Apparemment Ron avait reçu un sortilège d'assourdissement sensé être définitif, mais, d'après la sorcière plus âgée, la magie d'un élève de première année n'était pas suffisante pour provoquer une réelle surdité, ni maintenir longtemps le sortilège et il finit par se dissiper de lui-même au bout d'une minute. Quand on l'interrogea Ron admit avoir un vague souvenir d'avoir reconnu un tel sortilège durant l'échange, mais aussi de ne pas avoir vu d'utilité à l'éviter vu qu'il n'était "pas bien dangereux". Harry ne savait pas s'il devait lui expliquer à quel point cela pouvait être dangereux de ne pas entendre les sortilèges que lui lancent ses adversaire, mais il se rappela que les duellistes avaient tendance à hurler leurs attaques, et se dit que si Ron avait pu ne pas remarquer à sa baisse d'audition immédiatement, il avait encore du temps devant lui pour réaliser tout seul son erreur.
"Je croyais que la magie était interdite aux mineurs en dehors de l'école ?" Demanda Hermione.
"Pff, ce truc c'est une vaste blague, " répondit Ron en haussant les épaules "ça ne marche qu'une fois sur dix, et encore, quand le système se trompe une fois sur deux."
"Mais," Poursuivi Hermione "Où as-tu appris ces sortilèges ? Ils ne sont même pas dans le manuel de première année !"
Ron sourit fièrement "Tu ne grandis pas avec des frères comme les miens sans apprendre un truc ou deux. Question de survie." Et la question fut close.
Après toutes ces commotions et après que des remerciements furent échangés dans plusieurs sens, les jeunes sorciers s'assirent côté fenêtre, laissant l'autre moitié de la cabine à ses occupants originels. Personne n'était pressé de quitter la sécurité qu'ils venaient d'acquérir et il avait été convenu que les plus jeunes pouvaient rester pour échapper aux brutes. Pendant la discussion qui suivit Harry apprit qu'Hermione s'était déjà liée d'amitié avec des filles sorcières de leur âge, et avait aussi une cabine, mais que lorsque Neville avait frappé à sa porte pour demander si quelqu'un avait vu son crapaud elle avait décidé de partir à sa recherche avec lui. Ron quant à lui était s'était trouvé une cabine avec ses frères mais était sorti prendre l'air quand ceux-ci avaient testé sur lui leur prototype numéro douze, et avaient entendu Draco traiter quelqu'un de sang de bourbe, ce qui avait transformé sa frustration en colère.
"Et tu faisais quoi avec Malfoy, Harry Potter? Je m'attendais vraiment pas à te voir traîner avec un sale type comme lui !" demanda Ron.
"Disons que les choses se sont passé un peu vite, je n'ai pas vraiment eu le temps de réaliser, et puis je ne savais pas qui il était avant ce matin donc..."
"Quoi ? Tu ne le ... Comment c'est possible ?" demanda Neville.
"Je pense pouvoir l'expliquer mais avant : c'est quoi un moldu ?"
"Oh !" dit Ron.
"Oh !" dit Neville.
"Bonne question." rajouta Hermione, "J'ai entendu perler dans plusieurs livres différents mais aucun d'entre ne donnait de réelle définition du concept, j'en ai déduit de ce qu'ils en disaient que c'était un genre d'animal un peu stupide ou quelque chose du genre."
Ron et Neville se regardèrent, ne sachant visiblement pas comment réagir à ça.
"Attends quoi ?" intervint Harry "Non, je n'ai pas été élevé par des animaux !"
"Tu as été... Quoi ?"
Les deux sorciers âgés se mirent à rire si fort qu'ils paraissaient tous les deux sur le point de se rouler par terre. Ron et Neville semblaient se retenir de les imiter, mais avoir du mal.
"C'est vraiment petit de se moquer de l'ignorance des autres, surtout s'ils viennent d'une culture où un concept qui vous est familier n'existe pas et..." sermonna Hermione sur un ton indigné.
Mais Harry voyait bien que personne ne l'écoutait. Elle continua ainsi un moment, haussant progressivement le ton jusqu'à couvrir tout le monde de sa voix aiguë. Une fois qu'ils firent mine de se calmer elle consenti à diminuer son volume à son tour, certaine que c'était son œuvre et visiblement satisfaite d'elle-même, même si Harry doutait qu'elle y fut vraiment pour quelque chose.
"Donc," reprit-elle, "qu'est-ce qu'un moldu ?"
"C'est un humain normal," répondit la sorcière plus âgée qui peinait pour retrouver sa respiration, "ceux qui ne font pas de magie."
Les coins de la bouche d'Hermione s'affaissèrent.
Donc, les sorciers n'ont qu'une piètre opinion des personnes non magiques. C'est toujours bon à savoir.
"Et donc," demanda Neville "Tu as été élevé par des moldus ?"
"Oui, mon oncle et ma tante. Ils étaient ... Moldus."
Le mot sonnait bizarre aux oreilles de Harry, comme une insulte, mais il devait bien admettre qu'il n'avait lui-même pas une haute opinion de son oncle et de sa tante. Hermione lui jette un regard étrange ; lui reprochait elle d'employer avec autant d'aisance un insulte pour désigner ce qu'ils croyaient tous les deux être il n'y a encore pas si longtemps ?
"Ne t'en fait pas petite," dit la sorcière plus âgée "tous les sorciers ne sont pas aussi... coincé que ceux de tes livres, il y en a même qui épousent des moldus."
"Je m'appelle Hermione." corrigea cette dernière d'un ton tranchant.
"Et moi Tonks" Lui répondit-elle avec un large sourire. Son camarade paru sur le point d'ajouter quelque chose, mais il reçut un coup de pied furtif dans le mollet avant d'avoir pu articuler un mot. Tonks continua donc "Ravie de te rencontrer."
Hermione ne semblait pas "ravie" du tout mais cela n'empêcha pas Tonks de continuer.
"Je disais donc, tous les sorciers ne sont pas comme ça, mon père par exemple, est un né-moldu, et bien que ma mère soit de famille noble, elle l'a épousé."
"Mais tu es une Black !" s'exclama Neville.
"Une Black ?" s'étrangla Ron.
"C'est la fille d'Andromeda !" continua Neville "Je me rappelle de toi tu es_"
"Tonks suffira. Je n'ai pas de liens avec le côté Black de ma famille et je ne m'en porte pas plus mal."
Harry sentait qu'il y avait bien plus dans cette histoire de nom de famille que ce que "Tonks" voulait bien laisser paraître, mais elle avait l'air décidée à garder ses secrets pour elle et il n'insista donc pas. Il nota quand même que Ron réagissait négativement au nom de Black, ça lui semblait quelque chose d'important, même si il ne pouvait pas savoir pourquoi pour l'instant.
"Et donc le survivant a été élevé par des moldus ?" enchaîna Tonks, qui avait visiblement décidé qu'elle faisait partie de la conversation.
Personne ne répondit. Harry mit une seconde à réaliser que tout le monde le regardait.
"Qui ça ?" demanda t'il.
"Toi banane, le survivant, tu te souviens ?" lança Ron en levant les yeux au ciel.
"Comment tu veux qu'il saches que c'est de lui que tu parles ?" contra Hermione.
"Ben, c'est pas évident ? Personne à part lui n'a survécu au sortilège de la mort ici, non ?"
"Si il a été élevé par de humains normaux, comment tu veux qu'il saches de quoi tu parles ?"
"Comment TU voulais que je saches que ses parents ne lui ont rien dit ?"
"Peut-être parce qu'ils sont morts !" explosa Hermione.
Ce dernier mot résonna dans le silence de l'étroit compartiment, mais il résonna encore plus fort en Harry. Depuis petit il avait soigneusement évité de se poser des questions sur ses parents biologiques, principalement parce que son oncle et sa tante s'étaient toujours montré plus violents quand il en faisait mention. Ses parents avaient toujours représenté une entité vague, des visages qu'il essayait d'imaginer la nuit dans son réduit sous l'escalier ou des questions concernant sa situation chez les Dursley. Parfois il se demandait si il leur ressemblait un tant soit peu, mais son reflet de lui avait jamais apporté de réponses concrète. Il avait ressenti un petit quelque chose en entendant l'histoire de leur mort et les circonstances de celle-ci, mais il n'avait pas eu le temps de réellement y penser. Mais maintenant, sans qu'il sache pourquoi, il ressentait un vide, un vide dans lequel le mot "morts" semblait s'emplir de significations nouvelles. Harry ressentait un pincement au cœur, et un sentiment de solitude. La solitude lui avait tenu compagnie pendant la plus grande partie de sa vie, une compagnie rassurante, synonyme de paix. Mais maintenant, elle était vide et froide, et Harry comprit que désormais elle le serait toujours.
"Excuse-moi Harry, je ne voulais pas..." tenta Hermione. Mais Harry ne voulait pas y penser, pas maintenant. Jamais.
"C'est pas grave. J'aurai du faire le rapprochement, Ron, tu as raison."
"Ha ! Tu vois ?" par chance pour Harry, Ron mordit à l'hameçon.
Hermione fit les yeux ronds mais ne dit rien.
Se sent-elle indignée de te voir prendre le parti de Ron alors qu'elle savait qu'elle avait raison ? Ou bien comprenait elle que tu essaies de changer de sujet ? Cette Hermione est plus difficile à cerner que les quelques sorciers que nous avons rencontré jusqu'ici.*
Elle ne savait pas ce qu'était un moldu, elle ne vient certainement pas d'une famille de sorciers.
C'est pour ça qu'elle ne ressemble pas à un stéréotype de roman fantasy, tu crois ?
Impossible à savoir pour l'instant.
"Pour répondre à ta question, j'ai bien été élevé par des moldus, j'ai su que j'étais un sorcier il y a quelques jours quand un ogre a débarqué chez moi et à transformé mon cousin en cochon avec un parapluie."
Hermione n'était plus la seule à faire les yeux ronds, tout le monde regardait Harry comme s'il avait affirmé avoir vu le père noël.
"Un ogre avec un parapluie ?"
"C'est comme ça que ma tante l'a appelé ensuite, mais c'est vrai que je ne sais pas si c'était vraiment un ogre."
"Je ne pense pas que les ogres savent faire de la magie..." hasarda Hermione.
"Ils ne peuvent pas." trancha Tonks, catégorique.
"Heu... Il m'a dit son nom, mais je ne m'en souviens plus. C'était quelque chose comme haricot."
"Oh! Je crois que George a une carte de choco-grenouille de lui !"
"Va pour Haricot l'ogre !" dit Tonks en riant. "Mais pourquoi t'envoyer un ogre et pas un hibou comme tout le monnnnnnnn... Les moldus n'envoient pas de hiboux, c'est ça ?"
"Heu... Ils utilisaient des pigeons à une époque, mais plus depuis l'invention de la poste."
"Sérieux ?" demanda Ron "Tu veux dire qu'à chaque fois que tu veux envoyer une lettre tu dois attendre des jours qu'elle arrive et encore des jours pour avoir une réponse ? Pourquoi perdre autant de temps quand il y a des hiboux ? Ça n'a pas de sens !"
C'est Hermione qui lui répondit.
"Ça évite surtout que les oiseaux se perdent, se fassent dévorer par des prédateurs, ou se fassent attaquer par des individus cherchant à s'emparer du courrier !"
"N'importe quoi ! Y'a qu'à de les dresser et le tour est joué, et pour les voleurs de courrier, un sort protecteur suffit !"
"Et comment veux-tu que des humains lancent des sortilèges protecteurs ?"
Harry avait déjà cessé de prêter attention quand Ron répondit. Il se demanda si Hermione avait le don de se disputer instantanément avec tous ceux qu'elle rencontrait ou si c'était juste la réaction normale à attendre en cas d'interaction entre sa personnalité et celle de Ron. Les laissant à leur "débat", Harry se tourna vers Tonks.
"Il parait qu'on va être répartis en maisons ? Draco a commencé à m'expliquer le concept, mais si je me fie à son point de vue ; Serpentard est la maison des maîtres du monde, et les autre celle de leurs serviteurs."
"Ça ne m'étonne pas de lui," lâcha Neville -dont Harry avait oublié la présence, malgré l'énorme valise qui lui rentrait dans le genou- "si tu écoutes ce genre de personne, tout le monde devrait s'estimer heureux de pouvoir embrasser leurs chaussures."
"Belle image," commenta Tonks "et qui résume assez bien la vision du monde de certaines familles nobles. Mais si tu veux la version tout public, le chapeau va vous sonder et déceler chez vous les qualités qui feront de vous les parfaits candidats pour une des quatre maisons."
Quoi ?
L'artefact ancien qui va décider de l'endroit où il ira pour les prochaines années était un chapeau ?
"Je l'ai lu dans "Poudlard, son Histoire" !" s'enthousiasma Hermione. " Gryffondor pour le courage, Poufsouffle pour la fraternité, Serpentard pour l'ambition, et Serdaigle pour l'intelligence. Et chaque année la maison qui gagne le plus de points en classe ou en sport gagne une coupe !"
L'alarme qui s'était allumée dans le cerveau de Harry se manifesta à nouveau, plus fort maintenant que quelqu'un lui apportait confirmation de l'information qu'il avait reçu de Draco.
"Tous les gens intelligent vont à Serdaigle ?" s'étonnât- il " Comment le système de points de maison peut-il fonctionner avec un tel désavantage pour tous les non-Serdaigle ? Et puis comment peut-on organiser des activités inter-maisons, je veux dire, qui accepterai d'affronter une équipe dont tous les membres sans exception sont plus intelligents que le plus intelligent des membres de la sienne ? Sans parler de_"
"C'est un peu plus complexe que ça, l'interrompit Tonks."
Harry se retourna vers elle.
"Le concept d'intelligence en lui-même est plutôt vague, on peut facilement distinguer plusieurs formes d'intelligence: l'intelligence mathématique, le sens de la stratégique, l'intelligence sociale_"
"Et il faut être sacrément intelligent pour être bon au Quidditch!"
Merci pour ta participation Ron
"En prenant en compte toutes ces formes d'intelligence, on pourrait facilement inclure plus de la moitié de Poudlard à Serdaigle si c'était le seul critère. C'est pour ça que le choix du chapeau est plus complexe..."
Harry avait l'impression de ne pas avoir bien compris une partie de la phrase, un mot en particulier lui laissait une impression bizarre, mais il laissa son interlocutrice continuer.
"Ce que le chapeau de choix détecte chez les Serdaigles c'est le gout du savoir, la soif de connaissance."
"Les rats de bibliothèque en gros." Les interventions de Ron commençaient de plus en plus à taper sur les nerfs de Harry, mais il préféra ne rien dire. Il y avait au moins deux autres personnes intelligentes dans ce wagon pour lui remettre les yeux en face des trous. "C'est juste le club des je-sais-tout..."
"N'importe quoi! S'insurgea Hermione, Il faut beaucoup de travail pour mériter une telle maison, c'est celle de la sagesse, des efforts et_"
"En fait, il n'a pas vraiment tort, repris Tonks."
L'émotion que dégageais le regard que lui lança Hermione était à mi-chemin entre le désespoir et la trahison.
"Il y a beaucoup de personne qui confondent la connaissance et l'intelligence. Les personnes qui ont beaucoup de connaissance peuvent parfois passer pour des sages, vu qu'ils ont emmagasiné les le savoir de personnes plus intelligentes qu'elles, mais ça ne les rends pas eux même intelligents pour autant, de la même manière que suivre un livre de recettes ne fera pas de toi un grand chef, même si tu réussi très bien la recette."
A l'expression de son visage, on voyait que quelque chose à l'intérieur d'Hermione venait de se briser, et ça n'avait rien à voir avec l'air de triomphe qui s'étalait sur celui de Ron.
"Je l'ai toujours dit moi, que cette bande d'intellos n'avait rien de spécial."
Ron exultait, c'en devenait indécent.
"Mais toi... tu es intelligente," bredouilla Hermione, "tu es forcément..."
"Une Poufsouffle."
Le bruit des illusions enfantine volant en éclat résonnait presque dans le wagon, juste avant d'être complètement recouvert par le rire gras de Ron. Une part de Harry voulu le gifler. Mais toutes les autres parts menacèrent de la jeter dehors si elle ne se calmait pas vite. Harry Potter était non violent. Même quand c'était très tentant... Et mérité.
"Poufsouffle ? La maison de l'amitié ?"
Neville semblait avoir enfin trouvé une occasion de s'inclure dans la conversation. Cela ne l'empêcha pas de rougir quand la Poufsouffle en question tourna les yeux vers lui.
"Et du dur labeur. J'adore apprendre, mais j'ai une mauvaise mémoire_"
"Et tu es surtout tête en l'air..."
Le camarade de Tonks semblait lui aussi vouloir s'intégrer à la discussion, mais elle ne l'ignora totalement avant de poursuivre;
"Je ne sais pas si j'avais le niveau suffisant pour entrer à Serdaigle en première année, mais au moment de ma répartition, j'étais décidée à travailler aussi dur qu'il le faudrait pour y être acceptée. Au final, c'est ma ténacité que le choix-chapeau a vu chez moi, et il m'a envoyé chez les jaunes. Au final, je m'y suis vraiment plu et je ne l'ai jamais regretté. Surtout que, même chez nous il y a de sacré têtes! Je suis peut être capable de faire match égal avec la plus part des Serdaigles de mon année, mais certains parmi nous sont capable de se battre d'égal à égal avec les préfets bleus! Et eux, ils ne sont pas juste féru de lecture, se sont de vrai génies! Chaque année ils réunissent autour d'eux les meilleurs Serdaigle, les "vrai" Serdaigles comme certains les appelles, ceux qui auraient eu le potentiel pour être Poufsouffles mais qui avaient comme qualité première leur amour de la connaissance, et ils forment un groupe de travail privé où ils travaillent avec presque autant d'acharnement que nous! Même si certains racontent qu'ils s'échangent des manuels anciens contenant des sorts oubliés, ou qu'ils fabriquent des potions qui leur permettent de travailler plusieurs jours sans dormir. Mais personne ne sait si c'est vrai."
"Tu veux dire qu'il est possible d'avoir des aspirations pour plusieurs maisons?"
La faculté de Ron à citer les évidences défie les lois de la logique
"C'est l'idée, oui."
"Ça me semble tout de suite plus logique, dit Harry, le choix-truc fais une moyenne de la personnalité et regarde celle qui se démarque des autres."
"Mais qu'est-ce qui arrive si on a deux traits égaux ? Ou aucun ne se démarque assez ?"
Hermione semblait commencer à récupérer de son traumatisme, son cerveau recommençait à tourner, ça ne pouvait qu'être bon signe, non?
"C'est déjà arrivé, il parait. Certaines personnes sortent de la cérémonie avec un sentiment de désorientation, surtout si le choix-pot prend du temps pour se décider. Certaines personnes disent même avoir l'impression que le Choixpeauleur a parlé, mais leur souvenir en est trop vague, un peu comme un rêve."
"Mais toi, tu t'en souviens?"
Perspicace Hermione !
"Heu, maintenant que tu le dis, c'est vrai que je me sentais un peu fatiguée après la cérémonie... Mais non, je suis sûre que c'était dû à l'excitation."
Harry et Hermione échangèrent un regard. Ils pensaient tous les deux à la même chose, mais il ne valait surement pas le dire à voix haute.
"En tout cas, pour moi le choix est clair," déclara Ron "J'irai à Gryffondor, comme toute ma famille avant moi !"
"Moi aussi !" déclara Neville, avant de rougir quand tout le monde se tourna vers lui.
"Et bien moi, je vais quand même tenter ma chance à Serdaigle." dit Hermione "Je veux voir ce que valent ces "vrai" de mes propres yeux."
"Et toi Harry ?" demanda Neville.
Tout le monde se tourna vers lui. Ils attendaient tous de savoir où voudrait aller le survivant. Mais Harry ne savait pas. Il n'avait aucune idée d'où pouvait bien être sa place.
"Tu iras forcément à Gryffondor, comme tes parents !" répondit Ron au bout d'un moment.
"C'est vrai, je l'ai lu quelque part, tes deux parents étaient des Gryffondor." dit Hermione "Et il y a beaucoup de livre qui parlent de familles répartis dans la même maison sur plusieurs générations."
Harry n'ajouta rien. L'image qu'il se faisait de ses parents prenait peur à peu forme dans son esprit. Mais pourrait-il vraiment aller à gryffondor ? Ses parents étaient morts pour le protéger, signe d'une bravoure sans borne, et Harry ne pouvait pas s'empêcher de se demander s'il pourrait un jour se montrer digne d'un tel sacrifice. Plus il y réfléchissait, et moins il se sentait capable de faire preuve d'un tel courage. Il aurait pourtant aimé être membre de leur maison. Peut-être se sentirait il alors plus proche d'eux.
Laissant ses nouveaux amis débattre de la meilleure maison, il se tourna vers la fenêtre et regarda défiler les paysages de la compagne britannique, laissant ses pensées divaguer alors qu'il se remettait du déferlement d'émotions qu'il avait subi tout au long de la matinée. Il n'était définitivement plus le Harry qu'il connaissait il y a peu. Il sentait peu à peu des changements s'opérer en lui, bien qu'il fut incapable de dire ce qui était vraiment différent, il le sentait, tout simplement. Mais il ne sentait pas le regard de Tonks posé sur lui en ce moment. S'il l'avait senti, il aurait été bien incapable de s'expliquer pourquoi cette sorcière qui, il y a une heure encore, lui était totalement inconnue le détaillait avec tant d'intensité.
