Attention, ceci est la seconde partie d'un chapitre double ! Deux chapitres ont été postés aujourd'hui, assurez-vous d'avoir bien lu le chapitre précédent avant de commencer celui-ci.
"Oh non, pas encore..."
"Heu... Bonjour... Monsieur le chapeau..."
"Je suis un Choixpeau garçon, pas un vulgaire couvre-chef !"
"Oui, bien sûr, veuillez m'excusez."
Pas de réponse, la présence était toujours là, mais ne se manifesta pas.
"Heu... Monsieur le cha... Choixpeau Magique ?"
"..."
"Qu'est ce qui se passe ?"
"J'ai espéré, pendant une seconde ne pas avoir à repasser par là aujourd'hui, mais visiblement tu as décidé de me compliquer la tâche."
"J'ai fait quoi ?"
"Ce n'est rien, commençons."
"Commencer... quoi ?"
"Le rituel garçon, le rituel de répartition. Es-tu prêt ?"
Harry ne savait pas qu'il aurait à se préparer. Il ne savait même pas s'il était prêt. Prêt à quoi d'ailleurs ? Puis il comprit.
"Me permettez-vous une question ? Est-ce qu'il y a une autre vérité profonde dans le triage ? Quelque chose de secret mais d'important, qui nécessite que les sorciers pensent que c'est juste un tri entre quatre qualités afin de préserver le secret de ce que c'est vraiment ?"
"Non, je vais vraiment voir en toi quelle est ta qualité dominante et te répartir dans la maison qui te convient"
Harry se demanda s'il devait raconter au Choixpeau toute la conversation qu'il avait eue avec Tonks et Hermione ou s'il pouvait la lire dans ses souvenirs.
Le Choixpeau soupira. Silencieusement, dans les pensées de Harry. Bien évidement Harry se rendit vite compte que le Choixpeau ne pouvait pas soupirer puis qu'il n'avait pas de poumons et que si la discussion qui avait lieu en ce moment se déroulait dans son esprit, ce qu'il venait de percevoir n'était que ce qu'il s'attendait à percevoir comme l'expression des pensées du Choixpeau sous une forme audible.
Nouveau soupir.
Ce n'était pas des soupirs d'agacement ou d'impatience, plutôt l'expression patiente d'un adulte qui attends qu'un enfant trouve tout seul la solution à un problème qui pour lui est évidente mais qu'il sait qu'elle doit être trouvée par l'enfant sans aide extérieure afin que celui-ci grandisse. Harry prit soudainement conscience de la présence de l'esprit du chapeau à côté du sien et pendant un instant-il eu l'impression de se tenir en face d'une immense créature, ancienne, puissante, et infiniment plus sage qu'il ne le serai jamais.
Evidemment qu'il peut lire dans nos souvenirs, en ce moment, il est en nous autant que nous sommes en lui
"C'est exact" la voix du Choixpeau résonnait dans l'esprit de Harry, il n'y avait pas de force réelle dans la voix, en tout cas pas au sens où il eut voulu parler avec force, mais la soudaine conscience de toute sa présence permettait à Harry de la percevoir avec toute la majesté qui lui avait échappée jusqu'alors. A moins que ce ne soit la conscience de la puissance du chapeau qui modifiait chez Harry la perception de sa voix. Harry se demanda si il entendait vraiment la voix du chapeau ou si il lui attribuait mentalement la voix qu'il lui semblait la mieux adaptée. A moins qu'il_
"Je pense que ces réflexions n'ont aucune importance pour le sujet qui nous intéresse en ce moment. Reprenons le triage, tu veux bien ?"
Dans l'esprit d'Harry les mots sonnaient plus comme un ordre qu'une demande, le ton interrogatif faisant plus office de politesse que de réelle_
"Garçon, le triage."
Une fois de plus, la grandeur du chapeau s'imprimait dans sa voix, et Harry sentait que cette fois ci le chapeau avait volontairement imprimé de la puissance dans_
"Harry Potter, ne peux-tu pas te concentrer deux secondes ?! En effet, tu es intelligent, assez pour entrer à Serdaigle et dominer beaucoup de ceux qui sont passés sous mes bords, pas besoin d'essayer de le prouver, mais saches qu'à chaque secondes que je passe sur ta tête, c'est dans TA magie que je puise pour maintenir le contact mental, et que plus il dure longtemps plus le risque que tu perdes connaissance grandit !"
Harry se demanda si_
"Non les séquelles ne seront pas définitives, mais tu risques de perdre une partie de tes souvenirs plus importante que celle que tu es sensé perdre."
Donc il efface vraiment les souvenirs du triage chez les enfants
"Evidemment, si un enfant de onze ans peut y penser, tu imagines les répercutions si tous les sorciers savaient que je leur laisse le choix de leur maisons ? Combien de parents altéreraient l'esprit de leur enfant pour être sûr qu'ils atterrissent dans la maison de LEUR choix plutôt que celle qui leur correspond."
Harry se demanda s'il devait prendre la peine de formuler ses pensées comme des paroles ou si le chapeau pouvait atteindre son noyau de création d'idées.
Je pense qu'il attende qu'on formule nos idées par politesse, imagines à quel point ce serait perturbant si quelqu'un répondait à tes questions avant même que tu ne te les poses consciemment.
Alors pourquoi il n'a pas encore répondu à la question que je me pose ?
"J'attends que tu te la poses à toi même, souvent les gens intelligents trouvent la réponse à leur question en cherchant les mots pour la formuler."
D'où les soupirs.
"Mais pour l'instant je ne vois pas comment, si c'est le sorcier qui choisit où il va, on pourrait altérer son choiiiiiiiii..." Harry se rappela la conversation avec Hermione sur les familles qui allaient dans la même maison sur plusieurs générations. Evidemment qu'ils essaieraient. "Tu veux dire que des parents forceraient des enfant à aller dans une maisons où ils ne veulent pas vraiment aller ?"
"Bon début de réponse, mais non. Tu as un choix à faire, jeune sorcier, mais ce choix, tu n'es pas venu ici pour le faire. Tu l'as déjà fait."
Harry ne comprenait pas comment il pouvait venir pour faire un choix qu'il avait déjà fait si lui-même ne savait pas ce qu'il voulait.
"Pourtant, chaque fois que tu t'es retrouvé devant un choix, tu n'as pas besoin de remettre en question qui tu es vraiment pour trouver la réponse."
Le chapeau se mettait à parler comme les vieux sages dans les livres, et Harry n'aimait jamais les vieux sages des livres, parce qu'au lieu de donner une réponse compréhensible, ils vous laissent vous débrouiller pour trouver la solution au risque de vous tromper et de ne vous en rendre compte qu'après avoir fait une erreur grave qui_
"Mais tu sais aussi que chaque fois qu'un héros fait une erreur, il apprend de celle-ci et en ressors plus fort qu'il ne l'était avant."
Harry commençait à ne pas aimer que le chapeau se serve de ses propres argument contre lui, surtout ceux qu'il choisissait volontairement d'ignorer parce que_
"N'est-ce pas pour éviter d'ignorer les arguments qui te dérangent que tu as choisi de diviser ta réflexion en plusieurs personnages imaginaires ayant différents points de vue?"
Harry commençait à ne pas aimer que le chapeau se serve de ses propres arguments contre lui, surtout_
"Je te rappelle que le temps presse."
Alors pourquoi il ne nous envoie pas à Serdaigle, Si il dit lui-même que c'est notre place ?
"Parce que tu n'as toujours pas fait le choix."
"Très bien, alors je choisis Serdaigle."
...
"Alors ? Pourquoi tu ne cries pas Serdaigle ! comme pour Hermione ? Est-ce que ce doit être moi qui_"
"Tu n'as pas encore choisis."
"Si, je_"
"Tu as déjà fait le choix mais tu n'as pas encore choisis."
Le chapeau se mettait à parler comme les vieux sages dans les livres, et Harry n'aimait jamais les vieux sages des livres, parce qu'au lieu_
"Je sais, mais tu es proche de la réponse."
Ce fut au tour de Harry de soupirer. Mais de frustration cette fois ci.
Un choix que j'ai déjà fait mais que je n'ai pas encore fait ?
Donc c'est quelque chose qu'on sait mais qu'on ne sait pas qu'on sait ?
C'est ton fort les énigmes, non ?
Je suis toi, non ?
Harry se concentra. Le chapeau lui avait forcément déjà donné d'une façon ou d'une autre un indice pour le mettre sur la voix de la réponse, s'il pensait qu'il pouvait la trouver.
Une vague d'approbation lui vint du chapeau mais aucun mot.
Harry se demanda si le chapeau lui laissait de l'espace pour réfléchir ou s'il puisait moins dans sa magie s'il restait silencieux.
Soupir mental de chapeau magique.
OK, donc s'il parle comme les vieux sages dans les livres la réponse se cache soit dans une chose qu'il ait dit de simple, mais qui cache une vérité plus profonde, du genre de celles qu'on ne peut percevoir qu'en regardant la solution sous un certain angle, soit dans une phrase inutilement compliqué qui n'a pas l'air d'avoir de sens sur le coup.
Le Choixpeau magique gloussa dans sa barbe. Tout tu moins ce que Harry pouvait percevoir comme_
Je pense qu'on devrait rester concentré sur cette histoire de choix, pas toi ?
Harry fit un effort de concentration. Il se repassa mentalement la conversation. Tout paraissait assez simple à comprendre, même avec les informations qui n'avaient été fournies que plus tard dans la conversation. Et la seule chose qui paraissait un peu Cryptique c'était cette histoire de ne pas remettre en question sa nature profonde à chaque choix.
Sauf que c'est ce que je fais, et c'est pour ça que vous êtes là, toi et les autres, pour que je passe en revue à la fois mes différentes inclinaisons naturelles et les différentes possibilités qui se présentent à moi !
Mais est-ce que tu remets vraiment en question qui tu es vraiment ?
La plus part des gens se contentent de céder à leur pulsion la plus forte, moi je cherche à voir quelles sont les raisons derrière mes émotions avant de faire un choix !
Mais au final, que choisis-tu ?
La réponse la plus approprié !
Alors pourquoi n'as-tu pas pu t'empêcher d'aller voir la sœur de Ron quand tu savais que tu ne pouvais rien faire pour elle et que sa mère, qui était plus compétente que toi était juste à côté ?
Il se repassant la scène mentalement, cherchant une preuve que sa réaction était la bonne, mais n'en trouvait pas ; il se souvenait avant tout du sentiment de détresse qu'il avait ressenti. Il savait ce que cela faisait de souffrir, il savait ce qu'on ressentait quand on implorait le ciel de nous envoyer un sauveur et que personne ne venait. Dans son esprit était gravé l'image d'un enfant entrain de pleurer, et à cet instant cet enfant était une petite fille rousse assise sur un chariot à bagage avec de la fumée qui lui sortait des oreilles. Et Harry avait su que quoi qu'il arrive il ne pourrait jamais laisser cette personne pleurer sans rien faire. Et la réponse lui parut évidente. Il ne laisserai jamais quelqu'un d'autre souffrir sans rien faire, il avait beau être un trouillard, il ne pourrait jamais être insensible devant la souffrance d'autrui.
Harry senti le chapeau lui sourire. Et il sut qu'il avait fait le bon choix. La maison qui lui correspondait était : _
La grande salle plus silencieuse que jamais. Tout le monde -à part peut-être Draco- s'était attendu à ce que le choixpeau crie Gryffondor à la seconde ou il frôlerai les cheveux de Harry, mais les minutes s'étiraient et il restait silencieux.
Il n'était pas rare que le triage de certains élèves en particulier prenne du temps ; il était courant de dire que cela arrivait avec les individus à la personnalité trouble, ou à ceux qui avaient une magie si étrange qu'elle perturbait celle du Choixpeau, ou encore que c'était la marque des sorciers les plus puissant. Bien sûr, aucune de ces rumeurs n'était vrai, cependant cela n'empêchait pas les jeunes sorciers de spéculer à voix basse.
Même le professeur McGonagall, qui en son temps avait elle aussi été un choix difficile, se demandait si le survivant n'avait pas cassé le Choixpeau. Après la mort de celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, beaucoup avait soupçonné que le pouvoir du seigneur des ténèbres vivait toujours à travers le jeune garçon et que c'était pour cette raison qu'Albus avait tenu à le cacher, et même si elle n'était pas le genre de personne à prêter foi à ce genre de rumeurs, elle ne pouvait pas se demander si, d'une façon ou d'une autre, elle ne contenait pas un fond de vérité.
Le cas de Harry était bien étrange. Et l'expression de son visage y était pour beaucoup à cet état de fait. Il n'était pas rare de lire de l'excitation, de l'appréhension, du stress, de la peur, ou un air de défi sur le visage des première année qui passaient sous le Choixpeau. Ils s'asseyaient tous sur le tabouret, fermaient les yeux, et se tenaient immobile jusqu'à ce que le nom de leur maison soi connu. Mais pas Harry. Sur son visage passait tour à tour ; l'anxiété, la peur, la surprise, l'excitation, la déception, l'agacement, la concentration et l'ennui. On aurait dit plusieurs personnes qui se disputaient tour à tour le même visage. Plusieurs Serdaigles essayaient de trouver une cohérence dans la suite d'émotion, une logique, un fil de pensée qui pourraient expliquer à quoi pouvait bien penser le survivant, mais de leur point de vue cela n'avait ni queue ni tête.
Les chuchotages augmentaient au fur et à mesure, et bientôt tout le monde parlait dans la salle, chacun allant de sa propre théorie sur la question du survivant. Fred et Georges prenaient les paris sur la futur maison du survivant, et pour l'instant les deux en tête étaient Poufsouffle et Directeur, les choix juste après étant que le Choixpeau ordonnerai la création d'une nouvelle maison survivant. Chacun avait sa propre théorie sur la future maison de Harry, mais personne ne s'attendait à ce que l'artefact ancien de triage l'envoie à_
Serpentard !
La voix résonna dans le silence de la grande salle, Harry fut brutalement congédié de la présence du Choixpeau et eu l'impression que sa conscience était jetée sans délicatesse dans son corps. Il eut un peu le tournis, et une impression de bulle dans la gorge. Personne n'applaudissait. Le professeur McGonagall retira le chapeau sur la tête de Harry. Il leva les yeux vers elle. Elle le regardait d'un visage sans expressions.
C'était une erreur. Le choixpeau s'était trompé, il n'y avait aucune autre possibilité. Harry devait la convaincre, il devait la supplier de lui laisser une autre chance. Ce n'était pas ce qui était censé se passer, elle devait le comprendre, elle devait...
"Voulez-vous de l'aide pour vous relever monsieur Potter ?" sa voix était mesurée et calme, presque douce. Elle avait parlé si bas que personne d'autre ne pouvait les entendre.
Harry eu envie de pleurer, mais il savait que pleurer ne résolvait jamais rien.
"Est-ce que..." Hasarda-t-il d'une petite voix.
Mais la sorcière lui fit non de la tête. Il n'était visiblement pas le premier élève à avoir été déçu de sa répartition et les instructions étaient visiblement que personne n'avait droit à une seconde chance.
Harry se leva lentement. Il ne faisait pas confiance à ses jambes. Il quitta l'estrade en se tenant le plus droit possible et marcha jusqu'à la table Serpentard. Il ne regarda personne sur le trajet. Pas seulement parce qu'il ne voulait pas voir la déception sur leur visages, mais surtout parce que ses yeux emplis de larmes retenues ne lui permettaient pas d'y voir à plus de deux mètres devant lui. Il s'assit à une place vide. L'enfant suivant avait déjà été appelé, le chapeau l'envoya à Gryffondor. Harry aurai donné n'importe quoi pour être à sa place. Il tourna la tête vers l'estrade pour voir de qui il s'agissait. Son regard s'arrêta cependant sur un visage assis non loin de lui, de l'autre côté de la table Serpentard. Le visage d'un enfant blond aux yeux gris qui le regardait. Un visage qui lui souriait.
Draco Malfoy paraissait très satisfait de ce triage, et il regardait Harry comme un prédateur qui sait que sa proie ne peut plus lui échapper.
Ceci clôture le premier arc narratif. Comme promis je prendrai un jour ou deux pour m'assurer de la façon dont l'histoire se mettra en place et je reviendrai vite avec la suite.
Ne soyez pas trop déçu si vous n'aviez pas deviné juste, et dites vous que tout ce qui s'est passé à un but pour la suite du récit ! J'ai imaginé cette histoire autour d'une idée précise qui demandait que certains éléments soient en place pour pouvoir correctement s'exécuter. Si vous croyez savoir où ira la suite, soyez sur que vous avez tord ^^. Tous les personnages sont destinés à évoluer, pour le meilleur ou pour le pire, et rien ne dit qu'ils seront tous en vie à la fin. Parce que la vrai vie ne se préoccupe pas des fin joyeuses.
J'espère que vous avez pris autant de plaisir à me lire que moi à écrire, merci d'être resté avec moi jusqu'ici, j'espère que vous serez encore avec moi pour la suite.
Expecto Patronum !
