Ianto trépignait d'impatience sous le regard amusé d'Amy et Rory. Le Docteur, lui, prenait son temps et une infinité de précaution pour programmer leur point d'arrivée. Il était hors de question qu'il commette une erreur et que le TARDIS atterrisse trop tôt ou trop tard. Non, ce voyage était trop important, trop de choses en dépendaient pour qu'ils puissent se permettre de ne pas être prudents.
S'ils arrivaient trop tôt, Jack retrouverait Ianto certes, mais pas pour très longtemps. Car alors le capitaine ne se retrouverait jamais dans l'état dans lequel l'avait trouvé le Docteur quelques mois plus tôt et le TARDIS ne déciderait pas de ramener Ianto à la vie. Le jeune gallois retournerait alors bien vite à la poussière et ils se retrouveraient au mieux dans la même situation qu'au départ.
S'ils arrivaient trop tard, ils risquaient de retrouver Jack dans un état plus déplorable encore, et c'était bien la dernière chose qu'ils souhaitaient tous.
« Alors Docteur ? On peut y aller maintenant ? » Ianto s'approcha de lui, tentant de faire bonne figure. Il était tellement impatient de retrouver Jack, de le serrer dans ses bras et de l'aimer. De l'aimer toujours plus et toujours plus fort. Il lui manquait tellement. Ses bras, son sourire, ses baisers ! Il peinait à croire que d'ici quelques instants il pourrait à nouveau profiter de tout cela.
« Très cher Ianto Jones, nous voilà parés pour le voyage ! » Le sourire du Docteur faisait bien trois fois le tour de son visage. Il se réjouissait de voir son jeune compagnon aussi impatient et excité. Le plus dur était derrière eux et il sentait qu'il n'aurait plus jamais à se faire du souci pour le capitaine Harkness. Ianto s'en chargerait très bien et n'aurait aucun mal à faire le bonheur de son amant. Un poids en moins pour le lourd fardeau qui pesait sur ses épaules.
Longtemps il s'était interrogé au sujet de son ami immortel. Qu'allait-il advenir de lui ? Il savait par expérience qu'un homme n'est pas fait pour vivre indéfiniment. L'humanité n'était que beauté éphémère, un train lancé à toute allure et pressé par le temps : pas le temps de s'arrêter, pas le temps de ralentir. Une vie humaine était si petite, si insignifiante dans leur si vaste univers. C'était ainsi qu'elle s'exprimait le mieux, c'était ce qui faisait des humains des être si uniques et exceptionnels.
Et par-dessus tout, les humains n'étaient pas faits pour vivre seul. La solitude les aurait tués aussi sûrement qu'une balle en plein cœur. Et Jack, plus encore que tous les autres, était fait pour aimer et être aimé. Il n'aurait jamais pu vivre sa vie pleinement et heureusement s'il avait été seul.
Ianto était exactement ce dont il aurait besoin.
« Tu es prêt ? » demanda le Docteur en plongeant son regard dans celui du gallois.
Ianto prit une grande inspiration avant de répondre :
« Prêt, Docteur. Plus que prêt ! »
« Alors c'est parti ! Tout le monde attache sa ceinture ! »
.
« On est arrivé ? » demanda Rory en se relevant.
« Mince, Docteur ! Il s'est passé quoi là ? » Amy grimaça en se frottant le haut du crâne. Elle était passée à deux doigts de la commotion cérébrale.
Ianto et le Docteur, étalés l'un sur l'autre de tout leur long tentaient vainement de se démêler l'un de l'autre, moitié riant, moitié exaspérés.
Le TARDIS, presque aussi excité que Ianto à l'idée de retrouver Jack s'était montré un tantinet trop zélé. Le voyage avait rarement été aussi mouvementé, aucun d'eux n'était parvenu à rester sur ses jambes jusqu'au bout.
Ianto parvint finalement à se relever. Il tendit la main au Docteur qui s'en saisie avec reconnaissance.
« Ça va ? » questionna le gallois en voyant le seigneur du temps se tenir les reins.
« Saleté ! » jura le Docteur sans que cela ne s'adresse à quelqu'un en particulier. « Je suis sûr de m'être déplacé quelque chose… »
Le gallois sourit en secouant la tête. Si vraiment le Docteur s'était blessé gravement il ne serait pas déjà en train de vérifier que leur voyage un peu brutal n'avait pas endommagé son cher vaisseau.
« Bien… Ianto, que fais-tu encore ici ?! » finit par s'insurger le Docteur en retrouvant le sourire. « Jack n'attend plus que toi et je crois que tu l'as déjà bien assez fait attendre ! »
Le jeune homme sentit son impatience monter d'un cran : Jack !
Il se précipita vers la porte sans prendre le temps de dire au revoir. Mais une fois la main posée sur la poignée il se figea.
Il avait peur. Peur de ce qui l'attendait derrière cette porte, peur de na pas être à la hauteur, peur que tout ceci ne soit finalement qu'un beau rêve… Peur de tellement d'autres choses.
Son corps tout entier s'était crispé, les battements de cœur raisonnaient à ses oreilles et sa respiration s'était bloquée dans sa gorge. Il n'avait plus qu'une seule envie : fuir ! Fuir, très loin et très vite. Tant qu'il restait là, il avait l'espoir. S'il passait cette porte il devrait faire face à la réalité, lui qui était resté si longtemps plongé dans les livres du Docteur, coupé du monde. Il ne se sentait plus du tout à la hauteur de sa tâche.
Le doux ronronnement du TARDIS s'amplifia soudain dans son esprit et une vague de calme le submergea, lui permettant de reprendre ses esprits. Il sentit le TARDIS se balader à l'intérieure de sa tête, apaisant, comme un baume sur ses blessures. Le vaisseau du docteur le connaissait mieux qu'il ne se connaissait lui-même. Et il lui faisait confiance, à lui, un humain qui n'avait, en fin de compte, rien de bien particulier. Si ce n'était son amour pour Jack. Le TARDIS lui faisait confiance, il soufflait à son oreilles une mélodie d'espoir et de bonheur. Leur bonheur, à lui et Jack. Il lui suffisait de passer la porte…
« Docteur ? Est-ce que vous pourriez… rester ? Juste le temps de… »
« Nous restons, Ianto » confirma le Docteur en s'approchant. Il posa une main sur son épaule en signe d'encouragement et lui sourit. « Nous restons aussi longtemps que tu en auras besoin. »
« Merci »
Une grande inspiration pour se donner du courage. Et il ouvrit la porte.
Une odeur acre et doucereuse le prit à la gorge. Il fronça le nez. C'était désagréable. Il fit un pas dans la pièce, attentif, aux aguets, cherchant son amant du regard. Il n'y avait personne. Pas dans le salon du moins.
Rien n'avait changé depuis la dernière fois qu'il avait quitté son appartement. Tout était à sa place, rien n'avait été enlevé. En revanche quelques petites choses étaient venues s'ajouter.
Des bouteilles d'alcool vides, il s'y attendait étant donné le récit que lui avait fait le Docteur.
De la poussière accumulée un peu partout, Jack n'avait jamais été du genre à faire le ménage de toute façon, même lorsqu'il était au meilleur de sa forme.
Et un manteau. Un manteau qu'il aurait pu reconnaître entre mille. LE manteau. La marque de fabrique du capitaine Harkness, celui sans qui l'immortel n'était plus vraiment lui. Ce manteau dont Ianto avait pris soin un nombre incalculable de fois. Il l'avait lavé, brossé, remplacé même parfois sans que son amant ne le sache… il lui était arrivé tellement de choses à ce manteau. Ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait abandonné sur le plancher de son appartement. Jack avait tendance à ne pas prendre soin de ses affaires quand ils se retrouvaient seuls tous les deux avec un lit à moins de dix mètres d'eux. Il se contentait en générale de s'en débarrasser le plus rapidement possible, quitte à les éparpiller aux quatre coins de la pièce. En revanche c'était bien la première que Ianto n'était pas là pour le ramasser et le ranger convenablement…
Joignant le geste à la pensée, il se pencha pour le ramasser. Il hésita un instant avant de le porter à son visage, inspirant une grande bouffée d'air, comme pour se noyer dans l'odeur de son amant. 51 siècles de phéromones en concentré… Ca l'avait toujours rendu complètement dingue !
Il déposa le manteau sur le dossier du canapé et parti à la recherche de l'immortel. Il ne devait pas se trouver bien loin.
Il inspecta d'abord la cuisine, la salle de bain, son bureau (qui était plus ou moins devenu celui de Jack aussi au fil du temps et des week-ends passés ici plutôt qu'à la base). Il ne trouva rien.
Il ne lui restait plus que la chambre. Voilà qui aurait pu en faire jaser plus d'un. Que leurs retrouvailles se fassent dans la chambre à coucher était à la fois parfaitement exaspérant (Ianto en avait parfois plus qu'assez que tout le monde pense que leur histoire ne se résumait qu'au sexe) et totalement en accord avec la personnalité profondément sensuelle et libérée de son amant.
L'odeur désagréable qui l'avait pris à la gorge en arrivant s'intensifia alors qu'il s'approchait de la chambre. Un goût métallique envahit sa bouche, lui laissant une impression vaguement familière. Il connaissait cette odeur mais il ne parvenait pas à remettre un nom dessus.
Lentement il poussa la porte. La pièce était plongée dans le noir. Il plissa les yeux, cherchant à distinguer plus que de vagues formes obscures. Il hésita à entrer. L'odeur était presque insoutenable à présent.
C'est en voyant la silhouette de son amant, étendue sur le lit, parfaitement immobile, qu'il finit par faire lien. Cette odeur… il la connaissait, évidement. Et il l'avait en horreur. C'était celle du sang…
Du sang…
Celui de Jack !
Pris de panique il se précipita vers son amant. Mais il n'y avait déjà plus rien à faire. Sous ses yeux horrifiés, le sang de Jack imbibait déjà les draps blancs. Les grands yeux bleus de l'immortel le fixaient, inexpressifs, vides, morts. Les larmes séchées sur ses joues n'étaient qu'un témoignage de plus de sa douleur. L'arme avait échouée sur le sol, elle avait accomplie son œuvre et délivrée un homme de sa souffrance, pour un temps seulement. Il s'était mis une balle dans la tête.
Les larmes aux yeux, Ianto dû faire un effort gigantesque pour ne pas craquer. Il avait déjà vu Jack mourir. Pour sauver la vie de ses amis, empêcher une catastrophe… plus d'une fois il avait pris son corps contre le sien, attendant patiemment son retour avec l'angoisse toujours aussi grande que cette fois il ne revienne pas. Il ne s'était jamais habitué. Chaque mort était pour lui aussi douloureuse et angoissante que la première. Peu importe la façon dont Jack mourrait, sa peur restait toujours la même.
Cette-ci était pourtant bien différente. Jack ne s'était pas sacrifié pour le bien de tous, un alien furieux ne l'avait pas fait passer de vie à trépas. Il s'était suicidé. Un acte dont Ianto ne l'aurait jamais cru capable.
Les mains tremblantes, il s'approcha du visage de son visage. Délicatement il caressa son visage. S'il n'y avait pas eu la marque de balle sur sa tempe et le sang qui continuait de ruisseler doucement de la plaie, il aurait pu le croire endormie.
Comment ? Comment Jack avait pu en arriver là ? Comment sa mort avait pu le détruire à ce point ? Il était tellement plein de vie ! Joueur, frondeur, arrogant, séduisant… Alors comment…
Ianto ne comprenait pas. Ca ne pouvait pas être juste à cause de lui. Il n'était pas le premier amant que Jack perdait. Il n'était pas le premier à mourir. Alors qu'est-ce que sa mort avait de si particulier ?
Il ne comprenait pas.
Il avait travaillé tellement dur pour être en mesure de retrouver Jack et de rester avec lui aussi longtemps que l'immortel voudrait de lui. Et il ne réalisait que maintenant qu'il ne connaissait rien de l'homme qu'il aimait. Il lui manquait tellement de pièces pour donner un sens à ce qu'il avait sous les yeux.
Comment pouvait-il prétendre être en mesure d'aider Jack à aller mieux s'il ne parvenait même pas à comprendre son geste ?
Son regard tomba sur ses mains tachées du sang de son amour. Et il resta là immobile, à fixer le corps inerte de l'immortel qui ne tarderait pas à reprendre vie. Et il ne comprenait toujours pas.
Il se sentait perdu, désespéré. Il n'était pas à la hauteur.
Prenant conscience que Jack risquait de revenir à lui d'un instant à l'autre, il sorti en vitesse de la chambre. Il n'était pas prêt pour ça. Son être tout entier souffrait de voir Jack en arriver à de telles extrémités. Il souffrait face à la détresse de son amant et ne demandait rien de plus que de le prendre dans ses bras pour l'y garder, loin du monde et en sécurité. Mais il savait au plus profond de lui que ça ne serait pas suffisant. Que ça n'était pas ce dont jack avait besoin.
Comme un automate il retourna vers le TARDIS. Il devait parler au docteur. Lui saurait quoi faire.
Il passa la porte du vaisseau, attirant l'attention des trois occupants sur lui.
« Ianto ? Alors t'as retrouvé ton chéri, c'est bon ? » s'exclama Amy sans prendre le temps de remarquer la mine défaite leur ami.
Celui-ci ne prit pas la peine de répondre. Sans hésiter il se dirigea vers le Docteur. Ses jambes ne le menèrent même pas jusque là, il s'écroula sur le sol. Il se sentait tellement mal, tellement démunie et impuissant.
« Ianto ? » Le Docteur s'était précipité vers lui en le voyant vaciller. Le Seigneur du temps s'agenouilla devant lui et chercha son regard. « Ianto ? Que s'est-il passé ? »
Sa voie était douce, posée. Elle permit au gallois de rassembler un peu ses esprits.
« Docteur… c'est…je ne sais pas ce que je dois faire. »
« Rory, Amy… »
« Compris, docteur ».
Ianto les entendit à peine sortir pour les laisser seul.
« Ianto, racontes moi ce qui se passe »
Le jeune homme secoua la tête. En parler rendrait la chose encore plus réelle. Et elle l'était déjà bien assez pour lui.
« Ok… alors est-ce que je peux ? »
Il hocha la tête et le Docteur se précipita hors du TARDIS.
Il n'en revint que quelques minutes plus tard, presque aussi secoué que Ianto.
« Qu'est-ce que je dois faire docteur ? »
« Ce n'est pas à moi de décider, Ianto. »
« Mais je ne sais pas ! Comment…comment il a pu en arriver-là ? Je veux dire… » Il releva ses yeux pleins de larmes vers son ami, le suppliant silencieusement de lui donner la solution.
« Jack a déjà tellement vécu. Il ne réagit pas de la même manière que tout le monde. Sa vie n'a pas la même valeur à ses yeux. Mourir ne représente pas grand-chose pour lui, il pense différemment de toi ou moi »
« Alors comment je peux l'aider si je ne le comprend même pas ? »
« Il ne s'agit pas de comprendre » rétorqua le Docteur en venant prendre son visage entre ses mains. « Il ne s'agit pas de comprendre mais d'accepter. Accepter ce qu'il est »
« Avant peut-être » répondit Ianto. « Peut-être qu'il ne s'agissait que d'acceptation. Et j'ai tout accepté Docteur. Parce que je l'aime. Et qu'il m'aime aussi. J'ai tout accepté. Les bonnes et les mauvaises choses. Je ne lui en ai jamais voulu d'être ce qu'il était, des choix qu'il a fait… Mais ça a changé. Je ne peux pas l'aider si je ne comprends pas ce qui lui arrive ! Il ne m'a jamais parlé de sa vie. Pas des mauvais moments en tout cas. C'est pour ça que je ne comprends pas. Je ne sais pas à quoi il pense quand il se perd dans ses pensées et que son visage se ferme, quand ses yeux deviennent tellement durs que s'en est presque effrayant… »
« Vous ne pouvez pas l'obliger à vous en parler » commenta le Docteur qui commençait malgré tout à comprendre où était le problème.
« Je sais… et c'est bien pour ça que je ne sais pas ce que je dois faire. »
Le Docteur resta silencieux pendant un long moment. Ianto ne bougea pas non plus et le silence parut durer une éternité.
« J'ai quelque chose à te proposer » finit par reprendre le Docteur. « Ca n'est pas une solution facile, surtout pour toi. Et c'est extrêmement dangereux. Mais c'est peut-être ce que tu as de mieux à faire ».
« De quoi vous parlez ? »
« Jack ne te parleras pas de ce qui lui est arrivé pour le rendre comme ça. Il n'est pas du genre à se confier, ni à toi ni à personne d'autre. Peut-être dans quelques siècles, quand il sera sûr qu'il ne risque rien en te dévoilant ses faiblesses. Mais pas pour le moment. Alors le mieux serait encore que tu y assistes par toi-même. »
« Vous voulez dire… remonter dans le temps ? » demanda Ianto qui ne comprenait pas bien où le Docteur voulait-en venir.
« Si tu veux réellement comprendre Jack, il va falloir que tu assistes toi-même aux évènements qui ont fait de lui ce qu'il est. Je ne parle pas de remonter au tout début de sa vie. Simplement à partir du moment où il est devenu immortel… »
« Mais c'était il y a plus de cent ! » s'exclama Ianto que les théories fumeuses du Docteur avaient définitivement fait sortir de la brume qui l'entourait jusqu'à maintenant. « C'est trop risqué Docteur ! Et si je me rencontre moi-même ? Si je fais quelque chose qui change complètement l'avenir ? »
« Je t'ai appris tout ce que tu avais à savoir. Absolument tout. Alors c'est vrai, c'est dangereux. Tu devras être extrêmes prudent. Et surtout, ne jamais intervenir. Tu vas devoir assister aux souffrances et aux joies de l'homme que tu aimes sans jamais intervenir. Je ne te cache pas que la vie de Jack n'a pas été une partie de plaisir, mais tu ne devras pas changer quoi que ce soit… et tu ne devras jamais entrer en contact avec lui. »
« Je vais devoir attendre cent ans ?! »
Ianto s'imagina un instant, observant Jack vivre sa vie, le savoir à quelques mètres de lui et se dire qu'ils ne se connaissaient même pas encore. Etait-il capable d'attendre tout un siècle avant de pouvoir le retrouver ? Alors qu'il était juste derrière cette porte, à l'attendre, à espérer son retour, à mourir de son absence ?
« Ce sera pour toi l'occasion d'apprendre ce qu'est l'immortalité…. D'être au même niveau que Jack et savoir au moins en partie ce qu'il a dans la tête… » plaisanta à demi le Docteur.
« Je ne sais pas si je suis capable de ça… »
« Si tu aimes jack aussi profondément que je le pense alors tu seras capable de cela et de bien plus encore. C'est la meilleure chose à faire et c'est une occasion qui ne se représentera pas » coupa de Docteur qui était parvenu comme souvent à se convaincre lui-même à mesure qu'il avait exposé son hypothèse. « Mais comme je te l'ai dit, c'est à toi de décider. Le choix te revient, il s'agit de ta vie».
C'était là que le Docteur se trompait, pensa Ianto. Il ne s'agissait pas que de sa vie à lui. Celle de Jack aussi était mise dans la balance. Comment son amant réagirait-il quand il apprendra ce qu'il fait ? Qu'il l'a espionné durant une grande partie de sa vie, à son insu et sans son autorisation ? Il risquait d'être furieux.
D'un autre côté il savait qu'il n'avait pas véritablement le choix. Tant qu'il ne comprendrait pas Jack il ne pourrait pas lui venir en aide.
Le Docteur parlait de faire un choix. Mais ce n'était pas véritablement de ça dont il s'agissait. Il n'avait pas le choix. Comme toujours lorsque Jack était concerné, il n'avait pas le choix. Il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour le ramener à la raison et le sortir du trou dans lequel il s'était laissé tomber.
Il n'avait pas le choix.
Quitte à ce que Jack le haïsse pour ce qu'il allait se risquer à faire.
Il devait le faire. Il devait tout tenter pour le sauver. De la même manière que Jack aurait fait tout ce qui était en son pouvoir pour le sauver.
Il devait le faire.
« Allons-y Docteur. Allons sauver Jack ».
