POV Éliane :

Je me réveille le lendemain matin. Le soleil venait à peine de se lever, le Gouffre était silencieux. Le calme avant la tempête… Je savais que je ne pourrais pas m'endormir alors je quittai ma chambre sans un bruit et me dirigea à l'extérieur.

Je marchai sur les remparts. Il y avait quelques soldats qui étaient de garde, trois pas plus, et ils surveillaient l'horizon au loin, guettant l'ennemi. Je savais que nous n'avions rien à craindre avant ce soir, mais je ne pouvais leur dire sinon ils n'auraient plus confiance en moi. Soudain, j'entendis des pas derrière moi. Je savais que les trois gardes réveillés étaient beaucoup plus loin et qu'ils ne quitteraient pas leur poste alors je me retournais, sur mes gardes. Je vit Legolas s'avancer vers moi. Je le fixai au plus profond de son regard, et je senti les larmes me monter aux yeux encore une fois. Je passais à côté de lui afin de quitter l'esplanade, mais il me retint par le bras.

- Écoutez moi, je vous en prie. Je ne voulais pas dire ça, je ne l'ai jamais pensé, me dit-il.

- Ah bon, vous ne l'avez jamais pensé ? Mais c'est vrai ça, vous avez seulement pensé que « Décidément, je ne faisais pas tout de travers » ou encore que je ne savais pas me battre contre des Wargs, que j'étais une incapable !

Il blêmit un peu.

- Vous avez lu…

- Oui, exactement.

- Écoutez, ce n'est pas ce que je voulais dire, ou penser. Seulement je…

- Non, vous, écoutez moi. Que vous ayez ou non pensé ce que vous avez dit, cela ne changera jamais le fait que vous m'avez réellement blessé. Vous ne savez pas ce que j'endure depuis que je suis arrivé ici et ce n'était pas la peine d'en rajouter. Peut-être que oui, vous avez fait l'effort de vous excusez, mais je ne suis pas prêtes pour vous pardonnez, pas tout de suite en tout cas.

- Si je vous ai fait du mal…

- Oui, vous m'avez fait du mal… Beaucoup plus que vous ne pouvez l'imaginer, Legolas.

Cette fois, je ne lui laissai pas le temps de répliquer. Je quittai le haut des remparts à la vitesse de l'éclair et me mit à arpenter les rues encore vides. Même si il avait voulu bien faire, racheter ses torts, je ne pouvais nier le fait qu'il m'avait fait mal. La journée passa très vite. J'aidai autant que je pouvais à organiser les défenses, à aider des familles à se déplacer, à préparer les vivres pour le siège et même à enseigner quelques coups à ceux qui ne savaient pas se battre. Comme ça, ils seraient en mesure de se défendre. Je sentais toujours le regard de l'elfe dans mon dos, mais je tentais de ne pas y faire attention, de l'ignorer complètement. À mon plus grand soulagement, il ne vint pas me voir du reste de la journée. Je parti ensuite à la forge, suivit de Legolas.

- Attendez ! cria-t-il, à mon intention surement.

Mais je ne l'écoutais pas.

- S'il vous plait, attendez !

- Je vous ai déjà dit ce que je pensais de vos excuses, Legolas, sifflais-je.

- Je sais. Je voulais seulement vous demander d'être prudente durant la bataille.

Puis, il partit à contre- cœur, cela se voyait dans son regard. Peu importe, j'allais à la forge en sachant ce qui m'y attendait.

- Fermiers, forgerons, garçons d'écuries, aucun n'est soldat, dit Aragorn tandis que j'entrai.

- Certains ont vu passer trop d'hivers, ajouta Gimli.

- Ou trop peu. Regardez les, ils sont terrifiés !

Personne ne répondit alors il poursuivit en elfique.

- Cela se comprend, à trois cent contre dix mille !

- Ils se défendront mieux qu'à Edoras ! répondit Aragorn (en elfique)

- Aragorn ! C'est une bataille qu'ils ne pourront pas gagner ! Ils mourront tous !

- Alors je mourrais avec eux !

Le rodeur avait hurlé sa dernière phrase. Tous s'étaient retournés vers eux alors je m'avançais. Legolas quitta la forge d'un pas rageur et je mit ma main sur l'épaule du Dunedain.

- Qu'est-ce qu'il lui prend ? me demanda-t-il.

- Il est nerveux. Il est inquiet pour sa sœur, il a peur d'échouer ici et de ne pouvoir aller l'aider après la bataille. Croyez moi, il m'est très dur de ne pas vous informer sur l'issu de ce combat.

- Nous gagnerons, coute que coute.

- Exactement. Legolas viendra vous voir tout à l'heure. Il n'est pas stupide, il sait qu'il s'est emporté contre vous et il viendra vous présentez ses excuses.

- Et vous, avez-vous accepter les siennes ?

Je me rembrunit.

- Non, je ne peux lui pardonner immédiatement. C'était… c'était des paroles très dures qui, pensées ou pas, m'ont blessées. Il faudra plus que quelques mots pour me faire oublier ça.

- Je comprends mais n'étirer pas trop le temps, Legolas a d'excellents sentiments à votre égard.

Puis, il partit. Je le suivit et, alors que nous descendions jusqu'à la porte du Gouffre, une grande clameur se fit entendre. Les elfes venaient d'arriver et venaient nous aider. Nous reconduisîmes le capitaine de la garde et quelques autres soldats elfes. Haldir m'évitait soigneusement, mais je n'allais pas m'en plaindre. Aujourd'hui, je le sauverais, peu importe le prix à payer. Vous savez, ce passage, celui où Haldir se fait tuer, c'est comme dans le roi lion. On voit le moment ou Mufasa meurt et, même si c'est la cent cinquantième fois qu'on le voit, on pleure. C'est la même chose pour Haldir sauf que, cette fois, j'allais changer un peu le cours des évènements. Quand nous entrâmes, Theoden regarda les elfes d'un air ahuri.

- Mais comment est-ce possible ?

- Autrefois existait une alliance entre les elfes et les hommes. À cette époque, nous avons combattus et périt ensemble. Il est temps d'honorer cette allégeance !

- Vous êtes plus que bienvenus ! s'écria Aragorn.

Il serra Haldir dans ses bras (gay) puis nous sortîmes dehors. Je vis alors Elladan et Elrohir s'avancer vers moi, le sourire au lèvres.

- Éliane ! m'héla le premier.

- Les garçons ! Vous venez vous battre avec nous ?

- Tu vas te battre ?

- Bien sur ! Et ne tenter pas de m'en dissuader.

- Où est Alicia ? me demanda alors Elladan.

- Isengard.

Devant leur regards terrifiés, je leur expliquai en quelques mots l'histoire. Ils me quittèrent ensuite. Je m'installais sur les remparts, assez loin de Legolas mais assez proche pour pouvoir entendre ma réplique préférée.

- Vous auriez pu choisir un meilleur endroit, bougonna Gimli. Je ne vois rien.

- Désirez vous que je vous décrive tout ce qui se passe où vous voulez que j'aille chercher un banc pour que vous puissiez monter dessus ?

Le nain grommela des injures dans sa langue natale (que je comprenais et je pouvais assurer que ce n'était pas très très flatteur). L'armée de dix mille Uruk- hai se tenait devant nous et l'un des archers laissa partir sa flèche, ce qui déclencha le début de la bataille. Aragorn lançait des ordres à tout va, des cris de rage, de peur et de douleur retentissaient de partout. La terre tremblait un peu et il s'était mis à pleuvoir un peu plus tôt. L'orage planait, il allait éclater d'un moment à l'autre. Le combat dura très longtemps. Orques après orques, Uruk- hai après Uruk- hai, je me débarrassais de tous les monstres que je croisais. Soudain, il y eu une violente explosion. Le mur venait de sauter. Aragorn sonna la retraite. Soudain, alors que je suivais la masse des hommes qui fuyaient, je vis Haldir en difficulté. Je me précipitais et, alors que l'orque allait lui abattre son épée derrière la tête, je bloquai la lame et lui enfonçai la mienne dans le ventre. Mon adversaire tomba au sol et j'aidai Haldir à se relever. Il me regardait d'un regard nouveau, où se mêlaient respect, admiration et gratitude. Je n'y fit pas vraiment attention et je retournai dans la bataille, fauchant plusieurs têtes au passage. Nous nous enfermâmes dans le palais, barricadant la porte tandis que le roi se décourageait.

- Tout est fini, il n'y a plus d'espoir !

- Cessez donc de geindre et de nous casser le moral et venez nous aider ! dis-je d'une voix forte en continuant de mettre tous les objets qui me tombaient sous la main devant la porte.

- Votre nièce et votre peuple sont dans les cavernes. Il nous faut continuer de nous battre ! tonna Aragorn.

- Vous avez raison, dit Theoden en reprenant confiance.

Nous nous retrouvâmes quelques minutes plus tard sur des chevaux, devant l'immense armée qui avançait vers nous.

- Que l'aube soit rouge ! hurla le roi.

Soudain, les premières lueurs du cinquième jour apparurent, laissant vois Gandalf, Eomer et ses hommes plus loin.

- Rohirrims ! cria Eomer.

Ses soldats suivirent son ordre et ils foncèrent à l'assaut. Désirant pouvoir participer une dernière fois à cette mémorable bataille, je fonçait moi aussi, laissant les autres en plan.

- Pour le Rohan ! hurlais-je en me jetant dans les combats.

Contrairement à ce que je m'attendais, tous les soldats qui étaient encore vivants répétèrent après moi et sautèrent dans la mêlée. Bien vite, les Uruk et les orques se retrouvèrent en minorité et le reste des troupes de Sauron fuit dans la forêt. Nous nous arrêtâmes à quelques mètres des bois et les cris de nos ennemis survivants se firent entendre cinq secondes plus tard tandis que les arbres se déplaçaient, les écrasant sous leurs racines. Puis, le silence se fit. Nous avions gagné.

POV Alicia :

Après que Saroumane m'ai versé la potion sur la tête et que j'ai hurlé le nom de ma meilleure amie, j'ai perdu connaissance. Je me réveillais à nouveau dans mon lit.

-Il ne faudrait pas que ça devienne une habitude, pensais-je, trois fois en trois jours, je pense que c'est bien assez.-

Puis, quelqu'un cogna à ma porte. Super, le timing ! En tout cas, Fougueron entra et me fit signe de le suivre. Docile, ne désirant pas me le mettre à dos maintenant, je le suivais sans discuter. Nous entrâmes encore une fois dans la salle du trône, où attendait Saroumane. Un sourire machiavélique s'étira sur son visage de vieille pomme ridée quand il me vit. Il chassa Fougueron d'un geste sec de la main et, dès qu'il sortit, je croisai mes bras.

- Que m'avez vous fait ?

- C'est très simple. Étant donné que tu ne voulais pas te montrer coopérante, j'ai modifié tes souvenirs.

- Ce qui veut dire, en plus clair ?

- Tes souvenirs vont se changer au cour des prochains jours et ce, sans que tu ne t'en rende compte. Bientôt, très bientôt, tu auras l'impression de toujours avoir été ennemie avec tes chers compagnons. Pour toi, ils auront toujours tenté de te faire du mal et tu serviras Sauron comme… comme sa propre fille.

- Non… Non, non, non !

Même si je ne voulais pas me montrer faible devant lui, je m'écroulai sur mes genoux, prenant mon visage ruisselant de larmes entre mes mains et secouant doucement la tête, comme si cela pouvait changer la réalité.

- C'est un cauchemar, je vais me réveiller…

- Non, ceci est bien réel.

- Quel est l'antidote à ce maléfice ?

Il ricana quelques secondes.

- Tu crois que je suis assez stupide pour te donner cette réponse ?

- Oui.

Il arbora un étrange sourire malveillant, encore une fois.

- Encore arrogante, à ce que je vois. C'est une autre de tes caractéristiques qui s'effacera prochainement.

- Vous mentez, répondis-je, encore sous le choc.

- Ah bon ? Donne moi un seul exemple d'un moment où l'un des tes proche n'a pas tenté de te tuer ?

- Je… Je…

Mais je fut incapable de répondre. Tous les bons moments que j'avais passés avec quelqu'un que j'aimais avait été remplacés et, désormais, à chaque fois que j'y pensais, la ou les personnes avec qui je me trouvais me faisaient du mal.

- Et bien, on dirait que mon sortilège agi plus rapidement que prévu, et c'est tant mieux. Maintenant, deux Uruk vous reconduiront à votre chambre et vous pourrez vous reposez. De la nourriture vous sera apporté dans quelques heures. Aussi, vous ne vous rappellerez même pas cette conversation.

Je n'eu même pas la force de protester ou de lancer une réplique cinglante. Les Uruk me soulevèrent de force et me trainèrent presque jusqu'à ma chambre-prison-noire. Je passai le reste de la journée à me morfondre.

Le lendemain, je me réveillai. L'Isengard venait de se vider, la bataille de Helm n'allait pas tarder. Bien entendu, ces chiens du Rohan allaient gagner, avec cette peste d'Éliane et ce traitre de Legolas. Ce que je les haïssais ceux là ! Ils voulaient seulement se servir de moi afin de parvenir à leurs fins, pour ensuite se débarrasser du « Fardeau » que j'étais. Quoi, non ! Non, je ne pouvais pas penser ça ! Oh mon dieu, je devenais un deuxième Gollum ! J'avais un bon et un mauvais côté et mon mauvais côté prenait le dessus. Alors que je tentais de reprendre mes esprits, les visages de tous ceux qui m'avaient été chers durant toute ma vie m'apparurent une dernière fois. Après, une noirceur m'envahit l'esprit l'espace d'une seconde. Puis, la face d'Éliane me revint en mémoire. Cette petite garce ! Je la détestais, toujours à vouloir me voler la vedette, toujours à m'humilier, à m'utiliser ! Ce que j'avais été naïve en pensant ne serait-ce qu'un seul instant qu'elle était mon amie ! Et les autres, tous ceux que j'avais connu, me détestaient aussi. Même ma « mère » me disait sans arrêt que je n'étais qu'une incapable qui faisait honte à la famille ! Une colère noire m'envahit et j'eu une idée. Je m'approchai de la porte de ma chambre et constatai qu'elle n'était pas verrouillée. Je l'ouvrai et regardai dans le couloir. Aucun orque, Uruk, Fougueron ou autre serviteur de Saroumane en vue. Parfait. Je sortit et me mit à marcher jusqu'à la salle du trône. Je cognai, la voix trainante du magicien blanc m'ordonna d'entrer, ce que je fit. Quand il me vit entrer sans escorte, il écarquilla les yeux. Je ne lui laissai même pas le temps de me poser une question.

- Durant toutes ces années, tous ceux que j'ai connus se sont servis de moi et m'ont trahis. Aujourd'hui, je revient sur le droit chemin et je les trahit à mon tour.

Un sourire perfide se dessina sur les lèvres de l'Istari.

- Très bien. Sachez que si vous nous rejoignez, vous serez considéré comme l'égale de Sauron seulement, ici, c'est moi qui dirige.

- Comme vous voudrez… maitre.

POV Éliane :

Cela faisait des jours que j'avais quitté le Gouffre de Helm avec Gandalf, Aragorn, Gimli, Theoden, Eomer et Legolas. Nous étions partis peu de temps après notre victoire et nous nous dirigions vers l'Isengard pour trois raison : Ramasser Merry et Pippin, parler à Saroumane et libérer/sauver Alicia enfin, si il y avait encore quelque chose de vivant à sauver. Je frissonnai à l'idée de découvrir son cadavre et Legolas s'approcha de moi.

- Je peux vous prêter ma cape si vous avez froid, me dit-il galamment.

- Non, merci, je vais très bien. Pas la peine de vous occuper d'un « fardeau » comme moi ! sifflais-je d'une voix dure et très froide.

Il resta interdit quelques secondes, puis s'éloigna en grommelant. Je l'avais averti, pourtant, que ça prendrai du temps ! En même temps, ça me touchai qu'il tente ainsi de se racheter mais bon, ça, je n'allais pas le lui dire ! Soudain, la tour d'Orthanc fut en vue.

-J'arrive, Ali, ne t'inquiète pas-

- Ils arrivent.

J'avais dit ça d'un ton plein de méprit et de haine. Ces imbéciles me sous-estimaient.

- Vous savez, viendra le temps où je mourrais, dit Saroumane d'une voix lasse. Je sais que je ne survivrais pas à cette guerre, je le sent.

- C'est vrai, en effet, mais ainsi vont les choses.

- J'aimerais que, quand je quitterais cette vie, vous vous débarrassiez de tous ceux qui formaient la Communauté de l'Anneau et de tous les ennemis de notre maitre à tous.

- Je vous le promet, maitre.

POV Éliane :

Nous venions d'entrer en Isengard quand je vis, plus loin, perchés sur un mur, Merry et Pippin en train de fumer du Langoulet. Ils sourirent en nous voyant.

- Mes seigneurs, gente dame, bienvenu en Isengard ! s'écria Merry.

- Oh, jeune coquins ! Vous nous avez fait faire une belle chasse et nous vous retrouvons finalement en train de manger… et de fumer ! s'écria Gimli.

- Nous sommes assis sur le champs de la victoire et savourons quelques réconforts bien mérités, ajouta Pippin. Le porc salé est particulièrement savoureux.

- Le proc salé ?

Je souris en voyant Gimli saliver.

- Les Hobbits ! se moqua Gandalf. Allez, descendez maintenant !

Ils laissèrent à contre- cœur le garde- manger derrière eux et, après les avoir fait monter sur nos chevaux, nous nous arrêtâmes en bas de la tour. Aragorn venait d'appeler Saroumane, qui apparut quelques secondes plus tard tout en haut. Ne voyant pas Ali, cela ne me rassura guère. Puis, tout se passa très vite. Saroumane et Gandalf ont parlés, le premier a insulté Theoden puis, voulant détruire Gandalf, le bâton du magicien blanc fut détruit. Grima poignarda l'Istari puis se fit tuer par une flèche. Le serviteur de Sauron tomba en bas de la tour d'Orthanc, s'empala sur la roue qui tourna sous son poids et il finit en dessous de l'eau. Pippin ramassa le Palantir et se fit sermonner par notre nouveau magicien blanc. Je vis alors un Ent, reconnaissable entre tous, qui s'avançait vers nous.

- Sylvebarbe ! Hurlais-je. Aurais-tu les clés de la tour ?

- Bien sur ! Mais pourquoi voudriez vous les avoir, humaine ?

- Car ma sœur est sans doute à l'intérieur, anciennement prisonnière de Saroumane et de Sauron.

- Regardez, regardez ! s'écria soudain Merry.

Il pointai quelque chose sur la tour. Nous levâmes les yeux au ciel et je vis Alicia, sur le balcon. Elle faisait vraiment peur à voir avec sa robe noire, son teint blanc et les nombreuses cicatrices qui parcouraient son visage. Elle nous fit un signe de la main, auquel je répondis en souriant.

- Alicia ?

- Je vais bien. Pourriez-vous ouvrir la tour ?

- On arrive, attends nous en bas !

J'étais si heureuse ! J'allais revoir ma meilleure amie ! J'espérais qu'elle aille bien. Sylvebarbe me tendis les clés et, après plusieurs essais infructueux, je parvint à trouver la bonne. Les portes s'ouvrirent et je reculais. Tout à coup, Ali apparut. Legolas courut vers elle afin de la prendre dans ses bras. Je vis à la dernière seconde les yeux entièrement noirs de mon amie et son sourire sadique. Avant que quiconque ne puisse réagir, elle fit apparaître son épée double et l'abattit sur l'elfe. Bien qu'un peu surpris, il réussit à parer le coup et à reculer jusqu'à nous.

- Mais qu'est-ce qui te prends ? S'écria-t-il.

- Ce n'est pas elle ! Elle est en quelque sorte possédée !

- Comment ça ?

Le prince de Mirkwood semblait réellement paniqué. Ali repassa à l'attaque sauf que, cette fois, c'est moi qu'elle visait.

- Ali, souvient toi, je suis ta meilleure amie ! tentais-je.

- Je n'ai jamais eu d'amis, encore moins toi ! gronda-t-elle.

Elle était vraiment douée avec une épée double. Soudain, je perdit mon arme et je vis l'une des lames se diriger vers moi. Alors que je sentais ma dernière heure venir, une épée bloqua celle d'Éliane. Aragorn. Tous mes compagnons, sauf Theoden et Eomer, passèrent à l'attaque, tentant tant bien que mal de la retenir. Même les Hobbits s'y mettaient. Soudain, Aragorn et Legolas, aidés de Merry, Pippin et Gimli, réussirent à la maintenir sur place. Gandalf s'avança vers mon amie. Elle ressemblait à une véritable furie. Gandalf tenta toutes sortes d'incantations, mais rien ne fonctionna. Soudain, j'eu une sorte de réflexe et je m'avançai vers elle malgré les protestations de tous les autres. Je sentais une puissance magique inouïe couler en moi. Je plaçais alors mon majeur et mon index sur son front. Une éclatante lumière blanche illumina la tour d'Orthanc et tous durent fermer les yeux. Quand nous les ouvrîmes à nouveau, Ali avait cessé de se débattre et s'était effondrée dans les bras d'Aragorn. Sa robe était devenue blanche et elle avait reprit des couleurs.

- Tu as réussi… me dit Legolas. Merci.

Je ne répondit que par un mouvement de la tête et il prit sa sœur dans ses bras. Elle semblait plus endormie qu'évanouit, ce qui me rassurait un peu sur son état. Nous reprîmes ensuite la route vers Edoras. Nous arrivâmes là-bas deux jours plus tard. Ali ne s'était toujours pas réveillée et cela m'inquiétait au plus haut point. Finalement, nous arrivâmes à la capitale du Rohan et, tandis que nous nous occupions de nos chevaux, Legolas se précipitait à l'intérieur, sa sœur dans ses bras. Il l'emmenait surement à l'infirmerie. Je suivit la même route dix minutes plus tard et je rencontrai Eowyn en chemin.

- Vous êtes revenus ! s'écria-t-elle en se jetant dans mes bras.

Mais, en voyant mon air triste, elle recula un peu.

- Est-ce que tout le monde va bien ?

- Nous avons retrouvés Alicia seulement… Elle est prisonnière d'une sorte de coma. Legolas l'a emmené à l'infirmerie. Elle est inconsciente depuis maintenant deux jours !

- Tu veux que je te montre le chemin ?

- Merci.

Elle me guida dans les couloirs en tentant de me changer les idées. Puis, nous arrivâmes devant la porte qui menait à l'intérieur de l'infirmerie. Elle me laissa entrer seule et partit. J'entrai et je vit Legolas, à moitié endormi sur une chaise, au chevet d'Ali. J'eu un pincement au cœur en me rappelant que c'était en partie ma faute si elle était comme ça. Legolas se retourna brusquement.

- Vous devriez allez prendre un peu de repos, lui dis-je. Je veillerais sur elle pendant ce temps.

Il me remercia encore une fois tandis que je prenais sa place sur la petite chaise. Puis, avant qu'il ne quitte la salle, je lui dit, d'une petite voix :

- Sachez que je vous pardonne, Legolas.

Je pouvais presque le voir sourire.

- Mais c'est pour Ali que je fais ça et SEULEMENT pour Ali.

- Très bien.

Puis, il sortit.

Voilà le chapitre 14, qui a mal posté. Désolée pour ça!