"Bienvenue, chères élèves, dans la maison de l'excellence.

Je serai, pendant la prochaine année, votre professeur référent et le directeur de Maison. Serpentard, dotée d'un noble et grand passé, ne jouis plus de l'état de grâce qui était sien il y a bien longtemps. Ceux d'entre vous qui ne l'avais pas encore remarqué devrai vite apprendre qu'être réparti chez nous ne vous attirera pas les faveurs des autres maisons ; vous ne serez pas les favoris, on vous pointera du doigt, vous serez moqué, insulté publiquement et pire encore. Mais jamais, je dis bien JAMAIS vous ne devrez les laisser vous rabaisser.

Quel que soit la voix que vous aurez choisi, appliquez y toute la force de votre détermination et vous serez inarrêtables. Le monde est rempli de sages idiots ; croyez-moi sur parole, les êtres humains excellent dans l'art de la stupidité. N'oubliez jamais cependant que vous êtes humains vous-même ; ne tombez jamais dans leur travers ! Ne vous sentez pas à l'abri de l'erreur et soyez plus strict avec vous même qu'avec qui que ce soit d'autre ! Vous qui aspirez à la grandeur, vous soyez irréprochable, car nombreux sont ceux qui n'attendez que de vous voir trébucher !

Entre les murs de cet illustre établissement, je veillerai à ce que personne, et je dis bien personne, ne vous malmène à cause de notre Maison, mais une fois dans le vrai monde, vous serez livrés à vous-même. C'est pourquoi, dès aujourd'hui, ne vivez que pour atteindre un seul objectif : le pouvoir. Ne vous contentez jamais du minimum, visez des hauteurs encore inégalées, vous êtes ici parce que vous avez le potentiel pour faire partie de l'élite ! Mais les places sont limitées au sommet, et rien ne me désole plus que le potentiel gâché.

J'attends beaucoup de vous. Les yeux du monde magique entier sont braqués sur vous. Il n'appartient qu'à vous de les éblouir. La grandeur est notre illustre fardeau et c'est à vous désormais de le porter.

Bienvenue à Poudlard, Soyez de fier Serpentards"

Discours du professeur Rogue aux élèves de première année.


Le jour suivant c'est était quartier libre ; une idée du directeur pour laisser aux nouveaux arrivants le temps de se familiariser avec leur nouvel environnement et le premier endroit où Harry se rendit fut la bibliothèque. Il ne connaissait rien de la culture du monde sorcier et s'il ne voulait pas que "l'incident moldus" se répète, il allait devoir combler ses lacunes au plus vite. Comme il s'en doutait, il n'y avait pas de livre "le monde sorcier pour les nuls" et il doutait de trouver "sang-de-bourbe" ou "cracmol" dans un dictionnaire -ce qui ne l'avait pas empêché de vérifier, et en effet ils n'y figuraient pas.

Le temple du savoir de Poudlard était un dédale de rayonnages organisé selon un agencement à l'air totalement aléatoire ; en entrant on arrivait dans un grand espace composé de plusieurs rangées de tables où étudier, entouré de rayonnages parallèles. Mais plus on s'enfonçait dans les sections, plus la géométrie devenait ésotérique. Harry ne le remarqua pas pourtant pas, il ne faisait pas vraiment attention à où il allait, il suivait juste les titres des livres qu'il voyait et en déduisait les sections. Une chance pour lui, car dans les espaces à géométrie non euclidienne de Poudlard, c'était le seul moyen de retrouver son chemin.

Harry avait bien sûr commencé par feuilleter ses manuels, mais à part ceux d'histoire et les mathématiques -manuel dont le titre était d'ailleurs mal orthographié- il devait bien admettre qu'il lui manquait beaucoup de références et de vocabulaire. Il avait donc fait la seule chose logique pour lui, aller à la bibliothèque la plus proche. Et au bout de quelques minutes il avait réalisé deux choses : premièrement il ne savait pas par où commencer, deuxièmement s'il devait s'arrêter pour lire chaque livre dont le titre lui faisait envie il ferai tout aussi bien d'emménager ici pour le restant de l'année.

Il finit par s'asseoir par terre au pied d'un rayonnage et commença par un livre sur les sorts les plus couramment utilisés. Perdu en plein milieu de cette jungle de papier personne ne pourrai le trouver et en un sens ce n'était pas plus mal après la soirée d'hier. Il sorti son journal pour comparer les notes qu'il avait pris de son livre de sortilèges et essayer de trouver des patterns récurent, des termes synonymes, n'importe quoi qui pouvait lui permettre de mieux comprendre ce qu'il lisait.

Harry n'avait pas emmené beaucoup de choses de son monde d'origine, une vieille montre qu'il avait trouvé dans le grenier de Mlle Figg, la vielle dame qui lui servait de babysitteuse occasionnelle lorsque les Dursley partaient en vacance -elle avait été assez gentille pour le laisser la garder- et son journal. C'était un vieux cahier de son cousin qu'il n'avait jamais utilisé, à part pour y écrire son nom et le mot mathématiques sur la première page -sans doute la raison de la virginité des pages du dit cahier- et Harry en avait hérité lorsqu'il fallut que lui aussi acquiert du matériel scolaire. Il l'avait gardé depuis et s'en servait comme journal à idées, il y écrivait les choses qu'il ne voulait pas oublier, les choses qui l'intéressaient et ses rêves les plus intéressants -et étranges.

Au bout d'une heure, il dû admettre qu'il avançait, mais pas assez vite à son goût. Et il dû aussi reconnaître que le mal de dos causé par sa position n'y était pas étranger. Pourtant il n'avait pas envie de retourner dans la section principale, il appréciait le silence et la solitude de son coin de bibliothèque et n'avait pas franchement envie de voir du monde, mais il devait bien se rendre à l'évidence, sa colonne vertébrale craquerai bien avant sa détermination. Il finit par se lever et remonta l'arborescence du dédale littéraire en continuant la lecture de son livre. Il aurait pourtant dû savoir, après l'incident des escaliers, qu'à Poudlard on ne va pas toujours là où l'on veut aller, mais souvent là où l'on doit être.

Il finit par aboutir dans une trouée parmi les rayonnages où trônait une table solitaire. Il n'était pas à proximité de la section centrale, et il était sûr de ne pas être passé par là à l'allée. Bien sûr, il n'aurait pas pu deviner que cette table et cette trouée n'existaient pas il y a encore une minute. Il s'assit tout de même, trop heureux de pouvoir savourer la quiétude de son isolement et repris ses notes, laissant son esprit divaguer tandis qu'il tournait les pages.

Après la cérémonie personne ne lui avait adressé la parole dans sa nouvelle maison, et il n'avait rien fait pour y remédier. À qui aurait il put s'adresser de toute façon, Draco ? Il valait mieux l'éviter jusqu'à nouvel ordre. Les jumelles ? Elles n'avaient pas l'air très... loquaces. Harry les avaient ente-aperçues un peu plus loin sur sa rangée, mais elles auraient tout aussi bien pu s'être changées en statues de marbre qu'il n'aurait pas été capable de faire la différence ; elles se contentaient de regarder devant elles d'un regard vide. Et de toute façon, même si elles savaient parler, rien n'indiquais qu'elles voudraient lui parler à lui. Si le monde magique attendait de lui qu'il devienne un héros comme le pensait Draco, il ne devait pas avoir beaucoup de fan chez les Serpentards.

"Bonjour."

En sortant de la Grande Salle, il avait vu Ron un peu plus loin et l'avait appelé. Le roux s'était retourné et l'avait regardé. Harry n'avait pas su comment interprété ce regard, mais il avait perdu toute la chaleur qui s'y trouvait encore quelques heures plus tôt. Sans un mot il s'était retourné et était parti rejoindre d'autres Gryffondor. Harry avait ressenti l'effet d'une gifle. Mais au moins le message était clair : ils n'étaient pas amis. Cela n'aurait pas dû surprendre Harry, et pourtant... En y repensant, pourquoi il l'avait cru en premier lieu ? Il n'avait pas vraiment tissé de liens avec lui. Avec personne autre d'ailleurs à part Neville -et Draco, mais ça il ne voulait plus y penser- qui il avait été le seul à lui tendre la main et à vraiment essayer de sympathiser. Et maintenant qu'il savait où regarder, c'est vrai qu'il n'avait pas volontairement cherché la compagnie de qui que ce soit d'autre : Ron lui était tombé dessus -ou plutôt l'inverse, mais le détail n'avait guère d'importance-

"Potter ?"

Draco l'avait plus kidnappé qu'autre choses et là encore, ça n'avait pas été de son fait, juste une partie du plan élaboré depuis longtemps par un gosse de riche manipulateur, il ne savait rien de Harry à part qu'il était le survivant. Il n'avait pas désiré Harry, mais son titre. Et même si Hermione l'avait sauvé, elle l'avait subi plus que désiré. Elle avait déclaré qu'ils étaient amis, mais Harry était-il vraiment visé en tant que personne ou en tant que membre du groupe ? Était-il un accident, un dommage collatéral qu'on supportait mais ne désirait pas vraiment ?

"Harry Potter ?"

Après tout qu'avait-il accompli ? Il ne connaissait rien à leur monde, il ne savait même pas comment se faire de vrais amis. Il n'était pas un héros de guerre comme tout le monde voulait le penser, il avait gâché l'image du survivant, il avait trahi toutes leur attentes, pas étonnant que personne ne voulais lui parler !

"Excuses-moi ?"

Harry sursauta. Il failli tomber de sa chaise.

"Désolé, je t'ai appelé mais tu ne m'a pas entendu."

Il ne répondit pas. Il regardait, les yeux écarquillés, la jeune fille qui s'adressait à lui. Elle portait les couleurs de Serpentards.

"J'ai entendu dire que tu avais formé une alliance avec la famille Malfoy ?"

Les nouvelles circulent vite à Poudlard. Quoi que, Draco s'était arrangé pour que le plus de gens possible sachent qu'il tendait la main à Harry, il s'était sûrement empressé de répandre la nouvelle.

"Au vues de sa réputation, je pense que tu pourrais avoir besoin de plus d'alliés, si tu ne veux pas qu'on pense que tu es comme lui."

Ça Harry y avait déjà pensé tout seul, que lui voulait donc cette fille ? Ses yeux verts pétillaient quand elle annonça :

"Alors, je voulais que tu saches que tu as d'autres options."

Quoi ?

Harry avait l'expression et la posture d'un chaton effrayé ; prêt à s'enfuir ou à attaquer au moindre signe de danger. Bien sûr, il ne pouvait pas se voir lui-même, mais son interlocutrice, si. Cette information eut elle une influence sur sa déclaration suivante ? Ou tout ceci faisait il partie d'un plan depuis longtemps élaboré ?

"La maison Greengrass est prête à faire alliance avec la maison Potter, si cela te conviens. Nous ne sommes pas aussi influent que les Malfoy, mais pas loin derrière. Et nous avons de très nombreux alliés qui seraient ravis d'apporter leur soutiens au survivant."

Il ne fallait pas être un géni pour deviner que les Malfoys avaient des opposants politiques -la plus part des habitants de l'Angleterre magique pour commencer- mais s'allier avec l'ami de votre ennemi... Ça n'avait pas de sens. Que voulait-elle vraiment ?

"Tu n'es pas obligé de répondre tout de suite, mais si l'offre t'intéresse, tu peux venir me trouver à tout moment, je m'appelle Daphné. Et tout le monde ne voit pas d'un mauvais œil que tu aies été réparti à Serpentard. Je sais ce qu'on raconte sur notre maison, mais si tu fréquentes les bonnes personnes te réaliseras que les serpents ne mordent pas que pour attaquer."

Et avec un sourire qui se voulait charmeur, elle signa :

"L'herbe est toujours plus verte dans le camp des Greengrass. N'oublies pas : Daphné. J'attendrai ta réponse."

Et elle s'en fut d'une démarche gracieuse, faisant rebondir ses boucles brunes...

Qu'est-ce qui vient de se passer ?