Chapitre 27 :
Je le signalais aux autres et, d'un commun accord, nous décidâmes que nous poursuivrions cette conversation le lendemain, après une bonne nuit de sommeil bien mérité. Je fis apparaître des couvertures pour tout le monde et allumait un feu. Ensuite, j'attendis que tous les autres soient endormis. Quand le bruit familier d'une respiration paisible retentit dans toute la salle, je me levais doucement. Je fis disparaître ma couverture et marchais lentement vers la sortie. J'écrasais une pierre et le bruit faillit réveiller le minotaure qui dormait près de la porte. Et dire qu'il était censé monter la garde, le gros balourd ! Finalement, je réussis à m'extirper dehors sans que personne ne me voit ou ne se réveille. Je m'éloignais un peu et fis apparaître mon épée double. Je me mis à effectuer des feintes, des coups de toutes sortes et j'allais l'abattre sur mon adversaire imaginaire quand une lame sortie de nul part me bloqua la mienne.
- C'est facile de gagner quand on est tout seul !
- Tu m'as fais peur, Peter. Qu'est-ce que tu fais ici ?
Je baissais mon bras et fis disparaître mon épée.
- Je pourrais te retourner la question, me répondit-il.
- Je m'entrainais, c'est évident, non ?
J'avais adopté un ton froid et sec. Je me souvenais encore de notre échange mouvementé lors de leur retour et je lui en voulais énormément. Apparemment, il comprit.
- Tu m'as réveillé en sortant, je t'ai suivis, c'est tout.
- Encore ce manque de confiance ? Ça devient insultant à la fin, dis-je sur un ton lasse.
- Non ! Non, ce n'est pas un manque de confiance, je me demandais simplement ce que tu faisais… dit-il.
- Qu'est-ce que tu veux vraiment, Peter ? Le coupais-je.
Il se frotta l'arrière de la tête, gêné.
- Je voulais… je voulais m'excuser. M'excuser pour tout ce que j'ai dis, tout ce dont je t'ai accusé.
- Et pourtant, tu avais raison, j'aurais dus tenir plus longtemps, c'est de ma faute si Lucy n'est plus là.
- Non ! Ce n'est pas ta faute ! Je sais que tu as tout fait pour la protéger et si elle n'est plus là, c'est ma faute à moi. C'était mon idée d'attaquer le château et si nous n'étions pas partis, elle serait encore là.
Je lui souris, il était sincère dans ses déclarations.
- Merci, Peter.
Pour la forme, je lui sacrai un bon coup de coude dans les côtes et il se plia en deux.
- Ouch ! Mais qu'est-ce qui te prends ?
- Vengeance personnelle, je suis très rancunière et je ne fais pas les choses à moitié, répondis-je.
- C'est vrai que je l'avais mérité, ce coup là, admit-il, rigolant à moitié.
- J'ai hâte de dire aux autres que leur Grand Roi Peter s'est excusé, me moquais-je en me dirigeant vers le temple pour rentrer.
- J'ai un marché à te proposer, dit-il derrière moi.
- Je t'écoute.
Je me retournai vers lui et croisai les bras sur ma poitrine. Il s'approcha de moi.
- Je te met au défi de me battre à l'épée. Si tu gagnes, tu iras le dire aux autres et pourras t'en vanter mais, si je gagne, tu devras te taire et ne pas parler de tout ce qui s'est dit ici.
- Ah, les hommes et leur égo surdimensionné ! Ça ne tient pas la route, ton histoire.
- Bon, d'accord, je veux seulement voir comment tu te débrouilles avec ton épée double.
Je la fis apparaître.
- Tu n'avais qu'à demander, dis-je.
Je lui assénais un premier coup, qu'il bloqua de justesse avec sa lame.
- Pas mal, mais il faudra faire mieux pour me surprendre ! Dit-il en bloquant à nouveau.
- Je ne faisais que m'échauffer, répondis-je.
Je me mis à frapper, de plus en plus fort et de plus en plus vite. Il arrivait facilement à bloquer ma première lame mais, pour la deuxième, c'était une tout autre histoire. Soudain, d'un coup de pied bien placé, il me fit lâcher prise autour de ma poignée et mon épée tomba au sol. Il me fit tomber et se penchait pour la ramasser quand elle disparut et réapparut dans ma main.
- C'est pas du jeu ! S'exclama-t-il.
- C'est comme ça, ton adversaire ne sera pas toujours loyal dans ses combats, quand le comprendras tu ? Répondis-je en me relevant.
Comme seule réponse, il m'assena un nouveau coup, que j'évitai d'une roulade. J'effectuais trois tonneaux et me relevais rapidement, juste à temps pour bloquer une estocade. Il envoya mon arme valser plus loin et, avant que je n'ai pus faire quoi que ce soit, je me retrouvais à terre, une pointe de lame pointée sur ma gorge.
- On dirais que j'ai gagné, dit Peter avec un sourire vainqueur.
Pourtant, je relevais mon pied et lui fit perdre sa poigne. Son épée tomba au sol, je lui fis une jambette et il tomba par terre, sur le dos (Ayoye). Je ramassais son épée et les rôles furent inversés.
- On dirais que j'ai gagné, dis-je en effectuant le même sourire que lui arborait avant.
Il tenta de faire le même mouvement que moi mais j'avais prévu le coup et je pris son pied, le retournais et bloquais ses deux jambes. Il ne pouvait plus bouger.
- C'est bon, je me rends, dit-il.
Je le relâchais et lui tendis la main. Il la prit avec un sourire et je l'aidais à se relever. Une fois debout, il se secoua un peu et ramassa son épée, avant de la glisser dans son fourreau.
- Une chance que personne n'a vu ça, dit-il en riant.
- Je crains que ce ne soit pas le cas, dit une voix derrière nous.
Je remarquais alors que nous étions entourés des Narniens, d'Éli, de Susan et de Caspian. Éli venait de parler.
- Je suis sortie quand j'ai entendu des épées s'entrechoquer, expliqua-t-elle. Quand j'ai vu que vous vous battiez, j'ai réveillé les autres pour qu'ils puissent profiter du spectacle eux aussi.
- Et on peut vous assurez qu'on s'est bien amusez, ajouta Susan. Aller, envoyez la monnaie.
Une vingtaine de bourses de cuir volèrent dans les airs et atterrirent à ses pieds et aux pieds d'Éli, tandis que des grognements de mauvais perdants retentissaient ça et là. Elles les prirent et les mirent dans un sac.
- Pardon ? Demandais-je.
- On a parié sur qui allait gagner et nous sommes les seules à avoir misé sur toi, dit Éli.
- Ton amitié me touche énormément, Caspian, dis-je, sarcastique.
- Ben quoi ? Je préférais ne pas prendre de risques, répondit-il en haussant les épaules.
Ensuite, nous rentrâmes à l'intérieur du temple. Il ne nous restait que quelques heures de sommeil et, ensuite, nous devrions établir un plan. Nous nous couchâmes, pour de vrai cette fois, et je passai une nuit assez agitée.
- RÊVE -
Je me trouvais devant une cellule de glace où Lucy gisait. Elle était couchée par terre, une chaine de métal glacée et rouillée la retenant contre le mur. Elle semblait vraiment mal en point, son corps était lacéré et elle gémissait de douleur de temps à autre. La lèvre fendue, le sourcil à moitié arraché, l'œil au beurre noir, une entaille à la tête et des griffures sur ses joues où coulaient des larmes de temps à autre complétaient le tableau. C'était horrible. Puis, elle se mit à murmurer mon nom, à me supplier de venir la chercher. J'entendis des pas venant du couloir. Jadis arriva devant la cellule avec deux loups et un sorcier, celui qui contrôlait le feu. La Sorcière Blanche ordonna au sorcier quelque chose que je compris pas tout de suite, mais trop tard. Il entra dans la cellule et fit apparaître des flammes dans ses mains. Un sourire sadique s'étira sur ses lèvres et il posa ses mains sur les bras de Lucy. Les flammes carbonisèrent la chair de l'enfant, qui se mit à hurler. Les loups la retinrent au sol alors que sa peau se noircissait. Elle hurlait comme c'était pas possible et je voulais intervenir, mais je ne pouvais pas. Une force invisible m'empêchait de bouger, d'intervenir pour que cela cesse. Tout ce que je pouvais faire, c'était hurlé avec elle. La douleur qu'elle ressentait, je la ressentait aussi.
POV Éliane :
Je venais à peine de m'endormir que Ali se mit à hurler. Je me levais d'un bond et accourus vers elle. Elle pleurait, criait le nom de Lucy, semblait avoir mal. Puis, des brulures se mirent à apparaître sur ses avants bras. Elle hurla encore plus fort et les autres s'approchèrent. Nous essayions de la réveiller, mais elle semblait dans une sorte de transe. Je paniquais, littéralement. J'étais tellement sur les nerfs qu'on me fit sortir de la salle de force, avec tous les Narniens. Il ne restait que Susan, Peter et Caspian avec ma meilleure amie. Finalement, je me calmai et réussis me faufiler à l'intérieur. Je m'agenouillais près d'elle sans que personne ne me remarque. Seulement, ma présence fut découverte quelques minutes après.
- Comment as-tu fait pour entrer sans que personne ne te remarque ? S'étonna Peter en me fixant.
- Quand on veut on peut, répondis-je en haussant les épaules.
Il me regarda et je tentai de sourire, mais quand Ali se remit à hurler, je ne pus retenir une larme. Je l'essuyais d'un geste désespéré et une main rassurante se posa sur mon épaule. Je levais les yeux et rencontra ceux de Caspian.
- C'est ma meilleure amie, expliquais-je difficilement. Je ne sais pas ce qui lui arrive et le fait qu'elle soit dans une telle situation sans que je ne puisse l'aider relève de la torture pour moi.
- Je comprends et, ne t'inquiètes pas, tout ira bien, me répondit-il.
- Merci, dis-je en tentant de lui sourire.
Bon, ce sourire devait plus ressembler à un rictus de sorcière qu'à un sourire sincère mais bon, je faisais ce que je pouvais. Soudain, Ali se mit à tousser et à hurler encore plus fort. Des lésions et des lacérations se mirent à apparaître sur son visage et, tout son corps en fait. Un rugissement et des exclamations de stupeur se firent entendre à l'extérieur. Puis, un immense lion entra. Aslan était de retour.
- Aslan ! Je vous en supplies, aidez la ! Demandais-je.
Il ascquisa sans un mot et souffla sur le visage de ma meilleure amie. Elle ouvrit subitement les yeux et se releva en hurlant une dernière fois.
- LUCY !
Je lui pris l'épaule et la recouchais, tentant de la calmer. Elle parvint finalement à reprendre une respiration normale et les blessures se mirent à disparaître. Enfin, il ne resta plus aucune trace (petits bobos) de cette affreuse nuit mais, pourtant, Ali continuait de pleurer. Elle se calma peu à peu.
- Ali, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demandais-je.
- C'est Lucy… c'était horrible, tout ce qu'ils lui faisaient ! Me répondit-elle.
Et les sanglots reprirent. Elle était appuyée contre l'épaule de Peter, qui la calmait du mieux qu'il le pouvait. Ça prit plusieurs minutes puis on entendit plus rien.
- Les amis, je crois que je vais passer la nuit éveillé, finalement, dit le roi au bout d'un moment.
- Et pourquoi ? Demanda Susan.
Il nous montra Ali, qui s'était endormie dans ses bras. J'étouffais un rire et sortie à l'extérieur, lui souhaitant bonne nuit au passage. Ils étaient mignons, ensemble. Pourtant, il ne fallait pas qu'Ali oublie Elladan. Je pensais alors à Legolas et espérait sincèrement que nous n'avions pas été séparés trop longtemps dans le temps de la Terre du Milieu. J'oubliais ces sombres pensées, puis pris mon épée. Je partais chercher Lucy, c'était sûr, maintenant. Je tentais de me téléporter dans le palais de glace, mais ça ne marcha pas.
- Tu ne peux te téléporter directement dans le château de Jadis, me dit doucement Aslan en arrivant près de moi. Une puissante magie t'en empêche.
- Je dois donc arriver par l'extérieur. Super, soupirais-je.
Après l'avoir salué d'un signe de tête, je disparut. Ce que je n'avais pas immédiatement remarqué, c'est que Caspian avait assisté à toute la scène et qu'il s'était accroché à moi avant que je ne me téléportes à l'extérieur du château de glace.
Petit chapitre, je l'accorde. Mais, à partir de maintenant, vous devrez attendre un peu plus longtemps car je n'ai pas encore écris les autres. Sinon, j'ai une nouvelle aventure d'Ali et d'Éli que j'ai posté: Demis vampires. Les filles ne connaissent rien du seigneur des anneaux et ce n'est pas un crossover. J'espère que vous irez voir!
