Liberty25 : merci, merci ! Je suis heureuse que ça te plaise. Quant à l'affaire de Natasha... hum... disons que j'ai hâte d'avoir ton avis sur le ratio final développement/intérêt x)
Chapitre neuvième : pain à l'ail et aux fines herbes
En fin de compte, l'avancée ne vint pas des heures que Natasha passa avec Thulesen, ni des recherches compulsives de Tony, ni de la collaboration de Maria avec les autorités, ni des progrès sur le terrain de la Vision et Rhodey, ni même de l'enquête des services de renseignements danois.
L'avancée vint de Sharon Carter et des sources de la CIA.
A l'empressement de Sam, tout le monde se massa de manière peu orthodoxe autour de sa tablette, où une visioconférence avec l'ex-agent du SHIELD prenait la moitié de l'écran, tandis que différents documents, cartes et schémas soutenant ses dires devaient s'afficher sur l'autre moitié.
« Va-s-y Sharon, lança Sam quand il fut certain que tout le monde avait une vue à peu près correcte.
- Un homme que nous surveillons dans le Maghreb a récemment fait appel à un cercle de trafic d'organes, commença-t-elle sans préambule. Je vous épargne les détails, mais il a besoin d'un nouveau foie et on lui en propose un quatre fois plus efficient que la normale humaine.
- Et comment on sait que ce n'est pas qu'un argument de colporteur ? demanda Tony.
- C'est un peu trop précis pour être une coïncidence, rétorqua Sharon. Sans compter que, des informations que nous avons interceptées, il est parfaitement compatible avec Steve.
- Comment on sait qu'il est compatible avec Steve ? insista le génie.
- Son métabolisme est l'un des plus documentés au monde, elle expliqua. L'armée a transmis toutes leurs informations à tous leurs contractants sur la reproduction du sérum, et si ce n'était pas suffisant, tout ce que le SHIELD avait – et c'est beaucoup – est à la portée de tout le monde depuis le projet Insight. »
Tony lança un regard lourd de reproche à Natasha, laquelle n'eut aucun mal à l'ignorer.
« La transaction aura lieu à la marina d'Agadir dans seize heures, continua Sharon, imperturbable. Vous ne pouvez pas la compromettre. Une fois que le client aura disparu, vous pourrez avancer sur le vendeur.
- Donc le laisser partir avec le foie ? s'exclama Tony.
- Vous êtes sûrs que c'est une bonne idée de laisser un terroriste se greffer un super-organe ? seconda Natasha.
- La CIA ne s'encombre pas de ce genre de préoccupations, elle se justifia. Ne compromettez pas nos opérations, et nos relations resteront cordiales. »
Bien évidemment, les discussions agitées débutèrent à peine la communication coupée. Tony lança que la CIA pouvait aller au diable. A la surprise de tous, Wanda prit son parti, arguant qu'il s'agissait de dignité humaine fondamentale, qu'il n'y avait aucun moyen de prévoir l'usage qui allait être fait de l'organe et que l'homme était un terroriste de toute façon. Clairement inconfortable avec l'idée, Sam défendit les conditions de Sharon. Il ne portait pas l'agence et ses méthodes dans son cœur, mais elle venait de les aider, le moins qu'ils pussent faire était de jouer selon leurs règles.
Natasha trancha le débat en affirmant qu'ils ne voulaient pas se mettre la CIA à dos. En plus de ça, la priorité était Steve, pas le trafic d'organe ou le terrorisme au Maghreb. (« Nous sommes des héros pourtant, avait dit Wanda. Je croyais que, justement, nous combattions le terrorisme. » Natasha l'accusa d'hypocrisie et elle se tut, penaude.)
Spécialiste de l'espionnage et des manœuvres douteuses du genre, ainsi que suppléante officielle de Steve à la tête de l'équipe, elle fut admise autorité en la matière et les deux Avengers réticents se rangèrent de mauvaise grâce à sa décision.
De toute façon, Tony et Wanda furent laissés sur la touche ; sans diplomatie aucune, Natasha annonça qu'elle n'avait pas l'intention de s'encombrer d'eux pour une opération de petite échelle demandant de la discrétion. Si la Vision était de retour à temps, il pourrait servir de renforts, mais elle fit bien valoir l'inutilité d'une forte force de frappe. A la place, elle enrôla Sam et Maria, à la grande surprise de Wanda qui n'avait jamais vu cette dernière sur le terrain.
En deux temps trois mouvements, Maria leur trouva un transport et un pilote et ils partirent tous trois à l'armurerie pour se préparer.
« Ne faites rien d'irréfléchi, » ordonna Natasha avant de disparaître.
Malgré une longue stagnation, la machine était repartie au quart de tour.
•
A couvert et à distance, Maria montait un fusil de précision, tandis que Natasha prenait position le plus près possible du lieu présumé de rendez-vous fourni par la CIA, et Sam tentait quelques incartades au large à la recherche d'une embarcation suspecte. Redwing planait en reconnaissance, permettant aux deux autres héros de suivre l'opération en images et en sons.
Paradoxalement, Wanda avait l'impression que l'ambiance était bien plus tendue à New-York qu'à Agadir. La présence de Stark lui mangeait les nerfs, inconfort partagé si elle pouvait se fier aux regards dérobés qu'il lui lançait. Néanmoins, elle ne se sentait pas le courage de s'isoler, préférant partager sa misère, même si ce devait être avec l'ex-fabricant d'armes.
Chaque minute d'attente était navrement arrachée au silence. L'un comme l'autre refusait obstinément d'échanger un mot ou de croiser leur regard. Pendant un instant, Wanda considéra appeler Clint mais elle se décida contre ; elle n'était plus l'enfant qui courait dans les bras de son frère pour du réconfort. Elle devait assumer ses erreurs.
De l'autre côté de l'océan, chacun déclina sa position, à dix minutes de l'heure prévue. Sam reporta une vedette, mais sans voir le bateau dont elle provenait, et Natasha lui intima de ne pas partir à sa recherche mais de rester à proximité immédiate pour pouvoir l'infiltrer dès que la transaction serait terminée.
Espoir et appréhension se pourchassant, retournant vicieusement son estomac au passage, Wanda se força à ne pas cligner des yeux pour ne rien manquer. Silencieuse, elle veilla également à rester soigneusement immobile. Si quelque chose se passait à Agadir, elle devait le voir et l'entendre.
A côté, Stark changeait de position chaque seconde. Il se racla la gorge.
« La vedette a accosté, annonça Sam. Deux personnes en descendent, et j'ai encore au moins deux autres à bord.
- J'ai les deux personnes à terre dans le viseur, continua Maria. Il s'agit du docteur Clémentine Bernhard et du laborantin Herbert Haas, tous deux membres officiels de Grå Trane. Avec une glacière. »
Quatre yeux se fixèrent sur les deux points concernés, pour ne plus les quitter. Wanda déglutit lentement et colla ses deux mains contre son cœur pour se retenir de les utiliser.
« Je les vois, souffla Natasha. Et voici notre acheteur. »
Un troisième point s'éloigna d'un voilier de plaisance en direction des autres.
« J'ai les yeux sur la transaction, informa Maria.
- Faucon ? s'enquit Natasha.
- Pas de signes de plus de personne. Le bateau de semble pas prêt à repartir sans les deux autres.
- Pas de discussion, décrivait Maria. Paiement. L'acheteur a la glacière.
- Je me déplace vers la vedette. Faucon, tiens-toi prêt.
- A ton signal.
- L'acheteur s'éloigne. Les deux scientifiques retournent à leur embarcation.
- Je suis en position.
- Ils sont au-delà de ma ligne de mire. Faucon, Veuve Noire, c'est sur vous.
- Sam… maintenant. »
Il y eut des mouvements indistincts, quelques grognements étouffés et le bruit de Maria défaisant son poste d'observation.
L'action ne dura pas deux minutes, mais c'en parut bien plus pour les deux observateurs, muets d'appréhension. Wanda attendit, attendit et attendit encore, se refusant à invoquer une entité supérieure en son for intérieur de peur d'être distraite de la résolution.
« Le bateau est à nous, » annonça finalement Natasha.
Wanda respira.
Le reste fut un jeu d'enfant. Les quatre membres de Grå Trane, terrifiés et totalement impréparés, répondirent à toutes les questions qu'on leur posa, même si sans clarté ou exactitude. Les instruments de navigation du bâtiment se révélèrent bien plus précis et fiables.
A peine la position de la base d'opération flottante de l'association connue, Tony commença ses plans.
« Vous pouvez y aller avec la vedette, je vous rejoins là-bas directement en armure.
- Nous n'allons pas nous précipitez, contredit fermement Natasha.
- Bien sûr que si on va se précipiter, rétorqua le génie. On a déjà assez traîné, le temps qu'on a perdu à ne rien faire ! Ils ont Steve, tu te souviens ?
- Stark, on ne peut pas foncer tête baissée. Il nous faut un plan d'action.
- Et bien on le fera en chemin.
- Stark.
- Romanoff. J'y vais avec ou sans toi. »
Wanda imaginait l'air réprobateur de l'espionne, celui qu'elle arborait lorsqu'elle désapprouvait la position de Steve dans un débat. Les derniers mots auraient pu être les siens, si sur un autre ton. Certainement, ce fut ce qui donna à Wanda l'impulsion de se lancer :
« Vous ne pouvez pas y aller directement en armure ! »
Il se tourna brusquement vers elle, pour la dévisager comme s'il lui était poussé une deuxième tête. Sans doute parce que c'était la première fois qu'elle lui adressait la parole spontanément, ce qu'elle ne faisait pas de gaieté de cœur. Elle soutient son regard, sûre et ferme.
« Parce que tu vas m'en empêcher avec ta manipulation mentale ? il cracha.
- Parce que j'ai besoin d'y aller aussi ! » elle contra vivement.
Tony fût encore plus interloqué, si c'était possible. La jeune sokovienne tremblait légèrement, comme contenant difficilement un orage hurlant à l'intérieur d'elle-même. En tout cas, ses yeux brillaient d'éclairs.
A travers la communication, Natasha articula un « Wanda » lent en avertissement. Personne ne le releva, l'intéressée plus préoccupée par l'idée d'être encore une fois abandonnée à l'attente et Tony à son débat intérieur, pesant l'utilité de la jeune héroïne contre la perte de vitesse.
« D'accord. On prend le jet. Ramène-toi. »
Avec ça, Tony était parti à grands pas, tout en aboyant des instructions à FRIDAY. Wanda se précipita à sa suite mais s'arrêta net sur le seuil quand la voix de Sam sortit des enceintes :
« Tu es sûre de vouloir y aller Wanda ? Ça ne va pas être joli.
- Je sais bien, elle rétorqua avec toute l'assurance qu'elle pouvait rassembler. C'est pour ça que je suis entraînée. »
Elle n'avait rien pu faire pour ses parents, ni pour Pietro, mais elle n'était plus la même. Pour Steve au moins, elle se promit, elle allait faire quelque chose. Pas d'hésitation cette fois, pas d'errements, pas d'erreur. Sans attendre une réponse de Sam, elle courut pour rattraper son chauffeur.
•
Alors que Natasha prenait le temps de fulminer silencieusement et Sam de s'inquiéter de l'imminence d'une crise de nerf de sa coéquipière, Maria, dans une longue habitude des actions hâtives, décisions insensées et plans moins qu'à moitié définis, organisa la suite des opérations. Elle prévint Rhodes et la Vision, leur demandant de rejoindre les coordonnées transmises aussi rapidement qu'ils pourraient se libérer de leurs obligations actuelles pour soutenir l'assaut aveugle de Stark et Maximoff. Elle commanda ensuite à un technicien de leur quartier général de braquer un de leur satellite (officiellement un satellite de communication des plus honnêtes inscrit dans les actifs de Stark Industries) sur ces mêmes coordonnées.
Une fois que les deux Avengers eurent accepté qu'ils étaient forcés d'aller prêter main forte à leurs coéquipiers, puis décidé d'y aller par la voie des eaux, Maria escorta trois des membres de Grå Trane au jet avec lequel ils avaient volés depuis New-York, laissant le docteur Bernhard à Natasha en vue d'une interrogation plus minutieuse lors du trajet.
Maria laissait volontiers l'assaut d'un bateau de scientifiques fous à ceux dont c'était la spécialité ; elle s'occuperait quant à elle de réunir l'aide médicale idoine ainsi que de préparer en avance ce qu'ils allaient bien pouvoir dire aux gouvernements impliqués dans le démantèlement de Grå Trane.
