Chapitre XVII

Chambres de lancement

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Attention, absolument lire l'introduction qui suit qui est de haute importance pour tous ceux qui m'ont suivi jusqu'à présent ! La nouvelle que je suis sur le point de vous annoncer me coûte. En effet, je vais être contrainte de vous décevoir et de devoir mettre un terme prématuré à cette fic. Le temps me manque pour écrire, cela fait maintenant plus de cinq mois que je n'ai plus écrit et j'en ai honte. Donc suite à une longue absence, je publie le chapitre tant attendu ( ;P) qui sera aussi le dernier (pour une durée indéterminée). Je vous offre mes excuses les plus plates et les plus humbles. Et sur ce, bonne lecture. S'il vous plaît, ne me jugez pas trop sévèrement...

ps : mon compte sera toujours actif mais sous le statu de simple lecteur... ;)

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Nous volons maintenant déjà depuis un bon bout de temps. J'ai englouti un chocolat chaud et le reste d'un bon petit déjeuner auquel nous n'avions pas eu droit à notre réveil et heureusement, celui-ci n'est pas moins bon que ceux auxquels nous sommes habitués. Pour le reste, je suis restée dans ma tenue initiale de la matinée, qui me met en valeur d'ailleurs. Autant en profiter jusqu'aux derniers instants.

Je me sens extrêmement détendue auprès de mon styliste à présent. Il m'a aidé à établir une liste des choses à me répéter mentalement en guise de séance de détente. Et ça marche. Voilà ce que je me dis en boucle dans la tête :

Tout d'abord, je commence par visionner ce qu'il me reste à faire avant le début des jeux, et ce que cela me procurera dans l'arène. En somme, j'établis un début de tactique en organisant les instants qui me restent, tout en protégeant mon esprit du stress et de l'appréhension. Je m'imagine prendre une douche, à l'issue de laquelle je couperais mes ongles fraîchement manucurés afin d'éviter que cela me gène (bien sûr, ils pourraient me servir comme arme, mais ils auront encore le temps de pousser dans l'arène). Je coifferais mes cheveux de manière à ce qu'ils ne s'emmêlent pas facilement et ne me gênent pas durant la course, autrement dit dans une tresse - si ma nouvelle longueur me le permet- et ainsi de suite. D'ailleurs, en parlant de cheveux...

« C'était une excellente idée, ce peigne, hier soir, dis-je fièrement.

-Ah oui ? Je croyais que ton cher partenaire trouvait cela trop superficiel et que je te manipulait à ma guise.

- Il ne faut pas se fier à lui. Eh puis, il s'est excusé de toute façon, alors il a probablement changé d'avis, non ?

-Au contraire, soupire-t-il. Il a beau s'être excusé, il n'en pense pas moins ce qu'il a dit.

-Eh bien, son avis ne compte pas. Moi j'ai trouvé l'idée excellente et me donnera un énorme avantage.

-Heureux que ça t'ai plu, alors.

-Et la couleur. Le roux est excellent pour une fille du feu. J'imagine qu'elle finira par disparaître rapidement, je demande, néanmoins ?

Honêtement, je pense que le roux ne correspond pas très bien à Katniss, l'authentique. Eh puis sachant de quoi le Capitole est capable, ça ne m'étonnerait pas après tout, qu'elle soit permanente.

-Ah ben non, souffle-t-il avec une lueur de surprise dans ses yeux. Non, ça va rester. J'espère que ça ne te dérange pas ? »

Et il se met à me dévisager. La grimace que j'ai dû émettre en a sans doute assez dit sur ma déception pour qu'il n'insiste pas. Elle est sans doute drôle puisque les commissures de ses lèvres se retroussent et il s'esclaffe finalement devant mon air ahuri.

« Bien sûr que ça va disparaître. Jamais je n'ai vu quelqu'un réussir ce genre d'exploit ! »

Et il continue à rire à gorge déployée.

Il est tellement désopilant quand il ri que je m'y mets aussi et nous nous retrouvons tous les deux embarqués dans un fou rire sincère.

Ça fait du bien de rire, juste avant un événement si sinistre. Et avec ça, j'achève d'apaiser mes sens et mes peurs. Super. Et une chance de plus de remporter la victoire. Moi j'entrerais dans l'arène avec un esprit sain alors que les autres seront encore tellement engourdis par le stress qu'ils mettront dix ans avant de descendre de leur piédestal.

Mais ça ne suffit pas. Très vite, je me remets à trembler comme une feuille et je me vois à nouveau contrainte de fermer les yeux et de méditer mes actions.

Secundo. Le deuxième exercice consiste à imaginer mes actions futures mais après le gong seulement. Ce que je vais faire une fois les tributs lancés. Eh bien c'est très simple. Je m'efforcerai de garder mon calme durant les soixante secondes le temps qu'on nous laissera pour prendre conscience de notre entourage, que j'utiliserais exactement à cet effet, dans le plus grand des sérieux. Il me faudra évaluer l'endroit où me cacher après être allée cherché des provisions, en restant à une distance de vingt mètres maximum de la conque pour ne rien risquer venant des carrières pillant la Corne d'Abondance. C'est très simple à imaginer au fond. Encore faut-il visionner la situation et l'apparence de l'arène mais pour ça, je prends tout simplement mon souvenir de celle de l'année dernière, située sur une plate forme pétrolière, nous avait-on dit, bordée de différents navires désaffectés, amarrés non loin des bâtiments pollués. C'était tout juste si les concurrents ne mourraient pas intoxiqués. On a eu affaire à des cas très inquiétants. Je me souviens d'une fille dont l'ensemble des muqueuses commençaient à pourrir et elle est morte d'infection. Les commentateurs avaient mis ça sous le coup d'une allergie mais ça ne trompe personne.

Je me rappelle que j'avais particulièrement toléré cette édition là, sachant que ça se passait près de chez moi, quelque part dans l'océan. Cela m'avait rassuré. Au moins les tributs du Quatre ne sont pas morts trop loin de chez eux.

Ce qui m'avait étonné en revanche, c'était que l'arène avait été dotée d'arbres, sur la plate forme centrale, là où se trouvait le Corne. La construction était tellement gigantesque, que les tributs parvenaient à ce cacher dans les hautes herbes ou le lierre qui avait fini par pousser dans cette structure désaffectée.

La suite des événements, je me l'imagine avec moi, courant comme une dératée vers mon abri sûr (dégoté pendant les fameuses soixante secondes), et puis dès que j'en aurais l'occasion, je m'orienterais vers un point d'eau, après avoir pris connaissance de ce qui se trouvait dans mon sac. Je suis persuadée que j'aurais un sac, je n'ai pas le choix. Il paraît que cela augmenterait mes chances de survie d'à peu près 75%. Alors, ce n'est pas en option. Il faudra que je fonce. Heureusement, c'est un domaine dans lequel je suis relativement avantagée. Décidément, j'aurais toutes mes chances !

Là, c'est au tour de Bongo de prendre la parole et de me détourner de mes pensées :

« On est arrivés, princesse de la nuit, me dit-il avec un sourire complice. Mais je doute qu'on puisse en déduire l'endroit où nous sommes, vu que c'est le noir total depuis deux minutes. Tu ne l'avais pas remarqué ? »

En effet, j'avais perçu – en plus d'un léger soupir – que la luminosité de la salle avait changé, mais j'avais supposé que c'était dû à un nuage noir plein d'eau que nous traverserions de part en part. Je ne m'en suis pas inquiétée pour autant, même si l'obscurité me perturbe un peu depuis ma visite du Capitole et ses grandes baies vitrées. Espérons que l'arène ne sera pas plongée dans la même obscurité que celle face à laquelle nous nous retrouvons confrontés maintenant.

Je sens que l'hovercraft perd de l'altitude. Ma tasse se met à trembler de manière presque imperceptible, comme si on avait heurté le sol, tout doucement. Oui, j'en suis certaine, on est au sol désormais. Des pas me parviennent depuis le couloir, mais si ce sont des gardes, ce n'est pas à nous qu'on ouvre en premier. Alors, histoire de me rassurer un peu, j'engage la conversation avec mon styliste :

« Qu'allons nous faire maintenant, Bongo ?

-Pourquoi ? C'est encore pour ta méditation ? Si concentrée ?

-Non, je tentais juste d'animer l'atmosphère, même si c'était toujours dans l'optique de me détendre un peu, je lui réponds.

-Maintenant, des gardes vont venir nous chercher dans notre cabine. Ils nous mèneront jusqu'à ta chambre de lancement…

Je tressaille à ces mots

…, à travers un long dédale de couloirs. Une fois installés, on pourra t'habiller, juger peut-être le contexte de l'arène. Pour le reste, j'attends tes instructions. Bongo, pour vous servir. »

Sa réplique me fait pouffer.

« Vous serez capable de me situer l'arène, hein ? Pourtant, il me semblait que le Capitole, je vous cite, pouvait façonner le terrain à sa manière et que vous étiez dans l'incapacité de répondre à cette question.

-Oui, mais c'est différent avec les vêtements. Je te rappelle que c'est mon élément…

-Justement. Et qui vous dit que le costume qu'on nous aura octroyé ne se consumera pas une fois arrivés dans l'arène pour donner un résultat totalement différent ? Un peu comme vous l'avez fait ?

-Très juste. »

Hmm. J'ai raison, il a tort. J'adore cet effet. Et pour cause. Le sourire ne me quitte pas tout au long du chemin vers nos chambres. Des gardes sont venus nous chercher et nous guident, la main à moins de deux millimètres de mon dos, en cas de rébellion, ou un truc comme ça. Je sens d'ailleurs leurs doigts frémir contre le tissu vaporeux de ma tunique.

Une fois arrivés devant une porte en métal blindée, mon expression redevient de marbre. Je le sais car je sens les muscles de mes joues se détendre, et ma vue s'affermir. Peut-être ce sourire n'était finalement que signe de stress. Enfin, qui pourrait s'imaginer sourire en en entrant dans cette salle qui représente notre entrée vers ce jeu monstrueux et sanguinaire ? Cela devient carrément macabre. Peut-être qu' à la vue de son espace de lancement, un carrière aurait une bouffée de joie à l'idée que le massacre puisse commencer dans moins de trente minutes. Or je ne suis pas une carrière. Du moins, je ne dois pas m'en donner l'air, voilà ce que je me répète. Je dois rester moi même, tout en essayant de tout de même garder un état d'esprit positif quant à ma survie. Faire confiance à mon instinct, très sûr selon Bongo.

La pièce dans laquelle on nous conduit est très sèche. Les murs sont comme creusés dans la roche, d'un gris métallique, et l'espace est plutôt restreint. Juste assez de place pour me changer sans être vue de tout le monde, puis de s'asseoir, sur des fauteuils qui semblent durs et droits. Pas super pour ce dernier temps qu'on nous accorde pour souffler après ce voyage.

Dès que l'homme se détourne de nous, la porte coulisse de nouveau et nous voilà enfermés. Sans perdre trop de temps, Bongo m'envoie à la douche. Tout comme je l'avais prévu (et cela me rassure), mon styliste me coupe les ongles, puis me tresse les cheveux une fois secs. La natte qui en résulte est misérable face à mes longues tresses habituelles. En voyant ma mine renfrognée à la vue de ma coiffure, Bongo défait mes cheveux, pour laisser libre cours à son sens de la coiffure. Le résultat est tout à fait rassurant : il m'a entouré le crane d'une tresse africaine bien serrée, en dégageant quelques mèches sauvages. Cela me donne un air libre et sauvage avec une touche de féminité. J'ignore si elle tiendra plus d'une journée, mais elle ne me gênera en aucun cas durant le bain de sang.

« Deux minutes »

La voix distante qui résonne dans la pièce résonne dans ma tête. Plus que deux minutes. Déjà ? Vite, Bongo me dirige vers le porte-manteau, afin de me faire enfiler ma veste pas trop épaisse, doublée d'une légère épaisseur à l'intérieur.

« Tu te souviens de ce que je t'ai dit. Pense Katniss. Pas carrière. Enfin, seulement si tu en as besoin, rappel que j'approuve rapidement d'un signe de tête nerveux. »

Je sais que Bongo a tout fait pour m'aider à avoir l'allure d'un carrière lors des interviews - malgré la tournure qu'a pris la situation par la suite – mais il a assez insisté que dans l'arène, il ne sera plus question de vouloir ressembler à ce profil prétextant que mon instinct de chasseuse expérimentée est tout autre, et par ailleurs plus sûr dans mon cas, que celui des carrières ; pour que je comprenne ce qu'il veut dire ici.

J'ai encore quelque chose pour toi, me lance-t-il gaiement mais en voyant que mon air ne s'en dégrade que d'avantage, il reprend un ton neutre et me tends mon collier. Tiens, comme promis. »

Un sourire vient brièvement éclairer mon visage.

Soudain, je m'aperçois que ce collier là n'est pas celui que m'a offert ma sœur. Du moins, pas entièrement.

-Qu'avez vous fait avec le cordon ? Il n'étais pas assez solide à votre goût ? Je sais que la qualité du Quatre n'est pas comme celle de chez vous, mais ce n'est pas un prétexte pour retoucher mon collier. Rappelez-moi de quel droit vous avez pris cette décision ? Je ne vous en ai tout de même pas donné la permission que je sache ? »

La rage me prend soudainement.

Or au lieu de me servir une réponse froide à son tour, il me serre dans ses bras, et me dépose un baiser presque paternel sur le haut du crane.

Ce que j'ai vu sur mon collier ne m'a pas plu. Il était couvert d'une sorte de métal très léger, d'une couleur noire. C'était en réalité des bouts de cylindres de métal creux, dont l'utilité m'é ce qui pouvait me permettre de le reconnaître, c'étaient les plumes de geai moqueur qui dépassaient, me rappelant mon chez moi, ainsi que mes escapades en compagnie de Finnick.

« Ne t'inquiète pas, ils pourront te servir dans l'arène. Surtout, fait comme si ça faisait partie de ton collier, ils ne doivent pas savoir que c'est moi qui l'ai modifié.

« Dix secondes »

Ses yeux s'emplissent d'un air de surprise mêlé de panique.

« Vite, monte dans le cylindre en verre, me dit-il en s'efforçant de rester calme.

-Mais qu'est ce que c'est ?

-Allez, tu dois y aller. Bonne chance, et sa main me pousse tendrement à l'intérieur du tube qui me montera à la surface de l'arène.

-Bongo, je ne peux pas avoir l'air surprise en découvrant ce que c'est. Je ne paraîtrais pas crédible si je fais semblant que ça fait partie du collier !

-Dépêche, pas le temps de discuter. Allez, enfile ton bijou, et n'oublie pas qu'on croit en toi ! »

Sur ce, les pans du tube coulissent sur moi et ce sont les derniers mots que j'entends venant de lui avant que la plate-forme ne s'élève sous mes pieds. Des mots très tendres et encourageants. Je suis prête à me battre ! Me battre pour ma vie ! Pour Prim !

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J'espère que ce chapitre vous a plu, et je vous dit sur ce, peut-être à jamais. Je vous souhaite à tous une bonne continuation sur ce site. Gros bisous, et merci à tous ceux qui m'ont lu et commenté, vous m'avez toujours encouragé pour la continuation de ma fic.

Puisse nos chemins se croiser à nouveau !

Jameslfy