Chapitre 37
POV Alicia :
Nous nous tenions en face des Portes Noires. Celles-ci s'ouvrirent avec fracas, laissant passer l'armée de Sauron au grand complet. Nous étions vraiment, vraiment peu nombreux. Mais nous devions l'emporter, pour nos terres, nos familles, nos vies et notre liberté. Oui, nous devions vaincre à tout prix. La bataille commença. Éli et moi restions derrière, ménageant nos forces pour le combat à venir. Nos troupes commençaient à être débordées quand des cris retentirent, et des milliers d'hommes, toutes races mélangées, foncèrent nous aider dans la bataille avec les armes que nous leurs avions fournis. Les combats étaient à égalité, maintenant. Et je le vis.
Sauron, debout dans sa tour. Je le pointais à Éliane, qui ascquisa. L'heure était venue. Je lançais un dernier regard à mon amant, qui se battait comme un diable, et tout disparus autour de moi. Éli venait de nous téléporter. Nous nous retrouvâmes donc en haut de la tour en compagnie du beau-père de Legolas, et, techniquement, du mien. Surprit, il nous dévisagea.
- Mes félicitations, vous venez de gagner un aller sans retour gratuit pour la Montagne du Destin ! se moqua Éli avant de nous téléporter à nouveau.
Nous nous retrouvâmes alors sur la plateforme, à l'intérieur du volcan. Je me plaçais en position défensive, dégainant mon épée double, et le dévisageais durement. Éli sortit ses dagues. Il se mit à rire, un rire qui me donna froid dans le dos.
- Vous croyez pouvoir me vaincre, petites sottes ? Mais c'est vous qui allez périr !
Il se jeta sur moi, et j'évitais le coup. Un combat s'engagea (comme prévu, c'est pas comme si on pouvait le kidnapper pour qu'il détruise son anneau précieux lui-même sans se défendre). La magie ne lui servait à rien en cet endroit, car elle étai diminué par l'énergie qui pouvait détruire son anneau. Bien entendu, ce n'était pas facile, il était fourbe, et enchainait les coups bas, mais c'était mieux que si il avait toute sa puissance et son énergie. Je réussis à lui enlever son épée, qui tomba dans la lave. Il me frappa au visage, m'envoyant valser plus loin. Mon épée, au sol, disparut, comme à chaque fois que je l'échappais. Je n'étais plus d'aucune utilité au combat, c'était le rôle d'Éli maintenant. Elle lui frappa le bras, mais le sang ne gicla pas. Elle lui frappa la tête, mais elle ne décrocha pas. Il semblait invincible. Sauf pour une chose.
- Éli, il doit mourir de la même façon que l'Anneau.
J'étais épuisé, la tête me tournait, je ne pouvais plus rien faire pour l'aider. Elle comprit tout de même ma proposition et poussa son père au bord du précipice.
- Tu ne tuerais tout de même pas tout propre père, tenta-t-il d'une voix froide.
- Non, jamais je ne pourrais tuer mon propre père, admit-elle.
Elle jeta ses armes par terre. Mais qu'est-ce qu'elle faisait ?
- Je ne tuerais jamais mon père, répéta-t-elle, mais il se trouve que tu n'es que mon géniteur !
Et elle lui envoya un coup de pied bien placé dans le ventre, lui faisant perdre l'équilibre. Il bascula et tomba dans un hurlement déchirant dans la lave de la Montagne du Destin, l'Unique avec lui. Il y eu une terrible explosion, le magma volant de toute par. Mais je nous protégeais tout de même, le feu étant mon allié. Nous réussîmes à sortir et Éli nous téléporta pas loin du champ de bataille. L'autre moitié de nos troupes avait rejoint la bataille mais, même avec eux, les orques nous surpassaient en nombre. Ils n'étaient pas très intelligents, mais leur quantité suffisait largement à compenser cette absence. Je regardais alors Éli, qui comprit mon message. Nous savions ce que nous avions à faire, maintenant. Nous nous lançâmes dans la mêlée, fauchant tous nos ennemis au passage. Rendues au milieu des combats, nous nous prîmes les mains et, sans hésitation aucune, signâmes notre arrêt de mort.
« Créatures du mal et monstres des ténèbres… »
Nos voix avaient changé et, peu à peu, le silence se fit sur la plaine ensanglantée.
« Nous vous bannissons dans les limbes de l'oubli, nous vous bannissons dans les enfers obscurs ! »
Je regardais Peter, qui me lançait un regard désespéré, suppliant.
« Par le paradis et le monde des morts, par l'amour et la haine »
Je pleurais, tout comme Éli. Comme mon frère, mon amant et tous nos amis aussi.
« Le bien et le mal réunis en ce jour pour l'ultime combat, vaincus par le sacrifice de la lumière »
La douleur se fit de plus en plus intense, mais nous continuâmes.
« Les deux moitiés réunies pour de bon, à jamais le mal vaincront ! »
Une intense lumière blanche éclata, nous aveuglant, et la douleur fut plus présente que jamais. Notre magie était réunie, maintenant. Nous avions vaincu les ténèbres pour de bon. Et nous étions foutues.
POV Externe :
Tout le monde était interloqué. Tout s'était passé si vite ! La bataille, la tour de l'œil qui s'écroule, le sort des deux filles, l'éclat de lumière blanche et la disparition de tous les alliés du mal. Leurs corps étaient en lévitation, illuminés de l'intérieur (on parle ici d'Ali et Éli, pas des orques). Puis, la lumière cessa, et les corps se reposèrent doucement sur leurs pieds. Avant de s'écrouler au sol. Sans vie. Peter se jeta sur Alicia, tout comme Legolas prit Éliane dans ses bras. Tous les deux pleuraient la mort des deux jeunes filles qu'ils avaient aimées. Et dire que Legolas perdait non seulement celle qu'il aimait, mais aussi sa sœur ! Sa sœur à peine retrouvée… Les larmes coulaient abondamment dans le camp du bien. Les Élues s'étaient sacrifiées pour tous les sauver. Et jamais ils ne l'oublieraient.
POV Alicia :
Bordel de merde ! Ma tête ! J'ouvris subitement les yeux et… wow, une seconde, ouvrir les yeux ? Mais je suis morte, p*tain ! Ah mais, je suis dans le monde des Valars. Pourquoi ? Aucune espèce d'idée ! Je me levais et vis Éli qui se réveillait à côté de moi. Elle sembla perdu quelques secondes, puis me regarda.
- On est mortes ?
- Je sais pas, mais on est chez les Valars, ça c'est sûr, répondis-je. Viens, on va aller dans leur salle ronde, ils doivent nous y attendre.
Elle hocha la tête et nous passâmes rapidement divers couloirs, avant d'arriver à la salle en question. Dès qu'elle passa la porte, Éli fut assaillie par une tornade brune.
- Éliane !
Perdue quelques secondes, elle regarda ensuite Adora d'une nouvelle façon.
- Maman, hoqueta-t-elle, des larmes de joie coulant sur son visage.
Ces retrouvailles étaient émouvantes, je ne pus m'empêcher de pleurer à mon tour.
- Râhhh, tu as vu ce que tu as fait ? Me moquais-je en m'essuyant les yeux. Tu viens de me faire pleurer.
Adora et Éli me sourirent, puis la déesse alla s'asseoir avec se semblables. Éli me rejoignit au centre du cercle, et nous attendîmes le verdict.
- Votre courage a été exemplaire et admiré de tous, dit un premier dieu. Vos actes ont sauvé la vie de milliers de personnes et nous vous serons à jamais reconnaissants pour ça.
- Sommes nous… mortes ? demandais-je d'une petite voix.
Ils se concertèrent du regard.
- C'est à vous de le décider, répondit finalement Adora. Vous pouvez choisir de retourner là-bas, mais vous ne pourrez jamais revenir ici. Sinon, vous pouvez choisir de rester ici et de devenir des déesses à part entière, mais vous ne pourrez retourner là-bas.
C'était un choix assez dur mais, au fond de moi, je savais ce que je voulais.
- Je veux rentrer chez moi, affirmais-je. Éli, je sais qu'il te tarde de faire connaissance avec ta mère et…
- Tout ce à quoi je tiens se trouve en Terre du Milieu, me coupa-t-elle en s'adressant à l'assemblée de divinités. Certes, maman, je tiens à toi, mais tous mes amis et ceux qui me sont chers se trouvent là-bas, et je ne veux pas les abandonner. Je retournerais en Terre du Milieu aussi.
Adora sourit.
- Je le savais. Et ne t'inquiète pas, je comprends parfaitement. Peut être pourrais-je même venir rencontrer un jour ton amoureux.
Elle lui fit un clin d'œil, et Éli rougit. Moi, j'avais encore une question.
- Pour les portails… hésitais-je.
- Ils resteront toujours ouvert, me coupa doucement un autre dieu. Vous serez toujours en liaison avec les deux autres mondes, celui des sorciers et celui de Narnia.
- Mais c'est super, ça veut dire qu'on pourra racheter du Nutella ! s'exclama Éli, tout sourire.
Je lui lançais un regard désespéré, marmonnant un « irrécupérable », et finis par sourire.
- Bonne chance pour le reste de votre éternité, jeunes filles. Nous vous serons à jamais reconnaissants de tout ce que vous avez fait, acheva un dieu qui semblait beaucoup plus jeune que les autres.
Et, alors qu'un tourbillon d'étoiles nous ramenait en Terre du Milieu, je le reconnus. Et Éli aussi, d'ailleurs, qui avait le sourire aux lèvres.
J'ouvris les yeux d'un coup, et rencontrais deux yeux d'un bleu-vert profond. Peter. Il paru surpris quelques secondes, puis soulagé. J'aperçus des traces de larmes, il avait apparemment pleuré.
- Tu es vivante… murmura-t-il en me caressant la joue. Elle est vivante ! hurla-t-il ensuite à l'attention de… bah, des centaines, que dis-je, des milliers de personnes présentes sur la plaine.
Il me serra contre lui, et m'embrassa. Je lui souris ensuite et serrais fortement sa main. Du coin de l'œil, je vis Legolas, qui serrait le corps inanimé d'Éli. Je rigolais intérieurement.
- Elle se moque de toi, dis-je d'une voix assez forte pour qu'il m'entende. Aller, Éli, arrête de le faire pleurer !
Elle ouvrit un œil, puis un deuxième, et Legolas la serra contre lui, soulagé. Des acclamations retentirent de partout. Peter m'embrassa une nouvelle fois, et je me relevais sans grande peine. J'étais juste fatiguée, et je pouvais voir ma meilleure amie dans le même état que moi. Je réussis tout de même à marcher et serrais mon frère, puis mon père contre moi. Il avait pleuré, lui aussi.
- Faut croire que je vous en fais voir de toutes les couleurs pour vous faire pleurer deux fois en moins d'un mois, rigolais-je.
Et, à mon plus grand étonnement, il me mit à rire. Peter me rejoignit, tout comme Legolas et le reste de la bande qui nous avait accompagné. Loués soient les Valars, aucun n'était mort ! Soudain, il y eu des exclamations d'horreur, et je me retournais vers la cause de cette agitation.
- Si je ne peux pas t'avoir, Alicia, alors personne ne t'aura !
Elrohir fonça sur moi, un poignard à la main. Il n'était qu'à un mètre de moi, voir moins. Je fermais les yeux, en attente du choc, mais il ne vint pas. Et je pus voir Thranduil, les yeux écarquillés, debout devant moi. Il s'écroula par terre.
- PÈRE ! hurlais-je.
J'enlevais le poignard de son dos ensanglanté, et le regardais d'un air vide. Puis, sans attendre, je me jetais sur Elrohir. Je perdais le contrôle de moi même et lui déchiquetais le visage en hurlant. Je finis par l'égorger et il s'écroula par terre, raide mort. Je me jetais ensuite à côté de mon père et pleurais. Et vis qu'il respirait encore.
- Il est vivant ! Criais-je.
Je plaçais mes mains sur sa blessure, mais j'étais encore trop faible.
- Aidez moi, il respire encore ! dis-je.
Et Éli nous téléporta tous à Minas Tirith.
Une semaine était passée depuis la bataille, et tout le monde se remettait peu à peu du cauchemar qu'ils venaient de vivre. Les sorciers et les Narniens étaient rentrés chez eux, sauf nos amis, qui voulaient rester avec nous encore un peu. Mon père s'en était sorti, mais de justesse, et était dans le coma. Je le veillais encore quand il ouvrit enfin les yeux.
- Père ! Vous êtes réveillé !
Je me jetais dans ses bras, les larmes de joie menaçant de couler.
- Excusez moi, commença-t-il en me lançant un regard étrange, mais qui êtes vous?
THE END! Nan, sérieux, c'est comment? Et Thranduil qui oublie tout? Et Sauron qui se fait tuer? Et le choix d'Ali et Éli? Et la mort iolante et sanglante et méritée d'Elrohir?
