Mikage sortait d'une grosse réunion, exténué. Il parcourait les longs couloirs menant à sa salle quand il surprit une conversation entre les deux agents de police. Il se cacha donc derrière le mur, afin de les écouter discrètement.
…Enfin bon, je suis sûr que cette fille, Yuki, cache quelque chose. Elle a sans doute dû être en contact avec l'un de ces satanés shinigamis pour avoir écrasé 'notre' hollow.
Tu ne dois pas avoir tort. Pour en être sûr, il faudrait que nous élaborions un plan afin de capturer un de ces shinigamis.
Je crois avoir ma petite idée là-dessus… Si on s'attaquait à cette humaine, le shinigami ayant prit contact avec elle viendrait obligatoirement la sauver. Il serait alors un excellent parti pour le chef. Et il pourra, comme convenu, nous guider jusqu'à la Soul Society en ouvrant un passage. Son sort sera décidé par le chef peu de temps après.
Cette idée m'a l'air parfaite. On a plus qu'à retrouver cette Yuki. Cela fait dix minutes que notre entretien est terminé, elle ne devrait pas être bien loin.
Tu as raison. Profitons-en alors.
Et sur ces mots, tous deux partirent dans la direction de la sortie. Mikage venait d'assimiler tout cela quand il sortit un bout de papier de sa poche. Il le déplia et le lut une nouvelle fois. Enfin, il dit, tout haut :
« La disparition du capitaine et maintenant une embuscade dirigée sur Yuki… Ce n'est pas un bon jour. »
Sur le papier était en fait écrit : « Mikage, le capitaine Hitsugaya n'est pas revenu de sa mission de sauvetage en rapport avec cette Yuki. J'ai vu celle-ci et elle paraissait confuse ainsi qu'attristée. Tu dois lui demander ce qu'elle sait à propos de sa disparition. Je m'inquiète pour lui. Tiens-moi au courant si tu perçois son reiatsu s'il te plaît et si tu as des nouvelles. Rangiku. » Il avait reçu cela –en réponse à ces nombreux autres messages– avant son cours avec la classe à laquelle appartenait Yuki et avait donc changé son comportement envers celle-ci. Il ne se pardonnait d'ailleurs toujours pas d'avoir douté d'elle. « Comment ai-je pu penser une seule seconde qu'elle était l'une de nos ennemis… » Il remit le papier dans sa poche et reprit son chemin, interdit. Il monta ensuite les escaliers du bâtiment et arriva enfin devant sa salle. Cependant, quand il fut proche de la porte, il entendit des paroles en l'air. Donc, il se cacha au ras du mur et s'approcha. A présent, les paroles parfaitement audibles, il reconnut sans difficulté la voix de Yuki. Cela se confirma quand il fut très proche de la porte et qu'il tenta un regard dans la salle. Yuki était devant son bureau et tenait la pochette plastifiée où il avait mis le cours, pour elle et Eru. C'est à ce moment-là qu'elle rapprocha la pochette contre elle et qu'elle dit :
« Il a rangé mes affaires et a même écrit et photocopié le cours. Mikage est vraiment quelqu'un de très gentil… »
Quand il entendit son prénom, quel ne fut sa surprise. Yuki n'avait pas pour habitude de l'appelait ainsi mais 'Monsieur'. Depuis tout ce temps, il pensait qu'elle ne l'aimait pas et qu'elle pensait qu'il ne méritait pas qu'elle l'appelle par son prénom. Cependant, c'était tout le contraire. De plus, cela était prouvé par le compliment qu'elle venait d'énoncer. Toujours aussi étonné, Mikage réussit à entendre le chuchotement de Yuki, toujours au même endroit mais avec une expression différente :
« Dommage qu'il ai eut une attitude étrange aujourd'hui… »
Cette fois-ci, en l'entendant, son expression à lui aussi changea. « Je l'ai finalement fait souffrir en agissant ainsi… Quel idiot je fais. Alors qu'elle vient de vivre tant de chose désagréable… » Il avait à présent la tête baissée quand il entendit un froissement. Il regarda alors de nouveau Yuki et vit qu'elle venait de se mouvoir. Elle regardait à présent quelque chose, reposa sa pochette et prit quelque chose dans sa main. Enfin, elle passa quelque chose à son cou. Cependant, Yuki étant de dos, Mikage ne put voir ce qu'elle faisait précisément. Il continuait de la regarder quand elle rangea le cours et mit son sac sur l'épaule. Puis, elle regarda vers la fenêtre, et quelques secondes après, elle s'y dirigea. Enfin près de celle-ci, elle dit, pensant être toujours seule :
« Pourvu que Toshirô aille bien et qu'il est retourné à la Soul Society sans accroche. Sinon, je ne me le pardonnerais pas d'avoir mis sa vie en danger par ma faute. De plus, il a été blessé inutilement pour me protéger… Je sais que c'est moi qui lui ai demandé de m'aider mais, je ne pensais pas qu'il était déjà souffrant et puis, je ne savais pas non plus que le hollow était spécialement là pour moi. J'aurais alors tout fait pour éloigner les autres du danger. Enfin…le mal est fait… J'espère seulement qu'il est, en ce moment-même, en train d'être soigné. J'ai voulu l'aider ainsi que de le soigner mais, il n'a pas voulu de mon aide. Après tout, c'est ce que je mérite. Mais maintenant, je me fais un sang d'encre pour lui… »
Ce qu'elle venait de dire intéressa Mikage. Il comprenait à présent, à peu près, tout ce qui s'était passé. Le capitaine l'avait protégé et à l'arrivée des pompiers, il avait laissé Yuki, celle-ci voulant le soigner. Il se rendit compte aussi, de par ses mots, que le capitaine comptait beaucoup pour Yuki. « Je me demande quand même, comment elle le connait…Cela reste un mystère. » Continuant de la regarder, il pensa à toutes les choses qu'il savait et qu'il pouvait lui dire concernant le capitaine et ses deux agents mais, il serait alors démasqué. Il n'aura pas d'autres choix que d'agir dans l'ombre…
Mikage commença à tourner les talons quand il entendit des sanglots. Alors, il regarda de nouveau Yuki et vit des larmes coulaient le long de ses joues, malgré sa position inadéquate pour la voir parfaitement. Ne pouvant partir et la laisser ainsi, il prit l'initiative d'entrer et lança :
« Yuki, pourquoi pleures-tu ? »
