Oyahô Mina !

Un nouveau chapitre aujourd'hui ! Merci à tous ceux qui suivent la fic depuis le début ^^

L'enquête commence ! Jusqu'où va-t-elle mener nos détectives ?

Bonne lecture !

P.S : Merci à Eyto pour l'avatar ^^


Chapitre 3 – Old Acquaintance


POV Heiji

Une demi-heure plus tard, nous étions tous les deux sur ma moto, roulant à pleine vitesse en direction de Kyoto. Tout avait commencé là-bas et j'étais sûr d'obtenir des informations si je me rendais au poste de police local.

Saijo Taiga…

Cet homme avait tué plusieurs personnes, à commencer par le propriétaire d'un restaurant d'Osaka dont j'étais friand.

C'est ainsi que j'avais mis le pied dans cette affaire. J'avais alors pris ma moto pour un voyage à Kyoto pensant y trouver des réponses. Et finalement, j'étais tombé sur mon meilleur ami, qui fouinait partout dans le cadre d'une affaire, à première vue sans rapport. Mais il s'est avéré par la suite que nous poursuivions le même coupable. Quelques égratignures plus tard, comme c'était toujours le cas pour moi sur les grosses affaires, cet enfoiré avait enlevé Kazuha pour me forcer à lui donner ce que je pensais être une perle appartenant à mon premier amour ; alors qu'il ne s'agissait en fait que de « l'œil » d'une statue de Bouddha. Un peu décevant, je devais l'admettre. Enfin, ça m'avait quand même permis de retrouver mon premier amour alors ça n'avait plus tellement d'importance. D'ailleurs je n'en revenais toujours pas d'avoir découvert que depuis tout ce temps j'étais amoure…

Je secouais la tête ; ce n'était pas vraiment le moment de penser à une certaine fille à la queue de cheval.

Concentre-toi !

Ok, revenons sur notre affaire… Après une apparition rapide mais très remarquée de Kudo, notre vedette jouant les chevaliers en armure étincelante, et un combat contre ce Kendoka tout droit sorti d'un vieux film de samouraïs, nous étions parvenu à le faire arrêter. Pour vols. Et meurtres.

Alors ces gars de Kyoto avaient intérêt à avoir des explications sur le fait que ce type s'était retrouvé à traîner dans le parc du château d'Osaka.

o.O.o

"Oh, Joie". Ce fut ma première pensée quand je vis qui la réception nous avait envoyé pour nous accueillir :

- Hattori Heiji-kun, salua brièvement l'inspecteur en s'approchant de Conan et moi. Toutes mes condoléances pour votre récente perte.

Je ne savais pas ce qui était le pire. Le fait d'avoir en face de moi l'inspecteur de Kyoto que je détestais le plus, ou que les paroles de cet abruti dompteur d'écureuil semblaient presque sincères.

Bon sang ! Si ce que ses collègues m'avaient dit était vrai, il avait été en charge du convoi qui était supposé conduire Saïjo Taiga au tribunal, celui-là même d'où il s'était échappé.

- Ayanokoji Fumimaro… -Han, finis-je par répondre d'un hochement de tête d'un ton aussi glacial qu'un vent arctique.

Je suppose qu'il avait dû sentir mon hostilité car il soupira avant de reprendre la conversation :

- J'ai entendu dire que vous me cherchiez ?

- Oui, je voudrais savoir comment un tueur en série, enfermé dans une prison de Kyoto, s'est retrouvé à Osaka avec un arc et assoiffé de sang ?

- Je comprends votre colère mais personne n'aurait pu le prévoir au vu de son profil… que cet homme soit le genre capable d'obtenir de l'aide extérieure, une aide très bien informée, organisée et dangereuse.

- Gardez vos excuses merdiques pour vous et arrêtez avec ces conneries ! Admettez simplement que vous avez foirez et que c'est à nous de ramasser les pots cassés !

Je savais que j'avais été trop loin avant même que Kudo ne tire sur mon pantalon pour me faire signe de me taire en lançant un discret "Hattori", mais je ne pouvais pas me retenir. Déjà que je ne pouvais pas supporter ce gars, alors l'idée que son manque de professionnalisme soit la cause de… ce qui est arrivé à Oyaji, me mettait dans une colère noire.

Ayanokoji, de son côté, m'observait d'un air calme, comme d'habitude ; me regardant de haut comme on regardait un gamin de 6 ans faire une scène.

- Je suis, encore une fois, sincèrement désolé de ce qui est arrivé au super-intendant général Hattori et je souhaite également une justice rapide envers le coupable. J'ai dans ce sens donné les informations en ma possession à son successeur. C'est lui qui décidera de vous impliquer ou non dans cette affaire. Ce n'est pas de mon ressort.

- Ok, j'ai compris, je vous appellerai si je n'ai besoin de rien.

L'inspecteur ne broncha même pas, l'insulte glissa sur lui comme l'eau sur les plumes d'un canard, et je ne pouvais pas dire que ça m'aidait à me calmer. Je décidais donc de me détourner de lui pour interroger Otaki-han ou Toyama-han :

è Vous allez devoir partir avec une escorte, Hattori-kun. Ce qui s'est passé jeudi soir confirme ce que nous redoutions quand il s'est échappé : il en a après vous.

- Je l'avais remarqué. Et pour l'escorte, n'en faite rien. Je n'ai pas envie de vous être redevable, conclus-je d'un regard noir de défi avant de lui tourner le dos, en direction de la sortie, retenant mon envie de casser quelque chose.

...

- …ttori ! Hattori !

Je me tournais vers mon meilleur ami, voyant à son expression qu'il m'appelait depuis un moment. Bon, j'ai peut-être quitté le poste de police un peu vite. En voyant combien il haletait et il avait certainement dû courir pour me rattraper.

- Oui ?

- C'était quoi ça ?

- On a fait tout ce chemin pour rien ! Nos questions sont restées sans réponses, résumai-je en attrapant mon casque.

- Et comment espérais-tu en avoir, vu comment tu lui as parlé ? Il faut que tu te calme !

- Me calmer ? Je suis calme, assurai-je en lui tendant son casque après avoir mis le mien. J'étais un peu blessé, et avec le sentiment qu'il était injuste envers moi car je pensais vraiment m'être contrôlé en dépit des évènements.

- Tu es beaucoup de chose Hattori, mais tu es loin d'être calme. Reprends toi. Tu ne peux pas enfoncer des portes en insultant tous ceux qui peuvent t'aider. Ça ne fera pas avancer l'enquête...

Je serrais les poings avec colère et me tournai vers Kudo pour lui crier dessus ; mais je m'interrompis en voyant son visage si calme. Il n'y avait aucun reproche dans ses yeux, il ne faisait que constater les faits.

Et j'étais trop bouleversé pour le remarquer.

Me pausant une seconde, je pris une grande inspiration, chassant toutes ces émotions qui m'envahissaient.

"- Je ne supporte pas de savoir ce type encore en liberté", finis-je par expliquer à voix basse, "et le fait qu'en plus il n'y a aucune preuve, juste mon témoignage, c'est...",je déglutis, ne pouvant finir ma phrase alors que je montais sur ma moto. "Je rentre à Osaka, si tu n'aimes pas ma façon de faire, je peux te déposer chez Kazuha."

- C'est bon Hattori, Je te dis simplement de garder ton sang froid. Du moins, mieux que tu ne le pouvais il y a 10 minutes, souligna-t-il en mettant son casque pour ensuite monter sur la moto et encercler ma taille de ses petits bras.

Ma bouche répondit "Compris" mais au fond de moi je pensais "Impossible", tandis que je démarrait le moteur.

Impossible. Je ne pouvais pas garder mon sang froid. Pas après ce que cet homme avait fait à Oyaji. Pas quand c'était de ma faute.

Parce que j'en avais la certitude maintenant. Saïjo voulait prendre sa revanche, et mon vieux s'était retrouvé sur son chemin. C'était aussi simple que ça ; Si les policiers n'avaient pas été dans le coin, je serais probablement mort également. Si j'avais écouté les subordonnés d'Oyaji, et était rentré à la maison comme un bon fils, tout cela ne serait jamais arrivé…

o.O.o

Je fus sorti de mes ruminations 10 minutes plus tard par le klaxon d'une voiture qui me dépassa à grande vitesse avant de s'arrêter brusquement devant moi.

Mes réflexes prirent le relais. Je dirigeai la moto sur la droite, espérant qu'il n'y ait personne, et frôlai son feu arrière pour éviter le choc de justesse.

- Oï, mais c'est quoi ce bordel ?, criai-je dans mon casque. J'étais arrêté au niveau du conducteur, les bras levés devant moi, quand je vis qu'il n'y avait rien devant la voiture hormis le feu vert de circulation.

Puis ce fut le vide total dans mon esprit. Car le visage du conducteur appartenait à l'homme que je recherchais.

Est-ce que ce salaud m'avait suivi depuis Osaka pour me narguer après mon voyage inutile à Kyoto ? Ce serait … Totalement digne de lui. Il avait déjà prouvé qu'il était du genre harceleur quelques mois plus tôt ; lorsqu'il nous avait poursuivi à moto, Kazuha et moi, sur le chemin du retour pour Osaka.

Avec un sourire narquois, il démarra le moteur et notre course folle à travers les rues de l'ancienne capitale commença.

Je savais que je devrais être plus prudent avec Kudo à l'arrière, mais je ne pouvais pas ignorer ces provocations. Saijo était là, dans cette ville d'où il s'est échappé, conduisant avec un sourire narquois comme si de rien n'était. Avec toutes les charges qui pesaient sur lui, le tribunal l'aurait condamné à mort ou à l'emprisonnement à vie. Et aux dernières nouvelles, ce n'était pas pour des courses à grande vitesse au volant d'une puissante voiture étrangère.

Il nous conduisit à travers la ville avant de terminer dans une sorte de zone déserte, juste à côté du croisement entre les rivières Katsura-gawa et Kamo-Gama. Là, il s'arrêta après un demi-tour soudain pour nous faire face, et joua avec la pédale de son accélérateur, cherchant clairement à me défier.

- Si c'est à ça que tu veux jouer... Kudo, descend!, lui ordonnai-je, jouant avec mon propre accélérateur pour faire sortir quelques sons nerveux du moteur.

- Hattori, ne rentre pas dans son jeu, me conseilla le garçon derrière moi, m'obéissant néanmoins.

- Je n'ai pas l'intention de le laisser gagner.

- Il est dans une foutue voiture et toi sur une moto, réfléchis un peu ...

Mais le reste de sa mise en garde fut perdue au milieu de nos accélérations, nos véhicules se rapprochant l'un de l'autre.

Nous étions de plus en plus proches, aucun de nous ne voulant renoncer ; au point que je pouvais le voir droit dans les yeux. Je pouvais y voir de la folie, tout comme la fois où nous nous étions affrontés dans ce temple de la banlieue de Kyoto. J'eus un moment de doute, pensant que je devrais peut-être en rester là avec ce stupide jeu d'égo, et faire en sorte de l'éviter.

Mais non. Peut-être qu'un autre jour, j'aurais eu plus de discernement et me serait arrêté, mais pas aujourd'hui.

Et c'est seulement quelques secondes avant le choc que je réalisai que je pouvais y laisser la vie. Cette vie que mon père avait protégée en donnant la sienne.

Mais le choc survint avant que je n'ai le temps de réagir et d'empêcher le pire de se produire.

o.O.o

- Oï, tout va bien jeune homme ?

Le visage au dessus de moi ne m'était pas familier. Il me fallut quelques secondes pour de rappeler comment je m'étais retrouvé sur le dos, dans l'herbe humide en bordure de route, un employé d'âge mûr à mes côtés. C'était probablement le gardien d'une usine voisine, car on était samedi et qu'il ne devait pas y avoir beaucoup de travailleurs aux alentours.

- J'ai appelé la police et une ambulance, dit la voix de Kudo qui venait de nous rejoindre.

- Merci gamin.

- Je n'ai pas besoin d'une ambulance, lançai-je en enlevant mon casque après m'être assis.

J'étais encore secoué mais je me sentais plutôt en forme, surtout quand je comparais mes égratignures à celles de ma moto. Ma chère moto qui encore une fois… se retrouvait hors service. Bye bye l'argent de poche des prochains moins qui allait finir directement dans celles de l'assurance.

Je me rappelai avoir tourné le volant au dernier moment, mais cela n'avait pas empêché la voiture de me frôler, m'envoyant voler sur le bord de la route tandis que mon véhicule avait continué tout droit.

Sentant quelque chose sous ma main gauche, et j'y trouvai, comme je m'y attendais, un ballon de foot dégonflé. J'avais senti que ma chute avait été amortie, et c'était grâce à l'un des gadgets de mon meilleur ami. J'allais devoir le remercier pour cela. Je ne m'en serais probablement pas aussi bien sortit sans cela.

- Vous êtes sûr ?

- Oui, désolé pour le dérangement… ne vous inquiétez pas pour moi. Je vais juste attendre les flics et tout leur expliquer.

L'homme ne semblait pas pressé de me laisser seul en dépit de mes efforts.

- Ça ira, je vais rester avec Heiji-niichan. Je ne le laisserai pas se lever avant l'arrivée de l'ambulance, déclara Kudo d'une voix fière.

- Je compte sur toi alors gamin, répondit l'homme en ébouriffant les cheveux de Kudo, qui, je le savais, détestait ça. Je serais dans le bâtiment juste à côté, appelle moi si la police ou ton ami ont besoin d'aide.

- Hai.

Kudo et moi regardions l'homme l'homme retourner à son poste et fermer la porte dernière lui.

La second suivante, je fus frappé au visage. Violemment. Plus violemment que ce que j'aurais crû possible venant de Kudo, étant donné son corps d'enfant.

- Qu'est-ce qui t'a pris bordel ?

- Il allait s'enfuir, criai-je à mon tour en frottant ma joue douloureuse.

J'étais choqué de voir la colère sur son visage, c'était quelque chose qu'on ne voyait pas souvent car Kudo était du genre à garder son sang froid H24.

- S'enfuir ? Il ne faisait que te provoquer ! Et toi tu as foncé tête baissée ! Tu aurais pu en mourir ! Essayes pendant une seconde de ne pas te faire tuer car ton père ne t'a pas protéger pour que tu foutes ta vie en l'air. Alors prends soin de toi, et arrêtes de te mettre dans des situations dangereuses parce que tu te sens coupable.

- Qu… Quoi ? Je voulais juste arrêter ce gars !

- Alors utilises tes méninges au lieu de te précipiter. Finir à l'hôpital n'aidera pas à avancer dans l'enquête.

Mes yeux s'écarquillèrent au fur à mesure qu'il criait. Bon sang, il n'y comprenait rien.

- Tu n'y es pas ! Tu n'y es pas du tout. Tu ne peux pas comprendre… Tu n'as pas...

Sentant que ma voix se cassait, je ne pus terminer ma phrase et à la place, mes yeux fixaient mes pieds.

- Perdu mon père ? Non, effectivement. Mais ça ne m'empêche pas de comprendre ta peine, du moins en partie.

Sentant sa petite main sur mon épaule, je me tournai vers lui. Une vague de tristesse menaça de m'envahir lorsque je vis l'inquiétude et la compassion dans ses yeux.

- Tout est ma faute… Si je l'avais écouté, il serait encore en vie…

- Et tu serais peut-être mort. On peut refaire le monde avec des "si" mais au final ça ne changerai rien à la situation actuelle. Tiens.

Kudo me tendit ma casquette, elle était probablement tombée de mon pantalon avec le choc. Et il s'assit contre mon dos.

- On donne notre rapport à la police, et tu vas te faire examiner. Et ensuite, on rentre à Osaka pour voir Otaki-keibu, OK ?

Avec gratitude, je mis ma casquette sur ma tête, baissant légèrement ma visière et cachant avec soulagement mon visage afin que personne ne puisse le voir.

- Ok, murmurai-je.


Voilà pour Aujourd'hui ! Bravo à Dr Watson qui avait bien deviné d'où venait le personnage de Saijo Taiga ! ^^