Après ce qui parut des heures, le train arriva finalement en gare de Poudlard. Harry, comme tous les autres première année du wagon, était surexcité à l'idée de découvrir à quoi ressemblait ce nouvel environnement. Pour lui et Hermione, c'était tout un monde magique qu'ils s'apprêtaient à découvrir, et il lui sembla que le train n'en finissait pas d'accoster. Quand il fut finalement immobilisé, ils réalisèrent pourtant qu'ils devraient se séparer s'ils voulaient récupérer leurs bagages.
Et c'est seulement alors qu'Harry se rendit compte qu'il avait laissé sa valise dans le compartiment de Draco.
"Oh non ..." lâcha Ron.
"Tu crois qu'il va bien vouloir te la rendre ?" Demanda Neville.
"Je ne sais pas... Mais je vais quand même devoir la lui demander."
"Avec un peu de chance, il n'aura pas non plus remarqué." Proposa Hermione.
Mais personne n'y croyait vraiment.
Lorsqu'il avait "kidnappé" Harry, Draco avait demandé à Goyle et Crabbe de s'occuper de son bagage. Goyle l'avait attrapé par l'avant et Crabbe par l'arrière, et ils l'avaient placé dans le porte bagage au-dessus de leur tête, juste à côté de celui de Draco. Il n'y avait aucune chance qu'ils récupèrent leurs valises et oublient la sienne. Une partie de Harry espérait encore que l'amitié que le jeune noble avait témoigné à son égard était sincère, mais une autre partie lui rappela qu'il avait fui de sa cabine, ce qui était équivalent à donner une sucette à un enfant gâté et à la lui retirer juste après. Son appréhension ne fit qu'empirer.
Après avoir rejeté le plan de Ron consistant à entrer en force dans la cabine en se jetant sur Draco et ses sbires pour dérober la valise dans la confusion, ils se mirent d'accord pour attendre qu'ils quittent le train d'eux même en observant s'ils emportaient la valise de Harry ou pas. Ils aviseraient ensuite. Tonks, qui n'avait pas participé à la délibération et qui, pour une raison qui échappait à Harry, était restée avec eux après que son compagnon soi parti, leur métamorphosa un crayon pour en faire un miroir de dentiste d'après une description d'Hermione, qui déclara qu'elle allait être celle qui regarderai, puisque c'était son idée, ce à quoi s'opposa Ron, mais tout le monde l'ignora.
Ils n'eurent pas à attendre longtemps, Draco était un des premiers à sortir, et il hurlait ses ordres à ses sbires si fort que tout le couloir su qu'un Malfoy était sur le point de faire son entrée à Poudlard et qu'ils devaient lui faire place.
"Une, deux, trois, quatre, cinq... cinq ? De quelle couleur est ta valise Harry?" demanda Hermione, accroupie au sol , un œil dans l'entrebâillement la porte et le miroir tenu à bout de doigt dans l'ouverture.
"Verte, avec des autocollant"
"Ils ne l'ont pas !"
La tension diminua d'un coup pour tout le groupe. Visiblement, personne ne souhaitait une autre confrontation, même Ron, qui semblait pourtant il y a peu prêt à en découdre. Le petit groupe sorti alors dans le couloir et remontèrent le train à la queue-leu-leu, longeant les murs pour éviter l'afflux de sorcier qui se déversait dans l'autre.
La porte de la cabine était grande ouverte, et la valise de Harry, bien visible en plein milieu. Personne ne bougea pendant un instant. Puis Harry fit un pas vers elle, et tendit lentement la main, s'attendant presque à ce qu'elle le morde.
"Attends !" hurla Ron.
Tout le monde sursauta.
"C'est forcément un piège ! Je te l'ai dit ; tu ne grandis pas avec des frères comme les miens sans apprendre un truc ou deux, et ça, ça pue le piège à plein nez."
Harry détailla le bagage. Il se souvenait encore de la douleur dans son bras.
Sois Gryffondor, sois Gryffondor, sois Gryffondor!
Il ferma les yeux et se saisit brusquement de la poignée de valise.
...
Rien.
Il ouvrit lentement les yeux. Elle ne s'était pas changée en serpent.
Il se retourna vers les autres. Ils le regardaient tous comme si sa tête allait exploser d'une seconde à l'autre. Et Harry ne put s'empêcher d'éclater de rire.
Sur le quai, il y avait foule, des enfants couraient dans tous les sens, et personne ne semblait aller dans le même sens. Harry se retourna vers Tonks pour lui demander que faire ensuite, mais il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche.
"Te v'la Harry !" Résonna une voix tonitruante, couvrant le brouhaha de tous le train "Content d'te r'voir."
Une silhouette immense, toute en barbe et en rondeur s'avançait tant bien que mal au travers de la masse d'enfants qui parcourais le quai en sens inverse. Elle portait sur son dos une hotte dans laquelle on aurait pu faire entrer quatre enfants de première année en tassant bien.
"C'est l'ogre !" glapit Neville qui se cramponna à sa valise. "Il ne mange pas les enfants, hein Harry ?"
"Heu... Je ne sais pas... Je ne crois pas..."
"Lui ? Un ogre ?" Ron en éclata de rire.
"Mais il ne ressemble pas à un ogre !" commenta Hermione " d'après Vie et habitat des animaux fantastiques Les ogres sont censés ressembler à des goules de taille gigantesque !
"C'est parce que ce n'en est pas un" expliqua Tonks en gloussant, "c'est le garde-chasse de Poudlard, et c'est un demi-géant."
"Un demi... Quoi !" Essaya Harry, mais son cerveau était trop occupé à calculer les implications de la procréation inter-espèce entre des géants et... N'importe quoi de taille normale, et les conclusions auxquelles il arrivait était_
"B'jour les enfants ! Content de vous voir!" son sourire immense perçait une trouée dans sa barbe qui lui donnait un air de père noël surdimensionné "Prenez bien soin du p'tit Harry, dac ?"
"Dac, M'sieur Haricot !" répondit Ron, toujours aussi hilare.
"Fais pas semblant d'pas savoir mon nom Ronald !" répliqua le géant.
"C'était juste une petite blague Hagrid." excusa Tonks.
"Nimphy ! Qu'ça fait plaisir d't revoir ! Tu as rencontré ton p'tit cousin à c'que j'vois !"
"Qui ?" Demanda Ron
"Bah Harry, tiens !"
L'intéressé se tourna vers la sorcière, qui lui fit un clin d'œil. Et Harry eu put jurer que cet œil était devenu jaune l'espace d'un instant.
"Je vais devoir y aller, j'ai des gens à voir. On se reverra dans les couloirs, ou peut-être chez les Pouffs !" et elle s'en fut.
"On est vraiment de la même famille ?" demanda Harry, confus.
"C't'une histoire compliqué qu'j'ai jamais vraiment compris. Mais évite d'en parler, c't'une sombre histoire." marmonna le géant.
Harry nota sa mine soudain plus sombre et sérieuse à l'évocation du sujet.
"Les liens de famille sont plus compliqués chez les sorciers," lui expliqua Hermione "mais vous n'avez aucun lien de sang. J'ai vu ton arbre généalogique dans un livre, et elle n'en faisait pas parti. Ce doit surement être une alliance entre vos deux famille, ou entre des parents éloignés."
L'idée d'avoir une famille, même éloigné -même d'après des histoires farfelues de sorciers- laissait à Harry une impression qu'il n'arrivait pas à déchiffrer. Il n'avait eu que les Dursley toute sa vie, et en une demi-journée il s'était retrouvé avec des parents morts et une cousine-quelque-chose-magique.
"Mais qu'est-ce que vous faites là Hagrid ?" demanda Ron.
"J'sui venu apporter ses livres au p'tit Harry pardi !" et il sorti de sa hotte un sac de toile qui avait l'air d'avoir servi à stocker des patates pendant plusieurs saisons, qu'il tendit à Harry "tiens !"
"Heu... Merci monsieur."
"Pas d'm'sieur entr' nous, juste Hagrid c'est bon!"
"Ah ! Eh bien, merci Hargid..."
"V'la qu'est mieux !" dit-il avant de lâcher un rire qui aurai pu être le son de deux montagnes entrant en collision. "Et n'oublies pas qu'j'te réserve un p'tit què'que chose pour ton anniversaire ! Passe le voir dès qu't'as du temps, ma maison est juste d'vant la forêt, tu peux pas la manquer !"
"C'est promis Hagrid."
"V'la qu'est dit ! Maint' nant v'nez avec moi, j'avais vous conduire au château !"
Hagrid était responsable du transport des élèves de première année. Tous les enfants avaient été répartis par année et apparemment chacune groupe devait arriver au château par un chemin différent. Les première année allaient traverser le lac et Hagrid avait tenu à ce qu'Harry et ses amis soient dans sa barque. Harry avait des doutes sur la capacité d'une embarcation aussi frêle à transporter quatre enfants et un géant, mais pourtant elle s'enfonça à peine dans l'eau lorsqu'ils s'y installèrent.
"Bon, tout l'monde est dans une barque ?" demanda Hagrid, sa voix portant naturellement assez loin pour que tous les enfants l'entendent.
Harry regarda autour de lui et pu compter quarante barques, toutes chargées d'enfants avant qu'Hagrid n'annonce:
"Très bien, alors on y va !" et il leva une lanterne devant la proue. Elle émettait une douce lumière blanche qui dissipait la brume partout où son éclat se posait. Comme répondant à un ordre silencieux, leur embarcation se mit à remuer, et lentement elle s'avança sur le lac. Et sans que personne ne fit ou dit quoi que ce soit, toutes les barques se murent d'elle-même et avancèrent à la suite de la leur. Elles tranchaient lentement la surface de l'eau, ne laissant qu'un léger remous dans leur sillage, suivant la lumière de la lanterne comme des signes progressant sur un lac d'argent liquide. Autour d'eux la brume, parcourue de veinures d'argent ondulait au rythme de leur progression. Tout cela était irréel, Harry n'en revenait pas. Il avait l'impression d'être qu'un rêve, une bulle de savon flottant hors d'atteinte de la réalité. Il n'osait pas dire un mot, de peur que le charme ne se brise et qu'il se réveille dans son réduit sous l'escalier de Privet Drive.
"Jeunes gens, Poudlard !" annonça Hagrid, levant sa lanterne aussi haut que son imposante stature le permettait. La brûle fut déchirée en deux, révélant l'immense bâtisse qui les dominait de son imposante stature, ses murs remplis d'histoire prêts à accueillir la prochaine génération de sorciers. Hagrid avait bien ménagé son effet, le château leur apparaissait dans toute sa majesté et Harry se sentait minuscule en comparaison.
"Wow..." souffla Hermione "C'est encore plus impressionnant que décrit dans les livres !"
Personne ne dit rien, les mots s'effaçant dans le silence alors l'image de l'immensité qui les surplombait s'imprimant dans leur esprit.
Ils débarquèrent sur un ponton en bois, d'où partait une longue volée de marches qui montaient vers le château. La sensation d'émerveillement laissait peu à peu place à l'excitation et très vite les bavardages d'enfants inondèrent la baie accompagnés du bruit de leur pas sur les marches de pierre.
"Pourquoi c'est Hagrid qui t'amène te livres." demanda Ron.
"En fait, il devait m'accompagner pour une traversée, apparemment on ne pourrait acheter mes livre qu'après, mais ma tante refusait que je m'en aille avec ce qu'elle pensait être un ogre donc elle s'est mise à crier. Et c'est là que mon oncle a sorti son fusil de chasse et qu'Hagrid a transformé Dudley en cochon."
"Attends... Quoi ?" demanda Hermione.
"Mais tu as une baguette ! Je t'ai vu !" dit Ron.
"Oui," répondit Harry en la sortant de sa manche "Pourquoi ? Toi aussi tu en as une !"
"Comment tu as pu t'acheter une baguette sans aller au chemin de travers ?"
Le quoi ?
"Hagrid me l'a donné avant de partir. Quand ma tante a menacé d'appeler la police et de porter plainte pour kidnapping, il a dit qu'il en référerai à Dumb Rodor et qu'elle en entendrait parler. Et ensuite il me l'a glissée dans les mains en disant quelque chose sur mon héritage et est parti."
"Tu as hérité d'une baguette ?" demanda Hermione.
"Oui, pourquoi ? Ce n'est pas courant ?"
"Ça dépend..." dit Ron.
"Normalement c'est la baguette qui choisit son sorcier" expliqua Hermione "Au moment où les deux se trouvent, un lien magique se crée entre eux et ils ne font plus qu'un. Utiliser la baguette de quelqu'un d'autre, c'est un peu comme porter les sous-vêtements de quelqu'un d'autre."
"OH..." laissa échapper Harry, jetant sur sa baguette d'un nouveau regard. Pendant un moment elle lui fit l'effet de tenir un slip sale.
"Elle exagère. " grogna Ron. "Ne l'écoutes pas Harry, plein de monde utilise des baguettes d'occasion."
L'offense n'avait pas échappé à Hermione qui s'apprêtait à répliquer quand les portes s'ouvrirent at qu'une sorcière à l'air strict et coiffée d'un chapeau pointu en sorti et pris la parole.
" Bonjour les enfants et bienvenue à Poudlard. Dorénavant ces murs sont à la fois votre maison et le lieu de votre apprentissage. Ici, vous deviendrez de vrais sorciers, mais pour l'heure, il est temps de vous changer pour la cérémonie d'ouverture."
Sur quoi les garçons et les filles furent séparés et chacun conduit aux étages par des escaliers différents.
