qu'est-ce que tu ressens quand tu vois ou penses à Harry ?

_Une furieuse envie de le cogner et de lui interdire de s'approcher du premier venu. Avait dit Tom sans réfléchir et avec colère. Ce sale petit nain de jardin a la manie de toujours se retrouver dans les bras de parfaits abrutis. Il est con pour se laisser faire ainsi ? Avait dit Tom en serrant les poings avec rage.

_Hum hum, je vois. Avait dit le barman.

_Tu vois quoi ?

_Rien, rien. Continuons. Que se passe-t-il quand Harry est près, je veux dire, très près de toi ?

_J'ai le cœur qui bat rapidement et je n'ai qu'une envie.

_Laquelle ?

_Celle de le rapprocher un peu plus de moi. Et je veux qu'il ne regarde que moi. Uniquement et exclusivement moi !

_Purée, c'est grave !

_Quoi donc ? Qu'est-ce qui est grave ? Avait demandé Tom, inquiet.

_Continuons le diagnostic. Depuis quand tu éprouves ce genre de choses ?

_Je ne sais pas. C'est curieux parce que j'ai fait sa connaissance il n'y a même pas cinq jours.

_J'ai entendu dire que cela arrivait rapidement et sans qu'on s'y attende, mais à cette vitesse, c'est hallucinant … Et dans ton cas, c'est encore plus incroyable.

_De quoi tu parles ?

_Mais, de l'amour évidemment !

_Pardon ! Avait dit Tom complètement perdu. Qui est amoureux ?

_Ben, toi idiot !

_Certainement pas ! Je l'aurais su si cela m'était arrivé, tout de même. Et pour ta gouverne, petit, l'amour est un mythe pour bonne femme crédule. Je ne crois pas à ces sornettes pour midinettes ! C'est une des choses les plus ridicule qui existe dans ce monde. Je n'ai jamais compris ces idiots qui prétendent avoir été touchés par ça.

_Pourtant, mon pauvre vieux, tu en as tous les signes ! Tu es tombé amoureux de ton Harry quelque chose. Avait insisté le barman.

_Certainement pas ! Tom Riddle ne tombe pas amoureux ! Ce sont les autres qui le font. Il y a trop de gibiers dans la nature pour me contenter d'un seul ! Je suis un séducteur, pas un séduit. Je ne sais pas ce qu'est l'amour et je ne veux pas le savoir ! Je me porte très bien ainsi. Alors va servir tes niaiseries à des gens assez crédules pour les croire. ET JE NE SUIS PAS AMOUREUX DE CE FOUTU RASE-MOTTE ! Avait dit Tom sans reprendre son souffle.

_ Ne t'énerve pas comme ça, mec. Je ne fais que te donner mes conclusions d'après ce que tu me dis. Ce n'est pas ma faute si elles ne te conviennent pas.

_Tu n'es qu'un sale petit menteur ! Sors de chez moi et vas vendre tes salades à un autre ! Amoureux, moi ? Et d'un homme, qui plus est ?! C'est du n'importe quoi ! Tom avait saisi le barman par le bras et il l'avait mis à la porte. Le barman était amusé par la conduite et le déni évident de Tom. Il n'avait donc opposé aucune résistance et s'était laissé faire.

_Si tu finis par te sortir la tête de ton putain de cul, tu sais où me trouver ! Je suis toujours partant pour venir en aide aux autruches, même les plus mal polies. Mon nom est Colin, au fait. Donne-le aux serveurs si je ne suis pas au bar et ils viendront me chercher. Avait eu le temps de dire le barman avant que Tom ne lui claque la porte au nez.

Tom était resté dans son appartement jusqu'à neuf heures, mais n'avait cependant pas réussi à trouver un sommeil réparateur. Chaque fois qu'il s'endormait, il faisait un cauchemar où un nain de jardin venait lui chanter en sourdine que Tom était amoureux de lui. Il avait fini par renoncer à dormir et avait pris la direction de la maison de ses parents après un passage sous la douche. En arrivant au manoir Riddle, la première chose qu'il avait faite était de partir à la recherche de Potter.

Il s'était rendu directement dans leur chambre. Tom avait pris ses précautions pour ne pas faire de bruit, afin de ne pas réveiller Harry au cas ou il dormirait encore : avec la nuit arrosée qu'ils avaient eue, Tom était persuadé que c'était le cas. Après avoir fermé la porte avec délicatesse, Tom avait fait deux pas dans la chambre, se dirigeant vers le lit qu'occupait Harry. Une pensée lui avait traversé l'esprit : pourquoi se donnait-il autant de mal pour ne pas déranger ce petit insolent ? Pourquoi le nain de jardin aurait-il le droit de bien dormir et pas lui ?

C'était avec ces idées en tête que Tom était retourné sur ses pas et avait ouvert la porte pour la claquer de toutes ses forces. Le bruit l'avait fait grincer des dents, sa tête l'avait lancé. Ce fut en pestant contre Harry que Tom avait retraversé la chambre en direction du lit. Il s'était penché au-dessus de la couche, devant une forme à peu près humaine, et l'avait regardée une seconde ; puis s'était assis sur le grand matelas et avait retiré la couverture avec brusquerie. Le lit était vide. Le traversin, qu'Harry avait sûrement serré dans ses bras en dormant, était à l'origine de l'artifice. Où est passé ce satané Potter ? s'était demandé Tom avec irritation. Il avait quitté la chambre et s'était rendu dans la salle à manger sur un coup de tête : la pièce était elle aussi vide de tout occupant.

Il en était ressorti énervé de ne pas trouver l'objet de ses recherches. Tom avait rapidement accosté une domestique et lui avait demandée si elle n'avait pas vu Harry. La demoiselle, toute rougissante, avait indiqué à Tom la direction de la cuisine.

_Qu'est-ce que ce microbe fait dans les cuisines ? Avait rouspété Tom en prenant la direction indiquée. Ne lui avais-je pas ordonné de ne pas se balader seul dans le manoir ? Il va m'entendre quand je vais mettre la main sur lui ! Tom avait souri en imaginant quelle punition il pourrait donner à Harry. Et dans un lit de préférence, s'était-il dit.

_Non, mais je perds la tête moi ! Pourquoi je pense à ça ? Je ne suis pas gay ! Je ne fais que le prétendre ! Et je n'éprouve rien pour ce stupide nain de jardin ! S'était-il marmonné en marchant.

Au détour d'un couloir, Tom était tombé sur un spectacle qui avait fissuré quelque chose en lui. Une colère monstre avait pris possession de sa personne, tandis qu'une douleur affreuse et un sentiment de trahison abominable, se répandaient en lui. Comment cet insolent osait-il lui faire ça ? A lui ? Et comment Severus avait-il osé toucher à son Potter ? Il allait le pulvériser, le mettre en miettes, le jeter en pâture à une meute de chiens enragés. La mâchoire de Tom était tellement serrée qu'il en avait mal.

_Putain de merde ! C'est quoi ce foutu bordel ? Ôte tes sales pattes de ce qui m'appartient ! Avait réussi à aboyer Tom.

Tout en criant, Tom avait couru vers les deux hommes. Il avait arraché Harry des bras de son parrain avant de donner une droite bien placée à Severus. Le coup avait été si fort que les doigts de Tom avaient craqué. Quant à Snape, il était tombé durement sur le sol, du sang coulant de sa lèvre fendue. En passent presque tranquillement sa langue sur la blessure pour en récolter le liquide, il avait regardé Tom avec désapprobation.

_Qu'est-ce qui t'a pris, Tommy ? Avait demandé Severus en se remettant sur pied.

_Tu as le culot de me demander ça ? Espèce de sale pourriture ! Avait dit Tom en s'élançant vers Snape avec l'intention de lui balancer une autre droite, ou gauche comme sa main droite lui faisait un mal de chien. Mais son parrain s'y attendait cette fois, il avait donc évité facilement le coup et répliqué avec une autre droite. Tom avait fait un vol plané d'un mètre. Son parrain n'y était pas allé de main morte … ! Tom en avait été sonné, pour le coup.

_Petit imbécile ! Ne relève plus jamais la main sur moi ou tu le regretteras. Avait dit Snape en remettant en place ses vêtements. Je vais être indulgent avec toi, car tu es mon filleul, mais si tu me refais ça, je ne vais pas hésiter à te mettre en pièces. Tu as bien compris ? Tom avait hoché la tête avec réticence.

_Comment as-tu pu me faire ça, parrain ? Avec tous les hommes qu'il y a dans ce foutu pays, pourquoi tu choisis de t'intéresser au mien ? Avait demandé Tom d'une voix geignarde en portant la main à sa mâchoire douloureuse.

_ Je sais parfaitement que tu n'es pas gay et que tu ne sors pas avec Harry, alors ne viens pas faire celui qui a été trahi. J'ai mené ma petite enquête sous l'insistance de ton père. Et je dois te dire que ce que j'ai appris ne m'a pas mis dans de très bonnes dispositions à ton encontre. ! Comment as-tu osé faire du chantage à Harry pour qu'il accepte de venir jouer à tes enfantillages ?

_Ce ne sont pas des enfantillages ! S'était écrié Tom.

_Alors, comment appelles-tu ce que tu fais en ce moment ? Quel homme de ton âge et de ta position irait faire croire à ses parents qu'il est gay pour éviter un simple mariage ? Un homme, un vrai, j'entends par là, se conduirait honorablement et essayerait de raisonner ses parents et de trouver une solution qui arrangerait tout le monde. Mais toi, en parfait enfant pourri-gâté, tu vas te réfugier derrière des mensonges. Et tu n'hésites pas un instant à entraîner d'autres personnes avec toi !

_Ce n'est pas de ma faute si mes parents se sont mis en tête de me marier à cette petite conne sans aucun charme ! Avait dit Tom.

_Nous y revoilà ! Ce n'est jamais de ta faute, mais toujours de celle des autres. Et ta maudite manie de toujours dénigrer les personnes que tu ne trouves pas assez bien dotées physiquement par la nature. Grandis un peu, Tommy ! Le monde ne tourne pas autour de toi. Et ta beauté, dont tu es si fier, crois-tu qu'elle sera toujours avec toi ? Regarde ton père, tu es son portrait craché à son âge. Il était aussi beau que toi et peut-être même plus, pourtant la vieillesse lui a pris cette beauté que tu adules.

_Il existe des moyens pour éviter cela maintenant ! Il y a des produits et des opérations qui existent pour éviter que ce genre de petits désagréments n'arrive. Avait dit Tom avec aplomb et sérieux. Je ne laisserai pas une chose aussi stupide que le temps m'enlever ma beauté ! Severus avait secoué la tête de dépit devant la bêtise de Tom.

Tom avait la hantise de devenir laid. Il avait développé cette peur le jour où il avait rendu visite au frère de sa mère, Morfin Gaunt. Celui-ci, qui avait été atteint d'une maladie rare, génétique et orpheline du nom de Neurofibromatose, était hospitalisé pour une fièvre. Cette maladie avait la conséquence de défigurer la personne atteinte à coup de de taches brunes apparaissant sur la peau. Quand Tom avait vu son oncle allongé sur son lit d'hôpital, le corps recouvert de taches variant du beige clair au marron foncé et de gros boutons, il avait eu un choc.

Il avait quitté la chambre en hurlant. À cette époque, il avait tout juste neuf ans, et par la suite, il avait fait des cauchemars où il se voyait à la place de son oncle. Depuis ce jour, il avait commencé à faire attention à son physique et prenait grand soin d'éviter toute personne avec un défaut physique, ou qu'il ne trouvait pas assez beau.

_Quoi qu'il en soit, tu vas rendre sa liberté à Harry, et cela dès à présent ! Et je t'interdis de reprendre l'argent que tu as versé pour éponger ses dettes. Si tu ne le fais pas, je vais me faire un grand plaisir de divulguer à ton père ce que j'ai appris. Et la prochaine fois que tu constitues un dossier sur une personne dans le but de lui faire du chantage, fais en sorte de ne laisser aucune trace derrière toi !

_Quoi, tu n'es pas sérieux parrain ?!

_Je n'ai jamais été aussi sérieux de toute ma vie.