Quand vint l'heure du déjeuner Harry comprit qu'il ne pourrait pas sauter deux repas de suite et qu'il allait bien falloir qu'il accepte de remettre les pieds dans la grande salle. Il quitta donc à regret la bibliothèque pour se rendre d'un pas traînant vers_
"Harry ! Quelle bonne surprise, ça m'fait plaisir d'te voir chez moi !"
"Bonjour Hagrid !"
Trouillard.
Harry l'ignora. Il ne pouvait pas négocier avec son estomac, mais rien ne l'obligeais à subir le regard des autres s'il pouvait l'éviter.
"Tu tombes bien, j'allais casser la croute ! Tu ma f'rais bien le plaisir de t'joindre à moi ?"
"Bien sûr !"
Tôt ou tard, tu devras bien arrêter de te cacher tu sais ?
Alors autant s'arranger pour que ce soit le plus tard possible.
"Désolé d'pas avoir pu v'nir à la répartition, y'avais du grabuge hier soir dans la forêt, t'aurais vu ça !"
"Pas le peine de t'excuser, tu n'as pas raté grand-chose…"
"Pas grand-chose ? I'm'dit pas grand-chose ! Ha ! J'sais pas comment ça s'passe chez les moldus, mais par ici ton pas grand-chose ça s'appelle une soirée à casser la baraqué c'est moi qui t'le dit ! Bwa ha ha ha !"
La bonne humeur du géant était contagieuse, et peu à peu Harry se laissa gagner par l'atmosphère chaleureuse de sa petite maison. Bien que "petite" était un concept plutôt relatif quand il s'agissait d'Hagrid. Les proportions de l'endroit était clairement démesurée pour par rapport à celle d'un humain normal.
"C'est vrai, je dois avouer que c'était plutôt chouette."
"J'aime mieux ça ! Bwa ha ha !"
Harry aimait bien l'homme. Il se dégageait de lui une aura de simplicité et de bonne humeur qui l'apaisait. Et même s'il ne comprenait pas toujours toutes ses expressions et que son rire avait tout d'un aboiement de molosse enroué, il aimait l'écouter parler et Hagrid de son côté ne se faisait pas prier pour remplir la part de Harry de la conversation. Il ne semblait jamais manquer d'anecdotes sur les animaux de la forêt dont il avait la charge. Harry l'écouta parler pendant au moins une heure, tout en avalant un ragoût trop cuit, composé de légumes -ou de viandes ?- qu'il était incapable d'identifier, mais la compagnie du géant suffisait à compenser ses piètres talents de cuisinier.
Puis vint la question fatidique.
"Alors, tu te plais à Gryffondor ?"
"..."
"A mon époque c'tait la maison où i's'passait toujours que'qu'chose! Ha ! T'aurais vu ton père à c't époque, c'tait un sacré trublion c'moi qui t'le dit ! Bwa ha ha !"
"..."
"Quoi qu' maint'nant qu' j'y pense, c'est p'tèt mieux qu' tu l'ai pas vu a c't âge-là, mieux vaudrai pour toi qu' t'ai plus pris du côté d'Lily, ça t'évit'ra pas mal d'ennuis, Bwa ha ha !"
"..."
"Bah alors, les elfes de maison t'on prit ta langue ? Bwa ha... ha... ha ?"
"..."
"Qu'est c'qui va pas mon p'tit bonhomme ? Et pourquoi t'es pas v'nu avec tes potes ? Pas qu' ça m'dérange de t'voir, au contraire, mais vous aviez l'air copain comme cochons..."
"..."
"Heu... Y'a eu une dispute ?"
Harry secoua la tête, il n'osait plus regarder le géant dans les yeux.
"Oh ! T'as pas... Oh... Tu sais... C'est pas si mal si t'es pas Gryffondor..."
Harry ne dit rien, il sentait les larmes lui monter aux yeux et il ne voulait pas que la première image que se fasse de lui le seul ami de ses parents qu'il connaisse soit celle d'un pleurnicheur.
"Hey ! Ta mère a failli aller à Serdaigle, tu t'rend compte ?"
"..."
"Et j'peux te dire qu'à Poussflouffe, c'est là qu'j'étais moi, tout l'monde était sympa avec moi, même si je n'arrêtais pas d'manger tous leur gâteau, c'est t'dire ! Bwa ha..."
"..."
"Allons gamin... Je sais... Tout l'monde veut être Griffondor, mais au final c'est pas ç'qui compte, tes parents aurait été fier d'toi quand même..."
Harry leva les yeux. Le regard doux d'Hagrid était rassurant, comme un vieux souvenir presque complètement effacé, mais dont subsiste un écho de la chaleur de l'instant.
"Alors, où c'est qu'y t'a mis c'vieux bout d'tissus ? Chez les Pouffs ? Non, toi t'es une tête, comme ta mère, c'est ça ?"
Harry avait la sensation que s'il parlait il décevrai le géant, et par la même occasion ses parents. Il baissa les yeux et resta silencieux ?
"Oh, c'est quand même pas..."
Silence partagé. Hagrid ne s'attendait visiblement pas à ça et Harry ne voulait pas lever les yeux de son assiette de peur de lire toute la déception que son visage contenait. Ils finirent donc de manger en silence.
Quand leurs assiettes furent vides, Harry aida à débarrasser, puis, ne sachant quoi ajouté, s'apprêtait à partir.
"Attends voir, p'tit gars, j't'ai toujours par filé ton cadeau."
Harry ne pensait pas -plus- mériter de cadeau de la part de qui que ce soit, il avait même oublié qu'il était censé en recevoir. Son oncle et sa tante ne lui avaient jamais offert la moindre chose qui n'eut pas déjà appartenu à son cousin, et seulement après que celui-ci ai, d'une façon ou d'une autre abîmé la chose en question au point qu'il n'en veuille plus.
"Tu vas voir, j'crois bien qu'ça va t'remonter l'moral ! Viens, c'est derrière."
Harry suivi donc Hagrid dans la cour arrière de sa maison. Elle donnait sur la forêt ; un épais rideau d'arbre dressé comme une muraille et s'élevant plusieurs dizaines de mètres au-dessus de sa tête troué seulement d'un petit sentier de terre qui s'enfonçait sous le couvert des arbres jusqu'à s'effacer dans l'ombre des branches.
"Bouges pas, tu vas voir."
Hagrid joignit ses mains d'une façon bizarre et souffla dedans. Un son de flûte grave résonna alors dans le bosquet, et plusieurs bruits étouffés semblèrent lui répondre dans la forêt.
Attends, il appelle... un truc dans la forêt ? La forêt interdite ? C'est pas censé être remplis de trucs dangereux ?
Si son métier c'est de s'en occuper c'est que ça doit pas être si terrible que ça, non ?
Pardon ? Tu as vu sa taille ? Pas terrible pour lui ça peut bien vouloir dire mortel pour toi !
Et pourquoi il voudrait appeler un truc mortel ?
Qui sait, c'est peut être le dernier vœu de tes parents, que leur fils se fasse dévorer par une créature mortelle si jamais il déshonorait leur nom ?
Quoi !? Mes parents ne feraient jamais...
Qu'est ce qu'il en savait ? Les sorciers avaient des coutumes bizarres, qu'est ce qui lui garantissait que Hagrid n'était pas sur le point de l'assassiner ? Il pourrait facilement faire passer ça pour un accident : J'vous l'jure m'sieur l'juge, j'lui avais bien dit d'pas s'approcher de la forêt, il a attendu qu'j'ai l'dos tourné, j'ai rien pu faire !
"Ah ! La voilà ! Surtout bouges pas, tu vas l'effrayer !"
L'effrayer ? C'est pas plutôt l'inverse ?
Tu es une cible plus facile si tu ne bouges pas !
Un bruit de battement d'ailes se fit entendre à travers le feuillage de la forêt, un bruit qui se rapprochait, de plus en plus.
Cours !
Mais avant qu'il n'eut le temps de bouger une forme ailée blanche sorti comme une flèche des arbres et fondit sur lui.
"Aaaaaaaaah !"
"Ne te débat pas ! Tu vas lui faire mal !"
Ben voyons ! Fuyons !
"Harry ! Arrêtes !"
"Elle va me tuer !"
"Quoi ? Mais non Harry, les chouettes ne manges pas les gens !"
"Les quoi ?"
Harry arrêta d'agiter les bras et leva les yeux sur la forme blanche qui lui tournait autour. Il s'agissait bien d'une chouette.
"C'est une Harfang des neiges, ça a pas été facile à dénicher, crois-moi là d'ssus ! Elle est très affectueuse, mais faut toujours être prudent à pas qu'elle t'crève un œil si tu lui fait peur."
"C'est..."
"Joyeux anniversaire, Harry !"
Harry ne trouvait pas les mots. Il regardait l'oiseau voler en ronds autour de lui ; elle était magnifique.
"Fais pas ton timide, tend l'bras !"
Il s'exécuta lentement, et la chouette vint s'y poser.
"Aïïïe !"
"J'aurai du te prév'nir, elle a les serres plutôt pointu, désolé."
"C'est pas grave... Merci..."
"Bwa ha ha ! De rien p'tit, ça m'fait plaisir ! J'crois qu'elle s'est déjà fait des p'tit copains dans la forêt, ce s'rai bien qu'tu la laisse libre de vagabonder quand tu t'occuperas pas d'elle, mais pour l'heure, viens, j'vais t'montrer la volière, faut qu'tu lui montre sa nouvelle chambre ! Et faut aussi qu' j't'explique deux trois trucs à propos d'ces bêtes-là, c'est une grande responsabilité d's'en occuper tu sais ?"
"Oui, bien sûr, d'accord, merci Hagrid !"
"Bwa ha ha ! Allez viens !"
Il va vraiment falloir qu'on arrête de voir le mal partout, on va finir paranoïaque !
Hagrid passa l'après-midi à expliquer à Harry comment prendre soin de la chouette -il allait d'ailleurs falloir lui trouver un nom au plus vite- et ils ne quittèrent pas la tour avant qu'il ait tout retenu par cœur. La chouette, de son côté, se révélait très affectueuse et avait tout de suite adoptée Harry, elle ne cessait pas de hululer et de se frotter contre son visage.
"Tu vas voir, les animaux sont plus fidèles que les humains, et eux ils se fichent de ces histoires de maison, c'est moi qui t'le dis !"
"Hagrid... Tu penses que mes parents..."
"Te fais pas d'mourons ! Ta mère était la personne la plus gentille que j'connaisse, elle avait des amis dans toutes les maisons, même à Serpentard et elle les traitait tous d'la même façon. On n'arrêtait pas d'se moquer d'elle en lui disant que sa place c'était à Poussfouffle ! Bwa ha ha ! Et James... James t'aimait très fort Harry, il était plus heureux que j'l'ai jamais vu quand t'es né. J'suis sûr qu'ils te r'gardent en c'moment même et qu'y sont fière de toi."
Bien que les mots du géant lui apportèrent un peu de réconfort, Harry ne put s'empêcher de noter que les sorciers croyaient en une vie après la mort. Y avait-il des religions chez les sorciers ? Où bien avaient-ils un ensemble de croyances qui leur était propre ? Il faudrait qu'il se renseigne sur le sujet, mais pas maintenant, ça ne semblait pas être le moment approprié.
Et avec tout ça le Choixpeau ne nous a quand même pas envoyé à Serdaigle !
Quand Hagrid parti, Harry resta encore jouer avec la chouette un bon moment, mais dut finalement se résoudre à la quitter quand son ventre lui fit comprendre qu'il comptait bien être rempli régulièrement.
J'espère que les sorciers ont trouvé un remède contre la faim parce que sinon je divorce de mon estomac.
La chouette, elle, ne semblait pas de cet avis, et Harry dut la ramener trois fois en haut de la tour après qu'elle ait tenté de le suivre dans les escaliers. Au final elle s'enfonça dans son nid et bouda.
"Je reviendrai demain avant et après les cours, c'est promis !"
Mais elle l'ignora. Harry partit donc en traînant les pieds. Il arrivait même à décevoir les animaux, à ce point c'en devenait presque de l'art.
Il descendit donc la tour, le moral à nouveau au plus bas. Il avait réussi à se retenir de penser à ses "amis" toute la journée, mais en ce moment, il ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qu'ils faisaient. S'étaient-ils bien intégrés dans leurs maisons ? Ron avait déjà de la famille à Gryffondor, et il ne semblait pas être le genre à avoir du mal à se faire des amis. Et après l'ovation qu'il avait reçue à sa répartition, il devait surement être entouré à l'heure qu'il est. Quant à Neville, Poufsouffle était la maison de la loyauté, il ne devrait surement pas avoir de problèmes de ce côté-là. A moins qu'il ne passe encore son temps à devenir invisible, mais ça Harry en doutait ; il avait tout ce qu'il lui fallait dans cet environnement donc son "pouvoir" ne devrait pas avoir besoin de s'activer. Et Hermione ? Serdaigle. Rien de plus à ajouter : elle devait surement déjà être en train de se disputer avec quelqu'un pour savoir quel auteur était le meilleur sur telle ou telle question. Il soupira. Tout le monde avait trouvé la place qui lui correspondait à Poudlard. Lui aussi avait la sienne : seul. Personne n'avait besoin de_
"Non mais toi alors, ce que tu peux être dur à trouver ! Oui, c'est à toi que je parle Harry Potter, inutile de faire semblant ! Aller à Serpentard ne t'aurai par rendu sourd que je sache ?"
Harry se retourna. Sa "cousine" se tenait juste derrière lui et lui jetait un regard moqueur, mais affectueux. Le genre de choses que ferai une grande sœur.
"Oh, c'est toi Nimphy ?"
Elle soupira.
"Harry, parce que tu es mon petit cousin, je vais me montrer très conciliante pour cette fois et juste te donner un petit avertissement, d'accord ? Appelle-moi Tonks. Juste Tonks et rien d'autre. C'est entendu ? Parce que sinon je te jure que je te fais avaler des vers-de-vase par les trous de nez, on est bien d'accord ?" la voix de Tonks était doucereuse, mais la menace sous-jacente ne faisait pas de doute.
"Heu... C'est quoi un vers-de-vase ?"
"On le menace et lui il pose des questions de zoologie !" dit-elle en levant les yeux au ciel "Mais qu'est-ce que tu as bien pu faire à ce chapeau pour qu'il t'en veuille autant ?"
Harry baissa les yeux.
Ça devient une habitude ! Arrêtes de faire ça !
"Hey, c'est ici que ça s'passe !" lui dit-elle en lui relevant le menton d'un doigt. "On n'aurait pas dit mais t'es précoce pour ton âge !"
"Quoi ? Hey, non ! Je n'étais pas_!" commença t'il.
Elle lui tira la langue. Une langue bleue.
"Hein ? Tonks, qu'est-ce que-ce qui est arrivé à tes cheveux ?"
Sa chevelure, hier encore brune, arborait aujourd'hui un blond éclatant.
"Oh, tu as fini par le remarquer ?" Elle passa sa main dans ses cheveux, déclenchant une pluie de paillettes. "Tu n'es pas très observateur à ce que je vois !"
"Désolé..."
"J'en change de couleur presque toutes les semaines, tu ferais mieux de t'y faire rapidement."
"Oh... Ok..."
"Et sinon, le Choixpeau ? Vous aviez l'air d'avoir des tonnes de choses à vous raconter, non ?"
"Et bien en fait..." commença-t-il, avant qu'un détail ne le frappe. Il n'y avait pas fait attention jusqu'à maintenant avec tout ce qu'il avait eu à penser, mais maintenant...
"Tu ne t'en souviens pas, c'est ça ?"
"Pas vraiment, juste..."
"Une vague impression ?"
...un souvenir flou..."
"Comme une conversation que tu aurais eu il y a longtemps ; tu ne te souviens plus des mots que tu as employés ou entendus, mais il te reste une idée générale de la direction qu'a prise la discussion."
"Oui ! C'est exactement ça ! Mais alors, tu..."
Elle lui répondit par un clin d'œil.
"Tu t'en souviens !"
"Aussi bien que toi, j'en ai peur. Je ne voulais pas vous influencer dans le train, histoire de pouvoir comparer vos souvenirs après coup." elle soupira "Mais au final, vous non plus, vous n'avez rien pu m'apprendre..."
"Une minute... Ça fait combien de temps que tu réfléchis à ça ?"
"Ça ? C'est un des premiers mystères auquel j'ai été confronté à Poudlard ! Personne d'autre ne semble y prêter attention pourtant, c'est bizarre, non ? Alors je pose la question à des première année dans le train pour voir si je peux éveiller leur curiosité et ensuite je collecte les informations qu'ils ont pu rassembler... Mais pour l'instant je n'ai rien eu de concluant." Dit-elle en soupirant.
"Et c'est moi qui ai fini à Serpentard ! Tu ne voudrais pas échanger ta place avec moi à tout hasard ?"
"Très drôle, mais non ça ira, merci. Je m'attire déjà assez de problèmes comme ça, ne t'en fait pas."
Des problèmes ?
"D'ailleurs où sont les autres ? Je me serai attendu à les voir avec toi, mais Londubat dit ne pas t'avoir vu depuis la répartition. Vous vous êtes disputés ?"
"Non, pas vraiment..." dit-il en détournant les yeux.
"Harry ?"
"Disons que c'est mieux pour eux de ne pas traîner avec un Serpentard."
"QUOI ! Je vais leur montrer moi ce qui est mieux pour eux ! Pour qui ils se prennent !"
"Tonks, ce n'est pas..."
"Quand j'en aurai fini avec Weasley, ressembler à un épi de blé roussi sera le dernier de ses problèmes ! Et quant à madame je-sais-tout, je vais lui apprendre un truc ou deux en question de politesse, elle va pas en revenir !"
Pendant qu'elle parlait ses cheveux viraient graduellement à l'orange puis au rouge.
"Tonks !"
"Et le p'tit Neville, j'aurais jamais cru ça de lui ! Mais il aura bien du mal à se cacher cette fois ci !"
"TONKS !"
"QUOI ! Oh... Excuses-moi Harry... Je ne voulais pas..."
"C'est pas grave. Mais calme toi un peu."
"Me calmer ?! Harry, chez les Pouffs on a un code d'honneur ! On ne laisse pas tomber les nôtres !"
"Peut-être, mais vois les choses de leur point de vue, tu as vu comment tout le monde traite les Serpentards, non ? Si ils restent avec moi il va leur arriver la même chose et_"
"Ce n'est pas une raison !"
"...et si le Choixpeau m'a envoyé chez eux c'est que moi aussi, j'ai en moi un coté obscure !"
"Un... quoi ?"
"Tu sais, un part de ténèbres qui ne demande qu'à se révéler et engloutir tous ceux qui se trouvent trop près de moi" Il haussa les épaules "Un côté obscure quoi."
Tonks le fixait en levant un sourcil.
"Harry je ne sais pas avec quoi ils te nourrissaient chez tes moldus mais ça t'es monté au cerveau : ça n'existe pas ce genre de trucs."
"Il faut bien qu'il y ai une raison..." marmonna t'il.
Tonks soupira. "Harry, si tu savais ce que signifiait mon nom de famille pour tous ces gens... Les black sont... des gens vraiment peu fréquentables, crois moi."
"Tu veux dire qu'il y a des gens louches dans notre famille ?"
"Heu... A ta place je ne m'attendrais pas à être traité comme un membre de la famille par les Blacks. Je pense que la plus part d'entre eux préféreraient te voir mort."
Harry s'étrangla avec sa salive. "Quoi ?!"
"Disons que tu leur a fait perdre un bon paquet d'argent qu'ils croyaient bien investi... Et une position enviable dans le gouvernement aussi."
"Quoi ? A quel moment j'ai...? Qu'est-ce que je suis sensé...? J'ai fait quoi ?!"
"C'est une longue histoire," dit-elle en soupirant "mais ne te prends pas la tête avec ce genre de truc. Pour la plus part d'entre eux, moi aussi je serai mieux morte."
"Wow, et je pensais que les Dursley était horribles."
"Toujours est-il, pour moi, les noms, les familles, les maisons, tout ça c'est de la pisse de gnome, ça n'a aucune valeur. Personne ne devrai te juger pour autre chose que ce que tu es. Les côtés obscure -ou quoi que ce soit d'autre du genre- ça n'existe pas, tu es toi avant d'être Serpentard et tu n'es pas devenu une autre personne quand tu as été réparti dans cette maison."
"Je..."
"On ne contredis pas ses aînés !" dit-elle en lui posant un doigt en travers de la bouche. "Allez viens, c'est l'heure du dîner et je meure de faim."
"Je ne sais pas si_"
"Pas de discussion ! Tu vas voir, la table Poufsouffle est encore mieux garnie vue de près."
"Quoi ?"
"Tu as bien entendu ! Viens !"
"Non ! Attends ! Je_ !
Mais elle l'ignora et le traîna contre son gré jusqu'à la grande salle.
Tonks avait "forcé" Harry à s'asseoir près d'elle, et avait passé son bras autour de ses épaules pour l'empêcher de bouger à chaque fois qu'il avait fait mine de vouloir se lever, il abandonna au bout de la cinquième fois. Personne ne lui parla directement, mais on lui jeta beaucoup de coups d'œil pas très discrets. Tonks au contraire était souvent abordée, et elle essayait à chaque fois d'introduire Harry dans la conversation, mais ce dernier n'osait pas répondre la plus part du temps et se contentait de monosyllabes. A la fin du dessert, après que Tonks ai englouti sa quatrième part de gâteau, ce qui visiblement n'était pas un exploit à la table Poufsouffle, quelqu'un lui tapa sur l'épaule.
"Harry ?"
Il failli s'étouffer avec sa propre part de gâteau.
"Excuses-moi" lui dit Hermione.
Tonks lui tapa dans dos et lui tendu une tasse de limonade. Hermione ne bougea pas, elle se tenait droite, le visage impassible pendant qu'il se remettait de ses émotions.
"C'est pas grave." dit-il.
Qu'est ce qu'elle fait là ?
Je croyais qu'elle ne nous parlait plus ?
Est ce que je suis sensé dire un truc ?
Ce fut elle qui prit la parole : "Est-ce que c'est vrai ?"
"Pardon ?"
"Une fille qui s'appelle Mandy raconte à tout le monde que pour ton intronisation à Serpentard tu as fait un rituel noir où tu te déclarais être le prochain seigneur des ténèbres. Est-ce que c'est vrai ?"
"Quoi ? Non ! Je ne connais même pas de rituels tout court !"
Hermione hocha la tête.
"Je me disais bien que ça n'avait pas de sens."
Harry remarqua au peu plus loin un attroupement de filles de première année qui les regardait en chuchotant mais ne s'approchait pas.
"Je dirai au gens que je connais que c'était un mensonge."
"Heu... Merci ?"
"Je suppose que tu n'as pas non plus passé la journée dans la chambre des secrets ?"
"La quoi ?"
"Laisses tomber, encore une rumeur débile. Je t'ai cherché pendant pas mal de temps pour te poser la question mais comme personne ne savait Mandy a dit que surement... Laisses tomber, c'était stupide."
Le visage d'Hermione perdit un peu de son sérieux, et Harry retrouva la fille du train.
"On a visité le château. Tu aurais dû venir, c'était sympa."
"J'étais chez Hagrid."
"Evidemment ! J'aurais dû y penser !" dit-elle en se tapant le front de sa main.
"Il m'a offert une chouette !" dit-il en souriant.
"Une chouette ? Drôle de cadeau. Elle est comment ?"
Ils discutèrent un peu mais pas longtemps.
"Il faut que j'y aille, les filles m'attendent, mais on révisera ensemble, d'accord ?" demanda-t-elle.
"D'accord." répondit Harry, un peu déçu de la voir partir, mais rassuré d'avoir retrouvé son amie.
"A demain alors." Et elle s'en fut.
Harry la regarda s'éloigner et se faire engloutir pas l'attroupement de filles qui la bombardèrent de questions.
"Elle est plus sympa que ce à quoi je m'attendais." dit Tonks. Harry se retourna vers elle. Evidemment elle n'avait pas manqué une miette de leur échange. "Tu devrais laisser le bénéfice du doute aux gens, ils pourraient te surprendre."
C'est ce que je n'arrête pas de te répéter ! lui dit sa voix rationnelle.
Et tu étais où durant toute la journée ?
Le dessert se fini dans la bonne humeur, Harry osa adresser la parole à la Poufsouffle de première année assise à côté de lui et toute la table rit de bon cœur des cheveux de Tonks qui changeaient de couleur de façon incontrôlable dès quelle mangeait des noix que Harry n'avait jamais vu auparavant.
Oui, les choses n'allaient pas trop mal pour le survivant en fin de compte et il espérait vraiment que ça puisse durer...
