Chapitre 39
- Quoi ?
Je me détachais de lui.
- Comment ça, fiancé ?
- Je ne le voulais pas, je te le jure ! Mais il m'a obligé. Je vais devoir me marier à la prochaine lune.
- Hors de question ! Il ne peut pas t'obliger à faire ça, refusais-je, les larmes aux yeux.
- Je n'accepterais jamais, mais je crains qu'il n'utilise le chantage contre moi. Il veut ce qu'il y a de mieux pour le peuple et pour moi, il croit bien faire, mais je n'accepterais jamais, affirma-t-il. Je dois rencontrer celle qui m'est promise tout à l'heure. Avec un peu de chance, elle comprendra qu'elle n'aura rien à gagner avec moi et elle abandonnera, et nous pourrons être ensemble.
- Pour l'éternité ?
- Pour l'éternité, Melon le.
Je souris et l'embrassais.
- Si on lui montre qu'elle n'a aucune chance avec toi et que ton cœur est déjà prit, elle repartira, affirmais-je. Allons donc la voir !
Il accepta, bien qu'un peu réticent, et nous nous dirigeâmes dans le hall d'entrée, où devaient arriver la promise et son escorte. Nous attendîmes quelques minutes et, enfin, ils arrivèrent. Ce que je vis me cloua sur place. Ça ne pouvait pas être vrai, pas elle ! Il y a un sérieux problème dans le scénario.
- Tu sais quoi ? Dis-je à Legolas en commençant à partir. Je vais parler de tout ça à Alicia, elle va trouver une solution.
Et je le quittais en courant presque, l'abandonnant avec la pétasse qui devait lui servir de fiancée. Je courus à travers les couloirs et trouvais finalement Alicia en conversation avec Eldarion.
- Ali ! Criais-je. Tu n'arriveras jamais à y croire !
- Qu'est-ce qui se passe ? s'inquiéta-t-elle.
- Legolas s'est fait fiancer par ton père !
- Quoi ?
- Quoi ? ajouta Eldarion.
- Oui, c'est vrai ! Et le pire de tout ça, c'est que sa promise vient d'arriver et tu ne trouveras jamais qui c'est !
Elle regarda dans mon esprit.
- Shit, souffla-t-elle. Mais qu'est-ce qu'elle fait ici ?
- Qui est la promise ? intervient Eldarion.
Ali, trop en colère, ne répondit rien, se contentant de jurer dans toutes les langues possibles en frappant le mur et tout ce qui lui tombais sous la main.
- Tauriel, déclarais-je sombrement.
- Vous la connaissez ? s'étonna-t-il.
- Non, dis-je. Mais on la déteste quand même, tu ne peux malheureusement pas comprendre pourquoi.
- Ne t'inquiète pas, Legolas ne l'aime pas. Ils étaient amis autrefois, mais plus maintenant, et je la déteste comme le reste de la famille, sauf père qui s'est laissé embobiner par ses allures d'ange. Elle l'a sûrement manipulé pour avoir ce mariage arrangé, elle a toujours aimé Legolas.
- Elle ne l'aura pas ! affirmais-je. Viens, Ali, il est temps de tout mettre au clair entre cette c*nnasse et moi.
Et nous quittâmes Eldarion, toujours figé au milieu du couloir.
POV Externe :
Les deux jeunes filles quittèrent le couloir, très en colère, et des idées plus machiavéliques les unes que les autres germant dans leur esprit. Eldarion était toujours figé sur place quand sa sœur cadette arriva à côté de lui.
- J'ai tout entendu, affirma-t-elle. Je n'aime pas Tauriel, elle est méchante et détestable.
- Tu crois qu'elles vont réellement lui faire payer ? demanda Eldarion.
- N'oublie jamais ceci : « Une femme jalouse est dix fois plus à craindre qu'une femme ordinaire. Et deux, c'est encore pire ! »
Elle Alassë quitta son grand frère, le sourire aux lèvres.
POV Éliane :
Nous réussîmes à retrouver Legolas en train de marcher dans les jardins, Tauriel accrochée à son bras comme une sangsue.
- Hey, la roussette ! L'interpellais-je. Pas touche, c'est chasse gardée.
Elle me lança un regard meurtrier alors que je prenais l'autre bras de Legolas et qu'Alicia la repoussait pour prendre celui qu'elle tenait.
- Sais tu à qui tu parles ? Je suis la promise de Legolas, et ce n'est pas une simple mortelle verte de jalousie qui va changer la donne ! ragea-t-elle.
- Tu es peut être sa promise mais, vois tu, moi, il m'a donné son cœur, répondis-je.
- Et qui te dis que c'est une simple mortelle ? ajouta mon amie alors que Legolas secouait la tête, désespéré mais nous remerciant intérieurement.
- Et toi, t'es qui ? demanda-t-elle d'un ton hautain.
- Attention à tes paroles, Tauriel, déclara froidement mon amant. Tu es en train de parler à ma sœur. Et pour ce qui est de nos fiançailles, ce n'est qu'un mariage arrangé, jamais je ne pourrais t'aimer réellement.
- Que tu m'aimes ou pas, ça ne changera pas le fait qu'on sera bientôt ensemble et à ce moment là, ta chérie ne pourra plus rien pour toi, cracha-t-elle. Oublie la, Legolas, tu seras bientôt à moi.
Elle voulu tourner les talons, mais une idée folle me vint à l'esprit.
- J'ai un marché à te proposer, lâchais-je. On organise un tournoi. Si je gagne le duel, le mariage sera annulé et tu devras oublier Legolas. Si tu gagnes, je quitterais Mirkwood pour toujours et ne reviendrais jamais intervenir dans votre vie.
- Et pourquoi est-ce que j'accepterais ? Je me marierais de toute façon ! fit-elle remarquer.
- Car non seulement je vais continuer de te mettre des bâtons dans le roues pour l'éternité, sifflais-je, mais en plus, tu pourrais remonter dans l'estime du roi si tu gagnes. Que dirait-il si il te voyait refuser, alors que tu es convaincue de gagner ?
- Mais qui a dis que je refusais ? rétorqua-t-elle d'un ton dur.
- Alors c'est d'accord ! se réjouit Alicia. Demain, à trois heurs tapante, ici même, se déroulera votre duel. Pendant ce temps, bon vent ! J'aimerais rester seule avec ma meilleure amie et mon frère.
Tauriel afficha un sourire hautain avant de nous quitter, la tête haute. Dès qu'elle eu disparut de notre champ de vision, Legolas soupira.
- C'était quoi, ça ?
- La jalousie d'Éliane dans toute sa splendeur, rigola Alicia. Tu vas voir, elle va l'écraser et plus de mariage arrangé !
- Tauriel, bien que ça me tue de le dire, est extrêmement douée avec les armes. Ne la sous-estime surtout pas, me dit Legolas. En même temps, sa tête quand vous êtes arrivées valait de l'or !
Il éclata de rire, et nous le rejoignîmes bien vite.
Thranduil avait été mis au courant et bien qu'un peu énerver quand au comportement de son fils, il avait été séduit par l'idée d'un duel et avait accepté les clauses du marché. Il fallait que je gagne, sinon on était mal. En même temps, j'avais découvert quelque chose de particulièrement intéressant dans l'esprit tordu de la rousse. Je ne voulais pas utiliser ces informations en le disant, tout simplement. Non, je voulais qu'elle se trahisse elle même. D'ailleurs, elle venait d'arriver devant moi, dagues en mains. Super, les mêmes armes que moi ! Le duel commença, et elle se jeta sur moi. J'évitais assez facilement et lui traçais une belle cicatrice sanglante sur sa joue.
- Un petit souvenir, me moquais-je.
Elle revint à la charge, mais avec plus de stratégie cette fois. Mon but premier n'était pas de gagner le duel, mais de lui faire avouer, alors je ne faisais qu'esquiver ou réceptionner ses coups.
- Alors, poil de carotte, tu trouves Legolas à ton gout ?
- J'ai passé des années à essayer de le faire tomber dans mes bras, et ce n'Est pas toi qui va entraver mes plans !
- Tes plans ? Quels plans ? Ceux dans lequel il est prévu que tu deviendra reine de Mirkwood ?
J'avais chuchoter la dernière phrase de manière à ce que seule elle l'entende. Son visage se décomposa légèrement.
- Comment…
Je profitais de son inattention pour lui enlever une de ses dagues, qui glissa hors du terrain.
- Je lis en toi comme dans un livre ouvert, Tauriel. Legolas ne sera jamais amoureux de toi, jamais, même avec un mariage arrangé !
- Mais qui a dit que je voulais Legolas seulement ? s'énerva-t-elle.
Je souris intérieurement en effectuais un tonneau en évitant un des ses coups.
- Avec lui à mes côtés, je régnerais sur Mirkwood pour toujours ! avoua-t-elle.
C'était tout ce dont j'avais besoin. Je me mis à réellement l'attaquer, enchainant les coups et les parades. Elle réussit à m'enlever une de mes dagues malgré tout. Nous étions à armes égales. Je frappais plus rapidement, alors qu'elle frappait plus fort. Un coup à la tête, qu'elle évita. Elle tenta de m'atteindre l'épaule, mais je me poussais à la dernière seconde, frappais son avant-bras avec ma lame, lui entaillant légèrement la peau, et elle lâcha sa deuxième arme dans un glapissement de douleur. Je l'envoyais au sol, et plaçais ma lame sous sa gorge. Le silence régnait désormais dans l'assemblée qui nous observait.
- Avoue, Tauriel. Avoue à tout le monde ce que tu avais prévu de faire ! rageais-je, ma voix résonant dans le silence.
Elle éclata d'un rire sans joie.
- Si tu crois que je vais parler.
- Si tu crois que je vais retenir mon coup encore longtemps, répondis-je d'un tac au tac.
Elle déglutit difficilement. Toute l'attention était fixée sur elle, et je serrais un peu plus mon arme sur la peau de son cou.
- D'ACCORD ! D'accord, je vais tout avouer. J'avais prévu épouser Legolas pour ensuite assassiner le roi et le reste de la famille royale pour pouvoir monter sur le trône, mon époux comprit ! Ça va, contente ?
Toute le monde était choqué. Je savais que Tauriel était une g*rce mais pas à ce point. Je ne connaissais apparemment pas le plan au complet, puisque je pensais qu'elle désirait seulement monter sur le trône. Legolas sortit du lot de spectateurs et s'approcha de moi.
- Tu avais prévu de me tuer ? s'étrangla-t-il.
- Tout comme j'avais prévu de tuer le reste de ta famille, cracha-t-elle. À cause de ton père, toute ma famille s'est faite tuer ! Alors je voulais lui rendre la pareille, en commençant pas elle !
Elle désigna Alassë, qui se colla davantage contre Eldarion et Daïlan. Alicia vint nous rejoindre, et je me poussais pour la laisser prendre le relais.
- Saloppe ! Hurla-t-elle. Tu aurais osé lever la main sur une enfant ? Sur ma sœur ?
Il y eu des hoquets de stupeur dans l'assemblée. Personne n'était au courant à part moi, sa sœur et ses trois frères, en plus de Thranduil et Tauriel.
- Tu aurais même été la suivante ! Avoua la rousse avec un sourire mauvais.
Alicia la frappa, l'assommant légèrement. Legolas dû retenir son bras pour qu'elle ne batte pas Tauriel a mort. Ce fut au tour de Thranduil de s'approcher de nous. Tauriel se releva et le regarda dans les yeux, la tête haute.
- Je te faisais confiance, déclara-t-il tristement. Je t'ai recueilli comme ma propre fille, et voilà comment tu me remercies ?
Il n'était pas en colère, juste déçu et blessé.
- Je ne vois pas en quoi je devrais vous remercier, cracha-t-elle. J'ai tout perdu à cause de vous !
Et, à une vitesse époustouflante, elle sortit un poignard de sa botte et se jeta sur Thranduil. Je réagis au quart de tour. Instinctivement, je pris les épaules du souverain et le poussais sur le côté, prenant sa place. Une vive douleur irradia dans mon dos et, bien vite, je ne sentis plus mes jambes sous moi. Je m'écroulais dans les bras de Legolas et fermais les yeux. Le noir m'envahit.
POV Alicia :
Tout était allé si vite ! Mon père allait se faire poignarder quand Éli l'a poussé et a prit le coup à sa place. J'ai hurlé, Legolas a rattrapé Éli avant que son corps ne touche le sol. Thranduil était choqué et regardait d'un air absent le poignard planté dans le dos de ma meilleure amie. Tauriel, devenue une vraie furie, se faisait emmenée par cinq gardes dans un cachot à haute surveillance, en attente du verdict du roi. Moi, je m'agenouillais aux côtés d'Éliane et enlevais d'un coup la lame dans son dos. Je plaçais ensuite mes mains sur sa blessure et une douce lueur irradia de celle-ci.
POV Externe :
Thranduil regardait Alicia aux côtés de la jeune fille qui venait de lui sauver la vie. Éliane s'était évanouie, et il ne comprenait pas pourquoi elle s'était placée devant lui. Il l'avait méprisé, il l'avait détesté et jugé, sans vraiment la connaître. Et, pour la première fois depuis longtemps, le remord vint lui ronger le cœur. Il lâcha du regard le visage désormais paisible d'Éliane et fixa Alicia. Il avait toujours cru qu'elle lui mentait quand à ses origines. Pourtant, quand elle se releva, son épaule droite se découvrit à l'air libre et tous purent voir la marque des Élues. Et il se souvint.
POV Alicia :
Éliane se réveilla bien vite. Elle avait eu de la chance. Quelques centimètres plus haut et je ne pouvais plus rien faire pour elle. Je soupirais de soulagement quand elle ouvrit les yeux, et Legolas l'aida à se relever. Je fis de même et me tournais vers le roi. Sans que je ne puisse faire quoi que ce soit, il se jeta dans mes bras.
- Ma fille… sanglota-t-il en me serrant très fort.
- Papa, murmurais-je en le serrant à mon tour.
Il finit par se calmer, puis sourit à ses sujets.
- Mes amis, aujourd'hui est un grand jour. Ma fille perdue est de retour ! J'avais perdu la mémoire à cause d'une blessure faite lors de la bataille finale, mais je l'ai finalement retrouvé et je reconnais aujourd'hui Alicia Vertefeuille comme un membre de ma famille à part entière, là où a toujours été sa place !
Les acclamations de la foule me fit sourire.
- Père, je crois que vous avez oublié quelqu'un, fis-je remarquer.
Il parut perdu quelques secondes, puis se tourna vers Éliane.
- Je suis sincèrement désolé pour tout ce que vous avez subit par ma faute, Éliane, dit-il. Pardonnerez vous au vieux roi grincheux que je suis ?
Elle éclata de rire.
- Je ne pourrais jamais vous en vouloir, avoua-t-elle.
- J'aimerais aussi vous remercier de m'avoir sauvé la vie, ajouta-t-il.
Elle hocha humblement la tête. Mon père s'adressa ensuite à Legolas.
- Mon fils, je crois que nous pouvons oublier les mariages arrangés. Si c'est elle que tu aimes, qu'il en soit ainsi !
Nouvelles acclamations. Puis, je vis Alassë hésiter. Je lui souris, et elle courut se jeter dans les bras de père. Il éclata de rire, et Daïlan lui sauta dans les bras à son tour. Eldarion les rejoignit, tout comme Legolas, et je m'ajoutais au câlin groupé. Mon père fit signe à Éli de nous rejoindre, ce qu'elle fit avec joie.
Ce soir là, ce fut un soir de fête. Tauriel fut bannie, Éliane ne voulant pas que le sang coule de plus bel. On célébra mon retour. On célébra l'arrivée d'Éliane. On célébra le bonheur de la famille royale.
POV Éliane :
Legolas m'emmena à l'écart de la fête. Il semblait nerveux. Il me conduisit sur un petit pont surplombant la rivière, et se tourna vers moi.
- Éliane, toutes ces aventures que nous avons vécues ensemble m'ont ouvert les yeux. Je ne peux pas me passer de toi, je suis fou de toi. Éliane, acceptes-tu de devenir ma femme ?
Il me tendit une alliance en or avec une émeraude, de magnifiques motifs finement sculptés parcourant l'alliage doré.
- Oui… OUI !
Je lui sautais dans les bras en riant, et il me passa l'anneau au doigt. Je le regardais ensuite de plus près.
- C'est pas Gimli qui te l'a déniché ? fis-je remarquer avec un sourire en coin.
Il se contenta de me sourire avant de m'embrasser. Je courus ensuite annoncer la nouvelle à Alicia. Vraiment, tout allait pour le mieux, maintenant. Le mal était vaincu, et nos vies allaient reprendre un cours « normal ».
FIN! Nan, j'déconne, allez lire l'épilogue!
