Chapitre 34
Je me réveillais très tard le lendemain matin. Je me préparais en vitesse, avalait quelques fruits et sortis de la tente, pour retrouver tout le monde sur le terrain d'entrainement.
- La Belle au bois Dormant s'est réveillée, se moqua Éli.
- La quoi ? demanda James.
- C'est un conte moldu, répondit Lily.
Il haussa les épaules, guère intéressé.
- Tu leur as expliqué ?
- Les grandes lignes, oui, me répondis Éli. Ils ne sont pas encore au courant pour ta relation avec Peter, ajouta-t-elle d'un ton bas.
- Je vois, soupirais-je. Finissons en tout de suite alors.
Je m'avançais vers Peter, le tirais par le bras et l'amenais à mon frère. Les présentations n'avaient pas encore été faites en bonnes et dues forme, aussi m'en occupais-je.
- Peter, voici mon frère, Legolas. Legolas, voici Peter, mon petit ami.
Bon, j'avais été… direct. Un peu trop, peut être.
- Est-ce que je pourrais te parler en priver ? demanda-t-il en essayant de rester calme.
Ouh, ça allait faire mal. J'acceptais néanmoins et le suivis plus loin, loin des oreilles indiscrètes.
- Ton petit ami ? répéta-t-il alors.
- Oh, ne joue pas aux frères surprotecteurs, râlais-je.
- Je ne joue pas, Ali, mais qu'est-ce qui te prend ? Tu es tombée sur la tête ?
Je ne le suis pas, là.
- Pardon ? demandais-je, perdue.
- Enfin ! Elladan est mort et toi tu le remplaces par le premier venu !
J'eu l'impression qu'on m'arrachait le cœur, et la colère s'installa en moi.
- Ne parle pas de lui ! Je l'aimais alors ne t'aventure pas sur un terrain aussi glissant ! le menaçais-je.
- N'as tu donc aucun respect pour lui ? Tu t'en fichais, en fait. Ce n'était qu'un lot de consolation, en fait.
Mais qu'est-ce qu'il lui arrive ?
- NON ! Tu te trompes, comment peux-tu dire ça ?
Je commençais à pleurer, les remords m'envahissant à nouveau.
- Tu ne l'a jamais réellement aimé, pas vrai ? demanda-t-il. Tu te servais de lui, tu lui as mentis ! As tu mentis à ce Peter, aussi ? Est-ce que tu l'aimes vraiment où tu vas l'oublier d'un claquement de doigts dès qu'il se fera tuer durant la bataille finale ?
C'en était trop, ma main parti toute seule. La trace de mes cinq doigts très clairement imprimée sur son visage, il me lança un regard d'abord indigné, puis interloqué.
- Alicia, je ne sais pas ce qui m'a pris je…
Je lui tournais le dos sans lui laisser le temps de finir et je retournais au terrain d'entrainement. Pourtant, à peine eus-je fait quelques pas que je compris que tout le monde nous avait écouté. Je partais en sens inverse et courus pour m'éloigner un moment de ce lieu. La douleur revenait à la charge, plus forte que jamais, et je n'étais plus capable. Je craquais, me laissant glisser contre un arbre, la tête entre les genoux et les larmes coulant abondamment.
POV Éliane :
Je n'arrivais pas à y croire ! Comment avait-il put dire ça ? La colère m'envahit, et gagna en force quand je vis Ali pleurer. Il sembla alors prendre conscience de ce qu'il venait de dire et tenta de s'expliquer, mais elle ne lui en laissa pas le temps et se retourna pour revenir au stand d'entrainement. Quand elle s'aperçut que nous avions tout entendu, elle changea de direction et partis dans la forêt.
- Peter, retrouve la, s'il te plait, demandais-je en essayant de ne pas m'énerver.
Il ascquisa et partit à sa poursuite. Puis, je me tournais vers mon amant et lui lançais un regard meurtrier.
- Toi !
J'avançais à grandes enjambées vers lui, et il dégluti. Il avait peur. Tant mieux ! Ça lui apprendra.
- Je peux t'assurer que tu es dans le pétrin ! Rageais-je. Donne moi une seule bonne raison de ne pas te trucider sur place ! C'est quoi, ton problème ? Aller, c'est quoi ton excuse ?
- Je… je n'en ai pas, soupira-t-il. Je suis un véritable crétin.
- Ça tu peux le dire ! Et tu sais quoi ? Je ne veux plus te voir avant que ta sœur ne t'ait pardonné ! Ne cherche même pas à me reparler avant ça, clair ?
Je ne pris même pas la peine d'écouter sa réponse et tournais les talons, désirant me défouler sur autre chose que le stupide elfe qui occupait le rôle de mon petit ami.
POV Alicia :
Je sentis une paire de bras m'entourer. Je relevais la tête et croisais le regard bleu-vert de Peter. Je me blottis contre lui, refoulant mes sanglots, et il me frictionna le dos.
- Je ne veux pas que tu meures, soufflais-je, les yeux à demi clos.
Il s'arrêta, apparemment étonné.
- Mais ça n'arrivera pas ! répliqua-t-il d'un ton incrédule.
- Je veux que tu me fasses une promesse, poursuivis-je.
- Vas y, m'encouragea-t-il.
- Que si jamais tu vois Elrohir, tu fuis. Ne te mesure pas à lui.
- Mais je le vaincrais facilement et…
- NON ! Il est fou, tu m'entends, fou à lier ! Il a une sorte d'obsession pour moi et il a tué son propre frère parce que c'était lui qui m'avait eu, et non l'inverse. Il sait que je tiens énormément à toi, et il va tout faire pour t'éliminer toi aussi. Promets !
Il soupira, mais ne répondit rien.
- Tu sais, si jamais je te perds, je n'y survivrais pas ce coup ci, confiais-je. Je ne veux pas vivre sans toi, ça me serait insoutenable. Je sais que tu manies l'épée comme personne mais il ne respecte aucunement les règles d'un combat loyal.
- Je ne peux rien te promettre parce que si je le vois, je le tues ! Il n'avait pas le droit de te rendre aussi malheureuse, affirma-t-il. Et tu survivras sans moi, tu ne peux pas m'attacher autant d'importance que ta propre vie tout de même !
- Je te promets que si tu meures, je ferais tout pour être heureuse à nouveau mais, en échange, tu dois me promettre de ne jamais combattre Elrohir, proposais-je.
- Promis.
Je souris et l'embrassais. Il me repoussa doucement.
- Avant, il faut parler d'un autre problème…
Je perdis mon sourire, le souvenir de ma « conversation » avec mon frère encore bien présent.
- Je ne veux pas que tu t'embrouilles avec lui à cause de moi. Je ne peux pas gâcher tes relations avec ta famille simplement par égoïsme !
- Éliane va lui faire entendre raison. Je pense qu'il ne veut pas que je souffre encore et c'est pour ça qu'il voulait m'empêcher de te revoir. Mais ne t'inquiète pas, je sais qu'à l'heure qu'il est, il s'en mort les doigts ! rigolais-je.
Il se mit à rire aussi, puis m'aida à me relever. Nous rentrâmes au campement en vitesse, la nuit ayant tombée vite.
- S'il te plait !
- Pas envie !
- Mais Alicia…
- Je ne veux rien entendre ! protestais-je en me bouchant les oreilles.
- Arrête de faire l'enfant, tu veux ?
- Non.
- Tu es désespérante, soupira finalement Arwen en se prenant la tête entre les mains.
- Je sais, répondis-je en souriant.
- C'est ton père, Ali. Il faudra bien que tu le rencontres un jour ou l'autre !
- Mais ça me stresse ! dis-je à Éliane.
Elle s'approcha de moi.
- Je comprends parfaitement, Ali, mais dit toi qu'au moins, ce n'est pas Sauron !
Je souris en m'imaginant prendre le thé avec son père.
- Maintenant, vas-y. Legolas t'attends pour te présenter à lui, m'ordonna Eowyn.
- Legolas ? soulevais-je d'un ton froid.
- Ali, tu sais qu'il ne voulait pas s'en prendre à toi ! s'exaspéra Lily. Quand même, ça fait deux jours que tu l'évites ! Tu devras t'en remettre un jour ou l'autre !
- Alors vous êtes toutes de son côté ? demandais-je au reste des filles.
Lily, Éliane, Arwen, Eowyn, Lucy et Susan hochèrent la tête à l'affirmative. Super, elles s'étaient toutes liguées contre moi !
- C'est n'importe quoi, marmonnais-je en sortant de la tente.
Un peu plus loin se tenait mon frère, en train de parler avec Aragorn. Je pris une inspiration et m'avançais vers lui. Dès qu'il me vit, il délaissa sa conversation et se jeta sur moi.
- Alicia ! Je t'en supplie, pardonne moi, j'ai été stupide ! Je n'ai jamais voulu dire tout ça, je ne suis qu'un imbécile ! S'il te plait, pardonne moi mes torts !
J'étais un peu sonnées par la vitesse avec laquelle il avait tout débité.
- Alicia ? Dis quelque chose, s'il te plait ! Hurle, cri, pleure, frappe moi s'il le faut mais réagi !
- Tu es effectivement un imbécile, dis-je doucement en le regardant dans les yeux. Et oui, tu as agis de manière stupide. Tu n'es qu'un crétin attardé mental et trop protecteur, doublé d'un triple idiot qui sème la poisse.
Son visage se décomposait à chacune de mes paroles.
- Mais tu es aussi mon frère, mon frère que j'aime malgré tout.
Et je le serrais dans mes bras en riant. Il fut choqué quelques secondes, puis se mit à rire à son tour et referma ses bras sur moi. Nous nous séparâmes ensuite et Aragorn nous rejoignit.
- Je vous l'avais bien dit, mon ami, souffla-t-il avant de rejoindre Arwen.
Du coin de l'œil, j'aperçus Thranduil s'avancer vers nous.
- Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai des choses à faire alors à plus !
Je tournais les talons, mais il posa une main autoritaire sur mon épaule.
- Je crois que ça peut attendre un peu, affirma-t-il. Laisse moi te présenter à père !
- Non, s'il te plait, tout mais pas ça, grimaçais-je alors que le roi se rapprochait de plus en plus.
- Ne me dis pas que tu préfèrerais Sauron, quand même ? dit-il avec un sourire.
- Mais c'est un complot, ou quoi ? C'est la deuxième fois qu'on me dit ça, ronchonnais-je en croisant les bras sur ma poitrine. Et tu sais que…
- Bonjours, mon fils, intervient une voix dans mon dos.
Bordel de merde ! Legolas avait tout planifié, il avait gagné du temps pour que Thranduil puisse nous rejoindre et je ne pouvais plus me défiler maintenant. Je me tournais donc vers celui qui se trouvait être mon père et il se figea, me scrutant du regard.
- Bonjours, père, dis-je d'une petite voix en baissant les yeux sur le sol.
J'avais peur de sa réaction, peur de me faire rejeter. Quelle ne fut pas ma surprise quand il me serra dans ses bras.
- Ma fille, souffla-t-il d'un ton ému.
Quelque chose de mouillé coula dans mes cheveux, et je devinais qu'il pleurait. Je serrais un peu plus fort, soulagée, et mon père invita Legolas à nous rejoindre.
POV Éliane :
Je suivais Alicia en dehors de la tente et assistais à sa réconciliation avec son frère. J'étouffais un rire quand elle finit pas le prendre dans ses bras, et remarquais Thranduil qui s'approchais d'eux. Elle tenta de partir, mais Legolas la retint. Ils se mirent à parler un peu, semblant argumenter l'un contre l'autre, et le roi finit par les rejoindre. Alicia baissa les yeux et… son père la prit dans ses bras. Et il se mit à pleurer. Oui, oui, à pleurer ! Il était ému. Legolas se joignit à eux et j'assistais à la réunion de famille la plus émouvante que j'avais jamais vu ! Il ne manquait plus que l'ami de la famille (Tit clin d'œil à Fredzina24). Je souriais et quittais ensuite ma cachette, désirant leur laisser un peu d'intimité.
Alicia et Thranduil passaient beaucoup de temps ensemble, apprenant à se connaître et, bien vite, leur famille n'avait plus aucun secret envers les uns et les autres. Legolas m'avait présenté peu de temps après (soit une heure et trente-quatre minutes exactement) et, bien qu'un peu effrayé par mon géniteur, il m'accepta. Les faits que j'aimais Legolas, que j'étais la meilleure amie de sa fille, que j'avais sauvé son fils, que j'étais la descendante d'une Valar, que j'étais une des deux Élues et que j'aidais à sauver la Terre du Milieu y étaient pour quelque chose. Le plus dur fut Peter. Thranduil venait à peine de retrouver sa fille et ne voulait pas qu'elle soit malheureuse d'une quelconque façon, aussi était-il réticent quand à leur amour. Sinon, tout allait pour le mieux. Arwen et Aragorn s'aimaient comme au premier jour, Eowyn et Faramir faisaient plus ample connaissance, Caspian et Susan se bécotaient tout le temps, Lily et James ne se quittaient jamais et Frodon et Sam se remettaient peu à peu de leur mésaventure.
Nos espions étaient formels : Nous devions passer à l'action. Sauron s'est affaibli pour on ne sait quelle raison et reste barricadé dans sa tour. C'était le moment ou jamais. Tout le monde se réunit donc dans la clairière, en face des portails. Enfin, quand je dis tout le monde, ça veut dire : Celeborn, Galadriel, Elrond, Thranduil, Gandalf, Legolas, Aragorn, Gimli, Eomer, Faramir, Merry, Pippin, Caspian, Peter, Edmund, Susan, Lily, Remus, James, Sirius, Haldir, Alicia et moi-même. Lucy, Eowyn et Arwen n'avaient pas le droit de venir, ne pouvant pas participer aux combats activement.
- Nous ne pourrons reprendre la Terre du Milieu d'un seul coup. Même si on vainc le Mordor et Sauron, ses armées seront toujours là et nous n'auront plus assez de forces et de temps pour les combattre, commença Aragorn.
- C'est pourquoi nous devons y aller petit à petit, poursuivit Legolas. Nous devrons reprendre village par village, cité par cité et royaume par royaume si nous voulons être sûrs de notre réussite.
- Le premier objectif est Fondcombe, continua Ali. Nous devrons reprendre Imladris, c'est notre priorité.
- Mais pourquoi Fondcombe plutôt que le Rohan ? demanda Eomer.
- Car la ville des elfes est beaucoup plus éloignée du Mordor et plus rapprochée de nous, répondis-je. Sauron ne pourra envoyer de renforts et ça nous sera donc plus facile de la reprendre. De plus, des armes, des terrains d'entrainement, de vrais chambres, de la nourriture pour tout le monde ainsi que des infirmeries et des médicaments s'y trouvent, ce qui nous sera plus qu'utile dans cette guerre.
- D'autres questions ? railla ma meilleure amie.
Voyant qu'ils gardaient le silence, Haldir poursuivit.
- C'est bien beau de parler, mais qu'en est-il d'agir ? C'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire.
- Il n'y a que trois façons d'entrer et sortir de la cité, répondit Elrond. L'entrée principale (quelques sourires dans l'assemblée), les souterrains et la forêt dans la cour arrière. L'entrée principale est la mieux surveillée, les souterrains leurs sont inconnus et il y a des patrouilles dans la forêt, sans plus. Nous devrons donc prendre celle-ci en premier lieu, puis cheminé à travers la ville et finir par la porte d'entrée.
- Bien entendu, Éliane pourra nous téléporter à l'intérieur même du palais pour que leurs effectifs soient détruits de l'intérieur, mais nous devront être vigilants, ajouta Peter. Nous n'aurons qu'une seule chance et il ne faudra en aucun cas que Sauron soit avertit, d'une quelconque façon. Sinon, il comprendra et viendra nous anéantir lui-même. Nous devrons reprendre la cité dans la plus grande subtilité.
- Il faudra aussi profiter de cette mission pour cerner tous les points faibles potentiels des orques, des Uruk-Hai et de tous les autres alliés du mal que nous croiserons sur notre route, ajouta Alicia. Plus nous en apprendrons et mieux nous serons préparés pour la bataille finale.
- Quand agirons nous ? demanda Remus.
- Dès les première lueurs de l'aube, répondit Galadriel. Nos ennemis craignent la lumière, et en sont grandement affectés. Ils ne sont pas inoffensifs pour autant, mais ça nous donnera un certain avantage.
Nous nous levâmes tous, le conseil ayant prit fin.
- Une dernière chose ! intervint Alicia, nous stoppant tous.
Tous les regards étaient fixés sur elle.
- Elrohir est à moi.
Son ton était glacial et n'invitait aucunement à un quelconque refus. J'avais l'impression d'avoir une autre Ali devant moi quand elle parlait d'Elrohir, comme si l'envie de vengeance la consumait entièrement pour laisser place à une nouvelle Alicia, sans pitié et sans cœur. J'avais une étincelle de pitié pour Elrohir, sachant qu'il n'allait pas en réchapper si il tombait sur Alicia un jour ou l'autre. Pourtant, elle disparut aussi vite qu'elle était venue. Ce n'était qu'un assassin, il méritait toute la souffrance du monde ! Je quittais à mon tour la clairière et nous reprîmes un cours de vie « normal » pour la situation présente. Tout le monde était plus nerveux, bien sûr, la tension montait, mais tout allait pour le mieux sinon. Nous devions nous coucher tôt, pour être en forme le lendemain. Ce n'était pas tous les jours que nous allions libérer Imladris de l'occupation des troupes de Sauron !
Hey, hey, vengeance! Juste comme ça, si j'ai décidé qu'Elrohir était le méchant et qu'Elladan était le gentil, c'est à cause des noms. En fait, je trouvais que ça sonnait mieux "Alicia et Elladan" que "Alicia et Elrohir". Pas vous?
