Chapitre 32
Nous marchions depuis des heures. Certes, Éli aurait pu nous téléporter mais nous n'avions nul part où aller, nous devions continuellement errer dans les royaumes dévastés. Étonnamment, nous ne rencontrâmes pas âme qui vive, ni même une troupe d'orques puants. Enfin, c'est pas comme si on allait s'en plaindre. Depuis le début de notre voyage clandestin avec Fougueron et sa bande, je cherchais une solution qui, d'un coup, m'apparut tout à fait évidente.
- Éli, je crois que je sais comment faire pour vaincre Sauron, dis-je, faisant stopper tout le groupe.
Elle se rapprocha de moi, le regard curieux et étonné, m'incitant ainsi à m'expliquer.
- Lorsque nous étions à Poudlard et que nous avons tenté de revenir ici, Dumbledore nous a fait boire une potion. Pourtant, il nous a aussi fait attendre sur un cercle de pierre, qui se trouvait être en réalité un portail. Ensuite, à Narnia, nous sommes revenues ici grâce à un portail…
- Tu penses donc que notre monde possède lui aussi un portail ? demanda-t-elle. Mais sur Terre, il n'y en avait pas lorsque nous avons prit la potion de Galadriel, et il n'y en avait pas plus quand nous y sommes retournées.
- Quand nous sommes revenues sur Terre, c'était à cause d'une intervention des Valars, expliquais-je. Et quand nous avons tenté de revenir, un pentacle s'est formé sous nos pieds, aussi bien dire un portail. Tout concorde !
- Mais même si on trouve ce portail, il y a deux problèmes : De un, on ne sait pas comment le faire fonctionner. De deux, pourquoi l'utiliser ? Il n'y a aucune raison de retrouver ce portail, répliqua-t-elle.
Je soupirais devant son air perdu. Elle n'était pas vite-vite, des fois.
- Car si nous utilisons le portail, nous pourrons nous transporter à Narnia pour leur demander de l'aide, car ce monde possède une grande armée. Et nous pourrons aussi demander de l'aide à la communauté sorcière ! C'est pour ça que nous avons sauvé tous ces gens, Éli, pour qu'ils nous sauvent à notre tour. Les Valars avaient tout prévu à l'avance.
- Si je puis me permettre, intervient Fougueron, on n'a pas d'autres choix. On n'a rien à perdre à essayer.
- Très bien, je tente le coup, déclara Éli.
Son regard se perdit dans le vide quelques secondes, puis elle revient à elle.
- Formez une chaine et tâcher de tous être reliés à moi ! s'exclama-t-elle.
Nous obéîmes, puis elle nous téléporta dans une forêt étrangement familière.
- Mirkwood, soufflais-je en tournant sur moi-même.
Elle me sourit, puis j'avisais deux immenses constructions de pierre très bien conservées, avec un encastrement près de chacun, plutôt petits.
- Les Valars ont pensé à tout, dit Éli en s'approchant de moi. Il y a deux portails, nous en utiliserons donc chacun un pour rallier Narnia et les sorciers. Nous reviendrons ici par la suite.
- Mais comment les faire fonctionner ? demandais-je.
- J'imagine que ça a rapport avec les trous qui sont là, dit-elle en les désignant.
- Ça me fait penser à quelque chose, murmurais-je.
Éli se retourna vers moi d'un coup.
- Nos pierres ! Ali, il s'agit des pierres de nos tâches de naissance !
Je restais interloquée quelques secondes, puis me découvrit l'épaule droite. Quatre étoiles en cercle et au centre, une pierre rouge, tel était ma tâche de naissance. Éli avait la même, mais avec une pierre verte.
- Mais… pour les mettre là, tu crois qu'il faut… commençais-je.
- Oui, je pense qu'il les enlever.
- Mais comment ? On a essayé des dizaines de fois et nous avons toujours échoué ! m'exclamais-je.
- Alors il faudra les déloger de force, déclara-t-elle.
- AYOOOOOOOOOOOOOYE ! Mais p*tain de b*rdel de merde ! Ça fait mal, esprit ! m'écriais-je.
Pourtant, victorieuse, ma meilleure amie ne me prêta guère attention, se contentant de déposer le petit rubis dans ma paume.
- Est-ce que je saigne ? Est-ce que ça pisse le sang ? paniquais-je.
- Non, tu n'as rien du tout, dit-elle. Une autre pierre est apparue.
Ok, bizarre.
- En tout cas, tu es prêtes ? demandais-je en me relevant.
Elle me montra son émeraude, et je souris. Je me tournais ensuite vers le reste du groupe, qui préparait un campement de fortune. Je m'approchais de Fougueron et posais ma main sur son épaule.
- Bill ? Il est temps, on y va. N'oubliez pas, vous et vos hommes êtes la dernière ligne de défense des portails car si ils sont brisés, on ne sait pas ce qui va se produire. Éliane et moi reviendront aussi vite que nous le pourrons avec, espérons le, du renfort. Notre dôme de protection devrait tout de même tenir un bon moment, mais restez vigilants.
- Vous êtes certaines que des orques s'approchent d'ici ? s'inquiéta-t-il.
- Malheureusement, oui. Bonne chance ! Et, aussi, vous aviez raison. Je ne savais rien de vous où de votre histoire, et je n'avais aucunement le droit de vous juger, dis-je. Aussi, je m'en excuse.
- C'est à moi de me faire pardonner mon comportement envers vous. J'aurais dû ne jamais rejoindre Sauron et son armée.
- Ali ! Tu peux de dépêcher ? me cria Éli du haut de son portail.
- J'arrive ! répondis-je. Alors, au revoir.
Je lui tournais ensuite le dos et rejoignis mon portail. Éli et moi ne savions pas dans quel monde chacune de nous allait atterrir, mais j'espérais sincèrement arriver dans le monde sorcier. Je ne voulais pas revoir Peter, pas tout de suite. Bon, d'accord, il me manquait énormément mais je ne voulais pas avoir à supporter son regard. En tout cas, je pris mon rubis et le posais dans l'encastrement de l'arche de pierre, en même temps qu'Éli. Il y eu une distorsion d'énergie, puis un voile translucide, épais, froid et gélatineux (j'avais passé ma main à travers pour vérifier). Je regardais Éli dans les yeux, regardais à nouveau le portail, puis pris une grande inspiration. Pourtant, alors que j'allais passer, une explosion retentit.
- Ils n'étaient pas supposés être déjà là ! hurla Éli, légèrement paniquée.
Je remarquais alors que des orques et des Uruk-Hai attaquaient. Heureusement, le dôme de protection tenait, mais pour combien de temps ? Apparemment, pas longtemps car il explosa au dessus de nos têtes. Notre magie était encore faible à cause de notre séparation. Oh, je n'avais pas précisé que notre magie faiblissait lorsque moi et Éli nous nous séparions volontairement ? Bon, on y reviendrait lus tard.
- Allez-y, on v les retenir ! hurla Fougueron.
- Ils sont trop nombreux ! répondit Éli. On va vous aider !
- Enlevez les pierres et passez les portails avant qu'ils ne se referment, c'est un ordre ! répondit Bill en terrassant un orque.
Puis, en voyant les ennemis déferler vers nous, je me décidais. Bien que l'idée de les abandonner me répugnait, nous devions le faire pour la Terre du Milieu. Je saisis ma pierre en vitesse et sautais sans hésitation dans le portail, qui se referma derrière moi. Pourtant, une douleur me vrilla la hanche droite et je m'effondrais sur un sol pavé. Des voix retentirent autour de moi, des exclamations de surprise surtout.
- Alicia ?
Et merde. Narnia, je suis de retour !
POV Externe :
Tout le monde, Narniens et Telmarins, était réunis en ce jour pour célébrer l'union entre le Prince Caspian et la Reine Susan, mariage qui aurait lieu dans la grande cour. Aslan lui même bénissait leur mariage et avait pour mission de les unir. Peter et Edmund, en tant que Rois de Narnia et frères de Susan, étaient les garçons d'honneur, tout comme Lucy était dame d'honneur. Alors que Susan et Caspian allaient échanger leur baiser qui scellerait leur nouvel union, le portail au creux de l'arbre devant eux s'activa, aveuglant toutes les personnes présentes. Peu après, la luminosité disparut, le portail se referma et tous purent voir une personne s'écrouler sur l'esplanade pavée, son sang s'écoulant lentement dessus. Le Grand Roi Peter ordonna tout le monde à se calmer et s'approcha du corps.
- Alicia ? s'étonna-t-il en s'agenouillant près d'elle.
L'elfe sembla le reconnaitre, puis s'évanouit.
- Aslan, aidez là ! s'écria le blond à l'intention du lion. Lucy, amène ta potion !
Il paniquait, et tout le monde pouvait le voir. Sa plus jeune sœur se pencha sur Alicia et lui fit avaler quelques gouttes, pendant que Caspian retirait la flèche logée dans sa hanche droite. L'elfe sembla reprendre quelques couleurs, mais n'ouvrit pas les yeux. Seule sa respiration lente et régulière put prouver qu'elle était encore en vie. Sans un mot, Peter la souleva et la porta jusqu'à la chambre la plus proche, soit la sienne. Puis, il la veilla jusqu'à son éveil. La cérémonie fut annulée et tout le monde rentra chez soi. Aucun des Pevensies n'osa déranger Peter ce jour là.
POV Alicia :
Je sentis quelque chose de mou sous ma tête. Un oreiller, apparemment. QUOI ! Je me redressais d'un bond, réveillant quelqu'un à côté de moi. Sans lui prêter attention, je tentais de me souvenir de ce qui s'était passé. J'étais arrivée à Narnia et… trou noir. Fan-tas-ti-que.
- Alicia ? Est-ce que tu vas bien ? s'inquiéta une voix familière.
- Peter ! m'exclamais-je en me retournant vers le concerné. Depuis combien de temps suis-je ici ?
- Et bien, tu…
- Depuis combien de temps suis-je ici ! m'écriais-je, paniquant à moitié.
- Ne t'inquiète pas, ça fait seulement quelques heures, un jour maximum, répondit-il, légèrement intimidé.
- UN JOUR ! Oh, merde, merde, merde, merde, merde… marmonnais-je.
- Que s'est-il passé, Alicia ? Pourquoi es-tu arrivée atteinte d'une flèche ? Et comment es-tu revenue, en fait ? Et pourquoi ?
Je me calmais peu à peu.
- Bon, en fait, nous sommes revenues en Terre du Milieu, Éli et moi, et avons retrouvé tout le monde. Nous avons apprises que durant notre séjour ici, Arda avait sombré et Sauron avait tué presque tout le monde. Nous n'étions plus que quelques survivants, tous regroupés à Fondcombe. Non, pas d'interruption ! Bon, ensuite, après une légère altercation avec Éli, je suis partie et suis tombée sur un homme autrefois dans les rangs de Sauron, mais qui l'avait trahi. Éli nous a retrouvé et nous a appris que Fondcombe était aussi tombé et je tous nos amis avaient été fait prisonniers. Nous avons retrouvé des portails qui reliaient notre monde à Narnia et au monde sorcier et nous nous sommes à nouveau séparées pour aller chercher de l'aide. Malheureusement, nous avons dû refermer les portails derrière nous car des serviteurs de Sauron nous avaient retrouvé. Juste avant que le portail ne se referme complètement derrière moi, une flèche m'a atteinte à la hanche et je me souviens être arrivée ici, avant de m'évanouir. Le temps presse, la Terre du Milieu à besoin de l'aide de Narnia ! débitais-je rapidement.
Il sembla oublier notre relation assez compliquée et se forgea un masque sérieux.
- Suis moi, on doit en parler aux autres avant. Je vais réunir les Narniens et les Telmarins, et on va voir après. Je ne peux rien te garantir, Ali, mais je vais tout faire pour que Narnia envoi de l'aide.
- Merci quand même, soupirais-je en le suivant.
Il me conduisit à travers divers couloirs et un serviteur sonna une cloche, signifiant une réunion urgente de tous les dirigeants de Narnia. Apparemment, Aslan ne pouvait malheureusement pas participer, aussi ne l'aperçus-je pas lorsque nous arrivâmes au lieu de rencontre. Je pris place dans un coin sombre, évitant de me faire remarquer, et Peter rejoignit sa famille ainsi que Caspian. Un centaure, trois Telmarins et un autre Narnien constituaient le reste de l'assemblée.
- Mes amis, je vous ai convoqué ici car Narnia a reçut un appel à l'aide, commença Peter. La Terre du Milieu, autrement dit le monde natal des deux jeunes filles qui nous ont tous sauvé de la menace de Miraz et de la Sorcière Blanche est en danger, et nous demande de venir l'aider.
- Votre majesté, nous savons tous que vous tenez énormément à la jeune femme qui est arrivée hier, mais nous ne pouvons permettre d'envoyer une armée là bas. Si jamais une menace survenait ici pendant l'absence de l'armée ? Ou encore, si l'un de vous mourrait au combat ? Personne ne serait digne de siéger ici à sa place, déclara l'un des Telmarins, nullement offensé de la remarque à propos de Miraz.
Je comprenais parfaitement son point de vue, et un débat commença. Il y avait de nombreux points très logiques qui appuyaient le pour et le contre de l'histoire. Malheureusement, le débat s'étirait, et le point « contre » gagnait de plus en plus de terrain malgré les arguments de mes amis. Ils étaient peut les plus hauts dirigeants de ce monde, ils devaient tout de même avoir l'accord de tous les autres. Puis, Peter se leva, suivit des autres Pevensies et du reste du conseil.
- Nous reprendrons ce débat lorsque nous serons tous calmés, déclara-t-il.
En fait, ils s'étaient tous mis à s'énerver. Tous commencèrent à quitter la salle, et Peter s'approcha de moi.
- Je suis désolé, ça prendra encore un peu de temps.
- Mais le temps, c'est quelque chose qu'on a pas, répondis-je.
Puis, je m'élançais au milieu de la salle.
- Attendez ! m'écriais-je, ma voix résonnant dans la pièce.
Aussitôt, tous les dirigeants se stoppèrent, se tournèrent vers moi et s'interrogèrent du regard.
- Asseyez vous, ne faites que m'écouter, suppliais-je.
Ils acceptèrent et se rassirent à leur place, intrigués.
- La Terre du Milieu est en grand danger, expliquais-je. Éliane et moi l'avons quitté de force et avons dû aider deux autres mondes avant d'y retourner, dont le vôtre. Quand nous sommes enfin revenues chez nous, nous avons découvert notre monde détruit et ravagé, possédé par le mal en personne. La Terre du Milieu est sur le point de sombrer et si vous ne venez pas nous aider, nous mourrons tous. Vous pensez que vous êtes immunisés contre cette menace, mais elle vous concerne tout autant que nous. Lorsque Sauron aura gagné chez nous, il s'intéressera à nos portails et les utiliseras pour venir ici et vous envahir, et personne ne pourra rien pour vous. Nous vous avons aidé autrefois, et c'est à vôtre tour de remplir la dette que vous nous devez. Il ne s'agit pas d'engagement, mais d'honneur et d'amitié. Ce sera bientôt vôtre tour, et seule notre union pourra tous nous sauver. Maintenant, réfléchissez à mes paroles et décidez vous maintenant, car le temps n'est pas un luxe que nous pouvons nous offrir. Libre à vous de refuser, mais ce sera à vos risques et périls.
Je gardais ensuite le silence, attendant le verdict. Je savais les Pevensies et Caspian de mon côté, et quelque chose me poussait à croire que les deux Narniens me supportaient aussi. Puis, les trois Telmarins concertèrent quelques secondes, avant de se tourner vers moi.
- Nous nous en remettrons à la décision des Rois et Reines de Narnia, déclara le plus âgé.
- Nous suivrons aussi le mouvement, ajouta le centaure.
- Dans ce cas, préparer les armées, réunissez le plus de provisions et d'armement possible, aiguiser les armes, réunissez les munitions et sonnez le glas de bataille. Nous sommes désormais en guerre, et nous vaincrons ! s'exclama Peter.
Aussitôt, tout le monde se dépêcha à exécuter ses ordres, sauf mes amis. Bien vite, le château fut empli de cris et d'entrechoquements de lames. Nous serions bientôt prêts pour sauver la Terre du Milieu, à la vitesse où ils opéraient.
- Merci beaucoup, soufflais-je aux Pevensies.
Puis, je m'approchais de Lucy et la pris dans mes bras.
- Tu peux compter sur nous, Ali, tu le sais très bien, déclara Edmund avec un sourire.
Il était celui qui avait le moins bien accepté mes pouvoirs mais, au final, il était sympathique. Je lui souris en retour puis, sentant que Caspian avait une question, je me tournais vers lui.
- Oui ? demandais-je.
- Et bien, je me demandais si… enfin, où était Éliane, dit-il d'un air gêné.
- Oh, elle est partit recruter dans un autre monde, dis-je. Je pense qu'il vaudrait mieux vous expliquer depuis le début.
Et c'est ce que je fis, enfin, en partie. En effet, je n'avais pas parlé de la mort d'Elladan et donc mon altercation avec Éli n'avait pas été très couverte. Enfin, je n'avais pas menti. Puis, nous allâmes dans la Grande Cour, où nous attendait Aslan, et je me rendis compte qu'une question me brûlait les lèvres.
- Aslan, pourrez vous nous aider dans les batailles à venir ?
- Je crains que je ne vous sois point utile, mon enfant, répondit-il. Je n'ai pas autant de puissance là-bas que j'en ai ici, et je ne servirais pas à grande chose, aussi vais-je diriger Narnia en attendant votre retour.
- Je comprends, affirmais-je.
Puis, je me retournais vers l'armée Narnienne, mélangée à l'armée des Telmarins, qui se tenait devant moi. Du moins, ce n'était qu'une infime partie, le reste couvrant pas mal toutes les rues de la cité. Aslan ouvrit ensuite le portail et l'armée commença à s'y engouffrer en vitesse. Je redoutais ce que nous allions croiser à la sortie, mais je gardais confiance, espérant qu'Éli réussirait aussi. J'entrais ensuite par le portail, suivant le mouvement des troupes, en même temps que Peter, Susan, Edmund, Lucy et Caspian. Dès que je fus de l'autre côté, une flèche me frôla la tête. Nous arrivions en plein milieu d'un combat, apparemment. En faite, c'était celui auquel j'avais échappé un jour plus tôt et, en réalité, n'avait commencé que depuis une dizaine de minutes. Les hommes de Fougueron s'étaient repliés juste devant les portails et se défendaient du mieux qu'ils le pouvaient, mais ils étaient débordés et blessés. Je pus lire le soulagement sur leurs visages lorsque l'armée Narnienne vint à leur rescousse. Je me joignis moi-même à la bataille, l'adrénaline montant de plus en plus en moi.
POV Éliane :
J'entrais dans mon portail peu après Ali. J'avais peur, une flèche avait réussi à passer son portail avant qu'il ne soit complètement fermé. En tout cas, je ne pus y penser plus longtemps car je fermais moi-même le miens pour me retrouver devant… le manoir Jedusor, notre point de départ. Je remarquais alors un bout de bois par terre. Je le ramassais, puis souris. C'était ma baguette. Je la saisis plus fermement, bien qu'elle me soit inutile, puis transplanais devant Poudlard (pour tout ceux qui n'ont jamais lu l'Histoire de Poudlard ou les Harry Potter, il est impossible de transplaner à l'intérieur de Poudlard). Je passais les grilles du château et, ne voyant personne dehors, je compris qu'ils devaient être en cours. Espérant que Dumbledore soit toujours directeur (on ne sait pas combien de temps s'est écoulé depuis notre départ, le temps change selon les mondes), je me mis à arpenter les couloirs. En passant devant la grande salle, j'entendis un vacarme épouvantable et compris que c'était l'heure du dîner. Je poussais les portes de la Grande Salle et entrais d'un pas vif. Sur mon passage, le vacarme cessa peut à peut, tout le monde me dévisageant. Pourtant, tout ce qui m'importait, c'était de rejoindre Dumbledore, debout à la table des professeurs.
- Professeur, dis-je en inclinant la tête, ma voix résonnant dans la salle désormais silencieuse.
- ÉLIANE ! hurla une voix facilement reconnaissable.
Une tornade rousse me sauta dans les bras
- Je suis contente moi aussi de te voir, Lily, rigolais-je. Professeur Dumbledore, pourrions nous trouver un endroit plus approprié pour parler ?
Il ascquisa et quitta la Grande Salle, moi sur les talons. Il me mena à son bureau, me fit entrer, et referma la porte derrière nous. Je pris place devant lui, légèrement nerveuse.
- Un bonbon au citron ? me proposa-t-il.
Je souris et refusais poliment.
- Professeur, si je suis ici c'est parce que…
Je me stoppais, et il y eu un petit déclic dans ma tête.
- Excusez moi, professeur, murmurais-je.
Il me servit son éternel sourire bienveillant, et je me tournais vers la porte. Je l'ouvris d'un coup et quatre personnes tombèrent à la renverse à l'intérieur.
- Lily, James, Remus et Sirius, que diriez-vous donc de vous asseoir avec nous au lien d'écouter aux portes ? proposais-je avec un sourire.
Ils acceptèrent et quatre autres sièges apparurent. Je pris à nouveau place et expliquais rapidement ce qui s'était passé depuis notre départ, de Narnia à notre retour en Terre du Milieu.
- Si je comprends bien, vous nous demandez notre aide ? conclut Dumbledore.
- Oui.
- Bien sûr qu'on va vous aider ! affirma James. Pas vrai professeur ?
- Mais bien entendu. Je vais demander à tous les Aurors volontaires et aux membres de l'Ordre du Phénix pour avoir notre aide. Les élèves de septième année volontaires pourront aussi participer.
- N'oubliez pas que c'est une véritable guerre et que, là-bas, il y aura des horreurs que vous ne serez peut-être pas prêts à supporter, les avertis-je.
- Je ne te suis pas, soupira Sirius. Tu nous convainc de vous aidez mais nous demande ensuite de rester ici car on risque de ne pas apprécier ce qu'on va voir. Tu es beaucoup trop compliquée.
Je me contentais de soupirer, sachant très bien qu'il ne servait à rien d'argumenter pour l'instant.
- Il faudrait que tout le monde soit prêt très vite, nous partirons en fin de journée maximum, dis-je à Dumbledore.
- Mais bien entendu, répondit ce dernier. D'ailleurs, je viens de contacter le ministre qui fera passer une annonce dans l'Angleterre pour que les volontaires se joignent à nous au plus vite.
- Merci, soufflais-je. Oh, une dernière chose, c'est hors de question, ajoutais-je à l'intention de mes amis.
- Mais on a rien dit, rigola Remus.
- Vous ne viendrez pas, je le refuse !
- Tu es notre amie, tout comme Alicia, et on va vous aider ! On va venir, que tu le veuilles ou non. Tu crois qu'on était d'accord quand vous êtes allées chez Voldemort pour le tuer ? s'énerva Lily. Alors on vient, point à la ligne!
J'étais amusée et perplexe à la fois.
- Alors, apparemment, je n'ai pas mon mot à dire dans cette histoire, soupirais-je, résignée.
- Non, tu ne l'as pas, conclut-elle.
- Jeunes gens, rendez-vous donc à la fin de la journée devant le Manoir Jedusor.
Nous acquiesçâmes et quittâmes le bureau, pour nous rendre dans l'appartement des préfets en chef. Désormais, il n'était occupé que par Lily et était devenu provisoirement le lieu de rencontre des Maraudeurs. Je pris place sur un divan, tachant de cacher ma nervosité. C'est qu'il fallait faire vite ! Je pris tout de même le temps de raconter ce qui s'était passé depuis notre départ. James et Sirius furent atterrés par la mort d'Elladan, puisque celui-ci s'était très vite lié d'amitié avec les deux garçons. Lily s'inquiéta pour l'état d'Ali et trouva son histoire tout de même romantique, vu le triangle amoureux qui s'était installé. Et oui, je n'étais pas bête tout de même ! Ali ne m'en avait pas parlé, mais j'avais tout de suite vue qu'elle aimait Peter, et que c'était réciproque. En tout cas, ne ce qui concerne Remus, il fut surtout étonné qu'un troisième monde parallèle au leur existe. Eux, en retour, m'apprirent qu'il s'était écoulé au moins deux semaines depuis notre départ. Ils me parlèrent de toutes les blagues qu'ils avaient faites durant ce temps et, depuis la mort de Voldemort, les Serpentards se tenaient à carreaux. Bref, tout allait pour le mieux depuis notre départ. Du moins, pour eux en tout cas. Vint bien vite l'heure du rendez-vous, le temps passant en vitesse éclair lorsque nous sommes en bonnes compagnie. Nous rejoignîmes Dumbledore dans le hall et j'aperçus quelque chose de fort intéressant dans une des vitrines.
- Je peux ? demandais-je en désignant l'objet.
- Bien entendu.
J'ouvris la vitrine et saisit délicatement l'objet.
- Reparo.
Rien ne se produisit. Je concentrais ma magie sur la séparation et lançais à nouveau le sort. Il ne se passa rien et, alors que j'allais le remettre en place, découragée, l'entaille se referma, rendant l'objet comme neuf. Satisfaite, je la rangeais dans un étui et retournais auprès des autres. Je nous téléportais devant le manoir Jedusor et quelle ne fut pas ma surprise en voyant plus d'une centaine de sorciers ! En plus, certains Aurors étaient manquants, apparemment. Je rouvris le portail (je ne sais pas trop comment, posez pas de questions) et je m'y engouffrais, suivie des autres. Nous atterrîmes en plein milieu d'une bataille, celle que, en réalité, j'avais quitté il y avait un jour. Je tuais un orque avec mes dagues, puis indiquais aux sorciers ceux qu'il fallait tuer.
- Ce ne sont que les orques et les Uruk-Hai qu'il faut tuer, les autres sont avec nous ! dis-je en désignant les Narniens.
Après que je fus certaine que le mot était passé dans nos rangs, je sautais dans la mêlée. Les Maraudeurs sur les talons, je rejoignis Ali, qui se battait aux côtés de nos compagnons de Narnia.
- Alors ? demanda-t-elle sans tourner les yeux vers moi.
- Ils sont venus, et beaucoup plus nombreux que prévu, répondis-je. Ça a bien marché, pour toi aussi, à ce que je vois.
- Et bien, mis à part le fait qu'ils ont bien failli refuser et que je me suis évanouie à cause d'une flèche, tout s'est bien passé, répondit-elle.
- Et avec Peter, ça avance ?
- Ne m'en parle pas ! J'ai réussi à éviter la conversation jusqu'à présent, mais ça ne durera pas. Salut les gars !
Elle s'approcha des Maraudeurs et échangea quelques banalités avec eux, malgré le fait que nous étions en pleine bataille. Enfin, celle-ci prit fin. Peu d'entres nous étaient blessés (Narniens, sorciers et nous-même réunis). Il n'y avait que trois morts, et c'était des hommes de Fougueron. La majorité d'entre nous, du moins les sorciers, étaient un peu choqués, mais ça allait. Nous installâmes un grand campement et Narniens et sorciers furent mélangés. Bien que chacun des groupes redoutait l'autre, ils commencèrent à sympathiser très vite. Plusieurs feux de camp furent montés et des tentes firent leur apparition. La nuit tomba et je m'installais dans une tente partagée avec Ali, Susan, Lucy et Lily. Sirius, Remus, James, Peter et Edmund s'installèrent dans celle d'à côté. Nous nous rejoignîmes tous autour d'un feu, entre nous, et ils commencèrent à faire connaissance. Je remarquais qu'Ali évitait à tout prix le regard de Peter et celui-ci cherchait à lui parler.
- Les filles, je pense qu'il est temps de laisser les garçons faire plus ample connaissance entre eux. À plus !
Je tirais Susan et Lily et Lucy et Ali nous suivirent. Peu après, nous étions installées confortablement sur nos lits, une couverture sur les épaules et Lily insonorisa la tente. Connaissant les garçons, je plaçais une protection de plus et me tournais vers Ali.
POV Alicia :
Cette fois, je n'y échapperais pas, je pus le voir dans le regard déterminé de ma meilleure amie.
- Alors, de quoi tenais-tu tant à nous parler en privé ? demanda Susan.
- Demande à Alicia, rétorqua Éli.
Traitresse ! Toutes les têtes se tournèrent vers moi, attendant une explication.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, tentais-je.
- Alors si il ne se passe rien, je ne vois pas pourquoi tu évites Peter, répondit-elle d'un ton innocent.
Le sang se retira de mon visage et je tournais violement la tête pour qu'elle ne voie pas les rougeurs sur mes joues.
- Ah ah ! s'écria-t-elle, victorieuse. Je le savais !
- Tu ne savais rien du tout ! répondis-je.
- Tu es amoureuse de mon frère ?
Lucy semblait aux anges.
- Si c'est ses sentiments à ton égard dont tu n'es pas certaine, crois moi, il t'aime beaucoup plus qu'une simple amie. Il t'aime, Ali, ça ne fait aucun doute, ajouta Susan.
- Je n'en doute pas ! Il… il m'a fait une déclaration, dans les jardins, juste avant qu'on ne parte, avouais-je.
- Oh, c'est romantique, souffla Lily.
- Fait pas ta guimauve, lui dis-je en lançant un coussin.
Elle l'évita en riant.
- Mais pourquoi est-ce que tu l'évites ? Pourquoi tu ne veux pas lui parler si vous avez les mêmes sentiments l'un envers l'autre ? s'interrogea Susan.
- Parce que c'est impossible, voilà pourquoi.
- Mais pourquoi ?
- PARCE QUE JE NE VEUX PAS SOUFFRIR À NOUVEAU !
Cette fois, réellement énervée, je me levais d'un bond et sortit de la tente en coup de vent. Je passais à côté du feu où se trouvaient les garçons et, manque de bol, Peter s'y trouvait encore. J'essayais de passer sans me faire remarquer, mais peine perdu.
- Hey, Ali, viens t'asseoir ! m'interpella Sirius.
- Non, merci, répondis-je d'un ton un peu plus sec que voulu.
- Voyons, du calme, on va pas te manger, rigola James.
- J'ai dit NON ! m'énervais-je en m'éloignant.
Ouais. Pas fort, mon affaire. C'était ni la faute de James, ni celle de Sirius, je ne devrais pas me défouler sur eux. Pourtant, c'était plus fort que moi. J'avais tout à coup l'impression d'étouffer, l'impression que tout le monde en avait après moi. Bien décidée à chasser lesdites impressions pour ne pas hurler après les autres, je m'éloignais du campement afin de me calmer. Je m'enfonçais un moment dans la forêt avant de grimper dans un arbre. À regarder le ciel étoilé et sans nuage, il était dur d'imaginer que ce monde était dévasté par le mal. Un bruit de chute me ramena d'un coup à la réalité et je regardais en bas, inquiète. Ce que je vis me fit sourire malgré moi. En bas, Peter se trouvait étendu sur le dos, bras et jambes écartées, les yeux fermés, grommelant des injures à tout va. Je descendis avec agilité jusqu'en bas et me penchais sur lui.
- Tu comptes rester par terre bien longtemps ? demandais-je d'une voix que je voulais neutre.
Il rouvrit les yeux d'un coup et se releva.
- Rentrons au campement, dis-je en me tournant pour rentrer.
Une poigne me retint le poignet, et je soupirais.
- Cette fois, tu dois me parler. Je suis au moins en droit de savoir ce qui se passe, non ? demanda-t-il.
- Je te l'ai dit, ça ne marchera pas entre nous, répondis-je.
- Mais pourquoi ? Pourquoi m'évites-tu ? Pourquoi fuis-tu constamment la vérité ? Pourquoi renies-tu tes sentiments envers moi ? Pourquoi ne veux-tu pas m'en parler ?
À chaque parole, je le sentais s'énerver un peu plus, et je peinais moi-même à garder mon calme.
- Pourquoi est-ce que tu ne réponds pas ! Je ne suis pas assez bien pour toi, qu'est-ce que c'est ? C'est quoi ton problème, à la fin !
Il avait hurlé ses dernières paroles et, sans pouvoir me retenir plus longtemps, je vidais mon sac.
- Mon problème ? Mon problème, c'est toi ! Tu occupes mes pensées à chaque instant qui se passe, tu me fais un effet que jamais personne ne m'a fait ! C'est vrai, j'ai des sentiments pour toi, mais on ne peut tout simplement pas être ensemble !
- Pourquoi ! s'énerva-t-il.
- PARCE QUE TOUT NOUS SÉPARE !
Je baissais un peu le ton et détournais mon regard de ses yeux bleus, les larmes menaçant de couler.
- On vit dans deux mondes différents. Dès que tout sera finit, vous devrez rentrer chez vous et ça sera terminé. Le temps ne se déroule pas de la même façon ici et là-bas, tu risques d'avoir 90 ans alors que j'en aurais 34 !
- Ce ne sont pas les seules raisons, je m'en doute bien, dit-il en se calmant à son tour.
Je fermais douloureusement les yeux.
- Mon destin est incertain. Il est dit qu'avec Éli, nous éliminerions Sauron pour de bon, mais il n'est pas dit que nous survivrons. À chaque instant, nous risquons de mourir.
- Mais c'est une guerre, c'est tout à fait normal ! Et tu ne mourras pas, aucun de nous ne mourras, affirma-t-il en s'approchant. Pour les mondes, nous pourrons trouver un moyen de garder les portails ouverts. Le temps, on s'en fiche ! Tu es une elfe, donc tu es immortelle, et j'ai décidé de rester à Narnia, je suis donc immortel aussi. Tu vois, il n'y a aucune raison de…
- Si, une dernière.
Il haussa un sourcil interrogatif.
- Quoi, ton petit ami ? railla-t-il.
- Il est mort.
Cette déclaration jeta un froid sur l'atmosphère déjà mouvementée.
- Je suis quelqu'un d'horrible, de méprisable, ajoutais-je en fermant les yeux de douleur, le remord continuant à me ronger. Je n'ai pas pensé à lui, une seule fois. Jamais il ne m'a manqué, jamais je n'ai eu une pensée pour lui, jamais je ne l'ai aimé comme je t'aime toi ! Et à cause de moi, un famille s'est brisée, deux frères se sont retrouvés ennemis et son jumeau l'a assassiné pendant que nous, nous nous reposions dans un temple !
Les larmes roulaient sans que je ne puisse les retenir à présent. Peter m'attira contre lui et releva doucement ma tête pour que je le regarde dans les yeux.
- Tu n'es pas un monstre, tu m'entends ? Si ce Elladan t'aimait vraiment, alors il ne voudrait pas que tu te sentes coupable à cause de lui, que tu sois rongée par le remord pour l'éternité. Il voudrait que tu sois heureuse, et il aurait parfaitement comprit que ce n'était pas avec lui que tu étais destinée.
- L'amour m'a brisé une fois, chuchotais-je. Et je ne veux pas souffrir à nouveau en te perdant toi. En fuyant la vérité, je me créais une sorte de bouclier contre toute mauvaise nouvelle, telle que ta mort par exemple. J'y aurais été sensible, certes, mais moins que maintenant, puisqu'on vient de s'expliquer.
- Je ne te ferais jamais souffrir, je te le promets, chuchota-t-il à son tour.
Puis, la lune comme seul témoin, il m'embrassa et, cette fois, je ne me retenus pas. Quitte à avoir mal plus tard, autant ne pas perdre de temps ! Ensuite, il me serra très fort dans ses bras.
- Je t'aime.
Ces deux seuls petits mots agirent comme un baume sur mon cœur et, d'un coup, toutes mes craintes et mes doutes s'envolèrent.
- Moi aussi.
Ensuite, serrés l'un contre l'autre, nous rentrâmes au campement, plus heureux que jamais.
Oh, quel romantisme! Enfin, c'était probablement le seul moment romantico-guimauve que je vais écrire, ou presque, a moins que n'en redemandiez. Qui s'y attendait?
