Chapitre 36
- Il faudra ménager nos troupes au maximum ! On ne peut pas y aller de nous-même, on ne peut pas faire le premier pas ! Il faut attendre que Sauron ouvre les hostilités de lui-même ! Protestais-je en frappant la table de mon poing, faisant sursauter ceux à côté de moi.
- Mais si il fait le premier pas, cela veut dire qu'il se sera préparé ! riposta Eomer. On aura moins de chances d'en venir à bout !
- Mais nous devons profiter du peu de temps de tranquillité que nous avons ! répondis-je. Nous devons laisser le temps aux blessés de cicatriser, il faut alléger l'atmosphère ! La tension monte dans nos troupes, les affrontements sont de plus en plus fréquents ! Si on les envoi immédiatement à la bataille, on va se faire écraser comme de vulgaires insectes et tout n'aura servi à rien. Tous nos efforts ne se résumeront à rien !
- Mais nous ne pouvons pas attendre qu'il vienne nous chercher ici ! Nous serons piégés et aucune échappatoire ne sera possible ! Nous serons piégés comme des rats et mourront dans notre propre cité ! S'énerva Eomer à son tour.
- Mais on ne peut demander tant d'efforts à nos hommes ! Ils ont déjà beaucoup fait et sont devenus trop sûr d'eux. La prise d'Osgilliath et celle de Minas Tirith leur a peut être ouvert les yeux, mais beaucoup d'entre eux n'étaient pas préparés mentalement à la base à tant d'horreur ! Si nous continuons sur cette lancée, nous mourrons tous.
- Alors nous mourrons avec honneur !
- Se faire massacrer devant les Portes Noires du Mordor n'est pas de l'honneur, mais du suicide !
- SUFFIT ! hurla Alicia, surprenant tout le monde, moi y comprit. Ce n'est pas entre nous qu'il faut se battre !
- Alors que proposez vous ? cingla Eomer.
- Si nous avons un bon plan et que nous sommes préparés, nous pourrons vaincre. Il est vrai que nous ne pouvons y aller de nous même en ce moment. Il est tout aussi vrai que nous ne pouvons rester ici à attendre les bras croisés que Sauron vienne nous chercher. Je propose d'attendre trois jours. Nous avertirons les hommes de cette initiative. La moitié viendra avec nous en Mordor et nous combattrons l'armée. Notre destin à Éliane et moi est de détruire Sauron et l'Unique. Éli se chargera donc de nous transporter tous les trois dans la Montagne du Destin et nous nous arrangeront pour nous débarrasser de l'anneau. Lorsque la tour de l'œil s'effondrera, l'autre moitié de notre armée ira prêter main forte à celle déjà sur le terrain. Nous devrons détruire l'armée au grand complet et après, et SEULEMENT après, nous pourrons crier victoire. Objections, questions, commentaires, déclarations d'amour jusque là inavoué ? On s'en fou, c'est parti !
Alicia tout craché. Elle sortit de la salle d'un pas rapide, la tête haute, le regard de tous fixés sur elle. Je la suivis rapidement, et tout le monde finit par sortir de la salle. Je la rejoignis dans notre chambre (pas celle qui s'était fait défoncer à la hache par Aragorn, une nouvelle) et je la trouvais en train de se rouler dans son lit, son rire fusant bruyamment. Je la rejoignis dans son hilarité et nous finîmes (avec force de détermination et de volonté) à nous calmer.
- « Objections, questions, commentaires, déclarations d'amour jusque là inavoué ? On s'en fou, c'est parti ! » l'imitais-je en étouffant un nouveau rire. Tu aurais dû voir la tête d'Haldir ! Ça valait de l'or ! Surtout que j'ai intercepté son regard envers Lucy !
- Lucy ? Oh non, beurk ! s'exclama-t-elle. Il ne peut pas être amoureux d'elle, quand même ! Il a des centenaires d'avance sur elle ! Je trouve ça… PD ! Voilà.
- Et tu crois que c'est quoi, entre ton frère et moi ? Il a trois millénaires de plus que moi, je te signale, dis-je dans un sourire.
- Oui mais ce n'est pas pareille ! se défendit-elle.
- Et en quoi, je te pris ?
- Enfin… c'est une enfant !
- Tu es trop protectrice !
- Et toi pas assez ! répliqua-t-elle du tac au tac.
Nous nous fixâmes quelques secondes, puis nos rires reprirent. Ce fut finalement dans un état d'hystérie pur et dur que nous trouvèrent Arwen, Susan, Eowyn, Lucy et Lily.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda la petite en s'asseyant sur le lit d'Ali.
Celle-ci, qui s'était quelque peu calmé, quand elle entendit la remarque de l'enfant, replongea dans un état qui nous intimait à nous poser des questions sur sa santé mentale. Elle réussit finalement à reprendre son souffle.
- Désolée, une crise de nerfs je crois, dit-elle finalement.
- En tout cas, tu les as bien rembarré pendant le conseil ! s'exclama Lily. Je me suis bien amusée et ton plan est tout simplement parfait, quoique je me doute qu'il ne convienne pas à tout le monde.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? m'inquiétais-je.
- Bah, c'est juste que Peter et Legolas affichaient des têtes de constipés quand vous avez quitté la salle, répondit franchement Lucy, surprenant tout le monde.
- Lucy ! C'est quoi, ce langage ? la sermonna gentiment Susan.
Sa sœur lui lança un regard désolé et amusé à la fois, puis se retourna vers nous.
- Si vous voulez échapper à leur courroux, pour l'instant en tout cas, je vous conseille de partir tout de suite. Ils s'en viennent, dit simplement Arwen. Je vous conseille tout de même d'arranger ça au plus vite, on ne sait pas ce qui se produira prochainement.
Sa dernière remarque jeta un froid sur l'ambiance, mais nous la remerciâmes tout de même de la précieuse information quand à l'arrivée imminente de nos deux amants. Nous sortîmes donc de la chambre et, alors que nous allions quitter le couloir, une voix nous stoppa.
- Où comptiez vous aller ?
- Vous n'essayiez tout de même pas de nous fuir, n'est-ce pas ?
Nous nous retournâmes et vîmes Peter et Legolas avancer dans notre direction.
- Quoi ? Nous ? Jamais, voyons, minauda Alicia avec un sourire d'ange.
Je soupirais. Mon amie n'avait jamais été spécialement douée pour les mensonges.
- Tu n'as jamais su mentir, Ali, soupira Peter, comme ayant lu mes pensées.
- Écoutez, on sait que vous n'acceptez aucunement notre mission, mais c'est ce pourquoi nous sommes ici, c'est notre destin ! Vous ne pouvez pas nous demander de l'ignorer et de laisser sombrer la Terre du Milieu seulement pour nous protéger et…
Legolas me fit terre d'un baisé.
- Tu parles trop, se moqua-t-il. Écoutez, on sait qu'on ne pourra jamais vous éviter l'affrontement final mais si jamais votre combat envers Sauron tournait mal et qu'il prenait l'avantage, ne prenez pas de risques inutiles et fuyez, venez nus rejoindre ou retournez à Minas Tirith.
Je regardais Alicia. Jamais nous ne fuirions devant mon père, sauf en cas d'extrême nécessité, mais nous promîmes. Ils nous quittèrent ensuite pour aller à la forge commander de nouvelles armes.
- Tu sais que nous ne sommes pas assez, lâchais-je finalement. Même avec notre armée au complet.
- C'est pourquoi nous partirons beaucoup, beaucoup plus tôt que les autres. Il y a des milliers d'habitants de la Terre du Milieu qui sont prisonniers de l'autre côté des Portes Noires. Si nous leur fournissons des armes, que nous réussissons à les prévenir du plan et si nous parvenons à leur donner une bonne dose de courage et de détermination, ils nous aideront. Ils nous aideront à reprendre ces terres qui étaient leurs, et se soulèveront contre le mal. Avec eux, nous serons assez nombreux, débita-t-elle avec un sourire confiant. Tu es avec moi ? S'inquiéta-t-elle ensuite.
- Toujours ! affirmais-je. Mais comment comptes-tu te fournir assez d'armes ?
- Et bien… commença-t-elle en baissant les yeux.
- Quoi ? Non ! m'exclamais-je. Hors de question !
- Mais on n'a pas le choix ! s'énerva-t-elle.
- Très bien, soupirais-je, vaincue et sachant qu'elle le ferait, avec ou sans moi.
- On fait ça tout de suite, proposa-t-elle. Si les garçons demandent ce que j'ai, dit que c'était ma fatigue qui revenait en force ou ma magie qui se recharge en prévenance du combat. Je sais pas, invente n'importe quoi, d'accord ?
J'asquisais, et nous téléportais dans une maison abandonnée. Elle se concentra fortement, puis des dizaines d'épées se mirent à apparaître partout autour de nous. Il y en avait des centaines. Des dagues, des poignards, des sabres… Tout s'empilait autour de nous. Elle pouvait créer des illusions, mais aussi les faire devenir réalité. Seulement, ça l'épuisait énormément, aussi devais-je veiller sur elle pendant le temps que durait son évanouissement. D'ailleurs, ça vint vite et les armes cessèrent de se multiplier. Nous en avions bien assez d'ailleurs. Si il en manquait, les hommes pourraient prendre celles des cadavres d'orques. Elle s'écroula dans mes bras et je la transportais dans notre chambre. Ça ne prit que trois heures avant que Legolas n'entre.
- Alicia, Éliane, nous… Mais qu'est-ce qu'elle a !
Il se précipita auprès de sa sœur.
- Elle s'est évanouie, on a fait des tests sur nos pouvoirs mais elle a épuisé un trop grande quantité, il faut que sa magie et son énergie se recharge. Ne t'inquiète pas, elle dors d'un sommeil profond, rien de plus. Elle se réveillera avant la bataille finale.
- Et ça ne t'inquiète pas ? Mais ça va pas, de faire des tests comme ça, sans prévenir ?
- Tu aurais préféré qu'elle fasse ça toute seule ? Et qu'on ne la retrouve pas avant plusieurs jours ? demandais-je.
Il se renfrognait un peu, puis se leva.
- Puisque tu sembles avoir la situation en main, on se reverra tout à l'heure, dit-il.
- Attends ! Pourquoi venais-tu nous voir ?
- Le repas est servi. Je vais venir te porter une assiette tantôt.
- Merci.
Je lui souriais, il vint me voler un baiser, puis il quitta la chambre.
Deux jours étaient passés quand Alicia se réveilla enfin. J'étais à côté d'elle quand elle ouvrit les yeux.
- Alors, on a réussit ? demanda-t-elle en s'asseyant, chancelant légèrement.
- Oui, tu as réussis, la corrigeais-je.
- Et les autres, qu'ont-ils dis ? Qu'est-ce que tu leur as donné comme excuse ? s'inquiéta-t-elle.
- Ne t'inquiète pas, je leur ai dit que c'était à cause de tes problèmes féminins et que c'est aussi pour ça que tu étais plus susceptible ces derniers temps. Ils ont compris et ne se sont pas plus aventurés sur le sujet, préférant e laisser faire.
- T'AS FAIS QUOI ?
Elle paniquait et, devant sa tête, je ne pus me retenir davantage. Je me mis à rire, ce qui acheva de la convaincre que je l'avais bien eu.
- Me refais plus jamais ça ! Me sermonna-t-elle. Nan mais sérieux, c'est qui qui m'a collé une cruche pareille comme meilleure amie, marmonna-t-elle.
Elle finit tout de même par sourire, et nous rejoignîmes les autres pour le déjeuner. Ils prirent de ses nouvelles, puis la routine se réinstalla. La journée passa vite avec toutes les préparations et surtout qu'Ali s'arrangeait toujours pour ne jamais laisser Lucy seule avec Haldir. Dire que je rigolais était un euphémisme ! En plus, je lui avais menti sur ça aussi, il n'y avait rien de possible en entre le chef de garde et la petite princesse. Enfin, ce n'est pas moi qui allait lui dire, ça c'est certain. Le soir venu, nous allâmes nous coucher tôt. Dès que nous fûmes entrées dans notre chambre, je nous transportais dans la maison abandonnée et nous nous retrouvâmes alors face à un léger problème.
- Comment est-ce qu'on va faire pour transporter tout ça ? demanda Ali d'une voix découragée.
- Avec ça, nous sommes tout de même des sorcières !
J'exhibait fièrement ma baguette et me rendis compte trop tard de mon erreur. Elle me fit un sourire triste.
- Je n'ai plus ma baguette, tu le sais bien, dit-elle doucement.
Je me frappais le front.
- Attends !
Avant qu'elle n'ait put ajouter quoi que ce soit, je me téléportais dans notre chambre, pris l'objet recherché dans mon sac et retournais auprès d'elle.
- C'est qui la meilleure ? demandais-je en le lui tendant.
- Ma baguette ! Mais comment as-tu fais ? Elle était brisée !
- Oh, un simple Reparo*, répondis-je. Au travail, maintenant !
Elle ascquisa, toute contente, et nous empaquetâmes bien vite toutes les armes. Je nous téléportais ensuite dans l'enceinte du Mordor, dans le campe de prisonniers. Aucun orque n'étant présent, nous pûmes nous promener librement. Sur notre passage, l'espoir se rallumait dans le regard et le cœur des gens. Nous approchâmes finalement d'un homme qui semblait diriger tout le monde, et nous lui confiâmes les centaines d'armes, enfin, nous lui montrâmes leur emplacement.
- Mais que faites-vous ici ? s'inquiéta-t-il.
- Nous sommes venues vous aider, répondis-je. Nous avons une armée pour combattre Sauron, la bataille finale aura lieu demain, et nous aurons besoin de votre aide pour la gagner. Tous les hommes en état de combattre, voir les femmes aussi, devront se défendre et se soulever. Mettez les enfants et les autres à l'abri. Nous serons là, demain, et bientôt, l'aube sera rouge !
Il accepta et nous retournâmes dans notre chambre, ni vues ni connues. Personne n'était au courant de notre escapade, heureusement pour nous. Nous nous couchâmes sans un bruit, sans un mot, et le sommeil vint de lui-même. Demain, une nouvelle page de l'histoire s'écrira. Demain, le sang coulera à flot. Demain, nous fêterons notre victoire. Demain, nous reprendrons la Terre du Milieu.
Tan, tan, tan!
*chapitre 32
Alors, c'est comment, les préparatifs?
