Salut tout le monde!
Je vous avais promis un lemon ? Eh bien le voilà! Je vous préviens c'est le plus long que j'ai jamais écrit. Presque 5 000 mots en tout!
J'ai essayé de m'appliquer alors j'espère que ce sera à la hauteur de ce que je voulais ^^ N'hésitez pas à e dire ce que vous en pensez!
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Précédemment :
Il s'attendait à trouver son amant endormie sur le lit et fut surpris de le découvrir bien réveillé au contraire. Réveillé et visiblement occupé.
Ianto se sentit pâlir en voyant ce que son amant tenait entre ses mains. Son cœur s'emballa, pris de panique. Et le regard impénétrable que lui lança Jack en remarquant sa présence ne fit rien pour améliorer son état.
Oups ?
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Les deux hommes se fixèrent un long moment. Aucun des deux ne savait quoi faire, quoi dire.
Jack prit finalement son courage à deux mains. Il avait besoin de savoir. Il se leva du lit pour venir se poster devant son jeune amant, qui, à en croire ce qu'il venait de lire, n'était plus aussi jeune que ça.
« Est-ce que c'est vrai ? Je veux dire… tu as vraiment fait ça ? »
Lasse par avance de la discussion à venir, qu'il prévoyait mouvementée, Ianto soupira avant de hocher la tête.
« Oui, tout est vrai… je suis désolé, ça n'est pas vraiment comme ça que j'avais prévu de te l'annoncer. »
« Ah, parce que tu avais prévu quelque chose ? » s'énerva un peu son amant en se rapprochant encore de lui.
Face à tous les sentiments contradictoires qui l'assaillaient il avait finalement porté son dévolu sur la colère. Il ne savait pas comment réagir face à ce qu'il venait d'apprendre mais la rage qu'il sentait monter en lui était trop intense pour qu'il puisse la retenir. La peur aussi, ne l'aidait pas à se contrôler.
Le silence de Ianto non plus, ne l'aida en rien à se calmer.
« Est-ce que tu as conscience de ce que tu es en train de me dire ? Tu m'as espionné pendant toute ma vie ! …Je veux dire… Mais à quoi tu pensais ?! C'est dingue cette histoire. Je comprends pas… est-ce que tu te rends comptes ?! »
Un rire désabusé passa entre ses lèvres. La situation lui paraissait complètement surréaliste.
« Tu pourrais au moins dire quelque chose ! » s'énerva-t-il avec plus de hargne.
Ianto plongea son regard dans le sien et lâcha trois mots. Trois malheureux petits qui provoquèrent une tempête comme jamais cet appartement n'en avait vu.
« Je suis désolé… »
C'était définitivement la mauvaise réponse à donner. Jack sentit son sang ne faire qu'un tour avant que sa colère grandissante ne finisse par exploser au grand jour.
Il attrapa entre ses mains le visage de Ianto, l'attirant brutalement à lui pour l'embrasser. Il lui vola ses lèvres et investit sa bouche sans la moindre précaution. Il était brutal, violent. Il mordait plus qu'il n'embrassait, forçait son amant à plier sous le poids de ses exigences.
Savoir que Ianto avait été là tout ce temps sans qu'il n'en sache rien, se dire que jamais le gallois ne l'avait quitté, qu'il l'avait veillé, espionné à son insu pendant tant d'années… Lui qui avait enfin l'impression de reprendre le contrôle sur sa vie depuis hier, voilà qu'il la sentait glisser entre ses doigts à nouveau.
Il avait peur, il était en colère.
Il ne contrôlait plus rien.
Le désire qu'il avait toujours éprouvé pour son amant, depuis le premier jour de leur rencontre, était décuplé par sa rage. Sa rage de n'avoir pas su, d'avoir été tenu à l'écart d'une partie importante de sa propre vie.
Ianto mit quelques secondes à réagir. Le sursaut de passion dont faisait preuve Jack l'avait pris au dépourvu. Il s'était attendu à bien des réactions, mais certainement pas celle-ci !
Ce n'est que lorsque qu'il senti les mains de Jack passer sous sa chemise et ses ongles s'enfoncer dans son dos jusqu'à lui écorcher la peau qu'il reprit conscience de son environnement. Il avait l'impression confuse de ne plus s'appartenir, de n'être plus qu'une poupée entre les bras de son amant.
Jack le repoussa violement en arrière, bloquant son corps entre le sien et la bibliothèque de la chambre. Il ne retint pas le gémissement de douleur que provoqua la rencontre brutale entre son bassin et les étagères derrière lui. Il tenta de repousser son amant, cherchant à la fois de l'air pour reprendre son souffle qui commençait déjà à lui manquer et un peu d'espace pour trouver une position plus confortable. Il n'avait rien contre une réconciliation sur l'oreiller mais si Jack pouvait se montrer un tantinet plus prévenant et mesuré, il lui en serait reconnaissant.
Mais il n'était pas dans les intentions de Jack de mesurer ses envies. Il resserra son emprise sur le corps du gallois, ne réalisant même pas le malaise grandissant qui envahissait doucement Ianto. Il n'avait qu'une seule idée en tête : le soumettre. Soumettre cet homme qui l'avait tant fait souffrir, qui l'avait privé de sa présence alors même qu'il était en mesure de soulager sa douleur. Rien n'était clair dans sa tête, excepté cette pensée, cette envie de lui faire payer son absence, de lui rappeler tout le mal qu'il lui avait fait. La partie la plus malsaine et la plus rageuse dans son esprit ne souhaitait plus qu'une chose : lui faire mal. Le blesser autant qu'il l'avait lui-même été.
Emporté par des sentiments et des sensations aussi intenses qu'incontrôlables, il usa de toute sa force pour retenir Ianto contre lui. Sans ménagement il se débarrassa de la chemise de son amant, l'arrachant plus qu'autre chose, faisant sauter les boutons précipitamment sous le cri indigné de Ianto, qu'il s'empressa de faire taire d'un nouveau baiser.
Le goût du sang dans sa bouche révulsa Ianto qui tenta, une nouvelle fois, de se soustraire à l'étreinte sans que Jack ne le lui permette.
Le gallois sentit ses membres se raidir et son excitation chuter rapidement en comprenant que Jack n'avait pas la moindre intention d'être doux, ou même de prendre un minimum de précaution pour ne pas le blesser. Bien au contraire. Les mains fortes sur sa peau l'agrippaient, le maintenaient en place et s'enfonçaient dans sa chaire plus qu'elles ne le caressaient. Les baisers déposés le long de son cou relevaient plus de la morsure et du sang, de la rage, que de la tendresse ou l'amour. Jamais Jack ne s'était comporté de la sorte. Quelques-uns de leurs corps à corps étaient déjà tournés à la brutalité avant, mais jamais à ce point-là. Il était déjà arrivé à son capitaine de se montrer particulièrement dominant, de ne lui laisser aucune marge de manœuvre et d'exiger de lui qu'il se soumette totalement à son bon vouloir. Mais jamais les choses n'avaient été aussi loin. Jamais Jack n'avait cherché à lui faire mal intentionnellement, à moins que la douleur fasse partie intégrante du plaisir qu'il lui donnait, comme cela était parfois arrivé.
Les mains de Jack dégrafant sans la moindre précaution son pantalon furent un signal d'alerte qui le poussa enfin à réagir. S'il ne faisait rien pour l'arrêter, Jack irait trop loin pour que les choses puissent être réparées.
Rapidement et en y mettant toute sa force, il donna un grand coup de hanche qui lui permis d'inverser leurs positions. Il croisa le regard fou et totalement noir de Jack pendant l'espace d'une seconde avant qu'il ne se mette à se débattre, l'obligeant à le retourner pour le plaquer face contre la bibliothèque et bloquer ses bras dans son dos.
« Jack ! » appela-t-il en s'appuyant contre lui avec force pour l'empêcher de débattre. « Jack, arrêtes ! Tu vas te blesser si tu continus ! »
« Lâches moi ! » s'indigna le capitaine en ruant de toutes ses forces pour se libérer.
Ianto évita de justesse un coup de tête qui l'aurait envoyé au tapis à coup sûr.
« Je te lâcherais quand tu te seras calmé ! Tu n'es pas toi-même, il faut que tu te reprennes avant de faire quelque chose que tu regretteras… »
« Que je me calme ?! » l'interrompit Jack en tournant son visage vers lui au maximum.
Ianto retint à grand peine un sursaut en croisant son regard totalement fou. Il y avait dans ses yeux une rage qui le fit frémir. Son envie de le blesser suintait tellement de ses prunelles assombries par la colère qu'elle en était presque palpable.
« Comment peux-tu me demander de me calmer après tout ça ?! »
« Je ne voulais que ton bien. J'avais besoin de comprendre, de savoir ce qui t'étais arrivé… »
« Je me fou complètement que tu m'ais suivi pendant toutes ses années ! Je m'en contre fou tu entends ! »
« Alors quoi ?! » s'impatienta Ianto qui peinait à comprendre où l'esprit embrumé de son amant les conduisait.
« Tu m'as laissé tout seul ! » s'exclama Jack en parvenant à se dégager à son tour. « Tu m'as laissé tout seul ! » répéta-t-il avec autant de force.
« Quoi mais… »
« Tu m'as regardé me détruire ! Tu m'as regardé perdre la tête parce que je croyais dur comme fer que tu étais mort et tu n'as rien fait ! Rien ! Pendant des semaines tu m'as laissé me torturer, tu m'as laissé mourir, encore, encore et encore ! Pas une fois tu n'as levé le petit doigt pour m'aider ! Pas un signe, rien…Et tu t'attends à ce que je t'accueille à bras grands ouverts comme s'il ne s'était rien passé ? Est-ce que tu me prends pour un idiot ? Tu te crois si indispensable maintenant que tu as vu ce que ta mort avait fait de moi, pour penser que je ne t'en voudrais pas ?! TU - M'AS – LAISSE – MOURIR ! »
Jack avait crié cette phrase avec tant de force que sa voix se brisa sur le dernier mot, le laissant essoufflé et presque à bout de force.
Face à lui, Ianto se sentit perdre tous ses moyens. Ses genoux tremblant ne parvinrent pas à le soutenir très longtemps. Il se laissa tomber à genoux sur le sol, incapable de produire le moindre son. Jack venait de lui lancer au visage une vérité qu'il avait tout fait pour ignorer jusqu'ici. C'était vrai. Il avait laissé tomber l'homme qu'il aimait. Pendant toutes ses semaines il s'était convaincu que c'était la meilleure chose à faire. Que Jack devait rester dans cet état pour que le Docteur puisse leur venir en aide. Pendant toutes ces nuits à rester éveillé dans le noir, hanté par des visions cauchemardesques de son amant l'appelant, le suppliant de lui venir en aide, il s'était répété que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Il était presque parvenu à s'en persuader. Jusqu'à maintenant.
« Dis-moi ce que ça t'a fait de me voir aussi faible ? Qu'as-tu pensé en me voyant me traîner dans ma propre merde à cause de toi ? Tu y as pris du plaisir ? Dis-moi ! Jusqu'à quel point as-tu savouré ces instants passés à me regarder me consumer pour toi ? »
Chaque mot que prononçait Jack était comme un coup de poignard lui déchirant le cœur. Ça n'était pas vrai ! Jamais, jamais, il n'avait pris le moindre plaisir à voir souffrir son amour. Bien au contraire, chacune de ses blessures l'avait fait souffrir, chacune de ses pertes l'avait fait mourir de chagrin. Jamais il n'aurait pu se réjouir de sa douleur, jamais. Plutôt mourir !
A quel point avait-il blessé Jack pour qu'il en arrive à penser de telles choses ?
Si seulement il n'avait pas écouté le Docteur ! Il savait depuis le début que ça n'était pas une bonne idée…
Mais il l'avait fait quand même. Il avait choisi de le faire. Le Docteur ne l'avait poussé à rien. Il n'avait pas le droit de lui imputer la moindre responsabilité. Il était le seul responsable de ses erreurs.
« Je suis tellement désolé… » finit-il par murmurer d'une voix rauque emplie de larme. « Je n'aurais pas dû faire tout ça… mais j'ai pensé… je ne savais pas quoi faire d'autre. Quand je t'ai trouvé la première fois, mort dans ce lit, je… je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai pas pu supporter de te voir comme ça. J'étais complètement paumé et sur le coup… sur le coup ça m'a paru être une bonne idée… Mais tu as raison, j'avais tords. Du début à la fin, je me suis planté. Je voulais juste t'aider et regardes où on en est maintenant… Je suis désolé de t'avoir fait autant mal mais…je ne veux pas que tu crois que j'ai pris du plaisir à te voir comme ça. Si j'avais pu… Dieu, j'aurais échangé ma place avec toi avec plaisir si j'en avais eu la possibilité. Mais je ne pouvais pas et… toutes les nuits je devais me retenir de me précipiter ici pour mettre fin à tout ça ! Tu ne sais pas ce que c'est… te voir te détruire à cause de moi et devoir me retenir de venir t'aider alors que j'en crevais d'envie et qu'il était tellement, tellement simple de juste débarquer ici et… »
Un sanglot étranglé l'obligea à se taire pour reprendre sa respiration. Ses mains tremblaient et son cœur battait tellement fort qu'il était prêt à s'arraché de sa poitrine. Il ne voulait qu'une seule chose, que Jack le croit. Qu'il le croit, coûte que coûte et ce quel que puisse être le prix à payer. Il devait le croire.
« Je suis désolé » reprit-il en levant finalement les yeux pour plonger son regard dans celui de Jack, toujours debout devant lui. « Fais ce que tu veux » offrit-il en écartant doucement les bras. « Je n'ai pas le droit de t'interdire quoi que ce soit. Je t'aime et je t'appartiens… fais de moi ce que tu veux. »
Jack se rappellerait plus tard et pendant de très longues années, à quel point il était passé prêt de commettre l'irréparable.
Pendant une très longue seconde il envisagea réellement de reprendre là où Ianto l'avait interrompu.
Et puis il avait suffi d'une autre seconde pour que son esprit malade ne le laisse en paix et ne s'éclaircisse à nouveau. Une seconde et un regard. Un regard empli d'amour, de dévotion et de peur. Un peur viscérale qui ne l'empêchait pourtant pas de rester ancré au sien.
Le regard de son Ianto.
De son amour.
Après ce regard il y avait eu ses larmes, silencieuses, qui roulaient doucement sur ses joues. Puis ses lèvres, écorchées et rougis par le sang.
Un visage d'ange… marqué par la douleur, la peur et l'amour le plus infini qui puisse exister.
Il se rappela soudain des mots qu'il lui avait dit, des phrases assassines qu'il lui avait lancées dans son excès de colère démente. Et il réalisa ce qu'il était sur le point de faire.
Il était passé à deux doigts de… violer son amour, son Ianto.
Son Ianto, agenouillé devant lui, offert à sa colère. Attendant, réclamant presque, une punition qu'il ne méritait pas.
A son tour, le capitaine sentit ses jambes céder sous son poids. Il se retrouva à genoux devant son amant qui le fixait d'un regard à la fois surpris et toujours aussi douloureux.
« Non, non, non, non, non… Ianto… non c'est… C'est moi qui te demande pardon. J'ai… Merde ! Je comprends pas ce qui m'a pris, j'ai complètement perdu les pédales, je ne sais pas… Je suis tellement désolé… »
Il porta une main tremblante à la joue de Ianto et se maudit en voyant à quel point celui-ci se crispa sous la caresse. Qu'avait-il fait ?
« Je ne veux pas… je ne veux pas que tu ais peur de moi, jamais. Jamais. Ce que je t'ai dit… J'étais en colère. Je me suis laissé emporter et… tu ne dois pas croire toutes ces horreurs. »
« Elles sont vraies pourtant » répondit Ianto en se détendant visiblement.
Jack avait repris un minimum de contrôle sur ce qu'il faisait et le gallois en était soulagé.
« Non, tu as fait ce que tu pensais être le mieux pour m'aider. Je n'ai pas le droit de t'en vouloir pour ça. Même si je suis en colère et même si je vais certainement mettre du temps à l'accepter… je n'avais pas le droit de mettre en doute ton amour pour moi après tout ce que tu as fait pour m'aider… pardonnes-moi, s'il te plaît. »
Ianto se détendit totalement en entendant ses mots. La crise était terminée. Pas oubliée, non. Mais l'écueil avait été évité. De justesse certes, mais évité tout de même.
Tous deux finirent par se relever.
« Je suppose qu'on a fait des erreurs tous les deux » répondit Ianto.
Jack l'observa un instant avant de s'approcher doucement de lui et d'entourer à nouveau son visage de ses mains. Cette fois-ci, la caresse fut extrêmement douce. Et le baiser qui suivit, plus délicat que tout ce qu'avait connu Ianto avant ça. Il se laissa aller à l'étreinte, passant ses bras autour du coup de son amant pour approfondir l'échange. Il frémit en sentant les mains chaudes et puissantes de Jack quitter son visage pour venir se poser sur le bas de ses reins et attirer son corps plus près du sien. Tout était affreusement lent, affreusement doux, affreusement bon.
Surtout après ce qu'ils venaient tout juste de vivre.
« En quel honneur ? » questionna Ianto quand leurs bouches se séparèrent enfin l'une de l'autre.
« Je ne voulais pas que tu gardes en tête le mauvais souvenir de mon dernier baiser » répondit Jack sans s'éloigner, continuant de frôler ses lèvres de son souffle.
« Aucun de tes baisers n'est un mauvais souvenir… »
« Je n'en suis pas si sûr. J'ai bien failli perdre les pédales tout à l'heure. Heureusement que tu m'as arrêté sinon… Je ne veux même pas imaginer ce qu'aurait pu être les conséquences… »
« Ce n'est pas moi qui ai besoin d'oublier » fit remarquer le gallois en percevant dans le regard de son amant à quel point il s'en voulait pour ce qu'il avait fait et ce qu'il aurait pu faire.
Calmement il l'attira avec lui sur le lit et le fit s'allonger.
« Maintenant, c'est à mon tour » lui souffla-t-il à l'oreille.
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Jack n'osait plus faire le moindre geste. Après ce qu'il avait failli faire quelques minutes plus tôt il ne se sentait pas assez sûr de ses réactions pour prendre part d'avantage à l'étreinte que Ianto était décidé à lui offrir.
Il le sentit glisser le long de son corps pour le recouvrir du sien et écarta largement les cuisses pour qu'il puisse se loger confortablement entre elles.
Les lèvres de Ianto ne quittaient les siennes que pour leur permettre de reprendre leurs souffles et il sentait le sourire un peu joueur de son amant contre sa joue lorsqu'il lui arrivait de laisser ses baisers dériver au coin de ses lèvres.
Son amant faisait preuve d'une assurance tranquille à laquelle il ne pouvait que s'offrir. Jamais il n'aurait cru Ianto capable de reprendre aussi vite ses esprits après leur dispute. Lui-même n'était pas certain d'être parfaitement au clair avec la situation et le souvenir de la violence dont il avait fait preuve le laissait incapable de prendre la moindre initiative. Pourtant le gallois semblait serein et tranquille, à l'image des caresses avec lesquelles il explorait son corps.
Maintenant son équilibre d'une main, Ianto passa la seconde sous le corps de son capitaine qui cambra son dos pour lui permettre un meilleur accès autant que pour savourer le délicieux frisson qui le parcouru quand il sentit les doigts chauds et calleux sur sa peau.
Ianto poursuivit sa caresse jusqu'à atteindre les épaules de Jack, l'obligeant à se relever le temps d'une seconde pour lui retirer son tee-shirt. Il observa avec la plus grande des révérences le torse puissant qui s'offrit à sa vue et ne résista pas longtemps à l'envie d'y déposer ses lèvres.
Il embrassa encore une fois les lèvres de son amant avant de glisser les siennes vers la gorge qui s'offrait à lui, tendue, dégagée telle une offrande.
Il continua sa descente, savourant au passage chaque grain de la peau brûlante et dorée qu'il rencontrait. La respiration de Jack se fit plus profonde et plus rapide, il sentait déjà le plaisir lui engourdir l'esprit. Jamais aucun amant ne lui avait fait autant d'effet que Ianto. Aucune d'entre eux n'était parvenu à lui faire perdre la tête rien qu'avec ses lèvres sur lui.
Le bassin de Ianto se logea avec plus de fermeté contre le sien et se mit en mouvement, suivant un rythme mesuré et continu, obligeant ses hanches à suivre le mouvement et ses cuisses à s'écarter d'avantage, à se replier contre celles de son amant pour trouver un meilleur appui.
Les tissus rêches de leurs pantalons sur leurs sexes les firent frémir des pieds à la tête et ne firent qu'intensifier leurs mouvements de hanches sans pour autant que leur étreinte ne prenne de la vitesse. Tout n'était que lenteur et amour, la passion dévorante qui grondait dans leurs ventres n'avait pas encore sa place dans ce lit à cet instant. Elle viendrait plus tard, lorsque leurs corps ne feraient plus qu'un et qu'ils se perdraient dans le brasier de leur désir. Ils pouvaient prendre leur temps.
Ianto passa de nouveau un bras sous le corps de son amant, l'obligeant à se cambrer et à s'agripper à ses épaules pour ne pas perdre l'équilibre. Le gallois n'avait plus qu'à incliner légèrement la tête pour que ses lèvres retrouvent la peau chaude de Jack, sans qu'il ait pour autant besoin de cesser ses mouvements de hanches.
L'esprit embrumé, Jack ne retint pas les soupirs de plaisir qui se bousculèrent à la barrière de ses lèvres quand Ianto concentra toute son attention sur l'un de ses tétons, le léchant, jouant de sa langue et de ses dents sur le tendre bouton de chaire durci par le plaisir.
Les bruits mouillés des jeux de bouche de Ianto firent frémir Jack qui finit par gémir doucement.
« Ianto… »
Jack passa l'un de ses bras autour de la nuque de son amant pour l'encourager à continuer et l'empêcher de cesser ses douces attentions. Son autre main partie à la découverte de son dos, retraçant sans même le réaliser les marques que ses ongles avaient inscrit dans sa chaire alors qu'il se laissait emporter par sa colère et sa hargne.
La peau brûlante sous ses doigts se couvrit rapidement d'une fine pellicule de sueur alors que les coups de hanches de Ianto se faisaient un peu plus brusques. Gémissant, Jack l'encouragea à aller plus vite, plus fort. Sa main quitta son dos pour venir agripper ses fesses et tenter d'imposer lui-même son rythme.
Amusé, Ianto se figea complètement, son bassin bien ancré contre celui de son amant, poussant leurs deux sexes l'un contre l'autre. Il se dégagea complètement de l'étreinte de Jack qui tentait de le retenir contre lui.
« Ianto… t'arrêtes pas ».
Seul un petit rire lui répondit, avant que son amant ne s'écarte de lui complètement, le laissant en proie à l'air environnant qu'il sentait glaciale sur sa peau bouillante de désir.
A quatre pattes au-dessus de lui, il le surplombait facilement et se délectait de la vision de rêve qu'il lui offrait. Le corps de Jack était un véritable appel à la luxure. Puissant, musclé tout en restant délicieusement svelte et souple, une peau dorée au goût parfumé qu'il ne se lassait pas de dévorer… et son visage, magnifique dans son plaisir, ses yeux bleu noyés par les brumes de son désire, sa bouche merveilleusement sensuelle et même ses cheveux, juste assez longs pour qu'il puisse s'y agripper quand l'orgasme lui faisait perdre la tête.
« Tu es trop impatient » le gronda-t-il gentiment en caressant son flanc d'une main ferme. « On a tout notre temps… »
« J'ai envie de toi » se plaignit Jack en se redressant sur un coude pour tenter d'inverser leur position.
Ianto avait fait les premiers pas vers leur réconciliation totale, il brûlait de faire le reste à présent. Toutes ses appréhensions l'avaient quitté au fur et à mesure que le plaisir grandissait en lui.
« Non, non » le coupa Ianto en l'obligeant à se rallonger. « C'est moi qui mène la dance aujourd'hui » décida-t-il en laissant glisser sa main jusqu'au jean de son capitaine, caressant délicatement son entre-jambe, le faisant frissonner de plaisir et geindre d'impatience, avant d'empoigner fermement son érection déjà dure à travers le tissus.
Jack gémit aussitôt et leva ses hanches pour en réclamer d'avantage.
Mais Ianto fit tout le contraire de ce qu'il lui demandait et se remit à masser son sexe trop doucement à son goût.
« Il y a tellement longtemps que personne n'a touché à ce délicieux corps… Il n'y a eu personne entre tes cuisses depuis une éternité, depuis moi. Des semaines à être privé de caresses… Depuis combien de temps ça ne t'était pas arrivé dis-moi ? Des années ? Des décennies ? Toi qui aime tellement le plaisir… Je compte bien rattraper tout ce temps perdu. »
« Ianto… »
« Je suis là. Et crois-moi, je vais te faire du bien comme jamais. Ton corps tout entier brûle de l'intérieure. Tu le sens, pas vrai ? Ce feu qui te ronge les veines et qui t'embrume l'esprit. Je sais que tu le sens. Ça t'avait manqué ? De ne plus sentir la chaleur d'un corps au-dessus de toi, des mains aimantes te caresser et te guider jusqu'à l'orgasme… réponds-moi » exigea Ianto en s'agenouillant et en se saisissant brutalement de ses cuisses pour l'attirer vers lui et surélever son bassin en le déposant ses genoux repliés. « Dis-moi que ça t'a manqué. »
« Oui… oui »
Jack peinait à garder les yeux ouverts sous le désir qui bouillonnait dans ses veines. Son amant s'était rarement montré aussi directif depuis le début de leur relation. Bien sûr il ne rechignait jamais à expérimenter un nouveau jeu crapuleux, mais ça n'était presque jamais lui qui prenait l'initiative. Il était conciliant, délicieusement curieux et ouvert à toutes les façons possibles et imaginables de prendre du plaisir et Jack l'adorait pour ça. Mais il était rarement le dominant de leurs ébats. Il préférait se laisser guider par son amant, beaucoup plus expérimenté que lui.
Découvrir cette nouvelle facette du jeune gallois lui faisait un effet de tous les diables. Même s'il aimait diriger leurs ébats, il n'avait rien contre le fait d'inverser les rôles de temps en temps. En particulier avec un amant aussi doué que Ianto pouvait l'être. Le gallois était d'une sensualité à fleur de peau, il était fait pour l'amour et le plaisir, même s'il ne s'en rendait pas compte.
« Privé des plaisirs de la chaire pendant des semaines » reprit Ianto en commençant à déboutonné le jean de son amant le plus lentement possible. « Des semaines… et vois à quel point tu en as envie. Ton corps tout entier tremble de plaisir, ta verge est aussi dur que de la pierre, tu crèves d'envie de jouir ! … Alors imagines-moi… des dizaines d'années sans prendre le moindre plaisir, si ce n'est celui que je pouvais m'accorder seul, en pensant à toi... Tout un siècle à te contempler, à t'admirer, à te désirer… sans jamais pouvoir te toucher ! Sais-tu à quel point mon corps à souffert, à quel point il a manqué de toi ?! Des semaines, ça n'est rien comparé à ce que tu m'as fait endurer pendant toutes ces années… »
Jack resta coi le temps que l'information lui parvienne. Son Ianto n'avait touché aucun autre homme que lui. Il n'avait laissé personne lui donner la moindre goutte de plaisir. Il n'avait pas fait l'amour. Depuis un siècle !
Tout ça pour lui.
Il n'avait pris aucun autre plaisir, si ce n'est celui qu'il s'était accordé seul, pour reprendre ses mots. Cette seule idée aurait pu le faire jouir s'il n'avait pas eu un aussi bon contrôle de son corps.
Le regard brûlant de désir de Ianto le cloua sur la place et il réalisa enfin à quel point son amant avait changé, à quel point il avait muri. Jamais il n'aurait été capable de lui parler de cette façon avant qu'il ne rencontre le Docteur.
« Alors, pour notre bien à tous les deux, je te conseil d'être très sage et de me laisser faire ce que je veux. J'ai besoin de ça… et toi aussi. Laisses toi aller, ne cherches pas à contrôler ce qui n'a pas besoin de l'être. Je suis là, laisse-moi m'occuper de toi. Et je te promets que tu pourras à nouveau me faire ce qu'il te plaira dès que j'en aurais terminé avec toi… si tu as encore assez de force pour ça. »
Le sourire de prédateur, à la fois taquin et affamé de Ianto le fit trembler et fermer les yeux sous l'afflux de sang qu'il sentit entre ses cuisses.
Il s'abandonna à son amant sans le moindre regret, faisan fie de tout ce qui n'était pas eux.
Voyant cela, Ianto consentit à reprendre ses activités pour lui retirer définitivement son pantalon devenu encombrant. Son sourire s'agrandit encore lorsqu'il put constater de ses yeux à quel point Jack avait envie de lui. La verge frémissante de son capitaine déformait son boxer, humidifiant déjà le tissu. Il jeta un coup d'œil au visage de Jack et se réjoui de le voir aussi détendu. Les yeux fermés, sa bouche souriante légèrement entre-ouverte, il lui faisait totalement confiance pour le mener au plaisir ultime.
Ianto lui ravit ses lèvres doucement, partageant à travers ce baiser leur sourire de bonheur. Les choses iraient très bientôt mieux que jamais.
Tranquillement il laissa sa bouche errer sur le torse de Jack, le marquant et se rassasiant du goût de sa peau. Il usa de son visage pour le caresser, faisant coulisser sa joue un peu rugueuse contre ses flancs sensibles et la courbe de son ventre, enfouissant son nez dans sa chaleur pour sentir son odeur jusqu'à en avoir le vertige…
Son périple le mena bientôt à la lisière de son boxer, le coupant dans sa progression. Il prit le temps de retracer la forme anguleuse des os de son bassin et de ses muscles parfaitement dessinés, avant de glisser ses doigts sous le malheureux bout de tissus, dernier rempart de la pudeur de son amant. Sa main rencontra immédiatement le sexe chaud et impatient qui s'y cachait. Il le caressa un instant, heureux de retrouver cette sensation qui lui était devenu familière.
Avant que Jack ne réussisse à l'attirer entre ses draps, jamais il n'aurait cru pouvoir ressentir un quelconque plaisir à tenir entre ses doigts le sexe lourd et tendu d'un autre homme. Et pourtant… cette sensation lui était devenue presque aussi plaisante que celle d'accueillir entre ses lèvres la verge de son amant.
Cette simple pensée l'excita et assécha sa bouche en une seule seconde. Cela pourrait paraître étrange à la plus part des gens mais de tous les actes érotiques que lui avait enseigné Jack, la fellation restait celle qui l'excitait le plus. Pour le plus grand plaisir de Jack évidement.
Son capitaine avait su le guider dans la découverte de sa toute nouvelle sexualité avec assez de talent pour qu'il ressente désormais autant de plaisir à faire jouir son amant qu'à vivre son propre orgasme.
Soudain impatient, il éjecta le boxer et se lécha les lèvres sans la moindre retenu avant de venir s'allonger entre les cuisses de Jack.
Celui-ci ne put retenir un cri de surprise mêlé de plaisir quand Ianto s'empara brusquement de son sexe et le prit en bouche avec gourmandise. Lui qui commençait tout juste à savourer le rythme lent et tranquille auquel Ianto faisait monter le plaisir, voilà que son amant changeait brutalement son fusil d'épaule et l'envoyait valser avec les étoiles d'un seul mouvement de gorge.
Ses mains agrippées aux draps, il ne retint plus ses gémissements quand Ianto resserra ses lèvres autour de son gland et fit coulisser son sexe jusqu'à le prendre en bouche entièrement. Il sentit le bras de Ianto, qui n'entourait pas sa cuisse pour maintenir ses jambes écartées, venir s'enrouler autour de son bassin et se prépara mentalement à ce qui allait arriver.
Une fois assuré de l'immobilité forcé de Jack, le gallois se mit à déglutir lentement, jouant des muscles de sa gorge autour du gland dur et gonflé de la verge enfoncée dans sa gorge.
« Ianto ! … Ianto… »
Jack détourna la tête pour tenter de l'enfouir dans l'oreiller. Il avait besoin de mordre quelque chose. C'était bête à dire mais quand Ianto lui faisait ça, il se sentait toujours un irrésistible besoin d'enfoncer ses dents dans quelque chose, n'importe quoi. Pourvu qu'il puisse s'y raccrocher.
Ce que lui faisait subir Ianto était une véritablement torture. Son plaisir tout entier se concentrait juste sur le bout de sa verge, l'amenant à un doigt de la jouissance sans pour autant que ce soit suffisant pour lui accorder l'orgasme auquel tout son corps aspirait.
Il resserra ses doigts sur les draps pour s'empêcher d'aller agripper la nuque de son amant afin de l'obliger à le prendre plus profondément encore. A ce stade, un geste un peu trop brusque de sa part risquait de les blesser tous les deux. C'était la raison pour laquelle Ianto prenait toujours grand soin de l'immobiliser, afin de prévenir tous sursaut d'excitation que Jack n'aurait pas été en mesure de contrôler.
La caresse délicieusement profonde ne dura que quelque secondes avant que Ianto ne se dégage pour reprendre son souffle et soulager sa gorge qui était loin d'être naturellement faite pour ce genre de chose. Pourtant Jack eut l'impression d'avoir passé une éternité toute entière entre les lèvres de son amant.
Ils échangèrent un regard tout en cherchant leurs souffles qui commençaient à leur faire gravement défaut.
Ianto reprit son activité, plus doucement cette fois, se contentant de coup de langues joueurs et crapuleux sur tout le long de son sexe, taquinant sa peau sensible tout en lui laissant le temps de recouvrer un peu de son calme. Il ne voulait pas que Jack vienne de cette façon. Non, ça c'était juste une délicieuse entrée en matière.
Jack finit par reprendre ses esprits. Il sourit en sentant Ianto prendre ses testicules entre ses mains pour les remonter et découvrir la peau fine qui faisait le lien entre son sexe et son intimité. C'était l'un des rituels les plus excitants qu'il ait jamais connu. Chaque fois que Ianto lui offrait ce genre de caresse, il finissait inexorablement par lui faire un suçon à cet endroit. Il le marqué là où aucun autre homme, aucune autre femme, aucune autre forme de vie extraterrestre ne pourrait jamais le voir. L'un des endroits les plus intimes de sa personne. Depuis la première fois que Ianto s'était aventurer à faire ce geste et jusqu'à ce qu'il rende son dernier souffle, jamais cette marque n'avait quitté la peau de Jack. Le gallois trouvait toujours un moment pour la lui refaire. Peu importait qu'ils soient en plein milieu d'un affaire ou autre, et quitte à ce qu'il le coince dans un recoin sombre où n'importe qui aurait pu les surprendre, pour lui baisser son pantalon jusqu'aux chevilles et faire son œuvre. Parfois il n'avait même pas pris la peine de finir le travail et de mener Jack à l'orgasme, le laissant pour l'heure suivante dans une situation très inconfortable. Tout ce qui comptait, c'était qu'il y ait la marque de son passage, à cet endroit précis.
Jack n'était pas vraiment sensible à cet endroit, il ne ressentait pas un plaisir intense à se faire sucer ce petit carré de peau insignifiant. Et pourtant il adorait que Ianto le fasse. C'était l'une des seules marques de possessivité que son amant se permettait envers lui.
A l'extérieure, aux yeux de tous, il le laissait draguer et séduire comme il le voulait sans jamais faire preuve de la moindre mauvaise humeur. Mais dans l'intimité, là juste à cet instant pendant lequel il tenait littéralement son plaisir entre ses mains et ses lèvres, il se permettait enfin de marquer son territoire.
Jack était à lui, peu importe ce que les autres pouvaient bien penser. Eux savaient. Et c'était tout ce qui comptait.
Ianto embrassa la peau tendre de son aine avant de remonter jusqu'à son visage, laissant ses lèvres le long de son corps.
« Alors ? Prêt pour la suite ? » demanda-t-il une fois qu'ils se firent face à nouveau.
« J'attends plus que toi. » répondit Jack avant de venir l'embrasser.
Pour toute réponse Ianto tendit un bras pour chercher dans la table de chevet le tube de lubrifiant qui n'avait, normalement, pas bougé de place depuis la dernière fois qu'ils l'avaient utilisé.
Bingo !
Il découvrit aussi une boîte de préservatif et lança un regard interrogateur à son amant.
« Non » répondit Jack à sa question muette. « Pas question d'utiliser ces trucs. C'est toi que je veux sentir. Juste toi »
Ianto le remercia d'un baiser. Lui aussi avait envie de le sentir aussi près que possible.
Sans attendre il en versa une petite quantité sur ses doigts avant de les diriger vers l'intimité dévoilée de son amant qui avait plié et écarté ses jambes à leur maximum en un appel silencieux. Confortablement installé le long de son corps et profitant de sa chaleur, Ianto se fit un plaisir de répondre à ses attentes.
Enfin, presque.
Il étala un peu de lubrifiant sur la peau plissée et fragile avant de se mettre à appuyer, doucement, juste assez fort pour que ses muscles se contractent sous le plaisir sans le pénétrer réellement.
Jack se mit à remuer ses hanches, quémandant bien d'avantage que ces légères taquineries.
Beau joueur et conscient que le jeu de la frustration avait ses limites, Ianto consentit finalement à lui accorder ce qu'il réclamait.
Doucement, mais fermement, il introduisit deux de ses doigts lubrifiés dans l'intimité de son amant. S'il y avait bien une chose qu'il avait appris au sujet de Jack c'est qu'il était tous sauf douillet. La douleur ne l'effrayait pas et il lui était même arrivé de la réclamer, au dam de Ianto qui, à l'époque, ne savait absolument pas comment réagir et quoi faire pour contenter les désirs de son homme.
Un siècle de vie lui avait permis de s'ouvrir l'esprit, et même s'il n'avait aucun penchant pour le sadomasochisme, il ne pouvait nier que certains de ses fantasmes contenaient parfois une part de brutalité et de violence.
Etrange de voir à quel point les années l'avaient fait évoluer, sur ce plan en tout cas. La frustration accumulée pendant toutes ces années à faire ceinture n'y était probablement pas pour rien.
Prenant soin de ne pas le blesser, il commença à bouger ses doigts, assouplissant les muscles de cette intimité dans laquelle il mourrait d'envie de s'enfouir. Jack l'encouragea en venant à la rencontre de ses caresses et en gémissant doucement. Ianto ne lui laissait pas d'autres choix que de se laisser faire et il prenait finalement un plaisir énorme à lui abandonner son corps.
La préparation ne dura pas longtemps. Ianto sentait son amant frémissant sous lui, il savait qu'il n'allait plus tenir très longtemps. Et lui non plus d'ailleurs. Son sexe tendu contre son bas ventre le torturait trop intensément pour qu'il puisse encore l'ignorer.
Il retira ses doigts et recouvra son érection de lubrifiant, s'accordant quelques douces caresses au passage alors qu'il dévorait du regard le corps de son capitaine, offert à lui comme il ne l'avait jamais été.
Il se glissa finalement entre ses cuisses, grondant de contentement quand Jack replia ses jambes pour les caller contre ses fesses, le poussant à le pénétrer sans attendre.
Prenant appui sur ses coudes il embrassa Jack en même temps qu'il faisait glisser son sexe dans l'antre chaude, humide et impatiente qui se présentait à lui. Comme il l'avait fait avec ses doigts, il s'enfonça d'une seule poussée, lente et ferme, ne laissant ni le temps ni le choix à Jack de se refuser à lui.
Celui-ci était bien loin de le vouloir. Bien au contraire. Il usa de ses jambes pour emprisonner Ianto contre lui. Il sentait son sexe brûlant et ferme s'enfoncer en lui, lui retournant les sens et lui faisant perdre la tête. Pour rien au monde il n'aurait voulu que cela s'arrête.
Aucun homme ne l'avait pris de cette façon depuis des années, des décennies même. Il avait presque oublié à quel point cela pouvait être bon d'être possédé et dominé comme ça. Il ne s'agissait pas seulement du sexe de Ianto en lui. Non, il y avait tellement plus. Son regard, brûlant de désir et affamé, ses bras de chaque côté de son visage qui le retenaient prisonnier autant qu'ils l'entouraient d'amour, ses lèvres à quelques centimètres des siennes le narguant de baisers qu'elles lui refusaient, son poids tout entier reposant contre lui…
Ianto avait eu raison de s'imposer à lui comme ça. La force tranquille qu'il dégageait à cet instant le faisait se sentir en sécurité. Bien plus serein que si cela avait été à lui de mener la dance. Allongé dans ce lit, le corps chaud de Ianto sur le sien, le dominant et l'aimant, il avait l'impression de rentrer chez lui, de pouvoir se laisser aller sans risque. Quelqu'un était là pour le rattraper au moindre faux pas.
Et Dieu ce que c'était bon.
Ianto commença à bouger doucement, roulant des hanches avec soin pour ne pas blesser Jack qu'il sentait encore crispé autour de lui.
Il ne cherchait même pas à se retirer. Il enfonçait son bassin contre celui de Jack, l'obligeant à s'offrir d'avantage à lui, et bougeait tout en douceur.
Cela dura jusqu'à ce que Jack passe ses mains dans le dos de son amant. Il les laissa dériver jusqu'à ce qu'elles agrippent la chair tendre des cuisses de Ianto et ne l'attire brusquement vers lui, plus loin à l'intérieure de son corps. Ils gémirent de concert et abandonnèrent tout contrôle.
Perdu entre les bras de Ianto, Jack s'abandonna au rythme soutenu des va et vient de son amant avec le plus grand des plaisirs.
Tout ce temps qu'ils avaient passé à jouer avant d'en arriver se fit rapidement sentir. L'orgasme rugissait en eux, les laissant essoufflé, tremblant d'impatience à l'idée de relâcher enfin la passion qui leur écrasait les reins.
Sans surprise, Jack fut le premier à rendre les armes. Son dos ploya sous l'afflux soudain de plaisir et il se laissa aller en un cri silencieux. Ce fut une véritable explosion de sensation, un ras de marées intense et incontrôlable de plaisir qui lui ravagea le corps.
Il courba instinctivement sa nuque et Ianto se saisit de ses lèvres en un baiser avide. Un plaisir incroyable se libéra d'entre ses cuisses, noyant ses reins, ravageant son ventre, le faisant éjaculer brusquement et par à-coup.
Tous ses muscles se contractaient, il ne contrôlait plus rien, même pas ses gémissements qui se perdaient dans la bouche de son amant. Sa tête était vide de toutes pensées cohérentes, simplement envahie par cette extase sans commune mesure qui le faisait trembler comme un dément.
Et ça ne s'arrêtait pas. Son orgasme ne semblait pas avoir de fin, il se sentait comme tétanisé par sa jouissance qui se prolongeait sous les coups de reins devenus totalement incontrôlables de son amant qui ne perdait pourtant rien de la vision magnifique qui s'offrait à lui.
Il n'avait jamais assisté à un spectacle plus fascinant que celui-ci. Jack semblait totalement aspiré par son orgasme, déconnecté de leur réalité, complètement perdu dans ses sensations.
Les chairs brûlantes autour de lui se serrèrent convulsivement autour de lui, comme s'elles voulaient l'avaler. Il gronda et ne put se retenir plus longtemps. Il éjacula, profondément enfoui dans l'intimité humide de plaisir de son amant.
Son orgasme consuma le peu d'énergie qui lui restait, lui dévorant les entrailles et lui retournant les sens.
Il reprit lentement conscience de son environnement et pu constater à quel point l'orgasme de Jack avait été puissant. Plus que ce à quoi il s'attendait pour être totalement honnête. Il avait certes voulu le mener aussi loin que possible, le perdre dans les affres d'un plaisir qui le submergerait, mais il n'en espérait pas tant.
Il sentait le corps tout entier de Jack trembler contre lui, encore secoué par le plaisir qu'il venait d'avoir.
Ianto finit par se retirer doucement, luttant un peu contre l'étreinte inconsciente de son amant qui ne semblait pas vouloir le lâcher.
Il s'allongea près de Jack, cherchant un souffle qui lui faisait encore défaut.
Les draps sous lui étaient poisseux et toute la pièce empestait le sexe mais il n'en avait vraiment rien à faire. Il se fichait comme de sa première cravate de tout ce qui n'était pas Jack.
Ce dernier avait encore les yeux fermés et son corps se crispait encore par moment, ce qui inquiéta Ianto. Quand même…il n'avait jamais vu son capitaine se retrouver dans un état pareil avant aujourd'hui.
« Ça va ? » se décida-t-il à demander en caressant doucement sa joue.
Jack ouvrit enfin les yeux et lui sourit. Il leva sa main pour lui rendre sa caresse mais son bras tremblant retomba mollement sur le matelas, les faisant rire tous les deux.
« Merde…Ianto, je sens plus mes jambes ! » s'indigna Jack aussi fort qu'il en était capable, c'est-à-dire dans un murmure tout juste audible. « J'ai l'impression d'être en coton… c'était un putain d'orgasme ! »
« Ça tu peux le dire. » confirma le gallois en déplaçant doucement sa main vers sa gorge pour s'assurer que son pouls reprenait bien un rythme normale.
Quelques minutes silencieuses passèrent avant qu'il ne réalise que Jack s'était endormi.
Tant pis pour les draps, se dit-il en se callant contre son capitaine, posant sa tête sur son épaule et un bras autour de sa taille. Ils regretteraient tous les deux de ne pas avoir pris de douche quand ils se réveilleraient, poisseux et humides, mais pour l'instant il ne se sentait pas du tout la force de se lever.
Demain était un autre jour et il sentait que la guérison de Jack était en bonne voie désormais. Rien ne lui semblait plus important que cela et il se sentait enfin assez confiant en l'avenir pour prendre un repos bien mérité.
Il devinait que cette nuit serait la meilleure qu'il passerait depuis très, très longtemps.
a suivre
