Un grand merci à Pulcotinette pour la correction.

NdA : Salut salut!

Alors me voilà de retour avec un petit bonus de MPJSG. En fait, il n'était pas prévu, même si on m'en avait demandé. Je ne comptais absolument pas en écrire un, mais cette phrase obsédante m'est venue en tête et ne voulait absolument pas partir. La phrase en question était : cet insolent petit nain de jardin me trompe !

Donc tout est parti de là. Ensuite, je me suis dit, tant qu'à faire, pourquoi ne pas intégrer au bonus les demandes qui m'ont étés faites. Voilà comment est né ce petit bonus. Même si je ne suis pas très contente de lui, je le poste tout de même. Je tiens à préciser que celui-ci ne serait pas publié aujourd'hui sans l'efficacité et la rapidité de ma bêta Pulcotinette , donc je vous invite cordialement à la remercier pour sa diligence. Sur ce, bonne lecture, Joyeuses Pâques et n'hésitez à me faire part de vos avis.

(Les paroles de la chanson et la traduction viennent de )


Bonus : Mère, Père…je suis gay !

La jalousie tout comme la curiosité, est un très vilain défaut.

_ Je crois qu'il me trompe ! Non, je sais qu'il me trompe. Cet insolent petit nain de jardin me trompe ! Moi, Tom Riddle, le plus beau, le plus riche et le plus convoité des hommes de cette terre. Il ose me tromper ! Après tout ce que j'ai fait pour lui ! Il ose m'être infidèle alors que j'ai pris une balle pour lui ! Il ose aller voir ailleurs après cinq ans de vie commune ! Comment ose-t-il me faire ça à moi ?! Hein, tu peux me le dire toi, pourquoi il m'a fait ça ? demanda Tom à Colin avant de vider son verre cul sec.

_ Je suis sûr que tu as dû te méprendre, comme à ton habitude, le rassura Colin.

_ Non, cette fois c'est pour de bon, réfuta Tom, sûr de ses accusations.

_ Tout comme tu étais persuadé qu'il te trompait avec l'instituteur de Teddy.

_ Tu aurais pensé la même chose que moi si la situation avait été inverse.

_ Non, certainement pas. Je n'ai pas l'esprit aussi mal placé que le tien.

_ Mais cette ordure lui tenait sa main quand je suis rentré, ce jour-là !

_ Pour l'aider à se remettre debout, lui rappela Colin avec exaspération.

_ Il n'avait pas besoin de la tenir aussi fermement non plus, rétorqua Tom de mauvaise foi.

_ Il le fallait bien, sinon il n'y serait pas parvenu.

_ Harry aurait parfaitement pu se relever tout seul. Il n'avait aucunement besoin de l'aide de cet empoté.

_ Je te signale que l'empoté comme tu le dis, est mon copain.

_ Je m'en fous, il n'avait qu'à ne pas toucher à ce qui m'appartient.

_ Marc est un type bien et il n'a jamais eu de vue sur ton mari.

_ Si tu le dis. Bref, revenons à mon problème. Quand je pense que tout se passait bien entre nous … Ma mère a même fini par l'accepter ! Et lui, il me fait cocu. C'est inqualifiable ! Et tu veux savoir ce qui est le pire dans tout ça ? demanda Tom avec dégoût.

_ Non, mais je suis sûr que tu vas me le dire, lui dit Colin en se massant la tempe de fatigue. Le jeune homme venait seulement de finir son service quand Tom avait débarqué chez lui complètement torché.

_ En effet, je vais quand même te le dire, lui confirma Tom. C'est ton rôle d'ami de m'écouter quand je ne suis pas bien, ajouta le milliardaire en hochant la tête et en se servant un autre verre.

_ Ah, parce que maintenant nous sommes amis ! Ce n'est pas ce que tu me disais la semaine dernière … Si mes souvenirs sont bons, tu m'as qualifié de petit esclave blanc qui se devait d'être à ton entier service. Lui rappela Colin un peu énervé en se souvenant de ça.

_ J'ai dit ça moi ? demanda Tom avec étonnement.

_ Oui, tu l'as dit, confirma Colin.

_ Oh, c'est vache ! Il marqua une pause, réfléchissant. Mais, passons, c'est de l'histoire ancienne tout ça. Maintenant, nous sommes amis, c'est ce qui compte, pas le passé.

_ Enfoiré !

_ Oui, je sais. On me le dit souvent. Je me demande bien pourquoi d'ailleurs ?

_ En effet, je me le demande aussi, lui dit Colin avec ironie en se massant les deux temps cette fois.

Seigneur, il maudissait le jour où cet homme avait franchi les portes de son bar !

_ C'est quoi le pire ? demanda ensuite Colin en se disant que plus vite Tom aurait fini de se plaindre, plus vite il retrouverait son lit.

_ Quoi ? demanda Tom qui avait perdu le fil de la conversation.

_ Quoi, Quoi ?

_ Euh…quoi…euh, le pire ? lui répondit Tom.

_ Tu m'as demandé si je voulais savoir le pire dans le fait que ton mari t'est peut-être infidèle. Colin lui rafraîchit la mémoire, avec fatigue.

_ Oh ! C'est Malfoy.

_ Hein ! Malfoy ? Je ne comprends pas.

_ Ben, tu sais, le fils de Lucius., dit Tom comme une évidence.

_ Qui c'est Lucius ?

_ Ben, mon ennemi numéro 1, lui dit tranquillement Tom.

_ Que lui as-tu fait comme vacherie ?

_ Rien de grave.

_ Mais encore ?

_ Ce n'est qu'une très vieille histoire de vraiment rien du tout.

_ Là, je veux bien savoir.

_ Euh, si je me souviens bien, c'est en rapport avec la maternelle et la destruction d'un livre, dit vaguement Tom, pas vraiment concerné.

_ Quoi, tu lui as volé son livre et ensuite tu l'as détruit ?

_ Mais non, le livre était à la maîtresse qui ne voulait pas me le donner, dit Tom comme si Colin était un imbécile.

_ Bon, si le livre n'était pas à ce Lucius, que vient-il faire là-dedans ?

_ Ben, comme la maîtresse n'a pas voulu me le céder, je l'ai détruit. Dit Tom tout fier de lui.

_ Je ne le crois pas ! Même à cette époque t'étais déjà un con fini. Sinon, je ne vois toujours pas le rapport avec ce Lucius.

_ Je lui ai fait porter le chapeau et comme cet entêté n'a pas voulu reconnaître son forfait, toute l'école s'est retournée contre lui.

_ Il a eu raison de ne pas accepter de se faire accuser pour un crime qu'il n'avait pas fait. J'ai du respect pour lui.

_ Mais s'il m'avait écouté et fait comme je lui avais dit, l'école ne se serait pas liguée contre lui !

_ Tu n'as pas honte de ce que tu dis ?! remarqua Colin sans surprise.

_ Pas le moins du monde. Enfin, ce n'est pas le sujet. Donc, je te disais que c'était Malfoy fils.

_ Il a fait quoi et qu'est ce qu'il vient faire là-dedans ?

Colin sentait qu'il allait bientôt commettre un meurtre à ce train-là. Mais qu'avait-il fait d'aussi horrible pour qu'on lui inflige ça ? Tout ce qu'il voulait lui, c'était aller s'étendre auprès de son copain. Ce n'était pas beaucoup demandé, si ?

_ C'est avec lui que le nain de jardin me trompe, dit Tom avec véhémence. Pourquoi il a fait ça, hein ? Et, est-ce qu'il a un peu pensé à Teddy et à ce qu'il va ressentir quand il me verra enfermer son papa dans une cage afin de l'empêcher de nous quitter ? Hein ! Est-ce que tu crois qu'il y a pensé ? Non, bien sûr que non ! Cela va traumatiser notre fils à vie, mais lui, il n'en a rien à faire. Moi je te dis que ce nain de jardin n'est qu'un putain d'égoïste ! C'est pourquoi je vais devoir l'enfermer pour qu'il ne parte pas. Tu comprends toi, hein, mon ami, que c'est la seule chose à faire ! dit Tom avec sérieux en collant son visage à quelques millimètres de celui de Colin.

_ Que…quoi ?! Tu n'es pas sérieux, ne put que dire Colin complètement abasourdi.

_ Si, pourquoi ? demanda Tom qui ne comprenait pas la réaction de Colin.

Cet homme était-il malade pour dire ce genre de choses avec autant de normalité ? Devrait-il prévenir la police ou Harry en premier ? Alors qu'il se posait la question, Tom s'écroula sur le tapis tandis que le téléphone de Colin se mettait à sonner.

_ Allo, dit le jeune homme en se saisissant de son portable sans regarder qui l'appelait à une heure aussi tardive.

_ Colin, c'est Harry. Rassure-moi, Tom est avec toi ? demanda Harry avec empressement.

_ Euh, oui. Dis-moi ...

_ Qu'est ce qu'il t'a dit comme bêtise cette fois-ci ? demanda-t-il dans un soupir d'exaspération.

_ Harry, tu es au courant que ton mari est un psychopathe ?

_ Merci, mais depuis le temps, je le sais déjà. Qu'est-ce qu'il t'a dit pour que tu me demandes ça ?

_ Il a comme projet de te mettre en cage.

_ Ah, ça ! Je le sais aussi, dit Harry avec flegme.

_ Et tu n'as pas peur ?

_ Qu'il essaie et on en reparlera ensuite. Bien, mise à part qu'il veut m'enfermer, autre chose à signaler ?

_ Il pense que tu le trompes avec un certain Malfoy.

_ Purée, ça ne va pas encore recommencer ! s'exclama Harry en poussant un soupir de désespoir. Quand est qu'il va comprendre que je ne vais pas le quitter ? Mais merde, il sait pourtant que je suis dingue de lui !

_ Je le sais et il le sait, mais c'est Riddle. Donc, il n'y a rien entre toi et ce Malfoy si j'ai bien compris ?

_ Évidemment.

Alors qu'il disait cela, Harry se remémora quelques épisodes de sa vie après l'arrivée de Teddy dans leur existence.

Suite à la lecture de la note laissée par Pansy ce jour-là, Tom avait passé plus d'une heure dans les vapes. Après son réveil, il y était retourné aussi sec en voyant le bambin dans les bras de Harry. Ce ne fut qu'à son troisième réveil que le PDG était parvenu à rester éveillé. Il était cependant comme complètement déconnecté de la réalité et n'arrêtait pas dire : « Je suis papa. Je suis papa. Je suis papa », sous les rires du petit Teddy. Après dix minutes à l'écouter répéter la même phrase, Harry fatigué, lui avait dit après lui avoir donné une claque retentissante : « Oui, effectivement, tu l'es ! » Sur quoi Tom était reparti dans les nuages.

Les premiers jours, Tom avait refusé catégoriquement de s'approcher de l'enfant et Harry avait été obligé de s'en occuper tout seul, ce qui n'avait pas été des plus aisé pour le jeune homme qui ne savait rien de la manière de s'occuper d'un enfant en bas âge. Pour pouvoir s'occuper tranquillement de Teddy, il avait pris des jours de congé en expliquant à Snape le problème. Harry avait toutefois demandé à son patron de ne pas en parler aux parents de Tom afin de laisser le temps à ce dernier de digérer la nouvelle. Le nouveau papa n'était sorti de sa torpeur que la deuxième semaine de l'arrivée de Teddy dans l'appartement et petit à petit, mais avec l'aide un peu musclé et une grève de sexe de la part de Harry, Tom avait bien voulu accepter de prendre son fils dans ses bras.

Ce fut comme une révélation pour le jeune père. Il était devenu complètement gaga de son fils, même si, comme il fallait s'y attendre venant de lui, il était devenu un peu jaloux de lui. Vous vous demandez certainement pourquoi un père en vient à jalouser son fils ? Eh bien, aussi ridicule que cela soit, Tom trouvait que son fils monopolisait un peu trop son jeune époux, ce qui n'était vraiment, alors vraiment pas une bonne chose. Quand Harry avait découvert cela, il avait tellement rigolé qu'il en avait eu mal au ventre pendant deux jours.

Comme il va sans dire, Tom lui avait fait la tête. Pourtant, malgré sa jalousie, le jeune grognon aimait son fils autant qu'il aimait son mari ; mais s'il devait choisir entre les deux, aussi horrible que cela puisse paraître, Tom favoriserait Harry sans aucune hésitation, car Riddle Jr faisait tout à l'excès, et son amour pour Potter ne faisait pas exception. Lorsque Tom avait enfin accepté son fils, Harry et lui avaient décidaient d'annoncer la nouvelle à ses parents, eux qui avaient tant hâte d'avoir un petit fils. La rencontre avait été … spéciale. Tom, comme vous le savez maintenant, est un homme fourbe, manipulateur, presque sans cœur, imbu de soi-même et plein d'autres joyeusetés de cette acabit.

Ce fut pourquoi, au lieu de prévenir ses parents qu'il était père, il les avait appelés pour leur annoncer avoir décidé de se séparer de son mari et de revenir dans le droit chemin afin de produire un héritier pour la famille Riddle. Parce que, avait-il ajouté avec le plus grand des sérieux, il ne pouvait plus supporter de décevoir ses parents ; cela lui était devenu trop pénible.

Il les avait ensuite prévenu de son intention de se rendre, Harry et lui au manoir le weekend suivant afin que ses parents l'aident à annoncer la nouvelle à son mari ; puisqu'il ne pouvait pas le faire seul. Il avait plus que jamais besoin de leur soutien. Il va de soi que la mère de Tom avait sauté de joie à cette annonce, en oubliant dans la seconde le rapproche presque amical qui s'était opéré entre Harry et elle les quelques mois suivants son mariage. À la place, Mérope s'était attelé à trouver l'épouse parfaite pour son fils.

Quant au père, il avait été très étonné par ce revirement soudain de situation et avait, en cachette de sa femme, tenté de faire revenir à la raison son abruti de fils, qu'il n'avait jamais vu aussi épanoui que depuis que Potter était entré dans sa vie. Il avait même dit à Tom que si ce n'était que pour concevoir un enfant qu'il envisageait de quitter son époux, il pouvait toujours recourir à une mère porteuse. Mais Tom avait été intraitable, il lui fallait absolument quitter Harry. Ce n'était pas négociable.

Comme vous devez vous en douter, le petit malin n'avait rien dit de son plan à Harry. Celui-ci pensait que Tom avait déjà mis au courant ses parents de l'existence de Teddy et qu'ils se rendaient au manoir Riddle pour faire les présentations. Ainsi, le jour de la rencontre, en arrivant au manoir, Tom avait demandé à Harry de laisser Teddy avec une des femmes de chambre, le temps pour eux de bien préparer le terrain.

Quand Harry s'en était étonné, Tom lui avait avoué ne pas avoir parlé de Teddy à ses parents, comme il était né hors mariage et qu'il ne connaissait pas l'opinion de ses parents sur le sujet étant donné qu'ils étaient de la vielle-école. Tom avait aussi ajouté qu'il avait pensé que cela serait bien plus rassurant pour lui, si son tendre mari se trouvait à ses côtés pour leur annoncer.

Touché par cette déclaration, Harry trop crédule, lui avait donné un long baiser d'encouragement avait confié Teddy à une femme de chambre avant de lui prendre la main. Content du bon déroulement de son plan, Tom s'était mentalement frotté les mains d'un plaisir anticipé. Il allait vraiment s'amuser ... Le jeune couple avait alors rejoint les époux Riddle dans un des nombreux salons qui composaient le manoir familial. À leur entrée, Mérope avait eu un sourire de satisfaction en voyant les mains liées des deux hommes. Enfin, s'était-elle dit, je vais être débarrassé de cette vermine insolente !

Elle s'était ensuite avancée devant les deux hommes et les avait pris dans ses bras chacun leur tour, chose qu'elle ne faisait jamais. Le père de Tom avait quant à lui, semblé très contrarié et s'était tenu très loin du couple. Les comportements étranges de ses beaux-parents avaient beaucoup étonné Harry, et quand il s'était ouvert discrètement à Tom sur le sujet, son mari avait mis cela sur le compte de l'âge. Pas vraiment dupe, Harry avait tout de même hoché la tête. Mérope avait invité les deux hommes à s'asseoir autour d'une table basse avant de s'installer à son tour.

Elle avait par la suite, prié son mari de leur servir un verre de vin et avant demandé à Harry comment cela se passait entre lui et son compagnon. Tout heureux, Harry avait dit que tout allait parfaitement bien dans leur vie. Mérope avait étiré ses lèvres devant la réponse en lui prenant la main pour la serrer brièvement dans les siennes. Même si la relation entre Harry et sa belle-mère avait évolué et était devenue peu plus amicale, la mère de Tom n'avait jamais eu un tel geste à son encontre. Ce fut pourquoi Harry avait demandé le plus naturellement du monde à Mérope :

_ Belle maman, allez-vous mourir ou quelque chose comme ça ?

_ Que…mais que dites-vous encore comme bêtise petit insolent ! Je ne vais en aucun cas mourir, en tout cas pas pour l'instant. Avait répondu la matriarche après avoir failli s'étouffer avec sa gorgée de vin.

_ Pauvre belle maman, avait pourtant insisté Harry avec tristesse en lui prenant à son tour l'une de ses mains pour la comprimer entre les siennes.

_ Pourquoi pauvre ?! avait demandé Mérope sincèrement intrigué par l'attitude étrange de son beau-fils.

_ Il…il vous reste combien de temps ? avait demandé Harry en lâchant une unique larme.

_ Combien de temps ? Mais du temps pour quoi ? avait demandé la matriarche avec étonnement, de plus en plus perdue.

_ Le cancer bien sûr, lui avait dit Harry avec évidence.

_ Harry, mon enfant, avait demandé le père de Tom comme sa femme avait été pétrifiée par la réponse de Harry. Qu'est-ce qui vous fais penser que votre belle-mère a un cancer ?

En effet, quand Harry avait parlé de cancer, Mérope avait ouvert la bouche ainsi que les yeux à leur maximum et n'avait plus rien dit. On aurait dit qu'elle avait été statufiée sur place.

_ Eh bien, elle, ainsi que vous-même, avez un comportement étrange depuis notre arrivée ... Donc, j'ai pensé qu'il devait avoir un problème grave.

_ Et la première chose qui t'est venue à l'esprit est que Mère devait avoir un cancer ? avait demandé Tom un peu moqueur.

_ C'est bon, ce n'est pas comme si personne n'y penserait en premier, avait rétorqué Harry en boudant.

_ Je confirme, personne n'aurait pensé à ça, avait rétorqué Tom. Il n'y a que toi pour déduire cela à partir d'une telle situation.

_ C'est bon, toi ! On ne t'a rien demandé, avait vitupéré méchamment Harry. Alors, si ce n'est pas dû à un cancer, que se passe-t-il avec vous deux ?

_ Rien, avait dit le père de Tom en baissant la tête pour éviter de rencontrer le regard de Harry.

_ Je ne sais pas pourquoi, mais comme l'impression que l'on me cache quelque chose ...

_ Non, mon garçon, je t'assure, nous ne vous cachons rien du tout.

_ Allons, mon ami, ce n'est pas la peine de le lui cacher plus longtemps. Avait dit Mérope, qui sortait lentement de son engourdissement.

_ Me cacher quoi ? avait demandé Harry avec curiosité. S'en était suivi un dialogue plutôt animé entre les deux parents Riddle.

_ Ma chère, je ne pense pas que cela soit une très bonne idée de faire ce que vous apprêtez à faire. Je suis contre cette idée, car je la trouve ridicule.

_ Mais mon ami, nous faisons cela pour l'avenir de notre lignée. Auriez-vous oublié les enjeux dont il est question ?

_ Non ma chère, en aucun cas, mais comme Tom l'avait dit au tout début de cette histoire, il existe d'autres moyens pour y parvenir. Nous n'en avons pas à en arriver là. La seule chose que nous allons en retirer, c'est des cœurs brisés.

_ Je me rappelle qu'à une certaine époque, vous n'étiez pas aussi tendre. Vous étiez même très loin de là, avait dit la matriarche avec perfidie et un peu de colère.

_ Et j'ai vu où cela a failli nous mener. Sachant cela et l'ayant vécu, je ne souhaite pas cela pour mon fils.

_ Je te signale qu'il s'agit de son idée et non de la mienne !

_ Qu'importe de qui elle vient, je m'y oppose catégoriquement ! Avait déclaré fermement Tom Sr. Cela fait bien trop longtemps que je vous laisse imposer votre loi impunément. Mais cette fois, il est hors de question que je vous laisse faire.

_ Mais, mon ami, vous ne pouvez pas…

_ Oh que si ma chère, je le peux et je vais le faire.

_ Et que comptez-vous faire pour l'en dissuader ? l'avait provoqué Mérope pas très contente de la façon dont son époux venait de s'adresser à elle.

_ Dans ce cas, et si cet entêté s'obstine dans sa démarche, je n'aurais d'autre choix que le déshériter. Un mariage n'est pas une chose qui se fait à la légère. Et je refuse de le voir mettre un terme au sien après tout ce qu'il nous a fait endurer pour y parvenir, déclara sérieusement Tom Sr.

_ Vous n'oserez pas. C'est votre unique enfant, lui avait dit Mérope hautaine.

_ Qu'il me mette au défi et nous verrons si je n'oserais pas ! avait répliqué le patriarche Riddle.

_ Attendez ! Etait intervenu Harry alors que les deux époux se toisaient. Qui va mettre fin à quel mariage ? avait demandé Harry en ayant peur de la réponse. Tom ne pouvait pas réellement vouloir se séparer de lui, n'est-ce pas ?

_ Le vôtre bien entendu, lui avait répondu calmement sa belle-mère sans détourner son regard de son époux.

_ To…Tom…c'est vrai ?! Tu envisages de me quitter ? avait demandé Harry d'une voix tremblante, en se tournant vers son mari après un instant de stupéfaction.

Le visage de Harry avait été tellement défait en posant cette question, que Tom s'était senti très, mais alors, vraiment très mal pour sa petite plaisanterie. Depuis sa rencontre avec son époux, Tom ne l'avait jamais vu arborer une expression aussi déchirante. On aurait dit que l'univers du jeune homme venait de s'effondrer au-dessus de sa tête. Jamais le PDG n'aurait pensé que la simple mention d'une séparation entre eux deux aurait un tel impact sur son petit nain de jardin ... Et de découvrir à quel point cela l'affectait, lui avait procuré un sentiment de pouvoir immense … ainsi qu'une étrange amertume qui lui comprimait le cœur. Quand Tom avait aperçu une larme glisser le long de la joue de son mari alors que le corps de celui-ci était pris de tremblement incontrôlable, il avait eu honte de lui.

Et comme hypnotisé par celle-ci, Tom l'avait suivi du regard jusqu'à ce qu'elle disparaisse sous le menton de son petit nain de jardin qui quant à lui, avait son regard posé sur Tom qui n'avait toujours pas répondu à sa question. Le changement s'était opéré très vite et le coup tout aussi rapidement. Comme Tom ne faisait pas mine de répondre à sa question, la peine de Harry avait été brusquement métamorphosé en colère. Et, depuis le temps vous devez vous en douter, celui-ci n'avait trouvé d'autre moyen de l'exprimer, qu'en la déversant sur son pauvre demeuré de mari : Harry avait décroché un direct du gauche à son amant. Le coup avait été donné avec tant de rage, qu'il avait cassé le nez de Tom.

_ Alors comme ça tu comptais me quitter ? Tu crois vraiment que je vais te permettre de faire une connerie pareille ? Tu es à moi, foutu fils à papa ! À moi, tu entends ? avait dit Harry en le saisissant par le col de sa chemise. Je ne t'avais rien demandé moi, mais tu es venu me chercher. Tu m'as traîné contre mon gré chez tes vieux, tu as envahi ma putain de vie sans me demander mon autorisation, tu as failli mourir pour moi… Bordel de merde, tu m'as même épousé devant le pays tout en entier ! Et maintenant que Teddy est là avec nous et que nous allons enfin pouvoir former une vraie famille, tu me sors ce genre de merde ?! Tu te fous de moi, hein, hurla Harry en secouant Tom comme un prunier. Écoutes moi bien petit merdeux, jamais, tu comprends…jamais je ne te laisserais t'éloigner de moi et si pour cela je dois recourir à tes méthodes pour y parvenir…crois-moi, je n'hésiterais pas une seconde avant te foutre dans une cage pour te garder à mes côtés ! Si tu as compris, hoche la tête ou je te promets de te réduire en bouillie.

À ce moment-là, vous devez vous douter que Tom avait obéi avec empressement. Le pauvre bougre avait amèrement regretté sa petite blague et s'était juré de ne jamais, au grand jamais, rejouer une plaisanterie du même genre à son dément de mari. Et après, c'est lui que l'on traitait de psychopathe ! Le monde était vraiment injuste, avait-il pensé en sortant un mouchoir de sa poche d'une main légèrement tremblante. Il avait ensuite assuré Harry qu'il n'avait jamais voulu divorcer et qu'il s'agissait d'une simple petite plaisanterie qu'il avait voulu faire à ses parents. Après s'être assuré, au moyen de quelques menaces subtiles, qu'il était sincère, cette fois-ci, Harry l'avait traité d'idiot immature, mais au moins, il était rassuré.

_ Mais vous êtes un grand malade ! avait hurlé Mérope après la tirade très musclée de Harry. Et vous, vous voudriez que notre fils reste marié avec ce fou ! avait-elle ajouté à l'intention de son mari. Je comprends maintenant pourquoi Tom veut mettre fin à cette plaisanterie. Il doit certainement se faire maltraiter par ce monstre, avait terminé Mérope qui n'avait cru qu'à l'histoire de Tom. Mais personne n'avait pris la peine de lui répondre.

_ Qui est Teddy ? avait demandé le patriarche Riddle sans prendre en compte les dires de sa femme.

L'homme connaissait suffisamment son fils pour savoir qu'il n'était pas du genre à se laisser maltraiter par qui que ce soit. Si cela avait été le cas, il aurait eu recours à des méthodes douteuses pour empêcher que cela ne se reproduise ... Mais si Tom Sr n'avait rien trouvé à dire sur la scène violente qui venait de se dérouler devant ses yeux, c'était parce qu'il était du même avis que Harry ; même si lui n'aurait pas usé de telles méthodes. Mais une petite, enfin, une grande partie de lui était très satisfaite de la raclée donnée à son fils pour ce qu'il venait de faire. À son avis, quelqu'un aurait dû le faire il y a bien longtemps. Mais ce que le patriarche se demandait, c'était qui pouvait bien être ce Teddy ?

_ Le fils de cet imbécile, avait dit Harry en allant se rasseoir.

_ Pardon ! s'étaient exclamés les époux Riddle d'une même voix.

_ Teddy est le fils de Tom.

_ Comment ? Avait demandé Riddle Sr.

_ En fait ce n'est pas le cancer que vous avez, vous deux en fin de compte ! Eh bien, je ne pense pas que c'est à moi de vous apprendre comment les bébés sont faits. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'ils ne viennent pas des choux.

_ Qu'avez-vous encore inventé, petit intrigant ? avait demandé Mérope soupçonneuse.

_ Je n'invente rien du tout ! Votre fils est parti tremper son biscuit là où il ne fallait pas sans protection et cela a eu pour résultat la naissance de Teddy. C'est un charmant petit garçon plein de vie, dit Harry en souriant bêtement. Et si nous sommes ici aujourd'hui, c'est pour vous le présenter.

_ Mais je pensais que Tom était homosexuel, avait dit le patriarche.

_ En effet, il l'est.

_ Alors, comment ?

_ Une crise identitaire, mais heureusement, il est vite revenu à la raison, avait dit Harry en regardant presque tendrement Tom ; ce regard laissait deviné toutes les fois où Harry avait rappelé cet épisode à Tom en se moquant de lui. Ce dernier lui aurait tiré la langue s'il n'avait pas craint une réprimande de sa mère et un pic de douleur de son nez toujours saignant.

_ À la raison, vous vous moquez de nous, avait demandé la matriarche rouge de contrariété.

_ Cela suffit Mérope, avait ordonné le patriarche à sa femme avant de se tourner vers Harry et de lui demander : où se trouve-t-il à cet instant ?

_ Avec une des femmes de chambre dans la pièce d'à côté. Nous voulions vous en parler avant de vous le présenter.

_ Avez-vous la preuve que c'est bien le fils de mon fils ?

_ Oui, pour l'être, il l'est. C'est le portrait craché de Tom, avait confirmé Harry en souriant de fierté.

_ Et la mère de l'enfant, où est-elle ?

_ Aux États-Unis. Elle est partie faire carrière.

_ C'est ignoble, comment une mère peut-elle abandonner son enfant comme ça ? avait dit Mérope.

_ Vous êtes très mal placé pour jeter la pierre, ma chère ! Comme vous le savez, tout le monde n'est pas fait pour être mère.

Mérope avait eu le bon goût de rougir en se remémorant la période où elle ne pouvait pas son fils en peinture.

_ Pouvez-vous faire venir mon petit-fils, fils ?

Tom s'était alors péniblement levé tout en pressant un mouchoir sur son nez, puis était allé ouvrir la porte afin de récupérer son fils dans la pièce d'à côté. La femme de chambre avait été horrifiée en voyant le sang qui tachait la chemise blanche de Tom, mais elle n'avait pas eu le courage de demander ce qui lui était arrivé. Tom s'était ensuite silencieusement emparé de Teddy et avait fait demi-tour sans même faire l'aumône d'un merci à la femme de chambre. Teddy avait été intrigué par le mouchoir que son père pressait sur son nez et s'était amusé à essayer de le lui enlever. Mais comme il n'y était pas arrivé, le petit bonhomme s'était mis à hurler de toutes ses forces. Bien entendu, Harry avait accouru et avait arraché le bambin des bras de son père.

Ensuite, il avait hurlé et tapé sur Tom sous les rires de Teddy qui avait trouvé très amusant de voir son père se faire battre par son autre père. Après cela, les présentations avaient été faites. Étrangement, Teddy s'était très rapidement attaché à sa grand-mère qui lui rendait tout aussi bien. La preuve de cela était que quand le petit Teddy avait vomi son repas sur elle, elle en avait ri au lieu de pester comme à son habitude. Il ne faut pas croire que Teddy n'aimait pas son grand-père aussi, mais c'était seulement qu'il avait une préférence pour sa grand-mère.

Après cet épisode, Harry se repassa en tête le premier jour d'école de Teddy. L'enfant avait trois ans quand il avait fait son entrée à la maternelle. Teddy, tout content de ça, avait fortement insisté pour que ses deux papas soient là ce jour-là. Contrairement à la majorité des enfants de son âge, Teddy n'avait pas eu peur de l'école ni n'avait pleuré après le départ de ses pères. Non, mesdames et messieurs, le petit bonhomme avait simplement fait deux gros bisous à ses deux papas avant de se diriger vers sa classe sans un regard en arrière.

En fait, celui qui avait versé des larmes, avait été Tom, et Harry n'avait pas hésité une seconde à se moquer de lui durant des jours après ça. À l'heure d'aller chercher Teddy à l'école, Harry et Tom avaient été pris à part ainsi que deux autres parents par la directrice et la maîtresse de leur enfant. Tom avait demandé ce qui se passait, comme il ne voyait pas son fils parmi les enfants. Il avait craint que quelque chose de grave ne soit advenu à son petit. La directrice aidée de la maîtresse de classe avait alors expliqué aux deux couples que leurs enfants s'étaient battus quelques minutes avant la fin de la journée.

_ Pour quel motif ? avait demandé tranquillement Harry.

_ Je ne pense pas que le motif de la bagarre soit d'une réelle importance, Monsieur Riddle, avait dit la directrice avec gène. Le plus important pour l'instant, c'est de faire en sorte que cela ne puisse pas se reproduire à l'avenir.

_ Moi je pense que cela en a, avait rétorqué Harry.

_ Qui a commencé ? avait demandé l'un des parents de l'autre enfant en même temps.

_ C'est Monsieur Riddle, avait dit la maîtresse d'une petite voix. Mais…

_ C'est bon Clémentine, je vais leur expliquer, avait coupé la directrice.

_ Non, j'aimerais entendre ce qu'elle allait dire, car mon fils n'est pas du genre à se battre, avait dit Harry à l'intention de la directrice.

_ Ce n'est rien, Miss Edward exagère, voilà tout, avait dit la directrice.

_ Moi aussi, j'aimerais bien savoir ce qu'elle s'apprêtait à dire, était intervenu Tom d'une voix qui n'invitait aucunement à la discussion.

_ Je tiens toutefois à dire que ce n'est qu'une bagarre d'enfants qui ne savent pas ce qu'ils disent.

_ Je prendrais en compte ce que vous venez de dire, maintenant, peut-on connaître le fond du problème ? avait dit Harry

_ Clémentine ? avait dit la directrice.

_ Eh bien, depuis ce matin, le petit Tobias et quelques-uns de ses camarades de classe n'ont pas cessé de provoquer Teddy. Bien entendu, j'ai fait tout ce que je pouvais pour les en empêcher, mais quelques minutes avant la fin de la classe, madame la directrice m'a fait demander et j'ai dû laisser mes élèves seuls durant quelques minutes. À mon retour, Teddy avait jeté Tobias au sol. Quand je suis enfin parvenu à les séparer, Teddy avait déjà cassé le nez de son camarade. Quand j'ai demandé ce qui s'était passé, Teddy n'a rien voulu me dire, mais une des élèves m'a appris que Tobias avait repris ses moqueries et que Teddy en avait perdu son sang-froid.

_ Oh, mon dieu, comment va mon fils ? avait demandé la mère de Tobias.

_ Il va bien, madame. Il est avec l'infirmier en ce moment.

_ J'exige que ce petit voyou soit renvoyé pour ce qu'il a fait à mon fils, avait dit le père de l'enfant. Avec des parents de ce genre, il n'est pas étonnant qu'il se conduise de façon aussi violente.

_ Dites-nous, miss Edward ... avait commencé Harry pour ne pas casser la gueule à l'idiot injurieux.

_ Oui Monsieur Riddle, que puis-je faire pour vous ?

_ Quelle était la teneur de ces provocations ?

_ Euh… c'est que c'est un peu…

_ Oui. Un peu quoi ? avait encouragé Harry qui se doutait un peu de ce que cela pouvait être.

_Eh biencroyez bien que ce ne sont absolument pas mes opinons personnelles sur le sujet Messieurs Riddle.

_ Cela va sans dire, avait approuvé Harry.

_ Eh bien, Tobias et deux de ses petits camarades ont dit à Teddy que ses parents étaient des monstres voués aux flammes des enfers et qu'ils allaient tous les deux mourir brulé vif. Ils ont aussi ajouté que Teddy irait aussi les rejoindre, avait dit la maîtresse avec gène.

_ Ça c'est bien mon fils, avait dit avec fierté le père de l'enfant.

_ Si je comprends bien, c'est vous qui avez mis ces idées ignobles dans la tête de votre fils. avait demandé tranquillement Harry.

Bien étrangement, Tom n'était plus intervenu dans la conversation après avoir exigé les explications. Il avait simplement laissé Harry s'occuper de l'affaire.

_ Bien entendu, avait répondu l'homme en bombant le torse. Et ce qui est ignoble jeune homme, ce ne sont pas mes idées, mais vous deux. Quand je pense que la police ne fait rien pour soustraire ce pauvre enfant de votre influence nuisible, j'ai honte d'être anglais. À une époque ou dans un autre pays, on vous aurait déjà décapité pour ça.

_ Je vois, je pense que cela ne servira à rien d'essayer de vous faire changer d'avis ou de discuter avec vous, avait dit Harry. Madame la directrice, j'exige réparation, avait ensuite dit Harry en se tournant vers la femme.

_ Qu'entendez-vous par là ? C'est votre fils qui a envoyé celui d'un autre à l'infirmerie, avait dit la femme sous le sourire vainqueur du père de Tobias. Si quelqu'un doit exiger des réparations, c'est les parents de l'enfant blessé, pas de celui qui est en tort. C'est pour cela que je pense qu'un renvoi de deux semaines pour punir votre fils de son comportement violent et inqualifiable est ce qui est le mieux à faire. Bien entendu, le petit Riddle devra aussi présenter des excuses à son camarade de classe.

_ Je vois, je me doutais que vous alliez prendre son parti. Je vais donc retirer mon fils de cette école et reprendre l'intégralité des donations versées à votre établissement pour en faire don à une école bien plus tolérante que celle-ci. Ensuite, je vais vous poursuivre en justice pour incitation à la haine et propos homophobes. Maintenant, je veux mon fils.

_ Monsieur Riddle, vous n'êtes pas sérieux ! Vous ne pouvez pas faire ça. C'est exagéré pour si peu de chose.

_ Oh, parce que vous trouvez que pénaliser mon fils pour s'être défendu, après des heures passées à écouter des petits cons aux esprits étriqués et empoisonnés par leurs parents, lui répéter encore et encore que ses parents sont des monstres qui vont finir en enfers avec lui, est ''si peu'' ! Si c'est ce que vous pensez Madame, nous n'avons plus rien à nous dire.

_ Laissez-les partir madame, et rendez-leur leur argent, je m'engage à vous reverser la somme perdue par la suite.

_ Vraiment ?

_ Oui.

_ Dans ce cas, Clémentine allez chercher le fils de ces Messieurs et raccompagnez-les à la porte.

_ Vous en êtes certaine, madame ?

_ Faites ce que je vous ai demandé, avait ordonné la directrice.

_ Bien madame.

Après cela, Tom et Harry avaient suivi la jeune femme et avaient récupéré leur fils. Tom avait demandé le nom complet du père de Tobias avant de partir. Quand la jeune femme avait demandé pourquoi, Harry avait souri et lui avait dit que c'était par simple curiosité. De retour chez eux, ils avaient consolé Teddy qui avait été très secoué par cette journée. Après quelques coups de fil, Tom avait rapidement trouvé une autre école pour son fils ; et après quelques autres appels, il avait trouvé tout ce qu'il y avait à connaître sur Maxwell Downside.

Ensuite, Tom avait fait ce qu'il faisait de mieux. Il avait tout fait pour faire couler l'entreprise de l'homme, avant de l'acheter et de la démanteler. Harry avait quant à lui, mis sa menace à exécution et avait poursuivi l'ancienne école de son fils en justice ; et même s'il n'avait pas gagné la bataille juridique, l'école avait eu tant de mauvaise publicité qu'elle s'était vue obligée de mettre la clé sous la porte. Après cet épisode, plus personne ne s'était aventuré à chercher des noises à la petite famille. Et même si la famille Riddle savait qu'elle ne pourrait jamais changer les mentalités, elle se savait assez influente pour que personne ne vienne se risquer à déverser leur haine en face d'eux, au risque de finir comme Maxwell Downside et l'école St Catherine.

_ Harry, tu es toujours là, retentit la voix de Colin à l'autre bout du fil.

_ Oui, oui, je suis toujours là.

_ Bon, s'il ne se passe rien entre toi et ce Malfoy, pourquoi ton mari est convaincu du contraire ?

_ C'est parce qu'il a encore été un peu trop curieux et a mal interprété les choses.

_ Comme quoi ?

_ Eh bien, pour venir en aide à quelqu'un, j'ai accepté de lui rendre un petit service qui a pu porter à confusion.

_ Tu m'expliques ?

_ Alors, il y a une semaine, je suis tombé sur un jeune homme qui faisait le guet devant l'entrée de l'immeuble des bureaux de Tom. Tu me connais.

_ Oui. Et j'imagine que tu es allé lui demander ce qu'il faisait là, dit Colin.

_ Tout à fait.

_ Et alors ?

_ Il se trouve que le jeune homme, du nom de Draco Malfoy, avait suivi Regulus Black, le petit frère de mon parrain Sirius.

_ Pourquoi ?

_ Parce que Regulus lui avait dit qu'il était déjà amoureux de quelqu'un quand Draco s'est déclaré à lui.

_ Cela ne me dit pas pourquoi il l'a suivi ?

_ Il voulait découvrir qui était l'homme qui lui avait volé le cœur de son amoureux.

_ Mais pourquoi ?

_ Pour pouvoir comprendre avec qui il devait rivaliser.

_ Et ?

_ Il ne l'a jamais découvert.

_ Que viens-tu faire dans l'affaire ?

_ Quand je lui ai dit qui j'étais…

_ Qui ne te connaît pas dans ce pays ? À force de faire la une des magazines people, tu es devenu aussi populaire que ton mari.

_ Apparemment, lui ne savait pas qui j'étais. Donc, quand je lui ai fait part de mon identité, il m'a supplié de lui venir en aide.

_ De quel genre d'aide ?

_ Il voulait que je me fasse passer pour son petit ami pour rendre jaloux Regulus.

_ Dis-moi que tu n'as pas accepté, pria Colin.

_ Eh bien, je n'ai pas eu le temps de lui répondre, car à ce moment-là, Tom et Regulus sont sortis de l'immeuble.

_ Et ?

_ Le type m'a sauté dessus et m'a roulé une pelle devant eux deux. Je n'ai même pas eu le temps de me dégager que Tom était déjà parti.

_ Il n'a pas frappé ce Malfoy ?

_ Non, il est simplement parti ; et depuis plus aucune nouvelle.

_ Et maintenant que tu sais où il se trouve, je fais quoi de ton mari ?

_ Garde le moi bien au chaud, j'arrive.

Quelques minutes plus tard, Harry sonnait à la porte de Colin. Il réveilla son mari sans ménagement. Colin se retira dans sa chambre et laissa les deux époux s'expliquer. Harry raconta la même histoire qu'il avait racontée à Colin. Tom eut du mal à le croire, mais il finit par y parvenir. Cependant, à la seule condition que son nain de jardin coupe tout lien avec le jeune Malfoy. Harry tergiversa un peu, mais il finit par accepter après avoir trouvé une solution pour aider Draco. Ensuite, la vie du couple reprit son cours normal.

MPJSG

Ce soir-là, en se glissant sous ses draps, Sirius n'avait en aucun cas pensé que Snape irait jusque-là. Même s'il savait déjà que celui qui était devenu son mari depuis trois ans maintenant était rancunier, jamais cela ne lui était venu à l'esprit qu'il ferait une chose pareille. Pourtant, pour une fois, il était complètement innocent. Il n'avait fait que rendre service à son petit frère qui était venu le supplier de lui venir en aide. Bon ce n'était pas lui, qui lui avait demandé, mais c'était tout comme. Enfin qu'importe, voilà ce qu'il récoltait pour son altruisme…du poil à gratter dans ses draps, de la colle dans son gel pour cheveux et du colorant dans son dentifrice.

Quand il pensait que tout allait parfaitement bien dans sa vie, il n'y a pas une semaine, Sirius voulait pleurer. Et tout ce gâchis, il le devait à ce petit con de Malfoy. Merde, mais pourquoi avait-il écouté Harry déjà ? Il lui en donnerait des "mais parrain, c'est pour la bonne cause'' et de ses ''Regulus est tout de même ton petit frère'' ou encore ses ''la famille c'est sacré''. La prochaine fois, il le laisserait se débrouiller tout seul. Comment allait-il pouvoir faire maintenant, pour faire comprendre à cet entêté de Severus qu'il ne l'avait pas vraiment trompé avec le blondinet, mais seulement fait semblant pour aider son petit frère ?! La vie était vraiment mal faite, se lamenta Sirius en regardant les agents de nettoyages emporter son matelas.

Se dire que depuis les aveux de Remus, Severus et lui vivaient le parfait amour avant tout ce malentendu, donnait mal au cœur à Sirius. Maintenant, loin de son amour, il se retrouvait seul, presque chauve (parce qu'il avait été obligé de se raser entièrement la tête à cause de la colle présente dans son gel. De la super glu, rien que ça. Le coiffeur avait perdu deux paires de ciseaux et une tondeuse dans l'opération. Quand Sirius pensait à ses pauvres cheveux qui n'avaient rien fait de mal, les larmes lui venaient presque aux yeux.). Et ne parlons même pas de son beau sourire blanc éclatant dont il était si fier ! Celui-ci était à présent devenu vert fluorescent. Vraiment, la vie était mal faite, se dit Sirius en se grattant les fesses.

Tout en supervisant le déménagement de sa chambre, Sirius se rappela de ce qui avait suivi l'aveu de Remus. Après être parti de l'hôpital ce jour-là, les deux anciens amants s'étaient rendus dans un petit café non loin de là. Ils y étaient restés durant des heures sans dire un seul mot, se contentant tout simplement de se jeter de brefs coups d'œil de temps en temps. Ils n'avaient pas ressenti le besoin de se dire quoi que ce soit. C'était un peu comme si toute la haine qui les avait animés durant toutes ces années n'avait jamais existé : ils s'étaient enfin sentis en phase après tout ce temps passé à se maudire mutuellement. Ils n'avaient en aucun cas oublié le passé et le rôle de Remus dans l'histoire, mais étrangement, cela n'avait plus la moindre importance pour les deux hommes.

Tout ce qui leur importait était de s'être enfin retrouvé après une si longue séparation. Après cela, les deux hommes avaient pris leur temps pour se redécouvrir, car ils avaient tous les deux évolué depuis leur dernière rencontre. C'était comme s'ils étaient retournés en adolescence ; ils s'envoyaient des SMS pleins de mots doux, se baladaient main dans la main ... Rectification, Sirius envoyait des SMS pleins de mots doux et emprisonnait presque la main de son compagnon lorsqu'ils marchaient ; et Snape faisait comme si cela le dérangeait. Pourtant, il les stockait précieusement dans son téléphone, et voir ce gros molosse agir en homme romantique était pour lui une source de divertissement sans fin. Les deux hommes avaient eu plusieurs rendez-vous, mais ils n'avaient pas encore couché ensemble ; ils voulaient attendre le bon moment. Être sûr que c'était ce qu'ils désiraient vraiment, pas juste un fantasme qui aurait été amplifié par l'absence et les années.

Ce ne fut quelques mois plus tard qu'ils avaient passés le cap. Le soir où ils avaient enfin réuni leurs deux corps pour n'en former qu'un avait été ardant. Parfait, si vous demandez à Sirius, et complètement banal, si la question était posée à Snape. Mais comme vous le savez, c'est Snape. Enfin, ce soir-là, Sirius avait fait les choses en grand. Il l'avait invité dans l'un des meilleurs restaurants de Londres, puis s'étaient rendus à l'opéra, car Snape en était un grand fan. Après cela, ils avaient fait une balade au clair de lune en discutant de tout et de rien. Naturellement, sans avoir à en parler, ils s'étaient rendus chez Snape. Le propriétaire des lieux leur avait servi un dernier verre qu'ils avaient bu installé sur un sofa.

C'était Sirius qui avait fait le premier pas. Alors qu'il s'était tourné pour poser son verre vide sur la table basse, son visage s'était trouvé à quelques millimètres de celui de Snape et les deux hommes s'étaient alors regardés durant une longue seconde alors que leurs souffles se touchaient. Les yeux dans les yeux, ce fut comme si le temps s'était suspendu pour marquer l'instant. Puis, tout s'était passé très vite : Sirius avait comblé le peu de distance qui le séparait de Snape et avait happé ses lèvres. Le baiser avait été violent, profond et pressant. Les deux hommes avaient étés pris dans une sorte de frénésie pressante.

Ils s'étaient arraché leurs vêtements en vitesse et dans l'urgence, en faisant attention à ce que leurs lèvres ou une partie de leur corps ne se détachent jamais l'une de l'autre, un peu comme si le simple fait de briser ce contact leur était insupportable. Snape avait bien tenté de les mener dans sa chambre, mais l'urgence qu'ils avaient ressentie avait été bien trop forte ; ce fut donc à même le sol et à quelques pas de la chambre que les deux amants s'étaient unis dans l'urgence. Sirius avait plaqué solidement son amant sur le parquet ; l'avait saisi fermement par les cheveux et lui avait penché la tête sur le côté, avant de mordre son cou dans l'intention évidente de le marquer comme sien, et ce sous le gémissement de douleur de son compagnon.

Black, n'avait consenti à relâcher sa prise sur le crâne de sa victime plus que consentante, que quand la trace de ses dents s'était imprimé dans le cou de Severus. Pendant ce temps, la main de Snape avait glissé presque délicatement sur le dos large et musclé de son amant, griffant la colonne vertébrale du brun. Il avait ensuite remonté brusquement ses mains vers la tête de Sirius et l'avait obligé à se pencher en avant. Il avait alors emprisonné sa bouche de la sienne avant de lui mordre à son tour sa lèvre inférieure jusqu'au sang. Quand le sang avait perlé, Snape l'avait léché avec délice avant de la suçoter avidement.

Le traitement n'avait pas eu l'air de déplaire à Sirius qui avait entrepris de frotter son bassin contre celui de son amant. Quand Snape avait dû relâcher prise afin de reprendre son souffle, Sirius avait redressé sa tête pour croiser le regard assombri de désir de son amant. Celui-ci avait les pupilles dilatées, le souffle court, les joues et le torse rougis. Snape avait été à cet instant-là, l'image même de la débauche. Cette image de luxure n'avait fait qu'amplifier l'excitation de Sirius qui s'était alors jeté sur Snape comme un chien en chaleur, le rendant encore plus ardant et fougueux. Snape s'était entièrement soumis au contrôle de Sirius et son plaisir n'avait alors plus dépendu que de la langue, des mains et de la virilité de son amant.

Sirius l'avait léché, mordu, caressé et préparé avant d'investir son corps tel un envahisseur sur des terres conquises. Snape avait rendu autant que lui avait permis de faire Sirius. Sans jamais que leurs regards ne se relâchent, Sirius avait fait monter encore et encore le plaisir de Snape sur le seuil de la jouissance sans pour autant, le dépasser complètement. Et après une éternité de préparation et de tortures, Sirius avait porté sa main à son membre et l'avait enfin glissé lentement en Snape. Le corps chaud et accueillant de son amant l'avait alors complètement avalé, lui procurant un plaisir divin.

Les deux hommes avaient alors poussé un soupir de contentement avant de commencer la plus vieille danse du monde. Torse contre torse et lèvres scellées pendant que leurs mains s'agrippaient fiévreusement au corps de l'autre comme elles pouvaient, les deux hommes avaient fait l'amour comme si c'était la dernière fois. Ils s'étaient donnés l'un à l'autre sans aucun complexe. Ils s'étaient parfois détachés avec réticence afin de chercher le regard de l'autre pour plonger dedans avec délectation.

Mais cela n'avait jamais duré très longtemps, car immédiatement, ils avaient éprouvé le présent désir de reprendre le contrôle de la bouche de l'autre. Ils s'étaient alors jetés comme des affamés sur les lèvres de l'autre en cherchant le contact avec frénésie, ce qui les avait entraînés dans des baisers ardents et humides. Leurs langues s'étaient ensuite battues pour la dominance, devenant de plus en plus sauvage avant de redevenir un peu douces, plus tendres. Mais bientôt, la délivrance s'était fait connaître et avait fauché les deux hommes pour les mener à l'extase dans des grognements animaux, bestiaux.

Après cette nouvelle première fois, les deux hommes avaient continué à se voir et petit à petit, les vêtements et effets personnels de Sirius s'étaient accumulés dans l'appartement de Snape. Puis un jour, Sirius avait annoncé à Snape que c'était beaucoup plus pratique pour lui de ramener le reste de ses affaires dans l'appartement, étant donné qu'il passait plus de temps chez Snape que chez lui. Snape lui avait dit qu'il faisait ce qu'il voulait et qu'il n'était pas son père et de ce fait, il n'avait pas à lui demander sa permission pour faire quoi que ce soit. Deux ans plus tard, Sirius avait demandé Snape en mariage alors qu'ils faisaient l'amour. En fait, il avait fait sa demande lors de sa jouissance : Snape lui avait donné un coup de poing avant de lui dire oui. Il avait ajouté que c'était seulement parce que personne d'autre n'aurait la patience nécessaire pour l'épouser, surtout avec une telle demande en mariage.

Sirius poussa un grand soupir de désespoir en revenant au présent. Mais comment en était-il arrivé à là, déjà ?

En fait, tout avait commencé il y a une semaine approximativement. Sirius venait de finir une mission de surveillance quand Harry l'avait appelé pour lui demander s'il pouvait lui rendre un service. Intrigué, Sirius avait accepté sans demander de quoi il s'agissait. Le lendemain matin, Harry lui avait donné rendez-vous dans un petit bistro non loin de son lieu de travail. Ce ne fut qu'à ce moment-là que Sirius avait appris dans quel merdier il s'était foutu : Harry voulait le mêler dans une histoire foireuse incluant son petit frère et le fils Malfoy.

Bien entendu, Sirius avait catégoriquement refusé. Il ne voulait rien avoir à faire avec la famille Black et encore moins avec les Malfoy. Mais Harry avait tellement insisté, que Sirius n'avait pas pu se résoudre à lui dire non. Ensuite, Harry avait organisé une rencontre entre Draco et Sirius. Draco avait alors expliqué son plan : il voulait que Sirius l'accompagne dans une soirée où il savait que Regulus serait présent. L'idée de base était de rendre Regulus fou de jalousie. Dans l'esprit de Draco, si Regulus le voyait dans les bras d'un autre homme, et a fortiori de son frère, c'était certain, cela allait le rendre jaloux et lui ouvrir les yeux sur ses sentiments envers Draco.

Quand Sirius lui avait demandé ce qu'il ferait si cela ne marchait pas, Draco l'avait regardé de haut et lui avait dit que cela allait forcément marcher puisque Regulus l'aimait. Quand Sirius avait suggéré que peut-être, son frère n'éprouvait aucun sentiment pour lui et avait mentionné la possibilité que celui-ci soit hétéro, Draco avait gonflé les joues de contrariété et lui avait rétorqué que cela était impossible. Au pourquoi de Sirius, il avait dit que personne ne pouvait et ne se devait de repousser ou de résister à un Malfoy, car il n'y avait rien ni personne de mieux qu'un Malfoy. Sirius avait eu l'étrange impression d'avoir une de ces conversations surréalistes avec le mari de son filleul.

Le soir où la soirée devait avoir lieu, Malfoy, habillé comme un mannequin sorti tout droit d'un magazine de mode de luxe, au bras de Sirius tout aussi bien habillé, s'était présenté à la petite fête. Immédiatement, il s'était lancé à la recherche de Regulus en trainant Sirius derrière lui. Dix minutes d'intenses recherches avaient été nécessaires pour trouver l'homme, dont Draco s'était instantanément approché. Celui-ci qui était déjà en compagnie d'un autre homme ; mais sans même un bonjour, Draco avait dit avec suffisance :

_ Regulus, je te présente mon amant Sirius Black, avait-il dit avant de se saisir de Sirius et lui donner un long baiser.

_ Votre amant dites-vous ? s'était alors élevé une voix que Sirius connaissait par cœur en même temps que son cœur accélérait. Depuis combien de temps ?

Non mon dieu, non ! Tous, mais pas ça, avait prié avec ferveur Sirius tous en ouvrant les yeux tous grands de surprise. Mais il avait semblé que Dieu était un peu débordé ce jour-là et n'avait pas entendu sa prière, car quand il était enfin parvenu à se libérer de Malfoy, ses yeux avaient étés harponnés par ceux de son mari.

_ En quoi cela vous concerne ? avait demandé Draco hautain. Et de toute façon, je ne m'adresse pas à vous, mais à Regulus. Mais si cela vous intéresse vraiment, sachez que cela fait presque trois ans déjà que nous sommes ensemble. Et c'est un très bon amant…une vraie bête sauvage au lit, avait fini Draco en regardant Regulus droit dans les yeux.

Non, avait hurlé de toutes ses forces Sirius dans sa tête. Mais c'était déjà trop tard, le mal avait été fait.

_ Oui en effet, une vraie bête sauvage, avait été la réponse de Snape avant de faire demi-tour.

_ Severus, ce n'est pas ce que tu crois. Laisse-moi t'expliquer, avait prié Sirius en retenant Snape par une manche.

_ Il n'y a absolument rien à expliquer, avait rétorqué Snape avant de se détacher de Sirius.

_ Severus, avait encore tenté Sirius en retenant son époux.

_ Lâche-moi Black, avait ordonné Snape d'une voix polaire.

_ Non et mon nom est Snape maintenant, avait dit Sirius.

_ Plus pour longtemps, avait promis Snape avant de donner un coup de poing à Sirius, le projettant ainsi à terre.

Snape était alors parti sans un regard en arrière. Après cela, Sirius s'était relevé et avait couru après son mari, mais celui-ci s'était envolé. Il s'était ensuite rendu chez eux dans l'espoir de le retrouver, mais il n'y était pas. Pourtant, il y avait trouvé certaines traces de son passage : avant de partir, Severus lui avait laissé quelques cadeaux. À savoir, le poil à gratter dans leurs draps, la colle dans son gel et le colorant dans le dentifrice. Sirius ne savait pas comment il avait fait pour mettre cela en place aussi rapidement, mais cela n'avait pas vraiment d'importance. Ce qu'il voulait lui, c'était le retour de son mari qui avait complètement disparu de la circulation.

Et maintenant, après plus d'une semaine à tenter de rentrer en contact avec lui en vain, Sirius commençait à perdre espoir. Après le départ des déménageurs, Sirius retourna s'allonger sur son canapé. Il broyait du noir en se demandant où pouvait bien se trouver son homme, quand Harry lui passa un coup de fil pour lui apprenant qu'il savait où allait se rendre Severus le soir même. Celui-ci, d'après Harry, serait dans une boite de nuit très en vogue pour sa scène ouverte au public. Après cette annonce, une idée lumineuse germa dans la tête de Sirius … Et le soir venu, il l'a mis en exécution. Il se faufila dans la boite un peu avant l'arrivée de son mari. Quand celui-ci pénétra à son tour dans l'établissement, Sirius monta sur scène et prit le micro. D'une voix captivante et que Snape trouva incroyablement sexy sans vouloir se l'avouer, il déclama en le fixant dans les yeux :

_ Toi et moi avons vécu une belle histoire, mon amour. Certes, semée d'embûches, mais pourtant belle. Et malgré tout l'amour que nous éprouvions l'un pour l'autre, nous avons trébuché et nous sommes tombés la tête la première. Pourtant, bien que le temps et l'éloignement aient été contre nous, la vie nous a tout de même offert une seconde chance, ce que peu de gens ont. Et après toutes les épreuves et souffrances que nous avons endurées et surmontées, je veux encore croire que nous deux, c'est possible … c'est pour la vie, déclara Sirius depuis la scène. Cette chanson est pour toi Severus. Tu m'as tourné le dos la dernière fois sans me donner l'occasion de m'expliquer, alors rien que pour cette fois… je t'en supplie… donne-moi cette chance… non, donne-nous cette chance.

Et sur ce, Sirius poussa la chansonnette de sa belle et incroyable voix, il chanta : Don't Leave Me Now (Ne Me Laisse Pas Maintenant) de Supertramp en y mettant tout son cœur.

Don't leave me now
Ne me laisse pas maintenant
Leave me out in the pouring rain
Me laisser dehors sous cette pluie battante
With my back against the wall
Mon dos contre le mur
Don't leave me now
Ne me laisse pas maintenant

Don't leave me now
Ne me laisse pas maintenant
Leave me out with nowhere to go
Me laisser dehors sans endroit où aller
And the shadows start to fall
Et les ténèbres commencent à tomber
Don't leave me now
Ne me laisse pas maintenant

Don't leave me now
Ne me laisse pas maintenant
Leave me out on this lonely road
Me laisser dehors sur cette route solitaire
As the wind begins to howl
Alors que le vent commence à hurler
Don't leave me now
Ne me laisse pas maintenant

Don't leave me now
Ne me laisse pas maintenant
All alone on this darkest night
Tout seul dans cette nuit des plus sombres
Feeling old and cold and grey
Me sentant vieux et froid et gris

Don't leave me now
Ne me laisse pas maintenant

Don't leave me now
Ne me laisse pas maintenant
Leave me holding an empty heart
Me laisser garder un cœur vide
As the curtain starts to fall
Alors que le rideau commence à tomber
Don't leave me now
Ne me laisse pas maintenant

Don't leave me now
Ne me laisse pas maintenant
All alone in this crazy world
Tout seul dans ce monde fou
When I'm old and cold and grey and time is gone...
Quand je suis vieux et froid et gris et le temps s'est enfui...

À la fin de la chanson, un silence religieux s'installa dans la boite : on peut dire que la chanson avait fait son effet ! Ce silence fut rompu après quelques secondes par une voix faible mais qui portait.

_ Donnez-lui une chance Severus. Vous ne pouvez pas le laisser comme ça !

_ Si vous ne voulez pas de lui, moi je veux bien prendre votre place, avait hurlé une seconde voix.

Les deux phrases de la première voix furent alors reprises par la boite tout entière.

_ Donnez-lui une chance Severus. Vous ne pouvez pas le laisser comme ça ! Donnez-lui une chance Severus. Vous ne pouvez pas le laisser comme ça ! Donnez-lui une chance Severus. Vous ne pouvez pas le laisser comme ça !

_ Je t'en prie mon amour, donne-nous une chance, pria à son tour Sirius.

_ Vas crever Black, lui était venue la voix colérique de Snape avant que celui-ci ne quitte l'établissement à grandes enjambées.

_ OUH ! fut le cri qui accompagna la sortie de Severus.

Sirius sauta alors de la scène et partit à la poursuite de Snape. Alors qu'il se faisait un chemin vers la sortie, Sirius entendit une voix lui dire.

_ Allez mon mignon, laisse ce type partir, il n'en vaut pas la peine. Viens plutôt me tenir compagnie … !

_ Mon mari vaut toutes les peines de ce monde, rétorqua Sirius sans s'arrêter.

Quand l'homme parvint enfin à s'extraire de la boite de nuit, il aperçut au loin son mari qui discutait avec quelqu'un. En s'approchant de plus près, Sirius remarqua qu'il n'y avait pas une personne, mais deux. Il fut très surpris en découvrant qui ils étaient : les deux personnes en compagnie de Severus, n'étaient autre que Draco et son petit frère Regulus. À son approche, les deux s'éloignèrent, bien qu'en réalité, Regulus poussait Draco devant lui. Après que les deux hommes aient disparu de sa vue, Sirius se risqua à s'approcher de son mari. Celui-ci contrairement à ce que Sirius avait pensé, ne s'était pas enfui, il l'avait même attendu tranquillement.

_ Je t'écoute, dit Snape dès que Sirius fut à sa hauteur.

_ Je ne t'ai jamais trompé et je ne m'attendais pas à ce que Malfoy m'embrasse réellement… Cela ne devait être qu'une mise en scène afin de le rapprocher de Regulus. Encore un plan foireux d'un de nos amis Je te le jure sur tout ce que j'ai de plus précieux au monde mon amour ! Je ne t'ai jamais trompé depuis que nous nous sommes remis ensemble. Jamais je ne ferais quelque chose qui puisse m'éloigner de toi ou te faire du mal… Crois-moi je t'en conjure. Tu es le seul homme de ma vie et tu le resteras à tout jamais. Alors, s'il te plait, s'il te plait … Je te le demande à genoux, ne me quitte pas. Ne me laisse pas maintenant après tout ce que nous avons vécu, car je ne pourrais jamais m'en remettre.

_ La prochaine fois que tu fais une chose aussi stupide, Black, je te jure que je te coupe les bourses.

_ La…la prochaine fois ? Alors…est-ce que cela veut dire que tu me pardonnes…que tu reviens ?

_ Oui, lui dit Snape du bout des lèvres.

_ Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? demanda tout de même Sirius malgré le soulagement et la joie qui l'envahirent après cette déclaration.

_ Regulus vient de tout m'expliquer.

_ Donc, tu as préféré que l'explication vienne de mon frère que de moi. Ne me fais-tu donc pas confiance, demanda Sirius, cachant mal la peine transperçant sa voix.

_ Je te fais confiance.

_ Pourtant, ton attitude au cours de cette semaine ne me donne pas cette impression.

_ Je le sais Sirius. Pourtant, je te fais confiance, mais je devais m'éloigner un peu de toi afin de faire le point.

_ Si tu me fais confiance, pourquoi es-tu parti sans me donner le temps de m'expliquer ? Et pourquoi avais-tu besoin de t'éloigner de moi ?

_ Comprends que même si je te fais confiance, j'ai toujours cette peur incontrôlable qu'un jour tu finisses par me quitter pour un autre plus jeune et plus beau. Et quand ce jeune homme t'a embrassé devant moi, j'ai vu avec horreur mon cauchemar se matérialiser devant mes yeux. Et même si au fond de moi je savais qu'il y avait une explication logique à cette situation, ma peur a été bien trop grande. J'avais besoin d'être loin de toi pour mettre de l'ordre dans mes pensées avant de faire quelque chose que j'aurais regretté par la suite.

_ Oh, mon amour, tu sais pourtant que je t'aime et que je ne ferais jamais ça. Tu es l'homme de ma vie Severus. Après notre séparation je n'étais plus que l'ombre de moi-même. Et je te signale que j'ai eu plus que ma dose d'hommes jeunes et beaux, mais pourtant aucun n'est jamais parvenu a me détourner complètement de toi ... Alors tu n'as pas à t'en faire pour cela. Et puis, dis-toi que le physique n'est pas tout dans la vie !

_ Et qu'est-ce qui l'est ?

_ L'amour bien évidemment… Sinon quoi d'autre ?

_ Oui, en effet…sinon quoi d'autre, si ce n'est l'amour, dit Snape avant d'attirer Sirius dans ses bras et de l'embrasser.

_ Dis ? demanda Sirius à la fin de l'échange

_ Oui.

_ Pourquoi étais-tu parti en me criant d'aller mourir ?

_ A ton avis ? J'ai cru mourir de honte ! Ce que tu as fait été bien trop embarrassant pour que j'y réponde devant tous ces étrangers, avait marmonné Snape en croisant les bras derrière la nuque de Sirius et en se blottissant un peu (un tout pitit peu, voyons, faut pas exagérer non plus) contre lui.

_ Donc, cela t'a touché ?

_ Hmm.

_ C'est un oui ?

_ Si cela te plait à le croire, dit Snape en reprenant les lèvres de son homme.

Fin


Je dédie ce chapitre à Kuniko's qui va bientôt fêter son anniversaire. Joyeux anniversaire à toi !