Ohayo Mina !

Tout d'abord, bonne année à tous ! J'espère que vous avez passé d'excellente fêtes de fin d'année ^^

Encore une fois, je ne peux que m'excusez pour cette longue attente. Mais bonne nouvelle, il y a un nouveau chapitre aujourd'hui, et le suivant est déjà prêt et sera publié la semaine prochaine !

Merci pour votre compréhension et votre patience ^^

Bonne lecture !


Chapitre 6 : Waiting in the shadows


- Alors, comment comptes-tu t'y prendre ?

- Je pensais juste y aller comme ça ...

- Génial….

Je vis sur le visage de mon ami que ce n'était vraiment pas la réponse qu'il attendait.

Je l'avais informé du réveil d'Ogi un peu plus tôt ; nous avions donc pris une moto de rechange, en espérant que je ne détruise pas celle-là également, et nous avions pris la route pour Kyoto dès que possible ; non sans avoir lancé des sourires rassurants à mes proches.

Mais je n'avais rien prévu, je savais juste que je devais être là... Et voilà, nous étions de l'autre côté de la rue, en face de l'hôpital.

- Ok... Comme ce ne sont que de simples suppositions, je ne pense pas que la police considère qu'Ogi soit suspect, donc il ne devrait pas y avoir beaucoup de gardes devant sa chambre.

- Il faut encore qu'on passe devant le personnel sans nous faire remarquer…

- Eh bien, si quelqu'un nous arrête, pour une fois ton Kansai-ben sera utile…, sourit Kudô tandis qu'il me regardait.

- Je viens rendre visite à un certain « proche », eh ?

- C'est plus crédible avec ce dialecte, non ?

- Oui... Et pour Ogi ? Une idée sur comment le faire parler ? Je doute qu'il avoue à deux mineurs qu'il a trahi la police et donné des informations sensibles à un groupe de criminels...

- On trouvera bien quelque chose…

Son expression était assez effrayante et ne convenait pas du tout à un enfant de son âge... Note pour moi-même : ne jamais oublier que, sous ses airs innocents, mon meilleur ami n'était pas du genre à faire de cadeaux et encore moins lorsqu'il s'agissait de criminels.

Ce n'était pas dans mes habitudes de me cacher ou de me faufiler pour faire mes recherches : Je faisais toujours les choses au grand jour, et cette nouvelle manière de faire me perturbait un peu. Mais bon, puisqu'au moins l'un de nous était confiant, je le suivis et nous entrâmes dans l'hôpital, essayant de paraître aussi naturel que possible. Il était presque midi, donc il n'y avait pas beaucoup de visiteurs, ni de membres du personnel.

J'étais déjà venu dans cet hôpital. C'était celui où j'avais été amené lorsque Saijô m'avait attaqué au cours de l'affaire où il avait dévoilé sa folie. Alors ce n'était pas vraiment difficile de me repérer, de même pour Kudô.

- Tu penses pas qu'on devrait demander à une infirmière où il peut être ? proposai-je à voix basse tandis que nous nous dirigions vers l'ascenseur.

- Non, ça ira... Il devrait être dans la même zone que celle où tu étais la dernière fois puisqu'elle est consacrée aux victimes d'affaires en cours...

- Deuxième étage alors..., conclu-je en appuyant sur le bouton de l'étage en question.

Nous pénétrâmes dans le couloir principal, regardant discrètement les plaques nominatives de chaque côté, lorsque je remarquai un homme posté devant une porte au bout du couloir.

- Pas de garde, hein ?, observai-je avec une once d'ironie, tout en gardant ma voix basse.

- Pas beaucoup de gardes, J'ai dit..., répliqua le faux gamin. "Et le fait qu'au moins quelqu'un dans la police de Kyoto sache additionner 2 et 2 n'est pas une si mauvaise nouvelle.

- Sauf si tu veux interroger le gars sous surveillance, alors c'est une mauvaise nouvelle.

- Tu es un peu pessimiste en ce moment Hattori. Regarde plutôt…

Avant que je puisse dire quoi que ce soit, mon ami était déjà parti droit vers l'agent de police avec un large sourire enfantin :

- Oji-san, vous savez où est la chambre 253 ?

- Ah, puisque celle-ci c'est la 251, alors l'autre ne devrait pas être très l…

Mais l'homme ne put terminer sa phrase : il avait fait l'erreur de tourner le dos à mon ami et il se retrouva rapidement avec une aiguille soporifique dans le cou.

J'accélérai le pas pour saisir l'homme dans sa chute, ne voulant pas faire trop de bruit.

- Merde, tu aurais pu m'avertir ! Ahou !, râlai-je, haletant à cause du sprint et de mon coude blessé qui avait dû supporter un tel poids supplémentaire.

- Je savais que tu en étais capable !, sourit-il confiant, juste avant d'ouvrir la porte et de la tenir ouverte afin que je puisse y porter le policier inconscient.

Je le déposai comme je le pouvais dans un coin, toujours en râlant sachant que nous allions clairement avoir des problèmes si quelqu'un nous trouvait...

Lorsque je tournai la tête en direction du lit, je vis l'homme que j'avais déjà vu sur les photos : OGI. Il était endormi. Il avait dans la trentaine, avec des cheveux ondulés et une peau pâle. Une pâleur qui était accentuée par ses blessures, à l'évidence importantes au vu de l'énorme bandage autour de son torse. Certains tubes étaient encore enfoncées dans le nez et une intraveineuse était liée à une machine, près de laquelle se trouvait mon meilleur ami.

- Oï, est-ce que tu sais ce que tu fais au moins ? ! m'inquiétai-je en voyant qu'il appuyait sur des boutons ici et là.

- Plus ou moins…

- Plus ou moins ? ! Oï, mec...

- C'est bon, j'ai juste baissé le niveau d'analgésiques pour le réveiller, je n'ai touché à rien d'autre, ne t'inquiète pas...

Kudô semblait confiant donc je n'insistai pas, bien que je n'étais pas vraiment emballé par l'idée, et m'approchai de l'autre côté du lit.

Apparemment, Kudô savait ce qu'il faisait car l'homme commença à remuer et ouvrit ses yeux fades à peine deux minutes plus tard.

- Qui êtes vous ? !, s'étonna Ogi quand il vit mon visage, qui lui était encore inconnu, penché sur son lit.

- Quelqu'un qui sait que vous avez fait de mauvaises choses récemment… comme aider un prisonnier à s'échapper en donnant des infos confidentielles à un gang de criminel, répliquai-je avec un regard dur, essayant de paraître menaçant ; ce qui n'était pas difficile vu que j'étais face à l'homme qui avait aidé Saijo à s'échapper.

- De quoi diable parles-tu, morveux ? D'abord Ayanokoji et maintenant toi... Pourquoi tout le monde vient me voir avec des théories folles...

Je regardai mon meilleur ami de l'autre côté du lit ; non sans surprise, on venait d'apprendre qui était celui « qui savait additionner 2 et 2 ».

-... Je suis blessé et fatigué, gémit Ogi. C'est moi la victime ici ! Je ne veux pas entendre vos accusations sans fondement... En plus de ça je m'en fout, laissez-moi tranquille !"

C'était exactement ce que je ne voulais pas entendre. Et ça me mit hors de moi.

- Vous vous en fichez ?, sifflai-je en attrapant violemment son col. Vraiment ? Vous n'avez pas une idée de qui je suis ?

- Un gosse qui joue au détective?, répliqua l'homme avec un regard condescendant, portant sa main sur son col pour retirer la mienne, mais je ne le laissai pas faire :

- Exactement. Mon nom est Heiji Hattori."

Je notai avec une certaine satisfaction que le policier pâlit à mon nom et arrêta de lutter une seconde, sous le choc. Bon, cela signifiait qu'il savait probablement qui était Saijô pour moi.

"- L'homme que vous avez aidé à libérer a essayé de me tuer depuis. Il n'hésite pas à tuer quiconque est sur son chemin...," Je déglutis discrètement voulant rester menaçant ; mais le sujet que j'allais mentionner était encore trop frais ... alors j'abaissai ma voix. « Parce que vous avez aidé ces hommes, je ne sais pas pourquoi et je ne veux pas le savoir, mon père est mort. Alors, je ne veux pas entendre de conneries du genre « je m'en fout ». Trois hommes en sont morts. Et vous savez ce qu'il se passe et qui sont les coupables. J'ai l'impression que ça sonne « prison à vie » tout ça, voir même la peine capitale !, terminai-je avant de le relâcher.

Ogi devint encore plus blanc qu'avant, presque de la même couleur que ses draps.

- Et ces hommes que vous protégez ont essayé de vous tuer..., ajouta Kudô, faisant sursauter l'homme qui n'avait pas remarqué sa présence.

Sa tête retomba sur son oreiller et il ferma les yeux avec une grimace, ce mouvement ayant réveillé sa blessure ; mais je devais admettre que je n'étais pas d'humeur à avoir de la sollicitude.

L'homme osa enfin parler.

- Ils n'ont jamais dit qu'ils utiliseraient des balles perçantes... Personne ne devait mourir... Je n'ai jamais voulu cela !

- Qui l'a fait alors ?

- Je ne sais pas... J'ai reçu un appel, une nuit. Quelqu'un m'a proposé beaucoup d'argent. J'avais tellement de dettes de jeu... Et personne n'était censé être blessé alors j'ai accepté... Quel gâchis, je n'ai même pas encore eu un Yen..."

Je fis une grimace, dégoûté par cet homme... Alors qu'il semblait sincèrement choqué qu'il y ait eu des victimes, il était encore plus inquiet pour son argent et à la fin de sa carrière. Quel connard abjecte et égocentrique...

- Qui sont-ils ?, insista Kudô quand nous vîmes que l'homme commençait à pleurer sur son sort et ne nous aidait pas du tout.

- Je ne sais pas... On ne se parlait qu'au téléphone, je ne sais même pas à quoi ils ressemblent.

- Dans ce cas vous avez un numéro de téléphone à nous donner, non ?

- Oui... "

Je pris un morceau de papier quand il commença à dicter.

Un numéro de téléphone. Un si petit indice, ça allait être compliqué...

"- Oy, Hattori !"

Je tournais la tête vers mon meilleur ami qui s'était éloigné du lit pour vérifier l'état du policier qu'il avait assommé plus tôt.

" - Je pense qu'il se réveille, il faut le remettre dans le couloir et partir.."

Sa remarque fut confirmée par un grognement de la part de l'homme sur le sol, alors je me levai en vitesse.

Je saisis son bras tandis que Kudô ouvrait la porte pour vérifier qu'il n'y avait personne et, à son signal, je sortis pour mettre l'homme sur le sol, le long du mur.

"- Espérons qu'il pense qu'il a fait de l'hypoglycémie... " Pria le garçon avec un sourire.

Je leva les yeux au ciel mais lui retourna son sourire. La façon dont mon ami menait ses enquêtes était effrayante en effet...

" - Allons-y !"

O.O.o

Peu de temps après, nous étions au parc Umekôji, un peu isolés, ayant quitté les allées principales.

"- Ok, je vais appeler." dis-je, attrapant mon téléphone pour composer le numéro qu'Ogi nous avait donné.

Avant que Kudo ne m'arrête.

"- Nous devons d'abord penser à ce que nous allons dire, Hattori.

- Facile, je vais leur dire que je sais tout, ça devrait suffire à les faire sortir de leur trou !

- Oy, Tu ne penses pas que tu es assez occupé avec Saijô ? Je ne vais pas te laisser provoquer une organisation criminelle...

- Alors quoi ?, répliquai-je, ennuyé d'avoir à penser à tous ces petits détails alors que nous traquions ceux qui avaient causé la mort d'Oyaji.

"- C'est le moment d'utiliser mon bon vieux changeur voix..."

Quelques minutes plus tard, je tenais mon téléphone entre nous deux. Kudo régla la fréquence qu'il voulait utiliser et composa le numéro qu'Ogi nous avait donné.

"- Oui ?" répondit une voix enervée, après quelques sonneries.

"- c'est moi... Ogi."

Je pouvais presque sentir le gars, à l'autre bout du fil, pâlir de surprise.

"- Quoi ? Déçu de ne pas avoir réussi à me tuer ? Ou que je me sois réveillé ?" rétorqua Kudô, se moquant de l'homme avec un sourire satisfait sur son visage, à fond dans son rôle. "Je n'ai pas beaucoup aimé votre petite surprise non plus, les gars... Donc, si vous voulez que je reste silencieux, ce sera le double de ce que vous me devez déjà ou rien. "

Nous entendîmes un bruit court de l'autre côté de la ligne, deux personnes étaient clairement en train de discuter de ce qu'il convenait de faire.

"- Ok." Répondirent-ils après un moment. "Où voulez-vous nous rencontrer ?

- Haha, vous êtes drôle, n'est-ce pas ? Je ne tiens pas vraiment à me faire tuer... Je veux que vous mettiez l'argent dans une mallette métallique et vous la laissiez au parc Umekoji, juste derrière le Musée de la Locomotive à vapeur, dans le coin du parc au croisement des rails. Quelqu'un de confiance viendra la récupérer. S'il lui arrive quelque chose, vous connaissez les conséquences...

- ... Laissez-nous un peu de temps pour préparer l'argent.

- Vous avez deux heures."

Et c'est alors que Kudô raccrocha.

"- Donc... Nous attendons qu'ils viennent déposer cette valise dans le parc… et ensuite quoi ?… Tu trouves un moyen de leur coller un émetteur ?

- Exactement."

Je soupirai face à ce plan qui une fois de plus, semblait fou. C'était juste effrayant de voir ce dont un enfant était capable sans se faire remarquer. L'implantation d'émetteurs était l'une des spécialités de mon meilleur ami, mais pas une seule personne, à part peut-être Gin, une fois, ne l'a jamais remarqué. Jamais.

Espérons tout simplement que tout se passera aussi bien que d'habitude...

Ma prière silencieuse fut interrompue par un grognement.

- Est-ce que ça te dérange si on mange en attendant ? proposai-je embarrassé.

O.O.o

Le plan s'était si bien passé que s'en était presque honteux.

Kudô avait joué avec son ballon de foot et "accidentellement" frappé le gars qui avait caché la mallette et retournait à l'entrée du parc. Je parie que le mec l'avait oublié la seconde suivante, malgré le fait qu'il repartait maintenant avec un petit "cadeau" accroché à son pantalon.

En dépit de ce qu'"Ogi" avait ordonné, l'homme se cacha un peu plus loin, attendant celui qui devait venir récupérer l'argent.

Qui bien sûr n'est jamais venu. Après une longue attente - j'étais si heureux que nous ayons mangé entre-temps - et vu qu'il commençait à faire nuit, l'homme abandonna et, après avoir récupéré la valise, entra dans sa voiture et s'en alla.

Nous prîmes ma moto, une fois de plus, et le suivîmes en veillant à rester en retrait pour ne pas être vu. Pourquoi aurions-nous besoin de le voir alors que nous avions l'émetteur pour connaître sa position exacte ?

Ce qui nous mena là où nous étions actuellement. Un vieux lotissement semblant désert, composé d'une dizaine de petites maisons mitoyennes.

Mais en y regardant de plus près, et le point rouge sur le radar-lunette de mon meilleur ami nous le confirma, les apparences étaient trompeuses.

"- Je parie que les maisons sont reliées..." dis-je à voix basse après nous nous soyons cachés de l'autre côté de la rue pour observer l'endroit.

- Oui, j'ai vu le même gars au deuxième étage de deux maisons différentes, impossible qu'il ait pu ressortir si vite." confirma Kudo, sa main sur ses lunettes, en utilisant le zoom et sa vision nocturne. "Et vu le nombre de gardes…. Tu n'aurais pas un appareil photo sur toi par hasard ?

- Nah... Mais mon téléphone devrait suffire. Je l'ai choisi avec un bon appareil photo pour l'utiliser dans mes enquêtes.

- Ok, voyons ça…

Une demi-heure plus tard, après seulement quelques mots échangés, le faux enfant se leva.

- Ok, maintenant, nous allons montrer les photos à la police de Kyoto. Cela devrait être suffisant pour les convaincre de venir ici.

- Quoi ? ! Mais nous sommes si près de...

- A nous deux uniquement, nous ne serons pas capables de tous les attraper. Sans compter toutes les armes qu'ils ont probablement ici... Non, nous avons besoin des forces spéciales pour intervenir et fouiller ce bâtiment pour nous. Patiente encore un peu Hattori, nous allons avoir ceux qui ont tué ton père, nous ne sommes qu'à quelques heures de leur arrestation..."