8h22 Cours de Sortilèges
Harry s'était attendu à trouver des règles de sécurité en première page de son manuel de sortilèges, mais il n'y en avait pas, juste une biographie pompeuse racontant à quel point son auteur était un grand sorcier et combien les élèves qui appendraient la magie grâce à son livre étaient chanceux de bénéficier de son immense savoir. Suivi d'un sortilège pour lasser ses chaussures. Quand il avait vu ce dont Draco et ses sbires avaient été capables -il se souvenait encore de la douleur dans son bras- il s'était attendu à voir une longue liste de règles et d'interdits concernant l'usage de la magie et une explication détaillée des dangers qu'elle représentait. Quelque chose du genre ; ne pas essayer un sortilège qu'on ne maîtrise pas parfaitement sur soi ou sur quelqu'un d'autre, toujours porter des lunettes de protection durant la préparation des potions, ne pas inhaler les vapeurs montant d'un chaudron, ou encore ne pas lancer un sortilège dont on n'est pas sûr de l'effet. Il vérifia tout de même, et certains sortilèges avaient des précautions particulières, mais rien de plus.
S'ils ne les ont pas mises c'est surement parce qu'elles sont évidentes pour n'importe qui ayant au moins deux neurones actifs, tu imagines vraiment quelqu'un lancer un sort ayant pour seule description ; en cas de faim, ou encore ; à utiliser contre les ennemis ?
C'était logique, mais tous les manuels de chimie qu'il avait ouvert précisaient de faire attention à ne pas respirer les vapeurs d'acide, juste au cas où quelqu'un oublierai de faire attention.
Le principe d'un accident c'est qu'il n'était pas prévu à l'origine. Que ce passerai-t-il si je lançais le sortilège pour lasser ses chaussures sur un plat de spaghetti ?
"Excusez-moi ?"
"Oui, monsieur Potter ?" couina la voix aiguë du professeur Flitwick.
"Est ce qu'il existe des règles de sécurité contre-intuitives que nous devions connaitre? Concernant la pratique de sortilèges ou la préparation de potions par exemple ? Quelque chose qui soit évident pour un sorcier né dans le monde sorcier mais pas pour les autres ?"
Le professeur posa un doigt sur son menton et regarda dans le vide un instant.
"Ne vous approchez pas des créatures magiques dangereuses, ne vous approchez pas de la forêt interdite ou de la section interdite de la bibliothèque sans autorisation et ne mettez pas vous mains dans un chaudron bouillant." finit-il par dire.
Est-ce qu'il nous prend pour un imbécile ?
Harry remarqua du coin de l'œil certains élèves qui écrivaient frénétiquement les instructions que le professeur venait de donner.
Ou alors... Il a une meilleure estimation que nous du niveau moyen d'intelligence entre ces murs?
"Et à part ça ?" insista Harry. "J'ai vu que des élèves de premières années étaient capable de lancer des sorts provoquant des nécroses instantanées de la chair ou de plonger une cible dans un état proche du coma, y a-t-il des règles de sécurité concernant ce genre de sortilèges ?"
"Monsieur Potter, pourquoi voudriez-vous utiliser ce genre de magie ?"
"Je ne parle pas d'en faire usage, juste de comment éviter des drames accidentels, comment reconnaître un sortilège dangereux si j'en vois un et quelles précautions prendre dans ce cas."
"Monsieur Potter, l'usage de la magie dans les couloirs, ou en dehors de l'enceinte de Poudlard est strictement interdite pour les enfants et sévèrement punie, pourquoi auriez-vous besoin de sécurités en plus puisque vous serez déjà en présence d'un adulte à chaque fois que vous lancerez un sortilège durant les sept prochaines années ? Tenez-vous en aux instructions contenues dans votre manuel de première année et tout devrai bien se passer."
Le message était clair, et le sujet fut clos.
Harry ne savait toujours pas si les sorciers étaient assez prévoyants pour ne jamais laisser un livre de sorts avancé à la portée d'un enfant ou s'ils croyaient vraiment que ceux-ci n'enfreignaient jamais les règles.
Le professeur repris donc son cours.
"Nous allons commencer votre apprentissage par un sortilège basique. Répétez après moi Wingardium Leviosa"
Wingardium Leviosa
"Il va falloir que votre prononciation soit parfaite pour que le sortilège fonctionne, alors entraînez-vous à bien articuler. Vous trouverez à la page 13 de votre manuel un schéma détaillé des mouvements de baguettes nécessaires mais je vais quand même les-vous les montrer, observez bien, tout est dans le poignet. À vous maintenant, allez-y. Le mouvement et l'incantation du sort sont basiques, mais la concentration requise rend sa maîtrise par des débutants difficile, alors ne soyez pas surpris si vous n'y arrivez pas à la fin de l'heure."
Harry avait vérifié, le sort de lévitation faisait partie du chapitre deux de son livre de sortilèges. Il ne lui avait pas fallu plus de deux heures pour maîtriser le sort qui lace les chaussures, mais là il était clairement dépassé. De ce qu'il comprenait, le sort de lassage se contentait d'imprimer une série d'ordre simple à tout ce qui avait les propriétés de la ficelle -ici ses lacets- en les dotant d'une dizaine d'articulation réparties à distance égale sur toute la longueur disponible. Mais avec wingardium leviosa il fallait à tout moment être conscient de l'emplacement de l'objet qu'on essayait de déplacer, avoir une bonne estimation de sa taille, de son volume et de son poids, et visualiser mentalement le chemin qu'il va devoir suivre. Harry avait, après plusieurs essais, deviné que l'astuce était de convertir chaque mouvement en un ordre simple : vecteur, angle, courbe. Le principe était simple. Mais sa plume ne faisait que tourner sur place sur sa table ou glisser d'un centimètre, et toujours vers la gauche. Il regarda autour de lui pour voir où en étaient les autres, et constata avec satisfaction qu'ils en étaient tous à peu près au même point que lui. La plus part des plumes reposaient immobiles sur leur pupitre, Draco envoyait des boulettes de papier sur une Poufsouffle quelques rangs plus bas que lui, et Ron s'énervait contre la sienne. Tout le monde trouvait l'exercice difficile. Tout le monde à part Hermione, qui faisait faire des loopings à sa plume au premier rang.
OK, à tous les prochains cours je m'assoie à côté d'elle.
Elle aura mare de toi au bout de deux jours.
...
Il n'avait aucun argument à opposer à ça. Il était évident que même si elle disait le considérer comme un ami, elle en aura vite mare de lui si elle devait le supporter à longueur de journée ; elle finirait rapidement par se rendre compte que le survivant n'était pas si génial que ça et qu'il avait beau être intelligent, le Choixpeau lui avait refusé Serdaigle, sans doute pour une bonne raison. Il n'arrivait toujours pas à se rappeler ce que le Choixpeau lui avait dit mais il était toujours aussi certain qu'ils avaient eu une discussion, et en ce moment, il ressentait que s'il n'avait pas été à envoyé Serdaigle, c'est que le Choixpeau et lui avaient conclu que ce n'était pas sa place.
Ok, je ne la collerai pas, mais je me mettrai au moins assez proche d'elle pour pouvoir observer la façon dont elle s'y prend. Un, non, deux rangs derrière elle devrait suffire.
Tu n'as pas l'impression que ça fait un peu voyeur ? Qu'est-ce qu'elle dira si elle s'en rend compte ?
Alors il va falloir que je me débrouille pour qu'elle ne me remarque pas. Après tout, si elle ne le sait pas, ça ne la dérangera pas, non ?
Il avait à peine fini de prononcer mentalement cette phrase qu'il ressenti une irrésistible envie de regarder derrière lui pour vérifier s'il n'était lui-même pas observé par quelqu'un en ce moment. Mais c'était ridicule ; pourquoi qui que ce soit l'observerai ?
Si j'étais Hermione, est-ce que j'aimerai avoir ce sentiment à chaque cours ?
La réponse était évidente. Mais Harry devait pourtant apprendre d'elle d'une manière ou d'une autre.
Ok, alors je ne le ferai que dans les cours ou j'ai "vraiment" du mal, et pas à chaque cours, juste lors des exercices pratiques "vraiment" difficile. Et je travaillerai aussi "beaucoup" plus dur de mon côté, histoire de ne pas me reposer sur elle.
Harry hocha mentalement la tête, ça lui paraissais beaucoup plus juste comme ça. Il jeta un rapide coup d'œil par-dessus son épaule droite, juste pour faire bonne mesure, et comme il s'y attendait personne ne l'observait.
Tu deviens parano mon pauvre.
Et il se remit au travail.
S'il avait regardé des deux côté, il aurai peut être remarqué le regard intense que lui jetai une fille aux cheveux noir de jais, et aux yeux d'un gris plus froid que la glace.
11h08 Cours de métamorphose
En écoutant attentivement Hermione -ou ce qu'il pouvait entendre depuis sa place- il avait réalisé ce qui clochais dans son sortilège de lévitation ; le "aa" de son Wingardium Leviosa était trop "ä" et pas assez "â" et qu'il était un peu trop rigide dans son poignet. A la fin de l'heure, sa plume flottait à peu près correctement à trois centimètres au-dessus de son pupitre, cependant il lui était impossible de la déplacer, à part légèrement sur la gauche.
Mais il devait bien avouer que là il était paumé.
Le professeur McGonagall avait commencé son cour par une longue liste de mises en garde sur les dangers de la métamorphose -qui du point de vue de Harry aurait dû se trouver dans le manuel, mais qui selon le professeur McGonagall devait être transmise par un professeur précisément pour éviter que quelqu'un tentes d'apprendre la métamorphose sans professeur (à ce point de la conversation Harry avait de toutes façon déjà abandonnée)- avant de menacer d'interdire l'apprentissage de ma métamorphose à tout élève qui n'était pas attentif à son cour.
"La métamorphose est une des formes de magie les plus dangereuses et les plus complexes que vous aurez à étudier, une simple erreur peut avoir des conséquences dramatiques voir vous coûter la vie ou celle de quelqu'un d'autre, je n'accepterai en conséquence que la plus extrême rigueur !"
Et comme pour donner plus d'effet à sa déclaration elle changea son bureau en cochon.
L'impression sur la salle fut plus que réussi, des exclamations montaient de tous les coins, exclamation qu'elle fit taire d'un claquement de talon sur le sol qui eut le bruit d'un coup de tonnerre.
Elle leur distribua ensuite à tous une allumette, et après une série d'explication sur les lois fondamentales de la transfiguration encore plus longue que les règles de sécurité (qui avaient durées un bon quart d'heure) elle leur avait ordonné de changer leur allumette en aiguilles.
Un autre quart d'heure plus tard et Harry commençait à douter de l'existence de la magie.
Sérieusement, c'est censé être des sorts pour débutant ? Pourquoi j'ai l'impression de m'être fait arnaqué ?
Analysons la situation, tu as remarqué que les deux cours avaient quelque chose en commun ?
Me faire me sentir idiot ?
Ils demandent tous une grande concentration. C'est sûrement ce qu'ils essaient de t'inculquer avant tout : la pratique de la magie demande patience et rigueur. Enfin, je crois.
Génial, même les voies dans sa tête avaient du mal à y croire.
Tout autour de lui il pouvait voir sur les autres pupitres des allumettes ne présentant aucun degré de transformation, et une aiguille en or sur celui d'Hermione.
Évidemment...
reste de l'heure passa effroyablement lentement pendant qu'Harry essayait de convaincre son allumette qu'elle était pointue et en métal, mais celle-ci n'était pas dupe. Quand le professeur annonça la fin du cours, il avait une allumette avec un tout petit bout de métal accroché au bout.
On va dire que ce n'est pas mal pour un début ?
Va dire ça à Hermione.
Ne soit pas trop dur avec toi même, tu n'as découvert la magie que récemment, tu dois sûrement développer tes muscles magiques avant de pouvoir les utiliser correctement.
Va dire ça à Hermione !
Se pouvait-il qu'elle soit juste meilleur que lui ? Qu'il n'était juste pas doué pour la magie ?
Non, il doit y avoir autre chose, c'est peut être une question de pratique, ou quelque chose qui nous échappe. Il va falloir qu'on passe plus de temps à la bibliothèque, on va étudier à fond le sujet, mais on va rattraper Hermione quoi qu'il arrive !
Toutes les parties de Harry étaient en accord sur ce point, il accepterait jamais d'être à ce point distancé par quelqu'un de moins intelligent que lui, même si dans le cas d'Hermione ce n'était que de peu.
12h45
Harry avait décidé de sauter le déjeuner. Il avait juste fait un passage éclair dans la grande salle pour s'emparer d'une tarte entière, avant de s'enfuir avec son butin sans que qui que ce soit ne put le remarquer. Il avait ensuite trouvé refuge sous une alcôve du quatrième étage, afin de pratiquer sa métamorphose. Assis en tailleur par terre, son manuel sur les cuisses, sa baguette dans sa main droite et une part de tarte dans la gauche, il s'échinait sur son allumette, essayant tant bien que mal de la convaincre qu'elle adorerai devenir une fine tige de fer. Mais rien n'y faisait.
Il avait vérifié, la composition initiale et finale de l'objet avaient une incidence sur la difficulté de la transfiguration. Transformer du bois en fer ou l'inverse était tout aussi difficile dans un sens que dans l'autre, mais seulement parce qu'ils étaient proche sur la table de classification des éléments. La table "alchimique" de classification. Les sorciers étaient au courant de l'existence des molécules, mais avaient un système qui leur était propre, et qui triait les éléments en fonction de divers règles qui pour la plupart échappaient à Harry. Au bout de la troisième tentative, il avait recommencé à chercher des réponses dans son manuel ; il avait tenu compte de la phase de la lune pour l'inclinaison de sa baguette, et avait tourné le dos au point d'eau le plus proche, vu que celui-ci se trouvait à moins de quatre kilomètres. Il avait plu deux jours auparavant donc les métaux étaient plus magnétiquement attirés par le pôle est de la terre -quoi que cela veuille dire- et étaient censé être plus facile à transfigurer en partant d'objet les précédant dans la roue des éléments, qui était un autre système de classement sorcier, plus ancien mais toujours utilisé. Toutes les conditions étaient réunies pour réussir la métamorphose, mais il n'arrivait pas à transformer plus d'un centimètre de bois et cela au prix d'un effort de concentration qui lui donnait la migraine.
Peut-être devrait-il juste demander à Tonks, elle était en dernière année, elle avait donc déjà vu toute cette partie du programme. Mais elle avait surement ses propres cours pour lesquels elle devait réviser, lui demander de l'aide voulait forcément dire la retarder.
Il soupira et retourna à son allumette.
14h37 Histoire de la magie
Quelqu'un avait eu la bonne idée d'attribuer le poste de professeur à un fantôme. L'idée pouvait paraître intéressante au premier abord, après tout, qui mieux que quelqu'un ayant vécu à une certaine période pour en parler ? Mais Poudlard avait choisi le fantôme d'un prof d'histoire, et Harry ne savait pas si de son vivant il était intéressant, mais la mort n'avait clairement pas aidé ; Il s'exprimait toujours sur un ton plat, aussi dépouillé de vie que son propriétaire et ne prêtait pas attention à ce que faisait les élèves pendant ce temps. Par "chance" il était si soporifique qu'il vidait de leur énergie tous ceux qui auraient eu envie de chahuter.
Harry avait décidé au bout de cinq minutes qu'il étudierait cette matière avec les livres de la bibliothèque. Il prêtait attention de temps à autre histoire de noter les noms ou dates importantes qu'il pourrait rechercher de son côté et passait le reste de son temps à essayer de prendre de l'avance sur ses cours. Au rythme où il avançait il en avait bien besoin.
Une fois le cours terminé il rangea ses affaires en vitesse et sorti précipitamment de la classe.
"Harry !"
Quelqu'un l'attendait déjà de autre côté. Entourée de ses amies Hermione lui offrait un grand sourire.
"On va réviser tu viens ?"
"Heu... Désolé, j'ai promis à la chouette que je passerai la voir après les cours. Je peux vous rejoindre plus tard ?"
"Oh ... Oui, bien sûr." et elles s'en allèrent.
En réalité, bien qu'il appréciait la compagnie d'hermine, Harry n'avait aucune envie de se retrouvée bloqué pendant une heure avec une demi-douzaine de filles qu'il ne connaissait pas.
La chouette par contre fut ravie de le voir et lui fit un accueil comme jamais Harry n'en avait reçu. Il nettoya son nichoir et passa une bonne demi-heure à nettoyer son plumage. D'après Hagrid, le était parfaitement capable de le faire elle-même, mais cela renforcerai leur relation et la chouette prenait beaucoup de plaisir à se faire dorloter.
Ils passèrent ensuite beaucoup de temps à jouer ensemble, Harry lançait en l'air des os de rongeurs - il y en avait des tas qui jonchaient le sol- et elle les attrapait au vol.
"Il va falloir que je te trouve un nom tu sais ?"
"La plus part des gens aurait commencé par ça."
Harry sursauta. De toutes les personnes qui auraient pu monter à la volière, il fallait qu'il tombe sur _
"Draco..."
"Bonsoir Harry, c'est un plaisir d'enfin pouvoir te parler."
Harry ne répondit rien, il cherchait déjà une excuse pour s'en aller.
"Wow, un Harfang des neiges, je ne savais pas qu'il y en avait dans la région !" continua Draco sur le ton de la conversation, "une bien belle créature, si tu veux mon opinion."
Harry ne la voulait pas. Mais la chouette compris qu'on parlait d'elle, et se mit à hululer en battant des ailes. Elle vint se poser sur l'épaule de Harry et toisa Draco.
"Tu permets ?" dit-il en tendant la main.
Non.
Mais la chouette tendit d'elle-même le cou pour laisser Draco la caresser.
Génial, elle aime Draco. Traîtresse.
"Une bien belle créature... J'espère que tu lui trouveras un nom aussi noble qu'elle le mérite."
La chouette hulula d'approbation. Elle aimait visible la flatterie et elle adorait l'attention.
"Tu as fait sacré impression à la table Poufsouffle hier soir, tu sais ? Tout Poudlard ne parle que de ça. Tu aurais vu la tête de Justin quand tu es entrée au bras de la sang-mêlé ! Hilarant, vraiment."
Harry ne dit toujours rien. Il n'avait pas bougé d'un centimètre depuis l'apparition de l'indésirable.
"Tu as sûrement déjà remarqué que tu attires plus les regards que l'étudiant moyen ? C'est le sort des gens comme nous de galvaniser l'attention de ceux du commun. Beaucoup seront ceux qui voudront de ton temps, et tous n'auront pas que tes intérêts à l'esprit, souviens t'en."
Des gens comme toi par exemple
"Je l'ai appris à mes dépends, et je serai navré si la même chose devait t'arriver."
Harry pouvait voir le piège arriver à des kilomètres.
"À ce propos, me feras tu le plaisir de dîner à ma table ? Bon, c'est la table des Serpentards, mais Crabbe et Goyle sont là pour s'assurer que j'ai toute la place que je veux et qu'on ne me dérange pas. Qu'en dis-tu ? Penses à l'impact que ça aurait sur tous ces moutons."
Justement, il y pensait : Potter et Malfoy, trônant au-dessus de Poudlard. Sûrement le rêve de Draco mais le pire cauchemar de Harry.
"Désolé, j'ai déjà promis ma soirée à quelqu'un d'autre. D'ailleurs j'ai rendez-vous vous avec elle toute de suite."
"Oh... Je comprends, bien sûr, tu es un homme occupé. Je ne savais pas qu'il fallait prendre rendez-vous pour te voir."
"Moi non plus mais elle a insisté."
"Je vois. Mais mon invitation reste ouverte, tu peux me rejoindre à tout moment."
Harry s'en allait vers la sortie. La chouette n'essaya pas de le suivre cette fois, elle était retournée à son nichoir dès qu'elle avait cessé d'être le centre d'attention et faisait semblant de dormir.
"Harry."
Il s'arrêta de marcher mais ne se retourna pas.
"Je sais ce qu'on ressent lorsqu'on devient subitement le centre de l'attention, et crois-moi, ils le savent aussi et ils essayeront d'en profiter. Je peux t'aider à discerner ceux avec qui tu devrais passer du temps et ceux que tu devrais éviter, pour ton propre bien."
Harry hocha la tête, et continua à descendre les marches.
Bon conseil, mauvais conseiller.
"Hermione ?"
La jeune sorcière lisait un livre, assise en tailleur sur le sol, à côté de l'entrée de la bibliothèque.
"Désolé, je ne voulais pas te faire attendre..."
En réalité Harry avait volontairement passé plus de temps que nécessaire avec la chouette. Il n'avait aucune envie de passer sa soirée entouré d'une meute de pipelettes, même si elles étaient les amies d'Hermione. Mais il n'avait pas pensé qu'Hermione resterai à l'attendre.
"Ce n'est rien, j'étais en bonne compagnie."
"D'ailleurs ou sont-elles ?"
"Qui donc ?"
"Ta bonne compagnie ? Enfin je veux dire tes amies ?"
"Oh, elles sont parties il y a longtemps, je parlais du livre."
"Oh..."
"Tu viens ? On va réviser les Sortilèges."
"Oh... On peut commencer par autre chose si tu_"
Mais elle était déjà partie.
"Tu viens, Harry ?"
Un quart d'heure plus tard.
"Harry, essaies de te détendre un petit peu, s'il te plaît."
"Je suis très calme, Hermione."
"Alors pourquoi tu regardes ta plume comme si tu cherchais le moyen le plus douloureux de la faire souffrir ?"
Harry réalisa qu'il avait les sourcils si froncés qu'ils devaient probablement se toucher. Il prit une profondeur inspiration par le nez et expira lentement par la bouche, regardant avec fatigue la plume s'envoler propulsée par son souffle, et tournoyer sur elle-même pendant qu'elle flottait de plus en plus loin de lui.
Wingardium Leviosa
Hermione la rattrapa magiquement au vol et la fit revenir lentement vers eux.
Harry soupira.
"Hey !" Dit Hermione, quand la plume échappa à son emprise.
"Désolé."
Ce fut à elle de soupirer. "Écoutes, si tu te mets à ce point-là pression tu n'arriveras à rien. Tu perturbes ta concentration et ton flux de magie avec ce genre d'état d'esprit. Juste pour une fois, essayes de lâcher prise, d'accord ? Au pire, qu'est ce qui se passera si tu n'y arrives pas ?"
Ça voudra dire que je ne suis pas vraiment un sorcier, que tout le monde a tort de croire en moi, et qu'ils vont me renvoyer chez les Dursley.
La simple évocation de cette idée suffit à le faire frémir.
"Harry, j'ai dit de te détendre, pas de stresser encore plus !"
"Facile à dire pour toi ! Tu y arrives déjà alors que toi aussi tu es née chez des moldus !"
"Mes parents n'ont rien à voir là-dedans ! Tu crois que c'est facile pour moi ? Je te signale que je n'ai pas attendu d'arriver à Poudlard pour commencer à travailler, et j'ai déjà lu tous les manuels de cette année, monsieur, peut tu en dire autant ?"
"Tu étais avec moi quand j'ai reçu mes manuels, je te rappelle."
"Ce n'est pas une rai_"
"Et j'ai bien évidemment commencé à lire mes manuels en avance, c'est juste que je ne comprends pas la moitié de ce qui y est écrit étant donné que je n'ai pas grandi dans le monde de la magie."
"Tu aurais dû _"
"Aller à la bibliothèque pour faire des recherches ? C'est bien évidemment la première chose que j'ai fait hier matin."
"Je croyais que tu étais chez Agrid."
"J'ai été chez Agrid après la bibliothèque."
Hermione soupira. "OK. Je veux bien admettre que tu as travaillé, mais tu devrais vraiment arrêter de te plaindre de ne pas être né ici, tu n'es pas le seul dans ce cas tu sais ?"
Harry ne dit rien, comment était-il censé savoir toutes les choses évidentes pour les sorciers s'il n'était pas né dans leur monde ?
Hermione posa son index sur sa lèvre inférieure et ses yeux se perdirent dans le vide pendant une minute. Harry remarqua qu'elle penchait légèrement la tête à droite quand elle réfléchissait.
"Je crois que j'ai une idée," dit-elle au bout d'un moment, "prends tes affaires et suis moi."
Il la suivi à travers les étages du château, montant encore et toujours plus, jusqu'à arriver au deuxième lieu le plus génial de Poudlard après la bibliothèque.
"Bienvenue dans la tour Serdaigle !" déclara Hermione avec un sourire de fierté.
Harry n'en croyais pas ses yeux, les murs de la salle commune de Serdaigle étaient tapissés de bibliothèques, qui faisaient chacune à vue d'œil trois mètres de haut, et dont les rayonnages débordaient d'œuvres en tout genre. Les livres étaient si nombreux qu'il y avait des rangées surélevés derrière chaque rangée, mais on avait quand même du ajouter des livres horizontalement sur et sous chacune d'entre elles. Et malgré cela il y avait encore des piles de livres qui s'élevaient en colonne dans chaque angles, chaque coins, sous et sur chaque table et sous chaque fauteuils, fauteuil qui d'ailleurs avait l'air si confortable, arrangés en cercles autour des quatre cheminées ou de tables basses -qui a y regarder de plus près étaient en fait des piles de livres collées les unes aux autres sur lesquelles on avait disposé des napperons- que Harry ne parvenait pas à comprendre comment les Serdaigles faisait pour vouloir quitter leur tour, même pour manger.
"Fermes la bouche, tu vas finir par baver sur tes chaussures."
"S'il existe quelque part sur cette terre un livre traitant des façon les plus douloureuse de torturer un chapeau, je jure de le trouver..."
"Heu... D'accord. Mais avant que tu ne te lances à corps perdu dans ta vendetta chapelière, tu devrais jeter un œil à ça."
Elle l'entraina vers d'autres sections. Les Serdaigles avait eu la bonne idée de diviser leur espace commun en différentes salles : coin de lecture récréatives, salles de travail de groupe et salles de silence, peu importe votre humeur, vous aviez toujours un bon coin pour lire. Harry se demanda si le château avait été construit avec cette idée en tête ou s'il s'était lui-même modifié pour s'accommoder aux habitudes de ses occupants.
Tant de mystères, je n'arrive pas à imaginer que personne n'ai déjà cherché à tous les percer... Mis à part moi et Tonks.
"C'est ici."
Ici était un long couloir s'enfonçant entre deux rangées de rayonnages, qui s'étendaient sur une douzaine de mètres avant de bifurquer sur la gauche.
"C'est bizarre, la tour ne me semblait pas si large que ça vue de l'extérieur."
"C'est normal, il va falloir que tu t'y habitue, tout ici est plus grand à l'intérieur qu'à l'extérieur. Ce couloir par exemple, c'est comme pour les escaliers, mais en pire. Personne ne sait où il va, ni à quel point il est long. La dernière fois que j'y suis venu, la section qui allait en ligne droite faisait au moins cinquante mètres. Les grands disent qu'il ne faut jamais aller si loin que la sortie n'est plus visible, pareil pour les tournant, mauvais idée."
"Et les livres ?"
"C'est la raison pour laquelle je t'ai emmené, tu as peut être remarqué, mais dans chaque classe il y a un placard avec des vieux manuels. Il arrive souvent que des professeurs refusent de travailler avec ceux fournis par le ministère, et leur préfèrent d'autre plus anciens, venant d'autre pays ou d'auteurs moins connus. Enfin, bref, toujours est-il que les Serdaigles, depuis la création de Poudlard "empruntent" des livres un peu partout dans le château et "oublient" de les rapporter. Ils finissent sur une pile ou dans un rayonnage quelque part dans la tour, et lorsque l'élève qui l'a amené quitte Poudlard, s'il ne l'a jamais rendu il finit ici."
"Pourquoi rien de tout ça ne m'étonne ?"
Elle l'ignora et continua.
"Soyons honnêtes, il est évident que les sorciers n'ont jamais fait de recherches sur l'art de l'enseignement ou sur les processus cognitifs de l'apprentissage. Mais, de ce que j'ai pu observer en fouinant un peu ici, les manuels sont réédités tous les dix à quinze ans. Donc, en fouillant un peu, tu as des chances de tomber sur une version du cours écrite par quelqu'un qui explique les choses d'une façon qui convient mieux à ta façon d'apprendre."
"Hermione, je pourrais presque t'embrasser. Merci, tu n'as pas idée du cadeau que tu viens de me faire."
Mais elle ne l'écoutait plus, son attention déjà capturée par un livre à la reliure bleu nuit. Il se contenta donc de lui envoyer des ondes de gratitude par la pensée, tout en se plongeant dans cette mer de connaissance infinie.
