Chapitre 38
Je reculais un peu, sidérée. Comment ça, qui je suis ?
- Mais… c'est moi, Alicia, répondis-je d'une petite voix.
- Je suis désolé, mais je ne vois toujours pas qui vous êtes, répondit-il. Mais qu'est-ce que je fais ici ? Que s'est-il passé ? Et qui êtes vous ? Je vous somme de me répondre, je suis le Roi de Mirkwood !
- Mais… c'est moi père, votre fille, Alicia, dis-je d'une voix enrouée.
- Je vous interdis d'usurper le rôle de ma fille ! tonna-t-il en se redressant sur son lit, me faisant reculer. Ma fille a disparut alors qu'elle n'était qu'un bébé alors cessez de me mentir !
- Mais je ne vous mens pas…
- Vous n'êtes pas ma fille, et ne le serez jamais ! Ma fille est morte depuis des années maintenant, et nombre de jeunes filles ont tentées de se faire passer pour elle. Elles ont toutes échouées, et ce n'est pas vous qui allez changer ça !
Il était vraiment énervé, maintenant. Et moi, profondément blessée. Les larmes coulaient librement maintenant, mais ce n'était plus des larmes de joie, mais de douleur et de tristesse. Ne pouvant supporter son regard plus longtemps, je reculais encore, renversant une petite table. Sans y prêter attention, je tournais les talons et m'enfuis hors de l'infirmerie en pleurant. Je renversais plusieurs domestiques au passage, mais rien ne put m'arrêter, et je courus à l'extérieur, essayant de fuir la triste réalité. Sans trop savoir comment, ni pourquoi, je me retrouvais dans les écuries. Je me terrais au fond d'une stalle vide et me recroquevillais dans le coin le plus sombre, pleurant sans pouvoir m'arrêter. Je ne le connaissais pas depuis longtemps, mais il restait mon père malgré tout. La nuit tomba très vite, sans que je ne m'en rende vraiment compte. Ce ne fut que lorsque j'entendis des voix m'appelant dans toute la cité que je daignais me lever et quitter l'écurie. Je pleurais encore lorsque je tombais sur Aragorn. Dès qu'il me vit, il s'approcha de moi au pas de course.
- Alicia ! Mais que t'arrive-t-il ?
Sans pouvoir me retenir, je me jetais dans ses bras. J'avais besoin d'un soutient, là, maintenant. Je pleurais de plus bel contre son épaule, la douleur me serrant fortement le cœur et un étau m'enserrant la gorge. Sans trop savoir comment, considérablement épuisée, je finis par m'endormir dans ses bras.
POV Éliane :
Ce n'est pas possible, nous la cherchons depuis des heures ! Nous nous réunîmes tous dans la salle du trône afin de faire le point. Nous étions en train de faire diverses hypothèses parfois complètement absurdes (merci Merry et Pippin) quand Aragorn entra, Alicia dans ses bras. Il nous intima au silence et la déposa dans les bras de Peter. Elle semblait profondément endormie. Celui-ci alla la déposer en vitesse dans sa chambre, et nous revint tout aussi vite. C'est là que j'explosais.
- Qu'est-ce qui lui est arrivé, bon sang ? m'exclamais-je.
- Je n'en sais rien, me répondit-il. Je cherchais dans le coin des écuries quand elle s'est dressée sur ma route. Elle pleurait. Je lui ai demandé ce qu'elle avait, mais elle ne m'a pas répondu et s'est jetée dans mes bras. Elle a pleuré encore un moment puis s'est endormie, c'est tout ce que je sais.
- Je crains que… ce ne soit de ma faute, intervint une voix familière.
- Père ! s'exclama Legolas à côté de moi, se jetant dans ses bras. Je suis heureux que vous soyez de nouveau debout. Mais pourquoi dites-vous que c'est de votre faute ?
- Cette Alicia prétendait être ma fille, dit-il d'un ton hautain. Mais tout le monde sait qu'elle est morte il y a des années, alors je l'ai renvoyé.
Je me figeais. Comment ça, morte ? Je lançais un regard inquisiteur à mon amant, qui me répondit par un haussement d'épaules inquiet.
- Comment ça, morte ? Intervins-je en m'approchant. Alicia est bel et bien votre fille, ça fait plusieurs semaines que vous l'avez reconnu comme tel !
- Et qui êtes vous pour oser intervenir de la sorte ? demanda-t-il en me jaugeant de la tête au pied.
Qui je suis ? Mais qu'est-ce qui cloche, chez lui ?
- Votre majesté, intervint Aragorn. Quelle est la dernière chose dont vous vous souvenez ?
- De notre fuite de Mirkwood, répondit-il. Celle-ci est tombée aux mains de Sauron et nous nous sommes rendus à Imladris. La dernière chose dont je me souviens, c'est que nous y avions organisé un conseil de guerre.
Oh. Ça explique mieux la réaction d'Alicia, maintenant.
- Legolas, je crois que tu ferais mieux d'aller expliquer à ton père tout ce qu'il a oublié, lui dis-je. Pendant ce temps, je vais rejoindre Ali.
Il ascquisa, m'embrassa (devant tout le monde, on se comprend bien) et je quittais la salle. Je me rendis à notre chambre et y trouvais ma meilleure amie, très bien réveillée cette fois. Sans un mot, je m'asseyais à côté d'elle et la serrais dans mes bras.
- Qu'a-t-il oublié d'autre ? Suis-je donc la seule qu'il ait disparut de ses souvenirs ?
- Bah, si ça peut te consoler, il m'a oublié aussi et a parut assez choqué quand ton frère m'a embrassé devant lui, répondis-je en essayant de sourire.
- Tu crois qu'il retrouvera la mémoire ?
- Je l'espère, Ali. Je l'espère de tout mon cœur.
POV Alicia :
Nous étions sur le chemin de Mirkwood. Ça faisait quelques jours que mon père était réveillé, quelques jours qu'il avait tout oublié et quelques jours qu'il nous détestait, Éli et moi. Surtout Éli. Pourquoi ? Parce que non seulement elle sort avec Legolas alors qu'elle n'était pas une elfe, mais en plus parce qu'il a découvert qu'elle était a fille de Sauron, celui qui était la cause de tous ses malheurs. Il la tenait pour responsable de ses problèmes. Moi, il m'haïssait car j'essayais apparemment de me faire passer pour sa fille perdue afin d'usurper le trône. Joyeux. Les larmes ne coulaient plus, m'étant habituée comme je le pouvais à la situation. Nous n'avions pas voulues lui dire que nous étions les Élues et qu'Éli était la fille d'une Valars. Nous ne voulions pas être acceptées de par notre statut ou nos origines, mais par ce que nous sommes vraiment. Quétaine, je sais, mais c'est comme ça. Nous faisions parti du groupe qui allait à Mirkwood, escortant mon père et mon frère. Celui-ci n'avait plus le droit de voir Éliane, mais ils continuaient en cachette. Enfin. Les Pevensies étaient retournés à Narnia afin de diriger leur royaume et non seulement les portails restèrent ouverts, comme promis, mais en plus, le temps se mit à se dérouler de la même façon ici et là-bas. Nos quatre amis sorciers aussi rentrèrent chez eux, et ce fut le même résultat. Enfin, revenons au point de départ : Mirkwood. La forêt était redevenue verdoyante et pleine de vie, les elfes se promenaient à nouveau librement et sans danger. Nous étions sur le chemin de la cité, au milieu des arbres, lorsque surgit l'un des derniers serviteurs de Sauron encore en vie. Je me retins de pousser un cri strident devant l'horrible apparition devant nous. Une araignée. Une araignée énorme, plus grosse que celles que nous avions eu dans notre chambre. C'était Ungoliant en personne, l'horreur en personne. Nous étions surtout là pour protéger les deux personnages royaux, aussi nous dûmes débarquer de nos chevaux et nous jeter dans la mêlée. Tous les soldats combattaient l'araignée, mais ils tombèrent tous, ou furent gravement blessés. Il ne restait donc que Éli et moi pour protéger mon père et mon frère. Celui-ci voulait venir nous aider, mais Thranduil l'en empêchait. Je me reconcentrais sur notre ennemi principal, qui n'était pas mon père mais l'énorme araignée plus grosse qu'Aragog dans Harry Potter. Je fis apparaître mon épée double et me jetais sur elle. Elle m'envoya choir contre un arbre. Éliane combattit. Je me relevais quand celle-ci se retrouva par terre, le dard de l'arachnide menaçant de se planter dans son ventre. Je n'hésitais plus, désormais. Je sautais sur le dos d'Ungoliant et tranchais sans plus de cérémonie son dard. Je découpais ses pattes une à une et achevais par la décapiter. Je sautais en bas du cadavre, aidait Éli à se relever avec un sourire et m'approchais ensuite des hommes blessés. Je guéris toutes les blessures superficielles ou profondes, les remettant sur pied pour la majorité. Malheureusement, trois ne purent être sauvés et nous dûmes laisser leurs corps sur le chemin. Nous nous remîmes en route, Éli et moi menant la marche désormais. Je sentais régulièrement le regard de mon père peser sur ma nuque, mais je ne me retournais pas. Nous arrivâmes quelques heures après dans la ville. Tous les elfes qui s'y étaient réinstallés acclamèrent le retour de leur roi et de leur prince. Moi, je restais dans l'ombre. Ça ne me dérangeais pas de ne pas être célèbre, je voulais seulement être reconnue comme la fille de Thranduil, rien de plus. Je m'en fiche du trône, surtout que c'est Legolas qui va en hériter. Celui-ci réussit d'ailleurs à quitter notre père en douce pour venir nous rejoindre dans les jardins.
- Je suis tellement désolé pour tout ça, vraiment, souffla-t-il.
- Ce n'est pas ta faute, répondis-je en baissant les yeux. Il se souviendra un jour ou l'autre, il le faut !
Il me sourit tristement et embrassa Éli comme si sa vie en dépendait.
- Legolas !
Il se retourna, tout comme nous, et nous vîmes deux garçons et une fille s'avancer dans notre direction. Le premier garçon, celui qui avait parlé, semblait être le plus âgé des trois. Le deuxième était un jeune elfe d'environ le même âge que Lucy, et une fille (elfe aussi) se trouvait avec eux, le même âge que Lucy aussi.
- Eldarion ! Daïlan ! Alassë ! s'exclama mon frère en souriant. Je suis heureux de vous revoir.
Ils se ressemblaient tous énormément, et je compris.
- Tu ne m'avais jamais dis que tu avais deux frères et une autre sœur ! m'exclamais-je.
- Je n'y ai pas pensé, avoua-t-il. Bon, pour les présentations : Les filles, voici mon frère ainé, Eldarion, mon frère cadet, Daïlan, et ma petite sœur, Alassë.
- Je ne suis pas petite ! protesta la fille.
Je rigolais intérieurement.
- Mes frères, ma sœur, je vous présente Éliane et Alicia, acheva-t-il.
- Est-ce qu'on leur dit ? demandais-je à Éliane.
- J'en sais trop rien !
- J'imagine qu'ils vont le découvrir à un moment ou un autre, soupirais-je.
Je pris une petite inspiration, puis me tournais vers les trois nouveaux arrivants.
- Pour faire ça plus formel, dis-je en tendant la main à l'ainé. Alicia Vertefeuille, votre sœur perdue depuis maintenant 18 ans et qui est censée être morte.
Je n'y allais pas par quatre chemins. J'avais peut être même été un peu trop directe. Du coin de l'œil, je vis Legolas secouer la tête en se tenant le front à une main, les yeux fermés. Devant moi, mon frère apparemment ainé me regardais comme si il voyait un revenant, ce qui était peut être le cas, le petit garçon me fixait et la petite fille sautait partout.
- J'ai une sœur, j'ai une sœur, j'ai un sœur ! Comment t'as pu me cacher ça, Legolas ?
- Quoi ? demandais-je en avisant sa tête désespérée.
- Je sais pas, moi, tu aurais pus y aller plus doucement, non ? me fit-il remarquer.
- Et Galadriel, elle n'y est pas allée par quatre chemins non plus ! répondis-je. « Legolas, je vous présente votre sœur, Alicia Vertefeuille » imitais-je.
- Oui mais quand même, c'était un peu raide comme déclaration.
- Tu me connais, Legolas, je suis toujours directe, parfois un peu trop, et…
Je ne pus achever ma phrase car deux bras vinrent s'enrouler autour de ma taille.
- Je suis heureux d'avoir une grande sœur.
C'était Daïlan. Je souris et le serrais un peu contre moi. Je levais ensuite un regard inquiet vers Eldarion, toujours figé sur place, et il finit par me faire un sourire rassurant.
- Je savais que tu nous reviendrais un jour, petite sœur. J'étais là, quand tu es née. Je t'ai connue, mais tu as disparut quelques semaines après ta naissance. Ça a été un gros choc pour tout le monde, surtout pour père, mais il s'en est finalement remit. Enfin, pas complètement, mais c'est mieux que rien.
Il vint me prendre dans ses bras à son tour, et je répondis à son étreinte avec bonheur. Pourquoi Peter Jackson n'a jamais précisé que Legolas avait une famille super cool ? Parce que maintenant, on juge qu'il est malheureux avec son père et encore, il n'est pas comme dans les films quand on le connaît bien ! Fidèle à moi même, je ne pus me retenir de faire un commentaire.
- Tu devrais être content, Legy, dis-je à mon frère. Maintenant, il n'y aura plus qu'Éliane sur ton dos, moi je vais m'occuper d'Eldarion. Tu vas voir, je vais faire de ta vie un enfer ! rigolais-je ensuite.
Il se contenta de sourire.
- J'aimerais bien voir ça, dit-il.
- Tu ne sais pas dans quoi tu viens de t'embarquer, rigola Éliane.
- Et tu es ? demanda ensuite mon ainé.
- Éliane, meilleure amie de ta sœur, je sors avec Legolas, répondit-elle.
- Et c'est la fille d'Adora, ajouta Legolas avec une pointe de fierté.
- C'était nécessaire de préciser ? s'agaça-t-elle en lui donnant un coup de poing sur l'épaule.
- Aïe ! Mais oui, enfin, c'est… commença mon frère.
- Tant qu'on y est, autant achever la présentation, soupira-t-elle. Je suis effectivement la fille d'Adora, mais aussi celle de Sauron.
- On s'en fou, on voit bien que tu n'es pas comme lui, protesta Daïlan en s'approchant d'elle.
- Tu es adorable, rigola-t-elle à nouveau. Je t'aime bien, tu sais.
- Pas touche, Daïlan. Elle est à moi ! dit Legolas en riant, la prenant par les épaules.
- Plus pour longtemps ! rétorqua notre petit frère.
Legolas se figea quelques secondes, alors que moi et le reste de la bande éclations de rire. Il finit par se joindre à nous, et la journée s'acheva dans la bonne humeur. C'était vraiment fantastique de découvrir que j'avais encore de la famille. Au moins, eux ils me croyaient. Ils avaient été mis au courant pour l'état de père, et s'en étaient profondément attristés. Mais, ils nous promirent de garder le secret quand aux origines d'Éli et à notre statut d'Élues, en plus de plaider en notre faveur pour qu'il nous accepte.
POV Éliane :
Ça faisait deux semaines que nous étions à Mirkwood. Legolas avait fini par défier son père et à sortir en publique avec Ali ou moi. Surtout avec moi, en fait. Ali faisait plus ample connaissance avec le reste de sa famille, ils étaient fantastiques. Je l'enviais un peu, mais j'étais heureuse tout de même. Ils m'acceptaient tous. Thranduil me détestais toujours autant, et ignorais toujours Ali, mais nous ne perdions pas espoir. Puis, un jour, Legolas fut convié à une réunion. J'attendais donc dans ma chambre qu'il revienne me chercher. Ça n'a pas pris beaucoup de temps, car il entra en trombe, passablement énervé, et claqua la porte.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? demandais-je, inquiète.
Il se tourna vers moi et me serra dans ses bras.
- Mon père vient de me fiancer.
Alors, qui est la fiancée?
