Draco avait une cabine privée à l'arrière du train. Apparemment même chez les sorciers, être riche permettait d'obtenir certains avantages, et Draco tenait à ce que tout le monde sache que, peu importe qui vous étiez, sa famille était plus riche que la vôtre. Il avait d'ailleurs désigné à Harry le siège en face du sien. Ils étaient assis côté fenêtre, tandis que Crabbe et Goyle gardaient la porte - Harry ne savait pas pourquoi - si bien que la distance entre les deux duos ne pouvait être plus grande, leur fournissant autant d'intimité que leur permettait la cabine. Le message était clair.

Ce ne sont pas ses amis, il les traite comme des hommes à tout faire. Ça ou il veut qu'on se sente spécial à ses yeux, comme s'il nous faisait une immense faveur.

Tu as oublié de prendre de en compte le fait qu'il contrôle la seule sortie, quoi qu'il décide de me faire, je ne pourrais pas m'échapper.

Alors la priorité est de ne pas lui donner de raisons de s'en prendre à nous.

Draco avait sûrement remarqué le regard de Harry vers la porte ;

"Ne t'en fait pas, père me les a offert pour mon anniversaire, ils sont loyaux. Quoi que tu dises ici, ils ne le répéterons pas."

Quoi ?

Il vient de te dire qu'on lui avait offert des personnes pour son anniversaire.

Dans quel genre de monde on offre des gens en cadeau ?

Ce sont sûrement des sbires.

Des sbires ? Comme les méchants de cartoon ?

Ça peut nous paraître étrange, mais il n'y a aucune raison pour qu'une société isolée du monde moderne possède la même culture, il se peut qu'ici ils fonctionnent selon un système féodal ou quelque chose du genre. Jouons le jeu pour l'instant.

Harry se demanda comment il réagirait s'il était le personnage d'un roman où cette situation était normale. Quelle était la réplique qui viendrai logiquement après celle-là ?

"Je n'ai aucune confiance en eux, mais je crois en ta parole Malfoy."

Il avait essayé de garder un ton neutre, mais il n'avait pas pu empêcher sa voix de trembler à la fin. En s'entendant prononcer ces paroles à voix haute, il s'était demandé s'il n'en avait pas trop fait. C'est ce qu'aurait dit un personnage d'un roman de fantasy, mais personne ne parlait comme ça dans la vrai vie, Draco n'allait jamais croire que...

"Tu as ma parole, en mon nom et celui de ma famille."

Ok, à ce point la blague cesse d'être drôle.

Puisque ce monde a décidé de jouer selon ses propres règles, autant laisser tomber et embrasser la folie, non?

Tant qu'on n'en saura pas plus sur les intentions de Draco, mieux vaut rester prudent tout de même

Harry essaya de s'imaginer devenir Fitz-Chevalerie Longvoyant, un personnage beaucoup plus adapté à la situation.

"Maintenant qu'on a pris soin des formalités, appelles moi Draco."

Goyle s'étrangla, mais fit de son mieux pour rester silencieux. Draco ne parut pas le remarquer.

"D'accord, appelons-nous par nos prénoms. Je dois quand même te demander, étais-tu sincère quand tu as annoncé que nos familles seraient toujours amies?" c'était un peu direct comme approche, mais Harry était trop nerveux pour en imaginer une plus subtile.

"Bien sûr!" s'empressa de répondre Draco en hochant la tête, "Désolé pour cette mise en scène, mais il faut bien mettre les formes pour les gens du commun, tu sais ce que c'est."

Harry ne savait pas, mais il hocha quand même la tête. "Je vois... Alors ainsi soit-il, je te considère désormais comme un allié."

Draco sourit.

Il aurai dû avoir l'air un peu moins extatique pour rester dans son rôle, là on dirait juste un enfant à qui on a promis une sucrerie.

Est-ce que ça veut dire que je peux arrêter d'avoir peur de lui?

On ne sait toujours pas ce qu'il veut, ni si on peut lui faire confiance ; tout ceci peut très bien être une mise en scène visant à te faire baisser ta garde

Mais pourquoi il ferait ça? Il n'a pas l'air si méchant - mis à part ses sbires - on dirait juste un gosse de riche qui a l'habitude d'avoir tout ce qu'il veut.

La question est pourquoi il te veut TOI. Et souviens toi de l'histoire avec Donovan Conroy, ce n'est pas parce que les gens t'accueillent avec un sourire qu'ils n'ont pas une idée derrière la tête.

Dans ce cas, je devrais me méfier de Neville aussi, non ?

Non.

Harry et sa part rationnelle arrivèrent à la même conclusion un quart de seconde après que la question fut posée. Même dans une dimension parallèle où être méchant serait la norme, Neville ne pourrait tout simplement pas être une menace. C'était absurde.

"Harry?"

A l'appel de son nom il reporta son attention sur Draco.

"Ça va? Tu regardais dans le vide et l'expression de ton visage n'arrêtait pas de changer."

Harry se senti rougir un instant mais se ressaisit. Fitz Chevalerie ne rougissait pas pour si peu.

"Ne fait pas attention, je fais ça parfois quand je réfléchi."

"C'est quand même un peu effrayant, on aurais dit deux personnes partageant le même corps..."

Harry devait changer de sujet, vite.

"Ça me fait penser..."

Quelque chose, vite.

"Tu..."

Vite, vite, vite, n'importe quoi!

"Comment m'as-tu reconnu?"

Draco leva un sourcil.

"Que veux-tu dire? Tu n'étais pas déguisé."

"D'accord, mais, comment savais-tu à quoi je ressemblais ? Comment as-tu même su qui j'étais ? Je veux dire, d'où est-ce que tu me connais ?"

Crabbe laissa échapper un rire gras, mais se tû sur un regard de Draco.

"Harry, toute l'Angleterre magique sait qui tu es."

Attends, quoi ?

"Attends, quoi ?"

Le regard Draco se durcit, comme si Harry lui avait fait une mauvaise blague particulièrement vexante. Harry eu du mal à avaler sa saliver. La tension dura une seconde entière, avant de laisser place à une expression de franche surprise.

"Tu... tu ne mens pas. Tu ne sais vraiment pas. Je le vois dans tes yeux, tu n'as vraiment aucune idée de qui tu es." dit Draco d'une voix sans timbre "Pourtant tu sais qui sont les Malfoys, tu sais la valeur du nom de ma famille mais tu ne connais pas celle de du tien... Comment..?"

Harry s'efforça de ne pas ciller.

Laissons le croire qu'il avait du pouvoir sur nous, la renommée de sa famille est trop importante pour lui, tant qu'il croit qu'il est grand à nos yeux, qu'il est important, nous avons un avantage sur lui.

"Père avait entendu des rumeurs, mais il ne pensait pas qu'elles pouvaient être vrai. Tu as vraiment été élevé par des moldus ?"

Harry ne dit rien. Il ne savait toujours pas ce qu'étaient les modus et ne pouvait pas se permettre de passer pour un idiot devant Draco, un ignorant peut-être, mais pas un idiot, pas maintenant.

"Je pense que tu devrais me dire tout ce que tu sais, s'il te plait Draco, au nom de notre amitié, il faut que je sache."

Un ton légèrement implorant pour qu'il se sente supérieur et une l'allusion à leur prétendue amitié, assez récente pour être facilement remise en question. Si Draco voulait garder Harry il était obligé de tout lui dire, le message était clair. C'était un pari risqué mais si Harry avait bien cerné sa personnalité Draco allait forcément mordre à l'hameçon.

Pas sûr, on ne sais pas la valeur qu'a une promesse faite au nom de sa famille ici, si ça se trouve, on viens de se déclarer son vassal à vie.

Harry n'y avait pas pensé, mais il était trop tard. Il s'efforça de regarder Draco dans les yeux sans rien laisser transparaître.

"C'est d'accord."

Et Draco lui raconta tout. La guerre qui avait mis le monde des sorciers à feu et à sang, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom qui avec une armée d'une douzaine de Mangemorts avait fait régner la terreur sur tout le pays, les familles nobles obligées de s'associer à lui pour ne pas voir leur nom disparaître, Dumbledore et l'ordre du Phoenix qui avaient formé une résistance et avaient réussi à ralentir la chute du pays mais pas à la stopper, et, alors qu'il était sur le point de gagner la guerre, sans qu'on ne saches pourquoi, le maître avait décidé de se rendre en personne chez les Potter pour tous les tuer. Ils n'étaient pas les plus puissants, ou les plus utiles de l'ordre, mais allez savoir pourquoi il avait décidé qu'ils devaient mourir. Et, alors qu'ils auraient tous dû mourir dans des cris de douleur, la mère de Harry choisi de se sacrifier, et au prix de sa vie et de son amour elle réussit, sans qu'on sache comment à protéger leur bébé du sort de mort, le plus redoutable des sortilèges interdis qui tue instantanément celui qu'il touche. Le sort rebondit alors sur le bébé, ne lui laissant qu'une cicatrice au front et tuant celui qui l'avait lancé. Et ce fut la fin de la guerre, un bébé avait sauvé le monde, et ce bébé c'était Harry.

"Tu représentes un symbole d'espoir pour tous les sorciers Harry Potter, celui de la délivrance contre les forces du mal, tout le monde s'attend à ce que tu deviennent un genre de Héros! D'ailleurs, en tuant Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom tu as vengé plusieurs familles nobles, ce qui en fait légalement une de ta famille, même si c'était déjà une des familles de sorciers les plus anciennes. Et tu dois savoir que sa tête était mise à prix très chère dans plusieurs pays ! Celles d'Angleterre ont déjà été versé à ton coffre, sûrement, mais si tu vas réclamer ton dû à ta majorité tu risques d'être un des sorciers les plus riches d'Angleterre!"

Harry avait la tête qui tournait, tout ça, d'un coup, c'en était trop pour lui. Il passa la main dans sur son front. Il était chaud.

"Est-ce que tu sais si_" commença Harry.

Mais il réalisa que Draco ne l'écoutait plus, il fixait un point au-dessus des lunettes de Harry, Crabbe et Goyle aussi. Ils regardaient son front que sa main avait découvert de sa frange.

"Alors c'est vrai..." dit Draco, abandonnant tout air digne d'héritier d'une maison noble, écarquillant les yeux et se penchant en avant, les yeux rivés sur le front de Harry "Je n'y crois pas c'est vrai!"

Harry tâta son front de ses doigts. Il sentait la cicatrice familière que sa tante le forçait à cacher derrière ses cheveux parce qu'elle la trouvait sinistre.

Alors c'est de là qu'elle vient.

"Est-ce que je peux..." commença Draco, sa main entamant un mouvement ascendant dans la direction d'Harry, mais il se reteint à temps, sans doute en remarquant les regards de ses laquais qui s'étaient eux aussi rapproché pour mieux voir. Ils les remis à leur place d'un regard dur, avant de se retourner vers Harry, une fois leur intimité de façade restaurée.

"Excuses les, ils manquent encore de manières, mais ils savent tenir leurs langues." lâcha Draco d'un ton froid, destiné à faire sentir à ses servants qu'ils l'avaient déçu.

"Ne t'en fais pas..." comme ça Harry.

Que dirait Fitz ?

"Je ne te tiendrais pas rigueur de leur... Erreur."

Il Aurait dû dire incompétence, cela aurait conforté Draco dans l'idée que Harry se considérait supérieur aux" gens du commun" et lui aurait assuré la déférence de Crabbe et Goyle - s'ils avaient été éduqués à penser que leur rôle était de servir l'élite, se placer en élite leur indiquait leur place par rapport à vous - mais Harry ne pouvait pas s'y résoudre. Si Draco décidait de leur demander de le tabasser, ils prendront du plaisir à l'idée de remettre à sa place quelqu'un qui les avait rabaissés, et si les intentions de Draco envers Harry étaient vraiment celles qu'il prétendait, cela voulait dire que Crabbe et Goyle ne le verraient jamais comme un ami. En laissant passer une opportunité d'améliorer son statut auprès de Draco, Harry espérait que les deux "laquais" auraient assez de sympathie pour lui pour s'en tenir au minimum syndical en cas de passage à tabac, et de toute façon, il ne pouvait pas se permettre de laisser passer une chance de se faire des alliés, même s'ils étaient les valets de Draco. Fitz aurait fait de même.

Draco ne parut pas le remarquer, pas plus que ses sbires. Mais pas de réaction du tout valait mieux qu'une réaction négative. De deux maux, choisir le moindre. Pourtant Harry avait l'impression d'oublier quelque chose. Un détail de l'échange qui avait de l'importance, mais sur lequel il n'arrivait pas à mettre le doigt.

"Dans quelle maison tu penses aller ? Pour moi ce sera Serpentard, évidemment, mais toi, le survivant, où penses-tu être trié ?" Draco avait repris la conversation comme si rien ne s'était passé.

Il veut sûrement éviter qu'on ne s'attarde sur l'incident, il perdrait en prestige si on pensait qu'il ne les contrôle pas.

L'attitude de Draco n'était-elle qu'une immense mise en scène ? Qui était vraiment le garçon derrière son masque de noblesse et ne bonnes manières ?

"Heu... Des maisons tu dis ?"

Et pendant une seconde Harry entraperçu, derrière la façade de dédain que se devait d'afficher un noble envers un inculte, l'excitation que ressentait un petit garçon à l'idée d'étaler son savoir, de montrer à quel point il était cool et intelligent. Le masque de Draco n'était pas parfait, et au fond se lui c'était bel et bien un petit garçon qui voulait se faire bien voir, pas juste correspondre à un rôle.

Et si le «vrai" Draco veut que je le trouve cool, c'est que ses intentions à mon égard ne sont pas "totalement" mauvaises.

Pas de jugements hâtifs, ne reproduisons pas l'erreur de ce matin.

"Il y a quatre maisons à Poudlard, chacune nommée d'après l'un des quatre fondateurs de l'école. Serpentard, Serdaigle, gryffondor et Poufsouffle. Chacune de ses maisons à pour emblème un animal et une qualité qu'affectionnait son fondateur. Les fondateurs d'ailleurs, étaient les plus grands sorciers de leur Age, et jusqu'à ce jour personne n'a pu les égaler en pouvoir. Durant la cérémonie d'ouverture chaque année à lieu une rituel de triage; on expose chaque élève de première année à un artéfact très ancien capable de déceler chez eux l'attribut qui les défini, et il décide dans quelle maison ils ont leur place. Serpentard, là où est MA place, est la maison de l'excellence et de la grandeur, c'est la maison de ceux qui ont un grand destin. Tous les autres nous méprisent pour ça, parce qu'eux n'ont pas la chance d'être des êtres d'exception, alors peu importe ce que l'un des artéfacts les plus ancien du monde de la magie peut dire, ils préfèrent se bercer d'illusions. Tu sais comme ceux du commun s'imagine qu'ils peuvent atteindre l'excellence s'ils travaillent assez dur, mais on ne peut pas berner le *Choipeau*"

"A tes souhaits."

"Ne laisse pas leur jalousie te berner, Merlin lui-même était un Serpentard et il est à ce jour le sorcier le plus célèbre de l'histoire."

Dans un coin de son esprit Harry nota une légère agitation du côté de la porte. Goyle tendit le bras à l'extérieur de la cabine et ramassa quelque chose.

"La maison Serdaigle est celle de l'intelligence"

Quelque part dans l'esprit de Harry, un signal s'alluma, mais il ne dit rien.

"C'est celle où vont ceux qui n'ont pas assez de potentiel pour être choisis à Serpentard. Ils sont doués, mais manquent d'ambition. La plus part des gens vont à Poufsouffle. C'est la maison du commun, pas grand-chose à dire dessus. Et la dernière c'est gryffondor. C'est là qu'on case les excentriques, ceux qui veulent se faire remarquer. En règle général, évite de perdre ton temps avec eux, c'est plus qu'inutile."

Ça faisait beaucoup d'informations pour une seule conversation, surtout qu'elles venaient toutes de Draco, dont l'avis était clairement biaisé, et sans oublier les deux points qui ont attiré son attention et exigeaient d'être étudiés. Mais pour l'instant Draco attendait une réponse. Il était évident qu'il attendait de Harry qu'il choisisse Serpentard. "Tu es un symbole d'espoir", "Tout le monde attend de toi que tu sois un genre de héros", "c'est la maison de l'excellence", "pour ceux qui ont un grand destin", la flatterie était évidente. Soit Draco le prenait pour un imbécile, soit il n'était pas doué pour ce genre de chose. À moins que les sorciers aient une propension hors norme à l'orgueil.

Dire à Draco ce qu'il voulait entendre était une solution rapide, elle n'engageait à rien et consolidait l'impression qu'il avait d'avoir de l'influence sur Harry. Mais c'était un risque, si ses paroles devaient être utilisées contre lui plus tard. Cette conversation tout entière était un champ de mine sur un terrain de chasse, avec Harry dans le rôle du gibier.

"Hmm, je vois pourquoi tu as ta place à Serpentard." dit Harry pour gagner du temps.

Si la flatterie toucha Draco, il n'en montra rien, il se contenta de rester silencieux et de regarder Harry. Le silence commençait à s'étirer, au point où le regard de Draco devint de plus en plus difficile à soutenir.

"Je crois..."

Harry ne voyait toujours pas comment se sortir de cette situation

"Il me semble que..."

Même Fitz aurai eu du mal. Harry sentait qu'il commençait à rougir.

"Potter ?" était-ce l'imagination d'Harry ou La voix de Draco n'avait plus rien d'amical ?

"J'aimerai bien..." la voix d'Harry vacillait "a... aller..." il sentait la crédibilité qu'l s'était bâti s'effilocher "aller à Ser..."

Quelqu'un frappa à la porte.

Draco tourna la tête d'un air agacé,

"Goyle !" lâcha t'il.

L'intéressé hocha la tête et se leva pour ouvrir la porte de sa main gauche, tout en gardant la droite dans son dos.

"Oui ?" demanda-t-il d'une voix qui essayait d'être plus grave qu'elle ne l'était réellement

"Bonjour, ce garçon a perdu sa grenouille l'auriez-vous vu ?" demanda la voix fluette d'une fille.

Harry ne pouvait pas la voir car la carrure de Goyle prenait toute la porte, mais le son de sa voix lui fit l'effet d'un rayon de soleil en hivers. Bien-sûr. Son but n'était pas vraiment de plaire à Draco, il voulait s'en aller, fuir d'ici, quitter la compagnie de ses gens qui l'effrayaient, et peut être retrouvé celle de...

"C'est... c'est un crapaud, en fait. Il s'appelle Trevor." balbutia la voix hésitante de...

"NEVILLE !" dit Harry qui bondit presque de son siège.

Goyle se tourna légèrement vers Harry, laissant assez d'espace pour voir de l'autre côté de la porte, révélant en compagnie de Neville, dont les yeux rouges ne laissaient aucun doute sur le fait qu'il avait pleuré, une fille d'à peu près l'âge d'Harry, aux cheveux châtain et aux yeux noisette. Elle se tenait bien droite devant Goyle - qui la dépassait quasiment d'une tête - faisant un bouclier de son corps comme pour protéger Neville.

"Tu n'as pas encore retrouvé Trevor ? Je suis désolé, je devais t'aider à le chercher." dit Harry en faisant un pas dans leur direction.

Mais la figure immense de Goyle ne bougea pas. Debout face à lui, Harry se sentait plus petit que jamais. L'humiliation de ce matin était encore fraîche dans son esprit et toutes ses alarmes internes s'allumèrent au même moment pour lui crier de fuir. Mais Harry resta tétanisé. Le molosse le détailla comme un chien adulte regarde un chiot malpoli puis leva les yeux vers son maître pour vérifier s'il pouvait lui infliger la correction qu'il méritait. Se faisant il tourna complètement le dos à la fille.

"Trevor !" s'exclama Neville.

Quatre paires d'yeux se tournèrent vers Neville, puis Goyle qui n'avait pas bougé. De là où il était Harry ne voyant pas ce que Neville regardait dans le dos de Goyle, mais il entendit le croassement qui lui répondit.