Ohayo Mina,
Après vous avoir laissé sur une note un peu triste la dernière fois, voici le second chapitre !
Bonne lecture !
Djané ^^
Chapitre 2 Voice
POV 3ème personne
Les yeux encore ensommeillés, Conan fixait son bol de soupe. Son café de 7h était l'une des choses qui lui manquait le plus depuis qu'il était dans ce corps d'enfant. Ses cours l'ennuyaient à mourir étant donné qu'il avait déjà tout appris il y a dix ans de cela. Il lui fallait donc presque la matinée entière pour se réveiller ; et ensuite, il devait endurer durant tout l'après midi, d'autres cours qu'il connaissait à nouveau, par cœur. De temps en temps, lorsqu'il avait de la chance, il y avait cours de sport ; l'une des seules matières qui arrivait à le distraire un minimum.
Mais aujourd'hui, non, c'était un jour comme les autres : il y avait Maths, Japonais et Musique ; et ce n'était pas forcément ses matières préférées. Seul point positif de la journée, on était vendredi.
Il fut ramené à la réalité lorsque sa cuillère lui glissa d'entre les doigts et tomba dans son bol ; le faisant grimacer lorsqu'il reçut de la soupe sur le visage.
- Mo, Conan-kun, Tu n'es vraiment pas du matin, ria Ran avec douceur en s'approchant de lui avec son mouchoir pour lui essuyer la joue.
- Désolé, s'excusa le garçon aux yeux azurs d'un air embarrassé. Il hésita un instant à interrompre le geste de Ran ; mais il appréciait leur proximité, aussi, il la laissa faire, bien qu'il rougit légèrement.
- Voilà, c'est mieux, maintenant va te laver les dents pendant que je nettoie, lui ordonna-t-elle avec un sourire.
- Haaaiii !
oOo
Il terminait de se sécher le visage avec sa serviette, lorsque la porte de la salle de bain s'ouvrit, lui permettant de voir le reflet de Ran dans le miroir. Elle était pâle et avait les yeux brillants ; pas besoin d'être un détective pour comprendre qu'il y avait un problème :
- … Ran-neechan ?, demanda-t-il inquiet, se tournant vers elle pour constater qu'elle tenait son téléphone d'une main tremblante.
- Kazuha-chan vient de m'appeler… C'est Hattori-kun…
Le cœur de Conan s'arrêta tandis que Ran peinait à finir sa phrase :
- Son père… Il… il a été tué la nuit dernière.
Conan respira à nouveau. Il avait cru un instant que son meilleur ami avait exécuté une dernière cascade totalement folle au cours d'une affaire. Il était néanmoins bouleversé par la nouvelle. Le père d'Hattori était certes policier, ce qui comportait des risques, mais ça restait un coup dur.
- Comment vont-ils ?, finit-il par demander après avoir sélectionné la seule question, parmi tant d'autres qui lui traversaient l'esprit, qu'un enfant de 7 ans aurait posé dans ce type de situation.
- Kazuha-chan est sous le choc, elle n'a pas dormi de la nuit… Elle est très inquiète pour Hattori-kun, apparemment il était sur place lorsque c'est arrivé… Elle m'a demandé si nous pouvions leur rendre visite. Elle espère que tu seras capable de le réconforter, vu que vous êtes assez proches… Je vais en parler à Tou-san, mais... Je sais pas, avec les cours… Est-ce qu'on doit attendre demain ?
Le petit détective resta silencieux tandis que Ran se posait des questions, plus pour cacher son stress que pour prendre une réelle décision ; il avait besoin de temps pour digérer les mauvaises nouvelles qui venaient l'une après l'autre.
- Attendons jusqu'à demain, proposa Conan d'une voix faible pour la rassurer, Si la veillée funèbre est ce soir, nous ne ferions que déranger.
- Tu as raison, je n'y avais pas pensé… Je vais en parler avec Tou-san et rappeler Kazuha-chan… Va en cours Conan-kun, je me charge de tout.
- Préviens-moi si tu as des nouvelles, demanda le garçon en attrapant son cartable pour ensuite rejoindre la sortie de l'appartement.
- Je le ferai.
Quelques minutes plus tard, alors qu'il marchait dans la rue, il prit son téléphone et composa le numéro d'Hattori. Mais comme il s'y attendait, pas de réponse. Un jour comme celui-ci, répondre au téléphone était surement la dernière des préoccupations de son meilleur ami.
Le garçon envoya un rapide message aux détectives-boys pour les prévenir qu'il ne pourrait pas les rejoindre sur le chemin de l'école, comme ils en avaient l'habitude. Il se rendit ensuite au kiosque le plus proche pour acheter le journal du matin. Certes, c'était celui de Tokyo, mais le meurtre du chef de la police d'Osaka ne pouvait pas passer inaperçu.
Et effectivement, l'affaire faisait la une du journal.
Dans l'article il était expliqué comment le super-intendant général avait été attaqué juste après avoir résolu une affaire. Une flèche en plein cœur. Le journaliste ne mentionnait pas la présence d'Hattori ; peut-être parce qu'il était mineur, ou alors parce que la police avait gardé l'information confidentielle.
L'article se concluait sur le fait que le meurtrier était toujours dans la nature et qu'aucun indice ne permettait de l'identifier.
« Ok, maintenant je suis inquiet ». Conan fronça les sourcils quand il comprit que l'affaire était loin d'être terminée. Ce qui signifiait que son meilleur ami allait sans aucun doute vouloir prendre part à l'enquête, malgré le fait qu'il soit déjà impliqué personnellement et que ses émotions pouvaient brouiller son jugement.
L'enfant aux yeux azurs aurait aimé se rendre à Osaka le plus tôt possible pour aider son meilleur ami, mais il allait devoir faire preuve de patience. Une journée ne changerai pas grande chose, même s'il aurait bien aimé que son ami réponde au téléphone.
- Je réessaierai plus tard, se promit-il.
oOo
Mais il n'eut pas plus de succès que la première fois. C'est donc sans nouvelles d'Hattori qu'il se retrouva devant la porte de celui-ci la matin suivant.
Ils avaient pris le Shinkansen pour Osaka et après un rapide passage chez Kazuha, où ils avaient choisi de rester pour ne pas déranger la mère d'Heiji, Conan, Ran et Kazuha se rendirent chez le détective de l'Ouest. De son côté, Kogoro resta avec le père de Kazuha avec qui il discutait de l'enquête, la mine grave. Il irait probablement au commissariat proposer son aide par la suite.
Un visage, qui semblait familier mais ne l'était pas, ouvrit la porte. Son propriétaire était un homme dans la quarantaine, du même style qu'Hattori Heizo sans la moustache et avec des traits plus doux :
- Kazuha-chan?
- Ohayô, Yamato-han, dit la fille à la queue de cheval avec un sourire, Ce sont les amis dont je vous ai parlé, Mouri Ran-chan et Edogawa Conan-kun.
- Ravi de faire votre connaissance, je suis Hattori Yamato, l'oncle d'Heiji.
- Mouri Ran, enchantée, répondit la jeune Tokyoïte en s'inclinant légèrement.
Conan l'imita tout en observant l'homme avec curiosité. Il ignorait qu'Hattori avait un oncle, mais en voyant son visage, nul doute qu'il y avait un lien de parenté, à l'évidence du côté paternel.
- Entrez !
Le groupe entra dans la maison, suivant l'oncle d'Heiji. Ils retirèrent leurs chaussures à l'entrée et s'avancèrent tout en veillant à rester discrets pour ne pas déranger les éventuelles personnes présentes.
- Pas d'inquiétude, il n'y a personne en dehors d'Heiji et moi, déclara Yamato en voyant leur malaise.
- Oba-san s'est absentée ?, demanda Kazuha.
- Oui, de la paperasse à régler apparemment… elle m'a demandé de rester veiller sur Heiji. Mais on ne peut pas dire que je sois d'une grande utilité, il n'est toujours pas sorti de sa chambre … Voulez-vous allez le voir maintenant ?
- Quel Ahou, soupira la fille à la queue de cheval en secouant la tête, oui, on va essayer. Il ne peut pas être grossier au point de refuser de voir des amis qui ont fait tout ce déplacement pour lui rendre visite.
Mais apparemment il pouvait l'être car ils n'eurent aucune réponse lorsqu'ils frappèrent à sa porte. Le petit détective à lunettes s'était attendu à ne pas pouvoir voir Heiji ; mais plus parce que ce dernier serait parti à la recherche du meurtrier, non parce qu'il s'était barricader dans sa chambre. Cependant, Conan était rassuré de ne pas voir son ami parcourir les rues comme un chien enragé, mais d'un autre côté, il était troublé par l'inactivité dont il faisait preuve. Ça ne lui ressemblait guère.
Non, pas moyen qu'il le laisse tomber dans ce genre de dépression.
- Il ne faut pas le prendre personnellement, vous ressaierez plus tard, conclu Yamato avec un sourire triste tandis qu'il descendait les escaliers. Laissez-moi au moins vous offrir un thé.
Ils le rejoignirent dans un salon spacieux et à la décoration très traditionnelle :
- Je reviens tout de suite, les prévient-il en se rendant dans la cuisine.
- J'ignorai qu'Hattori-kun avait un oncle, fit remarquer Ran avec curiosité, essayant de trouver un sujet moins déprimant.
- Oh et bien en fait, il y a eu quelques désaccords au sein de la famille, alors ils s'étaient perdu de vue pendant un moment… juste pour des broutilles en plus… mais il semblerait que ça ce soit réglé il y a quelques mois… mais ça semble être un tel gachis avec ce qu'il s'est passé…, déplora Kazuha en secouant la tête. Même si ça me rassure de savoir qu'il est là pour soutenir oba-chan et Heiji...
- En parlant de lui, as-tu pu le voir depuis ?
- Non, je comprends qu'il soit en état de choc, avec ce qu'il vient de traverser, mais comment puis-je l'aider s'il ne se confie pas à moi ?, répondit Kazuha d'une voix brisée ; les larmes qu'elle retenait depuis leur arrivée ce matin apparaissaient au coins de ses yeux.
- Hey, ça va aller, la rassura Ran en la prenant dans ses bras pour la réconforter.
- Non, ça ne va pas, pensa Conan tandis qu'il rejoignait discrètement l'étage.
S'il le fallait, il botterait le cul d'Hattori jusqu'à lui faire reprendre ses esprits, et ce n'est pas une simple porte qui allait l'en empêcher, même dans ce corps.
oOo
POV Heiji
- Hattori, c'est moi, fit une voix derrière la porte.
Je n'étais pas tellement surpris de reconnaître la voix de Kudo, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il mette autant de temps pour revenir tenter sa chance. N'étant pas d'humeur à voir qui que ce soit, j'hésitais un instant à aller lui ouvrir ; mais je savais que je risquais de le voir forcer ma porte à coups de ballon surpuissants si je ne le faisais pas :
- Tu sais aussi bien que moi que la porte ne me résistera pas longtemps si je deviens sérieux Hattori, alors épargne moi cette peine, je n'ai pas envie d'avoir à me justifier pour les dégâts.
Et voilà, une menace droite et directe, comme prévu.
- Entre, soupirai-je en me levant pour aller lui ouvrir. Sans prendre le temps de lui accorder un regard, je retournais dans mon lit, attrapant mon oreiller pour m'y reposer.
Après un long silence, je sentis « Conan-kun » se jeter au bord de mon lit :
- Alors ? Trouves-tu beaucoup d'indices dans cette chambre ?
C'était de l'ironie, bien sûr, aussi je me décidais de l'ignorer.
- Je me demandais si j'allais devoir de te chercher partout dans les rues d'Osaka, mais il semble que je me sois inquiété pour rien.
Avais-je l'air si mal en point à ses yeux pour qu'il cherche à me titiller sur mes principes de détective. C'est vrai que je n'ai pas beaucoup dormi, et que j'ai connu des jours meilleurs, mais… j'étais moi-même. Plus ou moins. C'était moi avec un poids à l'estomac et une sensation de vide dans le cœur, mais je restais moi-même.
- Je suis privé de sortie, finis-je par déclarer pour lui fournir une explication.
- Privé de sortie ?
"- J'attends toujours de savoir pourquoi mais…" , je m'interrompis pour ravaler ma salive, à force de ne pas avoir parlé durant ses derniers jours, ma gorge était devenue sèche. Et puis aussi… bon, j'imagine que fille ou non, c'est normal de verser une larme ou deux lorsqu'on traverse ce genre d'épreuve… hum, peut-être un peu plus d'une larme… beaucoup plus même… "c'est pour ma protection apparemment…"
- Ce n'est pas le genre de chose qui t'arrête en général, souligna Kudo en souriant tristement.
- J'avais besoin de calme, alors j'ai pas vraiment cherché à contester.
- Je comprends… est-ce que tu veux en parler ?
Offre généreuse, mais ce n'est pas ce que j'attendais de lui. Je n'avais pas besoin, où plus honnêtement, aucune envie d'une épaule sur qui pleurer. Pas encore. Ce dont j'avais besoin maintenant, c'était d'un détective. Un bon détective. Un grand même. Et mon meilleur ami tombait justement à point nommé.
Mais cela signifiait que j'allais devoir tout lui raconter. Tout répéter ce que j'avais déjà dit à Toyama-han juste après… que ce soit arrivé.
Je pris une grande inspiration et planta mon regard dans le sien.
- J'ai besoin d'en parler, oui. Mais uniquement en ce qui concerne l'affaire.
Kudo hocha la tête, ses yeux perçants concentrés sur moi. Ok, il avait enclenché le mode détective. Je savais que je pouvais compter sur lui pour ça.
- … cette voix… celle du type qui a… assassiné Oyaji. Elle m'est familière mais je suis incapable de l'identifier…, déplorai-je.
Après lui avoir raconté toute l'histoire, je ne pus m'empêcher d'ébouriffer mes cheveux avec frustration. Depuis cette terrible nuit, je me battais contre cette envie de hurler de rage… cette envie de pleurer de douleur… voir même les deux.
- Tu penses à quelqu'un en lien avec une précédente affaire ?
J'acquiesçai d'un hochement de tête, alors il poursuivit :
- Et as-tu cherché parmi ceux qui pourraient en vouloir à ton père ou toi et qui saurait utiliser un arc ?
- Nous sommes près de Kyoto, ici la moitié des gens ont tenu un arc au moins une fois dans leur vie. Et avec toutes les affaires que j'ai résolues, avoir des ennemis est naturel. Même chose pour Oyaji… étant donné son poste au sein de la police…
J'avais déjà retourné la question dans ma tête un million de fois ces deux dernières nuits, et une douzaine de noms m'étaient venus assez facilement.
- Mais la plupart devraient être en prison, non ?
- ça veut juste dire qu'on ajoute leur proches à la liste des suspects.
Une fois de plus, j'en revenais à la même conclusion déprimante que la nuit dernière.
Kudô se leva, son menton entre ses doigts, et commença à tourner en rond dans ma chambre. Je pouvais presque sentir son cerveau fumant d'hyperactivité.
- Tu m'as dit qu'il faisait sombre cette nuit là, n'est-ce pas ?
- Oui…
- Et toi même tu portais des vêtements sombres ?
- Une fois de plus… oui.
- Dans ce cas on peut écarter les débutants, il faut se concentrer uniquement sur les personnes ayant beaucoup d'expérience au tir à l'arc. Et oublie également ceux qui portent des lunettes, il faut avoir une excellente vue pour être capable de tirer dans ces conditions.
- Seulement s'ils ne trichent pas comme toi tu le fais, en essayant de paraître inoffensif avec ton visage d'intello, remarquai-je avec un petit sourire…
Un sourire qui s'effaça presque aussitôt…
- L'enfoiré ! C'est ce putain d'enfoiré !
- Quoi ? Tu t'es souvenu de quelque chose ?
Ignorant la question de mon ami, je me levai pour récupérer mon téléphone sur le bureau, manquant presque de le faire tomber dans la précipitation :
- Oï, Otaki-han !
- Hei-chan ? Comment… Est-ce que tu vas bien ?
Il y avait une once d'inquiétude dans sa voix ; et c'était précisément l'une des raisons pour laquelle je ne voulais parler à personne. Je ne voulais pas de leur pitié. Seulement des réponses. Et l'idée de me retrouver devant leurs visages plein de sympathie, traité comme les autres proches d'une victime, me rendait dingue.
- Plus tard Otaki-han. Je veux la vérité. Dites-moi, Saijô Taiga s'est échappé de prison jeudi dernier n'est-ce pas ?
- Eh ? Mais comment as-tu… euh... je veux dire… je n'en ai aucune idée…
J'en avais assez entendu. Sa maladresse en disait long…
- Pour ma protection, hein ? Je comprends mieux maintenant…, conclus-je en raccrochant. Les pièces du puzzle se mettaient enfin en place.
- Saijô Taiga ? Pourquoi ça me dit quelque chose ? demanda mon ami pendant que j'enfilais ma veste et ma casquette, la visière à l'avant comme à chaque fois que j'étais sur une affaire.
- Parce que tu m'as aidé à arrêter cette ordure, répondis-je avant de me précipiter hors de ma chambre, entendant à peine son "Oy, Hattori" quand il essaya de me stopper.
Voilà, j'espère que ça vous aura plu !
Petite info sur le titre "Tiger's Wrath" : "Taiga" se prononce de la même façon que "Tigre" en Japonais. Étant donné le nom du personnage, c'était l'occasion pour un petit jeu de mots ^^
D'ailleurs, qui se souvient de lui ? Vous avez jusqu'au prochain chapitre pour deviner !
N'hésitez pas : review ^^
