Un grand merci à Pulcotinette pour la correction et les ajouts en plus.
Chapitre 27
Deux semaines étaient passées depuis l'attentat contre Tom et suite à l'opération qu'il avait dû subir afin de préserver sa vie, le trentenaire avait été plongé dans le coma. Cependant, les médecins avaient rassuré la famille sur ce fait : l'opération s'était parfaitement bien déroulée et il fallait simplement lui laisser temps de se remettre. Et effectivement, le PDG avait ouvert les yeux une semaine après son opération ; encore faible, il était cependant capable d'écouter ses proches lui parler de ses affaires fructueuses. Les médecins avaient accepté, sous la lourde insistance de Mérope, de le garder plus longtemps à l'hôpital et ainsi, il n'était sorti que cinq semaines plus tard.
La première chose que le PDG avait demandée en se réveillant de sa semaine de coma avait été son nain de jardin. En ouvrant les yeux, il avait été un peu perdu, désorienté ; il ne reconnaissait pas l'endroit où il se trouvait. Il avait voulu se lever, mais en avait été incapable : il s'était senti faible, ramolli, léthargique et souffreteux. Un bip incessant lui rebattait les oreilles en continu.
Il avait alors pris le temps de bien observer son environnement. Et il ne lui avait pas fallu longtemps pour qu'il comprenne où il se trouvait, et par la même occasion ce qui l'y avait mené : la chambre blanche, les appareils médicaux et le lit inconfortable l'en avaient parfaitement informé. La découverte de sa localisation et le rappel des événements de la nuit, où il avait enfin réussi à surmonter sa peur pour pouvoir recoucher avec Potter, lui avaient aussi fait se demander où se trouvait ce dernier. La dernière fois qu'il avait été hospitalisé, il avait été présent à son réveil, alors pourquoi n'était-il pas là ?
De ne pas le savoir accroché à lui comme une ancre à la mer l'avait amené à se demander si la folle dingue qui lui avait tiré dessus, n'avait pas retourné l'arme sur Harry ensuite. Pourtant, Tom était persuadé qu'elle n'avait pas pu le faire, car une tierce personne l'en avait empêché. Mais si la tireuse n'avait pas réussi à toucher Harry, où se trouvait ce putain de nain de jardin ? Il avait tout de même pris une balle et manqué de mourir pour lui ! La moindre des choses aurait été qu'il ne quitte pas son chevet une seule seconde et cela, même pour aller pisser ! Il était tout de même son héros ! Ce n'était qu'un sale putain d'ingrat, ce nabot !
La prochaine fois, il le laisserait encaisser la balle. Il allait voir alors, si son petit et chétif corps de minus allait pouvoir s'en remettre aussi bien que lui. N'était pas Tom Riddle qui voulait ! Même une balle n'était pas parvenue à venir à bout de lui, alors qui pourrait bien le faire, hein ?! Tom, tout en maudissant Potter de son ingratitude à son égard, avait tenté de se mettre dans une position assise.
Dans sa frustration de ne pas avoir trouvé Harry dans la chambre, au pied de son lit, à attendre sagement et désespérément son réveil comme il se devait, Tom s'était mis à fulminer à voix haute sur l'absence de son petit et égoïste nain de jardin qui lui aurait permis de mieux supporter la douleur qu'il ressentait à la poitrine. Sa mère, qui avait été présente à son chevet à ce moment-là, mais qui s'était trouvée dans les WC, avait été très heureuse de le voir éveillé en sortant des toilettes.
Elle n'avait cependant, pas très bien saisi de quelle statue ridicule son fils parlait, la maudissant et la réclamant en même temps, alors qu'elle s'était approchée de lui. Elle lui avait pourtant promis, en le serrant tendrement dans ses bras, qu'elle allait lui faire livrer une dizaine de ces choses dans la journée si c'était aussi important pour lui. Elle avait ensuite appelé une infirmière qui avait averti un médecin du réveil de son fils.
Le légiste n'avait pas tardé à venir examiner le jeune trentenaire. Quand l'excitation de son réveil était passé et que tout le monde avait finalement quitté sa chambre, Tom avait demandé à sa mère où se trouvait Harry. Curieusement, sa mère était restée silencieuse ; et Tom eut l'impression qu'elle cherchait un moyen approprié de lui annoncer une mauvaise nouvelle. Elle n'avait rien voulu lui dire sur Potter. Le silence et la gêne que cette dernière avait montrée avaient fait peur à Tom. Se serait-il trompé en supposant que la folle n'était pas parvenue à atteindre Harry ? Son enquiquineur de nain de jardin serait-il mort ?
L' angoisse avait alors commencé à monter en son coeur. Les machines qui étaient reliées à lui s'étaient mises à bipper de plus en plus vite, de plus en plus fort, à mesure que les entrailles de Tom se serraient et que la détresse s'emparait de lui, petit à petit ; alors que le silence de sa mère durait, ses yeux s'étaient agrandis d'effroi et des pensées des plus pessimistes avaient envahi son esprit. Des images de Potter allongé sur leur lit, reposant dans une mare de sang encore chaud, comme endormi dans un cocon de velours, inondèrent ses pensées, tandis qu'un flot de larmes coulaient, sans qu'il ne puisse les arrêter, sur ses joues.
Il le revit lorsqu'il l'avait rencontré ; ses yeux verts émeraudes alors remplis de colère posés sur lui, ses cheveux noirs ébouriffés, ses lunettes pleines de Scotch ; son visage ahuri lorsqu'il lui avait proposé son marché ; puis lors de la soirée avec ses amis, avec l'un de leurs premiers vrais baisers, après son splendide strip-tease ; la façon franche et entière qu'il avait de répondre à sa mère, la manière dont il lui avait répliqué que ses préjugés étaient dépassés et qu'il fallait se remettre au goût du jour ; le feu qui embrasait ses entrailles lorsqu'il le voyait, la caresse de ses doigts sur son corps, le goût de ses lèvres contre les siennes, la sensation enivrante de son souffle contre le sien … Leurs corps pressés l'un contre l'autre, comme un besoin impérieux … Le bonheur de le sentir contre lui, en lui, partout autour de lui … Le voir faire parti de sa vie, sans contrepartie ; juste parce qu'il était lui, et qu'il l'aimait ...
A ce bruit assourdissant, une équipe d'infirmières et de médecins n'avaient pas tardé à envahir sa chambre une nouvelle fois. Tom avait senti que son monde était sur le point de se désintégrer. Potter ne pouvait pas être mort ! Il ne pouvait pas, il n'avait pas le droit… Tous leurs bons moments, tous ses souvenirs heureux ... Il avait pris cette putain de balle pour qu'il puisse vivre ! Qu'ils puissent réellement établir quelque chose ensemble ! Une vraie vie à deux, avec un appart', des disputes de couple, parce que l'un était trop bordélique et l'autre trop maniaque, ou parce que les chaussettes n'étaient jamais par deux dans le bac à linge, ou parce que vraiment, les épinards ce n'était pas son truc … Une putain de vie normale ! Les efforts qu'il avait fait, qu'ils avaient faits, pour s'en sortir, pour essayer de s'entendre, ne pouvaient se solder comme ça !
Alors, comment…comment, cela pouvait-il être arrivé ? Pourquoi ? Pourquoi n'était-il pas mort ? À quoi cela rimait-il de l'avoir maintenu en vie sur cette terre, si c'était pour apprendre que cet imbécile n'en faisait plus partie ? Le monde s'était alors assombri peu à peu devant lui. Tom avait commencé à perdre contact avec la réalité ; des larmes coulaient sans arrêt sur ses joues, et il gémissait des paroles incompréhensibles. Petit à petit le noir s'était fait et il s'était évanoui.
_Il faut faire vite, s'était exclamé l'un des médecins. Nous sommes en train de le perdre.
_Que…quoi…que se passe-t-il avec mon fils ? avait demandé Mérope, la peur au ventre. Mais personne n'avait pris le temps ou la peine de lui répondre, ils étaient tous trop occupés à essayer de maintenir Tom en vie.
L'une des infirmières l'avait bousculé hors de la chambre privée où Tom se trouvait, alors que l'on amenait ce dernier hors de la pièce. Mérope s'était alors effondrée au sol, avait fondu en larmes et avait éconduit toutes les infirmières qui avaient voulu lui venir en aide par la suite. Quelques minutes après le départ de Tom, son mari était arrivé, suivi de Severus qui ne semblait pas de très bonne humeur. En voyant l'état de sa femme, Tom Sr avait senti ses jambes se couper sous lui, et avait du s'appuyer sur Snape pour parcourir la distance jusqu'à sa femme.
_Que se passe-t-il ma chère ? Avait-il demandé d'une voix tremblante sans parvenir à regarder dans la chambre de son fils. Est-il arrivé quelque chose à notre fils ?
_Je n'ai pas voulu cela ! Tu me crois ? Je n'ai pas voulu cela. Avait-elle continué à dire inlassablement, des larmes pleins les yeux.
_Quoi donc ? avait demandé Snape comme Tom Sr n'était pas parvenu à poser la question, étranglé par l'angoisse.
_Tom…
_Oui ? Qu'est-il arrivé à Tom ? Son ton était pressant.
_... Il s'est réveillé…
_Où est donc le problème ?! avait encore demandé Snape qui avait lui aussi peur de la réponse.
_Il était très agité et n'arrêtait pas de réclamer un nain de jardin. Je lui ai donc promis de lui en faire livrer dans la journée…
_Ensuite ?
_Les médecins sont venus l'examiner et tout allait parfaitement bien.
_Alors, que s'est-il passé ?
_Il m'a demandé où se trouvait le jeune insolent.
_Et ?
_Je n'ai pas voulu lui dire qu'il a été appelé au poste de police pour un deuxième interrogatoire, parce que cette idiote a déclaré que c'était lui qui avait tiré sur Tom et non elle ; alors j'ai gardé le silence et ...
_Mais c'est du n'importe quoi ! Seules ses empreintes ont été retrouvées sur l'arme du crime, s'était indigné le père de Tom, la coupant. Il venait seulement d'apprendre la nouvelle, qui le révoltait. Et la femme qui nous a prévenus l'a formellement reconnu comme la tireuse !
_Nous savons tout cela. Mais cette horrible femme prétend que Potter et la responsable du personnel ont comploté tous les deux pour se débarrasser de Tom et que c'était parce qu'elle les avait surpris que l'impertinent lui avait couru après ; il aurait voulu la réduire au silence.
_Mais c'est du délire ! Qui pourrait croire à ce genre d'idiotie ?! S'était écrié le père de Tom indigné.
_Je suis aussi de votre avis, mais il semblerait qu'une personne haut placée y ait suffisamment porté foi pour exiger un nouvel interrogatoire de l'insolent.
_Cette petite idiote doit connaître des gens vraiment très influents. Je me demande qui cela peut bien être ? Avait demandé Snape.
_Je ne sais pas encore, mais quand je le découvrirais, je vais lui faire chèrement regretter, avait assuré Tom Sr. La vengeance brillait dans ses yeux : il avait vraiment accepté le jeune homme dans sa famille et s'il pouvait l'aider, il ferait tout son possible !
_Nous verrons cela plus tard, dites-nous plutôt ce qui est arrivé à Tom, avait coupé Snape.
Le rappel de Severus avait jeté un froid entre les trois adultes. Le Patriarche Riddle avait donc tourné son regard vers sa femme et lui avait demandé des explications.
_Quand il a demandé où se trouvait son compagnon… (Elle avait eu des difficultés à faire sortir le mot ''compagnon " de sa bouche).
_Que lui avez-vous répondu ? avait demandé Snape avec presque de la brusquerie dans son ton sec.
_Je ne lui ai rien dit, avait expliqué la vieille dame, honteuse.
_Et ? Avait demandé Snape alors que la peur lui enserrait la poitrine, en devinant déjà les conséquences de ce que le manque de réponse de la dame avait certainement produit sur Tom.
_Je ne sais pas exactement, mais les appareils qui étaient reliés à lui se sont emballés, il avait un air terrifié et des larmes dévastaient son visage ; puis des médecins l'ont pris avec eux. Personne ne m'a rien dit et je n'ai toujours pas reçu de nouvelles.
_Pourquoi avez-vous fait ça ? Mais vous êtes inconsciente ma parole ! Ne saviez-vous pas ce qui risquerait de se produire en ne lui donnant pas de réponse sur la santé de Harry ?! Mais bon Dieu de bons sang, il a pris une balle à la place de ce jeune homme ! Le connaissant, il a dû croire que Potter était mort malgré son geste honorable ...
_Je le sais bien maintenant, avait crié la dame. Mais je n'avais pas pensé qu'il le prendrait aussi mal. Je ne voulais pas lui parler de la femme qui lui a tiré dessus et qui essaye maintenant de faire porter le chapeau à autrui ... Avait pleuré la dame d'une petite voix.
_Je comprends, ma chère, lui avait dit son conjoint en la prenant dans ses bras pour la réconforter. Ce n'est pas votre faute et vous ne l'avez pas voulu. N'ayez pas peur, notre fils est fort, il va sans doute possible se remettre de cela.
_Vous pensez vraiment ?
_Oui ma chère. J'ai foi en notre fils. Ce n'est pas un Riddle pour rien.
Snape avait regardé les deux parents avec pitié avant de pousser un gros soupir. Il avait ensuite aidé Tom Sr à ramener sa femme dans la chambre de leur fils et l'avait installé sur le petit fauteuil qui se trouvait dans la pièce. Ensuite, lui et le père de Tom s'étaient assis sur le lit qu'avait occupé ce dernier. Ils avaient ainsi attendus de longues heures que quelqu'un veuille bien leur donner des nouvelles sur l'état de santé du PDG.
MPJSG
Harry avait été pris d'une rage folle en sortant du poste de police, après son entrevue avec Diggory et Williams. Sur le chemin de l'hôpital, il s'était remémoré sa nuit mouvementée. Quand le médecin leur avait appris que Tom était toujours en vie, le soulagement l'avait vidé de toutes ses maigres forces et il s'était effondré. On l'avait ensuite porté dans une chambre où il avait dormi jusque tard dans la journée. En se réveillant, il avait été un peu perdu, ne reconnaissant pas le lieu où il se trouvait. Il s'était levé et avait fait le tour de la minuscule chambre et alors qu'il s'apprêtait à ouvrir la porte, les actes de la nuit dernière lui étaient revenus en mémoire.
Harry avait fait un arrêt d'une micro-seconde avant d'ouvrir la porte en grand. Il avait jeté un regard dans le couloir et ses yeux avaient immédiatement noté la présence de Sirius et de Colin en compagnie d'un autre homme de l'âge de Sirius ; Harry s'était alors avancé vers eux et avait impatiemment demandé des renseignements sur l'état physique de Tom et sur son réveil. Sirius l'avait calmé un peu avant de lui indiquer la cambre où se trouvait le PDG.
Sans attendre son parrain et sans même avoir pris le temps de saluer Colin et l'autre homme, Harry s'était précipité dans la direction indiquée. Il n'avait pas frappé à la porte avant de la pousser et de pénétrer dans la pièce. La chambre était bien plus grande et lumineuse que celle qu'il venait de quitter : il y avait un fauteuil posé près d'un grand lit double où gisait le corps endormi de Tom, une télévision collée au mur, un petit réfrigérateur, une petite armoire et une petite table pour deux accolée à l'un des murs.
Mérope, la mère de Tom, était installée sur le fauteuil, alors que son mari était, lui, posé sur le bord du lit, la main posée sur le visage pâle de son fils. L'entrée très fracassante de Harry avait surpris les deux occupants conscients de la pièce et leur avaient fait tourner la tête vers lui. Sans faire attention à eux, le jeune Potter s'était précipité sur le lit, et il avait quasiment viré le père de son orgueilleux compagnon de la couche pour prendre sa place. Il avait ensuite posé lentement une main tremblante sur la joue droite de Tom.
Les larmes s'étaient alors mises à couler doucement et silencieusement de ses propres joues. Il s'était ensuite baissé pour poser sa tête sur le torse musclé de son amant ; puis, doucement comme s'il avait besoin de l'entendre, il avait dit encore et encore :
_Tu n'es pas mort, merci mon Dieu.
Les gestes de Harry envers leur fils avaient eu un impact curieux sur les parents de Tom. Tous deux avaient pris conscience de la réalité des faits : leur fils était incontestablement gay et le petit homme insolent qui vivait avec lui était indubitablement son compagnon. Compagnon pour lequel, il avait été prêt à donner sa vie, lui qui par nature était très égoïste.
Ce geste, mais par-dessus tout le désespoir poignant qu'avait eu Harry en le croyant mort et son air si heureux en le sachant toujours de ce monde, leur avaient en quelque sorte fait ouvrir les yeux sur ce qu'ils s'échinaient depuis des semaines à nier. Après s'être assuré de l'état de santé de Tom, Harry était retourné dans l'appartement avec son parrain pour se prendre des habits de rechange et faire une petite toilette.
Sirius lui avait demandé s'il ne préférait pas le laisser, lui, y aller car il avait peur que le fait de retourner sur les lieux de cette terrible tragédie ne fasse de la peine à Harry. Son filleul lui avait répondu qu'il devait y retourner un jour ou l'autre, alors maintenant ou après, il ne voyait pas la différence. Les deux hommes étaient donc partis dans l'appartement de Tom en passant par le passage réservé aux VIP qui ne voulaient pas se faire voir par les journalistes.
Comme c'était un lieu de crime, ils avaient prévenu le poste de police qu'ils voulaient se rendre sur les lieux. L'inspecteur Wallace et son collègue étaient venus pour s'assurer qu'ils ne toucheraient à rien qui nuerait au déroulement de l'enquête. Harry était heureux de les revoir les attendre devant la porte de l'appartement. Cedric lui avait fait un grand sourire en le félicitant pour la santé de Tom.
Le jeune homme l'en avait remercié avant de prendre un grand bol d'air et de franchir le pas de la porte. Il avait ensuite traversé le salon en regardant droit devant lui, était passé devant la porte de la chambre de Tom sans y jeter un œil et s'était rendu dans la sienne.
Il avait pris quelques vêtements qu'il avait entassés dans un sac de sport, avait pris une douche rapide avant de se rendre au salon où les trois autres hommes l'attendaient en discutant. À son approche, Sirius lui avait demandé s'il voulait qu'il aille prendre des rechanges pour Tom.
Harry avait hoché la tête en le remerciant. Williams l'avait suivi pour s'assurer qu'il ne touchait à rien d'autre. Alors que Harry et Cedric les attendaient, le flic avait demandé à Harry s'il savait que son parrain avait fait partie des forces de police de Londres, quelques années plus tôt ? Celui-ci avait dit que non et avait demandé pourquoi Cedric lui posait la question.
_Il y a peut-être une vingtaine d'années de cela, ton parrain était une véritable légende dans la police.
_Ah bon ! Et pourquoi ?
_Il avait le quota le plus élevé aux examens d'entrée et dans les arrestations. À lui seul, il a réussi à démanteler plus de réseaux de drogue et de trafics humains que trois équipes assemblés. Il avait une facilité incroyable pour bosser en sous-marin sans jamais éveiller la suspicion de ceux sur qui il menait des investigations ... C'était un pro. Mais un jour, sans explication, il a donné sa démission et a quitté son poste.
_Je ne le savais pas. En fait, pour être honnête, je ne sais pas grand-chose de lui ...
_Pourquoi, il est si secret que ça ?
_Non, pas vraiment. Mais cela va seulement faire quelques semaines que j'ai repris contact avec lui. Il s'était brouillé avec mes parents et je viens seulement de le retrouver.
_Oh, c'est dommage.
_Mais nous apprenons petit à petit à nous connaître, avait ajouté Harry.
_C'est bien.
Sur ces entrefaites, Sirius et Wallace étaient revenus et ensemble, ils avaient quitté l'appartement. Suite à cela, Harry avait passé tout son temps dans la chambre de Tom, lui parlant de tout et de rien. Il ne quittait son chevet que pour se rendre aux toilettes, et se faisait même livrer ses repas par son parrain dans la chambre.
Tous avaient tenté de lui dire qu'il devrait sortir un peu et retourner chez lui, mais Harry s'était contenté de leur dire que son chez lui, c'était auprès de Tom. C'était vraiment débile comme réponse, même lui en avait conscience, mais c'était réellement ce qu'il pensait à ce moment-là.
La veille du réveil de Tom, Harry avait reçu un coup de téléphone de la part de Cédric. Celui-ci l'avait informé qu'il était attendu le lendemain matin à sept heures au poste, et quand Harry lui avait demandé pourquoi, l'inspecteur, un peu embarrassé, lui avait appris que Ginny les avait accusés lui et Mimi de la tentative d'assassinat. Harry s'était écrié que c'étaient des sornettes et Cedric avait été lui aussi de son avis, mais ses supérieurs avaient demandé qu'une enquête soit ouverte dessus. C'était pour cela qu'il devait se rendre au poste.
Harry avait très mal dormi tant la colère lui avait enserré le cœur. Comment cette putain de salope osait l'accuser lui, d'avoir voulu attenter à la vie de Tom ? Bon, c'était vrai qu'au début de leur rencontre, il en avait souvent rêvé. Mais ce n'était que de simples rêves et il n'avait pas vraiment souhaité sa mort ! Le jeune homme n'arrivait pas à croire que cette connasse puisse faire cela après son geste. Quand il pensait qu'il l'avait cru incapable de faire du mal à une mouche ! Mais quel con il avait été alors !
Heureusement pour lui, il l'avait quitté avant d'avoir eu l'idée d'en faire sa femme. Il ne remercierait jamais assez Tom pour lui avoir évité une vie de misère, car même s'il n'avait jamais éprouvé d'amour pour Ginny, il aurait été capable de l'épouser pour simplement se créer une famille à lui. Tout en ruminant et en pestant sur la jeune Weasley, Harry avait plaint la famille de cette dernière, car il savait à quel point ils aimaient leur petite sœur et fille, malgré ses nombreux défauts.
Au matin, Harry, qui ne voulait pas que Tom se réveille seul en son absence, avait appelé la mère de celui-ci pour lui demander de venir le remplacer. Mérope avait fait un peu de chichi, mais elle s'était tout de même rendue sur place. Le jeune homme avait voulu attendre son arrivée avant de partir, sans s'inquiéter d'arriver en retard à son rendez-vous, afin de lui expliquer ce qui se passait.
La matriarche avait évidemment très mal pris l'annonce. Rassuré que Tom ne soit pas seul s'il venait à ouvrir les yeux durant son absence, Harry s'était rendu à sa convocation. Deux inspecteurs, en plus des agents Diggory et Wallace l'attendaient dans un bureau. Après les présentations des deux nouvelles têtes, Viktor Krum et son coéquipier Zacharias Smith, une pluie de questions aussi farfelues les unes que les autres étaient tombés sur Harry. Avec une colère contenue, le jeune homme avait répondu patiemment (enfin, presque).
Non, il ne connaissait pas Mimi Elizabeth Warren. Il ne l'avait jamais vu de sa vie. Non, il n'entretenait aucune relation avec elle. Non, il n'avait jamais voulu, pensé, ou tenté de tuer Tom Riddle. Non, il ne possédait aucune arme. Oui, effectivement, il couchait avec lui. Oui, il entretenait une relation amoureuse avec Tom Riddle. Non, ce n'était pas pour son argent, mais bien pour lui-même que Harry sortait avec Tom. Oui, il était réellement gay, il ne jouait pas la comédie.
Oui, il était sorti durant un temps avec Ginevra Molly Weasley, mais ils s'étaient séparés ensuite. Non, il n'avait jamais couché avec elle, même pas en rêve. Oui, il aimait se faire mettre et oui, il y prenait du plaisir ! Et si cela lui posait un problème, il n'avait qu'a aller voir ailleurs s'il y était ou bien essayer pour comprendre ce qu'il y avait de plaisant à se faire prendre !
_Bon y'en a marre ! Je ne vais pas rester une minute de plus, assis là, à me faire insulter gratuitement par un putain de connard de merdeux d'homophobe aux idées archaïques et à l'intelligence d'un poisson rouge mort, bordel ! Avait explosé Harry.
_Monsieur, contrôlez votre langage ! Vous êtes en présence d'officiers de police, pas de vos amis, avait hurlé Krum.
_Autant pour moi, manquerait plus que j'accepte de me faire insulter par mes propres amis ! Mais si je comprends bien, moi, je dois me la fermer et encaisser vos injures grossières sans rien dire, mais vous, vous ne le pouvez pas ?!
_En aucun cas, nous n'avons été insultants envers vous, Monsieur. Avait réfuté Krum, de mauvaise foi. Nous ne posons que des questions essentielles à la bonne marche de l'enquête.
_En quoi savoir combien de fois ''je me suis fait mettre " selon vos propres mots et si j'y prenais du plaisir est ''essentielle " au bon déroulement de l'enquête ? Je vous écoute petit malin ! Je suis impatient de connaître le lien. L'avait mis au défi Harry.
_Tu vas la boucler saloperie de tapette ou je te fous au trou presto ! Mais je pense que tu n'attends que cela pour pouvoir aller te faire mettre comme tu aimes tant ! Avec ta jolie petite gueule et tes jolies fesses fermes, ils feront la queue pour te la fourrer bien profond ! Comment peut-on délaisser une bombe pareille pour un mec, c'est aberrant ! Avait crié Krum à l'intention de Potter.
Harry avait mis une seconde pour réaliser ce que le trou du cul venait de lui dire. Quand cela avait été fait, il avait sauté sur le connard et lui avait mis une droite bien placée ; puis les coups s'étaient ensuite enchaînés à une vitesse incroyable. Les trois autres policiers avaient mis un certain temps avant d'intervenir tant l'attaque avait été rapide. Quand ils s'étaient enfin levés pour séparer les deux bagarreurs, Harry venait de placer un coup de genou entre les jambes du flic et s'apprêtait à l'achever avec un coup de pied à la tête.
_Je vais te coller un procès au cul, pédale, avait réussi à souffler Krum en repoussant son partenaire qui voulait l'aider à se relever.
_Je ne te retiens pas connard ! En tout cas, la tapette vient de mettre une branlée bien méritée, avait provoqué Harry qui avait tellement entendu Tom lui faire la même menace, qu'il n'avait pas pris conscience que c'était à un policier qu'il s'adressait. Et j'aimerais bien te voir expliquer à tes collègues et amis, comment un mec qui fait la moitié de ta carrure, une ''tapette " qui plus est, a réussi à te dérouiller ! S'était moqué encore Harry. Et puis, j'ai trois témoins ici même et une vidéo, qui peuvent attester que non seulement tu as eu des propos homophobes à mon encontre, mais que tu m'as agressé verbalement.
_C'est vraie ce qu'il dit mec, restons-en là, avait dit Cedric le sourire aux lèvres. Si on lui avait donné une livre à chaque fois qu'il avait rêvé de donner une correction à cet abruti, il serait devenu millionnaire.
Viktor Krum était une ordure avec toutes les tares du monde. Il n'était pas seulement homophobe, mais aussi raciste, misogyne, fasciste, insultant, et bien d'autres qualificatifs. Le voir allongé sur le sol, se tenant les parties, le nez et la bouche en sang avaient été tout simplement jubilatoire pour Cedric, et le contraste entre son visage couvert de sang et froncé par la douleur et celui impeccable et joyeux de Potter avait été une chose que l'inspecteur n'oublierait jamais.
En voyant que mettre sa menace à exécution ne ferait que le rendre ridicule aux yeux de son entourage, Krum avait fermé sa bouche en ruminant sa rage. L'interrogatoire avait pris fin et Harry était parti. Avant de franchir la porte du bureau, il avait entendu Krum lui dire qu'il allait parvenir à prouver que c'était lui qui avait tiré sur Tom. Harry lui avait ri au nez avant de partir.
En arrivant à l'hôpital, il avait trouvé les parents de Tom et Snape de la chambre de son amant ; mais de ce dernier, aucune trace. Lorsqu'il avait demandé où il se trouvait, Mérope lui avait expliqué ce qui s'était passé ; et étrangement, au lieu de ressentir du désespoir, Harry avait eu le sentiment que tout allait bien se passer, il n'y avait pas d'autre choix. Il avait donc rejoint Snape et Tom Sr sur le lit.
Durant leur longue attente, il avait relaté ce qui s'était passé au poste de police. Snape lui avait dit qu'il avait appelé Sirius pour lui demander de faire des recherches sur l'affaire ; puis l'attente se fit en silence.
Quelques heures plus tard, on avait ramené un Tom endormi et remis dans sa couche. Les médecins avaient assuré que tout devrait bien se passer à présent, mais qu'il fallait éviter de lui faire des frayeurs, car ils n'étaient pas certain de parvenir à le sauver une troisième fois.
Il était ensuite parti. Suite à cet incident, Tom avait deux jours pour se réveiller, et avait eu cette fois l'agréable surprise de trouver son nain de jardin, endormi, la joue posée près de sa tête. Il avait eu un sourire lumineux à cette vision, avant de se demander si son réveil précédent n'avait pas été un cauchemar ; puis s'était rendormi, les lèvres étirées de contentement. Il demanderait plus tard. Au matin, quand Harry était sorti de son sommeil, il avait eu la joie d'être accueilli par un délicieux baiser venant d'un Tom parfaitement conscient. Il avait poussé un cri de joie et lui avait rendu son baiser avec fougue.
Tom s'était rétabli très rapidement par la suite. Après quelques explications de Harry et des excuses de sa mère, il avait pu pleinement apprécié la présence de Potter à ses côtés ; et c'était d'ailleurs tout ce dont il avait besoin pour se remettre de ses mésaventures. Suite à son réveil, la police était venue recueillir sa déposition sur les événements qui l'avaient conduit sur un lit d'hôpital. Ginny avait été mise en examen pour association de malfaiteurs, enlèvement, coups et blessures et tentative de meurtre, et avait été enfermée en attendant que l'on décide d'une date pour son procès.
Sirius avait découvert que c'était le frère de Ginny, Percy, qui avait ordonné l'enquête sur la prétendue participation de Harry dans l'attentat de Tom ; mais personne ne sut jamais comment la jeune femme avait fait pour être embauchée dans l'hôtel particulier. Merope avait exigé que son fils change d'adresse ; mais Tom avait refusé de déménager. Il avait cependant fait refaire la décoration et fait transférer toutes les affaires de Harry dans sa chambre, tout cela depuis son lit d'hôpital.
Pendant que Tom était confiné à la clinique, Harry, rassuré sur sa santé, avait commencé les cours auxquels Snape l'avait inscrit, mais avait refusé de reprendre le travail tant que Tom ne serait pas de retour dans leur appartement. Le jeune homme avait passé toutes ses nuits dans la chambre de Tom et avait partagé son lit en tout bien tout honneur.
Le jour où Tom avait enfin eu l'autorisation de quitter les lieux, il avait fait une petite danse de la victoire. Il n'avait pas une seule fois regardé en arrière en passant les grandes portes. Une flopée de journalistes l'avaient attendu à la sortie, et il avait été noyé sous une montagne de questions et de flashs.
_Monsieur Riddle, ce charmant jeune est-il votre compagnon ? avait demandé une journaliste. « À votre avis, petite idiote, c'est bien connu que les hommes ont pour habitude de se tenir par la taille en marchant ! avait pensé très fort Harry. » Si cela n'avait tenu qu'à lui de répondre, la pauvre femme en aurait pleuré ; en effet, après ces cinq semaines plus qu'éprouvantes, tout ce qu'il voulait était une nuit tranquille avec son amant, dans leur appartement, loin du bruit continu de l'hôpital et des intrus. Mais heureusement pour elle, Tom l'avait devancé dans sa réponse.
_En effet ! Je vous présente mon compagnon, Harry Potter.
_Il est superbe, avait remarqué la journaliste.
_N'est-ce pas ? avait fanfaronné Tom, un sourire resplendissant sur les lèvres. Mais attention mesdemoiselles, pas touche ! Ne tombez pas amoureuse, il n'aime que moi !
_Oh ! Avaient soupiré plusieurs femmes dans l'assistance.
_Qu'est-il arrivé à votre joue, Tom ? Avait demandé une autre femme.
Tom avait porté sa main à son visage et avait passé un doigt sur sa cicatrice. Le PDG avait rasé sa barbe deux semaines après son réveil ; être passé à deux reprises si près de la mort, lui avait fait réviser ses priorités. Mais n'allez pas croire que Tom était devenu un Abbé Pierre ! Non, rien de ce genre, Tom avait simplement décidé de vivre sa vie sans prendre en compte ce que les gens diraient ou penseraient de lui, ce qui commençait par exemple par assumer son homosexualité ou sa cicatrice. Ce qu'il, entre nous, faisait déjà parfaitement bien, mis à part sur son physique : et la seule personne pour qui cela avait de l'importance, s'en fichait royalement.
_Un petit souvenir de ma captivité, lui avait dit Tom. Quelle histoire ! Je vous raconterez cela un jour, si j'ai le temps … Entre deux rendez-vous galants avec ce charmant petit nain ! Il avait lancé un clin d'oeil à Harry, espérant le dérider ; celui-ci rougit furieusement. En ne relevant pas le ''petit nain''. Sinon, comment me trouvez-vous ? Me va-t-elle bien ? Avait-il ensuite demandé par simple curiosité, en se tournant à droite et à gauche ; pas que la réponse lui importait, mais jouer avec les journalistes lui avait manqué. Harry avait grimacé à la question.
_Elle vous va parfaitement. Elle vous donne un côté sauvage, mystérieux … Un air aventurier sans peur !
_Vraiment ? avait incité Tom.
_Parfaitement, n'est-ce pas les filles ? Avait-elle ensuite demandé aux femmes qui s'étaient agglutinées devant l'hôpital pour le voir à sa sortie.
_Je vais donc la garder, puisqu'elle semble tant vous plaire, avait dit Tom ensuite. Harry avait soupiré devant tant de comédie.
_Euh…avait demandé une femme qui s'était détachée d'un groupe de groupie pour s'approcher de Tom.
_Oui mademoiselle, avait dit Tom, charmant.
_Est-ce que…moi et mes amies, on se posait la question de savoir…
_Oui?
_Est-ce que vous avez envisagé de vous marier avec votre compagnon ? avait-elle lâché tout à trac.
L'assemblée avait retenu son souffle. Un grand silence était tombé sur la place, brisé par un éclat de rire de Tom.
_ Ce n'est même pas une question à poser. Avait dit Tom sur un ton dédaigneux et moqueur. Harry est l'homme de vie, celui avec qui je vais emménager, payer mes factures, m'engueuler dans le salon et me réconforter sur le canapé, et même … brrrrr ...vieillir ! Alors, c'est une évidence que nous comptons nous unir tous les deux ! Je veux que la terre entière sache qu'il est à moi et rien qu'à moi. Notre union est prévue pour l'année prochaine, le temps d'organiser les préparatifs et nous ne ferons plus qu'un. Avait-il tranquillement et sérieusement déclaré, alors que Harry ouvrait la bouche et les yeux aussi grands que des soucoupes.
_ Euh, votre ami ne semble pas être au courant, avait fait remarquer la groupie avec timidité.
_ Ah ? Et bien, maintenant c'est fait. Mon adorable petit chaton sauvage veux-tu m'épouser ? Harry n'avait rien pu répondre car il était trop ahurie pour cela. C'était quoi cette merde ? !
Fin.
NdA : Alors, merci pour tous ceux qui ont pris le temps de m'encourager au fil des chapitres de MPJSG, je suis très émue de mettre une fin à cette fic. J'espère que vous avez autan pris plaisir à la lire que moi à l'écrire, même si c'est truffé de fautes.
Comme vous l'aurez compris, c'est la fin de MPJSG (snif). Il reste cependant l'épilogue. Donc je vous dis à la semaine prochaine pour le dernier poste de cette histoire. encore merci pour vos encouragements.
