Si on lui avait dit, le jour de sa sortie de l'université, qu'il se retrouverait un jour à courir comme un dératé dans les rues de Cardiff dans le seul et unique but d'échapper à un tas de gelée géant bleu fluo très en colère, Ianto aurait probablement choisi une autre voie que Torchwood.

Non vraiment, la jeune femme sexy dans son tailleur, qui à lui seul aurait facilement pu lui payer sa dernière année de faculté, qui était venue le racoler le jour de sa remise de diplôme, avec force de battements de cils et d'œillades soi-disant charmeuse pour lui vanter les mérites de cette organisation gouvernementale top secrète, dont il n'avait jusque-là jamais entendu parlé, aurait pu aller se rhabiller chez sa grand-mère. Et peu importait le salaire exorbitant qu'elle lui avait fait miroiter devant les yeux, ou ses flatteries au sujet de la sélection extrêmement ardue de laquelle il était sortie vainqueur sans même qu'il en ait conscience. Non, vraiment. Là c'était trop.

Torchwood lui avait déjà fait faire des choses très, voire même très très, étranges, mais là on atteignait des sommets. Toute à sa course il ne put s'empêcher d'incendier son compagnon d'infortune du regard. Le sourire qu'affichait Jack lui parut ridiculement enthousiaste au vu de la situation dans laquelle ils se trouvaient. Avoir une forme de vie extra-terrestre, parfaitement répugnante et d'un esthétisme à faire vomir, leur collant au train, n'était décidément pas ce qu'il se faisait comme idée d'un travail sain et gratifiant !

« Je peux savoir ce qui te fais sourire comme ça ?! ». Courant à toute allure, il repoussa un passant à l'intérieure d'une boutique sans la moindre précaution et sans tenir compte de ses protestations. Protestions qui se turent rapidement lorsqu'une montagne de gelée passa devant la vitrine en question.

« Comme au bon vieux temps, Ianto ! » lui répondit Jack, son sourire s'accentuant en constatant la mine renfrognée de son compagnon.

« Le bon vieux temps ! Tu parles ! ». Il négocia un passage particulièrement étroit entre deux voitures, sautant à demi par-dessus le capot de l'une d'elle, avant de reprendre. « Si seulement tu avais fait attention, on en serait pas là ».

« Comme si tout était de ma faute ! Je te signale que c'est toi qui as proposé de le faire sortir des égouts, pas moi ! ». Le souffle court, les deux immortels commençaient à sentir le feu leur brûler la gorge d'avoir trop couru. « Merde ! Je crois que je commence à avoir un point de côté ! ».

« Cours et tais-toi ! » jura Ianto en jetant un coup d'œil derrière lui.

L'extraterrestre gluant avait encore gagné du terrain. Heureusement dans un sens, il était trop aveuglé par la rage pour prêter attention aux passants autour de lui qui couraient à la recherche du premier abri venu. Les quelques invasions extraterrestres qu'ils avaient eu à subir dans les années précédentes leur avaient tout de même laissé d'assez bon réflexes. Personne, à part eux deux bien évidement, ne semblait s'être mis en tête de simplement courir le plus vite possible droit devant. Une stratégie bien stupide lorsqu'on se retrouve face à une forme de vie extraterrestre non identifiée. Il valait mieux trouver un coin où se cacher le temps que les choses se tassent.

« Je te signale que c'est pas moi qui ait commencé » reprit Ianto. « Si tu ne lui avais pas tiré dessus en premier, je suis sûr qu'on aurait trouvé une solution beaucoup plus discrète de s'occuper de… Ça ! Et puis si tu es fatigué, ça veut dire que tu ne passes pas assez de temps dans la salle de sport. Tu crois quoi ? Que je l'ai faite installée juste pour le plaisir des yeux ?! »

« Et qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Elle était à deux doigts de m'étouffer ! C'est pas une mort que j'ai envie d'expérimenter figures-toi ! ». Ils négocièrent un virage serré vers la gauche évitant de justesse un scooteur qui passait par là. Un grand bruit d'impact les fit se retourner. La créature gluante avait décidément de moins bons réflexes qu'eux. Son élan l'avait envoyé contre une façade de maison qui heureusement résista au choc. La créature en revanche éclata en flaques visqueuses qui les firent grimacer de dégoût.

« T'arrêtes pas de courir ! » ordonna Jack à son compagnon qui n'en avait de toute façon pas l'intention. Il pratiquait ce boulot depuis trop longtemps pour se faire avoir par ce genre de truc. Une créature venue tout droit de l'espace ressemblant au dessert terrien le plus ridicule jamais inventé ? Et fluo avec ça ? Il y avait peu de chance pour qu'une rencontre avec un mur, même très douloureuse, ait raison d'elle. Il bénit ses quelques années d'expérience en constatant que les flaques visqueuses se rassemblaient pour ne former à nouveau qu'une seule masse repoussante. Et bleu. Quoiqu'un tantinet violette par endroit… Bizarre.

« Je crois qu'elle est encore plus en rogne ! Une idée, Ianto ? On tiendra pas le rythme très longtemps. »

« De l'eau ! » s'exclama Ianto en attrapant Jack par la manche pour l'obliger à virer à nouveau vers la gauche. « Il faut l'emmener jusqu'à la bais ».

« Tu crois que ça va lui faire quelque chose ?! ». Jack, malgré sa question plus que légitime, suivit le gallois sans protester. Il avait assez confiance pour le suivre le plus aveuglément du monde.

« Aucune idée » répondit Ianto sans ralentir le rythme. L'extraterrestre les avait repris en chasse de plus belle. « C'est tout ce qui me vient à l'esprit. Faut dire que je n'ai jamais essayé de noyer mon dessert ! Mais la bouffe, ça aime pas l'eau en général.»

« Ok ! Et si ça lui fait rien, les poissons se chargeront de lui faire sa fête ! ».

Heureusement pour lui, et pour Ianto aussi quoi que celui-ci veuille bien sous-entendre sur son endurance, ils arrivèrent en vue du fleuve. Tous les deux étaient à bout de souffle et ils transpiraient à grosse gouttes malgré la fraîcheur de l'automne. Ils traversèrent la place, ralentissant volontairement le rythme pour laisser la créature les rattraper. Trop occupés à regarder derrière eux, ils ne remarquèrent même pas à quel point ils étaient près de leur ancien QG.

« Comment on s'y prend pour la foutre à l'eau ? »

La question de Ianto resta en suspend un instant avant que Jack ait une idée à son tour. Il se souvint en un instant de l'élan qui avait envoyé la montagne de matière visqueuse contre le mur. Avec un peu de chance…

« Hey ! Hey ! Viens là ma grande ! ». Il se mit à agiter les bras pour attirer l'attention de la monstrueuse créature qui avançait vers eux. Celle-ci sembla accélérer l'allure, incapable de voire que le piège se refermait déjà sur elle.

« Jack ! Mais qu'est-ce que tu fais ?! »

« T'inquiètes ! Allez espèce de tas gluant, viens voir papa… »

Il y avait peu de chance pour que le tas en question comprenne quoi que ce soit à leur langue. Mais elle sembla néanmoins capter le ton ouvertement moqueur et provocateur de son adversaire du moment car sa couleur vira un peu plus au violet, signe évident de colère visiblement, avant d'envoyer l'un des bancs de pierre de la place dans la direction de Ianto, qui se jeta à terre pour l'éviter, et de se précipiter sur Jack qui ferma les yeux en grimaçant pour se préparer au choc.

Il fut projeté dans l'eau froide d'un coup violent à la poitrine et eut l'immense joie de voir son adversaire le suivre sans parvenir à retrouver son équilibre aussi près du bord et se faire emporter par la force de sa course. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire la gelée se liquéfia autour de lui en quelques glouglous visqueux et répugnants à entendre. L'immortel se fit la réflexion qu'il faudrait tout de même penser à vérifier la pureté de l'eau dès que possible et balancer quelques sérums magiques tout droit sorti de la base de données des ordinateurs de Torchwood. Juste histoire d'être sûre que les habitants (humains et poissons compris) ne se mettraient pas à muter en d'immondes tas gélatineux. Un, passe encore. Mais il ne donnait pas chère de sa peau si toute une colonie de ces trucs se mettait à sortir de la flotte.

Il se hissa sur la berge, peinant à trouver ses appuis. Son manteau mouillé l'alourdissait et ses mains glissantes de gelée ne faisaient rien pour arranger les choses. Ayant finalement retrouvé le plancher des vaches, il s'apprêtait à lancer une quelconque remarque spirituelle à Ianto quand il remarqua l'absence de ce dernier.

Soudainement inquiet il jeta un coup d'œil rapide autour de lui.

Et c'est là qu'il le vit…

Son souffle se bloqua dans sa gorge et son cœur se serra d'angoisse à lui en faire mal. Une douleur qu'il connaissait, et que pour rien au monde il n'aurait voulu ressentir à nouveau, le traversa.

Il gisait là, sur le sol… le corps affreusement fracassé, disloqué même, par le banc de pierre que la créature avait défoncé dans sa rage et qu'il n'avait pas eu le temps d'éviter entièrement.

« Ianto… » Sa voix n'était plus qu'un souffle. Il se précipita vers le corps inerte de son amant, déjà effondré de chagrin alors qu'il ne savait pas l'état exact de celui qu'il aimait. Peut-être n'était-ce pas aussi grave qu'il y paraissait.

Le teint pâle et les yeux clos de Ianto le firent frémir. Non…

Il s'agenouilla prêt de lui et déchira la chemise blanche qui lui cachait encore l'ampleur des dégâts. Il lui fallut s'y reprendre à deux fois tant ses mains tremblaient et ne put retenir son exclamation d'horreur en constatant l'ampleur de la blessure.

« Jack… ». Les paupières à demi closes, Ianto fit un effort pour sourire à son amant. « Jack, ça va aller… C'est… C'est rien… ». Du sang s'échappa d'entre ses lèvres et coula le long de son menton et de sa gorge sous les yeux horrifiés de son amant, contredisant ses paroles qu'il voulait rassurantes.

Et sous ses yeux, il n'eut plus qu'un homme brisé et désœuvré, presque misérable. Oublié le Jack taquin et courageux qu'il était encore quelques secondes auparavant. Il ne restait plus que l'homme blessé, toujours tapis sous la surface depuis l'épisode des 456.

« Ianto… Ianto, je suis tellement désolé…Je… Je vais appeler une ambulance… ils vont te soigner tu vas voir… ». Les larmes aux yeux, Jack plongea frénétiquement ses mains dans ses poches pour y chercher son portable. Il jura de désespoir en constatant que l'appareil n'avait pas supporté sa baignade improvisée quelques minutes plus tôt. Son regard fit frénétiquement le tour de la place mais ne trouva personne à qui demander de l'aide. Il n'y avait personne d'autre qu'eux.

« Non…Jack, écoutes moi… personne ne peux me soigner… tu le sais… ». Il haleta de douleur et s'agrippa à son amant qui venait de le prendre contre lui, serrant désespérément son corps blessé contre le sien et le faisant souffrir d'avantage sans que Ianto cherche à l'en empêcher. Le désespoir dans les yeux de Jack lui faisait peur. Il savait que l'un comme l'autre, ils redoutaient cette épreuve. Même si c'était pour des raisons très différentes. Ianto craignait l'effet que sa première mort allait avoir sur son amant. Bien qu'il lui ait répété encore, encore et encore son histoire avec le Docteur et qu'il l'ait assuré de sa nouvelle immortalité, Jack n'était jamais parvenu à se rassurer pleinement à ce sujet. Raison pour laquelle il s'était déjà sacrifié plusieurs fois pour sauver la vie de Ianto depuis qu'ils avaient décidé ensemble de reprendre l'affaire Torchwood. Son capitaine n'arrivait pas à se convaincre du bonheur que cela serait d'avoir Ianto près de lui tout au long de son existante et son insécurité à ce sujet n'avait pas changé depuis le retour de son amant entre ses bras quelques mois plus tôt. Les quelques semaines qu'il avait passé à le croire définitivement perdu, mort par sa faute, avaient blessé son âme plus surement qu'une lame n'aurait pu le faire. Malgré tous les efforts de Ianto pour le rassurer, malgré tout l'amour, toute la tendresse dont il avait pu faire preuve pour essayer de le convaincre, Jack restait désespérément fragile à ce sujet.

Le gallois désespérait de trouver un moyen d'apaiser ses blessures encore à vifs. Peut-être cette mort était-elle l'occasion pour lui de régler définitivement ce problème. Il savait que tant que Jack serait effrayé à l'idée de le perdre il ne pourrait pas guérir complètement et redevenir pleinement l'homme qu'il était. Que ses cauchemars continueraient à hanter ses nuits…

Ça allait être douloureux. Vraiment très douloureux. Autant pour lui que pour Jack, il se haïssait d'avance à l'idée de ce qu'il allait devoir lui demander de supporter. Mais il le fallait. Sans ça, ils ne pourraient jamais être à nouveau pleinement heureux.

« Jack…écoutes-moi… ». Il trembla, la douleur devenant quasi insupportable et sa vision se troublant déjà, signe que son corps n'en finissait plus de faiblir.

« Non, ne le dis pas ! » coupa Jack en s'accrochant à lui de toutes ses forces. « S'il te plaît… ne le dis pas… je vais trouver une solution, il y a toujours une solution ». Le visage enfoui contre la peau douce et chaude de la gorge de son amant, Jack refusait purement et simplement d'entendre, de comprendre.

Rien ne le persuaderait d'écouter ce que Ianto avait à lui dire. Ça ne serait pas comme la dernière fois, il ne le perdrait pas à nouveau. Il ne voulait plus être impuissant, incapable de sauver l'homme qu'il aimait, désarmé face aux derniers mots qu'il lui soufflerait à l'oreille d'une voix tremblante et désespérée.

Pas comme la dernière fois.

« Jack… Regardes-moi ! » Et sa voix n'avait rien de tremblante ou de désespérée. Au contraire. Le ton ferme, presque sévère de Ianto, obligea Jack à relever les yeux. Au prix d'un effort quasi surhumain, le gallois porta sa main à sa joue et lui offrit une caresse douce et tendre frôlant ses lèvres douces et déjà humides de larmes de son pouce. « Ca va aller, Jack… je vais bien… »

« Non, non, tu ne vas pas bien ». Jack appuya son visage contre cette main chaude et rassurante, incapable d'en dire d'avantage.

« Ecoutes-moi » redis encore Ianto qui sentait ses dernières forces s'épuiser. « Je vais mourir, Jack ». Les yeux fermés de douleur, incapable de le regarder dans les yeux, celui-ci se mordit la lèvre jusqu'au sang pour ne pas hurler son désespoir à la face du monde.

Ça ne pouvait pas arriver.

Pas encore.

« Je vais mourir mais… c'est bon, Jack… on se retrouve dans pas longtemps. Il faut… Il faut que tu me ramènes à la maison, maintenant… avant… » Un nouveau flot de sang envahit sa gorge et sa bouche l'empêchant de parler l'espace d'une seconde. « Je te promets de revenir, Jack… je te le promets »

Jack finit par ouvrir à nouveau les yeux, pour se noyer dans ceux de Ianto qui le couvait d'un regard tendre et amoureux, presque indulgent.

« Ils ne doivent pas m'emmener à l'hôpital… Tu ne dois pas… Jack… »

Son souffle était de plus en plus mince et ses yeux se fermaient sans qu'il puisse lutter plus longtemps. La mort réclamait son due et il n'était pas en mesure de lutter contre elle.

« Ramènes-moi à la maison… »

Et sa main retomba, sans vie.

.

.

Ce furent les hurlements stridents de la police et des ambulances qui tirèrent Jack de sa morbide contemplation.

Le temps lui semblait s'être distordu à l'instant même où Ianto avait fermé les yeux. Le dernier souffle de son amour lui avait sembler durer une éternité. Et les secondes suivantes furent plus longues encore. Comme pour laisser le temps à son esprit brisé de réaliser ce qu'il venait de se passer.

Ianto était mort.

Dans ses bras.

Sans qu'il ne puisse rien y faire.

Encore.

Tout ce qu'il voulait maintenant c'était rester là. Et pleurer. Serrer dans ses bras le corps sans vie de son amant, et pleurer. Se laisser aller à cette fabuleuse douleur qui s'offrait à lui, se perdre en elle, ne ressentir plus qu'elle. C'est tout ce qu'il se sentait capable de faire.

Mais il ne pouvait pas. Et l'agitation qui commençait doucement à se faire sentir autour de lui le lui rappelait chaque seconde un peu plus.

Ianto ne lui avait demandé qu'une seule chose : le ramener chez eux.

Et c'est ce qu'il allait faire. Car au plus profond de son esprit, rendue quasiment inaudible sous les hurlements silencieux de souffrance de son esprit, une voix douce, porteuse d'espoir, lui soufflait que rien n'était encore terminé.

Ianto le lui avait dit : ils se retrouveraient bientôt. Et bien qu'il se haïsse d'entretenir encore ce genre de pensée grotesque, il ne pouvait que se rappeler que jamais Ianto ne lui avait menti. Et qu'il n'aurait certainement pas commencé aujourd'hui. Il avait parfois omis de lui dire certaines choses, comme avec Lisa, mais jamais aucun mensonge lui étant destiné n'avait franchi ses lèvres.

Prenant une large inspiration, Jack essuya ses larmes d'un revers de main et se décida enfin à bouger. Peu importe son envie de rester là, effondrer sur le sol, à pleurer sur le corps sans vie de l'homme qu'il aimait. Il fallait qu'il bouge. Parce que si - et Dieu il priait pour que ce soit le cas, il priait comme jamais encore il ne l'avait fait - si jamais Ianto revenait à la vie, alors il ne fallait pas que quelqu'un voit ça. Comme Ianto l'avait fait pour lui plus d'une fois, il se devait de mettre son corps en sécurité. De le protéger des autres, ceux qui ne seraient jamais à même de comprendre. Pas encore, du moins. Et quand ce serait fait, il attendrait. Comme Ianto avait tant de fois attendue. Anxieux, effrayé, à se demander « et si cette fois ? ». Souvent Jack s'était moqué de lui, de sa peur totalement irrationnelle (tout du moins de son point de vue).

Comme il le regrettait à présent.

Maintenant que les rôles étaient échangés, il découvrait à quel point l'attente était un supplice.

Serrant contre lui le corps désarticulé de Ianto, il se releva. Insensible à l'agitation régnant tout autour de lui, il regagna la voiture. Quelques personnes cherchèrent à l'arrêter, des policiers, des urgentistes, des passants encore effrayés par ce qu'ils venaient de voir. Pas une seconde il ne pensa à s'arrêter, il ne répondit à aucun d'entre eux. Seul comptait le précieux fardeau qu'il tenait entre ses bras. Il devait le conduire à l'abri, chez eux. Comme Ianto lui en avait fait la prière.

Il déposa le corps inerte sur la banquette arrière avec précaution, incapable de le dissimuler dans le coffre, même si cela aurait été plus prudent. Mieux valait qu'aucun agent de police n'arrête la voiture sur le chemin. Lui expliquer la situation serait des plus compliqué et des plus embarrassants. Sans compter le fait qu'il ne se sentait absolument pas capable de tenir la moindre conversation sensée en ce moment.

Du trajet jusqu'à chez eux, il ne devait garder aucun souvenir. A peine quelques flashs sans le moindre sens. La rumeur d'une nouvelle invasion d'extra-terrestre se propageait déjà à travers toute la ville, poussant les gens à rester cloitrés chez eux, lui laissant le champ libre sur la route.

Il se gara brusquement devant l'imposante porte d'entrée, faisant crisser les pneus sur les graviers et traçant de larges sillons dans la cours. Il faillit sourire en pensant que Ianto allait lui passer un savon pour ça. Puis son regard se posa à nouveau sur le corps inerte du gallois et sa hantise le reprit de plus belle. Il ne lui fallut pas longtemps pour entrer et déposer sa précieuse charge sur le grand canapé du salon. Il s'assit sur la table basse, sans même prendre le temps de retirer son manteau toujours trempé et dégoulinant sur le tapis.

Retrouver l'atmosphère accueillante de leur maison lui permis de reprendre enfin un minimum de contrôle sur ses émotions et de se ressaisir. Il était bien ici. Ianto avait tout fait pour qu'il s'y sente à l'aise. Véritablement chez lui. Même si Jack lui avait dit et répéter qu'à partir du moment où ils étaient ensembles, peu lui importait de vivre dans un trou minable au fin fond de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ce à quoi Ianto s'était formellement opposé, juste après s'être moqué de lui pour la niaiserie dont il venait de faire preuve.

A peine avaient-ils passé le pas de la porte la première fois, que Ianto s'était tourné vers lui en lui prenant la main. Calmement, il lui avait remis un trousseau de clés. Et sans prendre garde à son air plus que dubitatif, il avait prononcé une phrase. Une simple phrase, quelques mots. Des mots que Jack n'oublierait jamais : « Bienvenu à la maison ».

C'était bête à dire, mais Jack n'avait plus jamais eut de chez lui depuis son départ de sa planète, presque deux siècles auparavant. Sans le savoir, ou peut-être le savait-il après tout, Ianto lui avait offert l'une des rares choses à laquelle son cœur aspirait encore. Une maison, un endroit où se sentir en sécurité, protégé. Même si ce n'était qu'une impression. Le Hub n'avait jamais été sa maison. C'était l'endroit où il travaillait, l'endroit où il dormait. L'appartement de Ianto, même s'il s'y sentait bien, n'était pas vraiment à lui. Il s'y sentait davantage comme un invité. Bienvenu mais pour un temps seulement. Le TARDIS avait été pour lui comme un cocon, un endroit où panser les blessures laissées par l'Agence du temps et la perte de son frère, de toute sa famille. Mais là encore, ça n'était pas chez lui. Pour cela il aurait fallu qu'il soit libre d'y aller et venir, d'en partir et d'y revenir. Et le seul capable de commander au TARDIS était le Docteur.

Maintenant, il en avait un, de chez lui. Un endroit qu'il n'aurait échangé contre rien au monde. Il avait ses défauts et ses imperfections mais il s'y sentait bien. Parce que Ianto l'avait imaginé pour lui. Juste pour lui.

Il caressa doucement le visage de Ianto pendant de longues minutes, sans se lasser. Des minutes qui lui semblèrent s'étirer à l'infini et durant lesquelles il ne lâcha pas une seule fois le corps sans vie du regard. Et sans qu'il puisse s'en empêcher il se mit à penser au temps qu'il faudrait pour que Ianto devienne aussi froid et rigide qu'un véritable cadavre. Une journée, deux peut-être avant que l'odeur pestilentiel et putride de la décomposition des tissus se fasse sentir…

La situation l'obligeait à se plonger dans des souvenirs qu'il aurait, plus que tout, voulut effacer de sa mémoire. « La tragédie des 456 », c'est ainsi que les journalistes l'avaient rebaptisée. Lui ne se souvenait que du visage figé de Ianto dans la mort, de son teint de craie, de ses traits tendus et de sa peau gelée. En cet instant, en ce jour maudit, l'un des pires de toute sa longue vie, la mort ne lui avait jamais parue si cruelle. Ianto ne lui avait pas paru endormi, ni reposé ou serein. La mort ne l'avait en rien sublimé au contraire de ce que les artistes de tous temps se plaisent à réciter. Il n'avait rien vu de beau. La seule et unique chose qui lui avait été donné de contempler ce jour-là était la douleur et le supplice. La rancœur des Hommes face à la tragédie qui arrachait à leurs bras des êtres chers. Il n'avait vu qu'un frère, un oncle, peut-être un père dans quelques années…un amant et, il le réalisait tout juste à ce moment, l'homme sans qui il ne se sentait plus vivre. Un jeune homme, beaucoup trop jeune, arraché à sa vie et sans espoir de la retrouver un jour.

Ce jour-là, il aurait voulu le pleurer, comme en avait eu le droit toutes les autres familles ayant perdu un proche à cause des 456. Hurler sa douleur, se plonger en elle et ne vivre que par elle. Simplement pouvoir lui dire Adieu. Même cela lui avait été refusé. D'abord jeté en prison, puis obligé à sauver un monde qui ne comptait déjà plus autant à ses yeux. D'autres choses occupaient son esprit déjà quasiment brisé. Il y avait d'abord Ianto, auprès duquel il aurait voulu être. Et la seule famille que son amant n'ait jamais mentionnée : son neveu et sa nièce. Des gosses probablement adorables et dignes de la famille Jones, qui ne méritaient pas de connaitre la destinée sordide, abjecte, que leur réservait le gouvernement. Il avait déjà envoyé Gwen pour veiller sur eux. Il lui faisait confiance et savait que comme lui, elle se battrait afin que Ianto n'ait pas à sacrifier plus que sa propre vie.

Protéger ce qui avait poussé Ianto à se battre jusqu'à la fin, c'est ce qui avait guidé toutes ses actions. C'était probablement horrible à dire, mais la perspective de sauver la famille de Ianto avait rendu plus facile son propre sacrifice, s'il ne l'avait pas encouragé. Il avait volontiers préféré la vie des neveux de Ianto à celle de son propre petit-fils.

Voilà où son amour quasi obsessionnel l'avait mené. Jamais il ne s'était senti aussi honteux que lorsque la réalité l'avait finalement rattrapé. L'indécence et l'immoralité de ses actes lui avaient sauté au visage en même temps que les cris de sa fille finissaient de fracasser la dernière parcelle de raison qui lui restait encore.

La descente en enfer qui avait suivi était à la hauteur de ses actes.

Il avait bien cru ne jamais s'en tirer. Il avait souhaité ne jamais s'en sortir. Mais, comme toujours depuis leur première rencontre, Ianto avait fait ce qu'il fallait pour le sauver. Comme toujours il lui avait tendue la main secourable et chaleureuse qui lui manquait encore.

Il l'avait remis sur pieds. Au prix de nombreux efforts, Jack se devait de le reconnaître. Il avait supporté sans broncher les doutes et les craintes du Capitaine, ses crises d'angoisses et de paniques incontrôlables. Il avait tout enduré, les cauchemars, les coups de gueules, la façon désespéré et totalement pathétique qu'il avait de se raccrocher à lui pour ne pas sombrer. Il lui avait fallu des jours entiers avant de seulement envisager de sortir de l'appartement de Ianto, de ce cocon de douceur et de sécurité que la présence du gallois avait forgé tout autour de lui. Il y était tellement bien, éloigné du monde, totalement centré sur lui-même et sur Ianto. Il lui semblait n'être qu'une extension de son amant, une partie de lui, dépendant de la seule attention qu'il consentait à lui offrir. Respirer, manger, dormir, vivre, se déplacer, toujours au même rythme que lui, au même moment. Ne jamais le quitter des yeux, souffrir de son absence, se gorger de son odeur et ne toujours pas croire en sa présence…

Ianto avait été plus que patient avec lui. Il avait dut déployer des trésors d'ingéniosité pour finalement le convaincre de sortir. Ce qu'il était finalement parvenu à faire. Sa main agrippée à celle de Ianto, la serrant au point de la broyer, comme s'il avait peur de la voir disparaître, s'échapper d'entre ses doigts, l'abandonner. Ça n'avait été que quelques pas dans la rue pour commencer, puis une promenade dans le quartier, un tour en voiture dans la ville, une excursion rapide sur la baie… A mesure que ses crises d'angoisses s'espaçaient le goût de vivre semblait le rattraper. Et à chaque instant Ianto était là, une main réconfortante à laquelle s'accrocher, un café brûlant au saut du lit, une douce caresse, dans ses cheveux ou sur son bras, pour lui rappeler sa présence, des mots tendres et passionnés au creux de son oreille chaque fois que le doute le reprenait et sa peau contre la sienne, à toute heure du jour ou de la nuit, il n'avait qu'à réclamer pour que Ianto se plie à son caprice. Un regard suffisait pour que le gallois comprenne.

Les jours avaient passé. Les semaines. Le temps avait pansé ses blessures et la douleur toujours bien présente s'était comme assourdie. Il avait repris confiance en lui et, sans qu'il le réalise vraiment, il avait finis par ne plus avoir peur. Jusqu'au jour où il s'était réveillé pour voir Ianto près de lui, silencieux et souriant comme à son habitude, son sac sur l'épaule visiblement prêt à partir.

Et sa vie, leur vie, avait enfin put reprendre son cours.

La plupart du temps il avait l'impression que rien ne s'était passé, que les 456 n'avaient été qu'un affreux cauchemar. Et puis il réalisait que Gwen n'était plus avec eux. D'un commun accord, ils avaient décidé de laisser la jeune femme vivre sa vie. Elle et Rhys méritaient cet enfant qu'ils attendaient, ils méritaient de le voir grandir, s'épanouir, sans avoir à risquer leur vie chaque jour à cause de leur job.

L'autre chose qui lui faisait réaliser que rien ne serait plus comme avant, c'était Ianto. Le gallois était resté fidèle à lui-même, c'est du moins ce dont Jack avait eu l'impression au début. Et puis il avait remarqué… de petites choses. Des détails insignifiants pour qui ne sais pas regarder, des commentaires désinvoltes, des sourires mal dissimulés, sa façon de se tenir… tout un tas de choses qui prouvait que le journal de Ianto ne lui avait pas menti. Tout un siècle à vivre seul avait profondément changé le gallois. Il le sentait plus sûr de lui, plus décontracté aussi. Mieux dans sa peau.

Ces changements, s'ils l'avaient troublé au début, ne l'avaient rendu que plus attrayant à ses yeux. Son compagnon était à la fois tendre et responsable, passionné et réservé. Toujours aussi profondément humain et sensible, peut-être même plus qu'auparavant. Un brin autoritaire aussi, ce qui n'était pas pour lui déplaire.

Oui, ce Ianto là était définitivement un homme nouveau. Un homme à sa hauteur. Capable de le suivre et de l'aimer, peu importe ce à quoi il le confronterait. Cette découverte avait largement contribuée à son apaisement. Il avait compris ce que Ianto voulait dire au début de son journal, lorsqu'il écrivait ne pas être prêt à endosser pleinement et sereinement son rôle auprès de lui.

Vivre sa vie de son côté pendant toutes ces années avait fait de lui l'homme dont il avait tant besoin à ses côtés.

.

.

.

Ianto ouvrit les yeux en même temps qu'il inspirait précipitamment, à la recherche d'un peu d'air. Ses poumons le brûlaient et il avait du mal à respirer. Pris de panique il agrippa la première chose à sa portée avant de se pencher sur le côté pour cracher le sang encore dans sa bouche dont le goût âcre lui donnait envie de vomir.

Il resta un moment immobile, le souffle court et la vue trouble. Il lui semblait entendre une voix mais les mots n'avaient aucun sens pour lui et il dut patienter encore avant de percevoir clairement ce qui l'entourait.

« Ianto… ». La voix claire de Jack lui parvint, son soulagement ne faisant aucuns doutes.

Confusément, il relâcha sa prise sur le bras de Jack en réalisant la force avec laquelle il s'y agrippait.

« Tu vas bien ? ». La main de Jack se calla contre sa nuque pour le maintenir alors qu'il crachait la bile qu'il avait dans la bouche.

Ianto grogna quelque chose d'indistinct en réponse, avant de se laisser tomber lourdement sur le canapé. L'esprit encore embrouillé, il fit un effort pour s'éclaircir les idées. En grimaçant il porta une main à son visage. Ça faisait un mal de chien ! Pour un peu, il aurait juré qu'un weevil en colère avait élu domicile dans son crâne et s'amusait à en fracasser les parois.

« Ça va » finit-il par articuler. Il grogna un peu en se redressant pour s'assoir. « J'ai l'impression que mon crâne va éclater d'une seconde à l'autre… » se plaignit-il.

Cette réflexion amusa Jack qui se permit enfin de se détendre. Ianto était bel et bien revenu. Une fois encore, il avait eu raison de lui faire confiance.

« Ça va passer, t'inquiète pas. La première fois est toujours la plus difficile… » assura Jack en le rejoignant sur le canapé. Il lui frotta doucement le dos, soutient silencieux en cet instant qu'il savait douloureux et déroutant. Ianto se laissa faire un instant savourant la caresse en fermant les yeux. La douleur commençait effectivement à disparaître, lui permettant de souffler un peu et de remettre de l'ordre dans ses pensées. Il s'appuya davantage contre le corps de Jack, à la recherche de sa chaleur et de sa présence, autant pour se rassurer que pour le rassurer lui. Il se releva néanmoins précipitamment, sans retenir son indignation et sa surprise :

« T'es trempé ! » le regard parfaitement outré qu'il lui lança faillit faire sourire Jack qui se retint au dernier moment. Déjà qu'il avait saccagé le tapis, si en plus il se moquait ça risquait de barder pour son matricule.

« Tu pouvais pas te sécher un peu plutôt que de rester comme ça. Tu veux choper la mort ou quoi ? »

Le gallois avait un assez mauvais souvenir de Jack dans le rôle du malade. Il n'y avait pas plus intenable que lui. Le garder au calme et surtout au lit plus d'une heure relevait de la pire corvée qu'il connaisse. Il s'y était collé une fois quelques années plus tôt, il n'était pas prêt de recommencer.

« Et lèves-toi de là, avant de pourrir complètement le canapé » ajouta-t-il en même temps qu'il se mettait lui-même sur ses pieds. « J'ai besoin d'une douche… Et de ma laver les dents aussi » compléta-t-il après une seconde en faisant la grimace. Il avait encore le goût du sang dans la bouche.

Il sorti du salon, laissant Jack au milieu de la pièce, pas très sûr de ce qu'il devait faire. S'il s'était écouté il se serait précipité à sa suite avec comme excuse de lui frotter le dos mais là… Après ce que Ianto venait de vivre, il n'était pas certain que lui faire du rentre dedans soit une bonne idée.

Le gallois repassa la tête par la porte deux secondes plus tard. « Qu'est-ce que t'attends ?... Amènes-toi » ajouta-t-il en voyant qu'il ne répondait pas. « Avec un peu de chance, ça t'empêchera de choper un rhume… Et puis j'ai besoin de toi pour me frotter le dos. »

Et il disparut sans plus de commentaire. Jack resta une seconde immobile, à se dire qu'il n'y avait pas d'homme plus parfait au monde que son Ianto. Il le rejoignit rapidement alors qu'il s'était déjà débarrasser de ses vêtements et réglait l'eau à la bonne température. Il s'extirpa de ses vêtements mouillés en jurant. Le tissus lui collait à la peau et il ne remarquait que maintenant à quel point cela était désagréable.

Finalement nu, il se retourna vers Ianto et croisa le regard de celui-ci qui ne se gênait pas pour le détailler à travers la paroi transparente et déjà embuée. Ianto finit par lui sourire et l'inviter à le rejoindre d'un mouvement de tête un peu joueur.

Jack s'empressa de s'exécuter, impatient de retrouver son corps et l'odeur de sa peau. Il le rejoignit sous le jet d'eau, savourant au passage le frisson qui le parcourue en se sentant aussi soudainement réchauffé. Il n'avait pas réalisé à quel point il avait froid. Une baignade dans la baie à cette époque de l'année, et même à n'importe quelle autre d'ailleurs, n'était pas la meilleure des idées pour celui qui tient à ne pas mourir transit de froid.

Il se colla contre son dos, son front contre son épaule et ses mains sur ses hanches. Il sentit Ianto se rapprocher d'avantage de lui et appuyer sa tête contre la sienne en soupirant. Le même soupire que laissa échapper Jack une seconde plus tard.

Voilà, c'était ça… Là, il se sentait bien.

Il n'en n'était pas encore à se dire que tout était parfait, mais ils se rapprochaient au plus près de l'image qu'il se faisait de la perfection.

Doucement, il prit le savon et en versa dans sa main. Sans s'écarter d'un pouce du corps chaud contre lui, il débarrassa Ianto des dernières marques de sa mésaventure. Les traces de sang sur son torse se diluèrent sous ses mains et l'eau rougie s'écoula jusqu'à leurs pieds. Jack prit son temps, profitant de ce moment pour examiner Ianto sous toutes les coutures et s'assurer qu'il n'avait rien.

Ils échangèrent ensuite les rôles. Ianto se retourna et procéda à son propre examen du corps de Jack. Face à face cette fois, ils se souriaient doucement, sans vraiment savoir pourquoi. Aujourd'hui était une petite victoire, un obstacle de plus écarté de leur route. Et ils se sentaient le droit d'être heureux.

Ianto finit par couper l'eau. Ils sortirent tous les deux de la douche, prenant une serviette au passage. Ils se sourirent en voyant l'effet qu'avait eu cette petite séance de papouilles mutuelles sur une partie de leurs corps en particulier. D'un commun accord, et sans qu'ils aient besoin davantage qu'un sourire, ils ignorèrent leur excitation naissante. Ils avaient encore un travail à finir. Avec un peu de chance la baie n'était pas contaminée, mais il y avait quand même peu de chance et aucun d'eux ne croyait à la chance…

Et puis une légère frustration ne faisait de mal à personne. Au contraire, ça n'en rendait les choses que plus intéressantes.

En sortant de la salle de bain, une serviette autour des reins, Jack se figea une seconde. Et éternua…

Lentement Ianto se tourna vers lui :

« Ne me dis pas que… »

« J'crois que je suis malade… »

FIN

Hey !

Salut la compagnie ^^ Je sais, cet épilogue s'est fait attendre. Mais j'ai eu du mal à l'écrire, ça ne rendait jamais comme je voulais ! D'ailleurs, ça ne rend toujours pas comme je le voudrais )

Mais bon, je me résous. Je n'arrive pas à écrire autre chose que de la guimauve. On n'en est pas encore à « ils vécurent tous heureux jusqu'à la fin des temps et eurent beaucoup d'enfants » mais c'est pas loin… Désolé pour les non-adeptes de la niaiserie (dont je fais partie)^^.

Bref, j'avais quand même envie d'écrire un petit chapitre de fin, alors je fais avec ce que j'ai ^^

Normalement (et je dis bien normalement) et dans quelques temps (pas tout de suite, ça c'est sûr) il y aura quelques Chapitres Bonus. Notamment quelques passages de la vie de Ianto sans Jack (en 100 ans il a bien dut vivre quelques petites choses intéressantes le garçon, ça serait bête de louper ça ^^), le recrutement de la nouvelle équipe (j'ai envie d'écrire un truc assez drôle, quoi je ne sais pas exactement mais j'ai quelques idées !), les retrouvailles entre le Docteur et nos deux amis (comment je pourrais ne pas écrire ça ! C'est juste inévitable, incontournable !) et aussi quelques passages de la vie de Ianto et Jack (avec un lemon au programme, un peu particulier le lemon. Parce que Ianto ne sait pas tout de Jack, loin s'en faut ! Mais je préviens ça ne sera pas un Mpreg).

Voilà^^

Ça fait déjà pas mal de choses. Si vous avez des idées, n'hésitez pas à proposer. Je suis ouverte à toutes propositions ^^.

BIZ et bonne lecture.